Pas de lemon, cette fois-ci, mais toujours beaucoup beaucoup d'amour (en attendant le dernier round)

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3 Renaissances

Spock écarta le garde, tapa le code de la porte, et entra avec Jim.

- Putain de merde ! S'exclama Jim en tournant le dos à la scène, profondément embarrassé.

Khan était allongé sur Bones, entre ses cuisses, le recouvrant de tout son corps, l'enlaçant avec possessivité. Bones s'agrippait à ses larges épaules. Les deux hommes étaient en plein baiser, visiblement partagé et passionné. Les amants levèrent les yeux et virent les intrus. Bones sursauta :

- Bordel, vous pourriez frapper avant d'entrer !

- Je vous signale que ce n'est pas une chambre d'hôtel, Docteur.

Bones s'assit sur le lit et remontant fébrilement le draps sur son entrejambe. Khan se leva et posa les pieds à terre, flegmatique. Il resta au bord du lit, sa main droite plaqua le poignet de Bones sur le matelas. Ses muscles puissants étaient subtilement tendus, prêt à bondir, à défendre son bien. En une seconde, Spock l'engloba du regard et vit les signes infimes de la mutation : des oreilles légèrement moins arrondies, des yeux un peu plus en amande, et surtout les vrilles s'agitant à la base de son pénis qui désenflait lentement. Il dévisagea le docteur. Il était visiblement mal à l'aise, mais ne donnait aucun signe de traumatisme physique ou moral. Bien. Le pire avait été évité.

- Couvrez-vous. Ordonna Spock posément.

- Le vulcain est pudique. Railla Khan. Il enfila sa blouse d'hôpital, puis aussitôt reprit le poignet de Bones.

Jim les observait du coin de l'œil, se retourna pour leur faire face quand il comprit qu'ils s'étaient tous deux couverts.

- Bones, S'inquiéta-t-il, ça va ?

- Oui, Jim. Ça va. S'agaça Bones légèrement sur la défensive. Spock et toi avez-vous enfin convolé en juste noce ?

Spock se contenta de se raidir brièvement, Jim rougit et protesta :

- C'est l'hôpital qui se fout de la charité, Bones !

Khan ricana.

Il y eut un silence gêné. Khan souriait d'un air narquois. Jim était vraiment embarrassé d'avoir surpris son amis dans cette posture. Spock essayait de trouver une solution rationnelle au problème qui se posait devant eux. Bones s'assit sur le lit et reprit la parole :

- Le procès de Khan est pour bientôt, il va falloir l'aider à se défendre !

- A quel titre ? Demanda Spock d'une voix glaciale.

- J'ai tout vu, tout! Dans son esprit. Marcus est un putain de salaud, un tortionnaire. Khan a agit sous la contrainte pour sauver son équipage ! Il n'avait pas le chois...

Khan masqua habillement son trouble. Il n'avait pas l'habitude d'inspirer la compassion de qui que ce soit. Bones poursuivait :

- ...Qu'auriez-vous fait à sa place, si on avait menacer de tuer sous la torture notre équipage ?

- Vous avez fait une fusion mentale ? Déduisit Spock, cachant difficilement son inquiétude

- Oui, et alors ?

- C'est extrêmement dangereux quand aucun des deux ne possède de barrière mentale adéquate. Les souvenirs se déversent de façon incontrôlable, sans logique ni entrave. Cela peut s'avérer particulièrement traumatisant, la fusion mentale étant hors de tout contrôle : violente et plus profonde.

Khan se contenta de hausser les épaules. Les plus beaux souvenirs de Leonard restaient à présent précieusement gravés en lui, presque comme si ils étaient les siens. Ils y instillaient un bien être inespéré, presque cicatrisant, comme s'ils consolaient son enfance martyrisée.

- Une fusion mentale ? Comment est-ce possible ? Intervint Jim.

- Khan et toi avez été atteins du même dérèglement.

- Ça, j'ai bien compris. Mais, à ma connaissance, Khan n'est pas vulcain. De plus, tu mas expliqué que pour que ce ... hum... rituel puisse fonctionner correctement, il faut que les deux partenaires aient au préalable tissés des liens mentaux. Il est impossible que cela soit la cas.

- En effet, mais Khan n'est pas humain non plus, ni de quelqu'autre race que ce soit, ce qui ouvre en grand le champ des possibles. Ne protestez pas, Docteur, vous savez que c'est la réalité. Le génome vulcain a dû être sur-activé par les autres gènes Augments, amplifiant les capacités à la fusion mentale. Nous ne savons toujours pas quels sont les assemblages de gènes qui ont servis à la conception des Augments en laboratoire, et dans quelles proportions, les archives correspondantes ayant été effacées. Dites-moi, Docteur, Remarqua Spock, Est-ce une marque de piqûre que je vois à votre cou ?

Bones y porta la main, comme un aveu. Lorsqu'ils s'était séparés quelques heures auparavant, il n'avait aucune marque. Spock vit l'hydrospay brisé sur le sol, dans une tache brune.

- Khan vous a transfusé son sang saturé en hormones. Comprit Spock. Il vous a transmis sa fièvre, et sans doute, momentanément, une aptitude à la fusion mentale. Fascinant !

- Tout ce qui c'est passé n'est donc juste qu'une histoire de décharge hormonale ? S'indigna soudain Bones plus blessé qu'il ne pouvait le dire.

Il croisa le regard furieux de Khan, qui resserra son emprise sur son poignet, et il entendit la menace muette dans son esprit : tu n'as pas intérêt à essayer de m'échapper ! Bones se souvint brusquement de certains mots de l'Augment sur sa gentillesse et le fait qu'il ait été le seul à prendre sa défense. Il eut un sourire attendri. Comme c'était mignon finalement, enfin, toute proportion gardée. Ce guerrier impitoyable et surpuissant, qui tombe amoureux de la première personne à être gentille avec lui, comme une midinette. Khan sentit le cheminement de sa pensée, il se raidit et son regard se fit indigné : un Augment ne pouvait pas être mignon. Dans un même temps, Bones se rendit compte, avec un certain étonnement, qu'il avait été toujours fasciné par la sensation de puissance brute qui se dégageait de cet homme, cela avait dû jouer un rôle lors de sa "rédhibition". Khan dû serrer les dents pour s'aider à se retenir d'enlacer son docteur contre lui.

Jim aussi avait deviné la progression des pensées de son ami, son acceptation de l'ascendant de Khan sur lui. Il s'en inquiéta. Nul ne savait ce que pouvait donner le procès. Une condamnation à mort était toujours possible ou une re-congélation, ce qui briserait à nouveau de cœur de Bones, comme après son divorce. Dans un même temps, il n'avait aucune confiance en cet assassin, il ne parvenait pas à croire que cet Augment puisse rendre son ami heureux. Spock interrompit ses ruminations.

- Je dois contacter le haut conseil Vulcain. Il va vous falloir un guide spirituel.

- Je ne suis pas Vulcain. Répliqua sèchement Khan

- Le sang de mon peuple coule malheureusement en vous. La fusion mentale a fait de vous deux des T'hy'la, et ce lien qui vous uni désormais n'est en aucune façon dissoluble. Le Docteur va se battre pour vous sauver, à cause de ce lien. Nous l'aiderons. Pour lui, Khan, soyez-en conscient, pas pour vous. Vous séparer de lui pourrait lui induire de graves dommages psycho-affectifs. Hors, le Docteur McCoy est l'un des meilleurs de sa profession, nous besoin qu'il soit opérationnel lorsque l'Enterprise repartira. Le Thylara est reconnu par mon peuple, ainsi que la Fédération. De plus, si vraiment vous avez été victime d'un chantage, cela doit être reconnu comme tel par la Justice et les coupables doivent être jugés et sévèrement punis.

- Avez-vous des preuves à donner ? Intervint Jim passé en mode Capitaine. Des preuves solides, les plus solide possible, tout ce qui permettra de démontrer le rôle de Marcus dans toute cette affaire ?

- Oui. Elles sont sauvegardées sur un support virtuel qui change toutes les douze heures selon un mode opératoire connu de moi seul. Je peux vous les montrer d'ici. Avez-vous une tablette connectée ?

Jim se saisit de la tablette médicale de Bones restée sur la table et la lui donna. Khan lâcha Bones. Il ne fallut pas plus de cinq minutes pour retrouver ces données et il la redonna à Jim. Celui-ci ouvrit un premier dossier, Spock penché au-dessus de son épaule : les preuves de la corruption de Marcus s'étalèrent, aucun doute n'était permis quant à sa culpabilité. Il ouvrit une vidéo et sursauta. Il vit un augment attaché, ressemblant à Khan, le corps en sang n'était plus qu'une plaie, déformé par la torture... D'indignation, Spock fronça les deux sourcils avant de se reprendre.

- Assez! S'exclama Jim en frissonnant de dégoût. J'en ai assez vu.

- Il y a là en effet assez pour assurer votre défense...

Jim posa la tablette et eut à nouveau un frisson, violent cette fois-ci. Ses jambes cédèrent soudain sous lui, et il serait tombé si Spock ne l'avait retenu d'un bras à sa taille. Une grande fatigue l'étreignit:

-Qu'est ce qui m'arrive ?

Spock sonda leur lien mental.

- Le rituel a été accompli. La suractivité qui sur-stimulait les cellules de ton corps s'est achevée, et après ce que nous avons pratiqué, il est logique que tu soit fatigué.

- En résumé le pouvoir du super sang vulcain mutant de Khan n'agit plus.

- Spock, ramenez Jim à sa chambre, je vous prie. Et pas de galipettes avant que j'ai pu l'examiner. Ajouta Bones avec sévérité. Il faut vérifier où en est son assimilation des gènes de Khan. Quant à vous, je vous ordonne de prendre enfin du repos. Je ne veux plus de nuits blanches ! M'avez-vous bien compris ?

Spock haussa un sourcil :

- Des... galipettes, docteur ?

- Je t'expliquerai. Répondit Jim, amusé.

Khan ricana. Bones se leva du lit, dignement couvert avec le drap et ordonna :

- Quant à toi, Khan, au lit !

- Je suis en pleine forme ...

- Ordre de ton médecin !

Khan se raidit sous le ton autoritaire, il eut un sourire carnassier. Mais c'est qu'il était mignon tout plein, son Leonard, dans sa version médecin despotique.

- Puisque c'est mon docteur qui le dit...

- Le procès va arriver vite. Tu seras bien mieux dans cette chambre que dans une cellule de prison, tu ne crois pas ?

- Je sens en effet que j'ai des vapeurs...

- Et pas de galipettes pour toi non plus tant que je ne t'ai pas fait un bilan de santé complet.

Ce fut au tour de Jim de ricaner.

oo

Spock l'aida à grimper puis s'allonger sur le lit.

- Je n'ai jamais vu Bones aussi heureux... Soupira Jim

- En effet.

- Allez, viens contre moi.

- C'est un lit pour une personne, Jim

- Allez, quoi, Spooock. Ordre de ton commandant !

Spock se sentit pris au piège et obtempéra. Il retira ses chaussures et se glissa contre Jim, face à lui. Leurs mains s'enlacèrent, leurs esprits se frôlèrent.

- Que sont des galipettes ?

Jim se contenta d'avoir une image mentale particulièrement suggestive, qui fit verdir les oreilles de Spock :

- Jim !

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Le temps du procès, Spock obtint que Khan soit sous la garde exclusive du docteur McCoy. Pour raisons scientifiques, bien sûr. L'Augment avait affirmé avoir accepté d'être le sujet d'étude du bon docteur. Il était trop tôt pour révéler le Thylara des deux hommes.

Le procès fut étonnement rapide. Les preuves étaient accablantes, certaines réellement révoltantes. La menace de leur diffusion par toutes les voies de presses était puissamment dissuasive, faisant courir le risque d'un scandale de niveau interplanétaire particulièrement préjudiciable pour l'image de la Fédération des Planètes : entre les tortures, les corruptions, la tentative de provoquer une nouvelle guerre qui aurait pu être sanglante...

- Songez-y. Avait déclamé l'habile avocat Tellarite de Khan. À tout ce que ces sur-hommes pourraient faire au service de la fédération, une fois correctement ré-éduqués !

Tous les torts furent mis sur le dos de Marcus, dont la mort se révéla finalement très pratique. L'Augment et son équipage furent confiés au Capitaine Kirk, tel un colis encombrant dont personne ne veut se saisir, en probation, et condamnés à subir une rééducation. Tant mieux, c'était ce que le Capitaine souhaitait, pour le bonheur de son meilleur ami. La suite, bah, il allait improviser, comme d'habitude et... hum.. il échangea un long regard avec Spock, ... et suivre les conseils de son Commandant en second.

Khan sortit ses hommes de leur hibernation, et Bones veilla à ce qu'ils soient tous en bonne santé. Khan leur expliqua la situation. Il leur annonça leur affectation à bord de l'Enterprise pour une mission d'exploration de cinq années. Il leur présenta le docteur Leonard McCoy comme son époux, Jim Kirk comme leur Capitaine et Spock comme leur Commandant en second. Cette mission à la dénomination étrange n'était pas pire qu'une autre. Ils avaient pour leur Chef une loyauté indéfectible, et réciproque, aussi les Augments se trouvèrent satisfait de leur nouveau sort.

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Leur première étape fut Néo-Vulcain où Spock se présenta devant le Haut Conseil. Il leur expliqua sobrement la situation : la présence de gènes vulcains avait été attestée en tous les Augments, à des proportions variant de 1,395554% à 5,656825%, modifiant le fonctionnement de leur psyché. Il argumenta en faisant appel à l'orgueil de leur race : quel peuple était le mieux placé pour accomplir cette rééducation, comme Surac le Sage l'avait fait lui-même avec eux, au Temps Anciens de la Grande Révélation ? Mais les Sages restèrent sourds à ses arguments, leur priorité était la reconstruction de Vulcain. De plus ces Augments n'étaient ni humains, ni vulcains. Il fallut à Spock toutes les ressources de son contrôle sur ses émotions pour conserver son calme : les Augments devaient absolument êtres refaçonnés.

- Moi, je suis volontaire.

Spock reconnut la voix de son autre lui, le vieux Spock de l'autre temps.

- C'est un défis particulièrement intéressant à relever, d'un point de vue scientifique et moral, que de guider ces Augments vers les voies de la sagesse.

- Nous vous désignons donc pour accomplir cette mission. S'empressa d'affirmer le Grand Maître du Haut Conseil, se débarrassant avec un soulagement visible, et peu vulcain, de cet embarrassant dossier.

Les deux Spock sortirent calmement.

- Cela ne comporte-t-il pas certains risques que vous voyagiez avec nous ? Demanda le Jeune. Vous connaissez les événements de mon avenir.

- Non, répondit l'Ancien. Votre temps est totalement différent du mien : la mort du père de Jim à sa naissance, la destruction de Vulcain, tous ces drames ont tissés un avenir totalement différent. La preuve avec ce Khan, qui n'a rien à voir avec le psychopathe que nous avions combattu. De plus, vous avez vous-même posé les bases d'un avenir divergent : Jim et moi n'avons jamais été unis comme vous l'êtes tous les deux.

Leur yeux se croisèrent et le Jeune y lu un regret vite effacé.

- Même si nous étions Thylara Jim et moi, jamais nous n'avons compris, ni assumés, nos sentiments réels, comme vous deux l'avez fait. Il étrange de constater que, quelle que soit l'époque ou la dimension, nos esprits finissent toujours par se retrouver et se lier d'une façon ou d'une autre. Je me souviens avoir rencontré lors d'une mission un Spock et un Kirk, Thylara, eux aussi, dans le monde de violence d'une autre dimension.

Il y eut un silence méditatif, rompu par les pas de quelqu'un s'approchant d'eux.

- Père. Dit le Jeune.

- Mon Fils. Répondit Sareck.

Sareck avait entendu les propos de Spock l'Ancien sur leur Thylara. D'ailleurs, il était probable qu'il les ai dis aussi à son attention. Peu importe, son mécontentement vis à vis du mariage irrationnel de son fils avec cet humain mâle était retombée. À la lumière de ces mots, cela prenait sens : ces âmes-là étaient liées par un lien indissoluble et transcendant.

- J'ai appris que vous repartez tous les deux pour une mission.

- Oui, Père, exploration et ré-éducation.

- Une noble mission. Déclara Sareck.

- Effectivement. Acquiesça l'Ancien.

Sareck observa les deux Spock. Droits et impassibles, profondément Vulcains, beaucoup plus que ne l'avaient été les Sages du Haut Conseil. Le visage de l'Ancien dégageait un calme bienveillant. Il songea avec une vive fierté que son fils allait lui aussi atteindre cette sage plénitude... non, un Vulcain n'éprouve pas de fierté, même légitime. Sareck resta donc parfaitement impénétrable.

- Il faudra que tu me présentes ton époux, afin que je bénisse votre union.

Le Jeune ne montra furtivement sa surprise que par un sourcil qui se releva.

- Je vous remercie Père, de l'accepter au sein de notre famille.

- Cela est la seule chose logique à faire, vos Katra étant intimement liès quelle que soit l'époque ou la dimension, il serait irrationnel de m'y opposer.

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L'enterprise reprit son envol.

Presque rien n'avait changé pour la joyeuse bande Sulu-Chekov-Uhura-Scotty, qui s'était embarquée avec plaisir dans cette nouvelle aventure. Jim et Spock débattaient encore et toujours puis trouvaient une solution intermédiaire, le docteur et le commandant se lançaient des piques faussement méchantes... Oui, presque comme avant, à un détail près : ce trio infernal était devenu un quatuor. Khan avait été nommé Chef de la sécurité. Un double mariage avait été célébré peu après le départ, et avait été l'opportunité de présenter les Augments au reste de l'équipage.

Les Augments s'intégrèrent avec une facilité déconcertante avec le reste de l'équipage, il est vrai que la pluri-ethnicité était la marque de fabrique de l'Enterprise. Ils suivaient assidûment les enseignements de Spock l'Ancien. Au début pour obéir à leur Chef, par la suite pour l'aide que cela leur donnait dans la gestion de leurs pulsions. Leurs gènes vulcains s'étaient réveillés encore plus rapidement que pour Khan, peu après leur sortie de l'hibernation. Cela ne modifia pas forcément leur apparence physique, ni ne provoqua de Pon Farr, mais accentua en eux l'ampleur de leurs émotions. Les séances quotidiennes de méditations devinrent rapidement indispensables, et agréables. Peu à peu, certains membres de l'équipage se joignirent à ces leçons, permettant à des liens de tisser entre eux et les Augments.

Grâce à Spock l'Ancien, Khan commençait lui aussi à maîtriser ses émotions. Il se découvrit même lors d'une mission une sorte de super-pouvoir vulcain. Son docteur était en danger, menacé par un assaillant encore plus puissant qu'un Augment (si c'est possible). Les barrières mentales construites autour de ses émotions négatives se brisèrent, libérant le triptyque insupportable colère-douleur-haine. Elles s'assemblèrent en un flot d'énergie mentale qui terrassa l'ennemi dès qu'il le toucha...

Khan était de toutes les missions d'exploration, protecteur puissant et vigilant des amis de son Docteur. Le respect vint en premier : certes, le Capitaine Jim Kirk attirait les ennuis avec une facilité déconcertante. Cependant, il était prêt à tout pour protéger son équipage, y compris les Augments qu'il semblait avoir adopté dans la grande famille de l'Enterprise. Khan approuvait cela. Spock suivait Kirk partout comme son ombre, rationnel et réfléchi, prêt à mourir pour lui, ce qui provoquait immanquablement la fureur de Jim. Le Vulcain tempérait l'impétuosité de son Capitaine. À eux deux, ils formaient une équipe de commandement particulièrement efficace et respectée, tout en sachant écouter les conseils avisés de l'Augment.

Avec le temps, les quatre hommes finirent par se retrouver régulièrement au mess, tous les quatre autour d'un jeu vulcain de carte de stratégie délicieusement compliqué. Ils étaient parfois rejoints par Spock l'Ancien.

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Spock l'Ancien découvrait jour après jour une forme de bonheur qu'il n'avait jamais expérimentée auparavant.

Il avait retourné encore et encore cette sensation dans son esprit, et n'avait pas trouvé d'autre mot pour définir cette étonnante sérénité. La profonde douleur de la perte de son T'hy'la était toujours présente, et le serait toujours, mais s'adoucissait au fur et à mesure que les bons souvenirs revenaient à la surface. Le fait de voyager dans le même bâtiment que celui de leur jeune temps accentuait le processus : le vaisseau regorgeait de souvenirs, et Jim lui avait attribué les quartiers du Jeune Spock, son ancienne chambre.

Ses élèves se révélèrent particulièrement attachants une fois que leur respect et leur confiance lui furent acquis. Ses longues années à suivre son Capitaine T Kirk dans ses aventures parfois rocambolesques, parfois périlleuses, leur amitié fusionnelle, toutes ces civilisations auxquelles ils s'étaient frottés, avaient forgé en lui une sensibilité et une ouverture d'esprit rares pour un vulcain. Ajoutées à sa faculté de savoir naturellement conserver son calme en toute circonstance, tous ces acquis lui était plus qu'utiles à présent pour guider ces Augments. Ils étaient sur la défensive comme des enfants ayant dû grandir trop vite pour survivre, mais secrètement assoiffés d'affection, secret profondément caché sous une épaisse couche de fierté et de pseudo-indifférence. D'abord par provocation, puis parce que c'était ce qu'il ressentait, il les appela "Mes Enfants". Ils lui retournèrent la taquinerie en le nommant "Père-En-Chef", puis juste "Père", finalement peu à peu imité par le reste de l'équipage. Il était devenu celui vers lequel on se tourne pour résoudre un conflit ou un problème personnel et il accomplissait ce rôle avec impartialité et bienveillance.

Il poursuivait en parallèle ses recherches médicales sur le sang et les biopsies, donnés de façon librement consentie par les Augments. Il était habilement secondé par le docteur McCoy et Spock le Jeune. Ses rapport avec le Jeune étaient tout à fait harmonieux, les deux vulcains se comprenaient parfaitement sans avoir à parler, comme deux frères. N'étaient-ils pas jumeaux, d'une certaine façon ? Quant à Bones, il était légèrement différent de celui qu'il avait connu, il lui semblait comme apaisé. Leurs découvertes fascinantes étaient plus que prometteuses. La simple perspective que leur gènes de guerriers, alors qu'ils avaient été conçus pour semer la mort et la destruction, pouvait sauver des vies, provoquait chez les Augments une éclatante jubilation et des plaisanteries à n'en plus finir. Ils suivaient les progrès de ces recherches avec un vif intérêt.

Spock aimait aussi contempler le couple formé par Jim et Spock le Jeune. Il n'éprouvait plus de remord vis à vis de son passé, préférant se réjouir pour eux, goûtant à leur bonheur par procuration. Bien sûr, éprouver tous ces sentiments n'était pas très vulcain, mais il s'était engagé sur une voie intermédiaire par rapport aux enseignements de Surac : la voie d'un juste milieu. Beaucoup plus adaptée à ses fougueux et passionnés Enfants, et au demi-vulcain qu'il était.

Spock l'ancien avait réellement le sentiment d'avoir trouvé sa place. Le soir, seul dans sa chambre, ses séances de méditation le menaient sur le chemin de cette harmonie intérieure qu'il avait toujours recherchée.