Note de l'auteur : Étant donné que la « famille » principale est assez nombreuse, je vais vous la détailler pour un peu plus de compréhension :

Alistair Subban : chef de famille, tuteur de Gaël et Xoran, oncle de Nicolas, Alexandre et Maël. Il a environ 38 ans et il est chef cuisinier dans un grand restaurant de New-York. C'est un ancien Maitre de Potions de renommée mondiale.

Nicolas Arcana Savaige : Aîné, 18 ans, neveu d'Alistair, frère d'Alexandre et de Maël. Il est étudiant en médicomagie.

Gaël Emrys Orion Jedusor : 17 ans, étudiant, petit-fils de Lord Voldemort (le reste de ses capacités et secrets seront dévoilés au fur et à mesure). C'est son histoire.

Xoran Helldown : 15 ans, étudiant très doué en Métamorphose et en DCFM.

Alexandre Eiden Savaige : 13 ans, neveu d'Alistair, frère de Nicolas et de Maël. Il est étudiant – surdoué – en Potions, lycanthrope depuis ses huit ans.

Maël Leïan Savaige : 11 ans, neveu d'Alistair, frère d'Alexandre et de Nicolas. C'est un futur étudiant.

Chapitre 3 :

Pouffant d'une façon fort peu virile, pour quelque obscure raison, Alistair pénétra dans la chambre qu'il avait loué pour Gaël et... se retrouva face à la Troisième Guerre Mondiale.

Le-dit Gaël, une simple serviette autour des hanches, ses cheveux humides lui tombant sur la nuque d'une façon assez désordonnée, tentait vainement d'éviter les objets non identifiés volant à travers la pièce et les sorts qui fusaient dans toutes les directions. Maël, empêtré dans sa couverture, en train de passer une chemise, était aux prises avec Alexandre, qui essayait sournoisement de lui faire un croche-patte et de le métamorphoser en quelque chose de peu ragoûtant. Xoran était accroché au dos du jeune Jedusor, sa baguette pointée en direction de Nicolas, qui lançait toutes les affaires lui tombant sous la main, de l'oreiller à l'unique chaise de la pièce. Il semblait avoir égaré sa propre baguette dans le fouillis qui régnait.

- Oh nom du ciel, que se passe-t-il ici ? S'exclama Alistair d'un ton désespéré en évitant un sortilège perdu.

- Ca ne se voit pas ? Nous sommes en train de nous dire bonjour, fit très sérieusement Xoran en se tournant un instant vers le plus vieux.

- Quoi ? Je ne devrais même plus être surpris… souffla le pauvre homme. Bon, ça suffit maintenant !

Un gros BANG plus tard, Alistair était parvenu à tous les séparer.

- Heureusement pour vous que vous ne devez pas prendre le train pour vous rendre à Poudlard, nous avons largement dépassé l'horaire !

- Ben alors, pourquoi t'es là ?

- Qui a parlé ? Demanda Alistair, fronçant les sourcils devant la masse compacte d'adolescents devant lui.

- Maël, répondit Xoran.

- Hé ! J'ai rien dit du tout moi, c'était toi ! Protesta le plus jeune.

- Non.

- Si.

- NON ! Réagit violemment le blondinet.

- Je crains que si !

- Je soutiens que non !

- J'affirme que si, persista Maël.

- C'est bon, c'est bon, on a compris, les stoppa Nicolas.

Alistair eut un soupir et poursuivit d'une voix lasse :

- Vous partez dans à peine plus d'une heure. Dépêchez-vous de ranger le... hum, désordre, de vous habiller et de me rejoindre dans ma chambre. Là, je vous donnerai le portoloin pour Près-Au-Lard.

- Ok ! Répondirent les jeunes en coeur

C'est ainsi que plus d'une heure plus tard, les Savaige, Helldown et Jedusor se retrouvaient dans le village sorcier situé aux abords de leur futur collège, et marchaient rapidement en direction de Poudlard, échangeant des commentaires divers.

Pendant ce temps, la directrice, Minerva McGonagall, s'était levée pour faire face aux élèves. Ceux-ci s'étonnèrent de ne pas voir le repas apparaître aussitôt, comme ils en avaient l'habitude. Quelques gourmands poussèrent des soupirs à fendre l'âme ou grognèrent en direction des professeurs, qu'ils tenaient pour personnellement responsables des gargouillements de leurs ventres affamés.

- Mes chers élèves, fit l'ancienne professeur de Métamorphose, s'attirant les regards courroucés et les grimaces des Serpentard, vous me voyez désolée de vous faire patienter davantage pour le dîner. Cependant, j'ai le plaisir de vous annoncer que nous accueillons cette année de nouvelles personnes dans notre merveilleux Poudlard. Veuillez leur faire un bon accueil !

Alors que les commérages allaient bon train, la haute porte s'ouvrit sur le garde-chasse et professeur de Soins aux Créatures Magiques, Rubeus Hagrid. Le brave demi-géant aux cheveux grisonnants légèrement sur les tempes arborait un large sourire à l'adresse des étudiants et enseignants.

- J'vous amène les nouveaux, grogna-t-il de sa voix bourrue. J'les pensai pas comme ça !

- Merci Hagrid, se contenta de répondre Minerva, sentant la tension l'envahir progressivement.

Le demi-géant se décala et rejoignit son siège auprès des autres professeurs, laissant place à trois jeunes hommes.

Les yeux bridés du plus âgé, Nicolas, scrutaient la Grande Salle. Derrière lui, jouant avec ses longs cheveux châtains, Alexandre avait l'air amusé des regards étonnés, perplexes, hargneux, admiratifs ou jaloux qui se posaient sur eux. Maël, quant à lui, ne se souciait guère de ce que les autres élèves pensaient puisqu'il avait rivé ses prunelles verts-jaunes sur le plafond magique et paraissait ne plus pouvoir en décrocher.

Alors que les yeux des anciens et nouveaux élèves déjà installés à leurs tables s'écarquillaient, la directrice se releva d'un bond :

- Où sont Gaël et Xoran ? S'écria-t-elle presque, laissant transparaître une once de panique sous son air strict et pincé.

Ainsi ils étaient cinq, songeaient tous les adolescents. Et la directrice semblait les connaître personnellement. Elle n'appelait jamais un élève par son prénom.

À peine cette exclamation eut-elle retentit dans le silence de la Grande Salle, que les Savaige se retournèrent, visiblement étonnés de ne pas voir les deux manquants. Même Maël daigna quitter le plafond du regard.

- Vous cherchez quelqu'un ? Demanda une voix innocente.

Trop innocente, songèrent aussitôt les professeurs alors qu'ils se tournaient tous en direction de la voix pour se retrouver face à deux autres adolescents... trempés jusqu'aux os.

- AH VOUS VOILÀ VOUS ! ESPÈCES DE SALES GOSSES ! QU'AURAIT DIT AL SI ON VOUS AVEZ PERDU, HEIN ? Rugit soudain Nicolas, surprenant tout le monde. VOUS Y AVEZ PENSÉ AU MOINS ?

Certains des premières années, particulièrement nerveux, ainsi que d'autres élèves, assez émotifs, avaient littéralement bondi de leurs bancs pour se retrouver au sol avec un air éberlué.

- Voyons, Nico... Oublies-tu à qui tu as affaires ? Fit sournoisement Gaël, se rapprochant de son ami en silence.

L'aîné déglutit et recula imperceptiblement.

- Où étiez-vous ? Les questionna Minerva McGonagall, l'air agacée.

- Dans le lac, voyons ! S'exclama naturellement un Xoran souriant. J'y ai envoyé Gaël mais ce dégénéré du bulbe que voici n'a pas trouvé meilleure idée pour se venger que de m'attirer à mon tour dans l'eau. Soit dit en passant, votre calmar est vraiment sympathique, il nous a repêché en douceur, reposé sur la rive et tout... Dommage qu'on ait pas pu jouer plus longtemps avec lui... Il avait l'air sacrément délaissé le pauvre !

- Qui traites-tu de dégénéré du bulbe, petit idiot sans cervelle ?

- Ah, non ! C'est trop fort ça ! Je ne suis pas idiot ! Sinon je ne passerai pas en cinquième année, hein...

- C'est à se demander si tu n'as pas soudoyé les examinateurs pour passer, siffla Gaël.

- Comment oses-tu...

Mais avant que leur charmante discussion n'ait pu virer en bataille rangée, Nicolas les stoppa et leur désigna la directrice d'un geste du menton. Elle semblait infiniment lasse quand elle prit la parole :

- Avez-vous fini ? Je pense qu'il est temps de passer à autre chose maintenant.

- Oui, bien sûr. Excusez-nous pour le contre-temps.

- Nico deviendrait-il sage ? Souffla Alexandre à Maël.

Fort heureusement, le principal concerné n'entendit pas la remarque.

- Bien. Quand j'appellerai votre nom, vous vous avancerez et vous coifferez du choixpeau. Commençons par le plus jeune : Savaige, Maël.

Le garçon de onze ans s'avança, toujours vêtu de la trop grande chemise de Gaël et de son jean. Sa baguette magique – trente et un centimètres, bois de saule, nerf de coeur de dragon, assez souple – glissée dans un étui spécial attaché à son bras.

Minerva McGonagall se retint de justesse de soupirer et fit remarquer :

- Vous n'avez pas de robe de sorcier.

- Effectivement.

- Savez-vous qu'il vous en faut une ?

- Bien sûr.

- Et pourquoi n'en portez-vous pas, Maël ?

- Trop chiant à mettre et pas assez de temps ce matin.

Minerva grimaça. Elle aurait dû se douter que les adolescents n'avaient pas changé...

- Bon. J'espère pour vous que ce sera l'exception ! Je m'attends à vous voir tous les jours de cours en uniforme, est-ce bien clair, Maël ?

- Oui, fit froidement le garçon.

- Parfait, asseyez-vous maintenant.

Maël obtempéra et s'installa sur le vieux tabouret. Le choixpeau recouvrit rapidement la tête du garçon, glissant même jusque devant ses yeux.

À peine une seconde plus tard, on put entendre un retentissant :

- SERPENTARD !

- C'était rapide au moins, excellent, commenta le nouveau serpent, ignorant superbement les applaudissements et sifflements des membres de sa famille.

- Savaige, Alexandre, poursuivit la directrice, imperturbable.

Une horde d'yeux suivit le jeune homme de treize ans, mince et gracieux, dont la longue chevelure dansait derrière lui. Il glissa sa baguette – vingt-cinq centimètres et demi, bois d'ébène, cendres de loup-garou, particulièrement capricieuse – dans sa poche arrière et s'assit.

- Arrêtez de baver, il n'a que treize ans, bon sang ! Réagit Gaël, fusillant du regard ceux qui fixaient trop longtemps le jeune Savaige.

- GRYFFONDOR ! Tonna alors le choixpeau, au grand étonnement des élèves.

Un Serpentard avait pour frère un Gryffondor ? C'était vraiment très étrange et rare.

Satisfait, Alexandre ôta l'accessoire sans la moindre délicatesse et alla directement s'installer en face d'un grand dadais avec de grands pieds et de grandes mains, aux cheveux d'un roux flamboyant, qui se présenta comme étant Hugo Weasley. À ses côtés, deux jeunes filles. Une certaine Lily Luna Potter, toute aussi rousse, mais petite et menue, et Scarlet Da Silva, adolescente au physique somme toute banal mais pas moche.

La directrice se tendit soudain, prit une profonde inspiration intérieure, et appela :

- Helldown, Xoran.

Le blond aux yeux bleus électriques se rua presque sur le choixpeau, laissant une flaque à l'endroit où il se trouvait quelques secondes auparavant, et coiffa l'artefact sans prendre la peine de s'asseoir, sous les ricanements des Serpentard. Ricanements vite étouffés par les regards méprisants des autres membres de la petite troupe.

- Encore un nouvel élève ? Mais vous êtes pire que des Weasley ! Fit le choixpeau à voix haute, en surprenant plus d'un.

- Je vous prierai de ne pas me comparer à des personnes que je ne connais ni d'Ève, ni d'Adam, répliqua le blondinet, son large sourire collé aux lèvres.

- Aussi têtu et immature que les deux autres...

- Vas-tu continuer à gaspiller du temps ? Intervint soudain Gaël. Non, mais parce que j'ai faim, moi ! Alors place-le, et vite, histoire qu'on puisse aller manger...

Les étudiants rirent de bon coeur à la mine désespérée du jeune homme.

- Oui, oui...

- Allez, dépêchez-vous, monsieur le choixpeau, n'impatientons pas trop mon adorable frère...

Ils étaient frères ? Les murmures se répandirent tels une coulée de lave, impossibles à arrêter.

- Silence ! S'exclama fortement Minerva.

- Bon, tu te grouilles, l'antiquité ? Finit par pester le blond, perdant du même coup tout son semblant de politesse.

- Ne m'insulte pas !

- Je fais ce que veux, nah ! Rétorqua très puérilement Xoran.

- Quelle maturité, commenta Nicolas.

- Oh ! Mais c'est que vous commencez à me courir sur le haricot, les nouveaux !

Tout le monde profitait de la discussion Ô combien étrange se déroulant sous leurs yeux. Rares étaient les fois où le choixpeau se faisait entendre de tous, mis à part pour les chansons, bien évidemment.

- Dois-je réitérer ma demande ? Lança Gaël, alors que les Savaige se tordaient de rire. Je peux y mettre plus de conviction tu sais ? Ou si c'est du désespoir que tu veux, je peux...

- Bonté divine ! GRYFFONDOR ! Ne peut-il pas y avoir un adorable Poufsouffle parmi vous ? Gémit le choixpeau.

- Hélas, je crains que non, soupira Nicolas.

Xoran émit un cri de joie strident et courut rejoindre Alexandre, lui sautant littéralement dessus. Il manqua, par la même occasion, de renverser la petite rousse en face de lui, Lily Luna Potter.

- Non mais ça va pas dans ta petite tête tordue ? Xoran !

- Qu'est-ce qu'il y a, mon roudoudou ?

- Espèce de sale dégénéré mental ! Tu mériterais une place aux services des déficients mentaux de Sainte Mangouste, tiens !

- Oh... roucoula Xoran. C'est trop adorable de me dire ça, Alexis de mon coeur ! Mais tu sais, si tu veux tellement te retrouver seul avec moi, il fallait le dire plus tôt ! Je suis persuadé qu'il existe des endroits plus... intimes dans ce château !

- Ne m'appelle pas comme ça, sale blond de mes deux ! Et arrêtes avec tes insinuations !

- Continuez, je vous en prie, fit Nicolas à la directrice. Ces deux-là en ont encore pour un bout de temps.

Minerva, s'en doutant déjà, appela le suivant :

- Jedusor, Gaël !

Remus Lupin, professeur de Défense Contre les Forces du Mal, sursauta brutalement, manquant de renverser son assiette vide, et riva son regard d'ambre soupçonneux et inquiet sur le dernier adolescent à être réparti. Sans se soucier d'être fixé, Gaël s'avança tranquillement, son piercing étincelant à la lueur des chandelles.

- Je ne fais que prévenir, commença Nicolas, passant avec un calme certain en mode « grand frère protecteur », ne vous mettez pas à dos toute notre famille. Ceux qui touchent un seul de ses cheveux, sans son accord, se verront envoyer au tombeau en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « Oups ». Et ça vaut pour Alex, Xoran et Maël aussi.

Une lueur sadique éclaira les prunelles vairons de Gaël, faisant frissonner les personnes les plus proches de lui.

- Tu fais peur aux gens, Gaël ! Le réprimanda faussement Xoran.

- Et alors ?

- Ce n'est pas bien, lui répondit Alexandre.

- Ah bon ?

- Ne sois pas insolent, Gaël, le prévint Nicolas, l'air amusé.

- Oui, Nico.

- Ne fais pas ton innocent, on te connait par coeur.

- Oui, Nico.

- Rah... Arrête de me prendre pour un idiot.

- Je n'ai jamais dit que tu étais idiot. Tu l'as fais toi-même ! Se moqua l'adolescent aux cheveux noirs en s'asseyant et en mettant le choixpeau avant d'avoir à essuyer une réplique.

- Hmm, ce n'est pas facile, dit une petite voix à son oreille. C'est même très difficile. Je vois du courage, beaucoup de courage...

- Tu te fous de ma gueule, là, pas vrai ? Je ne suis pas courageux du tout !

- Oh non, tu l'es. Tu es prêt à risquer ta vie pour sauver celle de quelqu'un que tu chéris...

- Euh, ouais, mais ça j'pense que beaucoup de monde est capable d'en faire autant.

- Détrompes-toi. Et... oh, oh ! Que vois-je ?

- Je ne sais.

- Le petit-fils de Tom Jedusor ! Tu as visiblement hérité de lui une intelligence certaine, un esprit vif... tu possèdes de larges connaissances et un jugement conséquent.

- Ne me compares pas à ce monstre ! Gronda intérieurement l'adolescent. Papy Voldy et moi n'avons rien en commun, hormis le sang qui coule dans mes veines !

- Tu es cependant paresseux malgré un certain amour du travail, commenta le choixpeau sans tenir compte de sa remarque.

- Hé ! Fit Gaël, indigné, oubliant de parler mentalement.

Il rougit sous les regards amusés qui le scrutaient avec attention.

- Hmm, je vois que tu as également une force de volonté très rare et que tu n'hésites pas à faire appel à la ruse pour arriver à tes fins...

- Alors, tu me mets où ?

- Tu es... oh, mon garçon ! Avide de faire tes preuves ! Voilà qui devient de plus en plus intéressant !

- J'en suis heureux pour toi.

- Où puis-je te mettre ?

- Je ne sais pas, mais en revanche, je sais que le tissu dont tu es fait est la proie la plus facile des sortilèges anciens de désintégration, et j'en connais un paquet, crois-moi. Veux-tu y goûter ?

Le choixpeau parut déglutir.

- Alors, alors, récapitulons : une connaissance immense...

- Eh, oh ! Faudrait pas exagérer, là ! Je suis nul en Botanique, en Soins aux Créatures Magiques, en Divination, en Vol, par extension au Quidditch, et en Histoire de la Magie. Je me débrouille à peine en Astronomie et je déteste les Runes !

- Une grande gentillesse...

- Dans tes rêves, oui !

- Une certaine capacité à être patient...

- Normal avec la famille que j'ai, soupira intérieurement Gaël.

- Du courage, bien sûr...

- Tu as fumé quoi, toi, dis-moi ? Ça m'a l'air plutôt fort... Mais j'y pense... Est-ce que tu peux seulement fumer au fait ? Tu as des bras ? Tu les caches où ?

- Une forte ambition, de la volonté et de la ruse à revendre... poursuivit le choixpeau sans se préoccuper des commentaires de celui qui le portait.

- Que de compliments ! Bon... Dépêches-toi, ou je te crame !

- Oh oui, il n'y a plus l'ombre d'un doute !

- Ah ? Je commençai à trouver le temps long, choixpeau. Dis...

- SERPENTARD !

- Parfait ! S'applaudit littéralement Gaël.

Sous les yeux ronds des autres, il se justifia, un sourire en coin illuminant les traits de son visage :

- J'adore le vert.

Joyeusement, Gaël alla rejoindre sa tablée, qui éclata en applaudissements après quelques secondes de retard. Sa répartition avait duré bien plus longtemps que celles des autres. Et sa dernière remarque avait eu le mérite de faire pouffer bon nombre d'étudiants.

- Maintenant que tous nos nouveaux élèves sont installés, je tiens à vous prévenir que madame Vizard, notre infirmière, aura un assistant cette année en la personne de Nicolas Savaige !

L'aîné inclina légèrement la tête pour répondre aux applaudissements et alla calmement s'asseoir aux côtés de Gaël. La directrice renonça à l'idée de le faire s'installer à la table des professeurs avant même d'avoir essayé.

Durant tout le repas, le calme de la petite troupe dura. Aucun ne prononça un mot en plus de ceux requis... Gaël leva les yeux de sa part de gâteau au chocolat. Il savait parfaitement que les autres étaient incapables de se tenir tranquille. Il sentait que le calme ne durerait pas éternellement et attendait donc le drame, se demandant bien qui, ou quoi, le provoquerait cette fois-ci...

Et Gaël ne fut pas surpris de voir que la catastrophe éclata à cause de la dernière part de tarte à la citrouille – Nicolas et Maël en raffolaient tous les deux.

Le plus jeune était en train de doucement abaisser sa cuillère pour couper un bout de sa tarte, lorsque son frère tendit la main et saisit la part, croquant à pleines dents dedans.

Voyant le benjamin de la famille se lever, terriblement calme, un pichet de jus de tomate à la main, Gaël décida de quitter la table, autant pour sauver sa peau, que pour éviter d'agonir Maël d'injures pour avoir osé utiliser du jus de tomate comme moyen de vengeance.

L'adolescent saisit son plat et fila discrètement de la table, se dirigeant droit sur celle des Gryffondor.

- Serpentard vient à vous, mes frères ! Déclara-t-il pompeusement en se glissant entre Alexandre et Xoran.

- Dis plutôt que tu fuis les serpents, oui ! Sourit Alexandre en lui tendant un verre de jus de tomate.

- Tout à fait, comment as-tu deviné ?

- L'intuition mon frère, l'intuition.

- Oh ! Fit mine de comprendre Gaël. Ça se tient.

Une silhouette lui bondit dessus. Un Gryffondor. Un fou furieux. Un blond. Xoran.

- Tu m'as manqué Gaël !

Le-dit Gaël esquiva de justesse la strangulation que voulait lui faire subir Xoran et posa son assiette sur la table, écartant négligemment les différents plats. Sans se préoccuper des regards des rouges et ors, l'adolescent aux cheveux noirs attrapa une cuillère propre et entreprit de finir son dessert.

- Dis donc, toi ! Qu'est-ce que tu crois être en train de faire !

Un garçon à la chevelure argentée aux épaules avec une mèche sur le côté droit masquant partiellement sa prunelle vert jade, se tenait devant eux, droit et les poings plaqués sur les hanches. Il tentait visiblement de se donner un air sévère, mais Gaël lui trouvait juste un air infiniment coincé, comme s'il avait un balais dans le c... coccyx.

- Je mange.

- Tu... quoi ?

Gaël ne put s'empêcher de penser qu'il était vraiment stupide. Il méritait bien d'être à Gryffondor, tiens !

- Je mange. Du verbe « manger », qui signifie tout bêtement ingérer de la nourriture. Mais sais-tu ce qu'est la nourriture, euh...

- Stefan Moros, fit le garçon dont les oreilles rougissaient furieusement.

- Enchanté, répondit Gaël en lui tendant la main. Gaël Jedusor. Mais tu dois t'en souvenir.

Constatant le manque de réaction de son vis-à-vis, Gaël prit les devants, lui saisit la main et la serra fortement avant de la relâcher et de se consacrer à son dessert.

- Tu n'as aucun droit d'être ici !

- Ah bon ? Y a-t-il un article dans le règlement stipulant que je ne suis pas autorisé à me ravitailler ?

- Pas... pas à notre table ! Tu dois aller avec les Serpentard !

Sans l'écouter, Gaël prit une nouvelle bouchée de son gâteau et se retint de pousser un gémissement de contentement. C'était tellement bon...

- Tu dois partir ! Insista Stefan.

- Pourquoi ? Se résigna à demander Gaël, quittant à contrecœur son plat des yeux.

- Parce que les élèves doivent manger à la table de leur Maison !

- Et c'est marqué où ça ?

- Euh...

- Sérieusement, pourquoi ?

- C'est comme ça ! Tu n'es pas un Gryffondor, tu ne manges donc pas avec nous.

De nombreux rouges et ors approuvèrent vivement, voyant d'un mauvais oeil l'arrivée d'un Serpentard à leur tablée.

- J'en reviens pas ! Y nous font du racisme les p'tits lions ! S'écria Gaël, attirant l'attention de Xoran et Alexandre, qui ricanèrent en voyant la tête de Stefan.

Il avait l'air complètement perdu. Ce qui, avec sa tentative de paraître sévère, donnait un mélange assez... particulier.

- C'est quoi du racisme ?

- Tu es de Sang-Pur ?

- Euh... oui... Comme toi je suppose ! Dommage, tu ne pourras pas m'insulter sur mon sang, répondit Stefan d'un air sûr de lui.

- Ah non ! Déjà je ne crois pas à toutes ces choses sur la pureté du sang. Ensuite, moi, je suis de Sang-Mêlé mon ami ! Et fier de l'être ! Mais le racisme, c'est, voyons... un système de théories et croyances individuelles ou collectives selon lesquelles ils existent des « races » dans l'espèce humaine et une hiérarchie entre elles. Dans le cas présent, tu affirmes que les Serpentard sont une race à part de celle des Gryffondor. Jusque là tu me suis ?

- Oui...

- Bien. Les individus sont alors réduits à un ensemble de critères identitaires considérés comme spécifiques et sur lesquels il est porté des jugements de valeurs. Inférieurs, nuisibles... Toi tu considères les Serpentard comme inférieurs, et certains Serpentard doivent vous considérer comme des nuisibles également. Tu me suis toujours ?

L'air assommé par l'afflux d'informations, Stefan se laissa tomber sur une place vide. Il hésita un peu et acquiesça lentement.

- Euh... ouais...

- Parfait, commenta distraitement Gaël. Ces théories servent à légitimer des doctrines politiques racistes qui recherchent la domination d'une « race », considérée comme pure et supérieure sur les autres – toujours dans notre cas, tu me traites comme un inférieur et te sens plus important que moi qui suis à Serpentard et non chez les lions. Ainsi, des droits qui sont reconnus à certains, sont contestés à d'autres. Par exemple, le fait que je n'ai pas le droit de manger à cette table alors que vous ne dites rien s'il s'agit de Serdaigle ou de Poufsouffle...

En disant cela, Gaël désigna une jeune fille dont la robe portait l'insigne des Serdaigle et qui se trouvait installée à la table des Gryffondor, un peu plus loin.

- C'est...

- Laisses-moi finir, tu veux ? Au-delà du sentiment d'hostilité envers un groupe racial, le racisme sert à justifier des entreprises de ségrégation, d'exclusion, d'anéantissement, de génocide ! Finit Gaël d'un ton tragique.

L'air complètement perdu de Stefan le fit soupirer.

- Ne me dis pas que tu n'as rien compris à ce que je viens de dire ?

- Ben... si.

Xoran renversa la tête en arrière et hurla de rire, rapidement suivi d'Alexandre. Gaël se contenta de grogner de dépit.

- Bon. Dis-toi juste que le racisme c'est une théorie selon laquelle certaines races seraient supérieures à d'autres. Et c'est mal.

- Mais je ne suis pas raciste ! Contesta Stefan d'un air paniqué.

- Alors pourquoi ne veux-tu pas que je reste ? Tu dois avoir une bonne raison, si ce n'est pas à cause des préjugés qui règnent à Poudlard, affirma le Jedusor.

- Euh... je... Les Serpentard doivent rester avec les Serpentard et les Gryffondor avec les Gryffondor ! Voilà !

Gaël cligna des yeux. Il n'avait rien compris. Strictement rien compris.

- Dégage, ordonna soudain une voix impérieuse, grave et profonde.

L'adolescent tourna les yeux pour tomber sur une silhouette masculine. Gaël leva le regard et fut instantanément fasciné par ce qu'il voyait. De multiples mèches noires de biens différentes longueurs – et qui partaient également dans biens des sens divergents – encadraient un visage espiègle et pétillant doté d'une paire d'yeux qui reflétait tout le dynamisme de son possesseur. Lorsque les prunelles vairons rencontrèrent les yeux de l'inconnu, Gaël en eut le souffle coupé. Ils étaient captivants. Le fin tracé sombre autour de la pupille se découpait sur un iris d'un vert émeraude saisissant.

L'adolescent, parce qu'il ne devait guère avoir plus de dix-sept ans, était presque aussi grand que Nicolas, qui atteignait tout de même le mètre quatre-vingt-cinq. Son uniforme était ouvert sur une chemise blanche et un léger pull gris moulant agréablement son torse musclé.

Ça faisait longtemps que Gaël n'avait pas vu quelqu'un d'aussi séduisant...

Soudain, l'inconnu fit quelques pas en avant, et Gaël se ressaisit, arrêtant de le détailler. Pour le moment.

- Dégage, répéta-t-il. On ne veut pas de serpents ici.

Le jeune Jedusor soupira. Dommage. L'autre le détestait apparemment. Il n'avait donc aucune chance. Surtout qu'il devait être hétérosexuel au vu des regards énamourés que lui jetaient de nombreux membres de la gente féminine.

Xoran échangea un regard avec Alexandre, qui se mit soudain debout avec une mine catastrophée, au grand dam de Gaël.

- Hélas, trois fois hélas, mon cher frère, déclama-t-il avec un air de tragédien. Il semblerait que personne ne veuille de vous ici ! Eh bien mes amis, j'eusse pensé que vous seriez assez aimables pour ouvrir les portes de notre forteresse à mon si admirable compagnon, qui fuit devant un danger trop grand pour lui ! Le destin est-il cruel envers vous, mon frère, au point que vos condisciples vous haïssent et ne puissent distinguer la menace qui vous guète ? Vous qui n'êtes qu'un infortuné petit serpent, condamné à se faire malmener par les flots houleux de la vie et l'intolérance de la foule... Vous qui portez encore le sceau rouge de l'innocence, une lueur enfantine dans votre regard si pur... Finirez-vous, mon frère, écrasé sous les sabots de la haine de ceux qui vous huent et vous méprisent avec tant d'ardeur ?

Xoran se leva à son tour, monta carrément sur la table, et prit la parole :

- Mais pourquoi, vous qui êtes si généreux et si doux, devez-vous subir le courroux de ces âmes emportées et sans discernement aucun ? Nous cacheriez-vous quelque malédiction faite à votre encontre lors de votre venue au monde ? Car c'est bien, je le crains, la seule explication qu'il soit aisé de donner à vos déboires. Vous êtes condamné à vivre des années d'errance en solitaire, voguant sur les flots tumultueux, bravant les vents terribles et sauvant les pauvres innocents sans rien en retour. Le méritez-vous ? Vous qui êtes rejeté par vos semblables, piétiné par vos camarades, méprisé par la majorité ? Qu'adviendra-t-il donc de vous, Gaël Emrys Orion Jedusor ?

Le regard glacé du jeune Jedusor se riva sur le blondinet à l'entente de son nom complet. Faisant fi de la menace s'y lisant, Xoran poursuivit :

- Hélas ! Il est à craindre, très cher frère, que vous ne soyez forcé de souffrir mille tourments avant de mourir misérablement dans la boue, sans autre ornement que le sang de votre corps et des cailloux pour sépulture.

- Monsieur Helldown, je pense qu'il serait plus convenable que vous vous rasseyez. Vous aussi monsieur Savaige, intervint la directrice d'un ton sec.

Le blond et le châtain se réinstallèrent de part et d'autre de Gaël. Alexandre fit fortement :

- Viens, viens tout contre moi mon frère. Nous serons ton seul et unique soutien. Ton rempart face aux ténèbres qui veulent t'engloutir. Ta présence ne nous est point indésirable. Pis ! Elle nous est nécessaire, à nous qui ne sommes que tes humbles serviteurs ! Mais qu'allons-nous faire ? Le danger est si grand...

- Nous ne le laisserons point t'emporter, n'ai crainte, affirma Xoran.

Alexandre opina solennellement.

Gaël leva les yeux au ciel, et ce ne fut qu'à cet instant qu'il remarqua que l'inconnu était flanqué d'un adolescent brun aux yeux marrons, assez grand mais bien moins que son ami, et agréablement bâti. Il était plutôt charmant lui-aussi, même si ce n'était pas une de ces beautés marquantes comme celle de son ami.

Ils avaient l'air sous le choc. Gaël ne pouvait décemment pas leur en vouloir. Lorsque Xoran et Alexandre se mettaient à deux pour « jouer du théâtre », peu étaient ceux qui y résistaient !

- Désolée pour eux, fit soudain une petite voix. Mon frère n'apprécie pas vraiment les Serpentard. Il a trop de préjugés pour ça.

Gaël pivota brusquement pour faire face à la rousse L... quelque chose...Lala ? Non. Lola peut-être ? Non plus. Laly ? Ca s'en rapprochait lui semblait-il...

- Lily ! Trouva-t-il soudain.

Elle rougit fortement et dissimula ses yeux marrons brillants derrière sa crinière flamboyante.

- Je me suis trompé ? S'enquit Gaël, soucieux.

- Non, non. Je m'appelle bien Lily Luna Potter. Je suis en troisième année, comme ton frère.

- Mon frère ?

- Euh... Alexandre Sa...

- Ah oui ! Ce n'est mon frère, tu sais. Enfin, pas d'un point de vue génétique, mais bon... on fait comme si.

- Oh !

Lily avait de nouveau l'air embarrassé. Gaël eut un petit rire attendri devant sa gêne.

- Enfin... Ravi de faire ta connaissance, Lily. Je suis... eh bien je suppose que tu sais qui je suis, non ?

- Oui, Gaël Jedusor.

- C'est ça, septième année à Serpentard, pour te servir.

La jeune fille osa un sourire timide, que lui rendit aussitôt Gaël. Il l'aimait bien. Elle avait l'air assez sympathique. Et elle était très mignonne, pour ne rien gâcher.

- Tu as dit que c'était ton frère ? La questionna l'adolescent.

- Oui, il s'appelle James. À côté de lui, c'est Thaumas Abercrombie, un de ses meilleurs amis. Et tu connais déjà Stefan.

Gaël la remercia d'un regard et se tourna de nouveau vers James et ses compagnons.

- On recommence depuis le début ? J'suis Gaël Jedusor, enchanté, lui sourit l'adolescent.

- Eh bien pas moi ! Cracha presque James. Un serpent n'a rien à faire à notre table !

- Et voilà un autre raciste, soupira Alexandre. Ils prolifèrent par ici, c'est fou !

- Qu'est-ce que c'est un raciste ? Demanda Thaumas, intrigué.

- Oh, la ferme, Zara, soupira Gaël, n'ayant pas la moindre envie de définir le mot une deuxième fois.

- C'est Abercrombie mon nom. Abercrombie, pas Zara.

- M'en fous, ça reste un nom de vêtement, constata Gaël. C'est pareil pour moi.

- Le grand Gaël, adorateur de vêtements a dit ça ! Je suis choqué !

- Qu'est-ce que tu sous-entends par là, Alex ? Lança Gaël, soupçonneux.

- Tu adores les habits, se contenta de dire Alexandre.

Xoran intervint, à l'adresse d'Abercrombie et de ses amis :

- Non, à ce niveau, ce n'est plus de l'adoration. Si les habits étaient des personnes, Gaël serait actuellement l'homme le plus recherché au monde pour kidnapping et séquestration de masse ! Toutes les polices lui courraient après.

- Hé !

- Admets que c'est la vérité, Gaël ! Tu as plus de vêtements que nous tous réunis ! S'exclama Alexandre.

Gaël grommela une vague réponse, avant de se détourner et d'engloutir la dernière bouchée de son gâteau.

- Pourquoi t'es ici au fait ? Demanda soudain Abercrombie. Il reste encore des places vides chez les Serpentard.

Tout en parlant, il s'installa sur le banc, rapidement imité par James qui ne semblait pas vouloir cesser de fusiller Gaël du regard.

- Ah ! Que voilà une question pertinente ! Je dois dire que tu es le premier à me l'avoir posée ! Du moins, en ces termes, précisa Gaël à l'égard de Stefan.

- Alors ?

- Regardes un peu vers la table des Serpentard... non, plus à gauche... ouais, voilà, à cet endroit. Tu vois les deux bruns en train de se battre ? Si j'étais resté je serai en train de leur tenir compagnie sur le sol de la Grande Salle. Et je n'ai pas envie de tester son confort, merci mais non merci.

- Euh...

A cet instant retentit la douce voix de Maël :

- Je préfère être un vil manipulateur sans force qu'un idiot sans cervelle raisonnant uniquement avec ses poings !

- Tu fais un excellent Serpentard, mon frère.

- Pourquoi l'admets-tu ? Fit Maël, soupçonneux, sa voix portant loin dans le silence de la Grande Salle.

- Tu es comme moi, après tout.

- Ah, ça, non !

- Ah oui, tu n'as pas mon volonté, ma force d'esprit, ni ma puissance.

- Et toi, tu ne possèdes ni mon intelligence, ni ma culture, ni même ma finesse d'esprit.

Alexandre eut la « bonne » idée de se dresser sur son banc et de crier à travers la salle :

- Eh bien moi, j'ai tout ça en même temps, et même plus. Je suis beaucoup mieux que vous deux réunis, alors asseyez-vous et bouclez-là ! On s'entend même plus penser avec votre charmante discussion.

- TU N'ES QU'UN SALE MIOCHE PRÉTENTIEUX ! S'écrièrent simultanément Nicolas et Maël.

- Vous voilà d'accord, remarqua Xoran en essuyant son assiette à l'aide d'un morceau de pain.

- C'est pas trop tôt, soupira Gaël.

- Je suis plus vieux que toi Maël, donc si je suis un sale mioche, t'en es un aussi ! Répliqua Alexandre.

- QUOI ? S'insurgea Maël.

- Excuse-moi de m'être emporté, déclara brusquement Nicolas en se tournant vers son benjamin. J'ai découvert qu'il y a bien pire que toi.

Gaël se tourna vers Alexandre, le força à se rasseoir, et lui chuchota malicieusement :

- Attends-toi à une vengeance dans les règles de l'art, mon cher frère.

Le-dit « cher frère » eut une grimace d'anticipation, alors que Maël s'excusait à son tour, usant presque des mêmes paroles que Nicolas.

À cet instants, les plats disparurent et les assiettes se vidèrent. Gaël haussa un sourcil, intrigué. Il se demanda comment le personnel du château avait pu réaliser ce genre de prouesses. Des elfes de maisons peut-être ? Ça ressemblait à ce que faisaient parfois les leurs, en tous cas...

Le Jedusor reçut un coup de coude dans les côtés et retint un juron en se massant le flanc. Il tourna la tête en direction de son « agresseur ».

- Hé !

- Écoutes un peu, fit Alexandre.

- Parce que, toi, tu écoutes peut-être ?

- Oui, ça devient intéressant.

Intrigué, le Jedusor orienta son regard vers McGonagall, en train de passer une annonce avant de les laisser rejoindre leurs lits :

- … et pour cette occasion, nous avons prévu de nombreux évènements importants cette année. À commencer par le retour des bals de Halloween et de Noël...

- En quoi est-ce intéressant ? Demanda Gaël, interloqué.

- Chuuut !

Xoran s'y mettait lui-aussi.

- … ainsi qu'un voyage pour les trois dernières années...

Il y eut une véritable explosion de joie. Même Potter – James – hurlait comme un supporter de foot enragé. Gaël devait reconnaître qu'un voyage programmé pour une certaine période de l'année était vraiment une bonne chose. Voir du monde, faire des rencontres, abandonner Poudlard et ses élèves plus jeunes, profiter d'un autre paysage et d'un climat plus clément – il en avait déjà marre de la grisaille.

Bientôt, les cris de joie s'estompèrent et la directrice reprit la parole :

- Un voyage, disais-je donc. Les cinquièmes et septièmes années le passeront à Beauxbâtons et les sixièmes à Durmstrang. Nous avons également de nouvelles activités extra-scolaires, dont vous trouverez la liste sur vos lits dès demain matin. Les préfets, je compte sur vous pour guider les nouveaux jusqu'au dortoir. Bien, je n'ai maintenant plus que deux mots à vous dire : Bonne nuit.

Alors que les préfets se levaient pour obéir aux ordres, ils constatèrent que si Xoran et Alexandre suivaient le mouvement sans protester, Gaël avait, quant à lui, était harponné par un adolescent aux cheveux rouges vifs, Reno Turks, et son ami, Romen Zabini. Voyant cela, Maël leva le yeux au ciel et suivit la préfète de Serpentard, comme les autres premières années.

Gaël quittait la Grande Salle, lorsqu'il accrocha le regard de James. Les prunelles marrons-vertes disaient clairement : « Connard, tu vas voir, je vais faire de ta vie un enfer. ».

- Charmant... soupira l'adolescent.

Sans se démonter, il lui répondit visuellement par un « Essaies toujours, mais ne rêves pas trop. ».

D'un même geste, les deux jeunes hommes se détournèrent. James reprit sa discussion avec ses amis, et Gaël entreprit de faire connaissance avec Reno Turks et Romen Zabini, ses futurs camarades de dortoir et de classe.

- Alors comme ça ma vie va être un enfer ? Songea Gaël avec amusement. Nous verrons ça. Rira bien qui rira le dernier, Potter !