Note de la traductrice : bonjour tout le monde, j'espère que la semaine s'est bien passée pour vous. En ce qui me concerne, c'était assez pourri, plein de projets de traductions fastidieux et indigestes, heureusement que Sinful Seduction est là pour me remonter le moral.
Note de Tralapapa : Rien de spécial à dire de mon coté, si ce n'est : profitez bien
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Sinful Seduction
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Chapitre 13 : Question
Mes mains se posèrent délicatement sur son visage. « Elle m'a dit que… une fois que tu es sûre de tes sentiments envers cet homme que tu aimes, tu peux décider te donner à lui. » J'avais peur. Mon cœur battait comme un fou. Mais je savais, rien qu'en regardant cet homme, qu'il n'y avait absolument rien à craindre. « Oui, mon amour, je vais me donner à toi. »
Il secoua la tête et posa un doigt sur ma joue. « Non. Non, tu n'as pas à faire ça, juste parce que je vais mal. »
Je plaquai mon corps contre le sien. « Ce n'est pas le cas. Tu m'as dit autrefois 'quand tu es prête.' Et je suis prête maintenant, Jacob. Fais-moi l'amour. »
« Bella. Bella !
Je couinai soudainement, ouvrant mes yeux d'un coup et sursautant sur ses genoux. Ma réaction parut le surprendre, mais j'étais aussi surprise que lui. Est-ce que je venais vraiment de lui déclarer cela ? J'étais incapable de le savoir. Oh, j'avais dû rêver. C'était certain. Il avait appelé mon nom. Peut-être avais-je eu une absence. Probablement.
Mais le problème, c'est que cela m'avait semblé si réel. Je n'avais pas eu l'impression de rêver, pourtant c'était la seule explication… parce que je ne me souvenais pas de lui avoir dit que je l'aimais, ni que je voulais qu'il me fasse l'amour, et encore moins d'avoir vu cette expression sur son visage où je lui aurais dit « vas-y. »
Que signifiait alors cette courte vision que je venais d'avoir ? Cela voulait forcément dire quelque chose. Durant mon rêve éveillé, j'étais si sûre de ce que je voulais : lui. Je n'imaginai pas que je pouvais être aussi audacieuse.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? Je t'ai appelée plusieurs fois, et tu ne m'as pas entendu, » me dit-il. Je secouai la tête. Ce n'était rien. Pourtant, j'étais franchement perdue. L'aimais-je vraiment ? M'aimait-il également ? Ou était-ce encore le fruit de mon imagination ? Le désirai-je comme lui me désirait ?
Je me calai vers l'arrière sur ses genoux. Quelques minutes auparavant, alors que j'avais encore l'esprit embrumé, j'avais chassé un élément qui n'était pourtant pas destiné l'être aussi facilement. « Quand tu t'es sauvé l'autre nuit comme une bête sauvage… tu es allé voir une autre femme. »
La culpabilité teinta son regard presque aussitôt après. « J'étais ivre. Je t'ai dit que j'étais désolé. » Je soupirai et quittai ses genoux pour me relever. Alarmé par mon geste, il leva le bras pour m'en empêcher, mais je me dérobai et commençai à me rhabiller. Je voulais juste me couvrir un peu.
Je soulevai les épaules, enfilai les parties recouvrant ma poitrine et mon sexe, avant d'enrouler le tissu autour de mon corps. « Je ne voulais pas en parler avant parce que je ne voulais pas d'autres disputes. Mais cela m'a quand même blessée… de te voir avec elle. »
Sa figure devint pâle. « Tu… tu m'as vu avec elle. »
D'abord, je n'étais pas sûre de vouloir entamer cette conversation, mais je me pris à hocher la tête avant même de pouvoir m'en empêcher. « J'étais partie à ta recherche après avoir attendu pendant des heures, enfermée dans cette pièce… et j'ai vu ce que je n'étais pas supposée voir. »
Ses épaules s'affaissèrent et il soupira, la voix chargée de honte et de culpabilité. « Je ne la désire pas comme je te désire toi. Avec Athenodora, c'est juste le désir de la chair. »
Je lui jetai un regard noir. « Ma chair aussi, tu la désires. Tu me l'as répété un nombre incalculable de fois. »
Il leva les yeux vers moi la pointe d'humour qui transperçait dans mes paroles dans ne lui avait pas échappé. Ses bras se tendirent depuis sa chaise pour enserrer mes mains étroitement dans les siennes. « Mais avec toi, commença-t-il, mon désir est double. Je désire ta chair autant que ton respect et ton amour, même si je n'en suis absolument pas digne. »
J'exerçai une petite pression sur ses mains avant de les relâcher pour raccrocher un pan de soie blanche avec une pince bleue. Je soupirai doucement. « Alors tu as le droit de fréquenter toutes les femmes que tu veux, pendant que moi, je suis coincée ici, avec interdiction de parler avec qui que ce soit sans ta permission formelle. »
Maintenant, c'était lui qui me jetait un regard noir. « Oui, mais c'est pour une bonne raison. Est-ce que tu préfèrerais te faire violer, Isabella ? Je t'ai sauvée deux fois. Mes hommes ne sont pas dignes de confiance. »
C'était la vérité, je ne pouvais le nier. J'étais sincèrement reconnaissante envers lui pour sa protection, surtout lors de ces moments où j'en avais eu tant besoin. Je soufflai et hochai la tête. « Et Ours Noir ? Tu l'as agressé injustement et maintenant, il a terriblement peur de moi, à cause de tes réactions. Je n'aime pas qu'on ait peur de moi. » Je rougis légèrement et souris devant son expression perplexe. J'avais l'impression que qu'il ne trouvait pas ça tellement drôle.
Sa mâchoire se contracta, et il montra les dents. « J'ai toujours été craint. » Il se pencha vers l'avant, assis danse son gigantesque fauteuil en peau d'ours, et nu comme au jour de sa naissance. « Je suis le roi le plus impitoyable des tribus barbares de l'ouest sauvage. Nul ne peut s'endormir sur ses deux oreilles sans faire au moins un cauchemar sur moi. »
Je le considérai avec intérêt. « C'est entièrement de ta faute, aussi. Si tu arrêtais de mettre à sac des royaumes innocents, peut-être qu'ils ne te détesteraient et ne te redouteraient pas. Peut-être même… qu'ils apprendraient à t'apprécier si tu leur offrais la protection par exemple. Je parie que tu pourrais même t'en faire des alliés. »
Il se leva en lâchant un rire sans joie et attacha son pagne autour de sa taille. « Des alliés ? Je n'ai aucune clémence envers les autres chefs qui insultent les gens de mon peuple en les traitant de barbares, et qui crachent sur nos noms. Je peux comprendre ce que tu ressens par rapport à tout ça, mais pour ma part, je n'ai jamais rien connu d'autre. Je suis né dans le sang et les pillages. »
Je me rapprochai de lui. « Alors prouve-moi que tu es un homme bon. Prouve-leur que tu es un grand roi. Je suis la première à l'avoir vu. Tu as bien réussi à me… faire changer d'avis à ton sujet. »
Il sourit à mon dernier commentaire, puis son attitude changea du tout au tout, et il laissa échapper un ricanement sinistre. « Ma réputation est déjà faite, et elle est bien partie pour durer mille ans. Quelle différence ça fera si je change maintenant ? Je serai toujours un monstre à leurs yeux, alors autant être à la hauteur de ma renommée. »
« Jacob… »
Il leva la main et secoua la tête. « Non. » Puis il jeta un peu de linge sale dans un panier qu'il planta devant moi. « Il faut que j'aille à une réunion. Va faire la lessive à la rivière, ensuite repose le panier ici quand tu auras fini. J'aurais sans doute fini dans un peu plus d'une heure. »
Je lui jetai un regard interloqué. « Suis-je ta servante à présent ? J'ai été utile tout à l'heure quand tu avais besoin de réconfort, mais maintenant tu me traites comme une esclave en m'ordonnant d'aller laver ton linge sale. »
« Tu n'es pas une servante, » me corrigea-t-il en soufflant comme s'il expliquait quelque chose à un enfant pour la centième fois. « Mais je t'ai traitée comme une princesse pendant très longtemps. Il est temps que tu te mettes au travail. Même les filles du harem travaillent. Toute femme dans mon royaume travaille. Et ne viens pas me baver que 'dans mon royaume, on ne fait pas ça' parce que je suis fatigué de t'entendre comparer ton minable Forks à ma terre.
Je poussai un grognement à son intention et m'emparai du panier. « Faire la lessive ne me pose aucun problème, » Crachai-je. « Tout comme accomplir mes devoirs de femme. Mais je refuse qu'on me donne des ordres. »
Il me jeta d'abord un regard choqué, mais bientôt un sourire se dessina lentement sur son visage. « Tu es exactement comme ma mère fougueuse, fière, forte. Je reviendrai bientôt. »
Et avant que je ne puisse lui décocher une réplique cinglante, ses lèvres capturèrent les miennes. Et toutes les pensées et sentiments négatifs fondirent sous la passion. Il rompit le baiser et je le suivis dehors sans un mot, le panier calé fermement sous mon bras.
Nous nous séparâmes dans le couloir. Il prit la direction de la salle des Stratégies et Tactiques de Guerre, tandis que je prenais celle qui me mènerait hors du château. Je suivis les servantes et les domestiques qui sortaient pour s'occuper des jardins, des animaux et de la lingerie.
La rivière était le point de rencontre de toutes les femmes, nobles et humbles, que ce soit pour laver leur linge ou pour boire un verre. Le soleil tapait dur et m'enveloppa de sa chaleur tandis que je m'avançais pieds nus sur l'herbe sèche et le chemin de poussière jusqu'à la rive, dont certaines parties étaient couvertes par l'ombre de la forêt. D'autres dames étaient déjà là, en train de laver leur linge.
Je m'agenouillai à côté d'Angelina qui s'occupait du linge de Boit à la Cascade. « Bonjour, » me salua-t-elle avec un sourire et une accolade chaleureux. « Cela fait un moment que je ne t'ai plus vue. Tout se passe bien pour toi ? »
« Oui, ça va, » répondis-je. « Mais Jacob a été perturbé par la perte de sa sœur. Je ne peux pas l'en blâmer. C'était une femme douce et généreuse. »
Angelina acquiesça et tira une tunique vert foncé hors de l'eau, l'étendit sur une pierre plate, puis la frotta avec un savon. Elle me regarda en souriant. « Il est ravissant ce collier. Est-ce un cadeau de Jacob ? »
Ma main se posa sur le topaze qui brillait sur ma gorge. Je hochai la tête, puis attrapai une paire de culottes en peau de cerf, que je plongeai dans le courant. « Puis-je emprunter ton savon s'il-te-plaît ? »
Angelina hocha la tête. « Oh, oui bien sûr. »
Je frottai le vêtement vigoureusement, qui fut bientôt englouti par les bulles. À côté de moi, Angelina plongea une autre tunique dans l'eau. « Tu sais, j'ai entendu beaucoup de choses à propos de ce collier. »
Je l'observai alors, intéressée. « Et quoi donc ? »
« Que c'est un trophée, » m'expliqua-t-elle. « On raconte que si une femme a la chance d'obtenir le collier de topaze, cela signifie qu'elle est très importante pour notre roi. »
Je respirai lentement. « Est-ce bien vrai ? »
Elle hocha la tête. « Absolument. » Elle s'essuya le front pour en chasser la sueur et soupira. « Cela fait une heure que je suis ici. Embry a beaucoup de vêtements. »
Je souris faiblement. « Vraiment ? »
Derechef, elle baissa la tête en signe d'acquiescement. « Je suppose qu'il est préférable pour lui que je lave ses habits, plutôt qu'il reste sale. » Elle plaqua soudain brièvement une main contre son ventre, avant d'extraire encore une autre tunique de l'eau.
Je lui jetai un regard oblique. « Est-ce que tout va bien ? » M'enquis-je auprès d'elle. Elle était blême sous le soleil et aussi étrangement faible.
« Oh oui. Je vais très bien, » m'assura-t-elle en opinant du chef. Je lui répondis d'une inclinaison de tête sans insister davantage. Je fus bientôt à la moitié du panier, le dos couvert de sueur, et la fatigue commençait à me gagner.
Je levai la main pour m'essuyer le front. À côté de moi, Angelina poussa un gémissement et pressa ses deux mains sur son ventre. Je fronçai les sourcils. « Tu me caches quelque chose. Tu sembles sur le point de défaillir. Tu es pâle comme un linge. »
Elle secoua la tête puis tordit quelques pièces de vêtements pour les essorer. « Isabella, il faut que tu me promettes de ne répéter à personne ce que je vais te révéler maintenant. »
Ces prémices me glacèrent. Je m'assis par terre et jetai les vêtements propres dans le panier derrière moi. « Très bien. Je promets. »
Elle souffla et me pris la main. « Je… j'attends un enfant. »
Je poussai une exclamation choquée, si bien qu'Angelina bondit pour placer sa main sur ma bouche. « Chut, ma Dame ! Vous êtes bien trop bruyante ! »
Je chassai sa main de ma bouche. « Mais est-il au courant ? »
Angelina confirma d'un signe de tête. « Bien sûr qu'il est au courant. Il voit chaque parcelle de mon corps et remarque le moindre changement… y compris l'absence de mes saignements intimes au bout de deux mois. »
« Et… comment as-t-il réagi ? » Demandai-je, anxieuse de connaître la réponse.
Elle baissa le regard. « Il a été… il s'est montré nonchalant. C'était comme s'il s'en moquait. Oh, Isabella, j'étais terrifiée à l'idée de ce qu'il me dirait, qu'il cessât de m'aimer, ou me rejetât simplement dans le harem. Mais il ne l'a pas fait, et c'est ce qui m'a le plus surprise ! »
J'avais en effet déjà entendu des histoires horribles de femmes renvoyées dans le harem, quand un homme engrossait l'une d'entre elles par accident. Elle devait alors se débrouiller seule, sans aucun soutien de la part du père de son enfant, et l'enfant grandissait ensuite sans aucune figure paternelle dans sa vie. Non, hors de question qu'une chose pareille n'arrive à Angelina, ou à moi.
Je jetai un coup d'œil à son ventre, marqué d'une légère protubérance, encore point trop visible. « Depuis combien de temps ? » M'informai-je. « Tu ne parais pas bien grosse. »
« Alice m'a dit que j'en étais à peu près à trois mois de grossesse, » me révéla Angelina. « D'après ses estimations, j'ai dû tomber enceinte les premiers jours où je suis arrivée ici. »
Je hochai la tête. Je pouvais être certaine que c'était également le sort qui m'attendait si je laissais Jacob me posséder quand l'envie lui prendrait. J'humectai mes lèvres sèches. « Je te souhaite tous mes vœux de bonheur pour ta grossesse. Je prierai les dieux que Boit à la Cascade te garde à ses côtés… même si au fond, je sais qu'il le fera. »
Elle rougit et hocha la tête, avant de s'emparer de son panier rempli. « Eh bien, il est temps que je ramène tout ce linge à l'intérieur. J'ai été heureuse de pouvoir te parler de nouveau, Isabella. Et de tout cœur, je te souhaite bonne chance avec Danse avec les Loups. »
Je répondis d'un hochement de tête et lui souris en retour. Je terminai la lessive de Jacob, puis soulevai le panier alourdi et me dirigeai vers le sommet de la colline pour prendre les vêtements fraîchement lavés sur une corde à linge. Arrivée en haut, je reposai mon fardeau et suspendis le linge sur une corde épaisse tendue entre quelques arbres. Je levai les bras et passai une tunique blanche sur la corde, quand un corps lourd percuta le mien et me fit chuter sur le sol.
J'entendis un halètement et levai la tête. C'était Ours Noir. « Na tuba (je suis désolé), » me baragouina-t-il d'un ton bourru en me tendant une main tremblante pour m'aider. Je la saisis et me relevai, puis époussetai ma robe et le regardai.
« Daidai de mana, da kuwa hadari, » lui dis-je avec un petit sourire. Je le parcourus du regard de haut en bas. « Ka yi kama kana cikin sauri. » (Ce n'est rien. C'est juste un accident. On dirait que tu es pressé.)
Il hocha la tête. « Raye-raye da wolves ba ya so in yi magana da kai. A gaskiya ma, sai ya ce zai kasha mu idan mun yi magana da kai, » me répondit-il tout naturellement. Puis il croisa les bras sur sa poitrine. « Kuma… Kumar kamar kana so in aka kasha su. » (Danse avec les Loups ne veut pas que je te parle. En fait, il nous a dit qu'il nous tuerait tous si nous parlions avec toi. Et… on dirait bien que tu veux ma mort.)
Je lui jetai un regard indigné, serrant instinctivement les poings. « Ina ne kawai da abokantaka ! Ka sani, kai ne mutum na fari na sadu a nan abin da ya kokarin fyade da ni. » (Je me montre simplement amicale ! Tu sais, de tous les hommes que j'ai rencontrés ici, tu es le seul qui n'ait pas tenté de me violer.)
Cette remarque l'adoucit légèrement. « Me ya sa kake so ka zama abokai da ni ? Mace ke ba ya so ya zama aboki na da sai idan tana son wani abu daga gare ni. » (Pourquoi est-ce que tu veux être amie avec moi ? Aucune femme n'a jamais voulu être mon amie, à moins qu'elle n'ait quelque chose à me demander.)
Je me renfrognai de nouveau et plaçai mes poings sur les hanches. « Ina so kawai ka dogara, » lui affirmai-je. « Na yi maka alkawari ba za ta mutu idan kana da irin kawai a gare ni… da kai ne. » (Je veux simplement ta confiance. Je te promets que tu ne mourras pas si tu te montres simplement bon envers moi… ce que tu es déjà.)
Ses sourcils formèrent une ligne continue. « Mu ne abokai ? » (Alors nous sommes amis ?)
J'acquiesçai. « Na'am. Mu ne akobai. » (Oui. Nous sommes amis.)
Un appel au loin le fit sursauter. Il m'adressa un dernier regard amical avant de me quitter. Et je finis de suspendre le linge.
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Je m'assis, un verre de vin à la main, et que je sirotais gracieusement par à-coups. Il était midi et Jacob dormait encore, nu dans son lit. Il avait verrouillé la porte de sa chambre, de sorte que je n'avais aucune possibilité de sortir pour accomplir une activité vraiment utile.
Il avait l'air si paisible lorsqu'il dormait. Ses cheveux étaient éparpillés sur les oreillers qui l'entouraient. Ses muscles tressaillaient et se gonflaient parfois lorsqu'il sursautait dans son sommeil. Les pensées tourbillonnèrent dans mon esprit, étant donné que je n'avais rien d'autre à faire que rester assise là, boire et méditer sur certains événements. Il y avait encore des questions qui demeuraient sans réponse.
Je voulais lui demander pourquoi il avait fait preuve d'autant de gentillesse à mon égard la première nuit de notre rencontre, quand d'autres hommes m'avaient traité comme un déchet, une tâche de boue sous leur pied. Je voulais lui demander pourquoi il m'avait ensuite demandé de m'assoir sur les genoux de son frère, seulement pour être tripoté puis étranglé devant toute la tablée, et pourquoi il n'avait pas bronché jusqu'à ce que je le confronte.
Je voulais lui demander pourquoi il avait paru se soucier de moi comme d'une guigne, jusqu'à ce que mes ongles écorchent ma peau, et pourquoi son masque d'impassibilité avait craqué comme un orage de pluie quand j'avais commencé à pleurer devant lui.
Je voulais lui demander pourquoi il était prêt à arracher le cœur de ses propres soldats pour la misérable prostituée, supposée lui apporter du plaisir, mais qui ne le faisait pas… pourquoi il n'avait pas hésité à cogner de ses poings le visage de son propre frère, plutôt que de laisser Coyote de Fer me violenter.
Je voulais aussi demander à Angelina à quel moment elle était tombée amoureuse de Boit à la Cascade et si elle l'avait su, ou si elle avait deviné auparavant que son cœur fonderait pour lui avant qu'il ne lui accorde le sien. Mais comme c'était impossible, je m'adossai à la chaise et laissai le vent qui soufflait à travers la fenêtre me caresser, dans l'espoir que celui-ci me chuchote les réponses qu'il ne m'avait jamais données.
Je bus un peu plus de vin, laissant mon esprit vagabonder toujours plus loin dans mon étrange rêverie. J'aurais voulu questionner tous les personnages des romans que j'avais lus pour savoir si le héros finissait par se lasser de son amante, une fois le méchant vaincu, et partait ensuite sur son cheval vers d'autres contrées, solitaire dans le soleil couchant, sans un regard en arrière.
Je voulais demander à Jacob de quel droit il se permettait de restreindre ma liberté de mouvements quand, prisonnière de cette tour, c'était lui qui m'y avait enfermée. Je voulais lui demander de quel droit il me faisait ressentir toutes ces choses, alors que c'était lui qui m'avait piégée par ses sourires bons et ses douces caresses.
Je voulais lui demander si le vin avait le pouvoir de dévoiler le cœur des garçons et des hommes, et le prier de me parler davantage de ses cicatrices dans le dos, ou de son regard lorsqu'il faisait l'éloge des êtres chers qu'il avait perdus.
Je voulais lui demander pourquoi il avait proclamé ce discours de revendication sur moi, le cœur de mon violeur serré dans sa main, avant d'aller sauter une autre femme… pourquoi il se souciait même d'une fille insignifiante, issue du peuple et reléguée au rang de prostituée, censée être à la disposition de tout le monde comme un dessert servi sur un plateau d'argent.
Je voulais lui demander pourquoi il m'avait offert le collier de topaze (ce grand trophée) alors qu'il aurait pu le donner à n'importe quelle autre femme du royaume plutôt qu'à moi (ou parmi les nombreuses beautés éligibles qui lui couraient après).
Mais à la place, je me rassis et continuai à le qualifier intérieurement de barbare, de bandit et de voleur. Et quand il me demandait ce qu'il m'avait volé, je ne répondais jamais l'entière vérité. J'avais toujours une petite liste non-exhaustive de ces méfaits, les bijoux, les meubles, les tableaux, et les vies qu'il avait volées… mais j'avais oublié la chose la plus importante.
L'acte qui avait fait de lui un voleur hors-pair était la capture d'un bien précieux qui m'appartenait exclusivement. Une si bien gardée et cachée que seul un véritable génie pouvait dérober.
Mon cœur.
Ainsi donc, je décidai que j'aimais Jacob, le roi sans pitié des barbares, le plus grand brigand de tous les royaumes et de la terre entière, et le cauchemar sanglant des hommes. Je touchai la topaze sur ma gorge. C'était le grand trophée auquel j'avais aspirée si longtemps.
Il s'étira dans son lit. « Mon amour… Bella, » marmonna-t-il dans son sommeil. J'émis un sanglot et portai ma main sur mon cœur qui battait comme les ailes d'un oiseau affolé. Voilà ma réponse. Il m'aimait vraiment. Et, repensant à mon rêve conscient de ce matin, je me souvins des paroles que mon amie mariée Mrs. Smythe avait tenues sur l'amour. Elle m'avait recommandé de n'accepter de me compromettre qu'avec l'homme que j'étais sûre d'aimer.
Est-ce que j'aimais Danse avec les Loups, le grand roi ?
Oui. Je l'aimais.
Et maintenant ? Elle m'avait dit que j'étais en droit de me donner à lui, corps et âme. Je me relevai et me dépouillai de mes vêtements jusqu'à ce que je me retrouve nue comme au jour de ma naissance.
Jacob s'agitait et se retournait dans son sommeil, tant et si bien qu'il finit par se retrouver en position assise sur le lit, après s'être réveillé tout seul. Ses yeux se rivèrent sur mon corps, et je vis le brun de ses iris un peu effrayées fondre progressivement, puis noircir sous le feu du désir.
« Qu'est-ce que tu fais ? » Me demanda-t-il en un souffle, ses mains repoussant la ligne de ses couvertures pour se dégager des draps qui le couvraient.
Qu'est-ce je faisais ? « J'ai pris une décision, » lui avouai-je. « C'est à propos de toi et moi. »
Il serra les dents et s'agrippa encore plus aux draps. « Ne me tente pas, diablesse, » m'avertit-il. « Tu ne veux pas franchir cette étape, pourtant tu te tiens là, juste devant moi, dans toute ta féminité glorieuse, et tellement… accessible. »
Je hochai la tête, agitant mes boucles qui retombaient en cascade sur mes épaules. « C'est exactement ce dont je veux parler avec toi. Je pense que je suis prête à franchir cette étape. Tu m'as dit autrefois que tu ne me toucherais pas avant que je ne sois véritablement prête. Je le suis maintenant. »
Il sortit du lit, me révélant son excitation plus qu'évidente qui pointait sous le tissu. « Vraiment ? » Me demanda-t-il avec une douce avidité. J'acquiesçai et posai ma main sur son ventre musclé, tout juste au-dessus de son érection. Prenant une inspiration brève et hachée, il me regarda de ses yeux bouillonnant de passion. Puis il se pencha tout près de mon oreille, ses lèvres effleurant ma joue. « Parce qu'une fois lancé, je ne pourrai plus m'arrêter. »
J'inclinai la tête vers l'arrière, de sorte qu'il put m'embrasser la ligne de mon cou. « Tu me feras l'amour, » décrétai-je la voix enrouée par le désir. Les régions sud de mon corps s'embrasèrent dangereusement, et le besoin de me presser contre son corps dur se fit impérieux. « Tu ne coucheras plus avec aucune autre femme, ni ne fréquenteras aucune autre prostituée. Je ne le… souffrirai pas. »
Je gémis lorsque ses mains chaudes trouvèrent mes seins et les pressèrent gentiment. « C'est bien, » sa voix grave roula dans mon oreille. « Revendique-moi comme je t'ai revendiquée. Donne-moi ton corps comme je te donnerai le mien. »
Je fermai les paupières. Il plongea sur mes lèvres et sa langue caressa la mienne, explorant des crevasses que je ne connaissais même pas. Mes mains glissèrent le long de son dos et se pressèrent sur ses fesses musclées, et plaquèrent fermement son pelvis contre le mien. J'étais certes vierge, mais je savais ce que je voulais, et où je le voulais.
Le plaisir confinant à la douleur, qui coulait dans mes veines, commençait à devenir insoutenable. J'avais besoin d'être comblée, empalée, pour me sentir enfin complète à nouveau. Nous nous dirigeâmes vers le lit et il me jeta sur les couvertures avec une ardeur impatiente qu'il n'avait jamais montré jusqu'alors. Ce n'était rien comparé à la brutalité dont il avait usé avec Athenodora, mais la lueur bestiale qui luisait au fond de ses prunelles m'intimida.
« Je suis là, ma tigresse. » Cette voix à la fois profonde et caressante glissa dans mes oreilles comme un miel délicieux. Il glissa une main entre nos corps et me toucha là où mon désir était le plus ardent. Je rejetais ma tête en arrière et poussai un cri.
« Oh, s'il-te-plaît ! »
Il apporta ses doigts vers sa bouche et lécha le nectar qui les recouvrait. Ses lèvres brillèrent, humectées par ma propre humidité. Il me gouta encore une fois. « Tu es si humide, » me susurra-t-il en replongeant vers moi pour m'embrasser le cou. Il replia le genou entre mes jambes pour apaiser temporairement la douleur. « Tellement prête pour moi. »
Son genou fut bientôt moite à mesure que je me tortillais contre lui. Peau fragile contre muscle dure. La respiration haletante, les yeux mi-clos, les lèvres ouvertes grandes. « Oh, Jacob. »
Son sexe dressé était si massif, qu'il atteignait presque son estomac. Au repos, il m'avait déjà impressionnée, mais dans cet état, c'était encore pire, si c'était possible. Il eut quelques mouvements de recul, sans jamais briser le contact entre nos yeux. « Songe au plaisir que je vais te donner, » me chuchota-t-il. « Songe au moment où je vais rentrer en toi et répandre le feu à travers tes veines, tandis que tu chanteras mon nom comme une tendre mélodie. Est-ce que tu y es ? »
Son genou bougea encore et effleura un point particulièrement sensible. Je criai encore une fois, le dos arqué et les seins pointant dans l'air. Il les attrapa, et ses lèvres embrassèrent mes mamelons, puis revint en arrière. « Oui ! » piaulai-je. « Oui. J'y suis. »
Ses mains ceignirent ma taille plus fermement et m'attirèrent étroitement contre lui, et je sentis le bout de son sexe effleurer ma région la plus intime pour la toute première fois. Ce simple contact envoya des frissons violents à travers nos deux corps. « Es-tu enfin prête pour moi ? » Me demanda-t-il, la voix lourde de désir, de besoin et d'impatience.
« Ma mère m'a toujours dit que cela ferait mal, » murmurai-je.
Jacob me regarda dans les yeux et hocha la tête. « Cela te fera mal pendant quelques secondes, mais ensuite, je te promets que tout se passera bien, mon amour. Je t'apporterai un plaisir tel que tu n'en as jamais connu. »
Je souris et levai les mains pour encadrer son visage. « Alors tu vas me faire l'amour ? »
Il opina avec certitude. « Je te ferai l'amour, jusqu'à ce que le soleil disparaisse et que la lune et les étoiles brillent dans le ciel. »
Ses mains cherchèrent les miennes. Nos doigts se croisèrent tandis qu'il plaçait sa virilité juste devant mon entrée virginale, le corps tremblant d'anticipation. Son regard captura le mien, et sa main libre attrapait ma nuque.
J'étais terrifiée, mais je savais que je voulais cela autant que lui. Je baissai le regard au moment où sa chair pénétra la mienne, si étroite. Il lutta pour garder le contrôle. Mes yeux roulèrent, incontrôlables. « Non, » m'appela-t-il en agrippant ma tête entre ses mains. « Regarde-moi. Seulement moi. »
Je le regardai lui, seulement lui, et pris une inspiration profonde.
« Bien, » m'encouragea-t-il. « Ne me quitte jamais des yeux. Souviens-toi que l'amour se transmet par les yeux. Souviens-toi que je t'aime déjà, Griffe de Tigre. »
Je hochai la tête. « Je t'aime aussi, Danse avec les Loups. »
Il n'eut pas besoin d'autre encouragement.
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J'ai tellement, tellement honte de couper ici ! Mais encore une fois ce n'est pas de mon ressort cependant je peux déjà vous promettre qu'il ne s'agit pas d'un rêve cette fois-ci et que la scène de sexe sera plus détaillée dans le prochain chapitre. J'écrirai également un flash-back pour vous remettre dans le bain. ) Bises à la prochaine. (Note de Tralapapa : hihi c'est vrai que c'est vraiment cruel )
