Note de l'auteur : Bonjour et merci encore pour les reviews, les followers et les alerts. Cela m'a bien encouragé pour écrire. Merci à Okateratsu, j'espère que la suite te plaira.

Alors que j'ai écrit les 5 premiers chapitres assez rapidement, je bloque sur le 6ème depuis 3-4 semaines. J'en suis à ma 4ème version...mais ça y est, je l'ai enfin fini ! J'ai presque hurlé de joie quand je l'ai terminé ^^. D'ailleurs en l'écrivant, je me suis rendue compte que j'avais commis une erreur chronologique. L'histoire est sensée se dérouler en 2916, Bilbo a 26 ans et Thorin 170 ans. Et Lobelia... n'est pas encore née :$. J'espère que vous me pardonnerez donc cette liberté, surtout que je ne suis pas tout à fait responsable : je n'avais pas prévu de la mettre dans cette fic, elle s'est incrustée toute seule !

Trêve de bavardage, passons au chapitre. Au programme : enfin la fête du solstice d'été et de la tension dans l'air... Bien entendu, rien n'est à moi, sauf peut-être Willie, quoi que son nom de famille provient lui aussi de l'imagination de Tolkien. Bonne lecture !


Chapitre 4 - La jalousie est une piètre danseuse

Le jour de la fête arriva. La frénésie et l'excitation s'emparèrent de Grand'Cave. Les trois Nains se mêlèrent aux réjouissances, aussi enthousiastes que les Hobbits.

En deux jours, la population avait quasiment doublé. Toute la Comté s'était donnée rendez-vous pour la nuit la plus courte de l'année. Les descendants de Durin avaient eu droit à des interrogatoires en règle. Ils avaient l'impression d'être l'attraction des festivités. Non qu'ils s'en plaignent, cela leur avait permis d'obtenir un nombre de bières gratuites phénoménal. De plus, ils devaient reconnaître que les Hobbits étaient tout aussi doués que les Nains lorsqu'il s'agissait de célébrations.

Le grand soir, tout le monde se réunit dans les champs. Il y avait tellement foule qu'il était impossible pour le Maire de se faire entendre de tous pendant son discours. Il s'y efforça au mieux, acclamé par les habitants qui n'attendaient qu'une seule chose, qu'il se taise pour pouvoir boire et manger à volonté.

Thorin devait reconnaître que les quelques jours de préparation n'avaient pas été de trop. La végétation aux alentours était couverte de lampions, de banderoles. Plus de deux cent tables et le double de bancs avaient dû être installés. Des estrades avaient été placées un peu partout pour permettre aux musiciens de se produire. Des tentes, jaillissaient des quantités ahurissantes de plats et de boissons. La musique, les rires et les conversations explosaient dans un ballet sonore sous le ciel clair et dégagé. Même la lune et les étoiles semblaient briller plus que d'ordinaire, comme si elles voulaient participer à leur manière à la fête. Difficile de résister à l'atmosphère qui régnait là.

Depuis qu'il avait pris sa résolution, Thorin n'avait pas succombé à la tentation de renouer avec Bilbo. Dwalin de son côté n'avait plus abordé le sujet, ce qui l'avait soulagé. Balin n'avait rien dit pour sa part, mais le fils de Thrain connaissait l'intelligence de son ami. Il avait certainement deviné la même chose que son frère mais avait préféré se taire. Thorin devait reconnaître qu'il avait des amis d'exception, loyaux et compréhensifs. Pourtant, le visage de Bilbo continuait à projeter une ombre dans son esprit. Et à chaque fois qu'il n'était plus assez occupé pour l'éloigner, il était tourmenté de pensées sombres, parmi lesquelles Erebor se faisait une place de plus en plus grandissante. S'il n'était pas frustré par la situation, il saisirait l'ironie de cette dernière. Il ne pouvait succomber aux charmes du Hobbit à cause de ce qu'il était et représentait, sans compter la souffrance que cela engendrerait. Mais résister à cet instant de bonheur que lui offrait le destin faisait naître des regrets, regrets qui alimentaient ses faiblesses.

Pour le moment, Thorin avait trouvé un moyen d'éloigner le fantôme de sa relation avec Bilbo. Il consistait en un concours de boisson avec Dwalin, le tout en chantant à tue-tête avec un groupe de Hobbits venant du quartier Est. Il ne comprenait pas la moitié des paroles mais il s'en fichait tant qu'il pouvait voir le spectacle hilarant d'un Balin dansant sur les tables au rythme, ou plutôt à contre-rythme, de la musique.

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Dans le champ d'à côté, Bilbo était un peu échaudé par sa précédente cuite. Ce qui ne l'empêchait pas de profiter de la nourriture arrosée de quelques bières légères. Adalgrim avait pris la même résolution. Les deux s'amusaient à regarder Rufus en équilibre précaire, essayer de séduire une jolie Hobbite, parente des Bracegirdle. Cette dernière semblait aussi hilare qu'eux, devant les maladroites tentatives du jeune Burrows.

Alors que la nuit était bien avancée, les tables furent repoussées, pour laisser place aux danseurs. La plupart étaient déjà bien éméchés mais tenaient à faire démonstration de leur talent, quelque peu douteux. Les deux cousins eurent un fou rire lorsqu'un membre de la famille Brandybuck essaya d'inviter Druda à danser. La réponse cinglante ne le désarma pas, sans doute grâce au vin qui coulait dans ses veines, et il insista tant et si bien qu'elle finit par agripper le bras d'un Adalgrim beaucoup moins amusé, pour l'entrainer dans la ronde des danseurs. Bilbo resta seul à table, s'étouffant presque de rire. Une bonne pinte plus tard, il remarqua une jeune femme à l'autre bout du banc qui lui faisait les yeux doux, attendant visiblement qu'il fasse le premier pas. Bilbo finit son verre et se dirigea vers elle.

La discussion qu'il engageait avec Wilhelmina Goldworthy lui permit de chasser le visage de Thorin de ses pensées. Malgré sa décision, il lui avait été difficile d'ignorer ses sentiments amoureux. Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Mais il avait conservé suffisamment de raison pour verrouiller son cœur. Il fallait juste attendre que le temps fasse son effet et estompe son inclination. Willie était mignonne physiquement, elle avait d'adorables fossettes et un sourire lumineux. Sa conversation n'était pas inintéressante et elle n'était pas aguichante. Leurs jeunes âges les poussaient également l'un vers l'autre. Bilbo avait envie de l'inviter à danser mais sa timidité reprenait le dessus. Il allait se lancer quand son regard capta quelque chose à plusieurs mètres de là : deux Nains riant aux éclats en observant le troisième, le guerrier féroce, entraîné par une Hobbite dynamique et déterminée. Un des Nains se mêla ensuite à un attroupement de joueurs. Celui qui restait n'était autre que Thorin, qui s'appuya sur un poteau, une chope tenue négligemment dans sa main. Ses yeux bleus étaient assombris, presque noirs et l'expression joyeuse de son visage fit bondir le cœur de Bilbo, accélérant son pouls. Wilhelmina ne se rendit pas compte qu'elle avait perdu l'attention du jeune Baggins et continuait à parler. Sa voix finit par ramener ce dernier sur terre. Il secoua la tête, se morigénant intérieurement pour avoir craqué. Il fallait qu'il se reprenne rapidement et pour cela, il se concentra sur sa compagne.

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Thorin ne savait plus comment ils avaient bougé. Il s'était déplacé avec Balin et Dwalin, passant d'un groupe à un autre. Ils avaient échoué près d'une estrade où des musiciens proposaient un morceau entraînant. Les doigts de Thorin le démangeaient presque, réclamant la sensation des cordes d'une harpe naine. Mais il ne jouait que rarement, surtout quand sa sœur ou ses neveux lui demandaient. Alors qu'ils s'intéressaient à quelques Semi-Hommes jouant aux cartes en fumant, Dwalin se fit aborder par une Hobbit sans peur, qui était déterminée à le faire danser. Balin et Thorin essayèrent de cacher leurs rires derrière leurs verres mais ils devaient reconnaître que la jeune fille était téméraire. Voir le guerrier bourru tenter de la faire fuir par sa grosse voix et quelques grognements ne les aidaient pas. Pour finir, il accepta la proposition, ne pouvant s'en prendre physiquement à une jeune demoiselle. Thorin observa quelques minutes les désopilantes démonstrations du couple de bouger sur la musique.

Alors qu'il se détourna pour chiper un morceau de tarte posé sur la table derrière lui, l'image de Bilbo traversa son champ de vision. Un Bilbo en bonne compagnie de toute évidence. Les deux jeunes gens étaient proches. Des gestes timides mais leurs regards en disaient long sur leur attirance. Thorin se figea. Il avait l'impression que tout son corps allait chavirer. Il cligna plusieurs fois des yeux, cherchant à reprendre contenance. Rapidement, il put installer un masque royal sur ses traits. Toute trace de ravissement y avait disparu, remplacé par une impassibilité et une fierté qu'il ne pensait pas utiliser ici. Mais mieux valait avoir l'air impénétrable et froid plutôt que de laisser ses émotions transparaître. Le spectacle de Dwalin n'arrivait plus à le distraire et la fête autour de lui semblait lointaine, comme si les sons filtraient à travers des murs. Parmi la foule, il se sentait isolé. Et mal. Au moins le diagnostic était confirmé : il était réellement amoureux de Bilbo. Et l'énervement qu'il ressentait était de toute évidence de la jalousie, mêlé à la douleur de la trahison. Il y a deux jours encore, c'était à lui que Bilbo adressait des regards enjôleurs. Le Hobbit semblait l'avoir déjà oublié, ce qui heurta un peu son égo. Il renifla d'agacement en constatant que sa pinte était vide et s'évertua à noyer sa peine dans l'alcool.

- Monseigneur, vous ne profitez pas de la fête ?

Thorin releva la tête. En face de lui, se tenait une Lobelia échevelée, les yeux brillants d'excitation, les joues rouges et un sourire mutin accroché aux lèvres.

- Bien sûr que si, répondit-il en désignant le nombre de bières vides à côté de lui.

- Même votre compagnon barbare s'est laissé porter. Vous ne voulez pas danser ?

- Vous m'invitez à danser, mademoiselle Lobelia ? lui demanda le prince Nain en lui lançant un regard enflammé. Après tout, taquiner la jeune Bracegirdle semblait une meilleure option que de boire jusqu'au matin. Il avait même l'impression de se venger un peu. Décidément, Bilbo réveillait tous les côtés sombres de sa personnalité.

Il continua à parler un peu avec Lobelia, la charmant. Elle entra dans son jeu et y prenait un plaisir certain. De fil en aiguille, ils retrouvèrent à valser parmi les danseurs.

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La situation aurait pu être risible, si Bilbo n'éprouvait pas autant de contrariété. Alors que lui et Wilhelmina virevoltaient au son de l'orchestre, en face d'eux dans la ronde des danseurs, se trouvaient Thorin et son agaçante compagne. Le fait de voir Lobelia rayonnante dans les bras du prince Nain soulevait de la rancœur en lui. Il avait rapidement compris que c'était la jalousie qui avait pris le contrôle de ses pensées. Ils étaient là, tous les deux, les mains posées sur les hanches de deux jolies femmes, parmi une foule joyeuse et bruyante, se trémoussant au gré des notes qu'égrenaient les musiciens, mais aucun des deux n'étaient atteint par cette ambiance. Ils évitaient mutuellement de se regarder, faisant semblant de s'intéresser à leur partenaire, se cachant derrière des sourires et des mimiques enthousiastes. Et ils tournaient en rond, frôlant leurs voisins, valsant sans fin dans une parodie de bal, alors que leurs cœurs et leurs amours-propres sombraient dans l'accablement.

La musique changea pour un rythme plus endiablée. La ronde se brisa et les couples s'agitèrent de plus en plus vite. Entrainé par Wilhelmina, Bilbo perdit de vue son prince Nain. Il continua à jouer la comédie auprès de la jeune Goldworthy mais il sentait arriver sa limite. Aussi aimable et désirable qu'elle était, ses sens étaient trop perturbés par ses sentiments envers Thorin pour se focaliser sur une autre personne.

La diversion vint d'un bruit sourd qui retentit dans les champs, faisant retourner tous les fêtards, juste avant qu'une fleur de lumière explose dans le ciel. Les Hobbits s'extasiaient face aux feux d'artifice, les contemplant avec émerveillement, commentant d'une voix forte à chaque explosion. Tenant sa compagne par le bras, Bilbo avait les yeux fixés sur le ciel. Willie désignait les feux en criant la couleur juste avant qu'ils éclatent. La tête levée, ne regardant pas leurs pieds, ils reculaient inconsciemment avec le reste du public.

Un frisson partit de son dos pour parcourir tout son corps comme une ondée. Son souffle eut un accroc et il crut que son cœur s'était arrêté. Son estomac fit un triple salto lorsqu'un souffle chaud s'échoua dans sa nuque. La soirée était chaude mais la température atteint un degré insupportable. C'était leur premier contact physique et il sut à ce moment-là qu'aucune résolution, aucune volonté ne pourrait lutter contre ça. Le torse ferme et imposant derrière lui se soulevait au gré d'une respiration irrégulière, confirmant que son propriétaire était dans le même état que lui. Aucun des deux ne chercha à avoir plus ou à parler mais ils ne se dérobèrent pas non plus. Jusqu'à la fin du spectacle, Bilbo et Thorin restèrent collés l'un à l'autre, sans bouger, sans frémir, envahis par la même passion bouillonnante sous une carapace de retenue et de peur. La frayeur de se laisser emporter par une chose qui allait à l'encontre de la raison, à l'encontre de leurs univers, de ce qu'ils étaient. Bilbo avait conscience tout autant de la chance de toucher du bout des doigts à ce bonheur qu'est l'amour que du tragique de la situation.

Thorin sentait chaque point de contact entre lui et le dos de Bilbo le brûler. Ils sentaient qu'ils étaient au bord d'un précipice et il suffirait d'un souffle pour qu'ils chutent. L'envol vaudrait-il la douleur de l'atterrissage ? Cette question le taraudait et lui permettait de rester sain d'esprit face à la tempête qui faisait rage en lui.

Dès la fin des feux d'artifice, le mouvement reprit autour d'eux. N'attendant pas que Willie l'entraîne de nouveau à danser, il se décolla du torse de Thorin, s'excusa auprès d'elle et prit la fuite. Le Roi nain ressentit aussitôt comme un manque. Il fallut que Lobelia le secoue fermement pour qu'il reprenne pied et se tourne vers elle.

- Nous avons assez dansé. Un verre ? demanda-t-elle le visage radieux.

Thorin eut le bon ton de paraître gêné et prit la parole.

- Je suis désolée, mademoiselle Lobelia, j'ai passé une agréable soirée en votre compagnie mais j'ai quelque chose à faire. D'ailleurs, avez-vous vu Dwalin, mon…

- Vous allez retrouver ce stupide Baggins, c'est ça ? l'interrompit-elle, les traits déformés par la colère. Elle n'avait plus rien de charmant désormais et avait l'air presque cruel, sous l'éclairage des lampions.

- Pourquoi dites-vous ça ? Thorin était autant surpris qu'effrayé. S'était-il trahi si facilement ? Etait-il prêt à prendre des risques inconsidérés pour arracher au destin quelques instants de bonheur ?

La demoiselle Bracegirdle lâcha son bras, prit un air hautain et dans une grande envolée de jupons, partit sans un mot.

Si le mouvement d'humeur de Lobelia énerva Thorin, il l'oublia bien vite. Sa première intention était de retrouver son jeune Hobbit, celui qui lui faisait tourner la tête plus que de raison. Alors qu'il fouillait la foule du regard, le bon sens reprit peu à peu le contrôle de son esprit. Par Mahal, il avait 170 ans, soit six fois l'âge de Bilbo. Il était Roi, un guerrier impitoyable qui avait vu plus de combats qu'il ne devrait dans sa vie et regardez le à présent : en train de courir après un jeune gringalet, prêt à envoyer paître fierté et honneur pour une amourette de passage. Cette frimousse adorable pouvait se frotter autant qu'il voulait contre lui, il était suffisamment maître de lui et de ses hormones. Moins il trouvait Bilbo, plus l'agacement le gagnait. Pour finir, il décida de revenir à son plan de départ : s'asseoir et noyer sa frustration dans l'alcool.

Mais les Valars devaient s'amuser à le tourmenter un peu plus. Dwalin s'effondra comme une masse sur le banc à côté lui. Le meuble grinça d'effort mais résista. Ce fut ensuite au tour de la table d'affronter le Nain tatoué lorsque ce dernier la frappa de son poing ferré, réclamant à boire avec une voix caverneuse. Thorin pria pour qu'il soit assez imbibé pour ne pas venir vers lui. Mais le sort s'acharna. Le but principal de Dwalin était évidemment de venir taquiner son Roi, qui n'avait à l'heure actuelle plus grand-chose de royal.

- Je crois que j'ai compris ton attirance pour les petites choses mignonnes et innocentes. Les femelles Hobbits sont vraiment intéressantes, lui lança-t-il, d'un air entendu.

Aucune subtilité, à son image, pensa Thorin en regardant obstinément en face de lui. Surtout ne pas prêter attention à ce crétin dopé à l'adrénaline.

- Leurs petites joues rouges, leurs boucles douces et leurs yeux qui s'émerveillent à chaque instant. Sans oublier leurs petites mimiques. Tu as remarqué les petites fossettes qui…
- C'est bon, j'ai compris, grogna Thorin, en se tournant vers lui.

Il n'osa pas aller jusqu'à regarder Dwalin dans les yeux. Hors de question qu'il avoue ses penchants et passe pour un adolescent qui tombe amoureux pour la première fois.

- Thorin, on est venu là pour faire abstraction de ce qui fait notre vie. Toi et moi, on a est né de la pierre et les flammes de la guerre. On n'a pas connu la paix, toujours les responsabilités, les combats, les routes… Je sais pas ce que tu as trouvé ici qui détourne à ce point tes pensées, mais tu en as peut-être plus besoin que tu ne le crois.

Pour que Dwalin lui fasse des leçons de morale, il devait être tombé bien bas.

- Tu fais comme tu veux, dit son cousin en se levant. Il renifla en lui tapant sur l'épaule et retourna effrayer un groupe de gamins qui hurlèrent de peur autant que de joie.

Thorin leva le coude mais s'arrêta au dernier moment. Il avait assez bu pour ce soir. Autant rentrer se coucher. L'auberge lui sembla beaucoup plus loin qu'au début de la soirée mais marcher lui éclaircirait les idées.

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Bilbo ne voulait qu'une chose : s'éloigner le plus vite possible de sa perte. Il repéra son cousin au bras d'une Hobbite bien en chaires, bien plus vieille que lui. Bilbo grimaça avant d'attraper le bras d'Adalgrim.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Bah quoi ? Tu n'as pas le monopole d'aimer le genre viril et mature.

Bilbo lui adressa un regard outré. Adalgrim éclata de rire.

- Ne t'inquiète pas, c'est une vieille tante du côté de ma mère. Toi, par contre, tu as plutôt bon goût.

- Ca n'a rien de drôle, Adalgrim, s'exclama Bilbo.

- Mmmh, sur les nerfs, frustré, proche du point de rupture, énuméra le jeune Touque en mâchonnant les restes d'une assiette qui traînait là. Il va falloir que tu trouves un moyen de relâcher toute cette tension, ajouta-t-il avec humour.

- Tu ne m'es d'aucune aide, là, soupira Bilbo.

- Qu'est-ce que tu attends de moi ? Il est plus de deux heures du matin, j'ai fumé et bu au-delà du raisonnable, j'ai les pieds en compote à force de danser et je soupçonne la soi-disant potion elfique du vieux Bolger d'être responsable de la paralysie de mon petit doigt.

- Il y a deux jours, tu me reprochais de m'attacher et là tu veux que je me jette dans les bras du premier venu ?

- Le premier venu… mieux vaut être sourd que d'entendre ça. Par les orteils des Proudfoot, tu es jeune et amoureux ! Alors oui, tu vas souffrir et je vais sans doute devoir recoller les morceaux, mais que tu tentes quelque chose ou pas, tu auras le cœur brisé. Comme ma mère l'a eu à la mort de mon père ou le tien quand tante Belladonna nous a quitté. Maintenant à toi de choisir entre la douleur et les regrets ou la douleur et les souvenirs ! s'écria Adalgrim. Bilbo baissa la tête mal à l'aise. Le jeune Took passa la main dans ses cheveux, inspirant lentement pour se calmer.

- Bilbo, tu es ma famille, je t'aime beaucoup et je n'ai pas envie que tu souffres. Mais il y a des choses qu'on ne contrôle pas et parfois, il faut savoir profiter de ce que la vie nous offre.

Son cousin se mordait la lèvre inférieure, l'esprit encore plus confus qu'après son contact avec Thorin. Il était terrifié par les conséquences que pourraient engendrer la situation alors même que son dos le brûlait encore de leur proximité.

- Je rentre me coucher, déclara-t-il, dépité, après plusieurs minutes de réflexion.

Adalgrim le regarda partir, sans chercher à le retenir.


Merci d'avoir lu ! Au prochain chapitre : un bref aperçu de la quête d'Erebor et ce que tout le monde attend avec impatience...

PS : désolée pour mes titres de chapitre, disons que c'est un petit délire personnel, ne faites pas attention^^