Note de l'auteur:

Désolé pour le retard j'ai eu de gros problèmes d'internet. Merci pour tous vos commentaires qui m'ont fait très plaisir^^ J'espère que la fin de mon histoire vous plaira. Je m'excuse d'avance pour les éventuelles fautes que je n'aurai pas vu mais trop préssée de poster la suite le plus vite possible après ce qu'il s'est passé, il est possible que je n'ai pas été assez attentive sur la relecture...^^

8h30

Nous nous sommes résolus à a ne pas savoir ce qui nous arriverait ce soir. Peut être que l'un d'entre nous mourra ? Peut être les juges seront-ils cléments ? On ne peu pas prévoir ce qui se passe dans les Hunger Games. TOUT peut arriver. Je soupçonne Eydan de vouloir me garder en vie quitte à mourir. Pour ma part, soit je pars avec lui, soit je meurs dans l'arène ce soir. Mais comme nous ne pouvons de toute façon pas changer notre destin à ce stade, nous avons décidé de mener la rébellion à notre façon. Aujourd'hui, si les juges ne nous y obligent pas, nous n'assurerons pas le spectacle pour les gens de Panem. Pas de combat sans y être obligé, à peine assez de chasse pour manger.

- Viens, susurre Eydan en me prenant par la main pour m'emmener au lac après avoir balancé son notre sac à dos sur le dos. Il fait beau, profitons-en pour aller nous baigner.

Je glisse ma main dans la sienne. Ma peau glacée (l'effet du médicament ?) rencontre sa paume chaude et nos doigts s'entrecroisent. J'ai un peu d'appréhension à la vue du lac. On ne peu pas dire que j'y ai vécu les meilleurs moments de mes jeux. D'abord les loups lancés à ma poursuite à cause de l'odeur des deux cadavres dans la fosse. Ensuite l'embuscade des trois tribus profitant du tremblement de terre. En jetant un regard aux eaux calmes et tranquilles, je me demande bien ce que les juges pourront inventer cette fois. Des mutations génétiques en forme de requins carnassiers pour assurer un combat sanglant aux spectateurs ? A moins qu'ils ne décident de solidifier d'un coup l'eau pour que l'on se retrouve piégés à l'intérieur et permettre aux loups de venir nous dévorer la tête ? Ou pire, faire bouillir l'eau pour…

- Ne t'inquiète pas il ne nous arrivera rien. Toi et moi sommes les seuls adversaires restant fasse au duo du Un. On veut nous voir nous battre, pas mourir par un stratagème des juges. La seule chose qui peut nous arriver c'est d'être surpris par les deux autres et cela ne risque pas car je viens de voir la fumée de leur campement à l'autre bout de l'arène. Apparemment eux non plus n'ont aucune envie de nous rencontrer maintenant.

Je sais qu'Eydan cherche à me rassurer mais j'ai vraiment du mal à m'imaginer le colosse du Un et sa petite amie essayer de gagner du temps alors qu'il ne reste que nous deux à exterminer. Peut être sont ils blessés ? Dans tous les cas, Eydan a raison, pour l'instant nous ne courrons aucun danger.

Il commence à enlever ses vêtements après avoir placer nos affaires hors de portée des vaguelettes qui balayent la rive. Il ne garde que son maillot moulant avant de s'avancer vers l'eau sur la pointe des pieds avec une grimace comique. Je me prends à rire. Et il y a de quoi ! Les spectateurs de Panem doivent être aux anges. L'entrainement draconien d'Eydan a sculpté son corps de haut en bas. Le voir frissonner et hésiter au contact du l'eau glacée est un spectacle qui me fait oublier instantanément le contexte de notre baignade. J'attends qu'il se mette de l'eau sur la nuque pour que son corps refroidisse plus vite et je me glisse derrière lui en silence. Le liquide glacé lèche mes mollets et mes cuisses mais je retiens ma respiration pour ne pas me trahir. Arrivée derrière lui, je le pousse sans ménagement la tête la première dans l'eau. Il pousse un cri de surprise avant de disparaitre sous la surface. J'éclate de rire sans pouvoir m'arrêter et l'eau se met à me mouiller le ventre en m'arrachant des hoquets. Je n'avais pas prévu qu'il nagerait derrière moi pour me jeter dans l'eau à son tour. Sans avoir eu le temps de protester quoi que ce soit, je me retrouve trempée des pieds à la tête moi aussi. Nous rions tandis que nos lèvres bleuissent au contact de l'eau glacée. Ses yeux sont plus bleus que jamais. Puis nos corps s'habituent à la température et c'est un vrai moment de plaisir. Nous nageons cote à cote, nous nous amusons à plonger et à toucher le fond avant de regagner la surface. Il insiste même pour que je monte sur ses épaules. Je m'exécute avec hésitation. Je n'ai pas beaucoup d'équilibre mais on s'en moque. Seule la faim aurait pu nous faire sortir de l'eau si les juges ne c'étaient pas mit en colère avant.

Le ciel se voile de nuages et bientôt une averse diluvienne nous pousse à sortir pour ramasser nos affaires et décamper. Quels tribus nous faisons ! Quels valeureux guerriers ! Lui, un carrière du district Deux entrainé depuis sa naissance pour tuer, moi, une tribu du district Douze à qui il ne reste que 8 heures à vivre et qui court sous la pluie en sous vêtements et trempée jusqu'aux os.

Nous retournons à la grotte juste à temps pour éviter la pluie de grêle qui s'abat maintenant avec violence sur la forêt.

- Je crois que notre petite baignade n'a pas trop plus aux juges, je remarque en dénichant des portions de bœuf séché dans le sac d'Eydan. Pendant qu'il s'occupe d'allumer le feu.

- Je vais te dire, me répond t-il d'un air sérieux. Pour l'instant tout ce qui m'inquiète c'est qu'on risque d'attraper froid trempés comme on est.

J'éclate de rire et tente de l'aider en soufflant sur la mousse sèche.

- Les carrières du District Deux sont vraiment très fragiles.

Le feu prend ce qui provoque un soupire de soulagement chez Eydan.

- Tu peux rigoler petite sauvage du district Douze. Mais si nous devons nous battre contre les deux du Un, j'aimerai avoir assez de voix pour leur lâcher deux ou trois répliques cinglantes !

Je prends deux moreaux de bois et je plante la viande dessus avant de la mettre à cuire et de sortir les fruits secs.

- Tu n'as cas leur dire maintenant, nous sommes filmé 24h sur 24. Si l'un d'eux survie, il sera obligé de recevoir ton message.

Eydan s'installe le dos contre la pierre bien en face du feu. Il a la chair de poule.

- Bonne idée ! S'exclame t-il.

Puis il fait une grimace pour imiter Caesar Flickerman et regarde le plafond de la petite grotte là où doivent se trouver les caméras.

- Chers tribus du district Un. Vous ne croyez sans doute pas aux fantômes ? Et bien faites attention. Car si vous tuez la petite sauvage ici présente, je vous hanterai jusqu'à la fin de votre vie.

J'ai un rire nerveux mais je ne peu pas m'arracher à la contemplation de son visage. J'aime son menton droit, son nez ni trop long, ni trop court, son front bardé de mèches rebelles, ses yeux bleus océan, ses cils. J'aime sa voix chantante qui peu exprimer tant de sentiments à la fois.

- Arrête de dire des bêtises, je proteste en venant me blottir contre lui.

Nous sommes bientôt secs à présent. La grêle s'est calmée pour se changer en pluie fine mais nous sommes si bien à l'intérieur qu'aucun de nous ne bouge à part pour attraper notre déjeuner.

- Ce ne sont pas des bêtises, riposte t-il une main dans mes cheveux. Je t'aime tu sais ?

- Tu ne m'aimes surement pas autant que moi.

Il sourit et n'ajoute rien. Je sens ses lèvres sur ma tête et je souris à mon tour.

15h30 :

L'hymne qui précède les annonces importantes retentie dans l'arène. Elle doit sortir de tous les arbres à la fois, peut être même du sol. Sinon comme pourrait elle nous atteindre ici, dans notre petit monde ? Comment pourrait-elle nous faire trembler avec cette tonalité aussi puissante ?

Il ne me reste qu'une heure à vivre. Eydan ne le sait pas. Il pense qu'il avait tord. Que les flèches de la sarbacane n'étaient pas empoisonnées. Il met la faute de mon malaise sur l'infection de ma blessure à l'épaule. Je ne le contredit pas pour ne pas le pousser à une quelconque folie. Et de toute manière dans une heure ce sera fini et il pourra gagner sans aucun remord.

Seulement je n'avais pas prévu que les juges se manifestent aussi tôt. Pourquoi maintenant ? Et puis je me dis que c'est sans doute pour nous laisser rejoindre la corne pour le grand final.

Je sens la main d'Eydan qui se fige sur ma tête. Il est tendu et moi aussi.

« Chers tribus. Nous vous annonçons qu'un festin en votre honneur sera distribué à la corne d'abondance à 16h15. Nous savons que chacun de vous a désespérément besoin de quelque chose… »

Je glisse un regard à la blessure d'Eydan et je croise ses yeux. Est-ce qu'il pense à la même chose que moi ? Non, c'est impossible. Un instant, je me demande si les juges ne m'ont pas laissé un quart d'heure pour que je puisse m'injecter un antidote. Je rejette immédiatement cette idée. Qu'ont-ils bien pus préparer pour Eydan ? Sa blessure ne semble pas avoir besoin de soins immédiats car elle est pratiquement cicatrisée. La réponse ne se laisse pas attendre car le présentateur continu.

« Cette année les juges seront particulièrement cléments. Dans un des sacs disposés à votre attention, nous avons laissé un bracelet d'immunité. Celui qui le possédera pourra être déclaré vainqueur avec quelqu'un d'autre de son choix. Il y aura donc deux vainqueurs possibles cette année comme l'année précédente. »

La voix se tait et disparait dans la forêt.

15h40 :

Je n'ai jamais vu Eydan dans un état aussi agité. Immédiatement après l'annonce, il a rangé le peu d'affaires que nous avions dans notre sac à dos (nous avons abandonné nos sacs de couchages qui ne nous serviront plus à rien) et nous nous sommes mis en route rapidement. Il ne fait plus aucun doute que l'annonce des juges nous a surpris tous les deux. A présent que deux vainqueurs peuvent triompher, nous avons l'espoir impensable de survivre tous les deux. Mais le doute s'installe dans mon esprit tandis que nous nous hâtons en direction de la corne d'abondance. Et si c'était un piège ? Pendant la dernière édition, les juges avaient revus leurs règles au dernier moment. Qu'est ce qui les empêcherait de faire la même chose cette année ? Plus j'y pense et plus l'idée me ronge l'esprit. Je ne sais plus s'il faut croire en l'avenir où se résigner. J'ai tellement peur que tous nos espoirs s'effondrent d'un coup.

- Eydan ?

Le bruit de notre course sur les feuilles mortes camoufle ma voix. Je dois insister, plus fort.

- Eydan attend !

- Qu'est ce qu'i y a ? me répond t-il sans ralentir.

Il marche devant moi. Son souffle et rapide et il a le regard rivé vers son objectif. Pour la première fois je me dis que c'est peut être un ultime espoir pour lui. L'espoir inespéré de pouvoir revoir sa famille alors qu'il devait s'être résigné, comme moi, à mourir pour celle qu'il aime. Je n'ai pas envie de gâcher son enthousiasme alors je préfère ne pas lui faire part de mes inquiétudes. Et puis si ça se trouve, je m'inquiète pour rien.

Rien, je pensais à quelque chose mais ça n'a pas d'importance. Dépêchons nous.

16h10 :

Nous venons d'arriver à l'orée de la forêt. La pluie a cessé pour laisser une lumière grisâtre inonder le ciel. L'air est humide et le sol spongieux. Le vent secoue les branches avec force et les craquements de la forêt couvrent notre souffle saccadé. Eydan a déniché immédiatement une bute de terre entourée de buissons d'où nous pouvons observer la corne d'abondance sans être vus. J'ai le cœur qui bat la chamade mais je serai incapable de dire si c'est parce qu'il me reste seulement 20 minutes à vivre ou parce que l'appréhension du combat me noue l'estomac.

- Bien, nous allons établir un plan d'attaque, déclare Eydan en s'accroupissant sur le tapis de feuilles mortes.

Je vois mon compagnon sous un autre jour. Le fruit de son entrainement remonte à la surface. Il est calme, posé et réfléchi. Il ne laisse pas les émotions prendre le dessus. Il analyse avec attention la situation et réagit en conséquence. J'ai envie de l'aider et d'apporter ma contribution moi aussi mais j'ai peur de tout gâcher. Je viens du district Douze. Je n'ai reçu aucun enseignement militaire ou quoi que ce soit qui puisse m'aider à survivre. J'ai bénéficié comme tout le monde de l'entrainement de mes mentors pendant une semaine mais je doute que cela soit assez pour affronter deux carrières du district Un. Je sais manier le sabre mais que vaut-il fasse à une hache ou a un couteau ? Eydan ne semble pas remarquer mon désarroi et mon hésitation car il continue d'organiser notre intervention. Le temps presse à présent et il nous faut faire d'autant plus vite que nos adversaires sont sans doute déjà à l'intérieur de la corne d'abondance, donc plus proches pour attraper les sacs. Ils n'hésiteront sans doute pas à voler les nôtres et à s'enfuir avec pour être sûrs de tomber sur le bracelet.

- Je m'occupe de défendre nos sacs en les empêchant de les atteindre avec mes flèches. Je tiendrais également la fille à l'écart. Pendant ce temps là il faut que tu essayes de désarmer l'autre. Sans sa hache, il ne vaut rien au combat rapproché. Lorsque ce sera fait, on échange nos adversaires. Elle sera armée d'un couteau. Contre ton sabre, il ne vaut rien. Moi je m'occuperai de régler son compte à son compagnon.

J'acquiesce en silence. J'ai peur autant pour moi que pour lui. J'ai peur de ce que les juges nous préparent. J'ai peur qu'ils ne tiennent pas leur promesse. Et en plongeant mon regard dans celui d'Eydan je vois qu'il a aussi peur que moi.

- Tout va bien ce passer me rassure t-il en passant sa main dans mes cheveux.

Je colle mon visage contre sa peau et je ferme les yeux.

- Je t'aime.

- Moi aussi je t'aime.

Ces mots sont devenus ma seule certitude à présent et je m'y raccroche de toutes mes forces tandis que je me campe à mon poste, prête à courir vers la corne.

16h15 :

Une table sort de sous la terre devant nous avec quatre sacs. Plus rien n'existe pour moi à présent que le petit baluchon marqué du numéro Douze. L'antidote qui me permettra de passer la fin de mes jours aux cotés d'Eydan. Et dans l'un des trois autres, un bracelet d'immunité. Aucun de mes adversaires ne se doute que le bracelet ne peut pas être dans mon sac. Nous avons donc un avantage infime sur les carrières du Un. La table s'arrête.

Le carnage commence.

Pendant un instant je me fais l'impression d'être un fauve en cage à qui l'on vient de jeter un morceau de viande particulièrement appétissant. Mes jambes s'activent d'elles même tandis que je m'élance ventre à terre vers les sacs comme si ma vie en dépendait. Et le pire, c'est que c'est vrai.

16h16 :

Un hurlement bestial retentit à ma droite tandis qu'une flèche siffle prêt de mon oreille gauche. Je roule à terre juste à temps pour esquiver le coup de hache du carrière dont l'arme se fiche dans la terre en soulevant des gerbes d'herbe et de cailloux. Je me redresse d'un bon et balaye le périmètre d'un mouvement ample du bras ce qui coupe son tee-shirt au niveau de la taille. Une autre flèche siffle derrière moi. Je ne suis qu'à 2 mètres à peine de la table et des sacs. 2 mètres de l'antidote et du bracelet d'immunité.

16h17 :

Le carrière répare à la charge avec un cri rauque. J'avais oublié à quel point il était grand et massif. Cette fois je n'ai pas le temps d'esquiver et je dois parer le coup en levant mon sabre au dessus de ma tête. La puissance du coup se répercute dans tout mon bras et je suis obligée de tenir le manche à deux mains. Un sourire se dessine sur son visage. Il semble avoir deviné ma faiblesse. Un instant je redoute que ma lame de se fende et je me décale d'un pas sur le coté pour rompre le contact. Je suis essoufflée, pliée en deux. Je sens que l'antidote provisoire d'Heymich commence à perdre de son effet. Pourtant il faut absolument que je réussisse à lui hotter sa hache sinon nous sommes perdus.

16h18 :

Je recule précipitamment, cherchant la faille dans le jeu brutal de mon adversaire. Il n'a aucune technique mais il la compense par la force physique. Pour ma part je décline à vue d'œil. Je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine et malgré tous mes efforts je n'arrive pas à reprendre mon souffle.

Le carrière fonce sur moi en brandissant sa hache. Je fais mine de me déporter sur la gauche avant de me jeter dans l'autre direction Mon épaule cogne le sol et je grimace. Je l'entends grogner. Sa force ne lui sert à rien s'il n'arrive pas à atteindre sa cible. Il est probable que dans l'état actuel, si j'encaisse encore un de ses coups, je ne pourrai pas y survivre. Il ne faut pas non plus que j'oublie Eydan car il n'aura bientôt plus assez de flèches pour me couvrir et éloigner la fille des sacs. Tout repose sur moi à présent.

16h19 :

En le voyant foncer à nouveau dans ma direction encore plus déterminé que jamais, je me dit qu'il faut que je mise sur ma rapidité. Tant pis si le souffle me manque. Il faut que je frappe vite et bien. Mon adversaire commence à faire des moulinets avec sa hache à double tranchant. Cette fois je me tiens droite devant lui pour l'attendre. Un instant je vois une lueur de surprise dans ses yeux sombres puis il vise mon cou. Je fléchi les jambes au dernier moment et la lame peu presque me couper une mèche de cheveux. Puis je me redresse avec une rapidité surprenante et me fend vers son bras. Il ne devine mon intention que trop tard alors que sa main crispée autour du manche de la hache gicle dans les airs avec une gerbe de sang.

Le hurlement qu'il pousse à ce moment là me vrille les tympans. La hache tombe un mètre plus loin dans l'herbe tendre. Il secoue son moignon avec horreur tandis qu'une grimace de douleur et de haine se peint sur son visage taillé dans la pierre. Au moment où il s'apprête à se jeter sur moi, Eydan lui rentre dedans avec une telle force qu'ils roulent par terre tous les deux.

Eydan semble avoir l'avantage au premier abord. Il décroche une série de coup de poings et de pieds dans les points vitaux de son adversaire et évite les possibles ripostes.

Je suis trop étourdie pour sentir la fille se jeter sur moi.

16h20 :

Mon sabre m'échappe des mains et tombe sur le sol, hors de portée. J'attrape son poignet au dernier moment pour bloquer son coup de couteau. Elle hurle comme une furie et montre les dents. Nous roulons à terre et le ciel se mêle à la poussière devant mes yeux embués. J'ai perdu la notion du temps. La fille se retrouve au dessus de moi et me tire les cheveux avec violence. Je cri, à la fois de rage et de désespoir. Je ne suis qu'à deux doigts de gagner et il faut qu'elle me barre la route !

16h21 :

Je sens son haleine tandis qu'elle rapproche sa bouche de mon visage. Je me débats comme un beau diable mais elle campe sur ses positions. Un de ses genoux s'enfonce dans ma plaie à l'épaule et la douleur me donne envie de vomir. Je vois son couteau qui se rapproche de ma gorge. Elle est beaucoup plus forte et plus entrainée que moi. Je crois que je vais bientôt lâcher prise.

16h22 :

Mon cœur s'emballe, la fille m'empêche de respirer correctement.

- Alors numéro Douze ? On a fini de batifoler ?

- Tait toi et essaye de me tuer si tu peu. J'ai l'impression que t'as du mal non ?

La pression sur mon crane s'accentue, je ne sens plus mon épaule noyée dans le sang.

- Tu fais ta maline avec ton épée ridicule mais qu'espères-tu ? Survivre face à trois carrières surentrainés ?

- Où tu en vois trois, toi ? Je fais équipe avec le seul du jeu !

- Tu vas mourir !

- Merci je savais, mais pas maintenant.

J'ai réussi à ramener mes genoux sous elle et dans un dernier effort je détends mes jambes aussi fort que je le peu. La fille du Un roule à terre en jurant et je me redresse aussitôt pour me retrouver au dessus d'elle. Les rôles sont inversés. Dans un élan désespéré mes mains se referment autour de sa gorge.

16h23 :

La fille se débat dans tous les sens. Elle panique et moi aussi. Je tourne la tête sans desserrer mon emprise tellement j'ai peur de rencontrer son regard, le même que le mien lorsque Ferniss me gardait la tête sous l'eau. Je vois au loin le combat d'Eydan et du carrière Un qui se poursuit. Ils sont debout et ils ont l'air mal en point mais Eydan semble tenir le coup.

16h24 :

Sous mes doigts la gorge de la fille du Un bouge avec moins de ferveur. Tandis que mon pouls à moi s'accélère dangereusement le siens devient presque imperceptible. Des larmes de douleurs dégoulinent sur me joues. Je me haï, j'ai envie de mourir pour ce que je suis entrain de faire mais je sais que ma vie en dépend, et celle d'Eydan aussi. Je sais que si ce n'est pas moi qui la tue, c'est elle qui le fera et elle n'aura aucun remord. J'aurai préféré pouvoir faire autrement. J'aurais préféré aussi ne jamais être tirée au sort dans ce jeu meurtrier. Mais le sort ne m'a pas été favorable. Et de toute évidence, le siens encore moins. Au bout d'une minute, elle ne bouge plus du tout. Je retire doucement mes doigts raidis par l'effort et je lui ferme les yeux avec respect.

- Pardonne moi mais je n'avais pas le choix, je murmure.

16h25 :

J'ai du mal à voir devant moi et je ne peu pas me lever. L'air me manque et la tête me tourne à une vitesse hallucinante. Il doit me rester à peine 5 minutes à vivre. Je me mets à ramper vers la table en poussant des gémissements de douleur à chaque fois que mon bras blessé touche le sol. Il y a du sang par terre mais je suis incapable de dire si c'est le miens ou celui de quelqu'un d'autre. Je suis obligée de m'arrêter pour reprendre mon souffle et pendant ma pause, je n'entends plus aucun bruit.

16h26 :

Deux coups de canon successifs retentissent. Je soupçonne les juges d'avoir fait exprès de les tirer ensemble. Ainsi il m'est impossible de savoir lequel d'Eydan ou du garçon du Un est encore en vie. Mais qu'elle importance si c'est le garçon du Un ? Mon dos est tellement endoloris que je doute de sentir le coup de hache qu''il me réserve pour m'achever.

La table est là, devant moi. Je peu toucher le métal froid avec ma main pleine de sang. Il faut que je fasse le nécessaire pour me relever. Il faut que je réussisse à atteindre l'antidote à temps. Avec un effort surhumain, je m'agrippe au pied de table et me hisse sur mes jambes tremblotantes. Les quatre sacs sont là mais ceux du Un sont déjà ouverts et gisent au bord de la table. Le garçon a du réussir à les atteindre pendant son combat avec Eydan. Je tends la main vers celui qui porte le numéro Deux. Je l'ouvre et pousse un hoquet de surprise et de désespoir en constatant qu'il est vide. Quelqu'un d'autre l'a ouvert ? Non c'est impossible le sac était parfaitement fermé lorsque je suis arrivée. Alors les juges auraient menti ? Ils n'avaient aucune intention de cacher un bracelet d'immunité dans un des sacs ?

Mes tremblements sont de plus en plus violents. L'air que je respire avec peine me consume les poumons comme une flamme. Je refuse de croire que notre effort est vain. Ce n'est pas possible, le bracelet est forcément quelque part. Mon regard malade se pose sur les deux sacs du Un ouverts et je réalise que je n'ai pas regardé les poignets de la fille que je viens de tuer. Je prends d'abord le temps de plonger ma main moite dans mon propre sac pour en retirer la seringue d'antidote puis je me traine en titubant vers le cadavre.

16h27 :

Ses poignets, il faut que je cherche sur ses poignets ! Je tâtonne pour lui dégager les mains et lui soulever ses manches. Rien ! J'ai l'impression que je vais m'évanouir quand j'aperçois à quelques centimètres de mes genoux la main du garçon du district Un crispée autour du manche de la hache. Elle avait giclée dans les airs pendant notre combat. Mes yeux ont du mal à faire la mise au point mais j'aperçois une lueur orange vive. Je ravale mon dégout pour détacher le bracelet.

16h28 :

A peine suis-je en possession de l'objet que je sens une main sur mon épaule. Je sursaute et fait volte face. J'ai l'impression que mon cœur loupe un battement. Eydan se tient devant moi, vivant.

- Eydan…

Je n'arrive pas à le croire. Il a réussi. NOUS avons réussi !

Il sourit et j'ai envie de rire moi aussi malgré la douleur qui me ronge le corps. Je m'apprête à m'injecter le contenu de la seringue lorsque je vois le filet de sang qui dégouline au coin de sa bouche. Ses yeux brillent d'un éclat triste mais serein. Il commence même à se voiler.

- Eydan ?

Ma voix tremble. Je sens des larmes acides sur mes joues. J'ai peur tout à coup. La panique me prend et la seringue glisse d'entre mes doigts.

- Les tribus du district Douze sont vraiment très fragiles, lâche t-il en souriant.

J'ai l'impression d'avoir déjà entendu cette phrase. Je crois que c'est moi qui lui ai dit dans la grotte après notre baignade ce matin. Je suis incapable de parler car la boule qui se forme dans ma gorge m'en empêche.

- Ne me regarde pas comme ça petite sauvage.

Il tombe à genoux, incapable de tenir plus longtemps sur ses deux jambes. Je suis prise d'une violente quinte de toux qui me plis en deux et je tombe en face de lui. Sa main se pose sur mon épaule et il me fixe d'un air inquiet. Nous sommes pathétiques, à l'article de la mort.

- Tu…Tu as pu lui lâcher une de tes répliques cinglantes ?

Il respire avec difficulté. Je me demande ce qu'attendent les juges pour mettre fin au jeu et nous déclarer vainqueurs avant qu'il ne soit trop tard pour l'un de nous. Nous avons le bracelet d'immunité. Normalement nous avons gagné. Mais personne de vient.

Ma main trouve la sienne.

- Oui, répond –t-il. Je l'ai menacé de le tuer pour ce qu'il t'avait fait subir. On dirait que j'ai réussi à mettre ma menace à exécution.

C'est à mon tour de sourire. Il me prend dans ses bras et je pose ma tête au creux de son coup. Dans son dos, je sens la blessure béante provoquée surement par un coup de poignard. Entre ses deux omoplates. Il perd tellement de sang que je me demande pourquoi il n'est pas déjà mort.

16h29 :

Nous sommes allongés tous les deux sur l'herbe, serrés l'un contre l'autre. On n'a plus assez de force pour parler. J'ai brisé la seringue sur le sol pour être sûre de mourir ici. J'ai l'espoir de partir avant lui car si je m'éteins la première, il sera vainqueur et on pourra le soigner comme il se doit. Seulement il faut qu'il tienne une minute encore. Je sers ses doigts entre les miens. Seul un mince filet d'air passe encore entre mes lèvres.

« Eydan…Merci pour tout »

Ce sont les derniers mots que je prononce.

16h30 :

Un coup de canon retenti dans le silence de l'arène. La voix de Caesar Flickerman résonne tandis qu'un hovercraft se matérialise au dessus des deux corps enlacés et que des médecins habillés en blanc en descendent avec précipitation.

« Mesdames et Messieurs, j'ai le plaisir de vous annoncer que nous avons notre grand vainqueurs de la 97ème édition des Hunger Games : J'ai nommé Eydan Preventer ! »

Epilogue :

Les spectateurs émus applaudissent l'entrée du gagnant sur l'estrade aux cotés de Caesar Flickerman. Certains se lèvent en l'acclamant, d'autre sortent un mouchoir pour essuyer une larme discrète au coin de leur yeux maquillés à outrance. Eydan s'avance sans prêter plus d'attention au publique que s'il se fût s'agit d'un troupeau de bétail en pleine campagne. Le présentateur lève les bras pour réclamer le silence. L'interview peut commencer.

- Bonsoir Eydan, nous sommes ravis de te revoir en pleine forme on dirait que les médecins du capitole connaissent leur métier à la perfection !

Eydan le fixe de son regard froid. Il n'avait jamais lancé un tel regard depuis sa rencontre avec la fille du district 4. Il détestait cet endroit, ces gens, cette ville. Il aurait préféré mourir dans l'arène plutôt que de se retrouver ici et pourtant il est là, assis sur ce siège en velours rouge flamboyant devant un présentateur à l'allure grotesque à qui il meurt d'envie de couper la tête sur le champ. Mais il sait que ce n'est pas la solution. C'est la société actuelle à laquelle il faudrait couper la tête. Et ça, l'adolescent du district Deux n'en a pas le pouvoir.

Le présentateur continu sans se décourager :

- Bien. Il y a quelques jours tu étais encore dans l'arène aux cotés de ton amie…euh…quel est son nom déjà ?

Le présentateur fait semblant de fouiller dans sa mémoire. Tout le monde bien sur, connait le nom de Cassandre depuis qu'elle a réussi à rester en vie seule alors qu'il ne restait en face d'elle que des carrières.

- Cassandre, son nom est Cassandre Manestry. Répond le jeune homme entre ses dents.

Ses muscles se tendent sous son costume taillé sur mesure. Malgré tous les efforts des stylistes à son égard, personne n'a réussi à lui faire renoncer à ses cheveux en bataille. Parce que personne ne peu se douter que c'est un moyen pour lui de se souvenir de la petite sauvage du Douze qui est morte pour lui.

- Ah oui c'est vrai. Cassandre du district Douze. Qui aurait imaginé que cette petite serait allée aussi loin ! Il faut dire qu'elle a été coachée par les deux gagnants de l'édition précédente.

Des murmures approbateurs parcourent les gradins tandis que des images de Cassandre pendant son duel avec le tribu du district du Un apparaissent sur les écrans. Eydan a un coup au cœur en revoyant son visage et détourne les yeux.

- Mais le talent et la force qui distingue le district Deux depuis des années a tout de même fini par triompher de cette adversaire redoutable !

- Elle est morte pour moi. Cela n'aurait pas du se passer comme ça.

Caesar affiche une expression de compassion et le publique soupire de tristesse. Les points d'Eydan se serrent sur les accoudoirs du fauteuil haute marque.

- Ta déception doit être terrible nous compatissons, tente de le rassurer le présentateur.

« Déception » n'était pas le mot exact pour définir le néant qui venait de se creuser dans le cœur d'Eydan. Il ressentait le vide de l'absence de Cassandre jusqu'au plus profond de sa chaire. Il s'en voulait de ne pas avoir vu qu'elle avait besoin d'un antidote. Il s'en voulait de ne pas être mort avant elle. Cela aurait du se passer autrement. Il avait envie de vomir.

- Si je puis me permettre Eydan, que comptes-tu faire à présent que tu es devenu un célèbre vainqueur des Hunger Games ?

Le silence ce fait dans la salle. Eydan relève la tête et ses yeux bleus brillent d'une détermination farouche.

- Je vais faire ce pour quoi mon père et mon district m'ont entrainé. Je vais m'engager en tant que Pacificateur.

Des exclamations de surprise et des applaudissements d'approbation résonnent dans l'assistance. Même Caesar semble surpris de ce revirement de situation.

- Excellent choix, commente t-il. Nous te souhaitons donc bon courage et te félicitons encore une fois pour ta victoire haut-la-main !

Ainsi ce termine l'émission sous les acclamations du publique.

Un an plus tard, Eydan fait parti des Pacificateurs rebelles qui ont aidés la résistance à se saisir du capitole avec de moindres pertes. Après un combat acharné pour lutter contre cette société qui lui avait volé sa vie et ses rêves, il finit par succomber à une explosion devant la résidence du président Snow. Avant de mourir il ne prononça qu'un mot en souriant : « Cassandre… »