Rachel ne sort plus de sa chambre depuis deux ou trois jours. Le groupe des ND n'a pas tenté d'aller la voir, ils savent qu'elle a besoin de se retrouver seule et de souffler. De lâcher prise pendant au moins quelques jours.

Ses deux pères s'activent pour préparer le repas, Rachel a besoin d'un remontant, il est impératif que la jeune fille mange. Soudain, la sonnette retentit, Hiram souffle et se dirige vers la porte.

La surprise qui l'attend devant celle-ci est telle que le plat de salade se brisent en mille-morceaux.

« Oh mon dieu ! Je suis désolée, je vais vous aider !

- Non, non ! Ne t'en fais pas Santana, je vais m'occuper de tout ce bazars. Que suis-je bête ! Si tu veux aller voir Rachel, elle est dans sa chambre. »

Santana remercie Hiram et monte directement vers la chambre de son amie. Elle ne met pas longtemps à trouver. Un R et une étoile dorée en bois sont cloués sur la porte. L'Hispanique souffle et attache ses cheveux en queue de cheval, revoir Rachel est plus dur qu'il n'y paraît.

Et si la brune ne veut pas revoir la latine et qu'elle la jette dehors, pire, qu'elle ne parle plus et qu'elle se renferme sur elle-même ?

Santana ne réfléchit plus et ouvre précipitamment la porte. La brune fait un rapide tour de la pièce, qui est sans aucun doute à l'effigie de Rachel. Malheureusement, la chambre est sans dessus-dessous.

Son fauteuil blanc est renversé et des traces de chaussures pleines de terres – sûrement les chaussures de ce soir-là recouvrent le tissu. Sa coiffeuse est cassée, brisée en mille morceaux. Du maquillage est éparpillé dans toute la chambre, laissant des traces d'eye-liner et laissant de la poudre marron sur la moquette blanche. Sans aucun doute, Santana peut dire que Rachel avait besoin de se défouler.

L'Hispanique enjambe le champ de bataille et se rapproche du lit où la brune est roulée en boule.

« Rachel ? C'est Santana... »

La latine mord sa lèvre, c'est stupide, cette phrase est stupide, à cet instant, elle-même est stupide. Pourquoi sort-elle des idioties comme ça, pourquoi est-t-elle tout simplement venue ici ? Pensant que Rachel allait peut être s'ouvrir à quelqu'un qui la traite de tous les noms, stupide encore une fois.

Santana s'installe sur le lit et regarde par terre.

« En faîte, je ne sais pas vraiment pourquoi je suis venue ici, haussement d'épaules et sourire triste, je voulais savoir et voir comment tu allais, même si je sais que c'est vraiment stupide. Tu ne vas pas bien, c'est obligé et si je peux faire quelque chose, n'importe quoi, je le ferais... Et puis, moi aussi je ne vais pas bien, j'ai perdu ma meilleure amie, je n'ai même pas été là dans ses derniers instants, et je m'en veux... Au moins, je peux me rassurer et me dire que tu as été là pour elle, que tu as tout fait pour la sauver et que tu l'as accompagné jusqu'au bout, jusqu'à cette fin qu'elle ne méritait pas, sanglot, Quinn était trop jeune pour mourir. Pourquoi elle ? Pourquoi cette jeune blonde magnifique, au regard vert ambré émeraude, au sourire si angélique, au corps si parfait, à la voix si suave. Tu sais quoi Rachel ? Vous méritiez d'être ensemble jusqu'à la fin de vos jours, vous le méritiez plus que n'importe qui. Jamais vous ne vous étiez disputés pour un rien, vous vous aimiez. Nous n'avions qu'à regarder vos yeux à chacune pour savoir, savoir que vous étiez faîtes l'une pour l'autre et que personne ne vous sépareraient... Bien sûr, à part la mort, nouveau sanglot. Je suis désolée Rachel, si elle n'était pas venue me sauver, c'est toi qui serais en train de la réconforter parce que je serais morte dans ce couloir puant. Je suis terriblement désolée. »

Santana essuie ses larmes avec sa manche et souffle, jamais elle ne s'était autant confié à quelqu'un. Pas même à Brittany. La latine se demande même pourquoi elle dit tout cela à Rachel, sachant qu'elle ne lui pardonnerait pas.

Mais une main la tire en arrière et lui fait tourner son corps entier. La brunette la regarde les yeux rouges, ses cernes de quelques jours sont violacés et les poches montrent le peu de sommeil que Rachel a dû avoir. Son état est tout à fait lamentable, ses cheveux d'ordinaires fins et lisses, sans aucunes mèches qui oseraient défaire le brushing, sont tout emmêlés.

Santana a aussi cru percevoir le haut de Quinn, son préféré qu'elle portait dès qu'elle le pouvait.

Rachel commence à parler d'une voix peinée, fatiguée.

« Quinn m'a dit de te dire qu'elle avait tout fait pour te sauver, alors ne dis pas ça, je t'en supplie. Ne me dis pas qu'elle a été tuée pour rien, qu'elle est morte au combat pour du vide, la brunette se relève et prend le visage de Santana pour qu'elle ne détourne pas des yeux. Ne dis pas que tu aurais préféré mourir à sa place, sinon tous ses efforts seraient vains à cet instant, et c'est elle qui s'en voudrait. Oui je suis effondrée, j'ai perdu l'amour de ma vie, oui ma chambre ne ressemble à rien parce que j'ai voulu m'apaiser, j'avais besoin de sortir toute cette peine qui m'empêchait de respirer correctement. Mais je t'en prie, je peux supporter certaines choses, mais ne t'en veux pas, ne te dis pas que tout ça c'est de ta faute, tu n'as pas le droit de te dire ça parce que ce n'est pas vrai, tu m'entends ? Tu avais ton combat dans ce couloir, le combat contre toi-même, contre ces voix et contre le Finn démoniaque, et Quinn avait le sien, dehors, pour tenter de te sauver des griffes de ces démons alors tu n'avais pas le temps de venir voir ses derniers instant, et je te rassure, je préfère que tu n'y sois pas été, des larmes coulent le long de ses joues, tombant sur les draps déjà humides auparavant. Avant qu'elle ne meurt, sanglot, Quinn m'a dit que je ne devais pas m'apitoyer sur son sort, sur sa jeunesse partit trop tôt, mais c'est presque impossible j'ai envie de te dire. Je vais essayer, je vais me relever, je vais m'entraîner, je vais me battre pour la femme que j'aimais et que j'aimerais quoi qu'il arrive. »

Rachel lâche le visage de Santana et met le sien sur les genoux de la latine. Cette dernière lui caresse les cheveux pour tenter de calmer les pleurs et les sanglots de son amie.

« J'ai mal Santana... C'est tellement dur sans elle. Je fais ce même cauchemar depuis deux jours. J'ai envie de me dire que ce n'est pas vrai, que ce n'est qu'un cauchemar sans fin, mais non, c'est la plus dure des réalités. J'ai mal, mon cœur se brise lentement, de plus en plus à chaque jour qui passent. J'ai peur qu'avec le temps, rien ne change mais que tout s'efface. Je revois son visage blanc comme le linge, les yeux fermés et le poing à terre, tous ses combats se sont terminés ce soir-là, sans que je n'y puisse faire quelque chose. J'aimerais tellement, que pour une dernière fois, ses lèvres et ses yeux se posent sur moi, une dernière fois et je promets qu'ensuite, je ne demanderais plus rien. »

Les pleurs de Rachel redoublent. Santana tente de ne laisser passer aucune émotion pour que son amie voie qu'elle a une épaule forte pour se confier et se reposer. Mais rien n'y fait, les larmes de la latine dévalent ses joues à une vitesse affolante.

« Moi aussi j'ai mal Rachel. J'ai eu tellement peur pour vous dans ce couloir car les voix me répétaient sans cesse que la mort attendait l'un de mes camarades, j'étais effrayée pour vous, plus que pour ma propre vie. Alors, quand les voix ont enfin été plus claires, que j'ai sentis que Quinn mourrait, mon cœur s'est fendu. Je te promets qu'on ne l'oubliera pas, personne ne l'oubliera jamais. Et je te promets aussi que je vais faire un effort, ne pas me répéter sans cesse que c'est de ma faute. Et je sais aussi que Quinn ne voudrait pas que l'on pleure autant pour elle, c'était une battante.

- Une magnifique battante, souffle Rachel.

- Oui, une magnifique battante comme tu dis. »

Santana dépose un baiser sur le front de Rachel qui commence à s'endormir. Elle la replace dans son lit, ramène le drap sur son corps et reste assise, ne voulant pas partir.

Rachel prend la main de la latine et la serre autant qu'elle le peut, comme ce jour-là.

« Merci Santana, je n'espérais pas tant venant de toi. Je savais que tu étais la plus proche de Quinn, alors ça m'a vraiment fait du bien de parler, j'en avais terriblement besoin. En faite, j'avais besoin d'une amie, tout simplement. Merci. »

Rachel s'endort. Santana regarde son visage, paisible mais marqué par toute la souffrance d'une perte. Perte de la femme de sa vie, de sa bien-aimée, de sa petite amie.