Voilà la suite que j'avais préparée depuis un moment... faut dire qu'en fait, j'avais déjà 6 chapitres déjà écrits... mais ca dataient depuis longtemps... donc j'ai simplement dût corriger d'énormes erreur et y remodeler façon Doodoune! Bonne lecture!
o0O\ Requiem Eternel /O0o
Chapitre 3 : Hermione
Harry caressa doucement la photo cornée et se recroquevillant au fond du lit de sa marraine, la dévisagea avec plus d'intérêt. Il passa plusieurs fois son doigt sur le visage de l'homme, comme s'il sentait vraiment sous sa peau, les lèvres fines de la bouche, la fossette du menton, les sourcils épais, l'un coupé par une cicatrice, les cheveux noirs, puis sur sa mère, ce sourire étincelant sur un visage fin et finement dessiné. Il rougit légèrement alors qu'il sentait posé sur lui ses magnifiques yeux verts. Il se refusait à accepter l'atroce et néanmoins triste vérité. Cet homme-là, au visage épanoui et heureux, au sourire tendre et rieur. Ces parents… Ses parents ! Comment avaient-ils pût l'abandonner, le laisser seul dans ce monde où il ne rêvait que d'une famille. Eux qui ont disparut du jour au lendemain en ne lui laissant que quelques chromosomes, un nom et surtout, cette innommable absence au fond du cœur…
Harry déglutit péniblement et s'appuyant contre le papier jauni du vieux mur en crépi de la chambre il leva les yeux au ciel en serrant violemment la photo contre son coeur. Qui aurait pu combler dans son coeur, ce manque d'amour ? Certainement pas tous ces drogués et ces alcooliques que sa marraine se tapait le temps d'une nuit de temps à autre lorsqu'elle même n'arrivait plus à surmonter sa solitude et les problèmes de leur vie difficile. Harry soupira. Il aimait sa marraine plus que tout. Il aurait aimé pouvoir la sortir de tout cela, de sa vie infernale passée à boire, de son boulot de merde dans cet hôtel minable, de ces connards qui la sautaient juste pour prendre leur pied et qui l'envoyaient chier au réveil. Elle était après tout sa seule famille. Elle l'aimait aussi, Harry le savait bien. Mais il savait qu'elle se sentait indigne de lui. Il faisait tout dans l'appartement. C'était bien plus lui le père et elle l'enfant. Leur relation ambiguë évoluait difficilement mais ils s'accrochaient l'un à l'autre pour ne pas sombrer.
Pourtant au lycée, Harry ne payait pas de mine. C'était un élève insolent, perturbateur, indiscipliné. A trop jouer les hommes avec sa marraine, il s'était vu privé d'enfance et habitué à tout gérer, n'arrivait plus à reconsidérer son statut d'adolescent. Il passait la majeure partie de ses samedis après-midi à gratter les tables de permanence ou à répondre à des sujets de colle bidon tels «Qui suis-je Qu'est-ce que je veux ?". En trois ans il avait déjà dû avoir ce sujet une bonne centaine de fois, sans jamais répondre autre chose en quatre heures que "Moi et Rien"... Sa marraine partant tôt le matin et ne rentrant pas avant 22h, elle ignorait tout des sombres échecs scolaires de son filleul. Il ne lui en parlait pas, signait tous les papiers à sa place. Elle n'y voyait rien. Elle n'avait pas réellement l'esprit à penser à tout cela.
Harry soupira et retint un sanglot douloureux en regardant une nouvelle fois la photo pliée dans sa main. Si seulement ils avaient été là. S'ils avaient été là, Harry aurait appris à prononcer ces mots magiques et merveilleux que disent tous les enfants, ces mots comme un espoir dans une bouche innocente : "papa", « maman »…
Il frappa violemment dans le mur en essayant de se calmer. Il aurait beau voir ce visage souriant, sa marraine lui avait appris à le haïr bien qu'il n'en resterait pas moins celui de son père. Celui d'un homme dont il ne savait rien sinon qu'il l'avait conçu, sinon qu'il avait aimé sa mère et partagé sa vie avec elle quelques années, sinon que c'était un homme dont il portait le nom. Pour le reste, tout n'était que mystères et questions pour Harry. Sa marraine ne tarissait pas d'éloge quand à Lily… mais elle haïssait James pour les avoir entraîné dans ce fameux accident qui privèrent Harry de l'amour d'une véritable famille. Elle ne pardonnerait jamais à James… Pour Harry, ce qu'il savait de son père n'était qu'un tissu d'insultes que sa marraine se plaisait à lui cracher au visage lorsqu'elle parlait de lui. Pour Harry, il n'était que "connard, enculé, salaud, enfoiré, salopard..." et autres adjectifs charmants. Le tout additionné au nom "Potter" et posé sur un visage, un visage immortalisé sur des photos dont la très grande majorité avait disparu dans les affres de la poubelle... Le mystère de son père restait entier.
Harry entendit les 8h sonner à l'église située non loin de l'immeuble. Il se leva, glissa la photo en piteux état dans la poche arrière de son jean, courut dans sa chambre, attrapa sa veste et son sac et sortit en claquant la porte de l'appartement dans un claquement sourd. Il descendit les marches à toute vitesse jusqu'à l'étage inférieur et frappa à la porte du petit appartement situé tout de suite à droite sur le palier. Il n'attendit pas trente secondes que la porte s'ouvrit sur une Hermione souriante.
" - Toujours à l'heure, lui murmura-t-elle doucement tandis qu'il s'approchait pour l'embrasser tendrement.
- Toujours ! répondit-il malicieusement. Allez, viens, on va être en retard...
- On est toujours au retard Harry, se moqua-t-elle. C'est un principe chez nous.
- Mais jamais plus de vingt minutes !
- J'y vais papa ! C'est Harry ! s'écria Hermione tandis que le jeune homme lui prenant doucement la main l'entraînait à sa suite dans les escaliers.
- Bonne journée les jeunes ! s'écria John Granger le père d'Hermione en regardant les deux amoureux disparaître dans le vieil escalier.
Harry et Hermione se connaissaient depuis quelques années, depuis que Hermione et son père avaient emménagé dans l'appartement situé juste au-dessous de celui de Harry et sa marraine. John avait perdu tragiquement sa femme dans un accident de voiture et depuis élevait seul a fille tout en payant comme il le pouvait les études coûteuses d'un fils qui se souciait à peine de l'existence du reste de sa famille. Modeste employé de banque il était très attaché à Harry et Sixty qu'il essayait d'aider de son mieux. Ne travaillant qu'à mi-temps pour pouvoir s'occuper de sa fille, quand Harry rentrait tard, c'était lui qui allait faire les courses et préparer à manger. Il sortait leurs poubelles et rangeait l'appartement de temps à autre. Hermione savait bien que son père n'agissait pas de manière désintéressée et qu'il avait toujours eu un faible pour Sixty. Celle-ci le voyait bien également et bien qu'elle sache que John était différent des autres garçons qu'elle fréquentait, elle ne pouvait s'empêcher de refuser toute relation durable, de peur d'être encore déçue et abandonnée. Hermione et Harry n'ignoraient pas que leurs parents se voyaient régulièrement pour passer la nuit ensemble, mais tant qu'ils ne parlaient pas d'emménager ensemble, ça ne leur faisait ni chaud ni froid. Les deux adolescents étaient bien d'accord : tout sauf ça ! Hors de question que leurs parents s'installent ensemble alors qu'eux-mêmes sortaient ensemble. Bonjours les dégâts en cas de rupture...
Harry et Hermione arrivèrent en courant dans la rue et partirent rapidement en direction de leur lycée situé quelques rues plus loin. Comme tous les matins ils devaient arriver à 8h20, dix minutes après la sonnerie pour faire enrager Mme MacGonagall, la vieille peau du BVS... Et surtout, surtout il fallait déranger le fifils à papa de la classe, en butant dans sa chaise en entrant dans la classe, au retard comme tous les matins...
Harry n'aurait manqué cette joie sadique pour rien au monde...
Alors qu'es-ce que vous en pensez? je continue? ;p
