Note de l'auteur : Bonsoir et comme toujours merci aux lecteurs, pour les reviews et les followers. Vous êtes ma motivation (en plus du plaisir de mettre Bilbo et Thorin en couple ^^).
A Nienna : toutes mes excuses pour ne pas avoir répondu à ta review la dernière fois. Merci beaucoup pour ton commentaire et j'espère que les prochains chapitres seront également à ton goût^^. J'aime beaucoup également le personnage d'Adalgrim et je m'amuse beaucoup à le faire parler. Et je suis tout à fait d'accord avec toi pour la Hobbite qui invite Dwalin a dansé ^^.
A Mava : merci pour ta review. Malheureusement, je suis désolée mais je n'ai pas l'intention de changer l'histoire telle que Tolkien l'a écrite donc il n'y aura pas de romance entre Bilbo et Thorin du temps de la quête, excepté leurs réminiscences. D'ailleurs, suite à ton commentaire et celui de Julindy, j'ai changé la catégorie de la fic et ai rajouté "Drama", mon but n'étant pas de donner biaiser les lecteurs. J'espère que cela continuera quand même à te plaire.
Je tiens à préciser qu'il y a des chances que je ne puisse pas publier la semaine prochaine, même si je vais tout tenter pour le faire. J'essayerai de ne pas le faire avec trop de retard.
Et maintenant place au chapitre. Après un chapitre concentré sur nos héros, l'histoire laisse place ici à des personnages plus secondaires...
Bonne lecture !
Chapitre 6 – Et le cor de chasse retentit…
- Tu as passé une bonne nuit ?
- Tu as réussi à survivre à la potion magique de Bolger ?
- Je ne sais pas, il va falloir attendre quelques années pour savoir s'il y a encore des séquelles, répliqua Adalgrim, en grimaçant.
- Tu as trouvé de la compagnie pour la nuit ? Tu as disparu juste après le feu d'artifice, demanda Druda en pénétrant dans la pièce. Elle piqua un toast dans l'assiette de Bilbo qui n'osa pas protester, désireux de se faire oublier. Rufus débarqua à son tour.
- Moi, en tout cas, j'ai trouvé un peu de compagnie, se vanta-t-il.
- Et combien de temps cette pauvre fille a eu pitié de toi avant d'en avoir marre et d'aller chercher mieux ailleurs ? balança sa sœur, un brin sarcastique.
Bilbo préféra ignorer la suite de la conversation, tout comme Adalgrim qui leva les yeux au ciel. Il lui secoua doucement le bras pour attirer son attention. Bilbo fronça les sourcils et prononça silencieusement « Plus tard ».
Ils finirent leur petit-déjeuner, enfin ce qu'ils purent sauver des mains chapardeuses de la jeune Fouine et des jets de nourriture vengeurs de son frère.
-o-
- Bon alors tu me racontes ? demanda Adalgrim, en roulant les toiles de tente.
L'après-midi était déjà bien entamée et seule la moitié de Grand'Cave était réveillée. Et la moitié de cette moitié en état de se lever de leurs lits. Bilbo était d'ailleurs étonné que son cousin entre dans cette catégorie. Mais apparemment ce dernier avait lui aussi retenu la leçon de la soirée de leur arrivée.
- Rien du tout, j'ai marché un peu et j'ai fini par m'endormir dans un pré, lui répondit négligemment Bilbo, en essayant d'évincer ses interrogations.
Adalgrim stoppa ses mouvements et le fixa, incrédule et outré de son manque flagrant de sincérité. Bilbo continua à prendre un air innocent, en espérant que la tempête passe.
- Tu as passé la journée à avoir tantôt la tête dans les nuages, un sourire idiot collé aux lèvres, fixant le vide ave un air complètement béat, tantôt à être aussi préoccupé et attristé qu'il y a huit mois lorsque tu es arrivé chez nous, s'emporta le jeune Took. Bon, je sais déjà que toi et Monseigneur Poil en Folie avaient passé un agréable moment, dans une grange de toute évidence, vu la quantité de paille que tu as ramené en rentrant très tard ce matin…
- Monseigneur Poil en Folie ?! répéta Bilbo, en se redressant, abasourdi. Et puis, je n'ai rien à te raconter !
- Ouais et moi je suis un Elfe, lâcha Adalgrim en soupirant d'agacement. Les deux reprirent leur travail dans un silence de mort. Bilbo n'osait pas parlé de son expérience avec Thorin. Il avait l'impression que tant qu'il ne mettait pas de mots dessus, cela restait du domaine de l'irréel, plus facile à reléguer au fond de son esprit. Son cousin finit par craquer.
- D'accord, je me calme. Mais je suis curieux, après tout, c'est moi qui t'es conseillé. Je veux juste savoir si tout va bien pour toi, lui dit-il en le suppliant des yeux.
Bilbo n'était pas insensible à ses paroles. Adalgrim avait toujours pris soin de lui, il s'inquiétait pour lui parce qu'il l'aimait comme un frère. Il était la seule personne digne de confiance pour écouter son histoire sans le juger. Mais les mots avaient toujours du mal à franchir ses lèvres.
- J'espère au moins que ta marche t'a permis d'y voir plus clair, souffla Adalgrim. Ils se regardèrent et le sourire doux et réconfortant du jeune Took mit du baume au cœur de Bilbo. Il s'arrêta, se campa droit sur ses jambes, gonfla ses poumons au maximum avant de relâcher la pression. Soit il parlait, donnant corps à ses émotions et sa relation avec Thorin, soit il décidait de porter seul le fardeau d'un amour impossible.
- Je n'ai pas été marché cette nuit, commença-t-il. Il se remit sa tâche, pour s'occuper les mains et l'aider à dissiper son embarras. Adalgrim l'encouragea d'un signe de tête à continuer.
- Après avoir quitté la fête, j'ai croisé Thorin. Je ne sais pas si ce que j'ai fait était une énorme erreur ou la meilleure décision de ma vie.
Adalgrim n'osa interrompre son élan. Il musela sa vivacité naturelle et se prit sur lui d'être patient, même s'il devait se mordre les lèvres et serrer les mains pour se retenir.
- Je n'arrêtais pas de penser à ce que tu m'avais dit, à toutes les conséquences que ce j'allais faire allaient entraîner. Il était là, juste en face de moi, à quelques mètres et sa présence m'empêchait de réfléchir. C'était terrifiant et aussi très grisant, ajouta Bilbo d'une voix basse et craintive. Ce qu'il s'est passé ensuite…je ne sais pas trop comment te le dire… Ce n'est pas facile de te parler des choses que nous avons faites…
- Les choses que vous avez faites ? ne put s'empêcher de laisser échapper Adalgrim, faussement scandalisé.
- Ne va pas t'imaginer quoi que ce soit, s'insurgea aussitôt Bilbo. Nous nous sommes juste embrassés !
L'aveu qui lui avait semblé si difficile peu avant avait filé entre ses lèvres s'en crier gare.
- Oh ! lâcha son cousin, un peu sous le choc de cette révélation. Puis, incontrôlable, il se mit à glousser.
- Il y a rien de drôle dans ce que je viens de dire, mufle ! s'exclama Bilbo, vexé.
- Désolé, mais mon petit cousin devient un homme ! Je suis tout ému, renifla Adalgrim en le serrant contre lui et lui ébouriffant les cheveux.
- Adalgrim, espèce de fou furieux, tu m'étouffes ! essaya de lutter le jeune Baggins. La honte qui l'avait envahi fit place à l'amusement. Il était reconnaissant des efforts de son cousin d'essayer de dédramatiser la situation. Il se laissa peu à peu gagner par les pitreries.
- Il semblerait que ce soit toi qui es en manque d'affection. Tu ne t'es trouvé personne hier soir ? demanda Bilbo, une fois qu'il l'eut relâché. Le jeune Took lui adressa un sourire, mais cette fois, il avait perdu toute sa candeur.
- Non, pas vraiment, répondit-il en s'éloignant et reprenant à son tour ses occupations.
- Oh je vois. C'est vrai qu'Elinor n'était pas là…, rétorqua ingénument Bilbo.
- De quoi tu parles ?
- Oh non, ne me fais cette comédie-là. Si toi, tu as vu que j'étais tombé sous le charme de Thorin, moi je sais que tu es amoureux de Mademoiselle Hardwick depuis que tu l'as vu dansé à l'anniversaire du vieux Gérontius, il y a six ans. Il serait peut-être temps pour toi de te lancer, assena le plus jeune.
- Oui, elle était magnifique, soupira Adalgrim, les yeux dans le vague. Tu te rappelles le ruban rouge qu'elle avait accroché dans ses cheveux ? Et sa robe qui volait comme une nuée de libellules à chaque fois qu'elle tournait ?
Bilbo leva les yeux au ciel.
- Tu es définitivement fou. Et ne lui dis surtout pas ça la prochaine fois que tu la vois.
- Pfff c'est facile pour toi. Monsieur Barbe Virile n'a d'yeux que pour toi, se renfrogna Adalgrim.
Bilbo se figea, refrénant la vague de douleur en lui. Non, il fallait qu'il se concentre sur leur conversation badine et légère.
- C'est quoi cette manie de l'affubler de noms aussi stupides ?
- Ça me permet de ne pas m'énerver en pensant que ce rustre est descendu de ses montagnes pour arracher ta pauvre innocence et voler ton cœur d'adorable Hobbit… dit-il d'un ton larmoyant.
- Tu changes encore de sujet ! Je croyais que nous parlions de toi.
- C'est toi qui m'as posé la question. Cousin ingrat, marmonna-t-il.
Le silence retomba entre eux, ponctué par le rythme de leur labeur. Cette fois, Bilbo ne chercha pas à relancer la discussion, trop occupé à songer à Thorin. Il savait que ce dernier allait quitter la ville pour se rendre à Tuckborough le jour même. Bilbo et Adalgrim, quant à eux, devaient reprendre la route demain. Bilbo hésitait à rentrer directement chez son père à Hobbiton. Mais là aussi, il était prévu que les Nains viennent. Quoi qu'il arrive, ses résolutions seraient mises à rude épreuve. Peut-être fallait-il mieux les affronter le plus rapidement possible, entouré par toute sa famille et surtout par son cousin, toujours là pour le réconforter.
Il fut sorti de ses pensées par les paroles teintées de mélancolie de son cousin.
- Je suis trop excentrique, trop Took pour l'intéresser. Elle ne cherche pas l'aventure, juste un Hobbit qui saura lui apporter le confort d'une vie sans histoire, dit-il d'un ton sérieux.
- Et moi, un pauvre Hobbit tombé amoureux d'un Seigneur Nain qui repartira d'ici quelques jours et que je ne reverrais plus jamais, renchérit Bilbo.
Adalgrim eut un rire sans joie.
- Eh bien, il semblerait que nous soyons devenus les pâles imitations de ses héros aux tragiques histoires d'amour dont sont friands les Elfes, lança-il d'un ton lugubre.
Ils finirent leur travail en silence, tous deux plongés dans une sombre méditation.
-o-
Balin observa son Roi préparer ses affaires. Ce dernier était rentré tard dans la matinée après avoir de toute évidence passé la nuit ailleurs que dans sa chambre à l'auberge. Il n'avait pas décroché un mot depuis, ne présentant qu'un visage maussade et amer. A plusieurs reprises, Dwalin avait voulu le taquiner, notamment sur les évènements de la soirée mais son frère ainé l'en avait dissuadé d'un regard réprobateur.
Il avait lui aussi rapidement remarqué que la récente liberté de Thorin lui avait permis d'accéder à un bonheur qu'il croyait ne jamais connaître. Il n'avait pas pu repérer quelle Hobbite avait réussi à atteindre le cœur du grand Nain mais il était certain que Thorin était sévèrement tombé amoureux. Contrairement à Dwalin, il avait parfaitement conscience que cette passion était sérieuse et qu'il y aurait des répercussions lorsqu'ils devront rentrer en Ered Luin. Il était inquiet mais il serait cruel de ne pas laisser Thorin en profiter.
Il était très jeune Nain lorsque le Dragon avait attaqué. Le fils de Thrain avait pris soin de lui, comme de tous ses cousins. Il était à ses côtés quand on lui avait annoncé la mort de Thror et lors de la bataille d'Azanulbizar. Quand il avait appris la mort de Frérin, il s'était demandé ce que lui-même aurait éprouvé si Dwalin était mort. Il l'avait vu devenir Roi, prendre le fardeau de tout un peuple sur ses épaules. Mais ce qu'il n'avait pas vu durant toutes ses années, c'était un sourire de Thorin. Les premiers signes de réjouissance sur le visage du chef du peuple de Durin étaient revenus avec la naissance de Fili, puis celle de Kili. Pour Thorin, il était hors de question que ses neveux grandissent comme lui. Il avait tout fait pour préserver leur enfance et leur insouciance. Aujourd'hui, c'était à Balin de prendre soin de lui et de le préserver. Qu'importe les conséquences, il allait le laisser vivre cette histoire d'amour sans interférences de qui que ce soit, dut-il attacher Dwalin pour cela.
Mais face à un Thorin dépité, il ne savait pas exactement quoi faire. S'en mêler ? Le conseiller ? Ou laisser les choses comme elles étaient ? Il lissa nerveusement sa barbe prématurément blanche. Pris dans ses pensées, il ne vit pas Dwalin s'arrêter lui aussi sur le pas de la chambre.
- Eh, Thorin, tu….
Balin attrapa le bras de son frère le plus rapidement possible, lui coupant la parole. Trop tard, Thorin s'était déjà retourné vers eux.
- Quoi ? s'exclama-t-il d'une voix lasse.
- Rien du tout, répondit précipitamment Dwalin. Balin leva les yeux au ciel devant le manque de subtilité du guerrier. Il croisa le regard sceptique de Thorin.
- C'est juste que nous avons constaté que tu étais d'une humeur massacrante depuis ton retour. Tout va bien ? essaya de rattraper Balin.
Thorin poussa un soupir en secouant la tête. Il regarda les deux frères avec un sourire amusé.
- Je vais bien. J'ai passé une excellente nuit, jusqu'à ce que je me rende compte que j'ai dormi avec un courant d'air. Je crois que j'ai connu pire, termina-t-il toujours en souriant.
La sollicitude de ses deux compagnons le touchait. Il reconnaissait que son réveil lui avait laissé un goût aigre. Il avait ruminé la fuite de Bilbo, craignant que celui-ci regrette leur rapprochement. Mais après tout, il savait que ce dernier allait lui aussi à Tuckborough. Si la veille encore, il était réticent à se lancer dans une telle aventure, le souvenir de leur étreinte, des baisers maladroits et passionnés du Hobbit l'avait fait basculé. La déception de ce matin n'était qu'un obstacle à franchir, un peu de résistance qui ne rendrait que leurs retrouvailles meilleures. Alors qu'il finissait de ranger ses affaires et quittait la chambre, Balin et Dwalin sur ses talons, il eut un vrai sourire, ses yeux brillant d'excitation et d'impatience. Thorin était un homme d'action, il était prêt pour une chasse au Hobbit.
-o-
Lobelia Bracegirdle était irascible, teigneuse et obtuse, tous était d'accord sur ce point, en premier lieu sa famille. Rarement aimable et toujours exigeante, elle menait son monde à la baguette. Seul son frère aîné, Bruno, arrivait à voir en elle une adorable et capricieuse petite sœur. Lobelia se rappelait qu'il ne l'avait pourtant pas toujours apprécié ainsi. Lorsqu'ils étaient enfants, leur père était très occupé par le commerce d'herbe à pipe qui faisait la renommée de leur famille. Leur mère, quant à elle, avait été emportée par la maladie, quelques mois après la naissance de sa fille. Bruno avait longtemps considéré sa sœur comme responsable. Lobelia avait donc grandi sans être entourée par l'amour de sa famille. Son caractère n'était que la conséquence d'une enfance consacrée à grappiller la moindre parcelle d'attention. Quand Bruno s'était enfin intéressé à elle, il était trop tard. Lobelia était devenue cette tenace jeune Hobbit, insatiable, cherchant toujours à obtenir plus.
En parcourant les rues inhabituellement silencieuses de Grand'Cave, Lobelia se remémorait la soirée du solstice d'été. L'intérêt de Thorin pour elle lors des préparatifs l'avait touché, comblant le manque dans son cœur. Elle avait été ravie de danser avec lui lors de la fête. Mais son abandon avait blessé son ego. Elle était d'autant plus énervée qu'il s'était précipité à la recherche de ce Baggins de malheur.
Alors qu'ils n'avaient qu'une dizaine années, Lobelia avait rencontré pour la première fois Bilbo lors d'une foire. Au premier regard posé sur lui, elle avait su que le Baggins avait eu la vie dont elle rêvait. Deux parents pour lui tout seul, qui l'aimaient tendrement, l'un des plus beaux smial de la Comté, des relations avec les Took et les Brandybuck. L'envie et la jalousie s'étaient emparées de la toute jeune Bracegirdle et avaient persisté avec les années. Et aujourd'hui, encore une fois, il avait obtenu quelque chose qu'elle convoitait.
Contrariée, elle s'assit brusquement sur un banc près d'une maison, croisant les bras et les jambes, une moue boudeuse collée au visage. Bruno avait tenté de jouer les grands frères conciliateurs ce matin ce qui l'avait encore plus exaspérée. Qu'il l'oublie et aille au diable. C'était le regard du prince Nain qu'elle réclamait. Qu'est-ce qu'il trouvait à cet imbécile de Bilbo ? Qu'avait-il de plus attirant qu'elle à la fin ? Pourquoi toujours les mêmes à avoir la belle vie ? Elle aussi, elle voulait que quelqu'un de riche, de charismatique s'intéresse à elle et l'emmène loin de cette vie, cette famille qu'elle détestait. Elle se fichait de l'amour, des sentiments. D'ailleurs, elle devait s'avouer qu'elle n'avait pas succombé au charme de Thorin mais plutôt à l'opportunité qu'il représentait. Opportunité qui avait préféré filer entre les bras de cet avorton de Baggins.
Lobelia ronchonnait toujours dans son coin quand une présence féminine s'imposa près d'elle. Elle releva la tête, prête à l'envoyer balader mais l'autre fut plus rapide qu'elle.
- Vous êtes Lobelia Bracegirdle n'est-ce pas ? Je suis Wilhelmina Goldworthy du quartier Est, lui lança la jeune Hobbite d'un ton enjoué.
Déstabilisée par le rayonnement de Wilhelmina, Lobelia se contenta d'acquiescer. Elle se reprit rapidement et balança d'une voix de dogue.
- Qu'est-ce que tu me veux ?
Willie éclata de rire.
- Ce que j'avais entendu dire de toi est vrai.
La jeune Bracegirdle se renfrogna.
- En fait, je séjourne chez des amis de la famille mais ils sont ennuyeux. Alors quand on m'a parlé de toi, je me suis dit que ta compagnie serait plus intéressante, ajouta Wilhelmina toujours en souriant.
Lobelia allait protester mais Willie ne lui en laissa pas le temps. Elle s'assit à côté d'elle et commença à converser. D'abord surprise, Lobelia se laissa entraîner par la bonne humeur de sa nouvelle amie.
Leur discussion durait depuis un moment, ponctué par les grands éclats de rire de Willie et les piques incisives de Lobelia. Cette dernière, laissant sa camarade parler, repéra un mouvement plus loin et se pencha légèrement sur le côté. Elle vit les trois Nains approcher, prenant le chemin pour quitter la ville. La mâchoire serrée, ses traits s'assombrirent, lui donnant un air féroce. Willie le remarqua et se retournant, elle remarqua également la présence des Nains. Pleine d'enthousiasme, elle les interpella.
- Vous nous quittez déjà, Maitres Nains ?
- La compagnie des Semi-Hommes est trop agréable pour que nous vous abandonnions. Nous prévoyons d'aller visiter Tuckborough, répondit Balin. Dwalin, égal à lui-même, ne poussa qu'un grognement en ne prenant pas la peine de s'arrêter.
- Ca alors, quelle coïncidence ! Je dois m'y rendre aussi avant de retourner chez ma famille dans le Quartier Est et je m'apprêtais à y inviter Lobelia.
La susnommée écarquilla les yeux, étonnée par la nouvelle. A aucun moment la jeune Goldworthy n'avait abordé le sujet. Celle-ci continua en s'adressant à Thorin.
- Je vous ai vu dansé avec mon amie hier. Vous aurez ainsi l'occasion de passer plus de temps ensemble, finit-elle en adressant un clin d'œil taquin à Lobelia.
Thorin prit un air amusé, quoique un peu perplexe. Lobelia quant à elle était sidérée par le comportement indiscret de Willie.
- Oh, je vois, vous êtes donc la demoiselle qui a réussi à faire tourner la tête de notre Thorin, s'exclama Balin d'un ton jovial. Eh bien, ce sera un plaisir de vous revoir alors.
- Eh bien pas moi. Je n'ai pas à me contenter des restes des autres, encore moins quand ces restes ont fort mauvais gouts. Cette réplique cinglante fut suivie d'un silence abasourdi, rompu par le rire des deux Nains.
- Une chose est sûre, mademoiselle, je suis heureux de pouvoir profiter plus longtemps de votre inénarrable caractère, conclut le prince Nain, en la fixant intensément.
Lobelia rougit de cette répartie. Elle répondit laconiquement aux en revoir des Nains, méditant sur la scène qu'elle venait de vivre. Après son départ, sa colère laissait peu à peu place à la perplexité, surtout concernant sa nouvelle et intrigante amie. Cette dernière affichait toujours un air guilleret, plein d'innocence. Pourtant, Lobelia avait l'impression qu'elle tramait quelque chose et se promit de rester méfiante.
Merci d'avoir lu ! Encore un petit retour dans le présent au prochain chapitre et le début de la chasse au Hobbit...
