Note de la traductrice : bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien et que vous passez un bon week-end. On attaque un chapitre encore TRES chaud et peut-être aussi un poil tantinet violent, mais rien de trop méchant (à l'échelle de cette fic bien sûr). Pleins de bisous à Tralapapa, ma correctrice supersonic qui non seulement corrige mes coquilles, mes erreurs de traduction, mais en plus me donne toujours pleins de bonnes idées pour rendre la lecture la plus agréable possible. ^ ^
RAR :
Guest : merci à toi de ta review. ^^
Fan de twa : coucou, merci de ta review, j'espère que ce chapitre te plaira tout autant. Bises.
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Sinful Seduction
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Chapitre 10 : Rétribution
Assis dans la baignoire, il me suivait des yeux. Ses bras et sa poitrine étaient couverts de boue. Au bout d'un moment, il me jeta un regard impatient. « Bon, tu viens ? » S'enquit-il.
Je me trémoussai sur place, mal-à-l'aise. « Ne pourrais-je avoir ma propre baignoire ? » Demandai-je.
Il me considéra d'un air incrédule. « Ta propre baignoire ? Tu es sérieuse ? » En me voyant hocher la tête, il fronça les sourcils. Je t'ai déjà vue toute nue. Je t'ai touché les seins et donné du plaisir avec mes doigts et toi, tu ne veux pas te baigner avec moi. »
Je ne sus que répondre à cela. Je croisai les bras et me tournai sans quitter ma place. « Jacob… »
« Non, » me coupa-t-il. « Je te laisse le choix. Soit tu te baignes avec moi, soit tu vas au lit comme ça, couverte de boue. » Il se cala contre le bord de la baignoire et ferma les yeux. « Pour moi, le choix est simple, vraiment. C'est assez grand pour nous deux. »
Pendant quelques instants, Jacob garda les yeux fermés. Je restai là, stupide, puis me décidai. Je tournai et remontai la robe qui couvrait mes seins pour la détacher avant de la faire glisser le long de mes jambes. Je me collai le plus possible au fond de la baignoire en prenant soin de n'être en contact avec aucune partie de son corps. Ses jambes étaient si longues que ses pieds atteignaient presque mon ventre.
Bientôt, je pus apercevoir le bout de son érection sous l'eau. Il était excité. Je m'éclaircis la gorge. « Puis-je avoir le savon ? » Le priai-je. Il leva le bras et attrapa un bol en bois posé sur la table et me le tendit. Je plantai mes doigts dans la substance jaune, avant d'en appliquer sur mes cheveux. Ça sentait le miel.
Je l'appliquai dans mes cheveux puis me frictionnai la tête du bout des doigts, avant de me rincer avec un seau d'eau. Quelques gouttes tombèrent sur le sol de pierre. « Ne met pas d'eau par terre, » me gourmanda-t-il comme si j'étais une enfant.
Je lui décochai un regard acéré. « Si tu m'avais laissée prendre ma propre baignoire, je n'aurais pas renversé d'eau. » Il haussa les épaules et se pencha de nouveau en arrière pour se caler contre le rebord de l'étuve. Son érection prit encore de l'ampleur.
« Tout n'est que flamme chez toi, » murmura-t-il doucement en me regardant sous ses paupières à demi closes. « Ensemble, nous nous complétons parfaitement. »
Je lui adressai un regard interrogateur. « Est-ce que tu vas te laver aussi ? »
Il ne répondit pas immédiatement. « Mes muscles me font mal, » susurra-t-il. « Je pense que je vais me détendre un moment… et profiter de la vue. »
Je fronçai les sourcils et attrapai une des éponges posées sur une petite table dressée à côté de la baignoire. « Tourne-toi. »
Il n'en fut que plus suspicieux. « Bella, tu sais très bien… »
Je secouai la tête pour couper son babillage. « Oh silence, je sais. Tu as déjà vu ma poitrine. Je veux juste te laver le dos. »
Il se lécha les lèvres avant de hocher la tête et de se redresser. L'eau ruissela le long des creux sillonnant entre ses abdos et de ses pectoraux. « Oh. D'accord. » Il se retourna et bougea pour me présenter son dos nu, avant de ramener ses cheveux vers l'avant pour me laisser le champ libre. Je plongeai l'éponge à l'odeur de miel dans l'eau du bain puis l'appliquai sur sa peau.
Les bulles s'agglutinèrent et formèrent des couches de mousse sur les cicatrices hideuses qui zébraient sa peau. Je lui frottai le dos avec l'éponge et lui massai les balafres de ma main libre. Il inclina la tête vers l'arrière sous le plaisir. Et tout à coup, je ressentis une force puissante m'attirer vers lui. Je ressentis de la pitié pour lui, parce qu'on l'avait fouetté alors qu'il était enfant, parce que son grand frère avait tué son premier amour, et parce qu'il avait vécu seul et sans amour.
J'effleurai doucement une des estafilades du bout de l'ongle, ce qui le fit frissonner. « Je t'ai fait mal ? » M'enquis-je. Ma voix n'avait fait pas plus de bruit qu'une brise. Il secoua la tête. Pour tester sa réaction, je refis le même geste, et reçus la même réaction que tout à l'heure. « C'est agréable ? »
Il opina du chef. « Tes mains me procurent des sensations étranges, wanda nake kauna, » me dit-il. « Habituellement, je ne laisse personne toucher mes marques. » Je plongeai le seau dans l'eau du bain encore chaude et lui rinçai le dos avec. Il avait beaucoup de cicatrices, rouges et boursouflées.
Je pressai doucement mes lèvres contre une de ses blessures. « Pourtant tu me laisses les toucher, » déclarai-je posément. Il se pencha en arrière contre moi, passant une de ses mains derrière pour caresser ma cuisse nue. « Rien que moi ? »
Jacob hocha la tête d'un air absent. « Oui. Rien que toi. » Il baissa promptement la tête et plongea son regard dans l'eau en suçotant sa lèvre inférieure. « Mafi za a kyama, ina rantsuwa da tabo. Kai ne ba… kuma ina mamaki dalilin da ya sa haka shi na. » (Nombreux sont ceux qui seraient dégoûtés par mes cicatrices. Mais toi non… et je me demande bien pourquoi.)
Il se retourna pour me faire face, curieux de savoir si j'avais compris ce qu'il venait de dire. C'était le cas. Je secouai la tête pour lui montrer mon désaccord. « A tabo nuna karfin zuciya da kuma jimri ne daga matasa shekaru. Ban ce muku ya kamata a masanan basu ji dadin a gare su. » (Les cicatrices sont les marques du courage et de l'endurance de l'enfance. Je ne pense pas que tu devrais avoir honte d'elles.)
Il hocha la tête, les lèvres pincées. « Ni ba na jin kunyar abin da na kai a kan fata. Sai na fada muku, kafin. Kawai wani sabon abu fiye da abin da zan kasance, shi ke nan. » (Je n'ai pas honte de ce que je porte sur ma peau. Je te l'ai déjà dit plus tôt. C'est simplement quelque chose d'un peu plus neuf que ce à quoi je suis habitué, c'est tout.)
Jacob avança sa main et taquina mon téton du bout de son pouce chaud. Je frissonnai à cette caresse. « Kana iya da wani mace da kake so. Me ya sa ka zabi ni ? » (Tu pourrais avoir toutes les femmes que tu veux. Pourquoi m'avoir choisie ?)
Sa main effleura mon bras avec douceur. Il me regarda droit dans les yeux. « Ina kuma son wani abu daban-daban. Sai kawai don haka ya faru da kai. » (Je voulais quelqu'un de différent. Et tu es venue.)
« Amma ku ne kawai so in ya sami damar zina da ni, ni dama ? Wani abu m saboda wadanda sauran kulle mace aka zama m. » (Mais tout ce que tu veux de moi, c'est le sexe, pas vrai ? Un oiseau exotique parce que les autres filles du harem devenaient ennuyeuses.)
Il me regarda comme si je venais d'insulter tout ce pourquoi il avait vécu. Il faillit lâcher quelque grossièreté, mais se réprima à temps. « Na sanya soyayya ne kawai sau daya a rayuwa baki daya. » (De toute ma vie, je n'ai fait l'amour qu'une seule fois.)
J'éclatai de rire à ces paroles et basculai vers l'avant dans le bain. « Ina zaton ka ce duk abin da ka kasance daga makaryata amma. » (Je croyais que tu m'avais dit une fois que tu étais tout sauf un menteur.)
Il me jeta un regard vexé. « Alloli a sama, mace. Ni ba zan kwance a gare ka ! » (Bon dieu, femme. Je ne suis pas en train de te mentir !)
Cette fois, ce fut mon tour de m'énerver. « Me game da Athenodora ? Kuma Rosalie ? Sun shaida wa daji da labura. Ka ba zina su ? » (Et Athenodora ? Et Rosalie ? Elles nous ont fait part de sacrés récits. N'as-tu pas couché avec elles ?)
« Mais bien sûr que si ! » Tonna-t-il dans la Langue Commune.
J'inclinai la tête sur le côté et le fixai comme s'il était fou. « Je ne pense pas que tu comprennes… »
« Non, » m'interrompit-il vivement. « C'est toi qui ne comprends pas. » Il me repoussa contre le bord de la baignoire, puis glissa son genou les miens avant de le frotter contre mon clitoris. « Comprends-tu Bella ? »
Je me mordis la lèvre pour m'empêcher de gémir. « Non, je ne comprends p-pas. Explique-moi, alors. »
Il se pencha vers mon oreille. « J'ai sauté beaucoup de filles, je ne le nie pas. Mais coucher, ça n'a rien à voir avec faire l'amour. Sauter, c'est brutal. » Il saisit durement ma mâchoire de sa main et fondit sur ma bouche, et me mordilla la lèvre, puis la relâcha, avant de me ré-embrasser avec plus de tendresse. « Faire l'amour, c'est tendre. De toute ma vie, je n'ai fait l'amour qu'avec une seule femme, et c'était Plume Blanche. »
Il parsema mon visage de baisers et effectua des mouvements circulaires avec son genou contre moi. Je haletai dans sa bouche. Sa langue se retira pour lécher avidement mes lèvres, avant de reprendre son ballet avec la mienne.
Je hochai légèrement la tête. « Je comprends maintenant. » Je levai la main entre ses jambes et attrapai son sexe. Ses yeux s'élargirent et il hoqueta bruyamment. J'effectuai des mouvements de va-et-vient sans brusquerie le long de son membre. « Il y a beaucoup de choses que je ne comprenais pas avant de venir ici. Et encore beaucoup de chose que je dois apprendre et comprendre. »
Il baissa la tête et ses yeux se fermèrent étroitement. « Oh, ya allah na. » Il se tendit entre mes doigts. « D'où as-tu appris à donner du plaisir à homme de cette façon ? » Sa voix basse et rauque résonna dans mon oreille.
À chaque mouvement de ma main, le feu se répandait dans son corps, je pouvais le voir à la manière dont son visage se tordait sous le plaisir que je lui procurais. « De toi, » répondis-je. Ses yeux se plantèrent dans les miens, brûlant d'un désir si puissant qu'il m'ébranla physiquement. « Je t'ai vu cette nuit-là. »
« Na san shi, » souffla-t-il, sa bouche s'ouvrit toute grande et ses yeux s'écarquillèrent. J'accentuai la pression autour de son sexe et cette fois, un râle brisa le silence, tandis qu'il cambrait la tête sous le plaisir. « Oh, putain ! »
J'accélérai la cadence, sans le quitter des yeux. Il se mit à bouger dans ma main, ses hanches s'adaptant à mon rythme. Je l'embrassai furtivement en bas de sa mâchoire, puis trouvai le courage de lui demander autre chose. « Puis-je le goûter ? »
Il me jeta un regard troublé. « Qui es-tu, femme ? » Me demanda-t-il avec un sourire. Il se rassit dans la baignoire, son sexe fièrement dressé.
Je hochai la tête. « Je pense que ce doit être notre deuxième leçon. »
Il acquiesça. Il ne semblait pas du tout gêné par le fait que cela constituerait notre deuxième leçon. Sa main s'enroula autour de son membre et le caressa lentement de haut en bas. « Penche-toi, » m'indiqua-t-il. « Suce-le. Fort. »
Je plongeai sous l'eau et me trouvai face à l'objet qui m'avait tant obsédée. Mais, plus qu'impatient, Jacob guida son érection dans ma bouche. C'était salé et musqué mais pas spécialement déplaisant. Son membre était long et plutôt dense, sans être monstrueux. Des veines épaisses recourbées courraient le long de la colonne de chair jusqu'au sommet, le point le plus sensible. Je le pris en bouche jusqu'à la garde tentai de lécher la tête. Il écarta encore davantage les cuisses dans la baignoire, faisant pression d'une main sur ma nuque pour enfoncer son sexe encore plus profondément dans ma gorge.
Je fis glisser ma langue le long de sa virilité comme s'il s'agissait d'une sorte de mets raffiné. Il poussa des grognements de contentement et de plaisir, donnant des coups vers l'avant. Il voulait que je le prenne toujours plus profondément, mais je ne savais pas jusqu'où je le pourrais sans m'étrangler. Je n'avais jamais fait ça. Je n'avais jamais imaginé embrasser les parties génitales de qui que ce soit avant Jacob.
Le sexe me paraissait tout à fait différent depuis que je l'avais rencontré. Il m'avait appris que c'était beaucoup plus que le même refrain ennuyeux, le « va-et-vient » habituel. Le sexe était une explosion de saveurs uniques, une palette de sensations extraordinaires.
Je tentai d'humidifier son sexe avec ma langue, léchant et effleurant le bout sensible. Il gronda en plongeant en moi, sa tête roulant en arrière sous l'extase. « Dieux, Bella… » fredonna-t-il. « C'est si bon. » La sensation de donner autant de plaisir à quelqu'un m'excitait follement : le voir dans cet état magnifique, si vulnérable, les yeux fermés, les jambes écartées, et la partie la plus précieuse de son corps dans ma bouche, tandis que de la sienne résonnaient des gémissements de plaisir.
Ses bourses se contractèrent alors qu'il était sur le point de se répandre dans ma bouche. Comme je ne voulais pas avaler, je me redressai et le terminai de ma main. La sienne agrippa le rebord de la baignoire en bois, et je vis ses jointures virer au blanc. Les yeux étroitement clos, il gémissait de contentement.
Il déglutit puis expulsa de longs jets de semence sur ma figure, chose à laquelle je ne m'attendais vraiment pas. Je plissai le nez et fermai les yeux, penchée en arrière sous le choc. Il se redressa en position assise et embrassa mon visage, léchant les traces de sa jouissance sur mes joues.
« Oh, mon amour, tu as été vraiment incroyable… » murmura-t-il, sa main caressant mon visage avec tendresse. On aurait dit qu'il n'en finirait jamais de recueillir sa semence sur moi. Le reste atterrit délicatement sur ma peau. Il enfouit son nez dans mes cheveux. J'étais encore sous le choc d'avoir osé faire ça. « Maintenant, tu sens même presque comme moi, » gloussa-t-il sans bruit.
Je reculai dans la baignoire. « Et maintenant ? »
« Et maintenant, » répéta-t-il, ses traits se fendant d'un grand sourire chafouin. « Je vais t'embrasser au même endroit et te retourner la faveur. »
Je frémis de désir mais détournai promptement le regard. « Je ne pense pas être prête pour cela là tout suite, » avouai-je du bout des lèvres. Il eut l'air d'abord un peu déçu, mais reprit rapidement le sourire, et opina du chef en signe de compréhension. « Très bien, je comprends. Prend ton temps, » susurra-t-il doucement. « Cette soirée a été fantastique. Je t'ai donné du plaisir avec mes doigts, et tu m'en as donné avec ta bouche. Tu as baissé ta garde. C'est un pas de géant pour nous, Bella. »
J'approuvai de la tête. « Je sais. »
Il fit glisser son doigt sous mon menton puis déposa un baiser. « Tu finiras bien par me supplier de t'embrasser à cet endroit un jour. Et cela n'aura rien de commun avec ce que tu as déjà vécu jusque-là. »
L'offre était très tentante, mais j'étais sûre que je n'étais pas prête. « Je pourrais aller nous chercher du vin, » proposai-je spontanément. Il hocha la tête. Je me glissai dans ma chemise de nuit et la robe de soie rouge. Il se leva dans la baignoire, enroula une serviette autour de la taille et me suivit dans sa chambre.
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Ours Noir était de nouveau là, dans la cuisine. Quand il me vit, il m'adressa un sourire joyeux, mais vérifia ensuite que Jacob n'était pas là. « Sannu, » le saluai-je. « Za mu sake haduwa a cikin wannan wuri. » (Bonjour. C'est la deuxième fois que nous nous rencontrons au même endroit.)
Il me jeta un regard méfiant. « Euh, sannu. Mafi yawan kawo canji game da kai, ba ? » (Euh, bonjour. Beaucoup de choses ont changé pour toi, non ?)
Je hochai la tête et pris la cruche en cristal rempli de vin, puis en versai dans la coupe de Jacob. « Na'am, na koyi yadda za ka yi magana da harshe. Yanzu za mu iya magana ba tare da shamaki da harshen… da za mu iya magana game da ruwan inabi, » répondis-je en riant. (Oui, j'ai appris à parler ton langage. Maintenant, nous pouvons nous parler sans la barrière de la langue… nous pouvons parler de vin.)
Ours Noir prit son verre, déglutit péniblement avant de tourner les talons.
Je m'étranglai. « Ku yi jira ! » L'appelai-je à voix haute. « Kada ka bar haka nan da sannu. » (Attend ! Ne pars pas maintenant.)
Il se fit volte-face, les yeux brûlant de colère. « Ba na neman wata fashe hanci, Tiger kambori, » me cracha-t-il. « Idan sarki kama da mu, na buttock za a flay. Ba naku. Farin ciki magana da kai. » (Je ne tiens pas à me retrouver encore une fois avec le nez cassé, Griffe de Tigre. Si le roi nous surprend, c'est à moi qu'il arrachera la peau des fesses. Pas à toi. Ravi de t'avoir parlé.)
Sur ces dures paroles, Ours Noir me tourna le dos et fila dare-dare hors de la pièce, après m'avoir clairement fait comprendre de me tenir éloignée de lui. Je soupirai et me massai les tempes du bout des doigts. En me clamant comme sa propriété exclusive, Jacob avait terrorisé tout le monde et découragé quiconque de m'approcher. Dans certains cas, c'était plutôt pratique mais dans d'autres, comme celui-là, cela m'empoisonnait l'existence.
Soudain, je sentis une poigne relativement dure sur mon bras. Je crus automatiquement que c'était Jacob qui était descendu parce que je prenais 'trop de temps pour ramener le vin' une fois de plus. Mais lorsque je me retournai, ce n'était pas son visage fendu d'un rictus que je vis. C'était celui de Coyote de Fer.
Je poussai une exclamation sous le choc et reculai, horrifiée. « Ne me touche pas, » lui assénai-je durement. « Je te l'interdis. »
« Tu n'es pas contente de me voir, » ricana-t-il méchamment. « Mais je peux arranger ça en un instant. Je sais que tu es excitée, Dent de Tigre. Je pouvais te sentir à cinq portes d'ici. »
Je pris brusquement conscience que l'excitation qu'il sentait venait du moment où j'avais donné du plaisir à Jacob dans la baignoire. Mes yeux s'élargirent, et je pris les deux verres dans ma main, m'apprêtant à détaler hors de la cuisine.
Il abattit brutalement son bras sur le mien pour m'arrêter. Des gouttes de vin s'écrasèrent au sol et formèrent des taches cramoisies, renversées par la force de sa poigne. Coyote de Fer m'obligea à reposer les coupes sur la table avant d'empoigner étroitement mes mains entre les siennes.
Du vin coulait encore le long de mes doigts. Je me débattis pour échapper à son emprise, mais il était trop fort pour moi. Le prince barbare avait passé bonne partie de sa vie à développer sa force musculaire, cependant il ne ferait jamais le poids contre l'énergie de Jacob. Il prit mes doigts en bouche et enroula sa langue autour du bout.
Je glapis de dégoût et me rejetai en arrière instantanément, avant de le gifler au visage. Il tituba en direction du comptoir, prenant appui sur les tiroirs pour retrouver son équilibre. Pourtant, au lieu de beugler un discours vibrant du genre 'comment oses-tu', il s'esclaffa stupidement et avança d'un pas bancal. « Tu es une vraie boule de feu, mon frère avait raison. Je parie qu'il adore défoncer ton joli petit cul. »
Louchant dans sa direction, je me rendis compte de la façon dont ses paupières battaient et de la maladresse de ses mouvements. Je poussai un grognement écœuré. « Tu es ivre, » constatai-je, tandis qu'il s'emparait du verre de Jacob.
Il but une longue lampée de vin, puis leva la coupe en l'air, alors qu'un filet écarlate coulait entre ses lèvres. « Ivre et fier de l'être, » affirma-t-il. Je lui repris prestement de la coupe des mains et le posai loin de lui.
Coyote de Fer leva le bras pour me retenir. Je voulus l'éviter en faisant un pas de côté, mais j'étais trop lente. Il m'emprisonna entre ses bras et plongea son visage dans mon cou. « Oh, frérot a tout reçu. Reçu l'trône, l'amour de père, bijoux, la confiance… » Il prit du recul et me regarda dans les yeux. « Et enfin, toi. »
J'essayai de le repousser, mais ne put me libérer de son emprise impitoyable Je me mis à hurler en le voyant commencer à dénouer son pagne pour libérer son sexe. Je sus qu'il allait me violer. « Arrête ! Coyote de Fer, arrête ça ! »
Il ne m'écoutait pas. À la place, il continua de marmonner et finit par trouver un équilibre : sa tête était posée contre mon sein et, de sa main libre, il bloquait les miennes. Son corps était si lourd que je ne pouvais même plus bouger. « C'est pas juste, » geignit-il. « Moi aussi je mérite ma part. »
Une fois que je compris que le repousser ne servait à rien, je tentai une approche différente. « Tu as pensé à Emilia ? Elle t'aime. »
Il leva les yeux vers les miens éclata d'un rire glauque. Son haleine me renvoya l'odeur de différents vins fins, de cognacs et de bières. Il buvait depuis déjà un bon moment. « Je ne l'aime pas, » répliqua-t-il. « J'en ai marre d'elle. C'est toi que je veux. »
Son autre main lâcha son sexe et avant que je ne pusse crier, il ouvrit ma robe et fourragea la même main sous mes jupes. Son doigt me caressa là, et je rugis si fort qu'il n'eut d'autre choix que de me faire taire en me bâillonnant de sa bouche. Obéissant à un instinct animal, je plantai férocement mes dents sur sa lèvre.
« Voilà, c'est de ça que je parlais, » commença-t-il à marmotter. Mais je le mordis à nouveau – fort – jusqu'au sang. Il mugit et s'écarta de moi, plaquant ses mains contre ses lèvres. Du sang gicla sur son menton et tomba en gouttes sur sa poitrine nue. « Espèce de kariya ! »
Et, sans me laisser le temps de réagir, il me frappa du revers de la main, m'envoyant bouler sur le sol froid. Comme je n'étais pas encore tout à fait à terre, il me frappa une deuxième fois de son autre main. Mon vision s'obscurcit un court instant, avant que les points noirs ne s'évanouissent peu à peu. Je recrachai le sang qui jaillissait de ma lèvre et bondis sur mes pieds. J'aurais un nouvel hématome sur la joue, et ma mâchoire me faisait un mal de chien.
À travers mon étourdissement, j'entendis la voix de Jacob et celle de son frère, se battant à mon sujet. J'ignorais qui allait remporter la bataille, mais je ne pouvais qu'espérer que ce fût Jacob. Je clignai des yeux pour chasser l'écran flou qui brouillait ma vision, et aperçus Jacob qui avait placé un couteau sous la gorge de Coyote de Fer.
« Si tu oses encore une fois la toucher, je vais prendre ce couteau et te charcuter jusqu'à ce que plus personne ne puisse te regarder sans vomir d'horreur, espèce de gros tas de merde, » fulmina Jacob entre ses dents.
Coyote de Fer me jeta un regard vrillant de haine. « Tiens ta pute en laisse, Jacob. C'est elle qui m'a sauté dessus ! »
Jacob m'interrogea des yeux, alors que j'étais toujours assise par terre. Je crachai un jet de sang, puis jetai un regard assassin à Coyote de Fer. « Espèce de menteur ! Il ment, mon roi. Il ment ! »
Troublé par cette situation, il redirigea son attention vers son grand frère. « Si elle s'est jetée sur toi, pourquoi ta lèvre et pourquoi est-elle couverte de bleus ? »
« Ta sale pute m'a presque arraché la lèvre ! Elle a mérité chaque seconde de douleur qu'elle a reçu… argh ! » Il brailla lorsque la pointe de la dague perça la peau de son cou.
Je hurlai le nom de Jacob, mais il fit la sourde oreille, ses yeux focalisés sur Coyote de Fer. « Touche-la, et je te tuerai. Prononce seulement son nom à voix basse, et je te tuerai. Reluque-la, et je te tuerai ! » Tonna Jacob. « Je t'arracherai le cœur comme je l'ai fait pour Felix, et le lui servirai sur un plateau d'or. »
Il balança Coyote de Fer hors du chemin, et ce dernier prit ses jambes à son cou. « EMILIA ! » retentit sa voix dans le couloir.
Jacob s'essuya le nez et laissa tomber le couteau avant de se précipiter vers moi. « Oh, bon sang, » s'exclama-il sourdement. Il examina mon nez ensanglanté et ma lèvre déchirée. Il effleura le bleu encore frais sur ma joue et je me recroquevillai sous la douleur. Ses yeux étaient remplis de tristesse et de pitié en voyant ce que son frère m'avait fait. « Je suis désolée. J'aurais dû être plus prudent et réfléchir à deux fois avant de te laisser descendre ici sans moi. »
Il pressa son front contre le mien et embrassa l'espace qui séparait mes sourcils. « Je suis tellement désolé de ce qui vient de t'arriver, » chuchota-t-il. « Tu ne veux rien me dire ? »
Je le considérai un moment, tentant désespérément de retrouver une respiration normale. Je ne savais pas quoi lui dire, alors je lâchai la première chose qui me vint à l'esprit. « Le vin, » bredouillai-je. « Il a bu ton vin. »
Il sourit légèrement, ne sachant si c'était vraiment l'heure de rire. « Retournons dans la chambre. »
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« Oh seigneur, je ne peux plus respirer, » balbutiai-je en sentant le sang couler dans ma gorge. Je m'effondrai sur un oreiller, un mouchoir blanc plaqué contre mon nez. Il n'était pas cassé, juste sanguinolent. Mais ça faisait mal.
« Penche ta tête en avant, » m'ordonna-t-il. Je tins le mouchoir contre mon nez qui saignait depuis plus d'un quart d'heure, en dépit de mes efforts vains pour l'arrêter. Je toussai encore du sang lorsque des gouttes me chatouillèrent le fond de la gorge.
Je le regardai d'un drôle d'air. « Pourquoi ? Cela va juste empirer le saignement. »
Il s'assit sur le bord du lit m'observa d'un air inquiet. « Exactement. Il faut que le sang sorte quelque part, ma chérie. » Je le dévisageai, choquée. Ma chérie ? C'est un nom très spécial, ça, un nom que l'on donne à celle que l'on aime, pas à sa pute personnelle. « Tu préfères qu'il s'écoule dans ta gorge ou sur la couverture ? »
Je toussai violemment avant de me redresser en position assise et courber ma tête au-dessus de la couverture. Le sang coula quasiment en fontaine sur le tissu.
« Bien, » m'approuva-t-il. « Si tu penches en arrière, le sang peut traverser ta trachée ou atterrir dans ton estomac, et tu pourrais vomir. Fais-moi confiance, j'ai beaucoup d'expérience avec les nez cassés. »
Je le croyais. Le surplus de sang que j'avais avalé auparavant menaçait à présent de remonter dans ma gorge. Je toussai encore du sang exsudant de ma lèvre ouverte gicla sous l'impulsion. Quelques gouttes atterrirent sur le torse nu de Jacob. « Je suis désolée, » m'exclamai-je vivement, oubliant presque qui il était.
Je levai le bras et essuyai le sang qui maculait sa peau avant qu'il pût m'en faire le reproche. Il secoua la tête. « C'est bon. Appuie sur ton nez juste au niveau de l'arête nasale pour bloquer le saignement. Ça devrait s'arrêter dans cinq minutes à peu près. »
Je hochai la tête et suivis exactement ses instructions. « Merci, » murmurai-je. « De prendre soin de moi. »
Quinze minutes plus tôt, il m'avait déshabillée sans aucune arrière-pensée sexuelle, mais dans le but d'examiner presque chaque pouce de ma peau ivoirienne et de détecter les bleus. Puis il m'avait donné une autre robe de soie rouge et déposée sur le lit avec un glaçon enroulé dans une peau d'animal assez fine. Manifestement, quand on se cogne la tête contre le sol de pierre, on a mal après pendant un bon moment… très mal.
La bouche de Jacob s'étira en un de ses sourires magnifiques dont il avait le secret. « Mais de rien, ma chérie. » Tiens, encore ce nom. Une vague de chaleur et de désir se lova dans mes parties intimes. « Je voulais te dire merci pour avoir mordu mon frère. Entre nous, ça fait un moment que je cherchais une bonne excuse pour lui botter le cul… mais je suis désolé qu'il ait fallu tu sois blessée. Ce n'est qu'un salopard esclave de ses appétits sexuels, et qui convoite tout ce que je possède. »
Je hochai la tête. « Y compris moi. »
Il se renfrogna à ces mots. « Je sais, y compris toi. »
Je tentai d'alléger la conversation. « Mais il a dit que je lui avais presque arraché la lèvre, » dis-je en pouffant légèrement comme une gamine. « J'ai presque réussi. »
« Oui, » approuva-t-il en s'avançant vers moi à quatre pattes. « Tu lui as rendu la monnaie de sa pièce comme une vraie femme Quileute. »
J'ôtai le mouchoir de mon nez et l'inspectai. Il y avait du sang séché dessus, rien que du sec, et plus de sang frais. « Je pense que ça s'est arrêté maintenant, » déclarai-je. « Où est-ce que je pose ça ? »
Il désigna la cheminée de la tête. « Balance ça dans le feu. Je n'en veux pas, et ces quelques taches vont être un cauchemar à laver pour les femmes de ménage. »
« D'accord, » acceptai-je. Je jetai le tissu en direction du foyer. Mais il atterrit juste devant, si bien que je dus sortir du lit et l'apporter moi-même jusqu'à la cheminée. Puis je restai juste devant et contemplai le tissu qui se flétrit avant de consumer, léché par les flammes orangées.
Je devinai au grincement du lit, qu'il venait de se déplacer. « Viens près de moi, » me supplia-t-il. « La journée a été longue. »
Je me retournai et repris ma place dans le lit, rabattant les couvertures avec de me glisser dessous. Jacob me contempla ainsi, illuminée par la lumière du feu. Je lui renvoyai son regard et sourit lentement.
Il inspira doucement. « Gobe ina ganin zan sumbace ka. » (Demain, je pense que je t'embrasserai.)
Je fronçai les sourcils. « Sumbace ni ? Ka riag ka aikata wannan. » (M'embrasser ? Tu l'as déjà fait.)
« Ina so in sumbace ka wani daban-daban. Wata ila ka lebe da farko, amma sai watakila wani wuri dabam, » souffla-t-il. « Kokari ya tsammani inda zan sumbace ka gaba. » (Je veux t'embrasser ailleurs. Peut-être d'abord sur tes lèvres, mais ensuite peut-être autre part. Devine un peu où je vais t'embrasser ensuite.)
J'étais soudainement intriguée. « Na kiraza ? » demandai-je. (Mes seins ?)
« Babu, » répondit-il en hochant la tête. « Sake gwadawa. » (Non, essaie encore.)
« Na kafafu. » (Mes jambes.)
« Babu. »
« Ciki na ? » (Mon ventre ?)
« Ba kome, zan gaya maka, » dit-il en riant. « Zan je ka sumbace zaki da al'aurar mata. » (D'accord, je vais te le dire, je vais embrasser ton joli bouton d'amour.)
Je lâchai un drôle de son étranglé et me laissai retomber sur les oreillers. J'aurais dû m'en douter mais… entendre ce mot sur ses lèvres, additionné à cette lueur dans ses yeux à l'instant où il m'avait annoncé ce qu'il comptait faire, c'était à vous donner des frissons. « Mmm. »
« Je peux déjà sentir ton excitation, » se moqua-t-il gentiment.
Mes joues s'empourprèrent dans la pénombre. « Oh. »
« Ce sera un peu comme une rétribution pour ce que tu m'as fait aujourd'hui. »
Je tentai de me contrôler. « Oh. »
Il brisa la distance qui nous séparait et captura mes lèvres. Je le désirais maintenant depuis si longtemps que j'enroulai mes bras autour de son cou et approfondis le baiser. Il darda sa langue dans ma bouche avec une lenteur exaspérante, passant sous la ligne tranchante de mes dents et caressant ma propre langue paresseusement. « Ça te convient, ma chérie ? »
Je ne sus où était passé mon vocabulaire, mais ce qui était sûr, c'est que je ne le trouvais plus. « Mmh-hmm. »
Il me donna un dernier baiser, un dernier coup de langue dans ma bouche, avant de s'écarter, un filament de salive brillant sur ses lèvres roussâtres. « Rétribution. »
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Dictionnaire haoussan :
Ya allah na : Dieu
Wanda nake kauna : mon amour
