Bon, je préviens, pour les besoins de mon récit, j'avais besoin de quelqu'un de très particulier et qui me tient énormément à coeur... Donc voici ...


o0O\ Requiem Eternel /O0o

Chapitre 7 : Le retour...

18h. La cloche stridente retentit pour la dernière fois de la journée, annonçant la fin définitive des cours. Posté sur son Harley devant le trottoir en face du lycée, comme tous les soirs depuis quinze jours James regardait cet amas d'élèves sortir de l'établissement. Il lui avait fallu plus d'un mois pour trouver en lui le courage de venir ici, d'essayer de le reconnaître ou plutôt de le connaître. Un mois pour faire ce si court trajet qu'il aurait dû faire avec lui pendant toutes ces années. Un mois avant de venir jusque devant ce portail, d'accepter de le franchir pour se renseigner. Un mois... Un mois et maintenant quinze jours de silence, de doutes et de questions. Quinze jours à se demander s'il avait le droit de réclamer cette place qu'il n'avait eue que peu de temps dans sa vie, s'il pouvait seulement prétendre avoir un rôle à jouer à ses côtés maintenant... Quinze jours et un trop plein d'émotions l'avaient conduit ici. Maintenant le plus dur restait à faire...

Il arriva rapidement à la grille, son sac de cours sur l'épaule. Epuisé par la chaleur, il le jeta sur le sol et tâcha de faire rentrer son blouson dedans. Quand ce fut fait il se releva lentement. Aussitôt son regard fut absorbé par celui de James assis sur sa moto de l'autre côté de la rue. Harry déglutit péniblement, le coeur battant la chamade, les sens en éveil. Sans quitter James des yeux il traversa la rue et s'approcha de lui.

Tous deux se regardaient intrigués, ne sachant réellement que dire ou que faire. Chacun avait pensé à cet instant de leur rencontre pendant dix-sept longues années mais il y avait des mots qui à force d'avoir été trop retenus et refoulés ne venaient plus... James regarda l'adolescent qui lui faisait face, le coeur serré. C'est à cet instant-là qu'il réalisa réellement l'ampleur de tout ce qu'il avait pu manquer ces dernières années, de tout ce qu'il avait perdu... Il ne savait pas par où commencer et pourtant les mots étaient bel et bien là au fond de son coeur, des mots qu'il avait cru longtemps être condamné à ne pas pouvoir prononcer et maintenant qu'ils étaient enfin là en face de l'autre, il leur fallait apprendre à s'apprivoiser l'un l'autre...

- On marche un peu ? demanda James d'une voix enrouée par l'émotion de l'instant.

- Si tu veux, répondit Harry en détournant le regard.

James se leva de sa moto et lentement ils commencèrent à s'éloigner. James se retourna vers Harry et sourit en découvrant qu'il marchait comme lui, toujours les mains dans les poches, la tête un peu baissée et le regard à la dérive...

- Comment tu as su ? demanda James étonné, réalisant soudain qu'en fin de compte Harry n'avait aucun moyen de savoir à qui il s'adressait.

- Pourquoi j'l'aurais pas su ? répliqua l'adolescent du tac au tac.

- J'sais pas... Tout dépend de ce qu'elle t'a dit sur moi... hasarda James.

- Que tu étais mort, non en fait que tu as disparut lors de l'accident où maman est morte sinon rien, répondit-il froidement.

- Rien ?

- Un vague nom de famille et quelques insultes. Mouais, j'crois que ça se résume à ça...

- Elle avait ses raisons, soupira James.

- Ouais c'est ça et moi j'avais pas de raisons de savoir !

- J'ai pas dit ça. Après ce qui s'est passé, tu pouvais pas lui en demander plus...

- Pourquoi t'as fait ça ?

- Fait quoi ?

- Nous abandonner. Elle et moi. J'veux dire, nous larguer et maintenant avoir les couilles de te ramener dans ma vie dix-sept ans après. J'suis largué...

- Alors c'est ça qu'elle t'a dit ? murmura James la gorge nouée. Que j'vous avais abandonnés ?

- Qu't'étais parti en courant plus exactement, le jour où Maman est morte ! Le jour où tu as tué ta femme !!! Puis que tu as disparut. Elle me disait alors que tu étais mort… Elle voulais que tu le soit…

- Ca t'dirait d'boire quelque chose ? demanda abruptement James. J'crois qu'on a pas mal de choses à s'dire toi et moi...

Ils s'assirent tous les deux à la terrasse d'un petit bar et commandèrent exactement la même chose, une bière avec une rondelle de citron. James regarda l'adolescent étonné.

- D'où ça te vient ? sourit-il.

- Quoi ? La manie de la rondelle ?

- Oui.

- J'sais pas. Ca m'a toujours paru naturel. J'aime pas la bière sinon. Mais tu changes de sujet là. Pourquoi tu t'es barré ?

- J'me suis pas barré Harry. 'Fin, pas d'la manière dont tu peux l'croire...

- Alors explique.

- J'suppose qu'il faut en revenir au début de l'histoire et donc... de ma vie...

- C'serait bien. En fin de compte pour moi t'es qu'un étranger sinon...

- J'm'apelle James Potter. J'suis né dans une famille d'avocats friquée et réputée. J'avais tout pour moi : un nom reconnu, des parents BCBG et riches au possible. J'vivais dans un manoir avec mes trois frères et ma soeur. Bref, j'vais pas cracher sur l'enfance pourrie-gâtée que j'ai pu avoir. Mais cette vie là, ce monde là, c'était pas l'mien, j'm'y sentais pas à ma place. J'ai commencé à me démarquer de cette vie dorée. J'me fringuais à la mode, j'écoutais de la musique dite "de barbare" pour mes parents. 'Fin tu vois l'genre et tout a basculé irrémédiablement quand j'ai connu ta mère. C'était la fille d'un routier, violent et alcoolique, quant à sa mère... J'préfère même pas en parler. Ta mère a fui de chez eux et c'est comme ça que je l'ai rencontrée, un jour à la fac de médecine. Elle passait voir un ami, c'est moi qu'elle a trouvé et j'pensais vraiment qu'on s'quitterait jamais... Mais tu t'en doutes, quand mes parents l'ont rencontrée, ça a été la crise. Hors de question que je fasse ma vie avec elle, hors de question qu'on se marie et encore moins qu'on fonde une famille ensemble. Ma mère pensait que ce n'était qu'une passade, qu'à dix-huit ans en pleine crise d'adolescence j'faisais tout pour les mettre en boule mais que ça passerait. Mais mon père l'entendait pas ainsi. Ca a été vite réglé : ma famille, leur vie de fric, de strass et d'illusions ou ta mère, son sourire, sa tendresse, cette vie à deux que l'on voulait construire. Le choix a été vite fait et j'me suis retrouvé à la rue, sans un rond, sans rien. J'ai été de p'tit boulot en p'tit boulot pour arriver à retrouver une situation et après pouvoir reprendre mes études. Mais ça payait mal, trop mal. J'bossais treize heures par jour pour une misère. Alors c'est là que ça a commencé... Des copains m'ont ouvert les portes noires de la vie clandestine. Trafic, marché noir... J'faisais un peu de tout et à petite dose au début, histoire d'arrondir les fins de mois et de permettre à ta mère d'avoir une vie à peu près normale. Et puis tout a basculé la nuit où quand je suis rentré, je l'ai trouvée assise sur le sol du petit salon, pleurant toutes les larmes de son corps, les yeux fixés sur le test de grossesse balancé un peu plus loin. Là aussi mon choix a été vite fait. Alors ok tu venais beaucoup trop tôt, tu venais à une période très difficile de nos existences, tu venais alors qu'on était bien trop jeunes pour élever un gosse, tu venais alors qu'on avait pas un rond devant nous, alors qu'on était même pas sûrs de pouvoir assurer ton avenir, mais t'étais notre enfant, le notre Harry. Un enfant de l'amour comme on en trouve peu de nos jours. Un enfant né des larmes, né de l'amour et de toutes nos épreuves... Un enfant que je voulais, que je n'aurais laissé personne m'arracher ou m'enlever pour rien au monde. Hors de question de parler d'avortement. J'm'en foutais qu'on puisse avoir un gosse dans un, deux ou trois ans. J'm'en foutais de pouvoir en avoir d'autres. J'en voulais pas d'autre moi, j'te voulais toi et toi seul. Alors là j'ai fait le con, vraiment le con. Pour te garder j'aurais été prêt à tout et le gynéco qui me stressait à me dire que c'était une grossesse à risques, qu'il fallait que je prenne soin d'elle. J'ai trimé comme un malade, mais ça payait toujours pas assez alors j'ai tout lâché pour devenir un dealer. Et j'trafiquais de tout et de plus en plus. Ta mère savait pas évidemment. J'aurais jamais pu lui dire que pour nous faire vivre j'avais pas d'autre solution et j'voulais surtout pas qu'elle ou toi puissiez être mêlés à ça. J'tenais beaucoup trop à vous deux... Et un jour ça a été le drame... Et ce jour-là Harry, ce jour-là ça aurait dû être le plus beau de notre existence... Au lieu de ça c'est ce jour-là que tout a basculé. J'étais pas parti "travailler" ce matin-là quand elle a débarqué en me disant qu'elle venait de perdre les eaux. Bon Dieu ce que j'ai pu flipper comme un malade ! T'avais plus de deux mois d'avance Harry... J'ai pris la vieille casserole qui me servait de bagnole et direction la maternité... Sauf qu'ils m'ont coincé en chemin. J'ai eu beau leur expliquer aux flics, leur montrer ta mère en plein travail dans la voiture, nan, nan, j'avais même pas l'droit de l'accompagner à la maternité, même pas le droit de te voir venir au monde... Y m'ont menotté là, sur le capot de cette voiture pourrie dans laquelle tu venais au monde. Ta mère hurlait, pleurait. Elle comprenait rien. Elle pouvait pas comprendre. Et moi qui gueulais comme un forcené qu'on me laisse au moins voir mon enfant s'éveiller à la vie... Et ce jour-là tout a fini Harry. J'ai jamais su quand t'es né, ni même si t'étais un garçon ou une fille. Tout ce que j'ai su, c'est qu'elle est morte en te mettant au monde… Toi notre plus précieux cadeau… Et moi j'étais là entrain d'me faire juger, sur l'point d'aller en taule. J'm'en foutais si tu savais. Puis plus tard, bien plus tard, j'ai su que tu vivais chez ta marraine… alors j'ai essayer de la contacter pour savoir si j'avais un p'tit bonhomme ou une p'tite fille mais ta marraine est jamais venue pendant mes dix ans de prison. Pas un mot, ni une lettre, rien. J'pouvais pas lui en vouloir...

- Et pourquoi t'es pas venu tout de suite quand t'es sorti de taule ? demanda Harry abruptement.

- J'pensais pas vraiment en avoir le droit après tout ce que j'avais fait endurer à ta mère à ta marraine... Alors j'ai repris mes études pour me présenter devant elle avec une situation, avec un job et de quoi lui montrer que j'étais plus cet enfoiré d'y a dix-sept ans.

- Et tu fais quoi ?

- J'suis dentiste, comme le voulait mon père... J'sais bien qu'on dirait pas à m'voir, mais dentiste et ana' ça s'combine très bien, sourit James.

Un court silence s'instaura entre le père et le fils. Harry n'osait pas croire que sa marraine lui ait tant menti, qu'elle ait ainsi pu lui cacher le mystère de son existence...

- Elle est heureuse ? demanda difficilement James.

- Non, répondit abruptement Harryl. Et de toute manière j'ai pas l'sentiment de l'avoir jamais vue heureuse en dix-sept ans.

- Elle ne s'est pas ?... hasarda son père.

- Nan, jamais. Elle se fait le type de l'étage en dessous de temps à autre, mais sinon rien. Elle vit entre ses clopes et l'alcool...

Cette phrase fit mal à James, terriblement mal... Tout ça parce qu'il n'avait put parler à la marraine de son fils… Car elle le prenait pour un gredin.

- Harry, y a quelque chose que j'aimerais que tu fasses pour moi, même si je ne suis pas vraiment en mesure de te demander quelque chose...

- Dis toujours.

- Mes parents habitent en ville. J'aimerais que tu ailles les voir. Ma mère aimerait connaître son petit-fils...

- Après qu'ils t'aient laissé tomber comme une vieille merde ?!

- Ma mère n'était pas responsable. Fais-le pour elle.

- Nan, répondit Harry. J'le ferai pour toi...


Voilà!!! Alors j'aimerais vraiment votre avis ;p. et un grand merci à un lecteur fidèle Slydawn. Merci pour tes reviews !!!

J'attends vos commentaires pour la suite, à votre avis, que va-t'il se passer?