Chapitre 14: Chez Stiles (4)

Annabeth et Stiles rentrèrent. Dès qu'elle passa le pas de la porte, elle s'évanouie. Elle sentit le froid l'envahir. Elle suffoqua. Elle semblait faire une crise d'épileptie. Ses yeux virèrent au blanc et elle murmura des phrases en latin. Stiles sentit le temps se figer puis la prit dans ses bras pour la déposer sur le canapé. Elle gémit puis tout redevint à la normal. Annabeth se réveilla et se leva. Les yeux mi-clos, dans les vapes, elle demanda:

-Hum...qu'est-ce qui s'est passé?

-Je dirais que tu es tombée dans les pommes, tes yeux ont viré au blanc comme une possédée, tu tremblais beaucoup, t'as murmuré des trucs latins et le temps s'est arrêté.

-Ca recommence...

-Tu avais ça, avant?

-Chaque année, ça m'arrivait. Je rencontrais des esprits et mes ancêtres. Mais depuis sept ans, ils ne se sont plus manifestés. Et là, ça recommence.

-Qu'est-ce qu'ils te disent?

-Je vais traduire: «Vengeance! Venge ta famille! Venge ton honneur! Venge l'honneur de ta famille! Venge notre honneur! Venge-toi de cet affront que ces mécréants nous ont fait!»

-Ils disent ça pour ceux qui ont tué ta famille?

-Oui. Mais ils n'ont pas que tuer ce soir-là, ils ont profané les tombes de mes ancêtres.

-Et ce n'est qu'après sept ans qu'ils te parlent?

Annabeth haussa les épaules puis répondit:

-Tu sais, ce sont eux qui m'ont convaincu de vous aider. Parce que quelqu'un dans cette histoire est impliqué dans les meurtres.

-C'est bizarre. Pourquoi mon père ne m'en a jamais parlé?

-Il y a sept ans, ce n'était pas ton père le sheriff et les meurtriers ont tout fait pour étouffer l'affaire.

-Mais Annabeth, qui t'a soigné? Ta mère était dans le coma et toi, tu as reçu une balle dans le dos.

-C'est Deaton qui m'a soigné.

-C'est pour ça que vous avez l'air de si bien vous connaître.

-Il s'est aussi occupé de ma mère.

Le téléphone de Stiles sonna. Il décrocha.

-Allô, papa?

-Oui, Stiles. C'est pour te dire que je rentre dans deux heures.

-Ok.

Il raccrocha. Il dit, paniqué:

-Qu'est-ce que je vais faire?

-Du calme, mon petit Stiles. On va ranger la maison et lui préparer un bon repas. Et on se présentera. En espérant que mes ancêtres ne viennent pas tout gâcher.

-Pourquoi?

-Quand ils me parlent, ils prennent parfois quelques jours pour partir. Ça m'est arrivé quand j'avais cinq ans.

Quelques minutes plus tard, Annabeth rangea et nettoya la maison de fond en comble. Elle dressa la table et aida Stiles à la cuisine.

-Dis, tu pourrais pas claquer des doigts pour que tout soit déjà prêt?

-Je pourrais, répondit Annabeth en épluchant les légumes. Mais il n'y aura pas de goût. Sans sel ni sucre. Même pas acide, même pas amer.

-Ah d'accord.

Trente minutes avant que le père Stilinsky arrive, Annabeth prit une douche rapide -avec Stiles- et se changea -avec Stiles-. Elle s'attacha les cheveux en queue de cheval haute puis redescendit. Cinq minutes avant l'arrivée du shériff. Elle disposa les plats sur la table et mit le dessert au réfrigirateur. Stiles ouvrit la porte à son père avec un grand sourire. Il lui offrit un verre de vin et dit:

-Papa, j'ai quelque chose à t'annoncer.

-Quoi?

-Je suis en couple.

-C'est bien, mon fils. Avec qui?

-Annabeth..

-Annabeth Wilson? C'est chouette. Pourquoi tu ne l'as pas invité?

-Et bien, si. Elle passe le week-end ici. Et elle m'a aidé pour le dîner et la maison.

-Une présence féminine dans cette famille, ça fait du bien.

Annabeth vint à la rencontrer du père Stilinsky et lui sourit.

-C'est un plaisir de te revoir, Annabeth.

-Moi de même.

-Et si nous passions à table? Proposa Stiles.

Tout se passa presque sans encombres sauf pour Annabeth. Les esprits et ses ancêtres n'arrêtaient pas de lui hurler dans les oreilles. Elle devait les ignorer et se concentrait sur les questions que le père Stilinsky lui posait. Stiles savait qu'elle n'était pas. Ils arrivèrent au dessert. Annabeth mangea son dessert le plus calmement possible puis s'excusa et se leva pour s'enfermer dans les toilettes. Les voix devenaient de plus en plus forte. Elle se boucha les oreilles et se laissa glisser le long de la porte. Du côté de Stiles.

-Alors Stiles, tu es content? De l'avoir trouvé?

-Oui. Elle a changé ma vie.

-Je suis heureux pour toi. Ça va un peu te changer les idées.

Stiles savait de quoi il parlait et sourit légèrement. Il se demanda si Annabeth allait bien. Quelques minutes plus tard, elle revint un peu chamboulée et perdue. Elle se rassit. Le père de Stiles demanda:

-Alors Annabeth, comment ça se passe au lycée?

-Ca se passe bien...

-Stiles m'a dit que tu le dépassais en intelligence.

-Stiles est intelligent? Lui retourna Annabeth en arborant un petit sourire narquois.

Le sheriff sourit à son tour. Il se leva et dit:

-Bon, les enfants, je vais dormir un peu.

-On va ranger, répondit Stiles.

-Mer...ci..

Il bailla encore et monta dans sa chambre. Annabeth se leva et empila les assiettes puis elle gémit et s'appuya sur la table. Elle chuchota:

-Laissez-moi tranquille! Je vous vengerais plus tard! Arrêtez ou je ferme les portes de l'autre côté!

Stiles crut entendre des cris aigus et les ampoules clignotèrent. Puis plus rien. Annabeth soupira et leva la tête. Stiles lui demanda:

-C'est pour ça que tu t'es isolée. Ils te parlaient.

-Me parler? Tu veux rire? Ils me hurlaient dans les oreilles.

-Oh...

Annabeth prit les assiettes et fit la vaisselle, perdue dans ses pensées. Tellement perdue qu'elle s'entailla la paume de la main droite. Stiles le lui fit remarquer et elle ne répondit que par un «Hum». Tout à coup, elle entendit un grognement bestial. Elle se retourna et lâcha tout ce qu'elle allait en main. Elle s'essuya les mains et avança vers la porte. Stiles voulut la suivre mais elle l'en empêcha. Elle ouvrit doucement la porte. Le grognement persistait. Elle sortit doucement et regarda le ciel. Il était couvert. Elle avança vers l'endroit d'où venait le grognement. C'était un coin sombre. Elle plissa les yeux, qui prirent une couleur bleue. Elle vit une aura vraiment puissante.

-Derek? Murmura-t-elle, incertaine. Derek, c'est toi?

Mais les yeux de ce loup n'étaient pas rouges comme ceux de l'Alpha ténébreux mais jaunes. Annabeth comprit que ce n'était pas Derek et cette aura était vraiment puissante et noire. Elle regarda sa main, celle-ci n'avait pas encore cicatrisée et ce loup-garou semblait renifler son odeur. Elle recula progressivement puis se retourna et courut. Elle l'entendit courir derrière elle. Elle ouvrit la porte et la referma aussitôt. Elle la ferma à clé et souffla. Stiles lui demanda si ça allait. Elle secoua la tête et répondit en regardant par la fenêtre.

-Stiles, ce qui m'a poursuivi n'était pas un loup...c'était le Kanima.

Stiles frissonna...