Note : Voila la suite, j'espère qu'elle vous plaira !^^ Plus j'écris l'histoire d'Eydan et de Cassandre plus je les aime. J'espère que vous les aimerez aussi dans ce cas ! Bonne lecture !

Je me suis permise de proposer une playlist pour certains moments de la fic :

Playlist

« Come away to the water » de Maroon 5 : Scène au bord de la rivière

« Eyes open » de Taylor Swift : Pour la plupart des scènes de complicité entre Cassandre et Eydan

Je me lève d'un bond tous les sens aux aguets. Les hurlements s'arrêtent pour reprendre un peu plus proches. Je les identifie sans peine pour les avoir déjà entendus dans la foret qui entoure mon district : une meute de loups. A les entendre, les bêtes sont en chasse. Il est plus que probable que l'odeur du sang ici les attire. Sans demander mon reste je bascule mon sac à dos et les flèches sur mes épaules et bande mon arc. Je cours dans la direction opposée aux loups aussi vite que je peu dans la nuit noire. Mais mon allure est ralentie par les branches et les racines et j'ai du mal à voire devant moi. C'est alors que je me souviens de la paire de lunettes nocturnes. Je m'arrête et les cherche d'une main fébrile tandis que les hurlements se rapprochent. Une fois sur mon nez, ça va tout de suite mieux.

Je file comme une flèche entre les arbres, bondissant par-dessus les troncs morts, évitant les branches qui me barrent le passage de temps à autre. J'attrape rapidement un point de coté et le fait que je n'ai pas beaucoup mangé ce soir là se fait déjà sentir. Mais malgré tous mes efforts je peu déjà apercevoir le premier loup derrière moi, affamé, les crocs blancs tranchants dévoilés par un rictus machiavélique. Il est vite rejoins par ses compères et je suis forcée de constater qu'ils vont plus vite que moi.

Alors c'est donc comme cela que tout doit se terminer pour moi, la fille du district Douze ? L'élève des amants maudits qui finit bêtement sous les crocs d'une meute enragée qui n'a rien de génétiquement modifié. Elle n'aura tué qu'un tribu avant de finalement se faire dévorer vive. Je pense un bref instant aux gens du capitole rivés sur leurs écrans, se délectant du spectacle. La petite fille du feu va-t-elle s'en sortir ? Que sont-ils entrain de faire en ce moment ? Sont-ils entrain de manger dans une de ces fêtes copieuse où Ceena m'a déjà emmenée ? Est-ce que l'imminence de ma mort les empêche de mâcher leur bouchée de muffin au raisin et au miel ? Et que pense mon père devant la télévision ? Non, il doit être beaucoup trop soul pour pouvoir garder les idées claires devant le post. A cette heure ci il doit ronfler comme un ours étalé sur le fauteuil du salon pendant que sa fille tente de sauver sa peau.

Le premier loup se rapproche, je peux entendre ses mâchoires claquer dans le vide.

Je me demande ce que pensent Katniss et Peeta. Sont-ils déçus de l'échec cuisant que subit leur district. M'en veulent-ils en ce moment même ? Et Heymich ? Même si je ne l'aime pas particulièrement j'ai peur de le décevoir lui aussi. Que pense t-il de sa « chérie » comme il m'a si souvent appelée ?

Soudain j'atteins le lac et l'espoir ressurgit. L'eau ! Si je nage assez vite la meute ne pourra peut être pas traverser pour me rejoindre !

Sans hésiter je plonge dans l'eau froide et bats frénétiquement des jambes pour rejoindre la rive opposée. Mon sac et mes vêtements pèsent beaucoup trop lourds pour moi et je me sens bientôt aspirée vers le fond. Il faut que je me débarrasse de quelque chose et vite ! Je me laisse couler un instant pour pouvoir enlever mon blouson qui gonfle sous l'eau et mes chaussures qui entravent mes mouvements. Je ne garde qu'un tee shirt, mon sac et mon arc avec les flèches. Mes pieds nus sont plus à l'aise et je progresse plus vite. Je suis bientôt à la moitié du lac lorsque j'entends des jappements de rage sur la rive que je viens de quitter. Essoufflée, je me retourne pour constater que j'ai réussi à semer mes poursuivants. Une vague de soulagement m'envahit et je ne peux m'empêcher de frapper la surface de l'eau de mon point en signe de défit.

Cela vous apprendra ! Je hurle. On ne vend pas la peau du district Douze avant de l'avoir tué !

Jour 3 :

6h30 :

J'ai dormie dans un arbre prêt de la rive parce que j'avais peur que les loups reviennent malgré tout mais ils n'en ont rien fait. Je grelotte à travers les mailles fines de mon tee shirt et je regrette d'avoir abandonné mon blouson mais qui sait où je serai à présent si je ne l'avais pas fait ? Sans doute au fond du lac entrain de nourrir les poissons ! C'est un léger bruissement de feuille qui m'a réveillée. Je ne sais comment décrire le sentiment qui m'a animé à la vue du petit parachute à quelques centimètres de moi. Sans doute un mélange de soulagement et de joie. Mes sponsors ne m'ont pas abandonnée et mes mentors non plus. Je dévisse la capsule avec des mouvements fébriles, faisant la sourde oreille aux frissons qui me parcourent le corps de la tête aux pieds. Je découvre avec surprise un bol de chocolat chaud au caramel saupoudré de cannelle : ma boisson préférée depuis que je l'ai gouté dans le train qui m'a amenée au capitole ! Un petit mot l'accompagne et je souris en le lisant :

« Bien joué petite ourse, nous sommes fiers de toi H . »

Heymich a du aimer mon petit commentaire dans le lac hier soir. J'espère que c'était de vrais loups et pas des monstruosités du capitole car dans ce cas là, mon geste aurait pu être prit comme une provocation. Mais je me rassure bien vite en buvant jusqu'à la dernière goutte le délicieux breuvage qui achève de me réchauffer. Je mange le reste du lapin à moi toute seule tellement j'ai faim et je grignote un fruit sec. Il va falloir que je parte explorer ce nouveau territoire…

14h30 :

Des bruits de course ont interrompus mon exploration. Un tribu se dirige vers moi à toute allure à en jugé par la cavalcade. Comme il n'y a pas d'endroit où me cacher et que je ne veux pas risquer encore une fois d'être découverte, je grimpe le plus haut possible à un arbre au tronc noueux et observe la scène d'en haut en faisant le moins de bruits possible. Une flèche siffle bientôt dans les airs pour se ficher dans le tronc de l'arbre en dessous de moi. Puis une autre frôle l'oreille du garçon qui vient d'émerger des fourrés un peu plus loin. Il court à perdre haleine en regardant souvent derrière lui. Il a une flèche fichée dans le bras mais il ne semble pas s'en soucier beaucoup. Bondissant comme un cerf par-dessus les obstacles, il détale à une vitesse impressionnante talonné par deux filles que je ne connais pas. Elles portent les numéros Trois et Quatre dans leur dos. Quand au fuyard qui vient de trébucher sur un rocher et de se vautrer par terre avec un gémissement de douleur, il est du district Deux.

C'est alors que je me rappelle les deux orbes bleus au début du jeu. C'est le garçon qui m'a laissée en vie alors que j'étais une proie facile étendue sur le sol et désarmée. Sans réfléchir plus longtemps, je décide que je lui suis redevable.

Le garçon a à peine le temps de se relever qu'une des deux filles (celle du district Quatre) le plaque violement contre un arbre en appuyant sur la flèche qui lui transperce le bras. Il grogne de douleur mais ne desserre pas les dents. Il la fusille du regard et je me demande un instant comment il est possible qu'elle ne soit pas foudroyée sur place par ce regard glacé. L'autre fille arrive, armée d'une dague aussi longue que mon avant bras.

- Tu va payer pour ce que tu lui as fait, jure telle en lui crachant au visage.

Le garçon répond d'un ton étonnement calme.

- Il l'a mérité non ?

Sa remarque lui vaut un coup de poing en pleine figure et j'entends son nez craquer.

- Va crever ! Hurle la fille à la dague en poussant sa camarade pour achever le garçon. Mais la dague est stoppée net dans les airs par la lame de mon poignard. Les trois tribus sont stupéfaits. Je profite de l'effet de surprise pour envoyer valser mon adversaire d'un coup de pied dans l'estomac avant de me camper fermement devant le garçon du Deux.

Vous n'avez pas honte d'attaquer à deux contre un ? Je lance sans me démonter.

- Qui c'est celle la ? demande la fille du quatre à sa camarade qui se relève en me fusillant du regard.

Derrière moi le garçon gémit en tenant son bras ensanglanté mais se relève tout de même comme pour montrer qu'il n'a pas dit son dernier mot. Maintenant que je viens de lui sauver la vie, j'ai une très forte envie de prendre les jambes à mon cou. J'ai rempli ma part du contrat après tout. Nous sommes quittes à présent. Seulement les deux filles me barrent le passage et me menacent méchamment. L'une avec sa dague, l'autre avec quelque chose qu'elle vient de sortir de sa poche et qui ressemble à une arme de distance. Sans doute une sarbacane. Je campe sur mes positions, évaluant mes chances de sortir d'ici indem.

- Peut importe qui t'es, on va te faire regretter d'être née !

Je n'ai pas le temps de lever un bras pour me protéger que la fille à ma droite a déjà porté la sarbacane à ses lèvres et je sent soudain une piqure vive dans ma nuque. Au même instant la deuxième se jette sur moi en brandissant sa dague au dessus de sa tête dans la ferme intention de m'éventrer. Je lève précipitamment les bras pour parer le coup avec mon petit couteau et titube en arrière mais sans céder toutefois du terrain. La fille pousse un cri de rage avant de repartir à l'assaut. Quelque chose ne vas pas. Moi qui me débrouille bien au corps à corps d'habitude, j'ai l'impression que mes mouvements sont plus lents que d'ordinaire. A un moment la dague m'entaille sérieusement l'épaule et je suis obligée de reculer précipitamment en essayant de reprendre mon souffle. J'arrache la fléchette dans ma nuque.

Du coin de l'œil je vois le garçon empoigner une souche sur le sol et s'acharner sur l'autre fille. Malgré sa blessure, il semble avoir l'avantage sur son adversaire. L'idée qu'il achève ces deux filles et qu'il s'occupe de moi ensuite m'effleure l'esprit. Et si je n'avais été que la diversion dont il avait besoin ? Dans ce cas là il avait une chance d'anéantir trois tribus d'un seul coup. Tout Panem devait être scotché devant son écran et certains devaient se demander pourquoi une fille du district douze qui avait perdu son partenaire, s'était porté au secours d'un garçon du district Deux. Moi-même je commence à peine à mesurer l'étendue de ma folie. Je risque ma vie pour un garçon qui n'hésitera pas à me tuer dès qu'il en aura fini avec les deux autres. J'ai presque envie de crier à la fille qui s'acharne sur moi que nous sommes dans le même camp mais à la voir avec ses yeux injectés de sang, je sais qu'elle ne m'écoutera pas.

Je roule au sol pour éviter un énième coup de dague et j'ai l'impression que les arbres et la terre ne font plus qu'un. Je titube, surprise et morte de peur à la fois. Je risque de me prendre un coup de dague d'une seconde à l'autre. Puis tout redevient clair et une voix masculine hurle dans ma direction.

- Baisse-toi !

J'ai la bonne idée de suivre ce conseil qui vient de nulle part. Aussitôt dit, aussitôt fait. La souche s'abat sur le crane de mon adversaire avec la puissance d'un marteau sur la lame d'une épée et son sang m'éclabousse la figure. Un coup de canon retenti. Lorsque son corps inerte s'effondre sur mes pieds je me retrouve en face du garçon du district Deux, essouflé, barbouillé de sang mais encore debout. Et derrière lui, le corps de la fille à la sarbacane.

On se dévisage un instant, tendus. Il semble hésiter à poser la souche et moi de même avec mon couteau. J'ai les muscles qui souffrent tend je suis crispée et une douleur lancinante me vrille l'épaule là où la dague ma entaillé la chaire. Je garde mes yeux braqués dans les siens, guettant la moindre réaction, prête à réagir en conséquence. C'est finalement lui qui se décide à rompre le silence et s'essuie le nez avec sa manche pour arrêter le flot de sang qui s'en écoule.

- Bon, je suppose qu'on ne va pas se battre comme ça, je ne frappe pas une fille qui pisse le sang.

- Tu t'es regardé ? je rétorque.

Mais comme je n'abaisse pas mon arme il finit par montrer sa bonne foi en laissant tomber la souche. J'ai mal à la tête, j'ai soudain envie de me laisser tomber sur le sol et de ne plus m'occuper de rien mais je ne peu pas me le permettre. Il faut que je parte pour pouvoir laisser l'overcraft emporter les corps et ainsi éviter que les loups ne reviennent. Je remarque le garçon entrain de s'afférer autour des corps pour emporter tout ce qui peut lui être utile. Puis il retourne vers moi et me passe devant comme si je n'existais plus. Je me surprends à être déçue de sa réaction alors que je viens tout de même de lui sauver la vie. Bon, d'accord, lui aussi a sauvé la mienne et alors ? N'empêche que je n'aurai pas été là, il serait mort à l'heure qu'il est, tué par une de ces deux filles hystériques. Cependant je sursaute lorsqu'il m'adresse la parole sans se retourner avant de disparaître dans les sous bois.

Il faut qu'on partage notre butin mais pas ici, l'overcraft doit passer prendre les corps.

16h25 :

Je ne sais pas pourquoi je l'ai suivi. Pour avoir ma part du butin ? Parce que j'étais trop fière pour décliner son offre peureusement ? Quelque chose dans ses yeux bleus semblait m'avoir convaincue toutefois…

Je reste quand même à distance respectable de lui, dix mètres au minimum, et je me concentre pour détecter d'éventuels pièges. Où m'emmène t-il ? A-t-il l'intension de me régler mon compte plus loin ? Pourquoi n'est il pas parti avec le butin en me laissant là ? Pourquoi se donne t-il la peine de le partager avec moi ? Et par-dessus tout, pourquoi marche t-il devant comme s'il savait pertinemment que je ne l'attaquerai pas par derrière ? J'ai l'esprit embrumé de question lorsqu'il s'arrête enfin et pose les sacs au pied d'un arbre. Il se tourne vers moi.

Je m'arrête. Dix mètres nous séparent et pourtant je serre fort le manche du couteau.

Il lève les mains en l'air pour me montrer qu'il n'est pas armé et je me détends un peu.

- Prend ce que tu veux, me lance t-il en me désignant les sacs des deux tribus que l'on vient de tuer.

Et toi tu ne prends rien ? je m'étonne en lui lançant un regard soupçonneux. Ma tête et mon bras me lancent mais je n'en laisse rien voir. Une fois que j'aurai pris ce qu'il me faut, il va falloir que je mette le plus de distance possible entre lui et moi au cas où.

- Je voudrais ton arc, lâche t-il le plus simplement du monde.

Je me raidis. Nous sommes à présent à quelques mètres l'un de l'autre et je peux mieux le détailler. Il doit avoir un an de plus que moi et aussi quelques centimètres en plus. Il est brun, musclé et élancé, plutôt le gabarit d'Heymich que celui de Peeta. Il a un drôle de rictus sur les lèvres, comme s'il était insensible à la douleur où à la situation dramatique. Il a une voix étrange, masculine et ferme mais aux accents doux et clairs de ceux qui travaillent en plein air en chantant.

Bien sur, tu peux prendre la dague de la fille du Trois en échange. C'est juste que l'arc est mon arme de prédilection. Je suppose quand à toi que tu te bas mieux avec une épée à ce que j'ai pu constater non ?

Il a raison. Si j'avais été aussi à l'aise que Katniss avec un arc et des flèches, je m'en serait aussitôt servie pour combattre la fille à la dague mais j'avais instinctivement utilisé le couteau que je trouvais plus maniable.

18h01 :

J'ai longuement hésité à lui échangé l'arc et les flèches contre la dague. Ce n'est pas encore une arme que j'aime bien mais je préfère tout de même ça aux flèches. J'ai appris qu'il s'appelait Eydan du district Deux. Cela fait déjà un jour et une nuit qu'il pistait ces deux filles pour se procurer la sarbacane car il est beaucoup plus à l'aise avec les armes de distance. Mais maintenant qu'il a mon arc et mes flèches, il n'a plus besoins de ce simple tube en bois.

Comme il faisait nuit lorsque nous avons fini par séparer le butin en deux parties égales (la nuit tombe de plus en plus vite), il était difficile pour l'un d'entre nous de partir à l'aveuglette dans le noir et se trouver une autre cachette. Il s'est produit alors quelque chose qui m'a laissée sans voix : Eydan m'a proposé une alliance.

Il trouve que je me suis bien battue contre Feeza (c'est comme cela que la fille à la dague s'appelait) et qu'il pouvait rêver pire comme alliée. Je prends ça comme un compliment même si je ne sais pas encore comment réagir à cette demande. Est-ce un piège ? Si sa proposition est sérieuse, ce serait bien la première fois dans toute l'histoire des Hunger Games qu'un tribu venant d'un district élevé s'allierait avec le dernier des district ! Le capitole ne doit pas en croire ses oreilles ! J'imagine les sponsors d'Eydan qui n'ose pas aborder Heymich pour lui demander de collaborer au sujet des cadeaux.

Car oui, j'ai accepté. Je ne sais pas vraiment pourquoi à vrai dire. Peut ètre parce que j'en avais marre de me retrouver seule. Peut être que j'avais peur de passer une nuit dans un arbre à cauchemarder des deux filles mortes aujourd'hui et dont les visages projetés sur le ciel me hantent déjà.

C'est moi qui ai insistée pour qu'on dorme dans un arbre malgré mon vertige. J'ai trop peur que les loups reviennent pendant la nuit. Perchée sur une branche à l'opposé de celle d'Eydan, je n'ose pas fermer les yeux. Est-ce qu'il va me tuer pendant la nuit ? Ce serait bien possible. Comme il a déclaré qu'il prenait le premier tour de garde, je sens ses yeux bleus braqués sur moi dans le noir.

J'ai essayé de bander comme j'ai pu mon bras pour qu'il arrête de saigner mais je ne peu stopper mes grelottements dans la fraicheur de la nuit. Je songe encore une fois au blouson que j'ai du abandonner au fond du lac et je serre les dents pour ne pas faire de bruit. J'ai le ventre noué malgré le fait que mon dernier repas remonte à plusieurs heures. J'ai des nausées et je sens mon esprit divaguer de temps à autre. Est-ce l'infection qui me gagne ? Je n'aurai peut ètre pas du accepter cette fichue alliance car si je me montre trop faible à présent, Eydan n'hésitera sans doute pas à m'achever à la moindre occasion.

Lorsque je m'endors, c'est d'un sommeil agité et peuplé de cauchemars.

3h30 :

Je sens des mains m'enserrer la taille et je me réveille en sursaut le couteau à la main.

- Arrête de bouger où tu vas tomber pour de bon.

La voix d'Eydan me ramène à la réalité. Je me remémore les événements de la veille, les loups et la fuite dans le lac, la mort des deux tribus, ma blessure au bras, Eydan…Eydan ! Il se tient devant moi sur ma branche accroupi, et me regarde d'un air étrange. Il a les cheveux en bataille comme s'il sortait du lit et qu'il venait d'être réveillé brusquement. Une peur soudaine s'empare de moi : s'apprêtait-il à me tuer pendant mon sommeil ? Immédiatement, je m'empare de mon couteau et le brandit devant moi en montrant les dents comme une bète en cage. J'aurais du m'en douter. Un carrière du district Deux ne peut pas s'allier avec une fille du district Douze. C'est impossible.

Mais au lieu de faire un bond en arrière ou de manifester un quelconque signe de défense, le garçon continu à me fixer et un sourire apparaît au coin de ses lèvres.

- On dirait une sauvage, commente t-il du même ton calme et posé. Je venais simplement te prévenir que c'est ton tour de garde.

Après ça Eydan se lève et grimpe avec agilité sur la branche du dessus avant de se chercher une position confortable et de fermer les yeux. Un instant je suis agacée de ne pas avoir sur lui l'effet voulu. Je suis capable de le tuer. Je l'ai déjà montré en poussant Jacob dans la fosse. Il aurait pu au moins s'écarter pour éviter que je ne lui balance un coup de pied en pleine figure. Et au lieu de ça il fait comme si notre alliance était bien réelle et qu'il me témoignait une confiance absolue.

J'esquisse un mouvement pour me frotter les yeux engourdis de sommeil mais mon bras me lance si fort que je renonce aussitôt. Avec un soupire, j'étant mes jambes sur la branche et fixe le ciel étoilé. Qu'aurait fait Katniss à ma place ? Est-ce qu'elle se serait alliée avec Eydan ? Bien sur que non ce n'est pas comparable. Elle, elle pouvait compter sur Peeta pour l'aider et couvrir ses arrières. Moi je n'ai personne, et je suis d'autant plus seule que Roma est mort. Qu'aurait fait Heymich ? Il se serait surement levé en silence sur sa branche et aurait égorgé Eydan dans son sommeil avant qu'il ne lui cause de sérieux ennuis. J'envisage un instant de le faire. Parce qu'il n'est jamais bon de s'attacher à quelqu'un dans l'arène et que mieux vaut compter uniquement sur soi même si on ne veut pas être trahie. Mais je n'ai pas le cran de le tuer de sang froid alors qu'il dort. Peut être n'est ce pas la seule raison qui m'empêche à le faire mais pour l'instant, je préfère me persuader avec celle là car envisager l'avenir me pétrifie.

Jour 4 :

7h30 :

Eydan a dormis longtemps et la foret était si calme et paisible que je n'ai pas osé le réveiller. Sans doute sa blessure au bras et tout le sang qu'il a perdu la veille on favorisé son sommeil. Pour ma part, la douleur m'empêche de fermer les yeux et de m'abandonner aux songes.

Nous avons grignoté le reste de mon lapin et sommes descendus à la rivière. Eydan a justement remarqué que nous ne pouvions nous permettre de continuer plus loin sans soigner un minimum nos blessures.

Je suis trop méfiante (et pudique ?) pour me changer à coté de lui alors on se sépare un instant pour nous soigner, chacun de notre coté. Derrière le rocher rond qui me dissimule, j'ai le plus grand mal du monde à enlever mon tee shirt collé à ma peau par le sang séché. Mais je m'empêche de gémir en serrant les dents et bientôt, le contact de mon épaule avec l'eau glacé me fait pousser un soupir de soulagement. La blessure est sérieuse contrairement à ce que j'aurai pu penser. L'entaille part de mon omoplate gauche et me zèbre l'épaule jusqu'à la moitié du bras, presque jusqu'à l'os. Il me faudrait du fil et une aiguille pour recoudre la plaie afin de facilité la guérison mais je dois me contenter d'un bandage avec de la mousse hydratée pour l'instant. J'avale deux dolipranes et finis de me débarbouiller. A peine ai-je enfilé mon haut que la voix d'Eydan derrière la pierre me fait sursauter.

- Cassandre ?

- Qu'est ce qu'il y a ?

J'ai besoin de toi quelques secondes…tu peux venir ?

J'attrape la dague que j'ai laissée sur la rive à coté de moi et me lève pour le rejoindre. Immédiatement, je m'en veux d'être si méfiante à son égard. Eydan m'attend assis sur la rive torse nu avec une poignée de mousse et de feuilles dans la main. Il s'est débarbouillé le visage et a nettoyé tout le sang séché qu'il avait sur les joues et le front. Ses cheveux châtain brillent au soleil et finissent de sécher en retombant négligemment sur sa nuque.

Je fixe un instant mon regard sur le trou qui lui traverse le bras gauche de part en part et je me demande comment il peut garder la tête froide alors que la douleur qu'il éprouve doit être atroce.

- Ce n'est pas joli joli je sais…

- Tu veux du doliprane ?

Je me sens stupide mais ma bouche a parlé trop vite. Ce n'est pas avec un comprimé de doliprane qu'il ne sentira plus rien. Il faudrait une charrette de morphine. Il rit et sa voix sonne à mes oreilles comme le murmure de l'eau qui coule.

- C'est très gentil ! Mais d'abord, est ce que tu pourrais me tenir la mousse pendant que j'enroule les feuilles autour ? Avec une seule main c'est difficile.

Je m'agenouille à coté de lui et lui prend la mousse des mains pour l'appliquer délicatement sur la blessure. Nos mains se touchent et je sens le contact doux et chaud de sa peau contre la mienne.. J'écarte mes doigts précipitamment en priant pour que les caméras ne remarquent pas mes joues qui virent au rouge tomate et m'occupe de lui bander la blessure moi-même. Quand j'ai fini il teste la solidité de son bandage avec intérêt.

- Waou tu es douée. Merci beaucoup je me sens un peu mieux à présent.

Prend quand même deux comprimés de ça au cas où, je lui réponds en lui tendent la boite de doliprane, trop heureuse de m'éloigner un moment.

Que m'arrive t-il ? Pourquoi est ce que je réagis aussi fort à chacune de ses phrases ? J'ai l'impression que mon cœur bat à 100 à l'heure, plus vite encore que lorsque j'étais poursuivie par les loups. Lorsqu'il me remercie et avale ses cachets, nos yeux se croisent de nouveau. Je jurerai que ses yeux ont pris la couleur de l'eau prêt de laquelle il est assis. Il sourit encore une fois et son regard se porte sur mon bandage.

- Et toi ? Comment va ta blessure ?

- Oh ce n'est rien, je réponds avec une indifférence feinte. Juste une égratignure. Bon, quel est le programme de la journée ?

12h :

Nous avons décidé de passer la matinée à chasser tout en progressant vers la corne d'abondance où devrait ce cacher les autres tribus. On espère ne pas tomber tout de suite sur le duo du district Un car nous n'avons pas totalement repris nos forces. Eydan chasse à merveille, il a exactement la même technique que Katniss. Il se déplace sans bruit, face au vent, et tue ses proies d'une seule flèche dans l'œil avec une facilité déconcertante. S'il avait voulu me tuer, je n'aurais même pas eu une seule chance de m'enfuir.

Pour ma part je m'exerce en silence avec ma nouvelle arme en me demandant quels seront nos prochains adversaires. Car à présent que je commence à baisser ma garde face à Eydan, j'imagine que nous pouvons nous battre en équipe ce qui facilite grandement les choses.

16h :

Nous nous sommes beaucoup rapprochés de la corne d'abondance sans rencontrer aucun autre tribu. Il va falloir qu'on allume un feu pour cuir les deux écureuils et le lapin qu'Eydan a attrapé. C'est le moment le plus délicat de la journée car la fumée peut attirer beaucoup de prédateurs. Pourtant lorsque nous avons finis de cuir la viande personne n'a pointé le bout de son nez. Nous commençons à croire que l'endroit est désert.

18h45 :

Nous avons fait le tour de la clairière où se trouve la corne d'abondance sans rencontrer âme qui vive. Je propose que nous nous risquions à fouiller la corne à la recherche d'objets utiles. Peut être trouverons nous des antis-douleurs pour nos bras qui commencent à nous faire sérieusement souffrir. Eydan approuve mon idée et propose une tactique d'approche.

Il est intelligent mais surtout observateur. Il sait que nous avons tous les deux des domaines de prédilection différents. Moi l'escrime et lui le tire à l'arc. Il me couvrira donc en courant derrière moi pour pouvoir avoir une vue d'ensemble sur les alentours tandis que j'ouvrirais la marche armée de ma dague. C'est risqué mais si nous voulons soulager nos blessures et pouvoir avancer dans le jeu, l'opération est nécessaire.

Nous attendons que la nuit tombe sur la clairière avant de passer à l'acte. J'ai le cœur qui bat à tout rompre mais je suis concentrée à l'extrême. Est-ce qu'Eydan (qui a chaussé les lunettes nocturnes) sera assez attentif pour prévenir toute attaque surprise ? J'ai aussi peur qu'il y est déjà quelqu'un dans la corne à nous attendre de pied ferme. Et si c'était le duo du district Un ? Nous ne sommes pas assez en forme pour les affronter et nous ne nous sommes jamais battus ensemble. L'idée qu'Eydan en profite pour me tirer une flèche dans le dos ne m'effleure même plus. Aussi curieux que cela puisse paraître, depuis que je l'ai aidé à bander son bras j'ai confiance en lui. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé à ce moment là. Peut être étaient ce ses paroles ou tout simplement la façon dont il m'a regardée. Mais je sais qu'il ne me fera pas de mal et moi non plus d'ailleurs. Est-ce que c'est ça avoir un allié dans les Hunger Games ? Je me sens beaucoup moins seule et plus confiante maintenant que je sais que je peux compter sur lui.

Toute entière à mes rêveries, je n'ai pas vu tout de suite l'éclat de la lame dans la nuit noire.