Note de la traductrice : bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien et que la reprise s'est bien passée pour tout le monde. Voici un chapitre nettement plus chaud et plus paisible. Après avoir copieusement insulté, menacé et massacré son monde, Jacob va enfin apparaître sous un jour plus favorable. En espérant que vous allez aimez. Bonne lecture.

Et merci à Tralapapa pour son travail de relecture.

Réponse aux reviews :

Guest : bonjour, merci pour ta review. J'espère que tu vas apprécier ce nouveau chapitre. Bises

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Sinful Seduction

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Chapitre 9 : Humide

Je commençais à m'habiller devant lui, sans hâte. Ses yeux baladeurs scrutaient mon corps de haut en bas comme ceux d'une bête affamée qui n'aurait rien mangé depuis un an. Aujourd'hui, il avait choisi pour moi des soieries rouges et quelques chaînettes en or ravissantes.

Il attacha son pagne autour de la taille et s'avança dans la lumière du jour. Mon visage vira instantanément au cramoisi lorsque je m'aperçus qu'il regardait droit vers moi. Depuis la nuit dernière, je n'avais pas prononcé un seul mot audible devant lui. Sa façon de me regarder me rendait toute faible et brûlante.

Mais il ne fit que hocher la tête et sourire, comme s'il savait quelque secret qui m'était inconnu, et paraissait se régaler de mon comportement farouche. Cela ne me plaisait pas. Il vint derrière moi pour m'aider à attacher la soie dans mon dos. Je le laissai faire, sans broncher ni tressaillir lorsque ses doigts tièdes glissèrent le long de ma peau. Je ramenai mes cheveux sur le côté pour lui permettre d'accrocher le tissus soyeux, couleur de mangue, avec une broche dorée.

Il enfila ses culottes en peau de daim tandis que je m'efforçai d'attacher ma crinière indomptable qui, ce matin-là, était particulièrement frisée. Assise à la seule table pourvue d'un grand miroir suspendu au mur, j'empoignai mes cheveux épais et commençai à les tresser étroitement pour me dégager le visage. À la fin, j'attachais le tout avec un bout de ruban.

Je fronçai les sourcils en voyant qu'une mèche de cheveux s'était desserrée et pendait sans grâce hors de ma tresse. Je tendis la main pour attraper une pince dorée sur la coiffeuse quand, trahie par ma maladresse habituelle, je la fis tomber du meuble. Je me penchai stupidement, pensant pouvoir la rattraper avant qu'elle n'atteignît le sol, mais à la place, je dégringolai de ma chaise et atterris sur le sol dans un bruit sourd.

Levant les yeux, je vis qu'il s'était déjà avancé vers moi pour voir si j'allais bien de sorte que je me trouvai directement face avec la partie du corps qui avait hanté sournoisement et délicieusement mes rêves impurs cette nuit-là. Bien qu'il ne fût pas excité pour le moment, Jacob demeurait impressionnant, même dans cet état de repos. «Bon dieu, femme,» dit-il. «Tu es maladroite, comme une enfant.»

Il me prit le bras et m'aida à me relever lentement. Je tenais la pince dans mon poing serré, mais je relâchai inconsciemment la pression en croisant son regard. J'avais vu son visage un nombre incalculable de fois et connaissais déjà son magnétisme brut, cependant je n'avais pas encore pris conscience de la chance que j'avais c'était vraiment un spécimen de splendeur et de beauté masculines, rehaussées encore par la fossette qu'il avait au menton et par la ligne de ses pommettes.

Mes jambes étaient toujours flageolantes, comme celle d'un petit veau. Je manquai de m'affaler sur lui en me prenant les pieds dans le tissus de ma chemise de nuit que j'avais jetée négligemment quelques minutes plus tôt. Il me rattrapa, comme il le faisait toujours. Enfouissant son nez dans mes cheveux, il huma mon odeur et la savoura.

«Mmm,» murmura-t-il. «Tu portes de nouvelles fragrances ?»

Tout d'abord, je ne compris pas ce qu'il voulais dire. Puis je vis aussitôt l'éclat malicieux dans ses yeux et le petit sourire suffisant que ses lèvres affichaient. «Euh… oh !» Je posai mes mains à plat sur sa poitrine et le repoussai. La moiteur entre mes jambes s'intensifia. «Laisse-moi.»

Pour toute réponse, il éclata de rire et me rapprocha de lui. Il me planta un baiser derrière l'oreille, attrapa le lobe entre ses dents avant de le mordiller gentiment. «Je me tiens à ta disposition, petite. Kawai kuke bukatar tambaya.» (Il te suffit juste de demander).

Je soufflai et retournai m'assoir à la table. Guidée par mon reflet, je plaquai la mèche vers l'arrière et l'épinglai avec la pince. Quant à lui, il se dirigea vers la table sur laquelle il y avait un bol rempli de peinture rouge, puis traça quelques signes sur sa peau cuivrée.

Je lui jetai un regard en plaçant la coiffe de cristal par-dessus ma tresse. «Il y a raid aujourd'hui ?» Lui demandai-je.

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Le petit-déjeuner se déroula normalement, cette fois-ci il n'essaya pas de me tripoter par-dessous la table. Je pus manger tranquillement pendant qu'il tenait un discours à ses hommes. J'avais beau savoir parler leur langue, mes connaissances n'étaient pas assez bonnes pour comprendre des phrases entières d'argot Quilleute.

À présent, nous étions devant les étables, prêts à galoper vers quelque endroit secret. Je me souvenais de Rana Fashe, Aube, et la montai avec impatience. Lui était déjà sur son étalon noir Tsakar Dare, ou Minuit, loin devant.

Bien que le temps fût maussade et les nuages peu visibles, il faisait atrocement chaud à l'extérieur. Je donnai un petit coup à Rana Fashe qui se mit au petit galop, et nous rattrapâmes Jacob qui chevauchait fièrement son étalon. Son regard possessif se promenait sur la ligne des arbres.

«Où allons-nous ?» Lui demandai-je. Ses hommes nous observaient de derrière un coin du château, intrigués par notre activité et notre promenade. Je vis Coyote de Fer, caché derrière un arbre, m'adresser un sourire sarcastique. Il m'envoya un baiser, alors je lui jetai un regard assassin.

Galopant dans la lumière de jour, Jacob ignora simplement les regards indiscrets de son frère et de ses hommes. «Tu verras quand on sera arrivé,» me révéla-t-il. Je me renfrognai et le dépassai. «Pourquoi tu vas si vite alors tu ne sais même pas où on va ?»

Je le regardai avec interrogation. «Et bien… peut-être pour t'inciter à aller plus vite. Tes hommes ne nous lâcheront pas des yeux ils nous regardent avec une vigilance plutôt malvenue.»

À ces mots, Jacob se retourna et aboya quelques mots inintelligibles pour moi à ses hommes. Ces derniers sursautèrent avant de tourner les talons et de s'enfuir. Je ris on eût dit une bande de gamins apeurés qu'on aurait surpris en train de voler des biscuits.

Il pivota et me regarda, désignant la porte d'un signe de tête. «O-kay. C'est parti.» Il éperonna son cheval qui fonça alors dans les bois.

«H-hé !» L'appelai-je. J'éperonnai à mon tour Rana Fashe du bout de mes bottes en cuir, et elle démarra, couvrant rapidement la distance. Je tenais les rennes fermement tandis qu'elle galopait à travers les arbres, sautant par-dessus des troncs couchés au sol et évitant habilement les buissons épineux qui se dressaient un peu partout dans la forêt. Ma jument était de taille à suivre le grand cheval noir de Jacob.

Je sentais la brise me caresser les cheveux et les joues, me rafraîchissant agréablement par cette journée torride. Le cheval de Jacob galopait furieusement, si bien que sa silhouette m'apparaissait à la fois furtive, forte et agile. Pour une fois, je m'estimai chanceuse de l'avoir comme maître.

Mais c'est un brigand, pensai-je. Pourquoi faut-il que je ressente cela pour lui ?

Aussitôt que nous atteignîmes un certain point dans la forêt, il descendit de cheval. Je voulus en faire de même, mais il leva la main pour me stopper. «Non, reste en selle.» Il attrapa les rennes de Tsakar Dare puis celles de Rana Fashe. Ma jument hennit et renâcla, d'un seul regard, Jacob la calma. Puis il se tourna vers moi. «Ferme les yeux jusqu'à ce que je t'autorise à les ouvrir.»

«Pourquoi ne pourrais-je simplement…»

«Fais ce que je te dis.» Sa voix était si impérieuse, comparé à la mienne, plaintive et soumise. Je me tus et fermai les yeux. Il guida mon cheval à travers la forêt. Je me laissai menée en aveugle, bercée par les mouvements de Rana Fashe sur laquelle j'étais assise.

Nous progressâmes ainsi pendant quelques minutes jusqu'à ce que mon cheval s'arrêtât. «Puis-je les ouvrir maintenant?» Le priai-je avec impatience. Au début, je n'entendis rien d'autre qu'un bruissement. Mes yeux s'ouvrirent instinctivement et tombèrent droit sur lui. Il était dos à moi, occupé à dénoué sa tresse.

Il hocha la tête. «Oui.» Il y avait une plume rouge accrochée dans ses longs cheveux noirs, très jolie, venant probablement du dos d'un cardinal rouge. J'inspectai mon environnement et faillis tomber d'émerveillement.

Bouche bée, je contemplai la cascade gigantesque, bordée par des arbres et des fleurs sauvages, ainsi que par des touffes d'herbe jaillissant hors des rochers comme des petites explosions de bonheur. Les oiseaux chantaient bruyamment dans les arbres et les violons des sauterelles et des cigales tintaient dans mes oreilles. «C'est magnifique !» M'écriai-je.

Ses lèvres s'étirèrent en un petit sourire. «C'est mon coin secret dans les bois,» déclara-t-il. «Quand je l'ai trouvé, je l'ai marqué, tu as vu les arbres ?» Je tournai la tête et vis que certains arbres autour de la cascade avaient été entaillés et couverts de sang animal.

Jacob posa ses paluches sur mes hanches larges et me souleva pour me descendre de cheval. Je me tins là et m'arrangeai un peu pendant qu'il attachait les rennes des chevaux à une branche d'arbre. L'herbe était haute et atteignait presque mes genoux.

Il se détourna de moi et s'avança vers le petit lac dans lequel la cascade se jetait. Je commençai à le suivre, puis m'arrêtai presque sur-le-champ en le voyant passer les bras derrière son dos pour dénouer son pagne et ôter ses culottes avant de les jeter dans les hautes herbes.

Surprise mais intriguée, je le vis courir vers l'étang, puis plonger gracieusement dans les flots. Il émergea quelques instants plus tard, secouant vigoureusement ses cheveux comme un chien. Il sourit et gloussa. «Eau bonne.»

«L'eau est bonne,» le corrigeai-je. Il me toisa avant de marmotter quelque chose en Quileute à mon sujet – probablement une insulte à ma culture, mais j'étais habituée à sa grossièreté maintenant. Je reculai de quelques pas et m'assis sur un rocher pour ne pas être atteinte par les éclaboussures de cette eau froide.

Il me regarda, toujours dans l'eau. «Viens dans l'eau,» m'invita-t-il. «Et nage avec moi.» Je secouai la tête et me frottai les bras.

«Non,» répondis-je.

Il eut l'air mécontent. «Viens nager,» répéta-t-il avec un peu plus de force et d'autorité.

«Non,» redis-je d'un ton plus sévère. «Je ne nage pas. Et les convenances interdisent une dame de nager avec un homme, surtout s'il est nu. De l'endroit où je viens, si on nous attrapait, les gens jaseraient copieusement sur cet événement.»

Il montra les dents, retroussant sa lèvre supérieure en signe de dégoût. «Que les con-ve-nances aillent se faire foutre, tu es en terre barbare maintenant. Les règles, c'est moi qui les fixe. Viens ici.» Je secouai la tête encore une fois en me penchant vers l'arrière sur mon rocher. Il soupira et nagea dans le courant. «Faut croire que je vais m'amuser tout seul.»

Je ne bronchai pas et me contentai de l'observer se déplacer dans l'eau avec une agilité surprenante, ses muscles roulant au moindre de ses mouvements. Je soufflai et m'allongeai contre la surface tiède et plane du roc qui me servait de siège.

En regardant en l'air, je vis des nuages dodus passer et se chevaucher dans l'azur du ciel limpide. Des arbres verts et touffus se balançaient sous la brise qui serpentaient vivement à travers la forêt.

Je n'entendais plus Jacob barboter dans l'eau, ni sa respiration, d'ailleurs je ne sentais même plus sa présence. Je me redressai abruptement et regardai autour de moi. Il n'était plus là. Il ne se trouvait pas hors de l'eau, mais dedans – et était sûrement train de se noyer.

Je ne savais pas nager mais je ne pouvais pas me permettre de le laisser mourir en ne faisant rien, alors je me débarrassai de mes habits de soie aussi vite que possible, puis me précipitai vers la rive, complètement paniquée. « Oh, merde… Jacob ! » J'étais sûre que mon cœur n'avait jamais battu aussi vite. Je scrutai l'eau, à la recherche d'un corps lourd coincé non loin du fond. Mais je ne voyais absolument rien.

Soudain, je sentis une grosse main se refermer sur mon bras, puis me tirer vers l'avant. Et avant de comprendre ce qui m'arrivait, mon corps fendit les eaux cristallines. Je réémergeai et hurlant, les cheveux emmêlés sur ma figure.

Et quand je le vis, je le bourrai de coups comme un défouloir. « Tu m'as fait une peur horrible ! Oh, je te déteste Jacob, je te hais… » Il me coupa dans mes récriminations avec un sourire victorieux. Je glissai sur un renflement de boue et coulai à nouveau. Je criai de terreur avant de m'enfoncer davantage. « Je ne sais pas nager ! » Et je m'affolai.

Il me hissa dans ses bras et me tint en sécurité jusqu'à ce que je me calme un peu. « Chut, » me rassura-t-il. « Je te tiens. Je ne te laisserai pas te noyer. » Je m'agrippai à lui comme à une corde au-dessus du vide.

Je lui jetai un regard furieux. « Pourquoi as-tu fait cela ? J'ai cru que tu étais blessé. J'étais prête à plonger dans l'eau et manquer de me tuer pour sauver tes fesses, qui, je me permets de l'ajouter, allaient parfaitement bien. »

Il me considéra d'un air amusé. « Ça a bien marché, pas vrai ? »

Je haletai. « Tu es vraiment infernal ! »

Il eut un rictus et commença à marcher dans l'eau sans me lâcher. « L'eau est douce. Il n'y avait pas d'autres moyens de te faire venir. »

Ma bouche s'ouvrit légèrement. « C'est parce que je ne sais pas nager ! » Vociférai-je. « J'aurais pu me noyer. Là d'où je viens, on n'apprend pas aux femmes à nager. Ce n'est pas convenable. »

« N'était pas convenable, » rectifia-t-il. « Mais comme je l'ai avant, que les convenances aillent se faire foutre. Tu n'es plus à Forks, petite. Allonge-toi dans l'eau. Sens l'eau caresser ta peau. »

Je fis ce qu'il me dit, immergeant mes tresses ainsi que ma coiffe de cristal. À l'exception de mes maigres lambeaux de sous-vêtements que j'avais choisi de porter sous mes soies rouges ce matin, je ne portais absolument rien sur moi. De ma vie entière, je n'avais jamais pris de bains ailleurs que dans des cuves, et la sensation de flotter dans l'eau fraîche à la surface d'un lac était tout à fait nouvelle et extraordinaire.

Je poussai un soupir et m'agrippai à ses bras il m'aida à me mettre en position assise. Des gouttelettes d'eau froide ruisselaient sur mes joues et perlèrent entre mes cils. « Il ne fait pas chaud là-dedans, » lui déclarai-je. Il regarda en bas pour une raison inexplicable, puis opina du chef.

« Ouais, » confirma-t-il en affichant un nouveau sourire suffisant. « Je suis assez d'accord. »

Tout à coup, je baissai les yeux vers ma poitrine. Mes tétons se dressaient contre le tissu supposé les cacher. « Oh … » Ma figure vira au cramoisi et je ne sus que répondre pour l'insulter, alors je lâchai la première chose qui me vint à l'esprit. « Désolée. »

Cela sembla le prendre au dépourvu. « Désolée ? Pourquoi es-tu désolée pour quelque chose comme ça ? C'est… naturel. Magnifique. Pour moi, c'est… » Il se pencha et me chuchota à l'oreille. « Érotique. D'ailleurs Isabella, je suis encore plus nu que toi. »

Je frissonnai, davantage à l'intonation de sa voix, chargée de tension sexuelle, que sous l'effet de la froideur de l'eau. Je me glissai hors de son étreinte et m'enfonçai dans l'eau pour lui cacher ma poitrine que je recouvris de mes mains. Il désigna la cascade d'un signe de tête. « Viens, » m'enjoignit-il. « J'ai quelque chose à te montrer. Un endroit secret, juste pour toi et moi. »

Il me traîna derrière lui vers les rochers et la cascade. Ensuite, il lâcha ma main et bondit hors de l'eau sur un rocher dans toute sa nudité glorieuse. Enfin il se coula derrière le rideau impressionnant de la cascade. Mes yeux s'arrondirent. Il m'appela, et sa voix résonna, amplifiée par l'eau et la cavité des roches. Je fis le même parcours et me jetai à travers l'énorme chute d'eau pour rejoindre la grotte cachée derrière.

Jacob avait déjà allumé un feu, assis là et me regardant, les genoux croisés. « Ku zo nan, » me dit-il. « Assied-toi près de moi. »

Je m'avançai puis m'assis à côté de lui devant le feu. Il tenait un écureuil mort dans son poing. Horrifiée, j'eus un mouvement de recul. « Où as-tu trouvé ça ? »

Il regarda autour de lui. « Ici, » m'indiqua-t-il tout naturellement. « Où veux-tu que j'en trouve d'autre ? »

Je grimaçai. « Tu ne sais pas depuis combien de temps il est mort. »

Il gloussa avec humour. « Si bien sûr. Il est mort depuis à peu près une minute maintenant. »

J'écarquillai les yeux et secouai la tête. « Tu es vraiment tel qu'ils te décrivent… un barbare sans merci. »

Il haussa ses épaules massives. « Faut bien être à la hauteur de sa réputation, » me confia-t-il. « Je tue pour ma survie. »

Je détournai le regard quand il tira sa dague et la planta dans le ventre de l'écureuil. « Et tes hommes… je suppose qu'ils tuent pour le plaisir. »

Derechef, il haussa les épaules. « Je sais de quoi ils sont capables. Mais je ne suis pas là pour leur dire quand ni qui ils peuvent tuer ou non. C'est le rôle de mon frère. »

Je m'étranglai sous le choc. « De quoi tu parles ? C'est pour ça que tu ne participes pas aux raids ? »

Il hocha la tête, et j'entendis un craquement lorsqu'il coupa les pattes de l'écureuil. « Mon frère aurait vraiment tenté de me trancher la gorge si je ne lui avais aucun rôle dans ce royaume. Comme mon père m'a légué la couronne, j'ai donné à mon frère la charge d'organiser les raids et les troupes en contrepartie, même si c'est toujours moi qui les supervise en priorité. »

« Mais les meurtres, » murmurai-je. « Ils sont de ses mains ? »

Jacob acquiesça de nouveau. « Pour être honnête, cela ne m'étonne pas du tout de lui. Il est mugun mutum, une âme noire. Je ne peux rien faire contre sa soif de sang. »

Je secouai la tête avec violence. « Non… non, c'est complètement stupide. Tu es le roi, tu devrais avoir chaque privilège, et chaque dernier mot ! Tu dois garder ton frère sous contrôle. C'est lui qui a tué tant d'hommes, il se montre sans pitié même pour les femmes et les enfants. »

Il hocha la tête. « J'essaierai. »

« Fais-le s'il-te-plaît, » chuchotai-je.

Il hocha la tête encore une fois. « Pour toi. »

Je croisai son regard et déglutis non sans peine. Je touchai son biceps tatoué du bout des doigts. « Merci. » il ne répondit pas, occupé à embrocher l'écureuil écorché sur un bâton, qu'il suspendit ensuite au-dessus du feu. Je fis la grimace. « C'est affreux. »

Il rit. « Et oui, vraiment affreux, pas vrai ? Ça le sera moins lorsqu'on le coupera et le mangera. »

Je m'approchai furtivement du feu, appréciant la chaleur qu'il me procurait. « Je dois confesser que je n'ai jamais gouté d'écureuil. »

« C'est bon, » m'assura-t-il. « Mais peu fourni, plus comme un casse-croûte, pas un comme un vrai repas. »

Je le regardai cuisiner au-dessus du feu avec intérêt. « Pourquoi es-tu si bon avec moi ? » Demandai-je brusquement en passant du coq à l'âne. Je me sentais particulièrement audacieuse aujourd'hui.

Il me regarda du coin de l'œil. « Y a-t-il une raison pour que je ne le sois pas ? » Répliqua-t-il. Je ne sus quoi dire à cette réponse, alors je gardai simplement le silence. « Tu es une bonne compagne. Loyale. Digne de confiance. Forte. Les hommes forts ont besoin de femmes fortes pour porter des enfants forts. »

Cette phrase me plongea dans la confusion. Que voulait-il dire par 'les hommes forts ont besoin de femmes fortes pour porter des enfants forts' ? Voulait-il que je porte ses enfants ? Je ne le questionnai pas davantage sur ce sujet. Peut-être avait-il voulu dire autre chose. C'était possible. « Tu es très à l'aise sans aucun vêtement sur ta peau, n'est-ce pas ? »

Je le contemplai tandis qu'il se déplaçait librement, nu comme au jour de sa naissance sans un signe de gêne. « Oui, » confirma-t-il. « La nudité est naturelle. Il n'y a rien de mal à être nu. Ce sont nos corps, et je ne pense pas qu'on devrait avoir à les cacher. La honte n'est pas réelle ce n'est rien qu'un produit de notre imagination. On ne devrait pas se sentir honteux, alors je ne le suis pas. »

Je réfléchis à qu'il venait de dire tandis qu'il retirait l'écureuil du feu. C'était vrai lorsque nous venons au monde, nous sommes nus et naturels. Nous n'avions pas besoin de vêtements ou de bijoux pour couvrir ce que nous avions. « Pourrais-tu m'aider à retirer ça ? » Le priai-je.

Vouté au-dessus de l'écureuil, il retira des morceaux de viande relativement gros avec son couteau. « Retirer quoi ? » Demanda-t-il sans prendre la peine de relever les yeux.

Je pris une inspiration profonde. Étais-je vraiment prête à faire ça ? « Mon haut. » Oui, je l'étais. Il se retourna instantanément en m'adressant un regard médusé.

Il se pencha en arrière et se remit sur ses pieds, ouvrant et refermant la bouche comme un poisson hors de l'eau. « Tu… » Il me pointa du doigt. « Me demande… » Puis il se désigna lui-même. « De t'enlever ton haut ? »

Je hochai lentement la tête. Dans la pénombre de la grotte, mon visage cuisait. « Oui, je suppose. »

Ses lèvres s'étirèrent lentement en un sourire doux comme le miel, creusant deux petites fossettes sur ses joues. « Et ben putain, je ne m'attendais pas à ça. Viens, petite. »

J'avançai lentement vers lui et lui présentai mon dos, soulevant mes cheveux pour qu'il puisse ouvrir l'attache qui maintenait le tissu. Il y eut un petit déclic, puis le sous-vêtement chuta à terre, libérant mes seins. Je restai là, ne sachant à quoi m'attendre pour la suite.

Mais je sentis sa poitrine chaude se presser contre mon dos, et son menton se poser sur le creux de mon cou. Ses mains descendirent le long de mes clavicules et prirent mes seins en coupe avec douceur. Il lâcha un soupir de soulagement et inclina la tête pour m'embrasser le cou. « Tu es vraiment ce qu'on appelle une beauté naturelle, » psalmodia-t-il.

Son pouce roula sur mon téton gauche celui-ci durcit alors instantanément. Je penchai la tête vers l'arrière contre son épaule et soupirai de plaisir. « Qu'est-ce que c'est ? »

« Je ne peux être certain à moins que tu ne me décrives ce que tu ressens avec moi là maintenant. »

Je haletai et posai une main sur celle de Jacob qui caressait mon sein. « De la chaleur, qui se répand dans mon ventre, vite une pulsation douce dans mes reins. J'ai la tête qui tourne. »

Il retira l'une de ses mains de mon sein pour attraper mon menton, et tourner brutalement mon visage vers le sien. « C'est le plaisir, que tu viens de découvrir pour la première fois. » Puis ses lèvres fondirent sur les miennes et sa langue plongea dans ma bouche.

Sa main libre glissa le long de mon estomac, puis sur mon sous-vêtement qui couvrait mon entre-jambe. Et quand il me toucha là, j'eus une réaction inattendue : je tournai la tête et déposai un baiser brûlant, lèvres ouvertes, contre sa mâchoire, le suppliant silencieusement de ne pas s'arrêter.

« Tu aimes, n'est-ce pas ? » Me susurra-t-il d'une voix chaude à l'oreille. Je hochai la tête, le souffle court. « C'est ton clitoris. Ton jin dadin tabo, le point d'extase. Imagine une bouche à cet endroit. »

Je secouai la tête. « Cela ne s'est jamais vu ! » Contrai-je. « Personne ne m'embrasserait à cet endroit. »

Il émit un petit rire, ses doigts bougeant plus vite sur mon jin dadin tabo. « tu as beaucoup à apprendre, » dit-il. « Parce que j'ai bien l'intention de t'embrasser là. »

Le plaisir montait dans mes régions basses, et il m'arriva alors quelque chose que je n'avais jamais connu auparavant : je luttai pour trouver mes mots. « M-mais ma mère m'a toujours dit que tu devais t'allonger là et laisser l'homme faire ce qu'il avait à faire avec toi, rien de plus. Pas pour l'amour, ni pour le plaisir, mais pour le devoir de… oh, produire un héritier. »

Sa main s'inséra sous le tissu que je portais et me toucha là, directement, avant d'introduire un doigts dans mes parties les plus vulnérables. « Tu sais ce que je pense de ça, Is'bella ? » Jacob recourba son doigt et le pressa durement contre un point spécial. Je couinai sous le plaisir intense que cela me donna. « Je pense que c'est de la merde. »

Il retira son doigt à ma grande déception, et me tourna face à lui, avant de me plaquer contre le sol de pierre froide. Tenant toujours ma tête d'une main, il fit glisser son autre main vers mon entre-jambe ses doigts me pénétrèrent et entamèrent un mouvement de va-et-vient.

Je fermai les yeux, perdue dans les limbes du plaisir. Ses lèvres embrassèrent les miennes. « Ouvre les yeux, » m'enjoignit-il. Je tentai de les ouvrir, mais c'était si dur. « Regarde-moi dans les yeux. Je veux voir ton visage au moment de la délivrance. »

Je ne comprenais pas très bien ce qu'il voulait dire, mais tout ce que je voulais à cet instant, c'était lui faire plaisir. Je le regardai droit dans les yeux. Je me remémorai vaguement ce que des amies mariées m'avaient révélé à propos du fait de se regarder dans les yeux pendant l'amour.

« L'amour se transmet par les yeux, » m'avait dit Mary Smithe. « C'est pour cela que tu dois plonger au plus profond d'eux jusqu'à le trouver. »

Ses doigts me pénétraient de plus en plus vite, provoquant un battement érotique qui résonnait dans la grotte. « Oh Dieu, » gémis-je bruyamment, luttant pour ne pas le perdre des yeux. Il me donna un sourire retors, les yeux noirs de désir.

« Tu y es presque, mon amour. Cela monte de plus en plus… » dit-il d'une voix rauque. Mes yeux roulèrent dans leurs orbites, tandis que je lâchai un sanglot sous le plaisir. « Viens, » fredonna-t-il en se courbant pour embrasser le coin de ma bouche. « Lâche-toi. Je suis là. »

Je pris une grande bouffée d'air et me laissai emporter par l'extase qui déferla en moi. Mes muscles se contractèrent prodigieusement dans ma région sud. « Bordel ! » Jura-t-il, et je sentis quelque chose d'humide retomber sur mon ventre.

Je regardai par-dessous mes paupière lourdes et aperçut des trainées de fluide nacré au-dessus de mon nombril. De sa main, il redressa ma tête et m'y emprisonna. Sa tête était recourbée, ses yeux hermétiquement fermé et sa respiration saccadée.

Je levai prudemment le bras pour essuyer quelques gouttes de sueur de son front. Ses yeux s'ouvrirent promptement, et il saisit ma main instinctivement. Il me lança un regard choqué, comme s'il ne s'attendait pas à sa propre réaction, puis il embrassa mes doigts tendrement, suçotant mon majeur dans sa bouche. De sa main libre, il étala sa propre essence sur ma peau comme si c'était une lotion inestimable.

Dehors, nous entendîmes le tonnerre gronder et la pluie commencer à tomber. Il jura silencieusement, attrapa un morceau d'écureuil et prit une bouchée, avant d'éteindre le feu et se précipiter pour jeter un coup d'œil à l'espace entre l'eau et la roche. « Dans quelques secondes, il va pleuvoir à verse, » m'informa-t-il. « Il faut qu'on sorte d'ici maintenant. Cet endroit est vite inondé. »

Je raflai mon haut de sous-vêtement et l'enroulai autour de moi, avant de l'attacher à la hâte dans le dos. Je remontai celui du dessous puis sortis de la grotte en courant à travers la cascade derrière Jacob. Il me prit la main et me traîna de l'autre côté de la mare, puis dans l'herbe. La pluie commençait à tomber drue, exactement comme il l'avait prédit.

En quelques secondes, la poussière se changea en boue, en boue gluante et très glissante. Alors qu'il courait vers son cheval, fidèle à ma maladresse, je trébuchai dans la boue. « Merde, Bella, ça va ? » M'appela-t-il.

Je riais si fort que j'arrivai à peine à me maîtriser. J'étais à moitié nue, couverte de boue et vautrée au beau milieu d'une clairière dans les bois, en compagnie d'un homme nu. Les gens de chez moi auraient été horrifiés, mais je riais parce que je venais de me rendre compte que ça m'importait plus.

Il accourut près de moi en prenant garde de ne pas déraper dans la boue, mais cela finit par lui arriver quand même. Il atterrit sur ses fesses non loin de moi et se mit à proférer un chapelet de jurons contre sa maladresse. « Putain de boue de merde, je vais lui défoncer… et toi, c'est quoi ton foutu problème ? »

Je me tordais de rire, si bien que je ne pouvais plus respirer. Impossible de résister après avoir vu le grand roi des barbares s'étaler dans la gadoue près de moi. Il se pencha vers moi. Je m'allongeai sur le dos, mes cheveux tressés et ma coiffe de cristal enfouis dans la boue. Je plaquai ma main contre ma bouche, dans une tentative de contenir mon rire hystérique.

« Est-ce que… tu es en train de rigoler? » Me demanda-t-il. D'abord, je devinai qu'il ne trouvait pas ça drôle du tout, mais devant mon rire stupide et ridicule, il commença à rire à son tour. « Merde… 'Bella… »

Il s'esclaffa et baragouina des phrases incompréhensibles, répétant mon nom en m'appelant 'Bella' à la place d'Isabella. Il avait tellement de mal à prononcer mon nom que je lui dis simplement : « Appelle-moi juste Bella ! »

Il se leva et m'empoigna le bras pour me tirer contre lui. « Bouge tes fesses, il pleut comme… vache qui pisse, allez on y va ! »

Nous nous ruâmes vers les chevaux et détalâmes sans demander notre reste. Une fois arrivés au château, il m'emmena par un passage secret pour que personne ne puisse nous voir dans cet état boueux. « C'était la sortie la plus amusante que je j'ai faite depuis longtemps, » lui avouai-je.

« Le moment de plaisir, ou le moment boueux ? » m'interrogea-t-il, ses yeux brillant de gaieté.

Je fis une pause et retroussai mes lèvres. « Les deux. »

Il vérifia les coins pour être sûr que personne ne venait, avant de foncer dans sa chambre en m'entraînant avec lui. « Maintenant, » commença-t-il doucement. « Il faut qu'on se débarrasse de toute cette boue. »

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Voilà, fini pour aujourd'hui, à dans quinze jours tout le monde.