Merci à tous pour vos reviews, et un remerciement particulier à Hakukai sans qui je n'aurais jamais pu accéder à cette merveilleuse fanbase *-*
Un grand merci aussi à Theta and Koscheii pour le pack de cookies et le faux bouc 83 Je suis enfin un véritable MJ ! /SBAFF/
Donc pour vous remercier je poste le chapitre 2 que j'avais préparé en avance au cas où j'ai des reviews x'3 La suite est en cours o/
Bonne lecture et merci encore :3
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Disclaimer : Les personnages de Grunlek, Bob, Théo et Shin ne m'appartiennent pas et sont la propriété des joueurs d'Aventures et de leur MJ ( Mahyar ). Le monde d'Aventures est aussi la propriété du MJ. Je ne touche aucune somme pour mes écrits.
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2 : Que la Lumière te garde
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La foule se dispersait. Le spectacle était fini. Mais l'enfant pleurait encore.
Sa représentation à elle ne faisait que commencer...
Recroquevillée dans un coin d'ombre, elle ne pouvait sortir de son jeune cerveau l'image du visage souriant de sa mère qui faisait face à la mort...
Elle avait pu la voir en prison. Ca avait été la dernière fois. Tarna lui avait dit d'être forte. De devenir une fille incroyable, puissante, qui ferait regretter à tous ces autres leurs préjugés sur ses origines mystiques.
Mais elle était orpheline. La pauvre enfant n'avait plus nul repère. Pour qui travailler, pour qui étudier, si elle n'avait ni père ni mère pour l'aiguiller ?
Alors une ombre se mêla aux autres, et s'arrêta devant elle. On s'accroupit. Une main se posa sur son épaule et elle releva la tête. Comme auréolé de Lumière, comme dans ces livres stupides que sa mère lisait parfois le soir, se tenait un prêtre. Olivia le connaissait. Lui et sa mère étaient amis de longue date. Mais elle ne lui avait jamais parlé. Elle avait peur des étrangers.
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- Mon enfant, tu n'as plus nul part où aller... Et si on découvre qui tu es... L'Inquisition te cherche déjà, Enora... Suis-moi, je te protégerai, c'est le moins que je puisse faire...
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Il lui tendait la main. C'était symbolique.
Elle qui était une créature née d'un pêché inhumain... Voilà qu'un homme d'église lui montrait la voie du salut, la voie de la Lumière ? On lui demandait de quitter ses ombres protectrices pour la chaleur du soleil ?
Elle était jeune, et malgré les protestations de sa démone intérieure, se fut la fillette éplorée qui l'emporta. Elle saisit la main tendue. Et suivit l'homme dans la Lumière.
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Rien ne fut facile pour elle dans l'église, au début.
Les versets chantés par les enfants de chœur lui déchiraient les oreilles. Sa démone intérieure hurlait sans arrêt, en proie à une souffrance intolérable.
De plus, elle ne pouvait approcher l'eau bénite. Heureusement, les crucifix et autres objets religieux ne la dérangeaient absolument pas.
Le Père Louis de Saint-Morôt, car tel était le nom de son sauveur, était bon et patient avec elle. Il lui apprit à lire sans se brûler les yeux aux écritures saintes, lui apprit à écouter la voix des anges, et lui apprit à toucher l'eau bénite sans se brûler. Il lui apprit à lire, écrire et compter. Elle était douée, naturellement, et apprenait à une vitesse folle.
Enora était la seule fille de l'abbaye. Mais au bout d'un temps, tous les prêtres s'habituèrent à la présence de l'enfant, et elle grandit dans la Lumière, alors que tout la destinait aux ombres.
Elle dénonçait toutes les vérités, disait à son père de substitution tous les pêchés commis par les prêtres. Aussi était-elle considérée comme le « Pion du Père ».
Cela ne la dérangeait pas d'être utilisée. Du moment que le Père l'aimait et la traitait comme sa propre fille, toutes les moqueries lui étaient égales.
Enora fut éduquée selon des valeurs morales stricts. Elle avait eu très jeune les notions de Bien et de Mal inculquées.
Alors qu'elle approchait de ses quatorze ans et qu'elle mangeait le soir avec le Père Louis, elle osa lever les yeux vers lui et poser son bol plein. Une question la taraudait.
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- Mon Père ?
- Oui mon enfant ?
- … Les démons symbolisent le Mal dans son état le plus pur, n'est-ce pas ?
- Oui, mon enfant.
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Pas une once d'hésitation dans la voix du prêtre.
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- ...Mon Père, suis-je donc un être de dépravation par ma seule naissance ?
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Le prêtre s'arrêta de manger et fixa Enora. Elle était gênée, mais triste. Elle était différente. Trop différente. Jamais elle ne connaîtrait le Paradis, de par sa nature. Seul l'Enfer et la damnation éternelle lui étaient promis dans l'au-delà... parce qu'elle était née. Sa naissance même était une abomination. Elle avait grandi avec cette idée en tête.
Le Père Louis essuya ses lèvres, se leva et s'agenouilla. Il posa ses mains sur les épaules d'Enora et lui demanda de le regarder dans les yeux. Elle obéit, et se plongea dans les yeux gris et froid de son père. Ils étaient fermes. Il allait avoir ce ton sérieux qu'il prenait lorsqu'il la réprimandait plus jeune...
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- Enora, peu importe ce qu'en disent nos écrits saints. Tu n'es pas un monstre, tu n'as jamais demandé à être ce que tu es. Le Dieu de la Lumière le sait, et t'accordera sa miséricorde si en retour tes actions sont justes. Plus personnellement, à mes yeux tu n'as jamais été un être du Mal. Tu es comme ma fille. L'être que je chéris le plus au monde après notre Dieu. Je le remercie chaque jour de t'avoir confiée à moi. Lève la tête fièrement, Enora. Tu es fille de la Lumière, à présent. Le choix t'appartient de rejoindre les Ombres, mais sache que peu importe ta décision... A mes yeux, la Lumière t'imprégnera toujours.
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Les larmes piquaient les yeux d'Enora. Jamais il n'avait été aussi directe avec elle... Jamais il ne lui avait dit qu'il l'aimait. Pour autant, même si ces paroles étaient très réconfortantes, elles n'étaient pas entièrement vraies. Le prêtre ne la voyait pas comme une humaine... Sinon, il la nommerait de la même façon que sa mère. Mais non. Depuis la mort de celle-ci, personne ne l'avait plus jamais appelée Olivia. Son humanité avait fusionné avec sa part demi-humaine. Un faible équilibre contre sa démone intérieure qui prenait peu à peu de l'ampleur...
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Sa démone intérieure était furieuse. Elle, Enora, quinze ans, jubilait comme si on lui offrait un très beau cadeau de Nöel.
Le Père Louis avait estimé qu'elle serait une excellente Inquisitrice.
Bien sûr, elle encourait de gros risques à rentrer dans les ordres avec sa nature démoniaque. Mais seuls le Père et elle-même savaient. Elle avait tout d'une personne respectable.
Avec ses maigres affaires, elle se prépara à partir, sur le palier de l'abbaye. Elle avait déjà fait ses adieux à tous les prêtres qu'elle ne reverrait plus. Le Père Louis lui donna ses dernières recommandations, puis à sa grande surprise, il la prit même dans ses bras.
Elle répondit à son étreinte, émue, et reconnaissante.
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- Je ne vous remercierai jamais assez pour toutes ces années, mon Père...
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Il l'embrasse sur le front et rangea une mèche de cheveux roux derrière son oreille.
Son regard était plein d'une fierté et d'une tendresse toute paternelles.
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- C'est moi qui te remercie, ma fille. Deviens si forte que ton armure reflétera la Lumière des Cieux. J'ai confiance en toi.
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Elle commença sa route jusqu'à la ville voisine où siégeait l'Académie, envoyant un dernier signe à son père d'adoption. Elle souriait, insouciante et heureuse, paradoxalement galvanisée par la haine émanant de sa démone intérieure.
Le Père Louis la regarda partir, un sourire nostalgique aux lèvres.
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- Ô Tarna... Puisse la Lumière garder cette enfant...
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Et voilà pour le chapitre 2 ! J'espère que ça vous aura autant plu que le premier :3
D'ici-là, à une prochaine fois, nous nous reverrons bientôt pour...
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3° : Théo de Silverberg
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