« Et, pour la première fois de sa vie, Hermione Granger eut vraiment peur de Drago Malefoy. »
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Alors qu'elle pensait sa dernière heure arrivée, ou presque, elle vit Malefoy se faire projeter, littéralement, sur le mur, de l'autre côté du couloir. Elle tourna la tête sur le côté opposé pour voir qui était son sauveur mais il n'y avait personne. Le couloir était désert, pas même un fantôme n'était dans les parages.
Elle se retourna vers Malefoy, suspicieuse, et pris sa baguette au cas où il aurait décidé de se relever pour l'attaquer. Elle se rendit cependant vite compte qu'elle ne risquait pas grand chose puisque le Serpentard était couché au pied du mur, sans doute évanoui.
En bonne Gryffondor, elle ressentit un soupçon d'inquiétude pour lui. Elle ne pouvait tout de même pas le laisser dans cet état... Il avait beau être un serpentard susceptible, vil, riche et raciste, pour l'instant, il était dans la bouse et elle ne pouvait que l'aider. Elle s'approcha de lui, dégagea la baguette qu'il tenait dans sa main, et essaya de le réveiller :
« _Malefoy ? Debout, fainéant ! »
Elle lui lança un enervatum, mais il ne réagit pas plus que lorsqu'elle l'avait appelé. Levant les yeux au ciel d'impatience, elle lui prit le poignet pour lui tâter le pouls (elle avait vu ça dans un film moldu), mais une barrière invisible lui empêcha de toucher la peau du jeune homme au niveau des veines. Intriguée, elle réessaya, traça le tour du poignet avec le bout de son doigt, mais elle ne parvenait toujours pas à sentir la peau du Serpentard, comme s'il portait un bracelet...
Emoustillée par cette découverte, elle prit sa baguette, cette fois plus pour satisfaire sa curiosité que par envie d'aider le pauvre blond à terre, et murmura ''aparecium''. Petit à petit apparut alors un bracelet en argent, finement décoré. Des petites pierres étaient incrustées à la surface, juste assez pour qu'on les remarque, mais pas assez pour qu'on puisse deviner leurs contours.
C'était un bracelet magnifique, d'une beauté pure, sans une quelconque démonstration ostentatoire de richesse, juste une merveille d'art dans toute sa splendeur.
D'ailleurs, il lui semblait l'avoir déjà vue quelque part... Dans un livre qu'elle avait emprunté à la bibliothèque l'année précédente, peut-être, ou dans un bouquin moldu... En tout cas, ce bijou lui était familier. Ce n'était pas le genre de bracelet vendu dans n'importe quelle vitrine, et ce n'était pas un travail moldu. Trop pur, trop beau, pour qu'il n'y ait aucune magie à l'oeuvre. En plus, elle se sentait irrémédiablement attiré par cet ornement, comme si sa magie propre lui demandait – la suppliait – d'effleurer à nouveau l'artefact.
Alors qu'elle allait céder aux caprices de sa magie, elle entendit un grognement près d'elle. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas remarqué que le serpent de malheur était en train de se réveiller.
Elle s'éloigna vite fait bien fait, avant de se rendre compte que le bracelet était toujours visible. Elle tenta de le rendre (re)invisible à l'aide d'un ''indespectus'' mais son sortilège échoua, la laissant dans l'impasse. Il n'y avait plus qu'à espérer que le Serpentard ne remarque pas ce petit détail...
D'ailleurs, celui-ci commençait à papillonner des yeux, avant de les ouvrir totalement, puis de les refermer aussi sec en jurant. Il réessaya d'entrouvrir ses yeux, mais plus lentement cette fois-ci. La lumière filtrant par la fenêtre lui causait un mal de tête insupportable. La Gryffondor sembla le remarquer puisqu'elle se plaça devant la source de tous ses maux. Ô joie ! Il put enfin ouvrir les yeux pour voir :
« _Granger... »
Il grimaça, tenta de se relever. Qu'est-ce qu'il détestait être en position de faiblesse devant quelqu'un, et encore plus lorsque ce quelqu'un, c'était un Gryffondor, membre à part entière du Trio d'Or et copain avec des poulets grillés ! Il vit la jeune femme esquisser un geste pour l'aider, mais il la devança en lui jetant un regard noir, la faisant reculer.
Agacée par cette mauvaise foi apparente, elle fit léviter la baguette du Serpentard à portée de ses sales petites pattes de fouine, ramassa son sac un peu plus loin, et partit, la tête haute, sans un mot.
« _Tsss, frimeuse... »
Les sortilèges informulés étaient au programme des Sixièmes Années, et dès le premier jour, cette Sang-de-Bourbe en maîtrisait déjà sans doute plusieurs. Quelle fanfaronne ! Elle avait eu tôt fait de lui rappeler son état, sans même prononcer un mot, justement. Il réussit à se relever après moults efforts.
Douleur.
Il avait en effet mal un peu partout, bien que la souffrance réside principalement dans son dos, au niveau de son tatouage. L'impact avec le mur avait aggravé, il en était sûr, l'état déjà piteux de son dos. La brûlure qu'il ressentait encore un mois après son tatouage ne pouvait devenir qu'encore plus tenace après un tel choc. Foutue Granger !
Toujours est-il que s'il récapitulait tout ce qui s'était passé avant son inconscience, il y avait des passages assez imcompréhensibles.
Il s'était soudainement retrouvé projeté contre le mur avec une violence inouïe, sans en saisir la raison. Granger n'avait pas sa baguette en main, il avait bien vérifié, et il n'était pas stupide au point de s'auto-expuler contre un mur de pierre à une vitesse hallucinante.
Et puis, malgré tout, il y avait ce ''passage à vide'' après son atterrissage en douceur contre le mur. A quoi, par Merlin, ça pouvait bien lui servir d'être un ange si, au moindre coup, il se cassait comme du verre ? Il était censé être plus fort, plus rapide, plus agile, plus... enfin plus balèse quoi !
Depuis qu'il en était devenu un, l'ange n'avait ressenti aucune différence. Mais vraiment aucune. Mis à part son tatouage et son bracelet, rien ne lui indiquait qu'il n'avait pas rêvé. Et d'ailleurs, ce bracelet, c'était quoi ? La Créatrice lui avait expressément demandé de le cacher, de le rendre invi..sible.
Il le voyait.
Là !
Son bracelet était visible ! Sur son poignet ! Il était certes magnifique, mais... il le voyait ! Donc si lui le voyait, alors elle l'avait peut-être vu aussi ! Mais oui, c'était cela ! Cette satané Gryffondor avait du le révéler par il-ne-savait quel sort ! Mais alors... elle s'était approchée de lui, cette misérable petite vermine de Sang-de-Bourbe ! Raclure, ordure, rognure, moisissure...
« _Je... POURRITURE ! »
Une pourriture, voilà ce qu'était Hermione Granger pour Drago Malefoy. Il bouillait sur place. De quel droit, par Merlin, cette moins-que-rien s'était-elle approchée de lui ?
Heureusement qu'il était seul, car quiconque l'aurait vu à ce moment-là l'aurait pris pour un fou, tout droit sorti de Ste Mangouste, à tourner, virer, se prendre la tête, crier, souffler, passer sa main dans ses cheveux, tourner son bracelet, changer de trajectoire, recommencer à tourner, virer, crier...
Non, vraiment, Drago Malefoy n'était pas dans son état normal, et Théodore Nott, ainsi que Blaise Zabini et Pansy Parkinson le remarquèrent très vite, lorsqu'ils le virent arriver dans la salle de classe.
Généralement, il était content d'aller en potion : pouvoir embêter les Bouffondors à sa guise, d'être favoriser par le professeur Rogue, de voir Potter se ridiculiser et d'apprécier Granger essayant désespérément d'aider Londubat à obtenir la moyenne, lui attirant des remarques acerbes du professeur.
Mais là, il semblait grognon. Et quand il à l'air grognon, c'est qu'en réalité il est carrément furax à l'intérieur. Ce qui n'est que rarement un bon présage pour ses amis qui subiront son courroux.
Ils tentèrent de lui remonter discrètement le moral pendant les quelques minutes avant le début du cours, mais ce fut sans effet, puisqu'à peine se sont-ils installés que le blond se renferma comme une huître. Il s'assirent à leurs places habituelles, à savoir aux deux et troisième rangs de la classe, lorsque le professeur demanda à tout le monde de se relever et de se séparer en deux groupes : Gryffondors à droite, Serpentards à gauche.
« _Oh non pitié pas ça... murmura Seamus Finnigan.
_Bien, bonjour à tous ! s'écria joyeusement le professeur Slughorn. Je vais vous placer à ma façon, cette année ! Je vois à vos mines réjouies que vous avez bien compris de quoi je voulais parler ! Alors commençons ! Vous, Monsieur...
_Nott, professeur.
_Très bien, Monsieur Nott, placez vous ici, je vous prie, à côté de cette jeune fille, Mademoiselle...
_Brown. Je m'appelle Lavande Brown, monsieur.
_Bien, donc vous vous placerez au premier rang avec Monsieur Nott. Derrière eux, vous, Miss...
_Patil, professeur.
_Eh bien, Mademoiselle Patil, vous serez à côté de Monsieur...
_Crabbe.
_Hum.. Voilà, mettez-vous côte à côte tous les deux. Quant à vous, Mademoiselle...
_Bullstrode, monsieur.
_Bien vous êtes placée dès ce jour à côté de ce garçon, là, Monsieur..
_Weasley, professeur.
_Ah ! Encore un Weasley. J'en ai connu dans ma jeunesse ! Enfin bon, donc vous vous placez à côté de Miss Bullstrode. Ensuite... Harry, mon cher Harry, vous serez à côté de Mademoiselle...
_Parkinson, monsieur.
_Voilà ! Monsieur Potter, à côté de Miss Parkinson, juste sur cette table, là. Bien. »
Il répartit ainsi Seamus Finnigan avec Daphné Greengrass, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que deux élèves, placés d'office au fond de la salle.
« _Et pour finir, Monsieur..
_Malefoy, monsieur.
_Très bien, donc, Monsieur Malefoy sera avec Mademoiselle..
_Granger, professeur.
_D'accord, donc Monsieur Malefoy avec Miss Granger, au fond de la classe. Ah ! Je vois que vous êtes tous les deux très heureux d'être à côte !
_C'est le moins qu'on puisse dire, firent les deux en même temps, avant de se foudroyer du regard.
_Dans ce cas, le cours peut commencer ! fit-il, joyeux. Sortez vos affaires pendant que j'inscris les instructions au tableau. »
Il agita sa baguette et ainsi des mots apparaissèrent petit à petit sur le tableau noir du cachot.
Tous les élèves étaient silencieux, comprenant peu à peu que ce n'était pas une blague et que le gros monsieur qui leur servait de professeur venait de les mettre en binôme avec des camarades ô combien honnis. Fatalistes, ils commencèrent à sortir leurs affaires dans un silence entrecoupé de bruit de chaudron, de parchemin et d'encriers posés sans délicatesse sur leurs paillasses respectives. Ce cours allait certainement être mémorable...
« Bien, alors pour ce premier cours, nous allons tout d'abord procéder à des révisions de l'année précédente ! Je vais vous demander de réaliser un Philtre de Paix. Je donnerai des devoirs supplémentaires aux élèves qui obtiendront en dessous de Effort Exceptionnel ! Voilà, eh bien, bonne chance ! Vous avez une heure et demi. Ah ! Et j'oubliais ! C'est en binôme, bien sûr. Donc les deux élèves auront la même note.. Travaillez bien ! »
Des grognements retentirent lorsque le professeur ajouta qu'il s'agissait d'un travail en binôme. Les serpentards n'avaient plus d'intérêt à embêter les Gryffondors au moins, puisque sinon, ils auraient eux aussi des devoirs en plus.
Peut-être que ça avait du bon finalement...
Enfin, cela c'était ce que des élèves comme Lavande se disaient. C'est vrai que ce petit changement de place l'arrangeait. Elle avait un bon niveau en potion, sinon elle serait pas là, mais Théodore Nott était le deuxième meilleur élève de la promotion, et il ne voudrait sans doute pas que la Gryffondor s'en mêle de peur de faire rater la potion et de ne pas avoir un Optimal. Un petit sourire lui échappa quand le serpentard commença à verser le sirop d'ellébore dans le chaudron en étain. Il allait tout faire pendant qu'elle se ferait les ongles. Par-fait ! Un Optimal gagné comme ça. Elle sentait que ses notes allaient rapidement monter !
Au fond de la classe, en revanche, ce n'était pas la joie. Hermione voulait faire la potion seule, mais le serpentard, encore en colère contre elle, lui mettait des bâtons dans les roues. Il voulait savoir si elle avait compris des choses sur lui grâce à son bracelet. Parce qu'il était sûr et certain, à présent, qu'elle l'avait vu. Drago avait capté le regard de la lionne quand elle avait vérifié si son bracelet était toujours en place. Lorsqu'elle avait vu que l'artefact n'y était plus, ses yeux s'étaient arrondis de surprise. Alors, Drago comprit. Il croisa son regard, fronça les sourcils et elle baissa la tête sur ses notes, commençant la potion aussi tranquillement qu'elle le put.
Il décida alors de la déranger, pas assez pour qu'elle rate la potion, mais assez pour qu'elle s'énerve et (qui sait?) fasse perdre des points aux Gryffis. Il adorait la voir s'énerver, la fureur dans ses yeux, la rougeur sur ses joues, ses cheveux indomptables (plus tant que ça) tout autour de son visage adorablement crispé par la colère.
Eh merde. Il avait recommencé. Le visage de Granger n'était PAS adorablement crispé par la colère ! Cette fille n'avait rien d'adorable en elle ! Et même si ses cheveux ne ressemblaient plus à un balai et qu'elle avait enfin mis les pieds dans une boutique de fringues pas trop dégueux, elle était toujours l'insupportable Miss-je-sais-tout Sang-de-Boube qui l'avait baffé en Troisième Année et qui l'avait approché d'assez près pour avoir rendu visible son bracelet, après l'avoir mis au tapis par il-ne-savait quel moyen.
Non. Un Malefoy ne se fait pas mettre au tapis. Il a juste été... écarté de la bagarre par cette pourriture qui lui servait de binôme en cours de potions. C'était tout. Et si ça s'trouve, c'était même pas elle qui l'avait mis en défaite. Mais dans ce cas, c'était quoi ?
Perdu dans ses pensées, il ne vit pas la main de Granger se diriger droit vers son poignet, où le bracelet devait sans doute être. La Gryffondor cédait à ses pulsions magiques, celles-là même qui avaient goûté une fois à la puissance de l'artefact et qui en redemandaient.
Hermione était comme... hypnotisée. C'est le bruit que fit son chaudron qui la sortit de sa transe. Elle secoua vivement la tête, retira sa main qui s'était dangereusement approchée de celle du jeune homme et régla la température d'ébullition de la potion à 150°C avant de lire la prochaine étape : « Coupez les racines de Gingembre en cube puis les verser dans le chaudron. Vous obtiendrez une potion bleutée »
Elle fit ce qu'il y avait écrit sur ses notes puis éleva la température de la potion jusqu'à 250°C. Lorsque des bulles se formeraient, elle devait ensuite glisser deux feuilles d'aconit avant de remuer quatre fois dans le sens des aiguilles d'une montre, puis trois fois dans le sens contraire.
Cette potion était réellement délicate à préparer ! Une mauvaise manipulation et elle se transformait en poison pour quiconque la boirait ! Heureusement, elle avait un bon coup de poignet, et elle avait une certaine facilité à préparer une potion, avec ou sans l'aide du serpentard perdu dans ses pensées, à ses côtés.
Elle savait à quoi il pensait. Elle savait également qu'il se doutait de quelque chose par rapport à son intervention lors de l'accident dans le couloir. Elle l'avait vu froncer les sourcils après qu'elle ait remarqué l'absence, ou plutôt l'invisibilité, du bracelet d'argent.
Un autre regard vers celui-ci, enfin vers son emplacement supposé, et elle sentait déjà les tiraillements de sa magie qui la forçait à toucher l'objet si puissant, si magique, si pur, si beau, si... désirable. Elle sentait sa volonté la quitter, et cette fois, elle ne réussit pas à s'arrêter assez tôt.
Son idex caressa la barrière invisible d'argent et elle sentit les effluves magiques remonter son bras, lui donnant des frissons de plaisir. Ce pouvoir, cette puissance. Elle n'était que rarement avare, et ne convoitait pratiquement rien. Mais cela ne pouvait pas ne pas la tenter. Elle aimait tellement cette sensation. La magie qui s'infiltrait en elle par vague lui procurait une sensation de bonheur, de comblement. Elle se sentait... complète.
Elle aurait aimer rester cela pendant des heures, voire des jours, les yeux clos, la bouche entrouverte, se repaissant de la magie de l'artefact d'argent. Mais bientôt, elle sentit une mais se poser sur la sienne, avec délicatesse. Elle releva les yeux vers les deux orbes bleutées qui la contemplaient avec surprise, les pupilles dilatées.
Plaisir.
C'est ce que Drago ressentit subitement alors qu'il était perdu dans ses pensées. Sa température corporelle monta rapidement, et il sentait paradoxalement des frissons glacés lui parcourir les avants-bras. Il baissa les yeux vers la source de son bonheur et vit avec surprise un doigt posé, non pas sur sa peau, mais sur la relique à son poignet.
C'était donc cela qui lui procurait ces sensations si... exquises. Un simple contact avec son bracelet ! Si la jeune femme à qui appartenait le doigt pouvait poser sa main en entier sur celui-ci, ce devait être... jouissif. Il posa sa plume calmement et avança sa main gauche tremblotante vers celle de la fille. A son contact, il la sentit se tendre et releva la tête.
Il croisa les yeux ambrés de sa binôme de potions, Hermione Granger.
Peu importait. Grisé par les sensations que ce simple contact lui procurait, il se fichait de qui en était à l'oeuvre, du moment que ça ne s'arrête jamais.
Il appuya un peu plus sur la main de la jeune fille et la vit fermer les yeux avant de soupirer silencieusement. Ainsi, il n'était pas le seul à ressentir ce qu'il ressentait. Il sentit ensuite un mouvement sous sa main, atténué rapidement par la vague de chaleur plus forte que les autres. Il ouvrit les yeux subitement, comme foudroyé. La jeune femme avait à présent sa petite main entièrement refermée autour de son bracelet. Elle avait gardé ses yeux clos, la bouche entrouverte, sa langue passant lagoureusement sur sa lèvre supérieure.
Un véritable appel à la luxure.
Alors qu'elle resserrait sa prise sur le poignet du jeune homme, il vit soudain de grosses bulles bleues s'échapper du chaudron. En catastrophe, il tendit sa main droite pour éteindre le gaz, ou le diminuer tout du moins, et entraîna sa collègue.
Retour à la réalité.
D'une main experte et sans un regard, elle régla le chaudron à la température indiquée, faisant fi de son cœur battant à cent à l'heure et de sa température corporelle anormalement élevée.
Elle réussit presque à oublier le regard perçant du serpentard à ses côtés tandis qu'elle se penchait sur ses notes puis ajouter les deux feuilles d'aconit. Elle remua comme il le fallait, ajouta un morceau de pierre de lune puis fini la potion en coupant le gaz. Elle remua une nouvelle fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre puis la potion prit une belle teinte argentée.
Sa potion était prête. Et lorsque le professeur passa, il la trouva parfaite, félicita les deux élèves, leur mit un Optimal et annonça la fin du cours.
Granger s'échappa dès sa phrase achevée, surprenant à la fois ses amis et ses ennemis, qui se tournèrent d'un seul homme vers Drago. Ce dernier haussa les épaules.
Heureusement, il n'eut à justifier ni la rougeur de ses joues ni la sueur dans son dos. Les autres penseraient certainement que ceci était le résultat de toutes les fumées s'échappant des potions que les élèves avaient concoctés dans cette pièce confinée.
Les naïfs.
