Note de la traductrice : bonjour tout le monde, voici le nouveau chapitre de Sinful Seduction, en espérant qu'il vous plaise. Je pense publier tous les quinze-dix jours en fonction de l'état d'avancement de mon travail. Si je finis plus tôt que prévu et si je suis motivée, je raccourcirai les délais. En tous cas, merci pour les reviews que vous m'avez laissées, je vais de ce pas y répondre.

RAR :

tytyp: bonjour, merci d'avoir laissé une review, j'espère que tu adoreras autant la suite.

Unkown lector : bonjour, merci beaucoup de ta review et du compliment. Je pense publier environ tous les quinze/dix jours :)

Skye : bonjour, merci beaucoup de ta review. Je pense que tu ne seras pas déçue par le reste de l'histoire.

Waina : bonjour, ça me fait plaisir que tu aies laissé un commentaire en dépit de tes préférences. Je ne sais pas si je vais te voir dans les prochains chapitres, mais je te remercie pour ce commentaire positif.

Guest : bonjour, merci pour ta review. Il y a trente chapitres au total.

Voilà, Bonne lecture tout le monde

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Sinful Seduction

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Chapitre 2 : Hématomes

Le lendemain matin, je me réveillai dans un lit chaud et confortable. Je ne me rappelais pas comment j'étais arrivée ici, ni par quel moyen je me retrouvais vêtue de draps en peau de bête. J'ouvris les yeux et analysai mon environnement. J'étais toujours dans sa chambre. Avait-il profité de moi pendant la nuit ? J'attendis la douleur caractéristique entre mes jambes, mais elle ne vint point.

Le soulagement m'étreignit.

En rejetant la peau d'ours qui me servait de couverture, je me rendis compte à quel point ma tenue vestimentaire était misérable. Le tissu de ma robe ne couvrait plus guère mes seins et mes jambes. Je savais qu'il faisait chaud là où nous étions, mais c'était une honte d'être habillé comme cela. Si mon père pouvait me voir ainsi, il se retournerait sûrement dans sa tombe.

On toqua lourdement à la porte, ce qui me fit sursauter. Il entra dans la chambre à grandes enjambées, vêtu seulement de culottes en peau d'ours et d'un pagne en peau de daim. Un collier d'osselets pendait autour de son cou et des plumes étaient piquées dans les entrelacs de sa longue tresse. Des motifs rouges et des lignes noires s'étalaient sur son visage, comme si on les avaient tracées à la peinture.

Je baissai les yeux pour voir ce qu'il portait dans ses mains. C'était une robe diaphane faite en tissu doré. Il me la tendit en me regardant avec impatience. Je me glissai doucement hors du lit et la pris avec hésitation. Dès qu'elle fut dans mes mains, il se tourna et s'assit sur son fauteuil.

Devais-je me changer devant lui ? Je me reculai dans un coin de la pièce et ôtai lentement le haut de ma tenue. Il jeta un regard dans ma direction tout en sirotant son vin, ses yeux caressant de loin ma peau blanche. Je grognai de désapprobation. Il gloussa et reporta son attention sur son vin.

« Tu es gênée, » me dit-il de sa voix grave et douce. « Le corps des femmes n'a aucun secret pour moi. »

J'écarquillai les yeux et me sentis rougir des joues. Une fois le haut enlevé, j'enfilai la robe. Elle était très belle, mais affreusement révélatrice. De bandes de tissu doré recouvraient mes seins et la jupe arachnéenne ne cachait pas grand-chose de mes jambes. Sans les sous-vêtements dorés, il aurait pu tout aussi bien m'obliger à marcher à demi nue.

Il me regarda lorsque j'eus fini. « C'est bientôt le premier service, » grommela-t-il. Ses yeux magnifiques parcoururent mon corps de haut en bas. Je croisai les bras sur ma poitrine et il gloussa de nouveau. « Budurwa. »

Je le fixai en rougissant. Je ne connaissais même pas le nom de cet homme, et pourtant il voulait déjà coucher avec moi. « Comment vous appelle-t-on ? »

Il prit une autre gorgée de vin, ses yeux faisant quelques allers-retours entre les murs et moi. « Femme de ton rang n'a pas à demander ça. »

J'eus l'impression de recevoir un coup de poing dans le ventre. À Forks, j'étais traitée avec tant de respect. Les hommes qui se présentaient à moi me donnaient leur nom afin que je me souvienne d'eux et éventuellement les laisser me courtiser. Mais désormais, ici, j'avais l'impression d'être une tache sous la semelle d'une chaussure, un fardeau.

Je mis mes poings sur les hanches et lui jetai un regard noir. « Vous êtes assis là, exigeant de moi je devienne votre putain, et vous n'avez même pas la décence élémentaire de me dire votre nom ? » Lançai-je d'un ton furieux. « C'est vraiment trop fort. »

Il haussa les sourcils à ma réplique et ses yeux brillèrent d'amusement. « Tu me cherches, » commenta-t-il. « Trois Chevaux avait raison. Femme forte, tu l'es vraiment. »

Il se releva en repoussant son fauteuil en peau d'ours. Il fouilla dans sa poche et en retira un long collier en or. C'était le plus beau bijou que j'avais jamais vu. Il le fit passer au-dessus de ma tête, puis repoussa une mèche de cheveux châtains qui retombait devant mes yeux. « Un cadeau ? » demandai-je.

Il hocha la tête et le coin de sa bouche s'étira lentement. « Na'am, Griffe de Tigre. Un cadeau de Danse avec les Loups. »

Ma bouche s'ouvrit légèrement. Je me remémorais l'histoire que Rosalie m'avait racontée dans le harem, à propos du roi des barbares, Danse avec les Loups et son tempérament bien volcanique. J'étais presque terrorisée de relever les yeux vers lui, mais je me forçais. Il était là, tangible, debout en face de moi.

« Votre nom, » murmurai-je. « C'est… c'est Danse avec les Loups ? »

Il acquiesça fièrement.

Je déglutis avec difficulté comme si j'avais une boule dans la gorge. « Vous… vous êtes le roi des barbares ? »

« Oui, » répondit-il d'abord. Il reprit sa coupe de vin puis le sirota sans me lâcher une seule fois du regard. « Je suis le roi. Mais si tu le souhaites, tu peux m'appeler Jacob. »

Je clignais des yeux. « Jacob? C'est un prénom commun. »

Il haussa les épaules. « On reçoit tous un prénom commun à la naissance ainsi qu'un prénom barbare, comme ça se dit chez tes semblables. Par exemple, le prénom commun de Trois Chevaux, c'est Paul, et celui de Boit à la Cascade, Embry. On préfère être appelé par nos noms barbares, parce qu'ils nous reflètent tels qu'on est. Le père d'Embry était un gros alcoolique, alors quand il est né, on lui a donné le simple nom de Boit à la Cascade pour qu'il n'ait pas le nom d'alcoolique. Pour Paul, comme il a été vendu par son père contre trois chevaux, on lui donné ce nom-là. »

J'en demeurais bouche bée. « Je ne savais pas. »

Jacob soupira et reposa sa coupe sur une table en bois de cerisier. « Par contre, m'avertit-il, si tu m'appelles par mon nom commun en public, ou devant qui que ce soit d'autre, il y aura des conséquences. »

Il tourna les talons et s'apprêtait à partir lorsque je l'appelai : « Attendez ! Je suis Isabella, pas Griffe de Tigre. »

Jacob n'avait plus l'air amusé. « On doit y aller. »

Je serrai étroitement mes bras contre ma poitrine et le suivis à travers les longs couloirs sombres jusqu'à ce que j'entende le son des bavardages et des cliquetis d'assiettes provenant de l'immense salle à manger. Je restai immobile tandis que Jacob rentrait en premier.

Le silence se fit dans la salle. Il ouvrit grand les bras et sourit, puis les ovations recommencèrent. Il prit place au bout de la table et fut instantanément servi en nourriture. Cachée dans l'ombre du corridor, je contemplai la pièce immense qui baignait dans la lumière. Quelques filles du harem étaient assises sur les genoux de leurs hommes et leur donnaient la nourriture avec sensualité, mais je ne voyais ni Angelina, ni Rosalie, ni Alice.

Je m'avançai timidement dans la lumière. Les hommes pouvaient me voir à présent. Certains me huèrent tandis que d'autres tentèrent de m'attirer vers eux. Jacob se tourna lentement vers moi, nos regards se croisèrent. « Mange, » me dit-il, inclinant la tête en direction du siège à côté de lui. Vide.

Je fis lentement le tour de la table en m'efforçant de cacher mon embarras lorsque les hommes beuglèrent comme des bêtes sur mon passage. Soudain, un homme prit ma place. Je le fusillai du regard avant de chercher Jacob des yeux. Mais celui-ci ne me prêta aucune attention : une des filles du harem était assise sur ses genoux, occupée à lui donner à manger.

Je ne connaissais pas cet homme. Il me plaqua brusquement sur ses genoux et me fit signe de manger. Comme cela semblait être une coutume barbare, je ne bronchai pas. L'assiette en porcelaine, qui ressemblait fort à celles que l'on avait volées chez ma mère, était remplie de pommes de terre frites et de saucisses. Je pris la fourchette et piquai dans une des pommes de terre.

Je n'étais pas très bien installée sur les genoux du barbare, de plus il gigotait assez souvent. Je tentai de faire abstraction de ses doigts qui tripotaient mes cuisses. « Donne-moi à manger, » m'ordonna-t-il. Je frissonnai et d'une main tremblante, portai une saucisse à la commissure de ses lèvres. Sans me quitter des yeux, il en croqua un bout et poussa un grognement de satisfaction.

J'étais écœurée. Je me détournai de lui pour manger le reste de mes pommes de terre. « Encore, » exigea-t-il. Je l'ignorai et ne m'occupais que de ma propre pitance. Après tout, il avait des mains et il pouvait se nourrir tout seul s'il le voulait.

Il s'agita encore puis soudain, sans aucune raison ni avertissement, il m'empoigna, me força à écarter les jambes, et plongea ses doigts dans mon intimité. Je hurlai et bondis sur mes pieds immédiatement avant de le gifler de toutes mes forces.

Un silence de plomb s'abattit alors dans la salle tandis que l'homme poussait des jurons et recrachait un peu de sang coulant sur ses lèvres. Il me toisa avec haine, puis se jeta sur moi. Ses mains se verrouillèrent autour de mon cou et il commença à m'étrangler.

Je suffoquais, cherchant en vain cet air dont il me privait en resserrant ses doigts autour de mon œsophage. Sous l'effet de l'étranglement, mes yeux s'ouvrirent en grand et mes joues prirent une teinte cramoisie. Personne ne disait rien.

« Comment oses-u me manquer de respect dans ma propre maison, chienne de kariya ! » Rugit-il en resserrant encore – si c'était possible – sa poigne autour de mon cou et me souleva du sol.

Je dardai mon regard vers Jacob, attendant de lui qu'il dise quelque chose. Mais il ne dit rien, et avait détourné les yeux vers le coin de la pièce.

Enfin, il me lâcha et je chutai lourdement sur le sol. Le sifflement de ma respiration hachée résonna dans toute la salle. J'étais humiliée, blessée, et mon orgueil était en lambeaux. Ma souffrance provoqua l'hilarité de mon agresseur.

Je me forçai à me redresser, alors que le monde tournait autour de moi, puis courus à toutes jambes hors de la salle. Jacob se frotta les temps et soupira. Je fis la sourde oreilles à ses appels lorsqu'il m'ordonna de m'arrêter. Je pleurai tant que je ne voyais plus rien autour de moi et ne pouvais me focaliser que sur la douleur autour de mon cou ainsi que sur les larmes salées qui inondaient mes joues.

Je me remémorais vaguement l'endroit où était situé le harem. Je m'y précipitai, mes pieds nus battant le sol en pierre froide, animée par le seul désir de me réfugier dans les bars réconfortants d'Angelina et de Rosalie. J'aperçus finalement la grande porte en bois sur la première entrée à droite dans les escaliers de pierre.

Je me ruai à l'intérieur et tombai dans les bras de fer d'Embry, ou Boit à la Cascade. Je poussai un cri et essuyai mes yeux avant qu'il ne puisse voir que je pleurais. Il me remis sur mes pieds avant de m'examiner attentivement du regard. « Tu pleures, » observa-t-il.

Je le dépassai et me jetai dans les bras d'Angelina. « Oh ! Ma Dame ! » S'exclama-t-elle en me caressant doucement les cheveux.

« Il faut qu'on s'échappe d'ici ! » Gémis-je, mais elle secoua tristement la tête.

« C'est impossible désormais. Boit à la Cascade m'a choisie comme maîtresse… et il ne me lâchera pas des yeux, » m'expliqua-t-elle calmement.

Cette révélation me glaça. Je jetai un coup d'œil derrière moi : il l'attendait effectivement dans le couloir. Je me retournai vers Angelina. « Et tu le laisses faire ? »

Elle retroussa ses manches pour me révéler une série de taches violacées qui s'étalaient sur sa peau fragiles. « Il le faut bien, ma Dame. » J'étais horrifiée. Elle rabaissa ses manches, rouge de honte.

« Qui t'a fait cela ? » m'indignai-je.

Angelina m'étreignit à nouveau. « Je ne veux pas que vous vous inquiétiez pour moi, » me chuchota-t-elle. « C'est mon travail. »

Je m'effondrai contre elle. « Je le déteste. Ô mon Dieu, je le hais tellement, Angelina. Il a laissé un de ses hommes m'étrangler devant tout le monde n'a rien dit pour l'arrêter, » lui racontais-je en sanglotant à présent.

« Ange, » roucoula doucement une voix basse.

Angelina soupira et m'embrasse sur la joue. « Il me réclame, » me dit-elle en chuchotant dans l'oreille. « Vous êtes forte, bien plus forte que moi… gardez la tête haute ma Dame. »

Elle se dégagea et rejoignit Embry dans le couloir. Il déposa un baiser sur sa tempe et la dirigea vers l'extérieur, une main posée fermement sur son derrière. Je sentis une vague de nausée monter en moi. Les autres femmes m'observaient.

Je reconnus Alice lorsqu'elle sautilla vers moi. « Isabella, c'est ça ? » Demanda-t-elle. Je hochai la tête et baissais les yeux aux sol. Elle poussa un halètement et je frémis au son de cette inspiration brutale. « Qui t'a fait ça ? »

Je me rendis compte qu'elle parlait des ecchymoses en forme de main qui commençaient à apparaître sur mon cou. « On m'a étranglée, » répondis-je d'un ton maussade. « Purement et simplement. »

Alice se mordit la lèvre. « Oh, ma chérie, » murmura-t-elle. « Ça doit te faire un mal de kariya. C'est ton maître qui t'a fait ça ? »

Je hochai la tête en signe de négation. « Non, c'était un autre. Mais mon maître n'a rien dit pour me défendre. »

Alice me guida vers son petit lit et me fit assoir dessus. Elle possédait un bol en bois rempli d'une crème étrange couleur violette. Elle en cueillit un peu sur deux doigts et me la tendis. « C'est un soin pour les hématomes, » précisa-t-elle. Je penchai la tête et la laissai étaler l'onguent sur mon cou. « Je l'utilise quelques fois. »

Je lâchai un rire sans joie. « Je parie qu'il est devenu indispensable. »

Alice haussa les épaules. « Et bien non : tant que tu fais attention, que tu te montres respectueuse et obéissance, on n'en a pas nécessairement besoin. Les barbares ne blessent que lorsqu'ils y sont obligés… ou bien pendant leurs cérémonies. »

« C'est des conneries, » crachai-je en plissant les yeux.

Elle souffla et inclina encore ma tête pour mieux accéder à mes meurtrissures. « Isabella… qui est ton maître ? »

Je faillis balancer le nom de Jacob pour me venger de lui, mais je me retins à temps : mieux valait ne pas le provoquer pour qu'il m'étrangle à son tour. « Son nom est Danse avec les Loups, » répondis-je.

Toutes les filles du harem poussèrent des exclamations de surprise et lâchèrent ce qu'elles étaient en train de faire pour tourner leur attention vers moi. Alice se plaça devant moi et me considéra avec confusion. « Danse avec les loups ? Le roi ? Ô Dieux ! Il ne prend pas souvent de putains… et jamais aucune maîtresse. Je crois bien qu'il n'a choisi que deux filles dans toute cette pièce… Rosalie et Athenodora. »

Une jeune femme frêle et ravissante s'avança et sourit timidement. Alice me la présenta : c'était Athenodora. Ses cheveux blonds lui atteignaient les reins et ses yeux étaient bordés de cils clairs, les plus longs que j'avais jamais vus.

Alice déglutit avant de revenir à moi. « Comment t'a-t-il traitée ? Est-ce qu'il a déjà couché avec toi ? »

« Je l'ai refusé, » répondis-je en rougissant.

De nouveau, tout le monde lança des exclamations stupéfaites, y compris la douce Athenodora, qui n'avait pas l'air d'avoir plus de seize ans. « Et comment a-t-il réagi ? » Me questionna-t-elle. « Est-ce qu'il a été très fâché contre toi ? »

Je secouai la tête. « Non, il m'a laissée dormir. »

Ma réplique les fit sursauter pour la troisième fois. Athenodora plaqua une main contre sa bouche, ses yeux bleus grand ouverts sous le choc. « C'est incroyable. Comment as-tu fait pour le persuader ? » Me demanda une autre femme, Sulpicia.

Mon teint vira au pourpre au souvenir gênant de ce qu'il m'avait fait dans le lit la nuit précédente. « J'ai hurlé, et il a découvert que j'étais vierge. »

Athenodora fronça les sourcils et fit la moue. « Et bien, il ne s'était pas tellement gêné pour me prendre ma virginité à moi. » Mais ses jolies lèvres roses s'étirèrent en un doux sourire rêveur. « Cependant, je n'aurais pas pu rêver mieux comme amant. C'est vraiment un excellent partenaire. »

Les filles s'attroupèrent autour d'Athenodora. « Dis-nous en plus sur lui, » la pressa Alice. « C'est l'homme le plus beau de la terre. Je mourrais pour être dans ses bras, ne serait-ce qu'un instant. »

Je me renfrognais en entendant toutes ces louanges adressées à Jacob. Il était abominable, même en rêve je reviendrais jamais là-dessus. Le sexe n'évoquait rien pour moi puisque j'étais parfaitement vierge de ce côté-là. Malgré tout, je m'assis et écoutai le récit d'Athenodora.

Elle rosit et repoussa négligemment ses cheveux qui lui gênaient les yeux. « Il a une bouche, mais une bouche… Oooh ! Je vous jure que c'était assez pour me faire perdre la tête sans même qu'il me touche. » Un grognement appréciateur parcourut l'assistance exclusivement féminine et quelques filles s'éventèrent.

« J'adore les histoires cochonnes, » ronronna Sulpicia.

Athenodora poursuivit. « Il a les doigts les plus longs et la langue la plus agile que je connaisse. Et oh là, là ! Sa queue était juste…

« Stop ! » Braillai-je. « Je ne veux rien entendre de plus. » Mon visage était écarlate et mon nez plissé de dégoût.

La blonde secoua la tête. « Tu ne te rends même pas compte de la chance que tu as, Isabella. »

Je croisai les bras sur ma poitrine. « Si ça, c'est de la chance, me voilà bien mal partie. »

Alice bondit brusquement de l'endroit où elle était assise. « Regarde-moi donc ! Et regarde-toi. Tu portes de la soie dorée et des bijoux, tandis que moi, je porte une robe en peau de bête. Si ça, ce n'est pas de la chance, alors je ne sais pas ce que c'est. »

J'étais toujours dans le déni. Je marchais vers les miroirs et inspectai ma tenue. Je refusais encore de croire que j'étais chanceuse. Car si j'avais vraiment eu de la chance, j'aurais échappé à la rafle et vivrais dans une vraie maison, entourée de mes parents et de mon Edward.

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Je passais le reste de mon après-midi au harem, n'en sortant qu'accompagnée d'Alice pour apporter de quoi manger aux filles restantes. Athenodora me confia que Jacob m'avait secrètement recherchée toute la journée. Je ne pourrais pas l'éviter éternellement, en grande partie parce que ma chambre était aussi la sienne.

Grâce à la crème qu'Alice m'avait appliqué, mes bleus avaient déjà commencé à guérir et la douleur s'était évanouie. Cependant la couleur et les empreintes en forme de main étaient toujours bien visibles. Il était presque huit heures du soir lorsque je décidais stupidement de me risquer hors du harem. Dehors, Jacob m'attendait, l'air renfrogné et le regard trahissant une tempête à peine contenue.

Sous le coup de la surprise, je m'étranglais dans ma respiration mais ne m'enfuyais pas. Il me saisit le bras et m'entraîna à toute allure jusqu'au bout du couloir. Je ne tentai pas de me dégager, ni de me débattre. Il me bouscula pour me faire entrer dans la chambre et claqua la porte derrière lui. Puis il lâcha une série de jurons dans sa langue en tirant impatiemment sur sa tresse.

« Bordel ! » Jura-t-il. « Je t'ai cherchée toute la journée. Où t'étais passée ? »

Je ne daignai pas lui répondre. À place, je lui tournai le dos et regardai ailleurs. Mais cela ne sembla pas être au goût du roi des barbares. Une main puissante s'abattit sur mon épaule et me força à me tourner face à lui. Je montrai les dents.

Il pointa un doigt accusateur dans ma direction. « Joue pas à ça avec moi, Isabella. Quand je te parle, tu as intérêt à me répondre. »

Il essaya de m'empoigner encore une fois, mais je fus plus rapide et parvins à l'éviter. « Bas les pattes ! Ne vous avisez pas de me toucher ! » Des larmes percèrent malgré moi. « J'ai été humiliée aujourd'hui devant tout vos gens à table, sous vos yeux ! Et vous n'avez rien dit ! »

La voix de Jacob grimpa à l'octave. « Tu lui as manqué de respect ! Tu l'as mérité ! »

Je n'en croyais pas mes oreilles. Ainsi j'avais mérité d'être étranglée et humiliée ? Était-il sérieux ? « Bon sang ! Il a fourré ses doigts en moi contre mon gré, et c'est moi qui lui ai manqué de respect ? C'est… c'est… oh ! » J'étais hors de moi, si bien que je ne trouvais plus mes mots. J'agrippai brutalement mes cheveux.

« Tu es une fille du harem, une putain. Mon peuple ne défend nos putains. J'aurais fait honte à mon titre ! Je suis le roi ! » Aboya-t-il.

Mais cela ne fit que renforcer ma furie à son égard. Les larmes me brûlaient les yeux. « Si je fais honte à votre titre, pourquoi m'avoir donné ces beaux vêtements, puis traînée à votre table pour le petit-déjeuner ? » Répliquai-je d'un ton grinçant. Mes doigts trouvèrent le collier en or autour de mon cou. Je l'arrachai brutalement et le jetai à ses pieds. Ce geste, auquel il s'attendait si peu, le surprit. « Pourquoi ne pas m'avoir sautée si je ne suis qu'une tache de boue sous vos souliers ? » Une autre bande dorée vola. « Je n'ai jamais voulu être ici ! »

Son masque s'ébranla tandis qu'il s'avançait. Je le repoussai sans pitié avec mes poings. Après une légère lutte, il m'immobilisa et et de fait, stoppa mes ongles qui s'étaient mis à griffer ma peau. « Isabella, » me chuchota-t-il. « Arrête ça. Tu es en train de te faire du mal. »

Je lâchai un sanglot étouffé, ma tête retombant contre sa poitrine. Il était chaud et ses bras, réconfortants. Mais je pris ensuite conscience de qui il était, alors je le repoussai, mes mains le frappant violemment à la poitrine. Sous le choc, il recula légèrement et trébucha. « Ne me touchez pas ! » Répétai-je. « Je ne suis pas votre putain. »

Jacob serra les dents. « Celui qui t'a étranglée, c'est mon frère. »

Je me détournai de lui, bras croisés et tête baissée. Des larmes silencieuses roulaient à présents sur mes joues. Je me demandai s'il pouvait voir les bleus sur mon cou.

« Je ne pouvais pas l'arrêter, » poursuivit-il à voix basse. « Pendant des siècles, nous autres barbares avons établi que si tu déclares la guerre à ton propre frère, le conflit doit se régler dans un duel à l'épée longue. Or les duels à épée longue sont généralement des combats à mort. Et ça fait des années que mon frère convoite mon trône. »

Je ne pipai mot. Cela m'était égal qu'il mourût. Il s'installa dans le grand fauteuil à côté de la cheminée et contempla les bûches incandescentes. J'avançai lentement vers le coin de la pièce et m'assis sur son lit.

Il porta la coupe de vin à ses lèvres. « Tu as très mal ? Me demanda-t-il. Je ne répondis pas. Il soupira. « Viens ici. »

Sa voix puissante contenait une telle autorité que je me mus presque inconsciemment pour m'asseoir vers lui. Il baissa son regard brûlant éclatant vers moi. Ses doigts longs et tièdes dégagèrent mes cheveux et dévoilèrent les marques violacées en forme de main sur ma peau.

Dégoûté, il détourna le regard pour ne plus voir ce que son frère m'avait fait. « Devrait guérir vite, » marmonna-t-il. Les muscles au niveau de ses mâchoires se contractèrent lorsque je le regardai à nouveau. « Isabella, » commença-t-il. « Je ne te forcerai pas… à coucher avec moi ce soir. »

Mon cœur rata un battement. Il se releva de son fauteuil et avala le reste du vin d'une lampée. Puis il se débarrassa de ses culottes, ne laissant que son pagne. Ses jambes étaient bien marquées et musclées d'extérieur, son corps était une œuvre d'art.

« Mais, » ajouta-t-il. « Tu coucheras avec moi demain. Les hommes ont certains appétits qui doivent être comblés. Les rumeurs vont vite, Isabella, et il paraît qu'on t'a déjà raconté mes exploits au harem, mm ? »

Je rougis et oubliai complétement la raison pour laquelle j'étais en colère contre lui. « Je ne vois pas de quoi vous parlez. »

Jacob eut un sourire en coin. « Je sais reconnaître un menteur quand j'en vois un. » Il s'orienta vers le lit et grimpa dessus, attendant manifestement que je le rejoigne. « Viens te coucher. On devrait dormir. »

J'étais réticente à l'idée de le rejoindre. J'ôtai ma robe de soie et l'obliger à se tourner avant que je n'enfile ma chemise de nuit. Une fois que j'eus fini, il dégagea les couvertures pour me faire une place. Mais j'étais méfiante.

Je me glissai quasiment au bord du lit et laisser mes pieds pendre par terre. J'étais toujours très fâchée contre lui, blessée de ce qu'il avait dit de moi, me faisant clairement comprendre que je n'étais rien à ses yeux qu'il ne lèverait pas le petit doigt pour empêcher son frère de m'étrangler parce que cela pourrait lui faire perdre sa couronne.

Il me souhaita bonne nuit mais je ne répondis rien en retour. Il suça ses doigts et pinça la mèche de la bougie pour éteindre la flamme. Je fermai les yeux et tentai de m'installer confortablement. Mais c'était presque impossible.

J'étais dans un pays étranger, installée dans un lit étranger avec un homme étranger qui me désirait d'une façon qui m'était totalement étrangère.

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Dictionnaire haoussan :

Na'am : oui

Budurwa : vierge

Kariya : salope