Note de la traductrice : coucou tout le monde, après deux semaines d'attente, voici enfin la récompense promise, bonne lecture.
Comme toujours, remercions Tralapapa, sa patience et ses bonnes idées pour améliorer le texte.
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Sinful Seduction
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Chapitre 14 : Proie
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Nous nous dirigeâmes vers le lit et il me jeta sur les couvertures avec une ardeur impatiente qu'il n'avait jamais montré jusqu'alors. Ce n'était rien comparé à la brutalité dont il avait usé avec Athenodora, mais la lueur bestiale qui luisait au fond de ses prunelles m'intimida.
« Je suis là, ma tigresse. » Cette voix à la fois profonde et caressante glissa dans mes oreilles comme un miel délicieux. Il glissa une main entre nos corps et me toucha là où mon désir était le plus ardent. Je rejetais ma tête en arrière et poussai un cri.
« Oh, s'il-te-plaît ! »
Il apporta ses doigts vers sa bouche et lécha le nectar qui les recouvrait. Ses lèvres brillèrent, humectées par ma propre humidité. Il me gouta encore une fois. « Tu es si humide, » me susurra-t-il en replongeant vers moi pour m'embrasser le cou. Il replia le genou entre mes jambes pour apaiser temporairement la douleur. « Tellement prête pour moi. »
Son genou fut bientôt moite à mesure que je me tortillais contre lui. Peau fragile contre muscle dure. La respiration haletante, les yeux mi-clos, les lèvres ouvertes grandes. « Oh, Jacob. »
Son sexe dressé était si massif, qu'il atteignait presque son estomac. Au repos, il m'avait déjà impressionnée, mais dans cet état, c'était encore pire, si c'était possible. Il eut quelques mouvements de recul, sans jamais briser le contact entre nos yeux. « Songe au plaisir que je vais te donner, » me chuchota-t-il. « Songe au moment où je vais rentrer en toi et répandre le feu à travers tes veines, tandis que tu chanteras mon nom comme une tendre mélodie. Est-ce que tu y es ? »
Son genou bougea encore et effleura un point particulièrement sensible. Je criai encore une fois, le dos arqué et les seins pointant dans l'air. Il les attrapa, et ses lèvres embrassèrent mes mamelons, puis revint en arrière. « Oui ! » piaulai-je. « Oui. J'y suis. »
Ses mains ceignirent ma taille plus fermement et m'attirèrent étroitement contre lui, et je sentis le bout de son sexe effleurer ma région la plus intime pour la toute première fois. Ce simple contact envoya des frissons violents à travers nos deux corps. « Es-tu enfin prête pour moi ? » Me demanda-t-il, la voix lourde de désir, de besoin et d'impatience.
« Ma mère m'a toujours dit que cela ferait mal, » murmurai-je.
Jacob me regarda dans les yeux et hocha la tête. « Cela te fera mal pendant quelques secondes, mais ensuite, je te promets que tout se passera bien, mon amour. Je t'apporterai un plaisir tel que tu n'en as jamais connu. »
Je souris et levai les mains pour encadrer son visage. « Alors tu vas me faire l'amour ? »
Il opina avec certitude. « Je te ferai l'amour, jusqu'à ce que le soleil disparaisse et que la lune et les étoiles brillent dans le ciel. »
Ses mains cherchèrent les miennes. Nos doigts se croisèrent tandis qu'il plaçait sa virilité juste devant mon entrée virginale, le corps tremblant d'anticipation. Son regard captura le mien, et sa main libre attrapa ma nuque.
J'étais terrifiée, mais je savais que je voulais cela autant que lui. Je baissai le regard au moment où sa chair pénétra la mienne, si étroite. Il lutta pour garder le contrôle. Mes yeux roulèrent, incontrôlables. « Non, » m'appela-t-il en agrippant ma tête entre ses mains. « Regarde-moi. Seulement moi. »
Je le regardai lui, seulement lui, et pris une inspiration profonde.
« Bien, » m'encouragea-t-il. « Ne me quitte jamais des yeux. Souviens-toi que l'amour se transmet par les yeux. Souviens-toi que je t'aime déjà, Griffe de Tigre. »
Je hochai la tête. « Je t'aime aussi, Danse avec les Loups. »
Il n'eut pas besoin d'autre encouragement.
Je me sentis déchirée de l'intérieur lorsqu'il perça ma barrière virginale et me pénétra jusqu'à la garde. Je criai sous le choc et la douleur, et tentai d'enfouir ma tête dans son épaule. Il plaça ses mains sous mon menton sans me lâcher une seule fois des yeux. « Regarde-moi, Isabella. Regarde-moi jusqu'à ce que la douleur disparaisse. » Je m'exécutai.
Et voilà. Je n'étais plus vierge… je venais de donner ma virginité à l'homme que j'aimais. Jacob. Je remuai sous lui pendant quelques secondes avec inconfort, essayant de m'habituer à cette sensation d'écartèlement que son intrusion m'infligeait par le biais de ce chemin si petit et si étroit. À mesure que je gigotais entre ses bras, je me rendis compte qu'il lui était de plus en plus difficile de se maîtriser et se retenir.
Lorsque la souffrance s'estompa enfin, je remuai légèrement le bassin par curiosité. Il s'étrangla et ses yeux, qu'il avait promis de garder ouverts, se fermèrent d'un coup. « Oooh dieux. » Je ne l'avais jamais au grand jamais entendu gémir ainsi auparavant inutile de préciser que ce son m'excita terriblement. Je lui jetai un regard intense pour lui signifier qu'il pouvait continuer, alors, doucement, il fit les premiers de mouvements de va-et-vient, ses coudes posés sur chaque côté de ma tête.
Il était si grand que lorsqu'il poussait en moi, mon visage butait presque contre son torse. J'enroulai mes bras autour de son corps et l'encourageai dans ses mouvements. Bientôt, mes plaintes de douleurs étouffées se changèrent en plaintes de plaisir, en particulier au moment où sa chair, si tendre et si douce, percuta un point inconnu dans ma chair.
Je plantai mes ongles dans la peau dure et zébrée de son dos pour l'inciter à aller plus vite. Ses hanches augmentèrent la cadence et sa virilité me pilonna avec énergie. Tandis qu'il haletait lourdement, ses mains agrippèrent ma taille mince. Je soupirai à chaque décharge de plaisir qu'il me donnait.
La douleur s'était complètement évanouie sans laisser de trace. Cette sensation de plénitude, son sexe en moi, m'étais encore inconnue, mais c'était déjà étourdissant. J'étais couchée sous lui, sa main dans la mienne et ses yeux dans les miens.
Soudain, tel un faucon, il piqua sur mes lèvres et m'embrassa avec la passion et le désir d'un prédateur. Il tira mes bras au-dessus de ma tête, les maintint de son avant-bras et accentua ses mouvements de pénétration. Ses lèvres ne lâchèrent jamais les miennes. De sa main libre, il me massa les seins en faisant rouler son pouce sur mon téton pour le voir se durcir dans la chaleur de la pièce.
Je calai ma tête au creux de son cou, dégageant ses cheveux sombres et soyeux pour embrasser sa jugulaire. Je soulevai mes hanches pour accompagner ses mouvements, et cette position lui permit te toucher un endroit précis qui me fit hurler et trembler entre ses bras.
Je contractai mes muscles autour de son membre, ce qui le fit grogner de plaisir et ployer sa tête vers l'arrière, tandis que ses hanches imprimèrent des mouvements plus violents encore. Il m'avait promis qu'il me donnerait du plaisir, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il avait tenu sa promesse.
Il me susurra des mots doux à l'oreille, ainsi que des mots obscènes. « Quelle bonne fille, » murmura-t-il à voix basse. Ses dents capturant le lobe de mon oreille, qu'il suçota ensuite. Ses mouvements rapides répandaient un incendie à travers mes veines, mon corps fut bientôt submergé par une vague de plaisir comme je n'en avais jamais connu.
« Oh, plus fort, » le suppliai-je. Il me ménageait parce que j'étais sa budurwa et aussi parce qu'il voulait savourer ce moment, mais sa douceur commençait à me faire perdre la tête. « S'il-te-plaît ! »
Il ne pouvait résister à ma prière. Il me pénétrait à présent comme une bête déchaînée. J'essayai de me soulever sur les coudes pour trouver un support, mais à chaque coup de butoir, Jacob m'obligeait à la fois à prendre de l'air, pour mieux le chasser ensuite brutalement de mes poumons.
Je rejetai ma tête sur les oreillers et agrippai les draps si fort que mes jointures virèrent au blanc. Son souffle à lui devint plus lourd. « Je t'aime, » psalmodiai-je. « Seigneur, je t'aime à un tel point. »
Sa langue plongea dans ma bouche, puis ses mains se posèrent autour de mon visage. « Ina son ki sosai, » murmura-t-il. « Kar ka taba mantawa. » (Je t'aime tellement. Ne l'oublie jamais. »)
Et lorsqu'il replongea en moi je sentis l'orgasme monter. C'était comme toutes les fois où il m'avait donné du plaisir, que ce soit avec ses mains ou ses lèvres. Mais cette fois-ci, la sensation était bien plus exquise et intense.
À la seconde où je vins, la sensation d'être enfin complète me fit voir des étoiles. Je poussai un cri d'extase irrépressible. Il ne lui fallut pas longtemps avant de me suivre. Mais alors que je recommençais à revenir sur terre après la vague de plaisir, sa réaction à lui me surprit.
Des gouttes de sueur tombaient de son front et ses muscles tremblaient. Il avait l'air si puissant dans sa beauté virile, mais à aucun moment il ne s'était retiré. Il y avait donc une grande probabilité que je tombe enceinte.
0o0o0o0o FIN DU LEMON 0o0o0o0o
Quand finalement il se retira, du sang virginal mêlé à des filets blanchâtres, traces notre activité récente, coulèrent sur mes cuisses. « Oh, 'Bella, » soupira-t-il en se mettant sur le dos à côté de moi, avant d'attraper mon visage entre ses deux mains. Ses lèvres rencontrèrent encore une fois les miennes.
Nous nous embrassâmes passionnément avant qu'il ne recule, la respiration laborieuse. « Tu étais incroyable. Meilleure que toutes celles que j'ai connues avant. »
Je me doutais que c'était un mensonge étant donné lea quantité impressionnante de prostituées qu'il a connues, mais pour l'heure je ne m'en souciais pas. Je reposai ma tête sur son épaule et rapprochai mon corps nu du sien. Sa peau était chaude et agréable. Il posa une main possessive sur mes fesses, qu'il pressa doucement.
Je retraçai la ligne de ses muscles sur son ventre du bout des doigts. « Comment va ta nièce ? » Demandai-je.
Il haussa ses épaules massives. « Bien, je suppose. Même si elle crie tout le temps. »
Je pouffai discrètement devant sa naïveté. « Bien sûr qu'elle pleure, c'est une enfant. » Il me jeta un regard dégoûté qui aggrava mon hilarité. « Sois gentil avec elle, elle gouvernera le royaume un jour. »
Il secoua la tête. « Sauf si j'ai des enfants… ou si mon frère en a. »
J'acquiesçai, les doigts fourrés dans les draps. « Est-ce que c'est déjà arrivé qu'une de tes prostituées tombe enceinte de toi… à la suite d'un de vos petits rendez-vous ? »
Pendant un moment, il eut l'air perdu dans ses pensées. « Non, aucune. »
Je lui jetai un regard sceptique. « Si tu ne te retires jamais quand la jouissance vient, c'est forcément déjà arrivé. Et si tu avais déjà un enfant sans le savoir ? »
« Non, » me coupa-t-il sèchement. « Les enfants ne peuvent être conçus que amour… seulement en faisant l'amour. C'est ce que ma mère m'a dit… que j'avais été conçu par amour et seulement par amour. »
C'était une idée agréable à imaginer. Je secouai la tête et soupirai. « Tous les enfants ne sont pas conçus par amour. Certains sont le fruit d'un viol, d'une négligence ou d'un accident. »
Il m'adressa un regard sévère. « C'est peut-être vrai, » commença-t-il en haussant ses épaules impressionnantes. « Mais mes enfants à moi seront conçus par amour. » Puis il jeta un de ses regards qui faisait mourir les mots dans ma gorge pendant quelques secondes. Ses yeux bruns me brûlaient à travers la peau. Il déglutit, ses doigts caressant mon ventre nu.
Je rassemblai tous mes efforts pour ne pas fondre sous ce geste et penchai ma tête sur le côté. « Et tu en veux ? »
Il me regarda avec interrogation. « Quoi donc ? »
« Des enfants, » précisai-je. « Est-ce que tu veux des enfants ? »
C'était une question que je me posais depuis un certain moment. Il souffla. « Bien sûr que oui. Un jour, je me marierai et j'aurai des enfants… beaucoup, j'espère, » rit-il. « D'une certaine façon, je peux déjà l'imaginer. Des petits garçons tout nu à la peau cuivrée gambadant partout dans le village, et d'adorables petites filles accrochées à mes jambes… j'en ai toujours rêvé, reste à attendre que ça devienne réalité. »
Je ne le pressai pas avec la question brûlante de savoir qui il allait choisir comme épouse et mère de ses enfants. Je savais qu'il avait peu de chance que ce soit moi et je ne voulais pas gâcher notre moment de tendresse. « Je pense qu'au moment venu, lorsque tu auras des enfants… tu seras un père formidable. »
Il me remercia d'un baiser chaud et humide contre ma tempe. « Vraiment ? Et bien, je pense aussi que tu seras une mère et une épouse formidables un jour. »
Le seul problème, c'est que je ne désirais épouser personne d'autre que lui. Je ne pensais plus à ce rêve puéril que j'avais construit avec Edward, vivre avec lui, en paix dans la campagne, entourée de nos enfants… à présent, ces enfantillages me paraissaient appartenir à une autre vie, quand bien même cela ne remontait qu'à quatre mois.
Je ne parvenais même plus à m'imaginer avec lui. Son visage constellé de taches de rousseur et ses cheveux auburn aux reflets éclatants semblaient s'effacer de mon esprit, comme s'il n'avait jamais existé. J'avais maintenant l'impression que Jacob faisait partie de ma vie depuis toujours.
J'inspirai pour me donner de l'élan avant la question. « Et comment l'as-tu supporté ? »
D'abord, il ne pipa mot, mais ensuite il poussa un long soupir et haussa les épaules. « Elle me manque encore. Elle me manquera toujours… mais t'avoir auprès de moi apaise énormément la douleur. Je ne la ressens presque pas, si ce n'est pas du tout. »
Je souris, contente de moi. « Je suis heureuse d'être celle qui apaise ta douleur, alors. » Il me sourit plutôt timidement, passant le bout de son doigt le long de ma joue.
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Une autre shagali funéraire était organisée ce soir-là pour saluer le mort de Lionne des Neiges qui avait quitté cette terre pour rejoindre les cieux. Nous étions encore vêtus de blanc et de bleu comme auparavant.
Nous organisâmes le festival à proximité d'un village à l'extérieur du château. La clarté des lampions et des torches perçaient les ténèbres environnantes. Le sol était parsemé de pétales bleus et blancs. Des hommes et des femmes arrivèrent de partout pour nous aider à préparer le festival.
La quantité de nourriture servie ce soir-là défiait toute imagination chaque village avait en effet tenu à participer gracieusement en nous donnant les fonds nécessaires, et les servantes avaient disposé des décorations bleues et blanches ainsi que des sculptures en bois un peu partout.
Pour la musique, on avait engagé des musiciens qui jouaient dans un carré préparé pour eux. L'ambiance de la shagali, portée par les tambours, de drôles de petits instruments à cordes et les flûtes, et mêlée au chant de la nature, était harmonieuse à l'oreille.
Jacob et ses hommes avaient sculpté un trône de bois splendide spécialement pour moi, à peu près aussi beau que le sien. C'était un sacré changement par rapport à la dernière shagali : j'avais dû m'asseoir sur un coussin de fortune enchaîné au trône de Jacob. Ce soir, je portais mon collier de topaze autour du cou en-dessous de la soie blanche, respectant la promesse que j'avais faite naguère. Jacob ne portait rien qu'un pagne, alors qu'il enfilait habituellement ses culottes en peau de cerf par-dessus.
Des bandes blanches et bleues zébraient son torse large et musclé. J'avais reçu le privilège de les repeindre après que les premières furent à moitié effacées par nos « activités » matinales.
Angelina était vêtue d'une robe bleu clair ravissante, attachée avec des lacets blancs. Boit à la Cascade lui avait offert une magnifique topaze bleu clair à porter avec la robe. Son ventre était légèrement bombé, mais il ne semblait absolument pas avoir honte d'elle. Au contraire, il la tenait serrée contre lui, ses grosses mains caressant son ventre de nombreuses fois. Il l'embrassa dans le cou, et elle sourit.
Ils s'aimaient, et étaient sur le point d'avoir un enfant. Il lui demanderait de l'épouser, et elle aurait bientôt un petit garçon légitime, le sien. Elle possédait tout ce dont j'avais toujours rêvé.
Je regardai vers ma droite, là où se tenait Jacob, assis sur son trône et observant la foule qui dansait. Il avait l'air de s'ennuyer, mais surtout – et c'était le plus inquiétant – irrité. Je levai le bras et enserrai sa main dans la mienne. Sur le coup, il sursauta, mais une fois qu'il vit que ce n'était que moi, il me rendit ma douce pression en l'accentuant et m'accorda un sourire adouci.
« Du vin ? » M'enquis-je. Il hocha la tête lentement. Je m'extirpai de mon siège mon entrejambe me lançait douloureusement du fait de l'activité qu'elle avait expérimentée ce matin. Soudain, une fillette d'environ quatre ou cinq ans surgit de la foule et agrippa ma main qu'elle pressa sur sa poitrine.
« Sarauniya ! Sarauniya, » s'exclama-t-elle en appuyant sa joue contre mon avant-bras. Je jetai un coup d'œil en arrière vers Jacob. Je n'avais encore jamais entendu ce mot-là depuis que j'étais ici.
« Reine, » répondit-t-il à ma question muette. « Cela veut dire reine. »
La petite fille dirigea son index vers Jacob. « Sarki. »
Je l'interrogeai de nouveau du regard. « Roi, » me dit-il. « Sarauniya veut dire reine, et Sarki veut dire roi. »
Les bras m'en tombèrent. L'enfant croyait que j'étais la reine de Jacob. « Ba, » dis-je en secouant la tête pour tenter d'expliquer à cette adorable fillette qu'elle se trompait. « Ni ba Sarauniya. » (Non, je ne suis pas la reine.)
Mais elle insista en le montrant encore du doigt. Jacob sourit avec amusement. « Ya – ya son ka. Sarauniya Kai ne. » (Il – il t'aime. Donc tu es la reine.)
Brusquement, une tornade brune jaillit de la foule et attrapa la petite fille par le bras. La jeune femme, qui semblait être la mère de l'enfant, la réprimanda puis la plaça derrière elle avant de se relever pour me faire face, le visage écarlate.
« Ma… ma dame. Pardon pour ça. Mon enfant plus vous embêter, » bredouilla-t-elle. Quand j'entendis sa mauvaise grammaire, je compris à quel point Jacob était bon dans la langue commune, ce dont j'étais très reconnaissante. J'avais certes des difficultés à la comprendre à cause de son accent à couper au couteau, mais au moins elle essayait, et c'était tout à son honneur.
« Je vous prie, ne vous tracassez pas pour ça. Vous avez une enfant tout à fait charmante, » la rassurai. Je souris à la petite et lui donnai une chiquenaude sur le nez. Elle explosa de rire la mère parut soulagée.
Ses mains tremblaient alors qu'elle aplanissait les plis de sa jupe. « P-puis-je vous donner quelque chose à boire ou à manger ? »
Cette dame semblait honorée de me parler. Cela me surprit énormément. Un mois seulement auparavant, j'étais encore une prostituée, méprisée et conspuée par tout le monde. Mais depuis que je m'étais donné à Jacob, j'avais eu droit aux acclamations d'une fille qui désignait comme sa reine, puis à la visite d'une femme qui me demandait s'il y avait quoi que soit pour mon service, comme si elle était tenue de me demander une chose pareille…
J'humectai mes lèvres sèches et hochai la tête. « Danse avec les Loups et moi voudrions un peu de vin, si cela ne vous dérange pas. »
Son visage s'illumina instantanément. « Oh oui ! Je vais vous chercher du vin. Asseyez-vous, asseyez-vous, je vous l'apporte. »
Je me rassis sur ma chaise, complètement éberluée. Jacob était confortablement installé sur son trône, l'air indifférent, comme si tout était normal. Je lui donnai un coup de coude et lui demandait s'il avait remarqué ce qu'il venait de se passer. « Bien sûr que je l'ai remarqué, » me répondit-il simplement. « Ils ne sont pas stupides, Bella. Ils se sont rendu compte que leur roi s'était trouvé une compagne. Il y a toujours une chance qu'une compagne devienne reine. Alors ils anticipent et se rangent de son côté avant que les choses ne s'officialisent, comme ça ils seront favorisés plus tard. »
Moi ? Une reine ? De ma vie, je n'avais envisagé une chose pareille. Je le considérai, pressée par une idée soudaine. Nous étions devant tout le monde, si bien que chacun allait me voir lorsque que j'allais l'accomplir.
Je me levai et m'avançai vers son trône. Je me penchai, ignorant son regard étonné, et attirai sa nuque vers l'avant, pressant mes lèvres contre les siennes. Il me résista au début, comme la musique et les festivités venaient de s'arrêter. Tout le monde était sous le choc de ce que je venais faire. Aucun roi n'avait jamais été embrassé en public, de tels ébats étaient réservés à la chambre à coucher.
Je savais que j'avais fait un choix risqué. Mais alors que je me tenais là debout, devant Jacob qui me fixait avec des yeux ronds, mon cœur s'accéléra. Que m'arriverait-il s'il ne me rendait pas mon baiser ? S'il m'ordonnait de me rassoir ?
Il n'en fit rien.
Au contraire, il attrapa mon visage entre ses deux mains calleuses et puissantes, m'attira sur ses genoux et inclina ma tête sur le coin de son bras de fauteuil. Puis enfin, il m'embrassa avec tendresse.
La foule applaudit et nous félicita bruyamment. C'était une première pour lui, étant donné qu'il n'avait jamais été embrassé publiquement par une femme. Bien sûr, ses hommes et ses frères ne s'en privaient pas, eux, mais il était roi, et dans leur culture, la vie sexuelle du souverain ne dépassait jamais le cadre du privé.
La jeune femme de tout à l'heure revint, accompagnée de son enfant, avec le vin. Au moment je me rassis, elle me tendit un verre, puis pencha la tête en direction de Jacob. Il ne sourit point, se contentant de lui rendre son signe de tête. Elle rougit de nouveau et nous adressa continuellement d'autres signes de tête à tous les deux.
Puis elle fit signe à sa fille d'apporter la seconde coupe à Jacob. La petite sourit et s'avança vers le trône du roi en titubant légèrement. Elle leva la coupe de ses mains tremblantes, renversant un peu vin qui coula le long des bords. « Giya ga sarki. » (Du vin pour le roi.)
D'abord, il ne fit que la jauger d'un air curieux. La fillette perdit lentement son sourire, intimidée par le regard d'acier que le roi portait sur elle. Je tapotai le bras de Jacob. Il me considéra avec intérêt. Je secouai la tête, comme pour lui intimer de prendre le vin et d'être gentil avec elle.
Je savais qu'il n'était pas très doué avec les enfants, simplement parce qu'il ne savait pas comment se comporter avec eux. Il avait toujours été le cadet de sa famille, si bien qu'il n'avait aucune expérience. Mais s'il voulait des enfants, il devait d'abord apprendre.
À mon signal, il afficha un sourire crispé et prit la coupe. « Na gode sosai, » lui dit-il. La petite fille retrouva aussitôt le sourire et elle se précipita vers sa mère, enchantée que le roi vienne juste de lui sourire et de lui parler. (Merci beaucoup.)
Tout à coup, quelqu'un commença à chanter en Quileute. Je reconnus Trois Chevaux. Les tambours et les flûtes jouèrent en harmonie avec son chant. Les gens s'écartèrent pour laisser place à Trois Chevaux, qui portait une coiffe constellé de joyaux, de bâtonnets et de plumes, afin qu'il puisse danser autour du feu gigantesque situé au milieu de la shagali.
Un par un, chaque soldat de l'armée de Jacob se joignit à lui. D'abord, Coyote de Fer, puis Faucon Gris, ensuite Boit à la Cascade, Soleil de Feu Opalescent, et Ours Noir. Ils dansèrent autour du feu, suivant les pas de Trois Chevaux. Je n'avais encore jamais vu de coutumes aussi curieuses que celle-là. Je les avais déjà vu danser, mais jamais au cours d'une cérémonie rituelle.
Et en l'occurrence, une cérémonie funéraire.
Soudain, au moment où danseurs firent une pause, Jacob bondit de l'endroit où il se trouvait et entonna un chant vibrant en mémoire de sa sœur, quittant son trône pour rejoindre la danse. Les autres hommes s'écartèrent fièrement et lui firent une place dans leur cercle.
Je n'avais jamais rien vu d'aussi puissant ni d'aussi splendide de ma vie. Ses mouvements étaient mesurés, parfaits. J'avais l'impression d'être en transe en le regardant danser. À aucun moment je ne détachai mon regard de lui. Plus tard, il leva les mains vers les cieux, les yeux animés d'une lueur de tristesse.
Je savais qu'il parlait de sa sœur. Je savais qu'il lui disait qu'elle lui manquait, et qu'il disait au reste de sa famille qu'elle lui manquait aussi. Et probablement Plume Blanche aussi. Le reste des guerriers se remit à chanter à l'unisson, dansant et tournoyant autour du feu, suivant le rythme des tambours, des flûtes et des instruments à cordes.
Quand la musique s'arrêta, les spectateurs applaudirent avec enthousiasme et Jacob retourna sur son trône. Il ne regarda pas tout de suite vers moi, sirotant longuement son vin. « C'était grandiose, » lui déclarai-je.
Il hocha la tête dans ma direction. Des femmes, non pas des prostituées, mais des dames, s'approchèrent du feu pour danser à leur tour. La musique reprit et elles commencèrent à se mouvoir gracieusement autour du feu, traçant des cercles dont elles entraient et sortaient, et bougeant leurs mains de façon symbolique.
Cette culture était vraiment exotique et attachante. Je bus une gorgée de vin, toujours à côté de Jacob. Absorbée dans ma contemplation des danseuses, je ne remarquai pas tout de suite le début de bagarre qui avait éclaté entre deux paysans. Didyme était l'enjeu du combat entre ces deux hommes dont je ne connaissais ni les noms, ni les visages, peut-être parce qu'ils ne faisaient pas partie des guerriers de Jacob.
Ils se battaient sauvagement avec leurs longues épées incurvées, les clang résultant des entrechocs métalliques résonnant à travers tout le festival. Festival qui était supposé être une cérémonie funéraire à la mémoire de Lionne des Neiges. Et pourtant, ils se bagarraient. Je jetai un regard médusé vers Jacob, mais il ne fit que s'assoir et sourire, satisfait du spectacle.
Je regardai désespérément la situation. Le premier homme avait fait trébucher le second en lui faisant un croc-en-jambe à présent, il le retourna sur le dos et le traîna en position assise. Et avant que je ne puisse appeler Jacob pour lui demander d'arrêter ce massacre, le premier adversaire plongea son épée dans le ventre du second. La lame recourbée fit sortir les intestins.
La foule applaudit et congratula le vainqueur qui brandissait son arme sanglante dans les airs. Il jeta ce qu'il restait des tripes dans le feu et les regarda brûler, tandis que le brasier parut s'élever encore davantage. Enfin, l'homme s'agenouilla pour couper la longue tresse du mort, avant de s'avancer vers Jacob pour la déposer à ses pieds.
Ensuite, il tourna son regard vers moi, ignorant l'expression d'horreur qui tordait mes traits, puis plaça l'épée à mes pieds. Je n'en voulais pas. Ce n'était pas honorable d'assassiner un homme. Je dirigeai mon regard vers le cadavre du vaincu, puis vers Jacob qui inclinait la tête vers le vainqueur.
« Donne-moi épée, Griffe de tigre. » Je ne l'entendis pas immédiatement car j'étais en état de choc après ce que je venais de voir. Il répéta son injonction et cette fois-ci, je m'exécutai. Les mains tremblantes, je me penchai et pris l'épée maculée de sang, la tenant par la garde. Elle était si lourde que je dus me lever pour supporter son poids.
Du sang coulait sur mon poing et tomba goutte par goutte sur la soie blanche de ma robe. Je tendis l'épée à Jacob. Le paysan s'agenouilla, et Jacob commit l'impensable. Il fit de lui un chevalier, le comptant désormais parmi ses guerriers.
J'appris qu'il s'appelait Petit Océan, ou Collin de son nom commun. Je me sentis nauséeuse. Lorsque Petit Océan se releva et reçut les acclamations de la foule, je bondis brusquement sur mes pieds et courus comme une dératée vers le château.
Arrivée à l'intérieur, je dévalais les escaliers lorsque je sentis une main imposante sur mon épaule. Il me retourna et me jeta un regard perplexe. « Qu'est-ce que tu fabriques ? » Siffla-t-il. « La fête n'est pas terminée. Tu dois retourner là-bas. »
Je me rejetai hors de son étreinte. « Jacob, je suis malade ! Lui rétorquai-je en fonçant dans la salle d'eau où il y avait les pots de chambre. Il me suivit à l'intérieur tandis que je rendais mon repas dans un pot vide.
Doucement, il reposa une main sur mon épaule. « Pourquoi ? »
Je toisai, le visage encore vert mais les yeux pleins de flammes. « Pourquoi ? Je viens d'assister en direct à l'éviscération à vif d'un être humain aux funérailles de ta propre sœur. J'ai dû prendre cette épée abominable qui, oserais-je le préciser, m'a couverte de sang. » Je lui exhibais mes mains souillées. Il fit la grimace lorsque des gouttes de sang tombèrent sur le sol.
J'inspirai et expirai lentement, tentant de retrouver mon sang-froid. « Et ensuite, tu as fait de lui un chevalier, comme si assassiner quelqu'un était une bonne chose. »
« C'est notre culture… »
« Oh, arrête avec ça ! » Hurlai-je. « C'est une chose de tuer un homme à la guerre. Mais tuer un homme pour le plaisir ? Je me fiche que ce soit ta culture, cela n'en demeure pas moins un crime horrible. »
Il eut l'air décontenancé. « Ils se sont eux-mêmes jeté dans ce combat en connaissant très bien les conséquences. Je fais d'eux des guerriers quand ils sont vainqueurs, sinon ils vont dans l'au-delà. »
J'agrippai les rebords du pot de chambre, du sang coulant toujours sur mes doigts. Je ne pensais pas que j'allais encore vomir, mais la nausée n'était pas partie. Jacob me tendit un moreau de peau de cerf pour m'essuyer les mains. « Merci, » lui murmurai-je. Puis je le contemplai à nouveau et m'humectai les lèvres. « Je ne peux pas retourner là-bas. J'ai du sang sur ma robe, je suis encore toute verte et nauséeuse. Tu n'es pas obligé de rester avec moi. Je ne veux pas gâcher ta shagali à cause de ça. Tu peux m'enfermer dans la chambre, je promets d'être sage. »
Il secoua la tête et rit doucement. « Tu n'as pas gâché la shagali. Cette fête pitoyable m'ennuyait de toute façon. Je te respecte, Bella. Je dirai à mon frère qu'il peut diriger les festivités à ma place. Je suis sûr qu'il va s'amuser comme un fou… assis sur mon trône avec sa pute personnelle sur les genoux. »
Je rougis en l'entendant traiter Emilia de pute personnelle de son frère. Il entoura mon visage de ses mains. « Je ne peux pas me débarrasser de toi, c'est ça ? » Lui demandai-je en plaisantant. Il rit de bon cœur avant de presser ses lèvres contre les miennes.
« Pas si facilement, » répliqua-t-il en m'adressant un sourire à la fois séducteur et diabolique. Il approcha ses lèvres de mon oreille. « Tu es ma proie, ma tigresse. La proie ne doit jamais fuir son prédateur. »
Je le repoussai un peu jusqu'à ce que son oreille atteigne mes lèvres. « Je suis un tigre. Tu es un loup. Es-tu bien sûr de savoir qui de nous deux est vraiment le prédateur, et qui est vraiment la proie ? »
Il eut l'air surpris par ma réponse, mais également ravi. « Et si nous retournions dans la chambre ? »
Je pris la main qu'il me tendait et me relevai, lui emboîtant le pas à travers le couloir plongé dans les ténèbres qui menait vers notre chambre.
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Voilà c'est tout. A la prochaine tout le monde, n'hésitez pas me dire dans vos reviews ce que vous avez pensé de ce lemon. )
