Hola petits liseurs, ravie de vous voir !

Je m'excuse par avance pour les fautes d'inattention qui auraient réussi à s'immiscer dans le texte…

Chapitre 3

C'est l'heure de déjeuner et j'ai pris ma décision. Si l'accord tient toujours, je suis prête à donner de ma personne pour les nombreuses semaines à venir. Je vais les aider, je vais tout faire pour réussir n'importe quelle tache. Snape peut dire ce qu'il veut, je ne suis pas, et je ne serais jamais celle qu'il a décrite. Je n'ai rien d'inutile, d'idiot et encore moins de misérable! Enfin j'espère…

Je lève la tête pour apercevoir le ciel. Présenté ainsi, le mouvement pourrait paraitre poétique mais en fait, je pense que si j'incline mon visage en arrière c'est surtout pour ne pas que les larmes coulent trop vite. J'en suis remplie et si je me penche en avant, juste un peu, elles vont se déverser comme une cascade et inonder Poudlard. En attendant, je ne sais pas où aller… Pleurer ne me suffira pas à tout évacuer, il faut que je me venge, ça sera ma thérapie. Il va déguster…

Mon corps est lourd. Sans doute l'après coup des feuilles d'Anoline. Mais, malgré ça, j'ai la désagréable impression qu'il y a autre chose. Comme si cet homme immonde était parvenu à creuser une brèche à l'intérieur de moi. Il a foulé du pied un terrain dont j'ignorais encore l'existence.

Oh non ! Manquerait plus que je sois schizophrène… Quoi qu'avec moi, il faut être préparé à toute éventualité.

Pourtant, ça expliquerait pas mal de phénomènes étranges, de faits inexpliqués et inexplicables, de rêves si palpables que j'en suis parfois malade. Pourquoi ai-je constamment le sentiment d'être différente, pourvue d'une singularité hors norme. Et puis pour quelles raisons suis-je atteinte de ces sursauts d'agressivité qu'il m'est impossible de maîtriser ? Quand on y réfléchit, je suis loin d'incarner l'archétype féminin par excellence en plus de ça. Rester ici m'aiderais éventuellement à découvrir certains pans de ma vie que je ne connais pas.

Non mais écoutez-moi parler… On croirait entendre l'une de ces célèbres héroïnes aux destins scellés dans un marbre immuable. Au final, je dois faire partie de toutes les dégénérées banales et mélancoliques qui n'aspirent qu'à se donner un peu d'importance. Quelle ironie, et c'est moi qui l'ai traité de névrosé! C'est probablement mon amour propre que cette chauvesouris lugubre à bafoué, inutile d'aller chercher pâquerettes.

Par petits groupes, les élèves finissent par se diriger lentement vers l'enceinte du château. Leur allégresse détonnant remarquablement avec mon désarroi. Je les regarde faire avec attention et finis par les imiter dans l'espoir qu'ils m'amènent à la grande salle où je trouverai surement le directeur.

Mon ventre gargouille, j'ai faim. Pour ce que ça change de d'habite, j'ai toujours la dalle de toute façon. Dieu merci ! Le bonheur m'a quitté mais la poisse, elle, ne m'a jamais lâchée. Lorsque j'arrive devant les portes de ce qui ressemble à une gigantesque salle à manger, je prends l'initiative d'y entrer sans attendre. Hors de question de me défiler maintenant. Tout le monde me fixe et chuchote, je le sais mais préfère passer outre les commérages. Ma vision est exclusivement portée sur la longue table du fond à laquelle tous les professeurs prennent leur repas. Albus Dumbledore et au centre et il me regarde approcher. Je choisis volontairement d'employer une démarche résolue pour paraitre un tant soit peu sûre de moi. L'énorme pièce est cernée par des milliers d'yeux qui me scrutent, attentifs à chacun de mes gestes. N'ayez crainte, hormis ma baguette, je ne suis pas armée.

Harry, attablé sur ma droite, a l'air étonné de me voir débarquer de cette façon. Qui ne le serait pas ? Même moi je m'impressionne pour une fois! Snape est là lui aussi, assis près du professeur MacGonagall. Quand nos regards se croisent, j'ai la sensation que mon cœur va exploser! Le sien aussi visiblement. À le voir planter violement sa fourchette dans son assiette pour l'abandonner tout bonnement dedans par la suite c'est que ma tronche a dû lui couper l'appétit. Cette idée me réchauffe les entrailles!

En grimpant les trois misérables marches qui me séparent encore d'eux, je manque de trébucher et de m'étaler sur leur déjeuner. J'avais bien besoin de ça. Heureusement pour moi, ça n'arrive pas, merci merlin, autrement j'aurais pu dire adieu à ma crédibilité pour le restant de mes jours.

-« Pardon de vous déranger dans un moment pareil monsieur le directeur, mais c'est assez urgent. »

Bien sûr quand je dis « urgent », j'extrapole légèrement.

-« Je vous en prie Miss Cordier, qu'avez-vous de si important à m'annoncer ? »

Les dés sont jetés, ça passe ou ça casse. Inspire ma vieille et lance-toi.

-« Hum, et bien voyez-vous… j'ai beaucoup médité sur la question et malgré l'échec (cuisant) d'hier soir j'aimerais rester ici comme convenu pour vous apporter mon aide. Evidemment si l'offre tient toujours! »

Au vu de l'expression de certains, j'ai lâché une bombe. Reste à savoir s'il s'agit d'une ogive nucléaire ou d'un simple artifice à confettis. Je me mords la lèvre, incapable de savoir quoi faire de mes mains. Derrière moi, plus personne ne parle.

-« Eh bien, quelle surprise! Je suis ravi de l'apprendre. »

Sérieux ?!

-« Vr…Vraiment ? »

-« Absolument. Je comptais justement vous envoyer un hibou pour le confirmer. »

Nom d'un détraqueur sans cape! J'y crois pas, ils me gardent ?! À leur place je me serais moi-même foutu à la porte alors qu'eux acceptent de me donner une seconde chance. Les muscles de mon visage se contractent pour former un sourire éclatant assez spécial.

-« C'est une super nouvelle ! Enfin… Hum c'est … Merci beaucoup. »

Je m'emballe, je m'enflamme, j'ai envie de sauter de joie, de hurler mon espoir au monde entier, mais… je reste calme et continue d'exposer mes dents blanches à la vue de tous. Regardez, Snape, comme elles sont belles!

-« Vous serez logée et nourri ici, au château. En contrepartie je vous demanderai d'effectuer quelques … obligations, rien de bien méchant rassurez-vous. »

-« Bien sûr, cela va de soi ! »

-« Notre concierge vous mènera à vos appartements après le repas, nous avons déjà monté vos affaires. »

De quoi il parle ?

-« Mes affaires ? Mais je n'ai rien amené ? »

-« En effet, j'ai pris l'initiative de les faire importer de chez vous, en France. »

Cette révélation incongrue ne me plait guère. Savoir que quelqu'un, un inconnu qui plus est, a pénétré mon appartement sans que j'en accorde la permission m'a fait l'effet d'une claque. Ils ne connaissent pas le concept de « vie privée » en Angleterre ?

-« Un problème mon enfant ? »

-« Non, c'est juste que… je n'ai pas l'habitude que n'importe qui rentre chez moi en mon absence. »

-« Vous m'en voyez navré, je pensais bien faire en gagnant du temps. »

-« Oh ce n'est rien vraiment, je comprends. »

-« Tant mieux. Que diriez-vous de venir manger avec nous, nous venons de commencer, vous n'avez rien manqué. »

L'invitation est terriblement tentante. Mon estomac réclame de la nourriture et en grande quantité. J'hésite, il le voit bien et insiste.

-« Voyons, n'ayez pas peur, je suis certain que ça ne dérangera personne. »

-« Pourquoi pas dans ce cas. »

Alors que j'entreprends de faire le tour, il m'indique un siège libre sur lequel je m'assieds avec entrain. À ma droite, je reconnais Horace, rencontré le premier jour. Il me souffle un discret « bon appétit jeune fille » que je m'empresse de lui rendre. Hagrid, placé plus loin me fait signe de sa grosse main avant de repartir dans une discussion animée avec son voisin. Je le trouve mignon. Après ça, je crois que j'ai fini par engloutir tout ce qui me passait sous le nez.

Grande salle, 12h18, table des Griffondors.

-« Qui est ce ? »

Hermione, captivée par l'exotique nouvelle venue aux vêtements trop grands frappa distraitement le bras d'Harry pour qu'il lui réponde.

-« Qui ça ? » Fit Ron, la bouche pleine de riz.

-« Celle qui vient d'entrer. »

Intrigué, le survivant dirigea ses célèbres lunettes rondes en direction de l'entrée, rapidement imité par Ron et Ginny.

-« Eh, c'est pas la fille de ce matin? »

-« Elle s'appelle Amanda, Ron, et oui c'est bien elle. Je me demande ce qu'elle fait là. »

-« Amanda ? Vous la connaissez ? »

-« Ouai, elle a participé à la mission dont je t'ai parlé. C'est un nouveau membre de l'Ordre il me semble. Elle vient de France. »

Seamus, jusque-là occupé à exhiber ses incroyables activités moldus du week-end, tourna tout son corps sur Harry pour ajouter avec un naturel déconcertant:

-« de France ? La classe ! On dit que là-bas les sorciers sont hyperpuissants ! »

Cette remarque fut rapidement accueillie par plusieurs autres qu'Harry ignora superbement. Curieusement ébaubi, il s'était concentré sur la jeune femme qui pressait le pas pour atteindre le fond de la salle.

-« Tout va bien Harry ? »

-« Hum, oui pourquoi ? » Marmonna-t-il, son attention néanmoins braquée sur elle.

-« Je sais pas, tu as l'air de ne pas lui faire confiance à la suivre comme ça du regard. »

-« Si, bien sûr que je lui fais confiance, elle fait partie de l'Ordre après tout et puis j'ai cru comprendre que Dumbledore lui-même l'avait faite venir. »

-« Vraiment ? » S'étrangla Hermione avec sa bouchée de pain « Elle doit avoir du talent alors. »

-« j'en sais rien, mais… »

Sa phrase resta en suspens.

-« Mais ? » Insista Ginny.

Ses trois amis étaient accrochés à ses lèvres, inclinés sur leur assiette comme pour partager un important secret.

-« Hier soir, quand ils sont tous rentrés, Snape avait franchement l'air remonté contre elle. »

-« Qu'est-ce que tu crois, c'est Snape il est toujours en colère contre tout le monde. »

-« Ron n'a pas tort Harry. »

-«Hum… Et puis y a eu cette drôle de résonance aussi… »

-« Une résonance, tu veux dire comme un écho ? »

-« Non. » riposta Harry, en secouant la tête « Plus comme un bourdonnement, c'était bizarre. J'étais allongé dans mon lit au premier quand je l'ai entendu. J'ai cherché partout d'où ça pouvait venir et c'est seulement quand j'ai regardé en bas par les escaliers que le bruit a cessé et elle était là, près de la cuisine au rez-de-chaussée.

-« Tu penses qu'elle en était à l'origine ? »

-« J'en sais rien Mione, et ça ne l'a pas refait depuis. J'ai attendu quand je suis allé prendre mon petit-déjeuner le lendemain. Elle était installée juste en face de moi mais je n'ai rien ressenti. »

-« Tu en as parlé à Sirius ? »

-« Non, c'est peut-être rien, j'étais fatigué quand c'est arrivé. Et puis, elle a l'air plutôt gentille. Maladroite surtout. »

-« Si tu le dis vieux! Bref, tu comptes manger tes saucisses ? »

-« Non Ron… » Soupira-t-il exaspéré par le ventre ambulant qu'était son meilleur ami. « Prends-les si tu veux. »

-« Chouette ! »

Décidément, ce dit-il, il ne changera jamais !

13h25 Couloir, 4eme étages

-« Nous y voilà. » me lance Rusard d'un ton aigre et peu avenant en caressant langoureusement son chat.

-« Merci beaucoup. »

-« Pour ouvrir le portrait il vous suffira de choisir un mot de passe. »

Alors que j'allais lui répondre quelque chose, je le vois s'éloigner sans demander son reste. Super… désormais seule devant l'immense tableau habité d'une femme âgée endormie, je n'ose plus bouger. La réveiller m'ennuie mais ai-je le choix ?

-« Hum, Madame ? Ouhouh… »

Elle ne bronche pas, le visage obstinément enfouie dans ses bras croisés.

-« Ma..Madame ! S'il vous plait. »

-« Hum… Quoi ? Que voulez-vous… »

-« j'aimerais rentrer si ça ne vous dérange pas. »

A ces mots, elle finit par redresser lentement sa silhouette tordue d'arthrite. Sous l'entrelacs de ses rides elle esquisse un sourire neutre.

-« Vous êtes la nouvelle propriétaire ? »

-« c'est ça. »

-« Allez-y… »

D'un geste nonchalant elle fait pivoter le cadre pour qu'il puisse s'ouvrir en grand.

-« merci… » J'hésite à l'interpeller de nouveau et tente doucement un : « Euh, excusez-moi, je souhaiterais choisir un mot de passe si possible. »

Aucun mouvement de sa part, j'attends. Au bout de quelques secondes elle se relève encore.

-« Eh bien ? Qu'attendez-vous pour me le donner ? »

-« Ah euh oui… Euh que pensez-vous de Anoline ? »

-« Va pour Anoline, ça sera tout ? »

-« Oui je crois. »

-« A la bonne heure, maintenant laissez-moi me reposer MERCI. »

D'accord… C'est pas l'amabilité qui l'étouffe à celle-là.

Lorsque je m'introduis dans mes quartiers, j'ai l'impression d'avoir voyagée dans le temps. La décoration est si ancienne que j'en ai mal aux yeux. Et tout ce rouge… les meubles sont de bon-goût mais sans charme, un peu démodés. Je pense que du ménage s'impose. En attrapant ma baguette d'une main, je jette plusieurs sorts simples mais efficaces qui font disparaitre certaines babioles et teintent les murs d'une agréable touche de crème. J'en profite pour déplacer l'imposante armoire dressée devant mon lit et d'y jeter un coup d'œil. Comme me l'a affirmé le directeur au déjeuner, j'ai le mauvais plaisir d'y trouver, à l'intérieur, pratiquement tous mes habits. Il en va de même pour mes affaires de toilette que je découvre soigneusement empaquetées dans la salle de bain.

Une fois l'inspection terminée, j'observe tout autour de moi en tournant sur moi-même. Avec précaution je viens m'assoir dans le canapé de cuir brun qui doit valoir dix fois le prix du mien et qui fait deux fois sa taille. J'ai du mal à me dire que je vais habiter ici. La sensation d'espace dans ma nouvelle chambre me donne le vertige.

Alors que, les yeux dans le vague, je fais le point sur ce qu'il me reste à faire, un audible *poc* retentit dans la pièce. J'ai la surprise de voir apparaitre face à moi un petit elfe de maison qui m'a l'air totalement terrorisé, aussi frémissant qu'une feuille morte ballotée par le vent.

-« Le prof…professeur Dumbledore m'a, il m'a demandé de vous emmener voir l'inf…l'infirmière, madame Pomfresh pour s'assurer que vous… allez bien… »

-« Euh oui, très bien j'arrive. »

Il est vrai qu'avec tout ça j'ai carrément oublié d'aller y faire un tour. Par Merlin, heureusement que cet homme pense à tout !

Je laisse la créature me guider à travers les nombreux couloirs du château. Elle marche devant moi, ses mains minuscules imbriquées l'une contre l'autre. Suis-je si effrayante que ça ? Je n'ai pas vraiment prêté attention au chemin à emprunter mais au bout d'un moment je la vois se raidir et tendre son bras osseux vers une porte.

-« L'infirmerie est… ici. »

-« Ah, merci de m'avoir… » L'elfe disparait « Conduit jusqu'ici… »

J'ai fait quelque chose ?!

En poussant sur les lourdes portes, elles finissent par s'entrouvrir suffisamment pour que je puisse passer dans l'embrasure. Focalisée sur une pile de potions, une femme d'une cinquantaine d'années, en blouse blanche, me marmonne un « Venez par ici » tout à fait austère. Quand elle braque son regard sévère sur moi, j'ai la forte impression d'avoir été prise la main dans le pot à biscuits !

-« Alors, Amanda c'est ça ? Quand comptiez-vous exactement venir vous faire ausculter ? »

Oups.

-« Euh, j'ai… j'avais pas mal de choses à faire et… »

-« Des choses plus importantes que de soigner vos plaies ? »

-« Je… Non madame. »

-« C'est bien ce que je pensais. Déshabillez-vous et allongez-vous là. »

Comment est-ce qu'une femme aussi dure peut-elle être médecin ? Ca me dépasse !

-« Bon, qu'avons-nous là. »

Agilement, elle promène la pointe de sa baguette sur l'ensemble de mon pauvre corps et réitère l'opération dans tous les sens plausibles. Son travail est minutieux, perfectionniste, pragmatique.

-« Ce n'est pas très jolie dites-moi… »

Ses mains expertes viennent palper ma cuisse puis mon poignet et enfin mon crâne. Je suis littéralement inspectée de partout. Faisant fi de ma pudeur maladive à l'égard des autres, je la laisse m'examiner avec l'espoir qu'elle en finisse vite. Très vite.

-« Vous avez une entorse au poignet droit mais rien d'irréparable. En revanche, la blessure à votre jambe s'est infectée. »

-« Vraiment ? » Je m'inquiète en me soulevant sur un coude pour zieuter dessus.

-« Oui vraiment ! Ça ne serait peut-être pas arrivé si vous étiez venue plus tôt ! »

Oh ça va oui ! J'étais bien trop occupée à me prendre le chou avec un démon pour ça.

-« Je vais vous donner une potion antibiotique et une pommade. Vous pourrez l'appliquer sur votre front aussi, pour estomper ce vilain bleu. »

-« Merci beaucoup. »

-« Mettez-vous sur le ventre maintenant, je dois vérifier votre dos. »

Je soupire. S'il y a bien une chose que j'exècre, ce sont les visites chez le toubib. Toujours à vous tortiller, à vous disséquer sous toutes les coutures. Je sens la pointe de sa baguette frôler ma colonne vertébrale avant de remonter vers ma nuque. Soudain, elle s'arrête et demande :

-« Vous êtes-vous cognée au dos hier ? »

-« Non, c'est bien l'unique endroit qui ne me fait pas souffrir. »

-« Hum… »

Que voulait signifier ce « hum » angoissant.

-« Qui y a-t-il ? »

-« Je ne sais pas, vous portez une curieuse marque à l'extrémité de votre nuque. »

Une marque? Oh !

-« Ah, ça ? Ce n'est rien, une ancienne cicatrice, je l'ai depuis que je suis bébé. »

-« j'aurais pourtant juré qu'elle était récente. »

-« Je sais, on m'en fait souvent la remarque. »

-« Si vous le dites jeune fille. Très bien vous pouvez vous rhabiller. »

Alors que j'enfile ma chemise je la vois me tendre un flacon ainsi qu'un petit récipient métallique.

-« Voilà pour vous. L'onguent est à utiliser deux fois par jour. Quant à la potion prenez en une gorgée lors des repas. »

-« Et c'est tout ? »

-« Oui, c'est tout. »

Je hoche la tête pour la remercier prête à m'en aller mais elle me rattrape.

-« Pour votre…cicatrice, essayez de mettre un mouchoir humide dessus, peut être que ça atténuera les rougeurs. »

-« Très bien je le ferai, Bonne journée. »

Je suis sortie, alléluia !

En voilà une bonne chose de faite. Maintenant il ne reste plus qu'à trouver de quoi me divertir. Commençons par mettre un pied devant l'autre et advienne que pourra.

Au final, j'ai bien dû marcher pendant deux heures en ambulant à travers l'école. C'est les fantômes qui vont être jaloux ! Une bonne chose est à souligner : je peux m'y repérer sans problème à présent.

Je suis parvenue à retourner à mes appartements en seulement une poignée de minutes mais je n'y suis pas entrée. J'ai préféré atteindre l'extérieur pour découvrir le parc. Pratiquement tous les élèves y sont rassemblés. Je les regarde s'amuser, heureux d'être simplement réunis à discuter. Moi je suis seule et je désespère à trouver une bonne distraction. En définitive, je pense que je vais rejoindre Hagrid. Il nous avait bien offert de le rejoindre pour le thé cette après-midi non ?

Plantée devant sa cabane, je viens rapidement frapper à la porte. Je n'y vais pas trop fort de peur de la faire s'effondrer. Faut voir à quoi tient aussi. Un brise et y en a plus.

Je discerne un « une seconde » étouffé avant que le battant ne bascule enfin sur un demi-géant stupéfait.

« M'zelle Cordier ! Quel plaisir. »

Son enthousiasme communicatif m'arrache un rire fugace. Cet homme est vraiment adorable en fait.

-« Je passais par là et je me suis souvenue de votre invitation pour le thé. J'espère qu'il n'est pas trop tard. »

-« Oh non, vous êtes pile à l'heure! Entrez, faites comme chez vous. » Il se déplace pour me laisser passer.

Je me rends alors compte que nous ne sommes pas seuls. Installés autour d'une table ronde et exigüe, Harry, Ron et une jeune fille me regarde entrer.

-« Oh mais c'est qu'il y a déjà du monde. »

-« Oui, j'crois que vous en connaissez déjà ces deux, la d'moiselle à la droite de Ron c'est Hermione Granger. Un trio d'inséparables ceux-là! »

-« Bonjour, ravie de faire ta connaissance Hermione. » Je lui lance, réellement enchantée.

-« Moi aussi euh… »

-« Tu peux m'appeler Amanda si tu veux. »

Elle fait oui de la tête avant de déménager sa chaise pour me faire de la place. Hagrid s'approche de moi, une théière brulante à la main. J'en accepte volontiers une tasse et quelques galettes qu'il me présente sur la table. La boisson est aussi acide qu'un jus de chaussettes et les gâteaux sont rassis. Je vais peut-être me contenter de m'assoir.

-« Alors comme ça vous êtes bel et bien un membre de l'Ordre? »

-« Exacte. »

-« Quelle bonne nouvelle! Votre présence nous sera bénéfique M'zelle. »

Sa sincérité me touche, j'aimerais la partager.

-« Vous en faites partie aussi ? »

-« Oh qu'oui, mais j'ai pas un rôle très important, pas aussi fondamentale que celui du professeur Snape. »

-« Snape n'est rien d'autre qu'un abruti imbu de sa propre personne. Je ne vois pas ce qu'i lui envier. » Je crache vertement.

Hagrid pouffe.

-« Il est coriace, c'est vrai, mais il est aussi sacrément doué dans c'qu'il fait ce bougre! »

-« Hum, si vous le dites… »

Je me tourne vers Harry. Il me fixe, encore…

-« Oui ? »

Je l'ai surpris, il bafouille.

-« Je… Vous, enfin… je me demandais, vous venez de France c'est bien ça ? »

-« Oui pourquoi ? »

-« Comment est la situation là-bas ? »

-« Une situation ? Quelle situation ? »

-« Bah, est ce que vous aussi vous avez des problèmes concernant les mangemorts ?…»

Alors ils savent ? C'est triste que des enfants comme eux soient déjà concernés par la guerre que mènent les plus grands contre cet autre malade mental.

-« Non, nous n'avons pas ce genre de… Soucis. » Je lui réponds, embarrassée par cet aveu.

-« Alors t'es venue pour nous aider, c'est ça ? »

J'ai comme l'impression que Ron a le foutu don pour mettre les pieds dans le plat. De ce côté-là on se ressemble assez!

-« C'est mon objectif oui. Quoique, pour le moment je dois rester à Poudlard. »

-« Et il y en a d'autres comme toi. Des Français je veux dire qui sont venus participer ? »

-« Ron ! Arrête ça. »

-« Quoi ? J'demande c'est tout. »

Les joues rougies d'irritation, Hermione lui adresse une moue pour le moins équivoque. Un mélange entre « tu me fais honte… » et « tais-toi donc ! »

-« Pour dire vrai, je n'en sais rien, pour l'instant personne n'a rejoint l'Ordre hormis moi. »

-« Et la mission d'hier, c'était comment ? »

-« RONALD WEASLEY! Ça suffit maintenant! »

-« Mais Mione… »

-« Pas de mais, tu connais les règles, elle ne doit rien dire. Alors cesse de la questionner, tu vas finir par la mettre mal à l'aise. »

Je l'entends prononcer un « Roh pas drôle…» avant de s'excuser.

-« Ce n'est rien. C'est normal d'être curieux. »

Alors que je m'oblige à avaler une gorgée supplémentaire de cet affreux breuvage, Hagrid s'exclame :

-« Oh mince, j'oubliais, Albus… Euh l'professeur Dumbledore m'a demandé d'passer au chemin de Traverse pour lui ramener une commande importante. »

-« Allez-y dans ce cas, je ramènerais ces trois-là. » Fis-je avec un clin d'œil discret.

-« Merci, j'suis vraiment désolé. »

-« Aucun problème. » Trop heureuse de pouvoir échapper à une nouvelle lampée de thé.

Mais alors que nous sortons tour à tour de la chaumine, une déflagration monumentale me fait bondir sur plusieurs mètres. Me rattrapant in extrémiste à la clôture moisie qui garde le potager du demi-géant à l'abri des scroutts à pétard, j'oscille dans un équilibre précaire, sonnée par ce bruit puissant.

-« Qu'est-ce que c'était ?! » s'alarme Ron hystérique.

Je n'ai pas le temps d'emmètre un son qu'une nouvelle détonation retentie, plus forte encore que la précédente qui m'envoie pour de bon le nez dans l'herbe.

-« C'est un tremblement de terre ! » Hurle alors le roux.

Instinctivement, Hagrid agrippe les trois ados par l'épaule et vient les cacher derrière son immense stature dans l'imitation parfaite d'un bouclier humain.

-« Non ce n'est pas un tremblement de terre. M'zelle Cordier, faut retourner au château, vite. »

Il me désigne un point vague au-delà des arbres, mais je n'y vois qu'une masse de branches et de feuilles. Je suis pétrifiée, incapable de comprendre ce qui m'arrive. Ma poitrine s'enflamme, ma respiration s'annihile, je suffoque. Mes pensées se bousculent sans faire la queue à croire que même mes neurones se font la guerre. Ils ont bien choisi leur moment… La tension est palpable, elle flotte dans l'air pour le rendre âpre. Quelque chose en moi m'avertit qu'un danger n'est pas loin mais qu'il est trop tard pour courir.

-«Est-ce que l'un d'entre vous sait utiliser le sortilège de patronus ? » Je braille de là où je suis, c'est-à-dire par terre.

-« Harry peut l'exécuter ! »

Je l'observe, il acquiesce, sur la défensive.

-« Très bien. Envoie le prévenir le professeur Dumbledore, immédiatement. »

-« Mais il faut… »

-« Fais ce que je te dis! » j'ai crié et je m'en veux. Je n'en n'ai pas contre lui mais ma part agressive prend une nouvelle fois le dessus.

Un coup d'œil vers lui me confirme qu'il se concentre. Je suis impressionnée quand un cerf majestueux et fantomatique sort de sa baguette avec volupté. Harry lui murmure des mots que je soupçonne être « on a besoin d'aide, ramenez vos fesses ici ! », avant de l'envoyer voler direction Poudlard.

-« Ok, maintenant vous allez m'écouter attentivement. » Je pousse sur ma jambe pour me remettre debout et les rejoindre. « Je n'ai pas la moindre idée de ce qui arrive sur nous mais ça arrive. Si l'on court on risque de se laisser distraire. Le mieux c'est de ne pas bouger, vous comprenez ? »

Hermione et Harry ne prennent pas la peine de répliquer et s'emparent tous les deux de leur baguette respective, suivit de près par Ron qui tremble de tous ses membres.

Une nouvelle explosion éclate. De la fumée opaque s'échappe à la lisière de la forêt, sur une trentaine de mètres. Ça progresse rapidement. Plus les secondes défilent plus les booms s'enchainent et secouent le sol sous la force de l'impact. J'aperçois même des flammes s'élever des arbres.

Et puis… plus rien. Aucun son pas même un bruissement ne vient ébranler ce soudain silence inconfortable. Je sens Ron relâcher la pression sur sa baguette, il ne faut pas. Ce calme n'est pas normal. Mon regard scanne chaque parcelle de forêt avec une lenteur quasi religieuse. Je sais qu'il est là quelque part, quelque chose nous guette et s'impatiente. J'ignore de quoi il s'agit pourtant une voix sourde dans ma tête me répète de faire attention.

Et d'un seul coup, mon cœur s'ébranle et s'emballe pour marteler mes cotes. D'un geste inconscient je viens porter une main fébrile sur l'espace entre mes seins comme pour en limiter les battements. C'est là, à cet instant précis que je remarque enfin l'ombre imposante sagement dissimulée dans un bosquet à ma droite. Deux lueurs jaunâtres m'examinent et parcours mon corps. C'est immobile, pourquoi? La distance entre cette chose et moi est bien trop grande pour que j'arrive à en distinguer la forme exacte mais ça m'a tout l'air d'être énorme. Une chose est sûre, ce n'est pas humain. Je recule doucement et…

-« Bon sang! Qu'est-ce que vous foutez là vous tous?! »

Quoi ?

-« Le professeur MacGonagall m'a chargé de rassembler tout le monde dans le Grand Hall en urgence! On se dépêche! » S'époumone quelqu'un derrière moi.

J'ai tourné la tête si vite que ma nuque à craquée. C'est un 7eme année, préfet en chef au vu du blason qu'il arbore, un putain de préfet en chef !

-« Vous devez impérativement retourner au châte… »

-« Couche-toi imbécile ! »

J'ai juste le temps de plonger sur lui pour l'aplatir sur le sol qu'une boule de feu couleur azur vient s'échouer à l'endroit même où je me tenais. Je me redresse précipitamment et en esquive une deuxième de justesse. Je roule pour échapper au brasier, pousse l'élève que j'écrase pour que cet idiot active ses fleurs! Mes poings lui chopent le pull et le tirent vers le haut.

-« Dégagez! » je rugis « Dépêchez-vous c'est un ordre. » Une troisième boule de feu débaroule des bois. Elle me vise mais me manque de peu.

-« Hors de question d'vous laisser là !»

-« Je ne vous en donne pas le choix. C'est moi sa cible visiblement alors déguerpissez. Si je m'enfuie aussi, ce qui se cache là-bas va me suivre et on ne s'en sortira pas indemne. »

Hagrid enregistre les informations. M'abandonner le révulse mais il sait qu'il ne peut pas faire autrement, Harry et les autres sont en danger, il doit les sauver en priorité.

Qui a dit les femmes et les enfants d'abord déjà ?

-« Tenez bon, j'reviens dès les gosses serons…! »

Quatrième sphère enflammée, elle me survole et frise mes cheveux.

-« Partez ! »

Tandis que le groupe s'éloigne en courant, moi je reste, entre la créature et eux, pour m'assurer qu'elle ne les poursuive pas.

-« Aller, soit mignonne et montre-moi ta bouille. »

Comme si elle m'avait compris, je la vois s'extirper des feuillages en s'avançant vers moi d'un pas feutré. Elle est démesurément grosse. Bâtit d'un corps de lion, elle doit bien, au bas mot, mesurer quatre longs mètres. Toutefois, si la description s'arrêtait là ça n'aurait rien d'amusant. Additionnées à sa monstrueuse corpulence, s'ajoutent non pas une ni deux mais trois têtes! Une de fauve, une de dragon et une de bouc. Ah et elle dispose d'ailes aussi. Super ! Tout va bien dans le meilleur des mondes… Si je survie jusqu'à ce que les secours débarquent c'est que j'ai le cul bordé de nouilles!

-« Réflexion faite, si tu pouvais repartir de là d'où tu viens ça m'irait aussi ! »

La gueule du dragon s'élargie en réponse. C'est mauvais, vraiment très mauvais. Je ne lui laisse pas le temps d'ajuster son tire et la mitraille de Stupefix. L'ennui c'est qu'ils sont d'une totale inefficacité. Je les regarde rebondir sur ses écailles, oui parce qu'elle en est dotée également, sans difficulté. J'évite son attaque juste à temps et me mets précipitamment à cavaler comme un lapin. A bout portant mes sortilèges feront sans doute plus mal. En fonçant dans sa direction, je tends ma baguette et lui inflige un confundo complété d'un confringo. La bête glapit mais ne s'effondre pas, au contraire. Animée d'une fureur innommable elle me charge en secouant ses lourdes ailes dorées. Malheureusement je suis trop proche pour tenter de filer. En désespoir de cause j'interromps sa course effrénée d'un protego. Le choc de ses cornes sur le sort me propulse brutalement à son opposé.

J'en ai le souffle coupé. La collision l'a tant et si bien sonnée que j'en profite pour mettre un bonne distance entre nous tout en continuant à la marteler.

-« Flipendo ! Stupefix ! Incarcerem ! »

Utiliser ma magie ainsi m'épuise. Mes poumons crispés d'angoisse m'empêchent de respirer pleinement. Si je ne trouve pas un moyen de la neutraliser d'ici peu, je vais y passer!

Lorsque la créature finit par sortir de sa torpeur en s'ébrouant, je repends ma fuite, quoiqu'exténuée. Elle me pourchasse, je l'entends tambouriner le sol de ses pattes massives. Ma gorge se serre, je vais défaillir. Elle me rattrape pourtant je n'ose pas loucher derrière moi. La savoir à mes trousses me fait suffisamment flipper pour que je panique davantage.

Et subitement, elle mugit dans un râle si prééminent que mes chevilles s'emmêlent. Je trébuche et tombe à la manière d'un flan décongelé. Médusée devant cette erreur fatale, je sursaute quand sa queue vient fouetter la terre à quinze centimètres seulement de mon visage. Incapable de remuer les jambes, je reste allongée sur le dos et m'acharne à maintenir au maximum la faible barrière magique qui m'entoure tandis qu'elle persiste à cogner dessus. Mes bras fléchissent, dans cette position inconfortable, je ne pourrais pas tenir éternellement. Ponctuant sa rage d'un rugissement terrible, elle embrase un de ses gueules et mord mon bouclier pour le faire sauter en mille morceaux.

C'est la fin.

Effarée, je la regarde hisser une de ses pattes et l'abattre avec violence sur moi.

-« PROTEGO !»

Le sortilège de défense fut si robuste que la créature se vit être éjectée au-delà de mon champ de vision.

Gélifiée par la peur, je suis incapable de m'expliquer ce retournement de situation inespéré. J'halète, la bouche sèche et mes paupières noyées de larmes. Je crois que quelqu'un s'approche de moi.

-« Levez-vous ! » tempête une voix si familière à mes oreilles.

Il s'agenouille à mes côtés et me secoue comme une poupée de chiffon.

-« Miss Cordier, debout! »

J'entrouvre mes lèvres pour refouler un sanglot. Qui est cet homme, ce n'est pas Hagrid mais je le connais.

-« Miss Cordier, ne comptez pas sur moi pour vous porter! Levez-vous, maintenant ! »

-« Je…ne pas… mes jambes… veulent pas…bouger… » J'articule, la vue brouillée.

Parler est au-dessus de mes forces.

Il m'agrippe par la taille et me redresse en position assise avant de passer un bras sous mes genoux endoloris. Je ne garde aucun souvenir de ce qui s'est passé par la suite. Tout ce dont je me rappelle c'est que l'on m'a soulevé avec aisance puis j'ai perdu connaissance.

Et voilà pour ce chapitre !