Voilà la suite tant attendu (heu... faut pas exagérer quand même ) Bizzzzzou à tout ceux qui me lisent!!!
Chapitre 13
- Franchement Harry, mon pauvre, mais t'es complètement givré ! commença-t-il à se parler à lui-même de vive voix. Nan mais qu'est-ce que tu crois ? Que tu vas frapper, rentrer comme ça et lui balancer un monumental "je t'aime" en pleine tronche ! Mais mon pauvre gars tu crois quoi ! T'auras juste le droit à un poing dans la gueule... (Ndla : mais nannnn il est pas pessimiste !)
- Tu te parles à toi-même depuis combien d'temps Harry ?! demanda soudain une voix qu'il ne connaissait trop bien.
Harry se mordit violemment la lèvre inférieure et se retourna lentement. C'est ce que l'on appelait se faire couillonner en beauté...
- Salut Draco, déglutit-il péniblement en voyant le jeune homme juste derrière lui.
- Tu fous quoi d'vant chez moi à c'te heure-là ? demanda Draco aussi gêné que lui, les mains dans les poches et la mine renfrognée.
- J'étais justement entrain d'me l'demander.
- Ah, cool... laissa tomber Draco, perdu entre déception, rancoeur et soulagement. Bon bah y fait froid et puis mes parents sont sortis, j'dois m'faire à bouffer, reprit-il soudainement en passant devant Harry et en ouvrant la porte.
Il rentra sans un mot de plus, sans un regard à un Harry anéanti ne sachant plus que dire ou que faire et sur lequel il referma la porte. Mais peut-être justement était-ce là la preuve que Harry attendait qu'il n'y avait rien à faire.
Draco jeta un coup d'oeil discret à Harry pris au dépourvu en refermant la porte. A peine eut-elle claquée sur lui que Draco comprit toute la stupidité de son comportement. Et s'il était simplement venu lui dire que ..? S'il avait pris la décision de le faire pour eux ..? Pour lui..?
- P'tain quel con ! cracha Draco en ouvrant la porte à la volée. (ndla : y'a pas que Harry qui est un peu lent ) Harr.. ! cria-t-il.
Son cri mourrut dans sa bouche lorsque Harry posa subitement ses lèvres sur les siennes. Timidement la première fois, presque imperceptiblement, le temps d'une seconde d'éternité, avant de baisser les yeux et de descendre les marches du perron en courrant. Draco resta là médusé, essayant de réaliser ce qu'il venait de se passer, mais le moment n'était pas réellement à une analyse cartésienne de la situation. Il descendit à la suite de Harry.
Harry fut surpris du contact de cette main sur son avant-bras. Il se retourna lentement vers Draco, presque craintivement, s'attendant irrémédiablement à se prendre un monumental et selon lui, mérité, crochet du droit. Mais le regard que Draco lui adressait en cet instant-là le désarma totalement. Irrémédiablement Harry laissa tous ses doutes les plus secrets se noyer dans les yeux gris du jeune homme. Instantanément ils firent abstraction du plus petit détail les entourant. Tout sembla s'arrêter, le temps et l'espace, la vie et la mort, l'amour et la haine. Ils étaient là, l'un en face de l'autre, peut-être même réellement pour la toute première fois, car cette fois-ci, ni l'un ni l'autre ne se cachait plus derrière le masque des convenances. Ce qui les liait en cet instant-là ne tenait qu'à un seul et effarant regard. Un regard de peur, un regard d'espoir, un regard d'appréhension, mais par dessus tout, un regard d'éternité. Figés en cette seconde de doute, en cette seconde où tout pouvait être à jamais changé, ils ne trouvaient pas les mots. Ils étaient pourtant là, pour l'un comme pour l'autre, ils luttaient, se battaient pour remonter les loques déchirées de leurs coeurs, pour aller se perdre dans leurs gorges mais ils mourraient irrémédiablement sur leurs lèvres. Peut-être parce que face aux préjugés d'un monde en pleine régression, les mots pouvaient paraître bien dérisoire.
Alors ils se livrèrent à un stupéfiant dialogue de regards, lourds de tant de non-dits, ampli de tellement de sous-entendus, d'évidences et de mystères, qu'il faisait de ce moment, l'un de ces instants où les mots n'ont plus court, où ils ne servent strictement plus à rien, ne pouvant qu'enjoliver la magie d'un instant unique qui se suffit à lui seul. Pour la première fois de leurs vies, ils acceptaient de laisser quelqu'un aller au plus profond d'eux-mêmes, de laisser quelqu'un lire au fond de leurs coeurs ce qu'ils étaient réellement et tout ce qu'ils étaient prêts à offrir. Certainement car c'est en cet instant-là qu'ils surent que toute cette passion dévorante, tout cet amour immuable qu'ils abritaient, ils étaient nés pour se l'offrir respectivement.
Immanquablement défilèrent en leurs esprits tourmentés et torturés les souvenirs de leurs enfances passées et irrémédiablement liées car partagées. Auraient-ils pu deviné tandis qu'ils se battaient à coups de seaux et de pelles dans les bacs à sable de la crèche ou de l'école primaire qu'un jour ils en arriveraient là ? Qu'un jour toutes ces années de haine et de rancoeur laisseraient dévoiler leur mystère, se justifieraient par un seul regard ? Il ait des secrets qui ne peuvent être révélés que lorsque les hommes ont cessé d'être une énigme pour eux-mêmes. Et ce soir-là le mystère disparaissait car pour la toute première fois, en présence l'un de l'autre ils se trouvaient réellement, acceptaient ce qu'ils étaient et qui ils étaient. L'un sans l'autre ils n'étaient rien. Ensemble ils seraient tout.
Harry se rapprocha de Draco qui ne lâchait pas son bras jusqu'à ce qu'ils ne se retrouvent plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Sans quitter le regard de Draco, Harry se pencha une nouvelle fois vers lui et ses lèvres retrouvèrent le chemin de celles de Draco comme si elles ne s'étaient jamais réellement quittées. Bien que tremblant de tout son être, bien qu'apeuré de découvrir à quel point il avait besoin d'Harry, Draco se laissa faire, tout en se reculant progressivement vers la porte de la maison, entraînant immanquablement Harry à sa suite. (ndla : L'amour donne des ailes, ils ont transplanés jusqu'à la porte …) Ils entrèrent sans que leurs lèvres ne se soient séparées. Draco claqua violemment la porte sur eux, tandis qu'Harry passant ses mains autour de son cou, le plaquait avec une tendresse indicible contre celle-ci. Draco glissa ses mains autour de la taille du jeune homme. Il accepta de se soumettre à ce baiser de vérité. Lentement la main d'Harry quitta son cou et vint chercher la sienne poser sur le haut de sa hanche. Totalement libéré de toutes ses peurs, Draco se laissa faire le plus naturellement du monde et leurs mains humides de sueur se trouvèrent. On eût dit qu'elles s'étaient cherchées toutes leurs vies durant. Leurs doigts fébriles et fiévreux s'entrelacèrent, leurs paumes se confondirent, tandis que leurs corps se mouvant au rythme lancinant des premiers émois amoureux se fondaient l'un dans l'autre avec une passion et un désir croissants.
Et puis, lentement, conscients que maintenant qu'elles avaient ouvertes à quatre les voies de l'amour véritable elles ne pourraient plus jamais l'oublier, ils laissèrent leurs lèvres se séparer. Harry repassa doucement ses mains autour du cou de Draco et il appuya son front contre le sien, tandis que le jeune homme baissant les yeux murmurait dans un souffle :
- Je t'aime..."
Harry ferma les yeux, se délecta de ces trois mots qui perçaient son coeur en parcelles de bonheur... Pourtant qu'avaient-ils d'extraordinaire ces trois mots là ? Ce n'étaient rien de plus que des mots de tous les jours, des mots devenus tellement communs, tellement banaux. Des mots que les gens prenaient maintenant l'habitude de balancer à la légère, sans plus chercher à se souvenir de leur sens premier. Des mots que l'on avait une fâcheuse tendance à dire sans les penser. Des mots à durée limitée, à consommation immédiate que les gens s'amusaient à jeter, puis à reprendre. Des mots comme les autres, mais des mots qui dans la bouche de Draco, prenaient pour Harry, un sens nouveau, miraculeux et immuable, le sens d'une vie. Il ne lui avait pas dit "je t'aime beaucoup", ni "je t'aime fort" ou encore "je t'aime plus que tout". Non. Juste "je t'aime". Trois mots qui à eux seuls valaient mieux que tous les adjectifs redondants dont Draco aurait pu les entourer. Car aimer beaucoup, comme c'est aimer peu au fond ! On aime, rien de plus, rien de moins. On ne peut rien dire, rien écrire au-dessus de ces trois mots là. Ils sont tout et se font l'unique pensée ou bien ne sont que mensonges et meurent sur les lèvres des menteurs avec autant de facilité qu'ils pénètrent dans un coeur sincère et l'achèvent.
Harry resserra imperceptiblement son étreinte. Il sentait le coeur de Draco battre la chamade, il respirait ce parfum âcre et épicé de poivre mêlé de canelle qui émanait de lui, devinait le trouble qui l'animait et les cinq sens en éveil, Harry se perdait dans les limbes de ce nouveau chemin qu'ils ouvraient à deux, de cette histoire qu'ils commençaient à écrire à l'encre de leurs coeurs...
" - J'vais bouffer, déclara très abruptement Draco en se détachant de l'étreinte d'Harry et en se dirigeant vers la cuisine.
Le jeune homme resta immobile devant la porte, se dandinant d'un pied sur l'autre, les mains dans les poches sans savoir que faire précisément en regardant Draco s'installer derrière le plan de travail de la luxueuse cuisine américaine.
Draco se refusa à regarder Harry. Rapidement il sortit du frigo des tomates, du gruyère râpé, du jambon, des champignons, posa le tout sur le plan de travail, se dirigea vers les étagères, attrapa la farine, le sel, la levure et autres ingrédients et disposa le tout devant lui. Sans dire un mot il commença à préparer la pâte, Harry toujours figé devant la porte d'entrée... (ndla : mode poteau…)
- Tu comptes faire la grève de la faim ? lui demanda Draco sans relever la tête.
Harry l'observa en souriant doucement. Il aimait sa façon d'insinuer les choses, sa manière de ne jamais rien dire clairement, de tout esquiver implicitement. En vérité Harry aimait le mystère impénétrable en apparence dont Draco s'entourait avec tant de précautions. Il ignorait pourquoi, mais Harry savait qu'il percerait cette forteresse un jour. Peu lui importait le temps qu'il mettrait pour cela, il pensait avoir toute sa vie pour apprivoiser Draco... Il ne pouvait pas savoir ce que la vie leur réservait. On ne devine jamais ce genre de choses à leur âge. On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans...
Harry s'approcha sans bruit et regarda Draco cuisiner habilement.
- J'aime pas les champignons, lâcha Harry en souriant.
- Dommage, répliqua Draco. Moi j'adore.
- Tant pis, j'trierai.
- S'tu veux.
- J'vais mettre le couvert.
Sans un mot de plus Harry entreprit de chercher les assiettes dans les indénombrables placards qui occupaient la cuisine.
- M'aide surtout pas ! lâcha-t-il sur le ton de la moquerie ironique à Draco.
- Appelle Superman, il paraît qu'il peut voir à travers tout, répliqua le jeune homme du tac au tac.
Harry sourit de plus belle et s'approcha doucement de Draco, qui, tout occupé à couper ses tomates, lui tournait le dos. Avec une infinie tendresse Harry passa ses bras autour de la taille du jeune homme, jusqu'à ce que ses mains se posent sur celles, douces et fermes de Draco. Il referma ses doigts sur les paumes de celui-ci et glissa dans l'oreille de Draco, soumis à cette sensation intense de volupté :
- Pas comme ça...
Et avec délicatesse, Harry entreprit de diriger les mains de Draco pour qu'elles coupassent finement les tomates jusque là, grossièrement massacrées par les gestes brusques et énervés du jeune homme.
Draco se laissa faire, avec une très légère réticence au début, et puis, petit à petit, sa résistance s'évanouit et son corps tout entier obéit aux injonctions tendres bien qu'incisives d'Harry. Doucement, Draco ferma les yeux, se laissa aller à cette nouvelle sensation étrange qui s'emparait de lui, imperceptiblement, seconde après seconde. Il posa naturellement sa tête sur l'épaule d'Harry qui l'observait de son sourire malicieux et ils restèrent là de longues secondes, l'un enveloppant l'autre de toute son affection et l'autre acceptant de découvrir ce que le premier lui offrait sans retenue.
Et puis, ce fut subitement comme si la réalité trop cruelle et trop évidente rattrapait ces quelques minutes de perfection volées. Draco se raidit, gaina instantanément ses membres tant et si bien que le couteau entailla profondément son doigt, sous l'oeil inquiet d'Harry. Mais Draco n'avait cure de cette coupure. Son coeur avait bien plus mal que son index en ce moment-là. Il se laissa glisser sur le sol, comme vidé de toute force et de tout courage, sous le regard d'un Harryl impuissant qui n'arrivait pas à le soutenir.
Arthur s'effondra sur le carrelage en larmes et se recroquevilla contre le plan de travail tandis qu'Harry s'agenouillait à ses côtés, meurtri au plus profond de son être par ces larmes qu'il voyait couler sur les joues du garçon aimé...
Chapitre 14 :
Harry regardait Draco pleurer, démuni face au poids de ses larmes. Chaque perle argentée coulant sur la joue du jeune homme, perçait le coeur d'Harry en une épine de sang étoilée. Il se sentait tellement incapable face à ce mystère pénétrant qu'étaient les larmes. Il n'avait jamais su les apaiser ou les calmer, les faire disparaître par un sourire. Et les mots n'avaient jamais été ses amis non plus. Ils ne pourraient pas l'aider à calmer ce chagrin face auquel il se sentait tellement impuissant. Il sut qu'il devait aller chercher au plus profond de lui-même ses arguments les plus sincères. Il ne pouvait soulager Harry qu'à l'aide des battements de son coeur...
Il posa une main sur l'épaule du jeune homme et le força à le regarder dans les yeux.
" - Ca va aller Drac', murmura-t-il d'une voix tremblante. J'te jure que ça va aller...
- Et comment tu voudrais que ça aille ? répliqua le jeune homme entre ses larmes. C'est... Enfin j'veux dire ry'... Est-ce que tu réalises ce qu'on est entrain d'faire ..?
- On laisse parler nos coeurs, rien d'plus...
- Oh putain Harry ! répliqua sèchement Draco. Ravale un peu ta poésie à deux balles ! Tu comprends que'que chose à ce qui nous arrive, toi ?
- Oui, répondit-il calmement. Pourquoi ? Pas toi ?
- J'sais pas...
- Draco on fait rien d'mal, tu sais...
- Bah va leur dire ça tiens ! s'écria Draco nerveusement.
- A qui ?
- Aux autres...
- Les autres j'm'en fous Drac'. Si tu savais à quel point j'peux m'en foutre !
- Bah pas moi ! Leur regard il a de l'importance pour moi. J'suis pas comme toi Harry. J'suis pas aussi fort...
- Alors laisse-moi te protéger.
- Mais j'suis pas un gosse non plus ! J'sais m'démerder ! Mais j'en ai trop bavé tu comprends ? Le gosse de riches, le fils à papa toujours bien sappé, avec une mère poule et un bulletin de notes avec félicitations du conseil de classe, j'connais l'stéréotype par coeur...
- Et c'est quoi l'problème ? sourit Harry. L'homosexualité fait pas partie du stéréotype dont tous ces crétins font de toi le meilleur représentant ?
- T'es pas drôle Harry…
- J'cherche pas à faire d'l'humour.
- Tu peux pas comprendre de toute façon.
- C'est clair que si tu m'expliques pas...
- Que j't'explique quoi ? Toi, pf. Tes parents y s'en foutent de ce que tu peux faire de ta vie. Ils t'empêcheront jamais d'faire c'que tu veux ou d'être c'que tu veux. Moi c'est totalement différent. Oh bordel Harry ! Tu sais pas ce que ma mère serait capable de faire si elle apprenait...
- Elle est pas obligée de le savoir. Personne n'est obligé...
- Bah voyons !
- Qu'est-ce que tu proposes d'autre ? Visiblement tu tiens plus à ta réputation à la con que moi ?
- Parce que pas toi peut-être ?
- Nan, désolé Draco. Un mot de toi et j'laisse tout tomber. Un mot de toi et j'm'en vais de te les foutre aux chiottes leurs préjugés de merde. Un mot de toi et j'envoie chier Hermy sans passer par la case départ et sans toucher d'explication. Un mot de toi et j'refais le monde.
- Mais moi j'suis pas capable. J'peux pas. Je... J'sais même pas c'que j'veux...
- J'suis sûr d'une chose en ce qui me concerne. T'es pas prêt pour le monde extérieur, pour ce regard qui te fait peur et moi j'peux plus vivre sans toi. J'suis désolé Drac', mais c'est comme ça. On a perdu trop de temps, on s'est cherchés trop longtemps pour que maintenant qu'on s'est enfin trouvés, j'te laisse foutre le camp aussi facilement. Alors on va faire comme si de rien n'était, on va continuer notre vie comme on a toujours eu l'habitude de l'faire sauf que rien ne sera jamais plus pareil puisque maintenant on sait que l'on s'aime...
Chapitre 15 :
- Toi tu crois qu'il suffit de s'aimer pour changer l'monde ! répliqua Draco, mais la vie c'est pas ça.
- Alors dis-moi que tu peux vivre sans m'voir. Dis-moi que tu peux passer une journée sans penser à moi, à nous, à ce que tu ressens quand on est ensemble. Dis-moi que tu peux continuer ta vie maintenant en faisant style que cette soirée n'a jamais existé. Dis-moi que je te suis pas indispensable et j'me barre Drac', sans plus jamais rien te demander et j'te laisse avec ta réputation à la con et ton stéréotype de merde !!!
Draco le regarda, les joues baignées de larmes. Pourquoi ne pouvait-il pas simplement se laisser aller ? Pourquoi ne pouvait-il pas simplement croire que leur amour vaincrait cette société prête à les rejeter pour leur différence ? Il se mit à trembler fébrilement, le regard hagard, le nez coulant et les yeux perdus. Face à cette vision de son Dracounet totalement livré à lui-même, partagé entre ce combat contre deux moitiés de lui-même, Harry se sentait inutile. Si son amour ne convainquait pas Draco, rien ne le pourrait. Si la force de son regard, si la douceur de son âme ne l'asservissaient pas, ne lui faisaient pas comprendre la beauté de cet amour naissant entre eux, rien ne le pourrait jamais et tout ne serait que rêve éphémère. Harry se refusait à accepter cette idée que la réalité allait briser si facilement ce qu'il lui avait fallu tellement de temps, de patience et de courage à construire. Il savait pourtant qu'on ne pouvait aimer quelqu'un qu'en lui offrant son coeur et en aucun cas le forcer à le prendre...
Il commença lentement à se relever lorsqu'il sentit la main de Draco agripper violemment la sienne. Il regarda étonné le jeune homme recroquevillé, comme un enfant malheureux. Il sentit toute cette frayeur incontrôlable qui l'envahissait. Il sentait vivre au fond des grands yeux d'océan la terreur monstre du départ, lié cet avenir imprévisible qui pouvait tout aussi bien les détruire que les réunir. Il ne put résister davantage à ce regard là, à ce regard où il avait enfermé ses plus folles espérances et ses plus délirantes promesses pour le futur. Ce regard où il avait noyé tout son amour, ce regard dans lequel il avait accepté de se perdre pour l'éternité.
Il se laissa tomber violemment à même le carrelage et ouvrit ses bras à Draco qui se jeta contre lui. Ils s'étreignirent avec une violence folle, s'accrochant l'un à l'autre, comme s'ils avaient été sur le point de se perdre à tout jamais. Draco s'agrippa violemment au col de la chemise d'Harry, la serrant avec une force inouïe entre ses doigts crispés tandis qu'Harry resserrait son étreinte, enfouissant sa tête dans le cou de son amant.
- M'abandonne pas... sanglota Draco dans un murmure, le visage caché dans les replis de la chemise du jeune homme. M'abandonne pas...
Harry sentit son coeur se serrer à ces quelques mots, ces quelques mots qui lui révélaient toute l'importance démesurée qu'il avait aux yeux de Draco. Pour la première fois de sa vie, Harry sentait la force de l'amour partagé, de l'amour fou qui vous étreint le coeur à un tel point qu'à tout instant vous le sentez prêt à exploser. Cette fois-ci Harry craquait, et bien qu'il s'était juré d'être le plus fort, il ne put à son tour retenir ses larmes. Nul n'aurait pu dire si elles étaient de joie face à un amour si pur et si désabusé que lui offrait Draco sans préavis, si elles étaient de peur face à l'idée insoutenable qu'ils pourraient être amenés un jour à se perdre, si elles étaient de douleur face à celles versées par le garçon aimé, mais quelque soit la raison de ses larmes, celles-ci étaient les plus belles jamais versées car elles avaient pris vie au tréfond du coeur tourmenté d'Harry...
- T'abandonner ? répondit-il. Comme si j'pouvais ! J'te préviens Drac', tu m'as, tu m'gardes et c'est pas négociable.
Draco étouffa un petit rire nerveux en se serrant encore plus fort au creux de la tendresse que dégageait Harry.
- J'te promets qu'ça va aller, reprit ce dernier. J'sais pas encore trop comment, mais j'te promets qu'on va s'en sortir, hein ! Si t'es avec moi, j'me sens plus fort que tous ces connards qui pourraient s'moquer de nous. De toute manière y peuvent pas comprendre. Y savent pas ce que c'est que l'amour Drac'. Nous on l'a compris, parce qu'on le vit et ça nous rend invulnérables face à ce monde de conneries et de préjugés de merde.
- On s'quittera pas ..?
- Jamais Drac'. J'te jure. Jamais.
C'est beau de dire ça... Mais dans ce monde plein de préjugés, que va t'il se passer?! ;) A vous de me donner des idées... en tout cas, j'en ai déjà quelques unes... Kiss!!!
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