- Hey Makkena! Prête pour notre dernier examen de fin d'année?
- Hey Donna, tu sais je suis plutôt prête à prendre un avion pour un aller simple vers une destination complètement étrangère rien que pour fuir cette prison qu'est Regina Assumpta, fuir le Canada!
- Tu répètes le même baratin depuis qu'on te connait Mack. Encore un dernier effort et ensuite on fera ce qu'on fait comme à chaque année : un beau feu de camp qu'on va alimenter grâce à nos cahiers d'école, passer nos vacances ensemble à faire du shopping et à faire la fête!
- Yeah! Angel a raison Mack, pense positif! En plus, c'est anglais notre dernier examen ça ne devrait pas
être un problème pour toi.
- Oui c'est vrai Miss de la Barbade.
- Hmmm...you're right girls let's go nail this thing!
- Quoi?
- Ça veut dire...?
- Arh..ça veut dire allons réussir cet examen bande d'écervelées. Depuis le temps qu'on se connait, j'aurais cru que vous auriez perfectionné votre anglais…
- Ouh lala tu es crue!
- J'en connais une qui a besoin de vacances moi…
- Je ne le serais pas si vous n'étiez pas aussi bêtes! On se revoit dans une coupe d'heure! Good luck my hommies!
- Thanks!
Et elles se séparèrent. Ces trois jeunes filles présentées sont Donna Summers, Angel Carter et Makkena Miller. Elles ont 16 ans, se sont connues à la petite école et se sont rapidement liées d'amitié. Elles ont intégré l'école secondaire Regina Assumpta, un collège privé très réputé à travers la province du Québec. Seuls les élèves détenant des moyennes générales élevées pouvaient intégrer cet établissement et heureusement pour elles, elles avaient le profil parfait digne d'un réginien. À l'école tout comme à la maison, les gens les surnomment les trois mousquetaires. Elles se tiennent toujours ensemble. Lorsqu'une d'entre elles a un souci, les autres volent à sa rescousse aussitôt. On dit que Makkena Miller est la leader du trio. C'est dû à son physique développé et à sa personnalité contagieuse. Elle fait 1m70, les cheveux noirs très longs qu'elle préfère garder en queue de cheval, des yeux pairs très perçants, un grain de beauté discret tout juste à côté de son nez qui lui donne un charme fou! Sans oublier un sourire très provocateur qui n'échappe certainement pas à son entourage. Les garçons font la ligne pour avoir ne serait-ce que son numéro de téléphone. Les plus audacieux lui demandent carrément de sortir avec eux. Les plus chanceux réussissent à un décrocher un «non» sympathique tandis que les plus insistants ont affaire à son poing. Son entourage la respecte beaucoup pour son franc parlé et son ouverture d'esprit. Elle se fait des amis très facilement. Makkena tient ses origines de la Barbade, ce qui explique sa beauté exotique et son teint basané.
Le mois de juin était le mois préféré des étudiants surtout parce que les vacances approchaient à grand pas. Mais avant les vacances venaient les examens. Dure période de l'année parce qu'il faisait chaud et que la motivation diminuait au fur et à mesure. Après cet examen d'anglais, les réginiens pourront enfin se reposer….
- SUPER! ON EST EN VACANCES! S'exclama Makkena.
- YOUPIIIIII À NOUS LES VACANCES, LES MAILLOTS DE BAIN! S'écria à son tour Angel
- Et…LES GARÇONS! Termina Donna
-Elles s'éclaffèrent de rire. Les trois mousquetaires pouvaient enfin souffler un peu. Les examens finaux n'étaient pas de la rigolade. Elles devaient constamment se surpasser pour garder leur place à l'école.
- Bon on fait quoi? Demanda Angel, les bras croisés.
- Et si on allait au Saint-Sulpice? proposa Donna.
- Je suis déjà toute oui!
- J'approuve! Déclara Makkena.
- Salut les filles! dit un garçon qui semblait avoir le même âge qu'elle. Il faisait à peu près 1m85 et avait les yeux verts et les cheveux châtains.
- Oh François! Comment ça va? Tes examens se sont bien passés?
- Plutôt bien et les vôtres?
- Ça s'est très bien passé!
- Oui je crois qu'on va se revoir l'an prochain hihihi!
- En ce qui te concerne Angel, on ne sait jamais…
- La ferme Donna!
- Je plaisantais calme-toi hihihi!
- Ah les filles…vous êtes désespérantes!
- Euh..Makkena est-ce que je pourrais te voir en privé s'il te plaît? Demande François. On pouvait voir dans son regard qu'il était mal à l'aise.
Oh…mais bien sûr! Attendez-moi les filles
- Oh mais ne t'en fais pas…
- On ne s'en va nulle part….
Elles se mirent à nouveau à rire. Les deux jeunes gens s'éloignèrent du duo et prirent place sur un banc.
- Vas-y je suis toute à toi! S'exclama Makkena en souriant.
- J'aimerais effectivement que tu sois toute à moi…en étant ma petite amie, déclara François le regard dérivé. Il ne la regardait pas dans les yeux, trop gêné pour lui faire face.
- Quoi? Ta petite…je ne suis pas sûre de comprendre.
- Makkena avant que tu continues laisse-moi t'expliquer…je sais ça peut te sembler soudain et tout mais depuis que je t'ai aperçu pour la première fois en secondaire un, j'ai tout de suite senti que tu étais spéciale. Je sais que tu es très convoitée par les garçons et je sais également ce que tu leur fais quand tu n'es pas intéressée. Voilà pourquoi je ne t'ai rien dit plutôt, je ne voulais pas être rejeté. Quand j'ai su qu'on serait finalement dans la même classe cette année, je me suis dit que c'était ma chance de me rapprocher de toi. Tu es exactement comme dans mes rêves…
- Euh s'il te plaît, ne me parle pas de ce qui se passe dans tes rêves.
- Excuse-moi je ne voulais en aucun cas te mettre mal à l'aise.
- Je ne le suis pas. Bon…je trouve tout cela très flatteur et tu es un garçon très gentil et très mignon ça ne fait aucun doute. C'est très agréable te parler et tout mais…
- Mais ça ne va pas plus loin c'est ça?
- Je ne suis tout simplement pas prête à m'embarquer dans une relation. Ça ne fait tout simplement pas partie de mes priorités. Ne le prends surtout pas mal.
- J'essuie quand même un refus. C'est normal que je sois déçu.
- Je priorise l'amitié avant l'amour. Je te remercie pour ton honnêteté. J'espère qu'il n'y aura pas d'amertume entre nous. Je t'apprécie beaucoup.
- Moi aussi Makkena et c'est à moi de te remercier d'avoir été compréhensive. Tu n'es pas aussi dangereuse qu'on le dit.
- Eh bien disons plutôt que tu t'es bien comporté.
Ils se mirent à rire suite à ce commentaire.
- Je dois y aller, Donna et Angel m'attendent. On se revoit en septembre j'espère.
- Makkena?
- Oui?
- Tu seras toujours dans mon cœur.
- Merci François. Ça me touche. Tiens voici mon adresse pour qu'on s'écrive de temps en temps. Je t'apprécie beaucoup ne l'oublie pas.
Elle partit rejoindre ses amies qui l'attendaient impatiemment.
- Je me demande bien ce que Frank lui veut…
- C'est évident Angel il en pince pour Macky depuis longtemps et je suis sûre qu'il s'est confessé à elle.
- Hey les filles, désolée pour l'attente on y va maintenant.
- Qu'est-ce qu'il te voulait? Demanda Angel visiblement très curieuse.
- Je vous expliquerai en chemin.
- Voilà les filles vous savez tout.
- Ah… le pauvre François, il a du être très déçu.
- Qui ne le serait pas? Mack, tu as du succès auprès des garçons, il faut t'y résigner.
- Les garçons d'ici sont beaucoup trop ennuyants et idiots. J'ai besoin de voir autre chose. Ils ne sont pas fameux à Regina. Ils sont immatures et certainement pas drôles. François est bien, mais pas plus.
- Bon…si tu le dis.
- Tu es dure en affaire!
- Not at all, I simply haven't found the right guy,yet.(Pas du tout, je n'ai tout simplement pas trouvé le bon garçon)
- Makkena, tu n'as que 16 ans bon sang…tu n'es pas obligée de rencontrer l'homme de tes rêves tout de suite!
- Donna a raison, Mack. François est plutôt mignon et très populaire.
- Ça ne veut pas dire pour autant que je veux m'accrocher à n'importe qui.
Soudain, le portable de Makkena se mit à vibrer. En regardant sur son écran, elle vit le nom de son papa inscrit. Elle décrocha.
- Hey dad what's up (Salut papa quoi de neuf)?
- Hey darling, did you do well on your last exam ( est-ce que tu t'en es bien tiré à ton dernier examen)?
- It went well don't worry it was a piece of cake ( Ça s'est bien passé t'en fais pas c'était super facile). Tu as besoin de moi je présume, tu ne m'appelles jamais en pleine journée.
- Tu connais bien ton père. J'ai effectivement besoin de toi. J'aimerais que tu rentres pour le souper à temps. Une discussion familiale s'impose.
- Ouf…ça semble sérieux rien que sur le son de ta voix
- Ça l'est en effet. Tu sauras tout en temps et lieu. À plus tard
-Bye!
Elle abaissa le rabat de son téléphone. Elle se demandait bien de quoi il s'agissait.
- Ça va Mack?
- Tout va bien? Tu sembles soucieuse…
- Mais oui les filles…par contre ce soir je ne pourrais pas rester à vous, mon père a demandé à ce qu'on se réunisse en famille. Il a quelque chose à nous annoncer apparemment. Ça semblait sérieux.
- Ah le beau …ton père est trop parfait!
- Angel ne t'y mets pas toi aussi
- Je fais que rigoler…mais il est vraiment beau ton père.
- Bon bon bon j'ai encore quelques heures devant moi, je propose qu'on aille au centre Eaton qu'en dites-vous?
Le centre Eaton est un grand centre commercial situé au centre-ville de la ville de Montréal. Un lieu très fréquenté par les jeunes surtout le vendredi et la fin de semaine. Donna et Angel approuvèrent la proposition de leur amie et prirent le métro le plus proche pour se rendre à destination.
- C'était super les filles! Il faut que j'y aille! N'oubliez pas qu'on doit organiser le feu de camp! Je me charge de réunir quelques amis pour l'événement, déclara Makkena.
- On règlera ça plus tard!
- Oui vas-y n'oublie pas de nous appeler surtout.
Makkena embrassa ses copines et prit le chemin du retour à la maison. Une fois arrivée à la station Henri-Bourassa, elle embarqua dans l'autobus qui la déposait au coin de la rue Gouin et d'Hiberville, dans le quartier Ahuntsic là où elle a grandi depuis sa tendre enfance. Elle aimait vraiment cet endroit pour la paix que ça lui apportait, mais aussi pour le parc qui se trouvait tout juste derrière sa maison. C'était le parc de la Visitation. Elle allait s'y entraîner tous les soirs. Eh oui, Makkena pratique les arts martiaux depuis l'âge de 10 ans. À cette pensée, elle émit un long soupir. Elle adorait cet art que ses parents lui ont fait découvrir mais, elle constata que sa vie n'était pas aussi palpitante. Pourtant elle avait de bons amis, des notes potables à l'école, une famille unie, la santé. Toutefois, elle aimerait pouvoir voyager, parcourir le monde, découvrir un nouveau peuple, un nouveau paysage. Voilà ce qui manquait à sa vie : l'aventure! Bientôt elle devra penser à son avenir professionnel. L'entrée au collège était pour bientôt et elle aimerait suivre les traces de son père journaliste au grand désespoir de sa mère qui voulait qu'elle embrasse le métier d'avocate. Complètement perdue dans ses pensées, elle ne se rendit pas compte qu'elle était devant le seuil de la porte de sa maison.
- Salut tout le monde! Je suis rentrée, s'écria-t-elle.
Elle se dirigea vers la cuisine et y trouva ses parents, Eleanor et Christopher et sa petite sœur, Pamela-Cindy en train de ranger la table. Makkena était arrivée pile au bon moment pour le souper.
- Bonsoir ma chérie, comment s'est passé ton examen d'anglais? Demande sa mère en lui faisant la bise au loin.
Eleanor Miller était la copie conforme de Makkena excepté le fait qu'elle faisait 1m50. Environs dans la quarantaine, les cheveux noirs aussi longs que sa fille aînée et des courbes très prononcées. Elle avait également les yeux pairs, mais un teint légèrement plus pâle que Makkena. Les gens pensent parfois qu'elles sont jumelles dû à leur incroyable ressemblance physique. Par contre, en ce qui avait trait à la personnalité, c'était une autre histoire…
- C'était une partie de plaisir, j'ai même eu le temps de faire une sieste d'une heure! Répond-elle avec nonchalance.
- Makkena…dois-je comprendre que tu n'as pas révisé? DemandeMme Miller sur un ton sérieux.
- Maman, l'anglais et moi ça ne fait qu'un. Pas besoin de réviser. Can you trust me for once? (Peux-tu me croire pour une fois)
- Alors je dois en conclure que tu obtiendras une note parfaite.
- I am the perfection,everyone should know that by now ( Je suis la perfection, tout le monde devrait le savoir à présent), répliqua Makkena avec un sourire triomphant.
- Je ne plaisante pas. Je suis au courant pour les pondérations des examens tu sais. N'oublie pas que je suis directrice générale du collège BréBoeuf. 50% c'est énorme, tu te dois d'obtenir de très bons résultats et n'oublie surtout pas que cette session d'examen est primordiale pour ton entrée au collège.
- Je t'entends parler de ces examens depuis mon entrée au secondaire, tu peux me croire que je connais le discours à la lettre…
- Comme d'habitude tu t'inquiètes pour rien, ma chérie. Fais donc confiance à Mack et mettons-nous à table je meurs de faim, dit Christopher Miller en se massant le ventre.
And as usual, you're taking her side…grogna Eleanor.
C'était un homme grand et bien bâti. Il était lui aussi situé dans la quarantaine et possédait les yeux noirs et les cheveux noirs. Un teint beaucoup plus foncé que Makkena, mais celle-ci avait définitivement hérité de son physique élancé. Il faisait 1m85. Partout où il passait, il était une star auprès de la gente féminine, en plus d'être réputé pour être l'un de meilleurs journalistes de la ville, il était un très bel homme. Ce qui causait parfois des frictions entre lui et sa femme. Makkena s'entendait à merveille avec son père. Il prenait toujours son parti lorsque Mme Miller n'était pas satisfaite des résultats scolaires de sa fille.
- Ouais du macaroni au gratin! S'exclama avec enthousiasme Pamela-Cindy.
Elle était aussi grande que Makkena avec pour seule particularité qu'elle n'était âgée que de 12 ans et cela se prononçait par ses traits fins. Elle était la seule à avoir hérité des cheveux blonds châtain de ses grands parents. Ça la distinguait davantage de ses parents et sa sœur. Néanmoins elle détenait les yeux noirs et du teint foncé de son père.
Tout le monde se mit à table et dégusta ce plat délicieux qu'Eleanor avait préparé pour sa petite famille. Puis, Christopher prit enfin la parole.
- J'ai quelque chose à vous annoncer. Tout d'abord, je veux être sûre que vous n'allez pas m'interrompre et me laisser finir jusqu'à la fin. Promis?
Les 3 jeunes femmes regardèrent l'homme de la maison avec un air inquiétant mais jurèrent de bien l'écouter jusqu'à la fin.
- Comme vous le savez, les affaires se passent très bien au travail. J'ai également reçu une mention d'honneur pour avoir couvert l'inauguration de Barack Obama en janvier 2009 à Washington vous vous en souvenez? Je devais m'absenter pendant 1 mois pour la cause. Malheureusement je n'avais pas pu vous emmener avec moi. Makkena commençait sa première année au secondaire et Pamela entamait sa deuxième année au primaire. Quant à toi Ellie, tu occupais un poste de direction très important et ça l'est encore. C'était très dur de ne pas être avec vous, et c'est pour cette raison que j'avais demandé à ce qu'on ne m'offre plus de contrats à l'extérieur du pays. Par contre, la semaine dernière, mon supérieur m'a fait l'objet d'une offre qu'il m'a été très difficile de refuser : je dois couvrir les faits historiques des 5 dernières années de la ville de Tokyo.
- Alright dad! You're the best (Super papa, t'es le meilleur)! S'exclama Makkena en applaudissant.
- Yes dad show them what you got(Oui papa montre-leur de quoi tu es capable)! Encouragea à son tour Pamela-Cindy
- Hmm...what's the real deal Christopher?(Elle est où l'attrape Christopher) demanda Elenaor qui semblait ne pas vouloir connaître la suite des choses.
- Eh bien...le contrat est d'une durée d'un an.
Les trois femmes se turent. Un silence plutôt incommodant s'installa dans la salle à manger.
- D'accord je sais qu'un an c'est beaucoup mais j'y ai sagement réfléchi et je crois que c'est une opportunité que je ne peux pas laisser passer. Je lui ai donc donné ma réponse ce matin et j'ai accepté. Je partirai à la mi-août.
- Sans même m'en parler Chris sérieusement!
- Ellie, please let me finish. The girls are now young women and they can take care of themselves so do you. A year isn't a big trouble at all. (Ellie laisse-moi finir s'il te plait. Les filles sont maintenant de jeunes femmes qui peuvent prendre soin d'elle et toi aussi. Une année, ce n'est pas la mer à boire.)
- Un an sans toi mais c'est de la folie! Tu nous avais promis que tu refuserais tout contrat qui t'obligerait à quitter la province.
- Oui mais je compte revenir dès que mon mandat sera rempli. Essaie de comprendre Eleanor.
- Je suis désolée mais un an c'est trop. Tu serais prêt à rater la cérémonie des diplômes de Makkena? Et la rentrée scolaire de Pamela-Cindy?
Makkena regardait ses parents argumenter sur la décision pourtant très légitime de son père. Elle comprenait l'inquiétude de sa mère, mais elle comprenait également l'envie à son père d'obtenir de plus grandes responsabilités et de relever de nouveaux défis. Son père était le meilleur dans son domaine et le monde entier allait en être témoin grâce à ce contrat de grande envergure. Soudain, une idée lui traversa l'esprit :
- Papa, je pars avec toi!
- QUOI! S'exclama le reste de la famille.
- Tu es folle ou quoi? Qui t'a permis de prendre une telle décision? S'énerva Eleanor.
- Papa vient tout juste de le dire maman, un an ce n'est vraiment pas si mal que ça et puis j'ai besoin d'élargir mes horizons. Découvrir un nouveau paysage. Je veux suivre les traces de papa. Comment je vais savoir si le journalisme est vraiment fait pour moi? C'est en accompagnant papa que j'en apprendrais davantage sur le métier. Ma décision est aussi prise. Dis oui papa.
- Makky t'es complètement cinglée. L'année prochaine c'est ta dernière année avant le collège. Tu ne peux pas partir comme ça et puis tous tes amis sont ici. En plus maman veut que tu deviennes avocate, le journalisme tu peux oublier ça.
- Eh bien Cindy tu peux devenir avocate à ma place si ça te tente, mais pas moi et maman le sait pertinemment bien!
- Écoute ta petite sœur qui a du bon sens. Tu ne peux pas t'en aller je refuse catégoriquement que tu compromettes tes études à Regina. Tu vois bien ce que je vis avec ton père à cause de son métier? Je ne veux pas avoir à le vivre avec toi.
- C'est du pur égoïsme alors.
- MAKKENA MILLER! You better shut your mouth young lady (Tu ferais mieux de te taire jeune fille).
- What is it then? Why can't you accept the fact that dad must accept this once in a lifetime offer? He did sacrifice himself to please us. Now it's time for him to show the world why he's the greatest journalist of all time. What's so bad about it? (Qu'est-ce que c'est alors? Pourquoi ne peux-tu pas accepter le fait que papa doit accepter cette offre qui n'arrive qu'une seule fois dans une vie? Il s'est sacrifié pour nous. Il est temps pour lui de montrer au monde la raison pour laquelle il est le meilleur journaliste de tous les temps. Qu'y a-t-il de mal à ça?)
Makkena et sa mère se regardèrent droit dans les yeux. Leur relation était souvent de nature conflictuelle. Mme Miller trouvait que Makkena exprimait trop souvent sa façon de penser s'en réfléchir aux conséquences. Makkena reprochait à sa mère de ne pas penser au bonheur de ses proches.
- Allez on se calme. En fait…j'ai déjà pensé à cette éventualité. J'ai demandé à mon patron un deuxième billet au cas où l'une d'entre vous aurait voulu me suivre. Je savais que tu te serais prononcée là-dessus Makkena. Je t'ai déjà inscrit au lycée le plus prestigieux de Tokyo : Odaiba. Tu ne perdras pas ton année, tu continueras ton parcours là bas et quand on reviendra tu pourras aller au collège sans problème. Ça ne dérange pas de manquer la graduation avec tes amies?
- Oh papa…tu connais vraiment ta fille! Merci! Je pars avec toi sans hésitation.
- Et moi alors? Tu n'as pas pensé à moi papa?
- Pamela…je te connais bien ma petite fille. Tu es vraiment la fille à ta maman. Tu n'es pas du genre à tout laisser derrière toi et repartir à zéro. Tu es bien trop jeune pour ça et c'est normal. Makkena en revanche n'a pas froid aux yeux. Les défis, ça la connait! Ce serait un bien grand bouleversement pour toi. Tu seras bien mieux avec ta mère.
- …..t'as raison papa.
Eleanor ne dit pas un mot. Elle regarda son mari puis sa fille aînée. Comme ils se ressemblaient! Ils avaient la même détermination dans le regard et la conviction de réussir tout ce qu'ils entreprenaient. Elle devait se rendre à l'évidence, ils avaient fait leur choix et rien n'allait se mettre à travers de leur chemin.
- Eh bien...C'est tout le monde contre moi on dirait bien. Je ne peux pas te forcer à m'écouter Makkena après tout, tu es assez mature pour prendre tes propres décisions. Ton père t'a vraisemblablement donné son appui. Que puis-je faire de plus?
Sur ces dernières paroles, Eleanor quitta la table et monta à l'étage.
- Je vais aller lui parler. Pendant ce temps, débarrassez la table et préparez-vous pour vous mettre au lit. On reprendra cette discussion demain matin.
Il quitta à son tour à la table et rejoignit sa femme.
- On ne t'a jamais dit que tu parlais trop Makkena?
- Pfff n'importe quoi! Il faut bien que quelqu'un lui dise les vraies choses. Allez on fait ce que papa a dit.
Le reste de la soirée se passa dans le calme malgré la tension palpable qui habitait la maison.
