Publié le 5 septembre
Bonsoir bonsoir ! J'imagine que pour beaucoup, cette appellation de fic de l'été n'a plus lieu d'être (reprise des cours, toussa). Il reste tout de même un chapitre. Désolée pour le retard, j'ai réécrit plusieurs fois ce chapitre et j'en reste toujours insatisfaite, but it's time to move on.
En réponse à Guest : Merci pour ta review :) Je suis contente que tu apprécies le concept de la fic !
En réponse à Robin : La suite est là, mais seras-tu au RDV haha ? Le but des fanfics n'est pas souvent de refléter la réalité (heureusement parfois) et j'imagine que mon névrosé de Draco serait bien emmerdant s'il existait. Par contre, il me semble qu'une relation qu'on pourrait qualifier du mot-valise de "poétique" ou tordue est viable. En tout cas, je t'avoue que j'écris avec en tête une personne que j'ai bien connue...
En réponse à Daidaiiro30 : Heureuse aussi que le principe te plaise. Merci pour ton message :)
Résumé : Harry pensait avoir deux problèmes. 1) Ron l'avait embrassé. 2) Malfoy était bizarre. En réalité, Malfoy abuse beaucoup trop du Polynectar. Résultat, Harry n'a qu'un problème : Malfoy, sous l'apparence de Neville, qui lui propose un jeu et lui remet quatre cheveux. Ah, et un problème subalterne : son désir croissant pour Malfoy.
PAR CAPILLARITE
Chapitre 4 : Ronnie, Maman va te gronder
D'un mouvement rapide, Harry réajusta ses lunettes sur son nez. Il jeta un coup d'œil à gauche, à droite et encore à gauche. Personne en vu, parfait. Il attendit tout de même trente secondes de plus avant de quitter son renfoncement, d'un pas légèrement claudiquant, car il faisait bien attention à ne pas dévoiler accidentellement un bout de pied. Sa Cape d'invisibilité serrée autour de lui, il se sentait l'âme d'un criminel en fuite mais le cœur n'y était plus.
La veille, il avait trouvé plutôt excitant de se la jouer détective privé ou bandit en cavale. Désormais, ça commençait à devenir pesant.
Plus que quelques mètres et il serait enfin en sécurité. Il n'aurait plus besoin de se quicher dans des trous plein de poussière ou de transpirer comme un cochon dès qu'il entendait un éclat de voix.
Harry passa le Portrait de la Grosse Dame avec soulagement. Quand il constata que la Salle Commune était vide, il souffla d'aise. Il n'avait aucune envie de parler avec qui que ce soit pour l'instant.
Il s'affala dans un canapé au cuir élimé et jeta sa Cape à côté de lui, espérant vainement n'avoir plus à l'utiliser de la journée. Mais bien entendu, pour se rendre en cours de Potions, il devrait d'abord se draper dedans.
Dès qu'il quittait une salle de classe, la Tour de Gryffondor ou la Grande Salle, bref, dès qu'il se déplaçait, il était presque vital qu'il revête sa Cape d'invisibilité et qu'il prenne toutes les précautions possibles pour n'être vu de personne.
En effet, depuis que Malfoy, sous la forme de Neville, avait proposé un jeu à Harry, le Serpentard abusait du Polynectar matin, midi et soir. Comme il était impossible de savoir quand est-ce que Malfoy choisissait de piquer l'apparence du Survivant, ne restait plus qu'à Harry d'être très prudent.
Si on affirmait que Harry Potter avait été vu à deux endroits différents du château en même temps, le Survivant serait mal barré. Personne ne penserait à accuser Malfoy, du moins, pas immédiatement. Par contre, Dumbledore et tout le corps professoral de l'école interrogeraient Harry, qui aurait bien du mal à répondre.
Qui le croirait ?
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Harry avait d'abord, plein de candeur, pensé que Malfoy l'avertirait s'il devait lui emprunter son corps. Mais que nenni ! Voilà comment Harry s'était rendu compte à ses dépens que Malfoy était un gros bâtard :
La veille, jeudi, il était descendu petit-déjeuner avec un peu de retard. Il avait très faim et se sentait capable de bouffer un troupeau de gnous.
Il s'était installé pas loin de Luna, qui mangeait occasionnellement à la table des Gryffondors. Alors qu'il rassemblait dans son assiette tout ce qui lui faisait de l'œil, la Serdaigle l'interpella.
- Coucou Harry ! Tu sais que tu viens de sortir de table il y a cinq minutes, n'est-ce pas ? lui avait-elle demandé d'un air serein.
Quelques jours auparavant, si Luna avait affirmé que Harry avait déjà mangé alors qu'en réalité non, il ne lui aurait prêté qu'une vague attention. La Serdaigle vivait dans un monde parallèle peuplé de Nargoles, de Joncheruines ou d'Enormus à Babilles. Il aurait été probable que dans ce monde-là, un autre Harry Potter ait effectivement déjà petit-déjeuné.
Mais ce jeudi matin-là, dans le monde où Harry Potter vivait, si Luna affirmait qu'il avait déjà mangé, c'était qu'il avait déjà mangé. En tout cas, c'était que Malfoy été venu manger à sa place, sans prendre la peine de le lui notifier.
La mort dans l'âme, Harry avait donc inventé une histoire bidon, abandonné ses toasts et quitté la Grande Salle. Il avait revêtu sa Cape d'invisibilité et été parti aux Cuisines en scred. Heureusement, Dobby lui avait préparé un petit-déjeuner digne d'un empereur tout-puissant, ce qui l'avait un peu réconforté.
xXx
Ça avait été comme ça, donc, toute la journée de la veille, et tout ce jour-là. Dès qu'il devait se déplacer, ne sachant pas si Malfoy était polynectarisé en lui ou non, Harry se glissait sous sa Cape.
L'item magique hérité de son père ne trompait pas la Carte du Maraudeur, en possession de Malfoy, mais il lui permettait de ne pas se croiser lui-même par inadvertance ou, pire encore, d'apprendre d'un élève qu'il venait de partir dans la direction opposée.
Il lui était arrivé de se rendre en cours et de constater – horreur ! – qu'un Harry Potter était déjà assis à sa place, discutant d'il ne savait quoi avec Hermione.
Et la sorcière ne s'était jusque-là rendu compte de rien. Car si Hermione s'était aperçue qu'elle babillait gaiement avec Malfoy, le Serpentard aurait déjà perdu ses parties génitales.
Bref, Harry avait loupé quelques cours comme ça, parce que quelqu'un d'autre qui n'était pas lui se faisait passer pour lui.
Durant ce temps libre involontaire, il avait écouté, toujours invisible, les discussions existentielles des autres Serpentards, dans l'espoir que Zabini, Crabbe, Goyle, Nott ou Parkinson lui apprennent quelque chose.
Mais, visiblement, Malfoy ne les avait informés de rien. Tous croyaient que s'il était si souvent absent, c'était qu'il travaillait sur sa mission secrète pour le Seigneur des Ténèbres.
D'ailleurs, c'est ce que Harry lui-même aurait pu croire, s'il n'était pas au courant des loisirs malsains de Draco Malfoy. Qui pourrait penser que le nouveau Mangemort, au lieu d'élaborer des stratagèmes ingénieux pour assassiner Albus Dumbledore, faisait mumuse polynectarisé en Harry Potter ?
Et tout ça pour aller en cours à sa place ?
xXxxXxxXx
A l'abri dans la Salle Commune, Harry se permit donc de souffler un peu. Il repensa à l'avancée de son enquête. Il avait passé les dernières heures à essayer de remettre certains événements dans l'ordre.
Au final, il avait appris plusieurs choses.
En rendant visite à Hagrid, il avait découvert que le demi-géant pensait l'avoir vu à poil dans la Galerie des Armures, mais qu'il ne se rappelait plus très bien.
Ils étaient vendredi et cette histoire de jumeau maléfique érotique s'était passée mardi. Étrange, bien étrange que le garde-chasse n'en ait gardé qu'un souvenir confus. De plus, Hagrid ne se souvenait même plus pour quelle raison il aurait pu se trouver dans ce coin-là du château.
De la même façon, après avoir interrogé Colin Crivey, Harry avait, avec un certain degré d'horreur, compris que les photos que l'autre Gryffondor lui avait montrées, quand il était à la poursuite de son double, étaient en réalité truquées.
En tout cas, il jurait sur la tête de Merlin qu'il ne s'était jamais trouvé en tenue d'Adam, à califourchon sur un hippogriffe noir.
Le blondinet avait eu le toupet d'affirmer que ces dizaines de photomontages pornographiques étaient destinés à décorer les murs de son fan-club.
D'autres élèves avaient finalement confirmé son hypothèse : Malfoy ne s'était pas réellement trimballé polynectarisé en lui et à oalpé dans les couloirs. Il l'avait simplement fait croire. Harry supposait qu'un bon sortilège de confusion, jeté sur quelques individus bien choisis, était tout ce dont le Serpentard avait eu besoin...
Le temps fila sans que Harry n'y prête attention et il dut bientôt se rendre en cours de Potions. Il ignorait sous quelle apparence Malfoy y serait.
xXx
Tandis qu'il se rendait aux cachots, sa Cape le dissimulant de tous, iHarryl regretta pour la énième fois la Carte du Maraudeur. Avec elle, il lui serait bien plus facile d'éviter de croiser Malfoy polynectarisé en lui.
En réalité, il y avait de grandes chances que le Serpentard surveille attentivement les déplacements de Harry sur la Carte et qu'il fasse lui aussi en sorte de ne jamais le croiser. Malfoy était vicieux mais intelligent. Il ne voudrait certainement pas qu'un témoin gênant, affirmant avoir vu deux Harry Potter, mette fin à son petit jeu.
Pourtant, Harry préférait lui aussi prendre ses précautions. Il ne savait pas quel était le but de ce jeu, et même s'il y en avait un. Commencer à faire confiance à Malfoy, c'était déclarer forfait.
Harry se faufila dans la salle de Potions et constata avec soulagement que Malfoy était, une fois n'est pas coutume, sagement assis en compagnie des autres Serpentards.
Harry se débrouilla pour faire exploser le sac de Dean. Il profita du bordel occasionné pour enlever sa Cape d'invisibilité et aller s'asseoir à la table qu'il partageait d'ordinaire avec Ron, qui n'était toujours pas sorti de l'infirmerie.
Le Survivant soupçonnait Malfoy de se faufiler dans l'infirmerie pour renouveler la maladie mystérieuse de son ami. Ce serait une manière de se venger de la déclaration d'amour que Harry avait faite à Ron.
Même Madame Pomfresh ne comprenait pas pourquoi Ron ne se rétablissait pas plus vite. Mais Harry ne s'inquiétait pas outre mesure. Malfoy n'était pas aussi démoniaque qu'il le pensait un mois plus tôt.
Dans le Poudlard Express, Harry avait surpris les fanfaronnades de Malfoy. Quelle était sa mission, était-il un Mangemort, que voulait-il acheter à Barjow & Burke, c'était des questions qui l'avaient obsédées jusqu'à il y a peu de temps.
Mais désormais, il savait que si Malfoy disparaissait si fréquemment, c'était moins pour accomplir la mission confiée par Voldemort que pour s'amuser avec du Polynectar. Okay, c'était tout aussi illégal mais sûrement moins dangereux.
Bref, Ron était encore absent et ça arrangeait bien Harry. Si personne ne lui posait de question, il n'aurait pas à mentir.
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Alors qu'il surveillait distraitement le développement de son philtre, Harry s'étonna encore de son nouveau don pour les Potions. Deux mois auparavant, il aurait ri au nez de quiconque lui aurait dit que les Potions deviendraient un de ses cours favoris.
C'était sans compter sur le favoritisme gênant mais utile de Slughorn et sur son précieux exemplaire du Manuel Avancé de préparation des Potions.
C'était devenu une habitude, Harry termina son philtre avec une avance considérable sur ses camarades. Cela lui laissa tout le loisir d'étaler ses questions sur papier.
Dans une transe cathartique, les yeux vitreux et les paupières agitées de tics, Harry confia toutes ses interrogations à un parchemin incapable de lui répondre.
xXx
Mardi
- Malfoy, polynectarisé en Ron, vient me sortir du lit. Pourquoi se jette-t-il sur moi ? Il a du voler la Carte du Maraudeur à ce moment-là.
- Pourquoi est-ce que Malfoy fait croire que je me balade nu ? Jeter un sortilège de confusion à plusieurs élèves et même à un professeur (Hagrid), c'est risqué. Pourquoi aller si loin ?
- Les témoignages contradictoires me mènent à la Salle de Divination. S'il a la Carte, il sait que je l'observe et donc il veut me montrer cette branlette. Pourquoi ? Et pourquoi me donne-t-il un cheveu, qui me permettra de découvrir son identité ?
- Malfoy garde l'apparence de Ron toute la journée. Il arrive lui aussi en retard en Astronomie, mange à peine au dîner, perd aux échecs. Je lui raconte ce que j'ai vu. Pourquoi me saute-t-il dessus et m'embrasse-t-il ? Croit-il que je pourrais tomber amoureux de lui, en croyant qu'il est Ron ?
- Grâce au Polynectar apporté par Kreattur, je me transforme en Malfoy. Pourquoi est-ce que j'ai tant apprécié son corps ?
- Où est-ce que Malfoy a gardé le vrai Ron, toute cette journée ?
Mercredi
- Malfoy se transforme en moi pour amener le vrai Ron à l'infirmerie (qu'il a rendu malade par je ne sais quel moyen). 1) il ne pouvait pas le séquestrer plus longtemps 2) Ron lui est inutile, car je l'ai rejeté la veille.
- Ron, bien sûr, est choqué par ma déclaration d'amour. Malfoy, polynectarisé en Cho, panique. Pourquoi ? Regrette-t-il d'avoir abandonné cette couverture si tôt ? Il croit sûrement que s'il avait été plus patient, il aurait pu, polynectarisé en Ron, faire des choses avec moi. Mais pourquoi voudrait-il faire ça, d'ailleurs ?
- Pendant le dîner, Malfoy est transformé en Neville et on discute Quidditch. Il ne semblait pas vouloir être découvert... Voulait-il seulement discuter avec moi ? Où est le vrai Neville ?
- Dans les vestiaires, il parle peu. Pourquoi est-ce que je lui confie plein de choses ? Il est jaloux de Ron, c'est certain. Il me propose un jeu et me donne quatre cheveux. Quel est le but de ce jeu ?
Jeudi
- Pourquoi est ce que Malfoy se polynectarise en moi ? Attend-il un signe de ma part ?
- Je me trimballe toujours sous ma Cape, on sait jamais. Pour l'instant, personne ne semble avoir rien remarqué d'anormal. Comment ça se fait que personne n'ait rien remarqué ?
- En fait, Malfoy m'imite à la perfection, c'est presque angoissant.
- J'ai l'impression d'être vraiment devenu invisible !
Vendredi (aujourd'hui)
- Il faut que j'agisse, que moi aussi j'entre dans le jeu.
- Tout-à-l'heure, je vais prendre du Polynectar.
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Harry ne savait plus si mettre tout ça sur papier l'avait aidé ou l'avait encore plus embrouillé. C'était bien beau d'y voir plus clair sur ce qu'il s'était véritablement passé ces derniers jours mais ça ne l'avançait pas du tout sur le plus grand mystère de cette histoire :
Bordel, que voulait Draco Malfoy ?
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Après le cours de Potions, le Gryffondor retourna pour la première fois depuis deux jours à la Tour de Gryffondor sans sa Cape d'invisibilité. Après tout, Malfoy était venu en classe sous son apparence normale – Harry avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il n'avait pas vu le véritable visage du blond. C'était que le salaud lui manquait presque.
Le Serpentard passait beaucoup trop de temps sous les traits du Survivant. Le pire c'était que Harry ne trouvait pas ça aussi gênant qu'au début. Il s'était habitué à ce que son corps puisse être soudain emprunté par Malfoy. Il s'était habitué à voir Harry Potter de l'extérieur. Il s'était habitué à considérer Harry Potter comme quelqu'un d'autre... Il devenait sûrement dingue.
Harry tira de sa malle les quatre fioles de Polynectar apportées par Kreattur et les quatre cheveux remis par Malfoy. Etait-il temps ? Comment indiquer à l'autre joueur que son tour à lui était venu ?
Le cœur battant et l'esprit embrumé, comme s'il venait de prendre une décision irresponsable – ce qui était le cas – Harry quitta la Tour de Gryffondor pour se rendre aux toilettes de Mimi Geignarde. Si, comme il le supposait, Malfoy surveillait attentivement ses déplacements sur la Carte, le Serpentard comprendrait qu'ils avaient en quelque sorte rendez-vous. Que c'était un signe.
Quelle personne saine d'esprit allait rendre visite à Mimi sans aucun motif ?
xXx
Harry entra doucement dans les toilettes des filles. Il fit attention à ne pas faire trop de bruit. Si Mimi se lamentait dans sa cabine favorite, il serait heureux qu'elle y reste. Sans trop savoir pourquoi, dans un élan de nostalgie sordide, il se retrouva devant l'entrée de la Chambre des Secrets.
Malgré lui, il caressa le petit serpent gravé sur le robinet, tout en évitant de le regarder, par crainte d'accidentellement se mettre à parler Fourchelangue. Quand il sentit le sifflement venir, il releva la tête. Ce qu'il vit dans le miroir lui fit croire qu'il allait se mettre à vomir son cœur.
Il sentait l'organe lourd et palpitant remonter le long de sa gorge, n'aspirant qu'à une seule chose : jaillir d'entre ses lèvres comme une langue enroulée sur elle-même et tomber dans l'évier.
Le cœur continuerait à battre, tiède contre l'émail éclatant et glacé, répandant son liquide rouge et fluide autour de lui. Le lavabo blanc accueillerait dans son creux, comme deux mains portent en coupelle une offrande, son cœur mourant qui lutterait en vain.
Harry, malgré l'emprise de l'image de son cœur agonisant, se força à regarder encore une fois dans le miroir. Il n'avait pas un mais deux reflets. Et celui qui n'était pas le sien avait l'expression d'un diable.
- Tu es enfin prêt, Potter ? demanda Malfoy, sous l'apparence de Harry. j'ai cru que tu n'oserais jamais commencer ton tour.
- Il m'a fallu un peu de temps pour élaborer ma stratégie, mentit Harry d'un ton provocateur. Mais je suis prêt à lancer les dés. Prépare-toi.
Harry-Draco sourit, d'un sourire que le véritable Harry ne s'était jamais connu. C'était une presque grimace, quelque chose d'assez tordu et viscéral, où l'éclat des dents, au lieu d'être l'indice de la joie, était une menace à peine voilée.
C'était une torsion des lèvres qui reflétait un plaisir certain, le plaisir d'un chat qui joue avec un scarabée et qui sait que l'insecte sera ramené mort.
Harry tint bon. Il plongea un cheveu inconnu dans une fiole de Polynectar et but la potion d'une traite, tout en regardant son autre lui droit dans les yeux.
La douleur arriva, familière et cruelle. Pendant des instants sans durée, le monde disparut. Harry disparut. Il n'était plus qu'une seule sensation, un long cri mental de peine.
Puis il eut moins mal et sentit, avec un mélange d'angoisse et d'excitation, les changements qui s'opéraient sur et en lui.
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Lui qui n'était pas bien grand perdit plus d'une vingtaine de centimètres. Ses lunettes devinrent trop grandes et lui donnèrent instantanément mal à la tête – il les rangea dans sa poche. Ses cheveux poussèrent à toute vitesse et atteignirent si vite ses épaules, ses omoplates puis le bas de son dos qu'il crut que ça n'allait jamais s'arrêter.
Il sentit ses lèvres, son nez, ses oreilles, ses orteils, tout se modifier, rapetisser, se boudiner. Enfin, la transformation cessa.
La première chose qu'il fit fut de se regarder dans le miroir, qui était derrière lui. Il n'en crut pas ses yeux.
Il n'était plus du tout Harry Potter, même si le miroir renvoyait bien un reflet de Harry Potter. Il était devenu une petite fille aux longs cheveux châtains.
Le visage tristement banal, pour ne pas dire franchement laid, ne lui disait rien. Le cheveu appartenait sûrement à une première année. Harry essaya de sourire et son reflet devint vraiment moche. Il hocha la tête d'un côté, puis de l'autre, cherchant une pose dans laquelle son corps d'emprunt pourrait paraître mignon.
Mais rien n'y fit. Il était dans le corps d'une enfant prépubère aux traits maussades et peu attrayants.
- Malfoy, c'est pas très drôle, grogna-t-il d'une voix fluette. Pas très fair-play.
- Pour que la question du fair-play se pose, il aurait fallu qu'il y ait des règles, répondit narquoisement Harry-Draco. Dans notre jeu, tout est dans le non-dit, dans l'ombre de lois tacites.
- Ton baratin ne m'intéresse pas, souffla la petite fille.
Harry-Draco haussa un sourcil typiquement Malfoyen.
- Ho. Et bien, petite, dis-moi ce qui t'intéresse, dit-il, en se penchant exagérément.
Harry sauta sur l'occasion. Sans savoir si ses traits disgracieux prendraient l'expression désirée, il fit une mine aguicheuse.
- Monsieur, susurra-t-il d'une voix enfantine. Je suis à un âge où je me questionne.
Malfoy cachait mal sa surprise.
- J'aimerais beaucoup savoir... Apprendre des choses sur... murmura la gamine, en s'approchant de Malfoy. Ho, je n'oserai peut-être pas !
Totalement pris au jeu, Harry détourna la tête, comme une enfant trop curieuse et honteuse. Malfoy, lui, resta bouche bée.
- Il y a des choses que les adultes font et que les enfants ne comprennent pas, expliqua Harry, en peignant ses longs cheveux avec ses doigts. Mais vous, Monsieur, vous pourriez peut-être...
Harry n'avait aucune idée de ce qu'il faisait. N'était-ce pas immoral d'utiliser le corps d'une enfant pour allumer Malfoy ? Et Malfoy avait-il réellement le droit de le regarder avec cet air de pédophile heureux ? Et d'ailleurs, pourquoi est-ce que Harry cherchait à exciter Malfoy ?
Il n'en savait rien. Il pensait que ce n'était même pas vraiment important de savoir. C'était ce qu'il fallait faire, c'était ce qu'il voulait faire.
Harry referma sa petite main boudinée sur le poignet de Harry-Malfoy – son propre poignet, et guida le Serpentard dans une cabine. C'était vraiment déroutant dde s'accompagner soi-même aux toilettes.
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Harry verrouilla la porte et tenta de prendre un peu de recul. Que pouvait-il faire ? Que devait-il faire pour gagner la partie ? Qu'avait-il envie de faire, c'était ça la seule question.
La petite fille grimpa sur le trône et se mit debout, en équilibre précaire. Elle était désormais plus haute que le brun, qui ne semblait pas capable de réfléchir. Alors, la gamine, avec un sourire malicieux, se mit à souffler doucement dans le cou de celui qui ressemblait à Harry Potter.
Harry souffla avec lenteur et il vit la peau frémir. Il savait que son cou était sensible, très sensible aux caresses et aux morsures, et il allait en profiter. Sa bouche d'enfant s'approcha du cou de Malfoy, les lèvres s'écartèrent, et Harry se mit à lécher.
Il lécha avec application et langueur, laissant au Serpentard le temps d'apprécier et d'être aussi terriblement frustré. Il lécha sans se presser, patiemment, écoutant avec délectation Malfoy gémir de plaisir et d'envie. Sa langue allait du creux du cou à derrière l'oreille, s'attardant parfois sur un endroit où le sang cognait, pour repartir vers le haut ou le bas.
La petite fille passa ses bras autour de la tête de l'adolescent, comme une mère possessive ou une amante en chaleur et sa langue trouva la grosse veine jugulaire, qui longeait tout le cou pour se glisser tout près de la clavicule.
Sa langue de l'enfant joua de longs instants sur la veine, la faisait rouler, la sentant gonfler et rendant toute la zone sensible et gluante.
Harry suça la veine, l'aspirant, comme s'il voulait la mordre et la rompre. Il la sentait venir à lui, se décoller du reste, et il n'y avait qu'une peau si fine – dérisoire – entre eux. Il aurait voulu atteindre Malfoy jusqu'au plus profond de son être.
Harry laissa la bave dégouliner et même il en cracha, comme pour irriguer un champ qui criait de soif. Malfoy ne voulait que ça, recevoir, recevoir ses coups de langue et de dents, qui l'amenait dans un autre monde !
Et Malfoy se tordait, et il ondulait du cou, comme pour épouser le baiser dont il était passif. Le plaisir irradiait dans le brun qui était, à l'intérieur, blond. Des étincelles sous ses paupières closes et des feux-follets dansant autour du feu de joie qu'était son estomac. Draco voulait dire « Encore, encore » mais il aurait fallu pour ça qu'il se rappelle comment parler.
Il n'était plus qu'une seule chose, même pas une chose. Il n'était plus Malfoy polynectarisé en son ennemi d'enfance mais quelques centimètres carrés de peau rougie qui ne demandait qu'à être déchiquetée.
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Embrasser et lécher le cou de quelqu'un peut être plus intime qu'un baiser. Il faut accepter les fluides collants et les gémissements bruts, il faut accepter de se perdre. Harry, qui se contrôlait remarquablement bien au début, se laissa lui aussi happer dans une spirale de plaisir. Il descendit de la cuvette et tira Malfoy vers le bas.
Les deux adolescents polynectarisés se retrouvèrent accroupis sur le sol des toilettes sales. La petite fille s'avança, entrouvrit les lèvres et caressa de son souffle celles du sorcier. Ils voulaient s'embrasser et c'était pour cela qu'ils ne le pouvaient pas.
C'était trop tôt, trop tard, en tout cas, leur jeu s'achèverait s'ils se laissaient aller. Alors que c'était si bon, si douloureux, de seulement désirer ! Alors qu'il se jetait de nouveau dans le cou de Malfoy, Harry fantasmait sur un baiser. Comme les lèvres de Malfoy, ses propres lèvres, l'appelaient ! Comme il voulait délaisser ce cou endolori pour mordre dans sa propre bouche !
Cette longue série de suçons désespérés fut interrompue par Mimi Geignarde, qui leur cria que son lieu de repos n'était pas un love-hôtel.
Ils repartirent chacun de leur côté, pantelants. Harry se retransforma en chemin, sans même y prêter attention. Il remit simplement ses lunettes sur son nez d'un geste automatique, pour éviter de se prendre un mur.
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Tout le reste de la journée, impossible de penser à autre chose qu'à Malfoy, polynectarisé en lui, réduit à l'état de boule de frustration et de désir. Il y pensait tellement que son esprit était saturé d'images sales et tristes. Il y pensait tellement qu'il n'arriva pas à lutter.
Le soir-même, il reprit une dose de Polynectar.
Il choisit le cheveu au hasard. Il avait réussi à rendre Malfoy fou de désir en étant transformé en fillette. Même si le cheveu qu'il venait de plonger dans le Polynectar appartenait à Argus Rusard, ça ne l'arrêterait pas. Le jeu sans règles auquel Malfoy et lui jouaient était un défi. Derrière les masques et les visages d'emprunt, il s'agissait de voir la vérité.
Harry commençait à comprendre tout l'intérêt du Polynectar. Tout ce qu'il se passait entre le Serpentard et lui ne comptait pas pour de vrai. Ce n'était que du spectacle, ce n'était qu'une comédie pas drôle sans spectateurs ni applaudissements.
Deux comédiens qui jouent à l'amour alors que les acteurs se détestent. Harry pouvait faire ça. C'était comme avoir une vie nouvelle où tout était possible car rien n'avait de conséquences.
Polynectarisé en Fred ou George Weasley, Harry se mit à errer dans les couloirs du deuxième étage. Il n'avait pas pris la peine de revêtir sa Cape d'invisibilité. Le couvre-feu était encore loin. Et si quelqu'un lui demandait ce qu'il fichait là, il n'aurait qu'à répondre qu'il venait voir son petit frère Ron, atteint d'une maladie inconnue.
Harry trouva l'idée si bonne qu'il se hâta vers l'infirmerie. Quelle tête Ron allait faire, quand il le verrait !
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- Monsieur Weasley ! s'écria Madame Pomfresh. Que faites-vous ici ? Ne me dites pas que c'est vous qui avez rendu votre frère malade !
Harry rit intérieurement mais répondit d'un ton très sérieux. Malgré leurs facéties, les jumeaux Weasley tenaient un magasin qui marchait bien. Harry devait donc se montrer adulte et responsable.
- Madame Pomfresh, heureux de vous revoir, dit-il avec un sourire éclatant. Ne vous inquiétez pas, je viens juste voir Ronnie. C'est notre mère, elle s'inquiète pour lui. Je dors à Pré-au-lard cette nuit.
Le mensonge était venu si facilement que Harry se demanda si, à force d'emprunter l'apparence d'autres personnes, il finirait par devenir expert en dissimulation.
- Oh, si c'est pour Madame Weasley... Et bien, allez, allez.
Harry alla s'asseoir sur le lit de Ron. Ce dernier était dans le même état délirant que la veille et que le jour d'avant.
- Ronnie, s'amusa Harry. Ronnie, Maman va te gronder, elle a trouvé tes magasines cochons...
Ron eut un sursaut dans son sommeil. Son front était vert et ses yeux en partie ouverts. Il n'était pas beau à voir.
Harry entendit la porte s'ouvrir derrière lui. Il se retourna et vit Madame Pomfresh discuter avec un élève. Un coup d'œil lui suffit pour l'identifier : c'était lui-même. Malfoy n'était décidément pas novateur. C'était presque comme s'il appréciait être dans le corps de Harry...
- Bon, Monsieur Weasley, Monsieur Potter, vint leur dire l'infirmière. Je vous laisse dix minutes avec Monsieur Weasley. Dans dix minutes, meilleur ami et grand frère, vous laissez mon patient se reposer.
Sur ces mots, Madame Pomfresh se calfeutra dans sa réserve. Harry l'entendit parler toute seule. Il reporta son attention sur Malfoy, qui s'était assis sur un lit vide.
- Je te trouve peu inventif, commenta Harry, en regardant son double de haut en bas.
- Je te trouve bien laid en roux, rétorqua Malfoy, amusé.
Harry avait du mal à croire qu'il était dans le corps de Fred ou George Weasley. Par contre, il voyait sans mal Draco Malfoy sous les traits maigres de son sosie. Le Serpentard semblait attendre quelque chose, et Harry savait quoi. Le roux temporaire se leva et rejoint le brun intérimaire. Il était temps d'oublier et de plonger dans la luxure.
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Peut-être était-ce à cause des souvenirs encore vifs du suçon de l'après-midi mais, en tout cas, une tension se fit tout de suite sentir entre les deux garçons. Harry n'avait jamais été aussi conscient de la présence de quelqu'un. Tout son corps d'emprunt était réceptif au moindre mouvement de l'autre. Malfoy, ou plutôt Harry Potter, leva la main et effleura le torse de Harry, ou plutôt Fred Weasley.
Les doigts de Malfoy étaient aussi légers que des fées mourantes. On aurait plus dit un courant d'air infime que de la véritable chair. Ils passèrent inlassablement sur le torse de Fred, par dessus les vêtements, laissant derrière eux des flammes qui s'éteignirent bien longtemps après.
Harry se laissa faire, tendu à l'extrême. Il avait peur de bouger et de briser ce moment fragile. Harry Potter était en train de lui caresser le torse, Harry Potter, au clair de lune, sur un lit de l'infirmerie, Harry Potter qui n'était autre que Draco Malfoy.
Le Serpentard quitta le torse du roux, avec une sorte de regret. Sans réfléchir, Harry enleva son pull et son tee-shirt. Voilà, Fred Weasley était torse nu.
Les yeux de Harry-Draco brillèrent d'admiration, mais ce n'était pas le torse d'un des jumeaux Weasley qu'il voyait mais celui de Potter. Potter venait de se mettre torse nu, pour que lui, Draco, le touche !
Le Serpentard s'approcha. Il reprit doucement ses caresses. Lentement, il passa et repassa ses doigts maigres sur l'épaule épaisse du roux. Il dessinait des ronds parfaits et appliqués, avec la précision d'un maniaque. A chaque fois qu'un cercle était clos, Harry frémissait.
A un moment donné, ils se retrouvèrent tous les deux allongés sur le lit. Ca s'était fait si naturellement qu'ils auraient été incapables de dire qui avait initié le mouvement.
Harry passait inlassablement ses doigts dans la tignasse brune qu'arborait Malfoy. Pas une seule seconde il avait trouvé étrange de cajoler ses propres cheveux, car il ne les voyait plus comme les siens mais comme ceux du Serpentard. Qu'ils sont bruns ou blonds, emmêlés ou lisses, ils étaient dans l'essence ceux de Malfoy.
Il lui suffisait de fermer les yeux et ils n'étaient plus Fred Weasley et Harry Potter mais Harry et Malfoy.
Alors, il eut l'impression d'être beaucoup trop loin.
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Les deux garçons aux identités indistinctes se serrèrent l'un contre l'autre et leurs deux corps secs et maigres s'emboîtèrent maladroitement. Leurs corps d'emprunt n'était pas rassurants et forts mais aussi cassants que les ailes d'un oisillon. C'était vain de s'accrocher à un homme aussi épais qu'une arbalète, mais c'était leur choix. Ils ne pourraient jamais se sauver, ils n'étaient pas faits l'un pour l'autre.
Ils se raccrochaient pourtant dans un effort surhumain et ça leur demandait toute leur âme pour ne pas se débattre. Tout en eux criait que c'était mal et que ça ne menaient à rien, que c'était absurde et même ridicule.
Ils se blottissaient pour dire que c'était presque insultant de leur donner deux noms séparés et qu'ils étaient en réalité fondus l'un dans l'autre.
C'était un câlin pour se retenir et s'enfoncer, pas comme celui de deux hommes qui se noient mais comme deux hommes déjà noyés qui s'entraînent dans les profondeurs. Comme si tout s'était déjà effondré et que ce dernier câlin était la seule chose qui pouvait encore témoigner qu'un amour avait existé.
Si leurs corps se séparaient, c'était fini, ils le sentaient. Ils se câlinaient car c'était déjà fini. Ils étaient déjà morts.
Qui de vivant ose faire un câlin à un être qui n'est pas un autre mais lui-même ? C'était aussi fou que démesuré. C'était se comparer à un dieu ou à un démon aux multiples visages.
Mais ce n'était pas seulement tendre.
Non, il y avait une violence mélancolique dans ce câlin, car leurs deux sexes durs se frottaient sans honte.
Ils ne s'en cachaient pas, car il n'y avait aucun intérêt de se mentir à soi-même. Et à ce moment-là, Harry avait l'impression d'être collé à une autre partie de lui-même.
Leurs pénis étaient gonflés de désir mais ils ne quémandaient pas de l'attention. Les deux garçons se satisfaisaient de ce simulacre d'acte, de ce frotti-frotta enfantin et dangereux. Leurs sexes n'avaient pas besoin de jaillir de leurs caleçons et de s'enfoncer dans de la chair.
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Malfoy frottait son pénis, qui était pour l'instant le pénis de Harry, contre le ventre du roux. Harry imaginait sans mal son sexe gros et lourd, derrière le pantalon du Serpentard. Pourtant, c'était effrayant, il n'avait aucune idée de la tronche qu'avait le pénis de Fred Weasley. Il n'avait aucune envie de vérifier.
Rien n'existait d'autre pour que ce sentiment de plaisir frustré et conscient. En effet, ils avaient tous deux conscience de faire quelque chose d'immoral, sans pour autant comprendre qu'est-ce qu'il y avait d'immoral là-dedans.
Il n'y avait rien de mal dans leurs longues caresses dévastatrices, seulement du grandiose et du pitoyable. Deux gamins qui se cachent pour se désirer car ce qu'ils aiment, c'est moins l'autre que le sentiment de l'impossible.
Ils sont tous deux amoureux de l'impossible, de la barrière qu'ils érigent eux-mêmes. Ils sont fous de désir pour leur désir inassouvissable. Si c'était facile, s'ils suffisaient qu'ils enlèvent leurs vêtements et que l'un insère son sexe dans l'autre, si c'était aussi simple... Il n'y aurait aucun intérêt. Ce serait une relation saine et banale et ce qu'ils souhaitaient, c'était la relation la plus tragique, la plus sublime qui soit.
Ils voulaient du théâtre grec, de la tension dramatique et des sentiments refoulés qui seraient navrants, s'ils étaient exprimés.
Alors, au lieu de toucher et de sucer leurs sexes douloureux, de jouir, et qu'on en finissent, ils les laissèrent ainsi gonflés et orgueilleux. Parfois, les pénis perdaient de leur vigueur et débandaient. Une caresse sur le bras, dans la nuque, une main posée par inadvertance trop près d'une zone érogène et la chaleur affluait de nouveau dans leurs sexes.
Ils étaient tout-puissants, tant qu'ils n'éjaculaient pas ! Tant qu'aucun sperme n'était versé, ils n'étaient pas pêcheurs mais seulement tentés. Le serpent était là, mais la pomme était encore intacte.
En silence, sans un mot, ils se faisaient un serment. Ils se promettaient, sans le savoir, de toujours s'appartenir. En réalité, ils s'appartiennent déjà.
Si leurs corps sont l'un à l'autre, s'ils sont interchangeables, à quoi bon se le prouver, à quoi bon baiser ?
Ce moment si intense et pathétique était bien plus intime qu'un sexe enfoncé dans un trou. Tout le monde peut insérer un sexe dans un anus.
Mais peu sont ceux qui savent bénir leur malédiction.
A Suivre...
Okay, je sais pas ce que vous en avez pensé. Je reste déçue par ce chapitre. Je le trouve peu fluide, maladroit mais j'espère qu'il vous a quand même plu. :) En tout cas, n'hésitez pas à laisser un message. Le prochain et dernier chapitre sortira jeudi prochain normalement.
Je ferai tout pour qu'il soit meilleur que celui-ci.
