Jeudi 5 septembre, Grande Salle, table des Gryffondors.

« _Hermione, je te dis que ce type te regarde bizarrement !

_Ne t'inquiète pas, Harry, je suis une grande fille. Ronald, c'était quoi cette grimace, au juste ? »

Le rouquin rougit et bafouilla un "rien, Mione, rien du tout..." avant de se replonger dans la découpe minucieuse de son poulet. Minucieuse, oui, parce que depuis qu'il avait remarqué, pendant l'été, que les filles détestaient les garçons mangeant salement, il avait décidé de faire des efforts. Même s'il se laissait quand même aller, parfois...

« _Mais Hermione, je t'assure qu'il te regarde avec un air... vicieux ! J'ai pas confiance en lui...

_Harry, au risque de me tromper, il me semble tout de même que je suis une sorcière, et tu sais très bien que je garde toujours ma baguette sur moi.

_Oui mais...

_Quoi, Harry ? Tu veux peut-être m'engager un garde du corps ?

_Mais Mia... Il est en Septième année ! Et... Là ! Il te regarde encore ! NON ! Te retourne pas...

_Bon, faudrait savoir ! Ecoute, je suis plus un bébé, et il me semble que je sais un minimum me défendre. J'ai affronté bien pire, non ? »

Harry abandonna en grognant, mais jeta tout de même un regard mauvais à la table des Serpentards. Ce Terence Higgs ne lui disait rien qui vaille...

Cela faisait à peine cinq jours qu'ils étaient rentrés à Poudlard, et Harry s'inquiétait déjà pour sa meilleure amie. Beaucoup de Sixièmes et Septièmes Années semblaient intéressés par celle-ci, et ça lui plaisait moyennement.

Notamment lorsque ces personnes portaient des couleurs comme le vert... ou l'argent. Comme Higgs et Pucey. Bien que ce dernier ne soit pas aussi insistant que Higgs. En tant que Capitaine de l'équipe de Quidditch, il ne pouvait pas se permettre d'impairs. Surtout qu'il venait de redoubler sa Septième Année, et qu'il avait déjà une petite copine, soit disant.

Mais ça ne l'empêchait pas d'admirer discrètement la chute de rein de la Princesse des Gryffondors quand elle passait devant lui. Et ça, ça plaisait moyen à Harry.

Le regard de celui-ci dévia sur la le reste de la table des serpents, et ses yeux verts accrochèrent ceux, anthracites, de Drago Malefoy. Ce dernier détourna précipitamment la tête, non sans avoir jeté un dernier regard peu amène au Suvivant, qui soupira d'agacement. Qu'il pouvait être con, ce mec !

« _Kécheta, Harry ?

_Ron, on ne parle pas la bouche pleine, le moralisa Hermione. Mais je viens aussi de t'entendre soupirer, tu vas pas bien ? Ta cicatrice te fait mal ? Tu peux nous en parler, tu sais ?

_Hermione, Hermione... Je soupirais parce que je viens de me faire foudroyer du regard par cet abruti de Malefoy. »

A l'entente du nom, la Gryffondor se raidit perceptiblement.

« _Mione ?

_Ca va, ça va... Tu viens juste de me rappeler que j'étais à côté de cet "abruti de Malefoy" en potion. »

Et également que ça faisait déjà quatre jours qu'elle avait failli lui sauter dessus pour le violer devant le professeur de potion, et, accessoirement, devant toute la classe de potion. Mais ce n'était qu'un détail.

Elle ne l'avait pas revu depuis. Enfin, si, mais elle ne lui avait pas parlé et il ne l'avait pas regardé. Bien qu'elle n'y prêtât pas attention.

Et le plus frustrant... Elle n'avait trouvé aucune (aucune !) information sur son fichu bracelet ! Et pourtant elle était sûre qu'elle l'avait déjà vu quelque part, dans un bouquin plus ou moins ancien. Dans la Réserve, elle trouverait peut-être son bonheur... Mais il fallait un mot d'un professeur. Elle doutait que celui-ci accepte avec un motif du genre :

« J'ai vu un bracelet qui m'a interpelé mais je sais plus où je l'ai déjà vu, et je crois que c'est quand j'ai farfouillé illégalement dans la Réserve l'année précédente que je l'ai découvert, donc est-ce que vous pouriez me faire un mot pour assouvir ma curiosité maladive, s'il vous plaît ? »

Ouais... Ca marcherait pas. Elle devait attendre une occasion de se faufiler dans la partie interdite de la bibliothèque, ou emprunter la cape d'invisibilité de son meilleur ami. Mais il risquait de poser des questions. Donc ce n'était pas vraiment une alternative, en fait.

Raaah... Ce mystère allait la rendre folle ! Elle se souvenait de chaque livre qu'elle avait lu, elle pouvait même réciter chaque chapitre de chacun de ses manuels, elle se souvenait de toutes les phrases de la page 28 du livre qu'elle était en train de lire, mais la, elle avait un trou noir dans la tête !

Elle avait remarqué que parfois sa mémoire photographique se mettait en veille, comme dirait son père, quand elle en avait vraiment besoin, comme avec la Pierre Philosophale ou ce p*tain de bracelet !

Elle s'en fichait un peu en ce moment, de savoir qu'un Ministre de la Magie tyrannique voulait asservir les gobelins, causant ainsi une révolte, entrainant à la mort du-dit tyran.

Par contre, elle aimerait énormément savoir pourquoi ce bracelet l'attirait autant, et surtout pourquoi Drago Malefoy l'avait en sa possession.

Elle ne savait vraiment pas où chercher. Elle pourrait demander à Mme Pince de l'aider mais...

OUI ! C'était ça ! Elle devait demander quelque chose, et quoi de mieux pour cela que la Salle sur Demande ? Elle trouverait peut-être son bonheur ! En tout cas, ça valait le coup d'essayer !

Ron regardait Hermione depuis quelques minutes et il sursauta lorsque celle-ci se leva brutalement, après une succession d'expressions plus loufoques les unes que les autres. Elle s'excusa rapidement, prétexta un livre oublié à la bibliothèque, et quitta la salle, sous le regard interloqué de ses deux meilleurs amis. De concert, ils haussèrent les épaules avant de sourire. Hermione ne changerait jamais.

Pendant ce temps, un certain Serpentard s'était levé après la jeune femme et avait quitté la salle à son tour.

.

.

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« J'ai besoin d'un endroit où trouver des informations sur un bracelet... »

Non, trop long.

« J'ai besoin d'une bibliothèque. »

Trop court, et pas assez précis...

« J'ai besoin d'une... »

ET MERDE ! Mais elle avait besoin de quoi au juste ? Elle savait même pas ce qu'elle cherchait... Un bouquin qu'elle avait déjà lu, sans doute dans la Réserve. Et peut-être que la Salle sur Demande pourrait lui fournir la réplique exacte de la Réserve... Mais oui !

« J'ai besoin de la répl... Il y a quelqu'un ? »

Elle venait d'entendre un bruit de pas derrière elle, et c'est en se retournant qu'elle l'aperçut :

« _Qu'est-ce que tu fous là ?

_Voyons, Granger, sois plus polie.

_Oui, excuse-moi : peux-tu me dire, s'il te plaît, ce que, par Merlin, tu fous ici ?

_Pour l'instant ? Rien. Mais je dois avouer que ta robe est extrèmement moulante, et que si ça continue, je risque de foutre quelque chose de foutrement excitant !

A ces mots, il s'était avancé vers la Gryffondor avec un sourire carnassier. Celle-ci, nullement impressionnée, leva sa baguette, prête à lui lancer un sortilège. Cependant, elle n'avait pas prévu que le Serpentard soit aussi près d'elle, et qu'il lui arrache donc la baguette des mains.

« _Qu'est-ce que tu ve... Grumph ! »

Elle fut obligée de se taire quand le garçon plaqua ses lèvres sur les siennes. Elle se débattit, le frappant de ses poings, mais son agresseur était bien plus grand qu'elle, et bien plus musclé. Il lui attrapa les bras d'une main, se décolla de ses lèvres un instant pour à la fois lui jeter un regard noir ("Continue à te débattre et j'te tue") et pour la plaquer sans délicatesse contre un mur, maintenant les frêles bras de la jeune femme au-dessus de sa tête.

Un éclair de peur passa dans le regard de la Gryffondor. Elle n'avait plus sa baguette, un homme était en train de l'agresser et elle ne pouvait pas se défendre. Elle gémit de terreur, et de dégoût, quand la bouche de celui-ci retrouva la sienne. Son agresseur commença alors à glisser ses mains sous le chemisier de la jeune femme, qui essayait tant bien que mal de se fondre dans le mur. Une langue insidieuse s'insinua dans sa bouche, et elle sut qu'elle était perdue.

Elle était sur le point de se faire violer par Terence Higgs, dans un des couloirs les moins fréquentés de tout Poudlard.

°o$.$o°

Jeudi 5 Septembre, Grande Salle, table des Serpentards.

« _Pansy, tu baves... »

La jeune femme se tourna avec un regard noir vers le garçon qui l'avait interpelée. Théodore Nott affichait un regard amusé tandit que sa bouche se déformait en un sourire narquois. Elle l'ignora et se détourna de lui pour retomber dans la contemplation d'un Serdaigle pour le moins charmant.

Théo leva les yeux au ciel tandis que son amie recommencer à baver devant Roger Davies. Qu'est-ce qu'elle lui trouvait hein ? Franchement, il était pas beau à tomber, non plus ! Certes, il était intelligent. Le meilleur élève de sa promotion, paraissait-il. Pfff, mais c'était quoi cette manie que les filles avaient de s'intéresser à des types plus âgés qu'elles ?

La douce voix de son idiot de meilleur ami parvint à ses oreilles :

« _Voyons, Théo, ne soit pas jaloux...

D'un mouvement vif, celui-ci attrapa un petit pois dans son assiette pour le lancer sur Blaise afin d'enlever le petit air supérieur qu'il arborait. A la vue du regard qu'il lui lançait, et dans un élan de maturité avancée, Théodore tira la langue au métisse assis en face de lui, renforçant le sourire moqueur du-dit métisse.

Lui, jaloux ? Balivernes ! Il s'agissait de Pansy, par Merlin. Sa meilleure amie ! Celle qui ne le voyait que comme un imbécile mais qu'elle adorait quand même.

Jamais elle ne le regarderait comme un petit ami potentiel. Juste comme le meilleur ami intelligent qui l'aidait quand elle n'allait pas bien, ou comme celui qu'elle devait sans cesse séparer de Blaise, afin qu'ils évitent de trop se foutre sur la gueule.

Non, elle ne le verrait jamais que comme un bon ami, rien de plus.

Eh merde. Il était jaloux de Davies.

.

.

Drago Malefoy souriait en voyant l'air buté de son meilleur ami. Même lui avait remarqué que Théo avait des vues sur Pansy. Il lui faisait souvent des rélexions sur les garçons qu'elle fréquentait, sans jamais se rendre lui-même compte qu'il était jaloux.

Drago croisa le regard de Blaise, qui lui fit un clin d'oeil entendu en montrant du menton Théo. Ce dernier semblait complètement perdu dans ses pensées depuis que Blaise l'avait interpelé. Il devait sans doute avoir compris que le métisse ne racontait pas toujours que des conneries...

Alors qu'il portait sa fourchette à sa bouche, Drago la laissa tomber, attirant sur lui le regard de ses trois meilleurs amis. Pansy fut la première à lui demander ce qu'il se passait, quand le blond se réveilla et se leva brusquement de table. Il partit sans un mot, d'un pas vif et le regard affolé.

Pansy voulu le suivre mais les deux garçons la retinrent, soulignant le fait que s'il se passait quelque chose, Drago leur dirait. Il avait sans doute ses raisons.

Et pas les moindres !

*Mais qu'est-ce qui s'passe, par Morgane ?*

Il sentait le besoin de se rendre au septième étage. Un besoin presque vital. Il gravit les escaliers, qui, cette fois, le laissèrent passant sans encombre, accentuant l'angoisse de Drago. Il devait vraiment se passer quelque chose de grave pour que même le château veuille aider.

Arrivant dans le couloir adjacent à celui de la Salle sur Demande, il s'arrêta. Il entendait des bruits étouffés qui ne lui disaient rien qui vaille. Il s'avança d'un pas, mais écrasa une pierre sous sa chaussure. Levant le pied, il remarqua que ce n'était pas une pierre. Non, c'était un bouton de chemisier.

Son sang ne fit qu'un tour. Il marcha rapidement jusqu'à l'angle du couloir pour déboucher devant une scène qui le laissa figé pendant quelques secondes.

Il ne voyait le garçon (l'homme ?) que de dos, mais la jeune fille au sol, il la reconnue très rapidement, malgré les larmes sur ses joues et le peu d'habits qu'elle portait.

Hermione Granger était couchée sur le sol, maintenue de force par les bras musclé de son agresseur. Sa chemise blanche lui avait été arrachée, dévoilant sa poitrine seulement cachée par un soutien-gorge rouge bordeaux. Sa jupe était relevée sur ses cuisses, et les doigts de son agresseur glissaient sur celles-ci, sans aucune délicatesse, ne se souciant que de son plaisir personnel.

L'homme se releva alors et porta les mains à sa ceinture, sans doute pour finir ce qu'il avait commencé. La jeune femme, incapable de bouger, restait immobile en sanglotant. Elle sembla se rendre compte qu'elle était libre car elle hurla, d'un cri à vous glacer le sang. Mais celui-ci s'arrêta alors que Terence Higgs lui assenait une gifle monumentale.

Ce fut cette gifle qui sortit Drago de son choc. En deux secondes, il avait jeté son sac, et sortit sa baguette de sa manche. L'agresseur de la Gryffondor se retourna, tandis que celle-ci se recroquevillait sur elle-même.

« _Higgs... »

Un Serpentard, bien sûr.

Une colère sans nom s'empara de Drago, qui oublia momentanément qu'il se trouvait face à un Serpentard d'un an plus âgé que lui, et doublé d'un Mangemort, à coup sûr. Il sentit sa magie se libérer et, pour la première fois depuis deux mois, il se rendit compte de sa puissance.

Chaque cellule de son corps pulsait au rythme de la magie qui s'écoulait en lui, une magie nouvelle qui ne demandait qu'à être utilisée pour rendre justice.

Alors, Drago perdit pied, submergé par tant de puissance. Il se rendit à peine compte qu'il venait de lancer le plus puissant stupéfix de toute sa vie.

Il n'entendit presque pas le craquement sec que fit le dos de Higgs quand il percuta le mur. Non, Drago n'avait pas conscience de tout ça, il flottait, envoûté par cette sensation grisante, celle qui nous donne l'impression que rien ne peut nous toucher, qu'on peut déplacer des montagnes d'un claquement de doigt.

L'adrénaline.

Ce n'est que lorsqu'un gémissement retentit qu'il revint sur terre. Il tourna la tête vers la source du bruit et la vision d'une Granger apeurée lui retourna l'estomac. Elle semblait si fragile, si vulnérable.

Il s'approcha lentement d'elle, ne voulant pas l'effrayer un peu plus. Il savait que dans ces cas-là, la victime était dans une transe qui la faisait redouter tout et n'importe quoi.

Livrée à elle-seule face à un homme plus fort qu'elle, l'instinct de survie l'avait poussée à se refermer sur elle-même, au plus profond de son esprit, en spectatrice.

Passive.

Ainsi, lorsque Drago s'approcha d'elle, elle gémit plus fort, serrant ses bras contre elle, et se tassa encore plus contre le mur, ignorant la douleur causée par les éraflures que subissait sa peau fragile face à la pierre.

Elle sursauta violemment lorsque le jeune homme, soucieux, posa sa main sur la jambe nue de la Gryffondor. Un murmure apeurée s'échappa de la gorge de celle-ci :

« _Me faîtes pas d'mal, par pitié, me faîtes pas de mal... »

Le Serpentard, bien qu'il détestât cette fille, ne pouvait pas rester stoïque face à ce qu'elle avait subi. Et les mots qu'elle prononçait de sa voix de fille qui a trop pleuré lui serraient la gorge.

D'une voix qu'il ne se connaissait pas, le Serpentard tenta de la rassurer :

« _Granger, n'aie pas peur de moi, je ne te ferai pas de mal, d'accord ?

_Pitié, pitié... »

Et elle craqua. Ses pleurs, jusque là discrets, devinrent des torrents de larmes, entrecoupés de hoquets. La détresse de la jeune fille était palpable, et Drago ne savait vraiment pas quoi faire. Il n'avait jamais vu une fille aussi désespérée, et encore moins cette fille.

Où était passée la Gryffondor pénible qu'il connaissait, si fière et si forte ?

Presque timidement, le Serpentard caressa la jambe de la jeune femme, essayant tant bien que mal de lui apporter un quelconque soutient. Cela eut l'air de marcher puisque celle-ci releva soudainement la tête, les joues rougies par les larmes, et esquissa un sourire qu'elle voulait désolé, mais qui ressemblait plutôt à une grimace.

Alors qu'elle allait recommencer à pleurer, Drago posa une main sur son épaule dénudée, tout en se mordant la lèvre. Ne sachant pas vraiment quoi faire, il exerça une pression rassurante sur son épaule.

Comme répondant à son geste, la jeune femme se précipita dans ses bras, manquant de le faire tomber en arrière. Il réussit à tenir en équilibre et, gêné, referma ses bras sur Hermione, qui sanglotait dans son cou. Il frola la peau de la jeune femme de ses doigts, dans un geste visant à l'aider à se remettre de ses émotions.

Il la sentit frissonner et se rendit compte qu'elle devait avoir extrèmement froid, malgré la presque-chaleur de cette fin d'été. Tout en continuant sa caresse, il chercha du regard la chemise de la petite chose qu'il tenait dans les bras. Il la vit plus loin, en lambeaux.

Une bouffée de colère le percuta à nouveau. Comment un homme pouvait-il s'abaisser à vouloir violer une femme, par Salazar ? Il avait beau être un Mangemort, son père lui avait toujours appris à ne jamais lever la main sur une femme, même si lui ne s'était pas gêné pour battre la sienne.

Petit, Lucius lui disait souvent qu'une femme se chérissait, qu'elle était le plus précieux des trésors. Il devait sans doute encore être amoureux de Narcissa, à cette époque-là. Mais depuis le retour du Seigneur des Ténèbres, son père avait changé.

Le petit bout de femme qu'il tenait dans ses bras gigota légèrement. Il ne s'était même pas rendu compte qu'elle ne pleurait plus. Elle restait toujours accrochée à sa chemise cependant.

Sa chemise...

Il décolla Hermione de lui, gentiment. Celle-ci, dans un élan pudique, déplissa sa jupe rapidement afin qu'elle cache ce qu'elle devait cacher, et croisa les bras sur sa poitrine. Son regard ambré se posa sur son chemisier à terre et un éclair déséspéré surgit dans son regard.

Drago eut un sourire. Il déboutonna sa chemise avant de la lui poser sur les épaules. Hermione sursauta lorsque le tissu entra en contact avec sa peau et elle regarda le Serpentard avec incompréhension. Celui-ci lui pris la main et elle se laissa faire. Il lui enfila la chemise, tout en se concentrant pour ne pas regarder la poitrine de la jeune femme ("C'est Granger, bon sang ! GRAN-GER !").

La chemise était beaucoup trop grande pour elle, mais ça ferait l'affaire. Il la ferma bouton par bouton, effleurant parfois la peau de la Gryffondor. Inintentionnellement, bien sûr.

Il hésita.

Devait-il, oui ou non, fermer le bouton du haut ? S'il le fermait, ça ferait pas beau, mais s'il le laissait ouvert, peut-être que la Gryffondor le prendrait mal... Une petite main se posa sur les siennes et répondit à sa question. Non, il le laisserait ouvert, donc.

Il plaça correctement son col et arrêta son geste quand ses yeux se posèrent sur une marque violine sur son cou. Il n'avait tout de même pas osé ce porc ? Laisser une trâce de ce qu'il s'était passé comme si la Gryffondor était sienne et consentante ! Ce véracrasse avait fait un suçon à Granger ! Il serra les dents, se retenant d'aller réveiller l'abruti assomé pour lui mettre son poing dans la figure.

Il passa son doigt sur l'horrible suçon violet, comme si cela suffirait à le faire disparaître. Il fit une grimace et se releva, épousseta ses vêtements, récupéra la baguette de la jeune femme et la lui tendit :

« _Je ne suis pas doué en infomulés, alors... Tiens. »

La Gryffondor rougit légèrement sous l'allusion à peine voilée de leur première altercation. Elle reprit sa baguette et murmura un petit "merci" timide qui fit sourire le Serpentard. Il lui tandis la main pour l'aider à se relever, et celle-ci hésita un instant avant de la saisir.

Debout face à face, la crise passée, les deux jeunes gens se sentaient un peu stupides. Drago ouvrit la bouche pour parler mais Hermione la devança, et elle parla pour la première fois :

« _Ecoute, je... Merci, sincèrement, merci. Je sais pas ce que j'aurai fait si... Enfin, je me serais sans doute laissé faire... [Elle frissonna]. Merci pour ta chemise aussi et merci parce que tu as été... gentil ? Je suppose que tu aurais fait ça à n'importe qui, mais... Enfin... T'es pas le petit con prétentieux que je croyais que tu étais. [Elle sourit]. Mais peut-être que je me trompe après tout ! Quoiqu'il en soit, la Tour des Gryffondors est pas loin d'ici, donc je pourrai aller me changer et te rendre ta chemise... Enfin, c'est comme tu veux... Tu peux te trimballer torse nu dans tout Poudlard aussi...

_Je crois que je préférerais récupérer ma chemise ! fit-il en riant. Mais... On fait quoi pour lui, là ? Demanda-t-il dans un hochement de tête en direction du tintinnabulé. »

Hermione lança un regard vers son agresseur sonné et frissonna en se rappelant de ce à quoi elle avait échappé. Elle avait encore le goût de ses lèvres sur les siennes. Elle sentait ses mains écarter les pans de sa chemise, et ses doigts caresser ses cuisses à lui en faire mal. Et pire que tout, elle voyait son sourire carnassier alors qu'il s'apprêtait à défaire sa ceinture. Celui-là même qui l'avait poussé à hurler.

« _Incarcerem. Laissons-le ici, pour l'instant. On reviendra le chercher après. »

Elle jeta un sortilège de désillusion sur l'ancien élève de Poudlard (elle espérait vivement qu'il se fasse éjecter de Poudlard à grands coups de pieds dans le derrière, façon Ombrage).

Elle se tourna vers Drago et lui fit un petit sourire contrit. En route pour la salle commune des Gryffons ! Le Serpentard allait adorer ça !

Il la suivit docilement jusqu'à un tableau représentant une femme ayant beaucoup de présence, pour ne pas dire qu'elle était grosse.

« _Miss Granger, vous n'êtes pas autorisée à amener des élèves d'autres maisons pour...

_Eclat d'étoile. »

Le tableau pivota, non sans que la Grosse Dame n'est jeté un regard peu amène au Serpentard. Un serpent chez les gryffons ! Elle aura tout vu !

« _Malefoy, je te propose de m'attendre ici pendant que je vais me changer. Je serai pas longue. En attendant... Te fais pas remarquer. »

Elle lui sourit légèrement avant de monter, cachant toujours sa poitrine. Heureusement que la salle commune était vide... Elle prit un nouveau chemisier, réajusta sa coiffure et... se figea à la vue du suçon dans son cou. Bordel, mais qu'avait-elle fait pour mériter ça ?

Elle récupéra la chemise de son soit-disant ennemi sur le lit et descendit.

Lorsque Drago l'aperçut, il se leva pour reprendre sa chemise mais la Gryffondor l'en empêcha. Il fronça les sourcils mais se laissa faire quand la jeune femme lui prit la main. Elle l'habilla comme il l'avait fait, ajustant ses manches, fermant ses boutons un par un, lentement.

Parfois, elle effleurait la peau d'albâtre du jeune homme, le faisant frissonner. Elle espérait sincèrement qu'il souffrait de ses caresses, comme elle l'avait été quand il lui en avait fait.

Perdue dans ses réflexions, elle n'avait pas pensé à regarder dans la fenêtre de la salle commune sur laquelle, plus tôt, les ailes de Drago s'étaient un instant reflétées.

Elle aurait peut-être compris, alors.