Note de la traductrice : bonjour tout le monde. Ceci n'est pas ma première traduction, mais c'est la première fois que je m'attaque à l'univers de Twilight. Seulement, après de nombreuses lectures, je trouvais dommage qu'il y ait si peu de fics en français proposées pour le couple Bella/Jacob. Sans être une « anti-Bella/Edward », j'avoue avoir une affection particulière pour l'autre choix auquel Bella a renoncé, laissant ainsi le champ libre à notre imagination pour inventer et réinventer cette alternative qui n'existe pas dans les livres.

Laissez-moi donc vous présenter Sinful Seduction, de CourtneyHowlett.

De toutes les fanfictions que j'ai lues sur ce couple en anglais, celle-ci est ma préférée : l'histoire est passionnante, riche en aventure, en bataille, mais en amour aussi les personnages sont vivants et authentiques, mais je retiendrais surtout Jacob qui possède de multiples facettes et qui va connaître une évolution au cours cette histoire. Enfin, l'auteur, CourtneyHowlett, s'est montrée très aimable et m'a donné l'autorisation pour traduire son histoire.

Note de l'auteur : pour ceux qui me connaissent déjà, bienvenue ! Pour les nouveaux, bienvenue ! Tous les lecteurs sont les bienvenus et je suis vraiment heureuse que mes fictions soient appréciées. Je suis surexcitée à l'idée de vous montrer celle-ci. J'ai tapé une intrigue intéressante, remplie d'action et de sexe, donc je suis certaine que je finirai cette fiction comme Sunshine (NdT : Sinful Seduction est déjà terminée). Tout ça, c'est grâce à vous – parce que vous êtes tous géniaux ! Vous remarquerez quelques noms étranges. Les noms de ces hommes seront révélés plus tard, mais il s'agit bien des membres de la meute traditionnelle. C'est une histoire où tout le monde est humain, dans un univers et une histoire alternatifs. Exit Twilight ! Pour la langue, j'ai utilisé le haoussa et l'ai traduit de Google Translate (ne me demandez pas pourquoi j'ai choisi le haoussa, lol). J'ai ajouté un petit dictionnaire tout en bas pour que vous n'ayez pas à traduire vous-même ! Ouaip… bienvenue dans mon esprit tortueux et amusez-vous bien !

Résumé : capturée par les barbares, Isabella Swan voit sa vie changer à jamais. Réduite en esclavage, elle est livrée à leur roi avec ordre de se plier à ses moindres désirs. Elle se refuse d'abord à lui, mais le jeune et beau souverain saura-t-il l'attirer dans son lit ? Son noble fiancé la sauvera-t-il à temps de cet homme, ou bien Isabella succombera-t-elle à sa séduction diabolique ?

Rating : cette histoire est classée M et déconseillée aux lecteurs de moins de 18 ans car elle contient des insultes, un langage cru, de la violence et du sexe !

Disclaimer : tout appartient à Stephanie Meyer… ainsi je ne pourrais jamais prétendre posséder ces personnages magnifiques.

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Sinful Seduction

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Chapitre 1 : Invasions barbares

« Les barbares arrivent ! »

Mon cœur se figea à cet instant. Assise près du boudoir, je levai mes yeux vers la forme ovale de la fenêtre. Non, pensai-je, ce n'est pas possible.

Par le passé, les barbares n'avaient que très rarement attaqué les villages du nord-ouest, mais les rares fois où cela s'était produit, ils n'avaient laissé derrière eux que des rues ensanglantées et des maisons vides. Et s'ils se sentaient d'humeur vicieuse, ils ramenaient une jeune fille avec eux en cadeau pour leur roi.

Ce jour-là, je portais une robe de soie rouge magnifique, prête à rejoindre la grand-place et retrouver l'homme qui me courtisait depuis un mois. Selon les rumeurs, le seigneur Edward était sur le point de demander ma main. Naturellement, j'étais prête à l'accepter. Edward était le noble le plus riche du village et celui qui avait le plus à m'offrir.

Il m'avait raconté ses projets : la façon dont lui et ses hommes comptaient s'y prendre pour vaincre les barbares, tuer leur roi pour s'emparer de la Langue d'Argent, et libérer le royaume de toute future attaque barbare. Je lui avais demandé ce qu'était la Langue d'Argent un jour où nous cavalions vers la prairie, l'endroit où il m'avait emmené la première fois pour notre premier rendez-vous tranquille en amoureux.

« Une Langue d'Argent est un artefact qui connaît toutes les langues de mondes, qu'elles soient secrètes ou connues », m'avait-t-il expliqué. « Grâce à la Langue d'Argent, nous pourrons déchiffrer le livre d'Azazel. Il est dit que quiconque parvient à le déchiffrer baignera dans les richesses et dominera le monde avec ses hommes. Je t'épouserai, Isabella, et ensuite nous gouvernerons le monde. Je serai le plus grand roi et tu seras la plus grande reine qu'on ait jamais connus. »

« Ma Dame ! » cria une servante. « Nous devons fuir par la porte de derrière immédiatement ! Ils ont tué votre père et capturé votre mère ! »

Je pâlis et sentis mon estomac se nouer encore davantage. « Tué… ? Capturée… ? » Avant que je ne pusse formuler une réponse intelligible, les cris de bataille me parvinrent soudain et un craquement de bois venant d'en bas me sortit brutalement de ma stupeur.

Angelina, ma servante, m'attrapa par la main et me traîna dans le couloir. Je la suivis non sans peine, ralentie par le poids de cette lourde robe de soie, trébuchant régulièrement dans mes jupes et glissant sur les marches des escaliers que nous descendions précipitamment.

Un cri retentit au loin, rapidement suivi par le son étouffé et sinistre d'une lance de barbare transperçant la chair d'un villageois innocent. En bas des degrés, une autre de mes suivantes gisait dans une mare de sang, un couteau planté dans le ventre.

Angelina lâcha un sanglot mais je la fis taire rapidement et la bouscula vers la porte de derrière. Je pouvais entendre des bruits de vaisselle cassée, signe que les barbares avaient envahi mes cuisines et étaient en train de détruire les vases coûteux appartenant à ma mère.

C'était l'été. Il faisait chaud, trop chaud ce mois-là. Des effluves de sang et de la mort stagnaient dans la moiteur de l'air ambiant. Dehors, c'était le chaos dans les rues. La place était jonchée de cadavres, de femmes et d'enfants qui criaient, et de débris provenant d'échoppes et de boutiques mises à sac.

Sonnée, je me demandai où se trouvait Edward, et s'il était en sécurité. Je me demandai si mon père était mort rapidement et sans douleur, et si ma mère était toujours en vie et si elle allait bien. « Ma Dame ! Je vous en prie ! » Angelina tira sur ma main blanche, m'attirant plus loin dans la forêt pour échapper à la horde de barbares qui étaient en train de saccager mon petit village paisible de Forks.

En général, les barbares étaient vêtus de peaux d'animal et portaient des os humains en guise de colliers ou de bracelets. Ils se laissaient pousser les cheveux très longs et couraient avec les loups, se battant de préférence à pied plutôt qu'à cheval, et utilisaient des khépesh et des dagues plutôt que des épées en fer.

Alors qu'Angelina me poussait toujours plus loin dans la forêt luxuriante, je pris peu à peu conscience de ce qui m'était arrivé tandis que ma vie se déchirait lentement sous mes yeux effarés. Des larmes importunes se formèrent malgré moi, et je me retrouvai bientôt à pleurer comme une enfant. Tout s'était passé si vite ma mère avait été capturée, mon père tué, ma maison détruite et mes richesses pillées. La réalité de ce que j'avais été et de ce que j'étais à présent me claqua comme gifle : d'une enfant privilégiée, j'étais devenue un insecte insignifiant, fuyant à travers un monde sauvage et interdit, avec une humble servante comme seule compagnie.

Je m'étouffai dans mes larmes. Angelina se retourna pour s'assurer que je ne m'étais pas blessée. Mais si de l'extérieur je ne présentais aucune égratignure, je me sentais en revanche positivement ravagée à l'intérieur.

Des hurlements de loups au loin m'arrachèrent à mon désespoir pendant une fraction de seconde, et me firent trébucher sur une racine épaisse jaillissant du sol. Dans ma chute, j'entraînai ma servante.

« Ma Dame ! Vous n'avez rien? » Me chuchota d'Angelina précipitamment. Mon cœur n'avais jamais cogné aussi vite et non loin de nous, je pouvais clairement percevoir le crissement de brindilles écrasées sous les pieds nus des barbares.

« Chut, » murmurai-je en essuyant mes larmes d'une main tremblante. « Je peux les entendre. Ils sont tout près – et tu sais ce qu'ils font lorsqu'ils trouvent des femmes qui se cachent. »

Les yeux de la servante s'écarquillèrent. « Je crois que je préfère ne pas demander, » pleura-t-elle.

Cachée derrière le buisson je regardai attentivement à travers l'enchevêtrement de feuilles pour évaluer mon environnement. Les aboiements des loups étaient toujours audibles, mais les bruits de pas s'étaient espacés, signe que nos poursuivants avaient pénétré plus loin que nous dans la forêt. « Ils en font des esclaves sexuelles. Je croyais que tu le savais. »

Un crissement de brindilles retentit de nouveau, aussitôt suivi d'un bruissement de feuilles. Angelina glapit et se mit trembler de manière incontrôlée. « Ma Dame, nous ne devons pas être capturées. Nous devons fuir ! »

« Non ! » Grondai-je en la retenant de force sur le sol au moment où elle tenta de se retourner pour ensuite s'enfoncer dans les bois. « Nous ne pouvons pas prendre ce risque. Nous ne parviendrions pas à semer les barbares. Non, la meilleure solution si nous voulons survivre et nous échapper, c'est de rester là et d'attendre qu'ils s'en aillent. Attendre qu'ils ait tous vidé les lieux. »

Angelina poussa une légère plainte. « J'ai peur, chuchota-t-elle. Je ne veux pas devenir leur esclave. »

Je ne lui parlai pas des autres histoires que j'avais entendues à propos des barbares. On racontait qu'ils vendaient leur esclave à d'autres hommes une fois qu'ils s'en étaient lassés, qu'ils violaient celles qui refusaient de se soumettre, et qu'ils exhibaient parfois leurs femmes comme des trophées au cours de leurs orgies bestiales.

J'étais déterminée à nous garder vivantes et libres et à retrouver Edward. Je voulais revoir ses cheveux brun cuivré, ses yeux verts éclatant et son sourire lumineux. Je voulais entendre son rire et sentir ses lèvres douces comme des pétales de rose caresser ma peau lorsqu'il baisait ma main chastement.

« Trois Cheveux ! » hurla une au loin. Ils parlèrent ensuite dans une langue que je ne comprenais pas. Angelina et moi nous accroupîmes derrière le buisson, nous dérobant ainsi à la vue des barbares.

« Breloque de visage pâle, » commenta un autre avec mépris en montrant un collier argenté. Je retins à grand-peine une exclamation horrifiée, ma main se posant automatique sur mon cou, là où le collier en argent de ma mère aurait dû se trouver. Il s'était certainement défait lors de ma chute, et maintenant c'étaient ces monstres qui allaient le voler.

« Boit à la Cascade, » appela l'autre. « Visages pâles…tout près. »

Ils se baissèrent et se rapprochèrent de l'endroit où nous cachions, faisant cliqueter leurs colliers d'os sur leur cou, leurs bras et leurs pieds. Je me mordis la lèvres et aperçus Angelina en train de formuler silencieusement des prières, les yeux résolument fermés.

Je décidai de suivre son exemple, courbant ma tête et laissant mes cheveux châtains tomber en rideau devant mon visage. Je commençai à croire qu'ils étaient partis, mais je me trompai terriblement. Une main curieuse fouilla le buisson derrière lequel nous nous étions dissimulées.

Je retins ma respiration et m'efforçai de rester aussi silencieuse que possible et d'éviter tout contact avec la main rugueuse. Je priai sans grand espoir qu'ils finissent par s'en aller, s'ils ne trouvaient ni n'entendaient rien, toutefois je me trompais encore.

Angelina couina soudain comme un cochon qu'on égorge lorsque la main se resserra brutalement sur sa chevelure noirs et la traîna par les cheveux hors de sa cachette. Les barbares éclatèrent de rire et celui qui s'appelait Boit à la Cascade bouscula ma servante vers son compagnon, Trois Chevaux. Celui-ci l'attrapa puis attacha ses main tremblantes avec une corde pendant que Boit à la Cascade lui tenait les bras.

Elle fut ensuite bâillonnée et jetée par-dessus l'épaule de Trois Chevaux. Je tentai de me reculer discrètement lorsque Boit à la Cascade revint près du buisson. Il me vit. Je sus qu'il me vit. Il se baissa pour être à ma hauteur, agrippa mes boucles brunes et me tira si brutalement que je sentis mon cuir chevelu commencer à saigner.

Je poussai un cri perçant m'agrippai aux mains du barbare. Trois Chevaux se tourna dans sa direction, un rictus aux lèvres, et susurra quelque chose à son compagnon. Probablement pour le féliciter de ma capture.

Je luttai furieusement tandis que Boit à la Cascade tentai de me lier les mains avec des cordelettes de cuir. Le barbare lâcha un grognement lorsque j'arrivai lui donner un violent coup de poing dans le ventre, puis se moqua de moi en m'entendant piailler de douleur lorsqu'il m'entrava les poignets en serrant beaucoup trop les liens.

« Libérez-nous ! » Sifflai-je entre mes dents. Je donnai un coup de pied à mon ravisseur tandis qu'il me hissait sur son épaule large à la peau tannée, couleur de cuivre. Il ne m'écouta pas – mais à quoi m'attendais-je de la part de ce sale barbare ? Les barbares ne montraient aucune pitié envers les visages pâles.

Je me débattais encore tout le long du chemin à travers les bois, ballotée sur son épaule comme un sac de farine. Il ne prêta aucune attention aux injures qui sortaient de ma bouche, ni à mes cris et ni à mes supplications.

« Espèce de brute ! » Braillai-je en le frappant férocement à la poitrine avec mes pieds. Boit à la Cascade ricana cruellement, leva sa main et me frappa brutalement sur le derrière, recouvert par ma robe de soie.

Sous l'effet du choc et de la fureur, je poussai un glapissement et me débattis en redoublant de force. « Monstre! » Rugis-je. « Vous brûlerez en Enfer pour ça ! » Il me fit descendre de son épaule et me porta comme un bébé d'un seul bras, le temps de sortir un bâillon de sa sacoche en cuir accrochée à son autre épaule.

C'était un morceau de tissus brun, mais avec une étrange substance blanche par-dessus. Sans me demander mon avis, le barbare me le fourra dans la bouche. J'eus le temps de lui mordre les doigts jusqu'au sang pendant la manœuvre. Cependant, sous l'effet de cette substance blanche, je commençai à me sentir somnolente, comme si mes os s'étaient dissous et tout mon corps transformé en gelée. Mes yeux papillonnèrent et se fermèrent pendant que le barbare essuyait ses doigts ensanglantés sur ma belle robe de soie.

Je le hais…Je le hais…

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Lorsque je revins à moi, l'odeur de la viande réveilla mes sens. Je soulevai ma tête de l'épaule tiède, sur laquelle j'avais bavé pendant mon inconscience, et mes yeux s'ouvrirent avec difficulté. On jouait de la musique, on cuisinait de la viande et des femmes vêtues de peau d'animal tissaient des paniers ou s'occupaient de bébés tout nus qui s'ébattaient librement un peu partout.

Je resserrais mes bras autour de l'homme qui me portait tandis que mes yeux se refermèrent. Il m'était difficile de les garder ouverts, et je me sentais encore si faible. J'ignorais où j'étais et je ne me souvenais plus tellement de l'endroit où je me trouvais avant d'être endormie de force.

Je clignais plusieurs fois des yeux, avant de mieux observer mon environnement. Mon attention fut attirée par des habitations en pierre, des tentes et d'étranges maisons de bois. Je revis les mêmes femmes qui tressaient des paniers, pendant que leurs petits garçons à la peau cuivrée couraient nus autour du feu, au-dessus duquel une autre femme faisait rôtir de la viande.

« Angelina, »,bredouillai-je en reprenant finalement mes esprits. Où étais-je ? La dernière chose dont je me souvenais était la forêt, Angelina et moi tentant de nous cacher des barbares.

J'examinai le corps de l'homme qui me portait. Les larges épaules cuivrées, de longs cheveux noirs noués en tresse grossière qui lui atteignait les hanches. Je levai mon regard vers son visage calme. C'était Boit à la Cascade.

Aussitôt, l'horreur m'envahit et je commençai à me débattre, lorsque je vis Trois Chevaux porter ma servante évanouie sur son épaule. « Reste tranquille, » me siffla Boit à la Cascade. « Presque arrivés. »

Mon cœur battait dans ma poitrine. Inutile de me débattre parce que je savais déjà que je n'échapperais pas aux bras de Boit à la Cascade. Et même si j'y parvenais, on me rattraperait vite. Après tout, j'étais au royaume des barbares. J'étais piégée et considérée comme une paria.

Les larmes avaient séché sur mes joues. Incapable de m'en empêcher, je me mis à pleurer dans les bras de ce monstre jusqu'à ce que mes larmes se tarissent. Je m'étais jurée de ne pas être capturée. Je ne pouvais pas devenir leur esclave sexuelle.

J'étais promise à Edward, ce que j'étais déterminée à garder dans mon cœur et à l'esprit. Nous atteignîmes ce qui semblait être un château : un édifice en pierre monumental avec un pont-levis surplombant une rivière d'eau fraîche qui traversait le royaume barbare.

Des enfants y nageaient, des femmes y lavaient leur linge, et des hommes y buvaient ou y pêchaient. Nous traversâmes le pont, moi dans les bras de Boit à la Cascade, et Angelina dans ceux de Trois Chevaux qui ouvrait la marche. Nous marchâmes dans un hall grouillant de barbares plus riches, certains portant colliers des joyaux autour de leur cou à la place d'osselets. Ils s'esclaffaient, assis devant plusieurs rangées de tables, se bâfraient de cuisses de poulet rôti et attrapaient la nourriture avec leurs mains dégoûtantes.

Dès qu'ils virent Trois Chevaux et Boit à la Cascade, ils lancèrent des acclamations bruyante. « Des femmes ! Encore des femmes ! » Beugla l'un d'entre en montant sur la table et en levant sa bière vers le ciel. Je le toisai tandis que le liquide marron tremblotait dans sa chope, puis coula le long de son bras.

Répugnant. Ils étaient tous répugnants, chacun d'entre eux.

J'entendis soudain des pleurs et aperçus Angelina qui sanglotait sur l'épaule de Trois Chevaux. Elle s'était réveillée et avait pris conscience de l'endroit où elle était. Je me sentis malade pour elle. J'enfouis mon visage dans l'épaule de Boit à la Cascade et tentait de faire abstraction des commentaires et des appels graveleux.

Trois Chevaux souleva les jupes d'Angelina et exhiba son derrière à la foule. Elle hurla et battit des jambes, ses grands yeux marron se remplirent des larmes honte et d'humiliation. « Arrêtez ! Arrêtez ça ! »

Trois Chevaux poussa un rire tonitruant et suivit Boit à la Cascade. Ils montèrent des escaliers de pierre, poussèrent la toute première porte à droite et pénétrèrent dans une grande pièce. L'endroit était rempli d'une multitude de femmes, certaines étaient des visages pâles, d'autres d'origine barbare. Mon porteur me laissa tomber par terre à côté d'une fille qui tremblait dans un coin, puis me détacha. Je me dégageai de lui immédiatement et me réfugiai près d'Angelina que Trois Chevaux avait aussi libérée.

Ils échangèrent quelques mots dans leur langue à voix basse, puis éclatèrent de rire. L'expression sur le visage de Trois Chevaux me donna presque envie de me moquer de lui, mais je tremblais à l'idée ce qu'il pourrait me faire. Toutes les autres filles dans la pièce avaient l'air absolument terrifié.

Les barbares sortirent de la chambre et refermèrent la porte à clef derrière eux. Je jetai un regard à Angelina. Soudain, une des filles qui venaient du monde civilisé se leva et s'avança vers nous. Ses cheveux avaient la couleur du miel doré. « Un nouveau raid, je suppose, » dit-elle en fronçant les sourcils. « Quelle misère. Vous semblez être des dames de haut rang. D'où venez-vous ? »

Je me raclai la gorge et humectai mes lèvres sèches. « Forks. »

La beauté blonde en demeura bouche bée. « Je ne savais pas qu'ils avaient poussé jusqu'aux villages du nord-ouest. Je viens d'un hameau du nord-est, appelé York. Ils aiment bien lancer leurs attaques dans cette région. On y trouve beaucoup de richesses et pour être honnête, je me demande pourquoi je n'ai pas été capturée plus tôt. Mon père était l'un des hommes les plus riches de York. »

Elle s'assit en face de moi en soulevant sa robe en peau d'animal sur ses genoux, avant de pointer la mienne du doigt. « On dirait bien que tu as connu le même sort, pas vrai ? »

Je fronçai les sourcils en inspectant mon état : ma robe de soie rouge n'était plus du tout jolie et brillante, mais déchirée et couverte de boue. Je grommelais : « Oui ! Ils nous attaqués au pire moment possible. »

Elle me tendit la main. « Bienvenue à vous deux. Je suis Rosalie. »

Je serrai en premier la main de Rosalie. « Isabella. »

Puis ce fut le tour d'Angelina. « Je suis la servante d'Isabella, Angelina. »

« Ravie de faire votre connaissance, » reprit la blonde. « Elles, ce sont les dames du harem. » Elle commença à nous désigner quelques filles. « Voici Alice, Jezabel, Jane, Sulpicia, Athenodora, Didyme, Emilia, Cecilia et Claire. Il y en a d'autres, mais elles sont sûrement occupées avec des hommes en ce moment. »

Et elle disait cela avec une telle nonchalance, comme si s'occuper d'un barbare était un simple mode de vie.

« C'est un mode de vie, » murmura Alice en se glissant près de Rosalie. Alice avait un corps gracile, des cheveux bruns, longs jusqu'aux épaules, et un visage anguleux. « Nous sommes ici depuis des années. Parfois, ce n'est pas si terrible de vivre au harem … mais au début, nous avons toutes commencé avec des hématomes. »

Je haletai d'horreur. « Ils vous violent ? »

Rosalie haussa les épaules. « Disons qu'ils nous prennent quand l'envie leur prend. C'est dans leur coutume d'avoir des femmes à disposition pour coucher avec quand ils en ressentent le besoin – ceci dit, les guerriers en disposent plus que les roturiers. Si un guerrier veut épouser une fille du harem, elle ne peut pas refuser. »

Mon visage vira au rouge et je secouai la tête. « Il est hors de question que je laisse cette horde de pourceaux me passer dessus. Je me suis engagée à un homme de mon village. »

« Il est probablement mort, » me fit observer doucement Alice. « Les barbares tuent tous les hommes qu'ils trouvent dans les villages. »

Une vague de nausée m'envahit et me plia en deux, et je me retrouvai les mains plaquées sur mon estomac. « Je ne me soumettrai pas. »

« Oh non ! » S'écria Rosalie. « Pour fille du harem, rejeter un homme équivaut à une insulte grave. C'est une sorte de tabou dans leur tradition barbare. Mais ne t'inquiète pas – nous ferons de notre mieux pour t'apprendre nos coutumes. Tu as un si joli minois, je ne supporterais pas de le voir meurtri. »

Les filles battirent brusquement en retraite dans leur coin crasseux lorsque la porte se rouvrit et laissa entrer Trois Chevaux, accompagné de deux hommes. Cette fois-là Boit à la Cascade n'était pas présent.

Ils parcoururent la pièce du regard. Trois Chevaux me pointa du doigt, puis Angelina, et les deux hommes approuvèrent du chef. Il désigna ensuite le reste des femmes de sa main, alors les deux hommes s'avancèrent pour choisir leur filles. Le premier, le plus grand et le plus costaud des deux, saisit la fille la plus frêle et la plus petite de la salle. Je crus me souvenir de son nom, que Rosalie m'avait indiqué : Emilia.

Quant à l'autre, plus efflanqué et l'air plus doux, choisit la femme la plus plantureuse, Dydime. Celle-ci n'était pas une visage pâle comme Rosalie et moi. Les filles attendirent dans le couloir avec leurs hommes, tandis que Trois Chevaux discutaient avec eux, tout en me me jetant des regards de temps à autre.

« Griffe de Tigre, » commenta Trois Chevaux en me dévisageant, et les deux hommes ricanèrent. « Danse avec les Loups et Griffe de Tigre ? »

Ses compagnons acquiescèrent avec vigilance. Ils semblaient être parfaitement unanimes sur quelque chose. Rosalie s'approcha de moi discrètement. « Il vient de te nommer Griffe de Tigre d'après ton esprit. Il semblerait que tu aies salement amoché Boit à la Cascade. Il dit que tu as du cœur et de l'esprit. »

Le fait d'avoir blessé mon ravisseur me fit sourire, mais au fur et à mesure qu'ils parlaient de cet autre personnage, ce type au loup dansant, je devins plus intriguée. « Qui est Danse le Loup ? » la questionnai-je.

Rosalie renifla et ses grands yeux verts obliquèrent vers l'endroit où se tenaient les hommes en pleine discussion. « Tu veux dire Danse avec les Loups ? C'est la personnalité la plus importante – tu devrais pourtant savoir qui il est, Isabella. »

Je la considérai. « Très bien. Alors qui est-ce ? »

« Le roi des barbares, » souffla-t-elle. « Son nom est Danse avec les Loups. Je pense que Trois Chevaux envisage de… oh mon Dieu ! »

« Quoi ! » sifflai-je. « Que se passe-t-il ? Que disent-ils ? »

Rosalie m'ignora. « Je ne me suis retrouvée qu'une seule fois avec Danse avec les Loups. Il était superbe, mais d'une humeur de taureau qu'on aurait enfermé dans une pièce rouge. »

« Oh, » bafouillai-je. « Rose, de quoi est-ce qu'ils… »

« Rose, » susurra Trois Chevaux. « Viens. Ku zo nan. Wannan mutum yanã son ya kwanta ka dab da Emilia. »

Elle quitta sa position et se dirigea vers l'homme massif. Elle s'accrocha ensuite à son bras et roucoula à son intention de façon séductrice, me plantant là, par terre à côté d'Angelina, complètement ahurie. Je connaissais pas leur langue mais voir Rosalie si complaisante me révulsait.

Trois Chevaux me coula un regard et marcha en direction de l'endroit où je me trouvais. Angelina se roula en boule vers arrière le barbare lui adressa un rictus moqueur avant d'attraper mon bras et de me redresser sur mes pieds en me tirant d'un coup sec. « Toi, venir 'vec moi. »

Mes yeux s'écarquillèrent tandis qu'il me traînait derrière lui. Je plantai mes talons nus sur le sol de pierre et le força à s'arrêter. Trois Chevaux eut l'air ennuyé. « Vous parlez la Langue Commune ? »

« Pas de temps pour s'asseoir bavarder, farar fata karuwa, » me cracha Trois Chevaux. « Il t'attend. Toi être chanceuse de le servir. »

Mes yeux s'élargirent encore et je sentis des flammes parcourir mes veines. J'arrachai mon bras de sa poigne. Il se retourna, surpris et furieux. « Je refuse. Je n'irai pas. »

Toutes les filles dans la salles haletèrent et tout le monde se tut. Avant que je ne puisse me rendre compte, Trois chevaux me frappa au visage. Je vacillai sous le choc et la douleur, ma main se portant instinctivement à ma lèvre. Elle s'était fendue. Du sang tomba par goutte sur mon menton.

« Toi pas parler comme ça à moi, » grogna-t-il. « Toi pas parler comme ça à ton maître. Kariya ! Toi être chanceuse que je ne suis pas ton maître. »

La choc de l'attaque m'avait tellement étourdie que je le suivis sans me débattre lorsqu'il m'empoigna le bras et m'entraîna à travers les couloirs. Il y faisait sombre, chaud, et ils étaient longs. Je ne pouvais pas voir où j'allais. Les torches qui illuminaient les murs de pierres me laissaient voir des toiles d'araignées et des taches de sang dégouttant sur les briques.

Cet endroit était mon pire cauchemar, mon Enfer.

Une autre pièce immense se trouvait à l'autre bout du couloir, gardée par deux grandes portes. Par-dessous la porte, je voyais la lueur ténue et vacillante d'un feu de cheminée, et entendais le léger tintement de verres de vins et le cliquetis des bijoux.

Trois Chevaux toqua à la porte et baragouina quelque chose dans sa langue à la personne qui se trouvait là. Une voix grave et veloutée répondit de l'intérieur. Trois Chevaux poussa la porte et me jeta à terre.

Je poussai un halètement et et tendis mes mains vers l'avant pour amortir ma chute. Un fauteuil immense en peau d'animal se tenait devant le feu. De mon nouveau maître, je ne pouvais voir le visage mais seulement un bras herculéen, couleur de bronze, musclé et tatoué.

Trois Chevaux s'avança et déclara à son chef : « Me suis dit qu'elle te plairait. » Ils rirent et Trois Chevaux montra au maître des lieux le sac remplis d'objets de chez moi qu'ils avaient pillés. Des assiettes délicatement ouvragées en porcelaine, de la vaisselle, des bijoux, de l'or et des coupes en argent fin. Je lâchai un grognement de dégoût.

« Sortez, » ordonna l'homme sur sa chaise, et la seconde d'après, Trois Chevaux avait déjà passé la porte. Quant à moi, j'étais toujours affalée sur le sol. Je n'étais pas assez forte pour espérer m'enfuir, mais mes yeux et mon cœur étaient toujours ceux d'un tigre, et à cet instant, tous deux brûlaient de rage.

Il se leva de sa chaise et, une fois debout, me parut gigantesque – sa taille atteignait presque deux mètres. Puis il baissa ses yeux sur moi. Je me redressai sur mes genoux et regardai ailleurs. « Y t'appellent Griffe de Tigre, » susurra-t-il. « Tu sais pourquoi ? » Je secouai la tête, refusant toujours de le regarder.

« Y pensent que t'es forte, » conclut-il. « Un homme fort a besoin d'une femme forte. »

J'entendis ses pas marteler le sol tandis qu'il s'approchait de moi. Il passa sa main dans mes cheveux et je me raidis, attendant la douleur qui jaillirait lorsqu'il me les empoignerait brutalement. Mais la douleur n'arriva pas. Il fit doucement tourner ma tête vers la sienne.

Mes yeux s'écarquillèrent et j'eus le souffle coupé. C'était le plus beau spécimen masculin que j'avais jamais vu. Ses longs cheveux étaient noués en une lourde tresse qui lui atteignait les hanches. Ses yeux, tout comme ses cils, étaient d'un noir profond, ce qui assombrissait encore son visage. Il avait des lèvres brunes et pleines, son menton saillant était marqué d'une fossette, et des pommettes bien définies qui rehaussaient son visage de mâle, que la lueur des flammes soulignait parfaitement.

Son doigt volumineux trouva mes lèvres et caressa le sang qui les maculaient. « Comment tu t'es fait ça ? » me demanda-t-il. J'étais si troublée que je ne pus trouver mes mots. Je désignai la porte du regard. « Trois Chevaux ? »

Je hochai la tête et il grinça des dents. « Ce chien ferait mieux de battre ses propres putains, » pesta-t-il en me relevant par le bras.

Je me tins devant lui, faible et gênée dans ma robe rouge souillée. Il recula d'un pas et me jaugea du regard. Enfin, il se débarrassa de sa veste en fourrure, révélant son torse large et musclé ainsi que ses muscles abdominaux, si marqués qu'on aurait pu croire qu'ils pouvaient râper du fromage. Je m'empêchai de défaillir devant la beauté brute qui émanait de cet homme.

Soudain, il leva la main et déchira un pan de ma robe de soie rouge. Je poussai un glapissement et fis un bond en arrière. « Mais qu'est-ce que vous faîtes ? » m'exclamai-je avec horreur. Il inclina la tête, cherchant manifestement à comprendre. Ses mains descendirent de sa poitrine pour dénouer le pagne qui recouvrait sa virilité.

« Non ! » Je levai mes mains pour le stopper dans son mouvement, et me réfugiai près du lit du barbare, avant de m'agripper aux couvertures de fourrure.

Il me considéra comme si j'avais soudain deux têtes qui venaient de pousser sur les épaules. « Non ? » demanda-t-il d'un air confus. « Non ? »

Ses mains retombèrent de son pagne alors qu'il plissait les yeux et se mordit la lèvre. Mon cœur battait la chamade. Vivement, il bondit sur moi. Je hurlai et tentai de me dérober mais il était trop rapide.

Il me plaqua sur le lit, souleva mes jupes, tentant de trouver son chemin jusqu'à mes sous-vêtements. « Tiens-toi tranquille ! » m'ordonna-t-il de sa voix caverneuse

Mes yeux se remplirent de larmes lorsqu'il inséra un doigt en moi. Il émit un son particulier, comme s'il venait juste de trouver la réponse à un mystère qu'il aurait étudié pendant des jours. Il retira son doigt et le porta à sa bouche, entrouvrant ses lèvres brunes et douces et introduisant son doigt humidifié dans sa bouche.

Ce geste me surprit tellement que je ne songeais plus à bouger, ni à crier. Des étincelles me picotèrent non loin de l'aine lorsque ses yeux croisèrent les miens, tandis qu'il léchait mon nectar sur ses doigts comme s'il s'agissait d'un vin de qualité. De toute ma vie, c'était l'expérience la plus érotique que j'avais jamais vécu.

Il sortit son doigt de sa bouche et posa sa main près de ma tête. « Vierge, » murmura-t-il, avant d'éclater d'un guttural. Il se recula de moi, riant toujours, puis attrapa une pile de fourrure qu'il me jeta, avant de boire une gorgée de vin. « Habille-toi, budurwa. Je ne te prendrai pas cette nuit. »

Il s'enfonça dans son fauteuil. Mon cœur accéléra. Ce n'était pas un rêve. J'étais bien dans un château barbare, tassée indécemment dans un coin de la chambre de l'un d'entre eux et vêtue d'une robe déchirée, après avoir été choisie pour devenir sa putain.

Je ne pouvais pas faire cela.

Je refusais de faire cela

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Dictionnaire Haoussa : (pour les traductions françaises des passages en haoussa, je les ai faites à partir des traductions anglaises réalisées par l'auteur)

Ku zo nan : viens ici

Wannan mutum yanã son ya kwanta ka dab da Emilia : cet homme veut vous prendre toutes les deux, Emilia et toi.

farar fata karuwa : putain blanche

Kariya : salope

Budurwa : vierge

NdA : Merci d'avoir lu jusque-là. N'hésitez pas à laisser vos impressions. Personne n'a encore jamais écrit une fic de ce genre dans le fandom J/B, donc j'attends vos réactions et vos opinions avec impatience. Merci !

NdT : Voilà, c'est la première fois que je me lance dans la traduction d'une fic aussi longue. N'hésitez à me signaler toute phrase ou expression qui vous paraîtrait étrange. :)

Courtney xx