Voilà la fin. J'espère que cette Fic ne vous a pas déçu (au moins pas trop).

Tous vos avis m'intéressent alors n'hésitez pas a poster vos reviews, c'est toujours apprécié dans la mesure où la critique est constructive.

Bonne lecture.

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Les jours se succédèrent jusqu'à ce qu'un soir il prit la décision d'aller la voir. Il avait beaucoup réfléchi et avait fini par se dire qu'il n'avait rien à y perdre. Il gara sa moto le long du trottoir d'en face et se revit quelques semaines avant, lorsqu'il était passé lui déposer ce fichu document avant de partir en trombe quelques minutes après. À ce moment-là, il aurait voulu retourner en arrière et faire les choses différemment. Se trouvant à présent devant sa porte, cette dernière s'ouvrit sur une femme plutôt surprise de le trouver là.

Bonsoir. Euh… Je peux entrer ? Demanda-t-il un peu hésitant.

Je suppose que si vous êtes venu c'est pour parler de ce qui s'est passé l'autre fois. Présuma la jeune femme après l'avoir laissé passer.

Les yeux rivés inexorablement sur elle, il s'enferma dans un mutisme qui eut le don d'agacer la Doyenne qui ne bifurqua pas son regard du sien. À première vue, ils paraissaient se défier mais il n'en était rien. Il ne savait pas vraiment quoi lui dire. Il voulait s'assurer d'une chose mais ne savait pas comment aborder le sujet, bien que déjà lancé. Et puis, peut-être aussi voulait-il tester les limites de sa patience tout en se délectant du moindre trait de son visage sans se rendre compte à présent qu'il baladait légèrement ses yeux un peu partout.

House, vous êtes toujours là ? Finit-elle par demander en trouvant cette situation à la fois stupide et gênante.

L'autre soir… Pourquoi ? Questionna-t-il à la façon d'un automate.

Elle ferma les paupières comme pour montrer qu'elle s'attendait à ce qu'il lui pose cette question. En fait, elle avait souhaité qu'il le lui demande car elle y avait vu là la seule possibilité d'établir un échange constructif et, l'espérait-elle, dénué d'arrières pensées. Maintenant que la question avait été posée, elle ne pouvait feindre ni son appréhension, ni sa lubie d'en finir au plus vite, ni même encore le fait qu'elle aurait préféré ne rien ressentir de particulier à son égard.

Je m'en suis souvenu… Lâcha-t-elle dans un murmure dénotant un certain type d'affliction.

Il n'était pas sûr de bien comprendre ce dont-elle lui parlait et elle s'en aperçut. Elle se mit à se mordiller la lèvre et il venait de prendre conscience sur le coup qu'il lui serait tout à fait inutile de fuir ou même d'ignorer ce qu'il ressentait pour cette femme. Le charme qu'elle possédait venait de lui apparaître d'une manière différente et il savait que dès lors il serait incapable d'aller à l'encontre de certaines de ses pensées. Il venait également de voir plus clair dans ce à quoi se rapportait son allusion. Pour couper court au sentiment de peur qui se propageait certainement en elle, il s'avança et lui lança un regard qui lui prouva qu'il n'avait pas d'intentions cachées.

Dans ce cas, c'est plutôt à moi de m'excuser. Dit-il en se sentant rassuré.

Je ne vois pas pourquoi.

Il eut un sourire bien net sur les lèvres avant de se rapprocher encore plus d'elle. Ne la voyant manifester aucune réticence, il plaça ses mains sur ses hanches et fit lentement venir sa bouche près de son oreille.

Parce que je me rends compte que j'ai été bête.

Effectivement. Lui qui croyait que ce fugace baiser donné dans cet effroyable tunnel n'avait existé pour elle que l'espace d'un instant trop court, qu'elle l'avait oublié comme un certain nombre d'autres choses. Il venait de se rendre compte maintenant que s'il avait répondu à ses avances la fois précédente, il n'aurait pas profité d'elle comme il avait pu le penser sur le moment.

Il ramena son regard dans la lubricité de ses yeux et, frémissante, elle se laissa aller sans même prendre le temps de réfléchir, se disant que les sentiments parlaient d'eux-mêmes et entravaient toutes formes de réflexion. Il la sentie frissonner sous ses doigts qui prenaient plaisir à l'effleurer et, n'y tenant plus, elle finit par s'adonner à ses envies. Au début timide et presque aérien, le baiser se fit plus franc en gardant néanmoins sa lenteur de départ. Prenant son temps, le diagnosticien savait que de la faire languir de cette façon rendrait les choses bien plus excitantes des deux côtés. Mais pour l'heure, aucun des deux ne montra une quelconque soif croissante pour les plaisirs charnels. Leurs gestes étaient doux, timides voire quelquefois presque hésitants. C'était une découverte, une façon de se rassurer où l'exaltation prendrait la place de la curiosité et la passion celle de la douceur.

Une main plaquée sur sa joue, la jeune femme semblait ne plus pouvoir s'arrêter de la faire voyager jusqu'à sa nuque dans un incessant va et vient. Pendant ce temps-là, House fit glisser une main dans le creux de ses reins et l'attira un peu plus contre lui. Lentement, il quitta sa bouche pour savourer la douceur sensuelle de sa peau. Le piquant de sa barbe procura d'infimes sensations à Cuddy qui, trouvant cela trop insoutenable, ramena son visage vers le sien avant de s'emparer fougueusement de cette bouche aux lèvres aussi douces que fermes. Interprétant parfaitement bien le message qu'elle voulut lui faire passer, il décida pourtant de la contrarier en glissant délicatement sa langue sur ses lèvres avant que celle-ci ne parvînt à trouver sa partenaire. Elle agrippa le col de sa veste et ils se mirent à faire valser leur langue ensemble dans un balai envoûtant qui n'inspirait qu'envie et passion déferlantes. Il lui mordilla la lèvre inférieure, ce qui lui arracha un gémissement alors qu'elle tentait désespérément de lui enlever son blouson. N'étant pas tout à fait convaincu que la tournure que les choses allaient prendre serait la bonne, il avait voulu capter son regard et lui poser la question qui lui trottait à présent dans la tête avec une résonance retorse mais il perdit vite cette idée en étant obnubilé par sa partenaire qui était animée par l'exaltation qu'elle lui faisait partager. Maintenant parvenue à le débarrasser de son cuir de motard, ils durent se séparer, le souffle court et les sens en éveil. Il posa son regard sur elle le premier, pouvant l'admirer les yeux clos et les lèvres laissées entrouvertes. Il n'eut alors pas le moindre doute sur ce qu'il pensait d'elle. Elle finit par accrocher son regard d'un bleu nuit électrisant et se sentit légèrement vaciller sous les ondes érotiques que celui-ci semblait lui envoyer. Son expression semblait interrogative, presque incertaine, mais elle ne dit rien. L'instant d'après, ils étaient à nouveau l'un contre l'autre. Très vite, il amena l'une de ses mains à la lisière de son haut qu'il fit doucement remonter pour caresser la peau douce et délicate de sa hanche. Des frissons lui remontèrent le long de la colonne vertébrale et elle ne put retenir un grognement de plaisir. Sans plus attendre, elle lui ôta son tee-shirt et vint ensuite placer ses mains sur ses épaules avec un désir qui mêlait à la fois envie et timidité. Le baiser ralentit, s'adoucit et il se mit furtivement à sourire contre ses lèvres au goût sucré en sentant les mains de la jeune femme se faire petit à petit entreprenantes en se dirigeant lascivement vers son torse. Les caresses qu'elle lui prodiguait firent naître en lui une effervescence de sensations jubilatoires. Ses mains sur ses hanches ne cessaient de remonter vers sa taille en dévoilant toujours plus son abdomen et elle comprit qu'il était temps pour elle aussi de se délester de ce bout de tissu qui commençait à se faire agaçant. Après un geste rapide sans ardeur, il reposa ses mains sur ses hanches et dévia vers sa mâchoire en descendant voluptueusement dans son cou. Son souffle chaud la fit frissonner une fois de plus, elle venait de perdre totalement le sens des réalités. Tandis que les mains de House étaient désormais dans son dos en prenant plaisir à la faire enrager en repassant sans arrêt sur la fermeture de son soutien-gorge, Lisa attisait davantage l'excitation de son partenaire en faisant jouer ses doigts sur les coutures de son jean. Mécaniquement, elle l'attira en direction de sa chambre et il la suivit, éperdument captivé par son pouvoir d'attraction.

Au cœur de la nuit, il était étendu sur le dos, un bras autour des épaules de la jeune femme et les pensées brouillées par d'étranges images qui n'avaient pas le moindre sens et qui finirent par se volatiliser lorsqu'il lui donna un coup d'œil. Serré contre lui, elle avait le regard rivé sur le plafond, un sourire béat figé sur les lèvres qui lui donnait l'expression d'une jeune fille heureuse. Sans qu'elle ne le remarquât, il sourit en la regardant avant qu'elle ne prît la parole en restant les yeux obstinément fixés vers le haut.

Je ne veux pas que tu te sentes obligé de quoi que ce soit à cause de ce qui s'est passé il y a deux mois.

Ce que je viens de faire était tout sauf un devoir. Répliqua-t-il en gardant le regard accroché à son visage. Il la vit se mordiller la lèvre inférieure et se dit qu'il allait sûrement regretter ce qu'il venait de dire, même si c'était la stricte vérité.

Et c'était quoi alors ? Demanda-t-elle quelques instants après en tournant la tête vers lui.

Il la regarda aussi, mal à l'aise. Il savait bien qu'il fallait qu'il lui réponde quelque chose, qu'il lui dise ce que ça représentait réellement pour lui mais la peur et la gêne ne l'aidaient aucunement à s'exprimer. Au lieu de prononcer la moindre parole qui, comme il se connaissait, aurait très bien pu tourner à la catastrophe, il se contenta de lui sourire en passant le dos de sa main libre sur sa joue gauche. Elle dut comprendre le sens de ce geste car elle ne dit rien et lui rendit son sourire d'une telle manière qu'elle ne pouvait en douter.

Wilson ne me croira jamais si je lui dis ce qu'il en est. Ajouta-t-il un moment plus tard en étant amusé de cette situation.

À deux, nous serons plus persuasifs ! Fit-elle avec un air coquin.

Ils éclatèrent de rire et il finit par se pencher sur elle pour lui voler un tendre baiser qui, en fin de compte, se prolongea quelque peu avant que tous deux ne finissent par plonger dans un profond sommeil leur rappelant qu'ils avaient dés à présent une possibilité, une éclaircie qui prenait le pas sur leurs sombres souvenirs.

Au fil des jours, le reste ne changea pas. Les remarques caustiques et les répliques cinglantes étaient toujours présentes et ce n'est pas l'oncologue qui allait s'en plaindre, au même titre que les deux concernés. Le contraire les aurait inquiété en fait. Ils continuèrent de se fréquenter sans avoir vraiment abordés le sujet de la stabilité et de la continuité dans le temps. Depuis l'accident de métro, il était devenu difficile à la jeune femme de se projeter, de penser à ce que pourrait être son futur. Acceptant cela, elle avait fini par se dire que c'était probablement une bonne chose car le diagnosticien, lui, n'y était jamais vraiment parvenu. Pour l'heure, ils étaient tout simplement bien comme ça et ça leur suffisait.

Ce qui s'était passé en Allemagne s'était révélé surprenant aussi bien pour l'un que pour l'autre. Les moments les plus terribles rapprochent les gens, parfois à tel point que des choses auxquelles on ne s'attend pas se produisent. Cette catastrophe a ouvert la porte à deux personnes qui n'avaient jamais osés l'ouvrir d'eux-mêmes. La vraie humanité surgit lorsque le danger est imminent ; car dans l'ombre, la lumière intérieure est la seule que l'on puisse voir.

THE END