Note de l'auteur : Étant donné que la « famille » principale est assez nombreuse, je vais vous la détailler pour un peu plus de compréhension :
Alistair Subban : 38 ans. Chef cuisinier dans un grand restaurant de New-York. Ancien Maître de Potions de renommée mondiale.
Nicolas Savaige : 18 ans. Étudiant en médicomagie. Assistant de Mme Vizard.
Gaël Jedusor : 17 ans. Serpentard, 7eme année.
Xoran Helldown: 15 ans. Gryffondor, 5eme année.
Alexandre Savaige : 13 ans. Gryffondor, 3eme année.
Maël Savaige : 11 ans. Serpentard, 1ere année.
Chapitre 4 :
Gaël fut guidé par ses nouveaux camarades jusqu'à la salle commune de sa nouvelle maison. Il tentait de retenir le chemin pour pouvoir se rendre à la Grande Salle ou aux dortoirs seul mais ce n'était pas une partie de plaisir. À chaque bifurcation, ils descendaient un peu plus, et l'atmosphère devenait elle-aussi de plus en plus humide, comme dans des cachots.
Reno Turks se faufila rapidement entre deux élèves de Serpentard qui discutaient avec animation en plein milieu du couloir et bouchaient le passage. Derrière lui, Romen Zabini et Gaël marchaient d'un pas vif et peinaient à ne pas ne laisser distancer.
Enfin, le jeune homme aux cheveux rouges s'arrêta devant le portrait d'un homme à l'apparence revêche et stricte, vêtu des couleurs de Serpentard. Reno paraissait ravi d'avoir distancé ses condisciples.
Veni, vidi, vici, lança Romen au tableau qui pivota, révélant l'encadrement d'une porte.
Ils ont des références culturelles mortelles, pouffa discrètement Gaël en passant le seuil.
Il découvrit une salle commune plutôt intéressante et bien décorée. Le plafond était un dôme de verre opaque laissait filtrer une lueur verdâtre phosphorescente. Des flambeaux entouraient toute la pièce, l'illuminant, et une cheminée à l'âtre totalement démesuré réchauffait l'air ambiant et les pierres grises. Les couleurs vertes et argents étaient bien évidemment présentes partout. Des rideaux aux tapis moelleux en passant par les canapés d'un sombre vert émeraude tout à fait attrayant. L'imposante table de travail elle-même s'ornait de touches de vert et d'argent !
Reno traîna littéralement Gaël jusqu'à une haute arche sculptée sur la gauche. En descendant les escaliers qu'encadrait l'arche, Gaël s'aperçut que l'air y était opaque, d'un blanc spectral. C'était une sorte de barrière magique. Ils arrivèrent à l'embranchement de deux couloirs.
À gauche tu as les dortoirs des garçons, à droite, ceux des filles. Bien sûr, ceux des filles sont protégés par de nombreux enchantements, expliqua Romen.
C'est vraiment nul, yo ! Fit Reno.
Nous sommes tous au même étage ?
Oui, yo ! Sinon on serait trop enfoncé dans les sous-sols du château, yo, lui dit l'adolescent à la chevelure flamboyante.
Ca se comprend...
Les trois garçons empruntèrent donc le couloir de gauche, sur lequel s'ouvraient plus d'une dizaine de portes, entre les dortoirs des premières aux septièmes années et les salles de bains. Romen expliqua au nouvel arrivant que chaque année n'avait qu'un seul dortoir, en raison du nombre peu élevé d'étudiants.
Reno ouvrit la porte et laissa entrer Gaël dans la salle de forme elliptique. Cinq lits à baldaquin aux tentures vertes sombres s'alignaient le long du mur opposé, chacun avec une grosse valise à son pied et une armoire de taille tout à fait respectable à côté. À sa gauche, une porte brisait la courbure de l'ellipse en imposant un pan de mur droit. Le jeune Zabini lui précisa qu'il s'agissait d'un accès direct à leur salle de bains, privilège des septièmes années.
Le seul lit encore vide, celui de Gaël, était le plus près de la pièce d'eau, ce qui lui plut fortement car ça lui faisait moins de chemin à faire le matin et le soir. Il remarqua également que ses bagages se trouvait près du lit et commença tout de suite à ranger ses affaires dans la malle et le placard qui lui étaient réservés. C'est uniquement à cet instant qu'il s'aperçut que ses uniformes portaient à présent l'écusson de sa nouvelle maison et qu'on avait rajouté dans ses valises des écharpes, gants, pyjamas et autres, le tout aux couleurs de Serpentard.
Tout mettre en ordre lui prit bien plus d'une demi-heure tant il avait emporté d'affaires. Turks et Zabini en avaient profité pour prendre une douche et s'installer à leur tour. Leurs deux autres compagnons de chambrée n'étaient toujours pas arrivés.
Lorsque Gaël posa le vivarium de son serpent non loin de son lit, il était encore sous taille réduite. Un bref sort et il reprit une grandeur respectable. On aurait presque pu dire qu'il était énorme, avec plusieurs étages, un arbre pour se déplacer dans ces étages, un petit courant d'eau fraîche, des plantes vivantes et de la terre. Celle-ci dissimulait un nid de rongeurs. Gaël avait réussi, grâce à plusieurs sorts à y maintenir en vie un couple de souris et leurs petits. Ainsi, il n'avait pas à se soucier de la nourriture de Méphisto. C'était une cage assez grande pour accueillir un serpent six à sept fois plus grand.
À voir les grands yeux de Turks et son ami, ils se demandaient probablement quel animal fabuleux leur nouveau camarade avait apporté. Ce fut ce moment là que Méphisto choisit pour se réveiller et sortir du col de l'adolescent. Il ondula paisiblement sur les épaules de Gaël et se lova davantage autour de son cou. Les deux autres retinrent un cri estomaqué et s'approchèrent avec méfiance, Reno plus que Romen.
Il... il est dangereux, yo ? Demanda-t-il les yeux toujours agrandis.
Non, ne t'inquiète pas. Il est apprivoisé. Enfin, dans la mesure du possible, avoua le jeune Jedusor avec un sourire. Il s'appelle Méphisto. Je te déconseille d'approcher cependant, il peut se montrer particulièrement agressif quand il se sent menacé ou quand il défend son territoire...
A ces paroles, Reno s'éloigna vivement sous l'air moqueur de Gaël. Au même instant, deux autres adolescents passèrent le seuil du dortoir. L'un d'eux, plutôt grand et beau garçon avec ses cheveux blonds ondulés et ses yeux sombres, tenta de prendre un air avenant à l'égard de Gaël. Malheureusement pour lui, le Jedusor distingua nettement la lueur méprisante dans son regard.
Salut, fit l'un des nouveaux arrivants d'une voix traînante.
À ses côtés, son ami posa un regard scrutateur sur Gaël. Celui-ci retint un ricanement à la vue de son teint blafard, de ses joues creusées et de son nez étonnement long.
Je m'appelle Hypnos Géras, se présenta le premier. Et lui c'est Wayne Erichthonios.
S'il s'attendait à une réaction, il dut être déçu, parce qu'il ne reçut qu'un hochement de tête poli de la part de Gaël.
Et tu es ? Demanda le prénommé Hypnos, visiblement vexé d'avoir été si peu considéré.
Gaël Jedusor.
Le ton était froid, le regard moqueur. Le jeune homme savait parfaitement que si l'autre lui demandait son nom, c'était uniquement pour frimer puisqu'il le connaissait déjà, ayant assisté à la Répartition. Et Jedusor n'avait pas la moindre envie de paraître sympathique.
Je ne connais pas de Jedusor parmi les familles de Sang-Pur. Tu es probablement un Sang-de-Bourbe alors ! Cracha Erichthonios avec mépris.
Ne sois pas idiot, Wayne. Un Sang-de-Bourbe à Serpentard ? On aura tout vu ! Ricana Hypnos.
Notre Maison tombe dans la déchéance depuis la Bataille de Poudlard, fit remarquer Wayne. Il ne serait guère étonnant que nous ayons à supporter des Sang-de-Bourbe.
La Bataille de Poudlard était le nom qui avait été donné au combat final, qui s'était déroulé dans le château et qui avait mené à la mort de Voldemort.
Idiots, siffla Méphisto en redressant sa fine tête triangulaire. Il faudra que tu essaies les chausse-trappes dont tu m'as parlé la dernière fois, Maître. Ce serait très amusant de voir ces humains rachitiques électrocutés.
Gaël retint un rire. Il ne tenait pas particulièrement à ce que les autres apprennent qu'il pouvait parler Fourchelang. Dans tous les cas, l'idée de Méphisto méritait son attention, bien qu'il y ait des risques que les adolescents ne s'en remettent pas. Ça serait dommage...
Wayne et Hypnos avaient pâli à la vue du serpent de deux mètres cinquante passés qui dardait sa langue dans leur direction.
Vous avez peur de Méphisto ? Je croyais pourtant que l'emblème de notre maison était un serpent ? Demanda Gaël d'un faux air innocent.
L'air furieux, Hypnos fit un pas en avant pour rétorquer quelque chose, mais avant même qu'il n'ait pu ouvrir la bouche, le mamba noir s'était redressé et sifflait au visage du garçon, qui blêmit en se dandinant nerveusement sur place.
Oui, danse petit homme, danse pour moi, s'amusa Méphisto.
Gaël laissa un ricanement lui échapper avant de doucement saisir le serpent par le cou pour le ramener plus près de lui.
De toute manière, que je sois un Sang-de-Bourbe ou non me regarde, rétorqua tranquillement l'adolescent. Maintenant, excusez-moi mais l'air me semble malodorant par ici... Je vais aller me doucher.
Gaël laissa glisser Méphisto jusque sur le lit et récupéra ses affaires de toilettes ainsi que son propre pyjama et non un de ceux aux couleurs de Serpentard. Il se dirigeait vers la porte de la salle de bains lorsqu'il se figea et se retourna, un sourire carnassier aux lèvres.
Au fait, je ne fais que prévenir mais... Méphisto déteste qu'on s'approche de ce qu'il considère comme son territoire et il peut se montrer particulièrement... vindicatif quand il veut. En considérant qu'il est l'un des serpents les plus venimeux et rapides au monde, et que grâce à certaines potions ses écailles sont plus résistantes et capables de renvoyer les sorts, je ne m'approcherai pas trop de lui si j'étais vous. Ce qui exclue bien entendu de fouiller dans mes affaires, finit le jeune Jedusor d'un ton calme. Mais bon, je ne suis pas à votre place, hein !
J'aime leurs regards apeurés, ricana Méphisto, autant qu'un serpent en était capable. On dirait une bande de rongeurs attendant que le prédateur se montre. C'est jouissif.
Sadique, s'amusa doucement Gaël. Est-ce que tu sais seulement ce que veut dire jouissif ?
Il avait sifflé suffisamment bas pour que seul son reptile puisse l'entendre.
Bien sûr, Maître. Je suis Méphistophélès après tout, répliqua le mamba noir avec suffisance, pour le plus grand amusement de son propriétaire.
Peu après, Gaël entrait dans la salle d'eau, seul. Un mot lui vint immédiatement à la bouche :
Waouh !
Les murs et le sol étaient couverts de gros carreaux d'un blanc si étincelant qu'il en faisait presque mal aux yeux et une rangée complète de lavabos en pierre noire s'étalait sur le mur de droite. Ils étaient surmontés par un long miroir. En face se trouvaient cinq baignoires creusées à même le sol et entourées de grands paravents en teck. Une bonne dizaine de robinets en argent s'alignait tout autour de chaque baignoire, chacun incrusté d'une pierre précieuse ou semi-précieuse différente. Gaël vit aussi qu'il y avait le même nombre de douches aux portes de bois sombres que de baignoires.
Il sortit une grande serviette blanche d'un placard mural et opta pour une douche rapide. Il y passa une dizaine de minutes avant de se décider à retourner dans le dortoir, vêtu d'un pantalon de pyjama et d'un ample T-shirt « Sans Antonio Spurs », ses cheveux détachés tombant librement sur ses épaules.
Le lendemain matin, un lundi, Gaël savourait les cinq premières minutes de sa journée. Derrière les rideaux tirés, il devinait une nuit encore noire. Se retournant légèrement sous ses draps, il soupira de contentement et ôta son T-shirt pour profiter de la fraîcheur du dortoir. Pour une fois qu'aucun hurlement ne viendrait le réveiller...
!
Gaël sursauta si fort qu'il tomba de son lit. Il avait parlé trop vite... Qui donc avait poussé ce cri ? Ce n'était ni Turks, ni Zabini, ni Géras, ni même Erichthonios puisqu'ils dormaient encore. Est-ce qu'un autre élève s'était introduit en douce dans le dortoir des septièmes années ? Non, il doutait que quiconque ait une voix aussi éraillée et mangeant les mots, avec, parfois, un petit accent.
Espagnol peut-être ?
Poussant soudain un juron, Gaël réalisa qu'il connaissait la voix. Lentement, presque au ralenti, il tordit le cou en direction du bruit.
L'adolescent put alors apercevoir son réveil vert pomme à points roses aux yeux peints furieux et aux aiguilles tournant dans tous les sens en train de hurler. Attendez... vert pomme à points roses ? Ça, ce n'était pas normal du tout. Sa couleur habituelle était d'un noir très simple orné de délicates arabesques argentées. Gaël grimaça : encore une maudite idée de ses frères. Restait à savoir lequel et comment il avait pu faire pour ne rien remarquer en posant l'objet sur sa table de chevet...
Un nouveau cri le fit grogner. Son réveille-matin lui donnait étrangement l'envie de massacrer sans pitié la première personne qu'il verrait, de péter un câble, de décharger sa colère sur le premier venu, de hurler au monde qu'il en avait par dessus la tête de ce raffut ou même de balancer par la fenêtre tout ce qui lui tomberait sous la main. Y compris le réveil et ses camarades de chambre.
Il se souvint avoir réglé l'objet sur sept heures piles. Il était donc, à priori, le moment de se lever. Mais pourquoi, au nom de tous les strings léopards de Merlin, faisait-il un boucan pareil ?!
QUI EST C'LOUI QU'A OSÉ TOUCHER MI F'BULOUSSE CO'LOR ? QU'EST ASSEZ TALLÉ POOOUR PLOV'QUER MON COULLOUX Y DÉGLADÉ MI APARIENCIA ? L'EXISTENCIA DE YUUDAI EST SAGLADA ! YÉ POUNIRAI LÉ FOU, FOI DÉ YUUDAI, GLLAAAND REI SACLLÉ DES LÉVEILS ! J'LUI F'RAIS MAAAAL ET Y M'RENDLA MA SI BELLE CO'LOR !
Tout s'expliquait à présent. Gaël, blasé, fixa son réveil. Il était étrangement très orgueilleux. C'était bien dommage pour ses oreilles.
YAAAAËLLL ! DÉBOUT LAAA- DÉDAANS! LÉVEILLE TOI MAINT'NANT !
Groumph... Jedusor, fais taire ton maudit réveil, grogna très élégamment Zabini.
Qu'est-ce qui se passe, Yuudai ? Se contenta de demander Gaël. Quelque chose te déplait avec cette belle teinte verte et rose ? Je trouve qu'elle te sied bien au teint. Pas toi ?
TOOU A OSÉ ! YÉ SOUIS SOUR QUE C'EST TOOI !
Et sur quoi te bases-tu, Yuudai ? Questionna Gaël, le plus poliment qu'il pu.
TOOU EST LE SEUL ! TES MAUDITS FLÈLES N'SONT PAS LÀ !
Dans tous les cas, continues à hurler comme ça et je te jure que tu visiteras le charmant pays de la Fenêtre, brièvement certes, mais il te mènera vers des horizons inexplorés dans lesquels tu pourras laisser échapper toute ta rage, bâilla Gaël.
Yé réfouse de mé laisser faire ! Foi de Yuudai, gllaaand rei sacllé des léveils ! Protesta le réveil, qui avait cependant consenti à baisser d'un ton. Lends-moi ma co'lor ! C'n'est pas digne dé moi d'êtle vert y lose ! Yé souis un rei ! Un rei sacllé ! Yaaaaëlll !
Il se mit à faire des bonds impressionnants, et hurla de nouveau « à pleins poumons » :
DLLLLLLLLLINGUEEEEEEEUH ! L'EST SEPT HEURES ! DÉBOUT LAAA-DÉDAANS ! TOOUT L'MONDE SÉ LÉVEILLE ! ALLEZ !
Ferme la, Yuudai, gémit le jeune Jedusor en plaquant ses mains sur ses oreilles, sans grands résultats.
VOS GUEULES ! Parvint à émettre fortement Hypnos Géras et s'asseyant sur son lit.
VOUS NÉ MÉ FORC'RAI PAS A MÉ TAILE, PÉTITS HOUMAINS DESSÉCHÉS ! YÉ GARD'RAI MI LIBELTÉ DÉ PENSÉE Y D'EXPLESSIONE !
Ce que tu vas bientôt garder, c'est l'odeur des toilettes si tu ne te la boucles pas, maudit réveil !
Je ne te permets pas, Erichthonios ! Ne pense même pas à approcher Yuudai des toilettes ! Tu n'imagine pas l'horreur que c'est pour supporter la puanteur et son humeur après, lança Gaël en se levant péniblement, encore engourdi par sa nuit de sommeil.
YÉ TÉ FORC'RAI À MÉ RENDLE MA CO'LOR ! MÊME SI POUR C'LA, YÉ DOIS TÉ TOUER !
Euh, Jedusor ? Ton réveil vire carrément psychopathe, là, remarqua Zabini.
L'adolescent constata soudain que Reno Turks était le seul à ne pas s'être manifesté.
Turks dort encore ?
À l'instant même où Gaël posait sa question, le jeune homme aux cheveux rouges plongea de son lit pour essayer de plaquer Yuudai sur la table de chevet, avec un grand :
YAAAAHOOOOOOU !
Madre de Dios ! Mais vous v'lez mi muerte ! TODO EL MUNDO VEUT MI MUERTE! AYAYAYAYAYA ! Calamba mis amigos ! Yé souis fourieux ! Cria Yuudai en évitant d'un bond Reno.
Ce fut finalement Méphisto, sifflant des menaces de mort très explicites, qui mit fin au boucan en s'enroulant autour du réveil. Dans un même mouvement, Gaël sortit sa baguette de sous son oreiller, écarta son reptile et lança un sort de mutisme informulé à Yuudai.
YÉ VAIS TODO VO...
Le réveille-matin, furieux, se mit à hurler – et très probablement jurer – en silence, lançant des regards courroucés aux cinq adolescents.
Méphisto, loin de toute cette agitation, s'enroula autour du bras que lui tendait son maître.
Quel est l'idiot qui a ensorcelé ce maudit réveil, que j'aille lui dire ma façon de penser ? Pesta l'animal.
J'ai mon idée sur la question... répondit discrètement Gaël.
Un peu de silence, enfin, yo... fit joyeusement Turks en retournant se jeter sous ses couvertures.
J'aurai bien aimé dormir encore un peu, soupira Zabini quittant quant à lui la chaleur de son lit.
Il passa négligemment une main dans ses cheveux du même noir que sa peau et jeta un coup d'œil agacé en direction de l'objet fautif puis vers Gaël.
Tu as une mine affreuse, Jedusor.
Oh, mais je te renvoie le compliment, railla l'adolescent.
Il eut un regard noir pour le réveil. Le fautif allait payer.
La faute à qui si on est tous réveillés aussi tôt, Jedusor ? Persifla Wayne Erichthonios en foudroyant Gaël du regard.
Erichthonios, dit patiemment le concerné sans se sentir le moins du monde visé et en prenant le réveil qui continuait de hurler en silence, nous devions nous lever de toute manière. Et il est sept heures, ce n'est pas comme si c'était deux ou trois heures du matin !
Gaël tourna le dos aux autres et se dirigea vers la porte, sans prêter attention aux exclamations surprises qui naissaient derrière lui. Étant torse nu, ses camarades voyaient deux traces grisâtres sur son dos qu'ils identifièrent comme étant... des ailes. Gaël avait des ailes d'ange sur le dos. Tatouées.
Le tatouage s'étendait de la base de son cou jusqu'à la raie de ses fesses. Des ailes composées de plumes ondulaient sur la peau pâle du jeune homme, suivant la courbe de son dos et se déployant sur les épaules pour redescendre en pointes vers ses fesses. Les ailes semblaient vivantes et animées de frémissements silencieux et quasiment imperceptibles. Les plumes souples, aux milles détails, parfois longues, parfois plus courtes étaient toutes parfaitement harmonisées. On aurait presque pu les penser véritables. De temps en temps, quelques plumes bougeaient, comme agitées par un vent invisible. C'était un véritable chef-d'œuvre.
Waouh ! S'exclama Reno en quittant son lit avec excitation.
Gaël se figea, fronçant les sourcils.
Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il en se tournant de moitié.
C'est à cet instant seulement qu'il réalisa qu'il ne portait plus son T-shirt et que ses camarades avaient une vue parfaite sur son dos.
Il grimaça.
Combien d'heures ? Pour le tatouage, précisa Reno Turks.
Tu ne veux pas savoir.
Ah... Tu as dû en baver, yo !
Tu aimes ? Se contenta de le questionner Gaël.
Oui, il est vraiment magnifique, répondit sérieusement l'adolescent. Très bien fait, yo. Où est-ce que tu es allé ? Je voudrais en avoir un mais je cherche un bon endroit... et j'hésite un peu à sauter le pas, yo !
A l'Hippogriffe Enragé. C'est une petite boutique aux États-Unis.
Aux États-Unis ? S'exclama Romen, étonné.
Hmm... Sinon, il y en une pas mal sur le Chemin de Traverse. Il est juste avant l'allée des Embrumes. Le nom c'est... Tatoo&Sorceller ? Quelque chose comme ça, fit Gaël en haussant les épaules.
Il quitta ensuite le dortoir d'un pas empressé, arpentant le couloir jusqu'à la pièce où il savait que le coupable de son réveil agité dormait.
Il allait commettre un meurtre, écraser le fruit pourri servant de cervelle à son frère sur le mur et le découper pour en faire de la pâté pour chien et des quiches lorraines pour nourrir le Tiers-Monde.
Je suis désolée pour le retard - énorme - que j'ai pris sur cette fic. Malheureusement, je ne pense pas que la suite arrivera de sitôt. Probablement pas avant quelques années en fait. J'ai retrouvé un brouillon de ce chapitre et je me suis décidée à le corriger pour le poster. Enfin, j'espère que ça vous plaira quand même et que vous laisserez une review :P.
