Note de la traductrice : bonjourtout le monde, j'espère que vous allez bien. Le chapitre 17 arrive plus tôt que d'habitude, étant donné que ce week-end, je serai encore une fois très peu disponible, et puis avec tout le retard que j'ai accumulé, je vous devais bien une petite faveur. )

On attaque une partie plutôt positive puisque pour la première fois, Bella va se sortir toute seule d'une situation difficile, et où l'on a droit à une petite introspection des plus intéressantes à la fin de ce chapitre. Bonne lecture !

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Sinful Seduction

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Chapitre 17 : Vérité

Depuis que l'automne était enfin arrivé, les journées étaient plus courtes et les nuits plus longues et plus froides. À présent, le ciel était presque noir quand les cuisiniers finirent de préparer le dîner. Jacob tint parole et fit servir la viande du lièvre, que Griffure avait ramené, dans sa soupe et dans la mienne. Ce fut le meilleur ragoût de ma vie.

Les serviteurs avaient allumé une gigantesque cheminée au bout de la table, située tout près du siège de Jacob, afin de garder la chaleur au sein des murs de pierres de ce château. Ce soir-là, les gens attablés parlaient assez doucement. C'était sans doute parce qu'ils étaient fatigués à moi aussi, la lumière tamisée me donnait envie de dormir, alors qu'en fait, il devait être à peine six ou sept heures du soir.

Je rendis son manteau à Jacob et revêtis une tenue plus adaptée aux conditions de chaleurs dans le château. Quelques servantes étaient venues et avaient remplacé les vêtements légers pour l'été par des vêtements plus chauds pour les mois d'automne et d'hiver. La plupart étaient en peaux d'animal ou en fourrures douces à la place des superbes soieries colorées et festives.

Je portai encore une fois ma cuiller vers ma bouche et savourai le ragoût, appréciant la chaleur du feu qui réchauffait ma chair encore grelottante. Angelina était assise à côté de moi, gardant la tête baissée tandis qu'elle mangeait un quignon de pain. Son ventre était de plus en plus protubérant, atteignant presque le bord de la table. Lorsque je lui touchai le bras, elle sursauta légèrement avant de se tourner vers moi. Le sourire lumineux que je lui connaissais si bien revint vite sur son visage.

« Comment vas-tu ? » M'enquis-je auprès d'elle en chuchotant parmi le bourdonnement assourdi des hommes et des femmes assis autour de la table. « J'ai l'impression que ça fait une éternité que nous ne nous sommes plus parlé. »

Elle haussa les épaules avant de tendre le bras pour prendre son verre de vin. « Je vais très bien, si l'on oublie les vagues de nausée et de vomissement qui me prennent chaque matin. »

Je jouai avec les légumes dans mon ragoût en les repoussant au bord de l'assiette du bout de ma cuiller en métal. Quelques mèches de cheveux s'échappèrent de mon chignon et me retombèrent devant les yeux lorsque je me penchai en avant, rentrant mes épaules. « Embry… qu'a-t-il dit au sujet de l'enfant ? » Lui demandai-je. « Est-ce qu'il est toujours indifférent, ou bien… ? »

Angelina me fixa du regard à travers le rideau de ses cheveux bruns satinés et me sourit avec tendresse. « Il n'est plus indifférent. Au contraire il a plutôt l'air… ravi. Vois-tu, Isabella… il m'a dit qu'il ne voyait plus l'utilité de me garder en tant que fille du harem. »

Je sentis mon visage blêmir tandis que j'essayai d'avaler une rondelle de carotte. Oh non. C'était exactement ce que je ne voulais pas qu'il arrive. Il allait la jeter dehors et garder seulement le bébé ! Je pris une profonde inspiration avant de répondre. « Je vois… et bien, à quelle utilité va-t-il te garder dans ce cas ? »

Elle but une gorgée de vin en se penchant en arrière. « Il m'a dit qu'il ne voyait plus l'utilité de me garder en tant que fille du harem parce qu'il préfère beaucoup plus avoir une femme. Une personne qui lui donnerait… de l'amour, de la loyauté et des enfants. Isabella, il m'a demandé si je voulais être sa femme. »

Je tournai mon regard vers Boit à la Cascade attablé un peu plus loin, engagé dans une conversation avec Trois Chevaux, Jacob et Faucon Gris. J'étais si soulagée de savoir qu'il ne jetterait pas dehors qu'il me sembla qu'un poids considérable et invisible venait de s'envoler de mes épaules malingres. Il tapa du poing sur la table, exigeant de goûter un morceau des restes du ragoût de lièvre que je n'avais pas pu manger, et qui était posé juste à côté de Jacob. « Il te l'a demandé ? »

Angelina rit un peu. « Et bien, ce n'était pas vraiment une demande, en fait. Cela ressemblait plus à une injonction de devenir sa femme, mais j'étais plus qu'heureuse de dire oui. C'est l'amour de ma vie. Je n'avais encore jamais ressenti cela auparavant. » Elle reprit une bouchée de pain. « C'est plutôt rare qu'un homme épouse sa favorite du harem, mais Embry a jugé que j'étais pure puisque j'étais vierge lorsqu'il ma possédée pour la première fois. Rare, mais pas complètement inexistant.

J'attrapai ma cuiller et recommençai à manger. En regardant en direction de Jacob, je sentis une force étrange percuter mon cœur comme un éclair de tempête. Il sourit, creusant les fossettes de son visage à mesure que son visage s'illuminait. Ces dents blanches, ce creux séduisant au menton et ce rire masculin qui venait du cœur, tout cela me faisait fondre de là où j'étais.

Je me demandai pourquoi il n'avait pas demandé ma main après m'avoir fait l'amour, prenant ma virginité, et prouvé son amour inconditionnel pour moi de tellement de différentes manières. Me considérait-il vraiment comme une épouse potentielle, ou bien seulement comme une compagne fidèle qu'il était fier d'entretenir et de sauter ? Je convins à moi-même que je n'étais pas prête à connaître la réponse à cette question maintenant.

Je tins mon verre dans la main et sirotai une gorgée de vin. Angelina se radossa à sa chaise en même temps que moi. Boit à la Cascade était un homme bon, en dépit de son apparence plutôt repoussante. Croisant le regard de sa future femme, il lui sourit chaleureusement. Son ragoût terminé, Jacob repoussa son bol. Je n'avais plus faim. Mon regard se posa sur lui, dans l'espoir qu'il me fasse un signe. Mais il se contenta de rester sur sa chaise.

Il faut que je discute de certaines choses avec les hommes avant de retourner à la chambre, » m'informa-t-il. J'étais un peu choquée, toutefois j'étais consciente que la guerre était plus importante en ce moment. « Tu peux te promener un peu dans le château, mais évite les ennuis. Je ne pourrai pas voler à ton secours cette fois-ci. »

Lorsqu'il m'adressa un clin d'œil, je devinai qu'il était d'humeur bienveillante. Je lui souris largement en retour, chassant quelques miettes coincées entre les plis de ma jupe, puis me levai. Juste au moment où je m'apprêtai à demander à Angelina de venir avec moi, Boit à la Cascade lui ordonna de rester avec lui. Soupirant, je laissai tomber cette idée et partis vagabonder à travers les couloirs froids.

Il y avait beaucoup d'endroits dans ce château où je ne m'étais encore jamais aventurée. Je décidai de remettre au matin la visite du rez-de-chaussée sombre et glacial, et me dirigeai plutôt vers les étages supérieurs, là où étaient les chambres.

Je gravis la volée d'escaliers qui menait vers notre couloir, dépassant la salle du harem à droite. Alice était en train de travailler avec ses plantes et de mélanger des ingrédients dans ses pots, Rosalie était endormie, Athenodora essayait de se tricoter une nouvelle couverture et Emilia lisait un livre. Alice me fit un léger signe de la main quand elle me vit avant de retourner à ses concoctions.

Je m'enfonçai plus loin dans les ténèbres des corridors. J'ignorais ce qu'il s'y passait habituellement et n'étais pas pressée de le découvrir. Le vent hurlait et soufflait comme s'il voulait faire trembler les murs du château, et faisait craquer les planches en bois. Mes pieds, qui n'étaient protégés que d'une fine peau de daim, me donnaient l'impression d'être des blocs de glace.

Une série de torches était suspendue au mur de pierre, illuminant le sol devant moi mais transmettant peu de chaleur. En temps normal, j'aurais dû être effrayée, pourtant à ma grande surprise, je me sentais étrangement sereine. Je m'agrippai les bras et resserrai le manteau de fourrures contre moi. Au bout du couloir, je vis deux énormes portes, couvertes de poussières. J'avais l'impression qu'elles n'avaient pas été ouvertes depuis des lustres.

La curiosité l'emporta sur mes hésitations, et je m'avançai pour tourner les boutons dorés de la porte. Sans résistance, les boutons obéirent à ma commande, et la porte s'ouvrit dans un grincement sinistre et retentissant. Mais ce que les deux portes cachaient était encore plus incroyable.

C'était une bibliothèque. Les livres serpentaient le long des murs, et un gigantesque escalier en colimaçon filait jusqu'au deuxième étage. La lune éclairait la pièce, traversant deux immenses fenêtres. Cependant il n'y avait pas de torche. Je refermai l'une des portes derrière moi, laissant l'autre ouverte pour ne pas me retrouver enfermée dans cette salle.

Cet endroit était aussi extraordinaire que mystérieux. Mon peuple considérait les barbares comme une race dépourvue d'intelligence et d'intérêt pour activité spirituelle une espèce impure et sans éducation. Mais la présence de tous ces livres et des peintures exposées aux murs démentaient les préjugés de Forks.

Mes doigts caressèrent le dos des livres, récoltant une fine pellicule de poussière, signe que ces livres, ces rouleaux de parchemins et ces peintures n'avaient pas été consultés depuis des années. Je me demandai pourquoi on avait relégué la bibliothèque dans un coin sombre d'un couloir interminable plongé dans les ténèbres.

Je tirai un des innombrables livres sur les étagères et déchiffrai le titre. C'était un très vieil ouvrage, avec une écriture à peine lisible. Je dus mettre à l'épreuve mes compétences de lecture du Quileute. « Les Origines », disait le titre. J'ouvris à la première page et commençai à lire.

Il y a très longtemps, Q'waeti voyagea dans tout le pays pour installer chaque être vivant à sa place légitime. Il lui révélait ensuite ce qu'il lui adviendrait dans le futur, et comment il lui faudrait agir. Enfin, Q'waeti lui expliquait comment construire sa maison. Un jour, Q'waeti rencontra Castor. Castor était occupé à affûter son couteau de pierre avec minutie, lorsque Q'waeti demanda à Castor ce qu'il était en train de faire, ce à quoi Castor répondit : « J'aiguise mon couteau pour tuer Q'waeti. » Alors Q'waeti prit le couteau des mains de Castor et le lui planta dans la queue. Puis il déclara : « Tu es condamné à garder ce couteau planté dans ta queue, et tu vivras dans l'eau. Tu ne pourras désormais avec ta queue que battre l'eau et plonger lorsque les gens approcheront. »

Un autre jour, il rencontra Cerf. Cerf était occupé à affûter son couteau en coquillage, lorsque Q'waeti lui demanda ce qu'il était en train de faire, ce à quoi Cerf répondit : « Je vais tuer Q'waeti. » Alors Q'waeti s'empara du coquillage que Cerf aiguisait, et le planta dans son oreille. Puis il déclara : « Quand tu verras des gens, effrayé, tu t'enfuiras et t'arrêteras pour regarder en arrière. » Et Q'waeti poursuivit son chemin.

Peu de temps après, il atteignit la Rivière Q'wayi't'soxk'a. Mais il ne rencontra aucune âme qui vive. Alors Q'waeti cracha dans ses mains et les frotta l'une contre l'autre. En agissant ainsi, il fit tomber de la peau humaine morte dans les eaux. De cette peau naquirent un grand nombre d'humains. Q'waeti déclara alors à ceux qu'il venait de créer : « Vous habiterez ici. Et l'on vous connaîtra sous le nom de Queets. »

Plus tard, Q'waeti rencontra le peuple Hoh. Il vit que ces êtres marchaient sur leurs mains, portant des filets d'éperlan entre leurs jambes. En ce temps-là, tous les Hoh marchaient sur leurs mains. Ils étaient appelés le Peuple à l'Envers. Depuis toujours, le Peuple à l'Envers était connu pour être le premier à avoir existé. Q'waeti remit alors dans le bon les gens qui marchaient sur leurs mains. « Vous utiliserez désormais vos pieds pour marcher, » décréta Q'waeti à l'ancien Peuple à l'Envers. « Allez et pêchez des éperlans. Vous attraperez beaucoup de poissons en pêchant des éperlans. » Et depuis, on retrouve beaucoup d'éperlans chez les Hoh.

Enfin, Q'waeti atteignit la terre Quileute. Il vit deux loups, mais aucun être humain. Alors Q'waeti transforma les loups en humains. Puis il donna ses instructions au nouveau peuple : « L'homme du peuple ne pourra avoir qu'une seule femme. Seule le chef pourra disposer de quatre femmes ou plus. Pour cette raison, il vous incombera à vous, Quileutes, d'incarner le symbole du courage, puisque vous descendez des loups. À chaque instant de votre vie, il vous faudra être fort. »

Je refermai le livre et en tirai un autre, rouge à l'encre épaisse et bleue. « La Mangeuse d'Enfants ». Je m'adossai à la bibliothèque et commençai à le lire.

Autrefois vivait ici une grande femme nommée Dask'iya. C'était une méchante femme qui enlevait des enfants à leur famille aimante et les emmenait au ruisseau de Yaq'ilis (Rivière Sèche en contrée barbare). Elle transportait les enfants sur la rivière avant de les enfermer tous ensemble dans une grotte. C'était là que Dask'iya cuisinait les enfants. Elle allumait un grand feu sur les pierres, qu'elle entretenait ensuite avec des cailloux et des bâtons qu'elle ramassait dans la forêt. À la fin, Dask'iya rôtissait les enfants sur son grand feu mais avant cela, elle posait de la gomme sur leurs yeux pour les empêcher de voir quoi que ce soit.

Un jour, elle captura beaucoup d'enfants et les amena au ruisseau. Puis elle fit chauffer les pierres sur lesquelles elle comptait faire griller les enfants avant de se repaître de leur chair. Les enfants terrorisés se tenaient recroquevillés autour du feu, aveuglés par la gomme qui voilait leurs yeux. Beaucoup de cauchemars les avaient hantés sur la terrible Mangeuse d'Enfants, et maintenant c'était en train de leur arriver pour de vrai. Une fille plus âgée que les autres, effrayée mais courageuse, approcha ses mains du feu pour les chauffer, dans le but de faire fondre la gomme sur ses yeux. Pendant ce temps, Dask'iya dansait et chantait autour du feu. « Le feu est de plus en plus chaud, chantait-elle joyeusement. « Les pierres sont bientôt prêtes ! »

La jeune fille réussit finalement à faire fondre la gomme et ouvrit les yeux. Sans la remarquer, Dask'iya dansait et chantait à tue-tête autour du feu. Lorsqu'elle fut devant la petite fille, celle-ci poussa Dask'iya dans les flammes. Dask'iya brûla très vite parce qu'il n'y avait que de la gomme dans le brasier. La petite fille regarda tout cela et écouta les hurlements d'agonie de l'ogresse.

Une fois que Dask'iya fut entièrement consumée, la jeune fille chauffa ses mains tremblantes encore une fois et fit fondre la gomme des yeux des autres enfants. Tous les petits garçons et les petites filles purent à nouveau ouvrir leurs yeux et coururent rentrer chez eux où ils racontèrent l'histoire de la petite fille qui avait vaincu la terrible Mangeuse d'Enfant en la tuant.

Interrompue par le son de pas qui se rapprochaient de moi, je refermai le livre d'un claquement sec. Soudain, je sentis une main puissante s'abattre sur mon bras et me tirer d'un coup sec vers le haut. « Qu'est-ce que tu fous ici, toi ? » Ce n'était pas la voix de Jacob. J'étais absolument tétanisée par la peur.

En regardant le visage de mon agresseur, je reconnus Coyote de Fer. Il éclata d'un rire narquois en voyant mon expression. Je ne pus dire un mot j'étais encore en état de choc.

« Le roi ne t'a-t-il pas interdit de venir dans la bibliothèque privée de la famille ? » Persiffla-t-il, les yeux plissés.

Je m'arrachai de sa poigne, dégoûtée par le contact de ses mains de porc sur ma chair. « Ne me touche pas, espèce de monstre ! » Lui crachai-je. « Et d'abord, qu'est-ce que tu fabriques ici, toi ? »

Dans ses yeux, l'amusement se mêla à la colère. « Je pourrais te demander exactement la même chose. »

Coyote de Fer était censé être à la réunion de Jacob. Après tout, il faisait partie de ses hommes. Je voulus partir, mais il me bouscula une deuxième fois contre une bibliothèque et plaqua mes bras au-dessus de ma tête. « Lâche-moi ! » Vociférai-je.

Il soupira et hocha la tête, comme s'il réfléchissait pour savoir s'il devait ou non me laisser partir. « Humm, laisse-moi réfléchir. Non ! » Il eut un rire moqueur lorsque je grondai. « Alors, de quel côté es-tu vraiment, Griffe de Tigre ? »

Je me débattis de plus belle lorsque son visage se pencha vers le mien. « Est-ce que c'est une blague douteuse ? »

Il était si près de moi que je pouvais sentir ses lèvres esquisser un sourire contre ma peau. « J'ai bien peur que non. »

Je décidai de ne pas le provoquer. Il était en position de force et Jacob ne pouvait pas me protéger puisqu'il était à l'autre bout de château. « Je suis de votre côté. Qu'est-ce que tu t'imagines ? Pourquoi aurais-je donné toutes ces informations sur Forks si ce n'était pas le cas ? »

Il ricana lentement et gravement. « Parce que très franchement, petite, je n'ai pas confiance en toi. »

Ses mots me donnèrent presque envie de rire. Ainsi c'était lui qui n'avait pas confiance en moi ? Quelle bonne blague. « Va te faire foutre, » lui rétorquai-je. Ce n'était jamais moi qui passais aux insultes en premier, mais cette fois-ci mes sentiments hurlaient en moi et je ne voulais plus les brider.

Il eut un large sourire qui fendit l'intérieur de ses joues. « Peut-être que je te laisserai partir si tu restes sage comme une brave petite fille. » Au même instant, il pressa son pelvis contre mon corps. Je ne pus m'empêcher de m'époumoner et de le frapper avec mes poings.

Coyote de Fer me repoussa violemment contre le meuble. « Salopard ! » Beuglai-je. « Tu peux brûler en enfer, je ne sourcillerais même pas. »

Il s'esclaffa et se pressa contre moi encore une fois. « Alors tu viens avec moi, chère Bella. Si je découvre que tu es une sale petite espionne, ou que tu nous vends, c'est moi qui m'occuperai personnellement de ton cas, malgré les geignements de mon frère. » Je regard que je lui lançai le fit rire de nouveau en balançant la tête en arrière. Ce fut à ce moment que je trouvai l'occasion parfaite de lui faire mal.

Mon poing jaillit et atteignit le long fuseau de muscles dans le cou de Coyote de Fer et le fit trébucher. D'un nouveau coup, je chassai l'air de ses poumons, et il s'écroula sur le sol, tentant désespérément de reprendre sa respiration. Mes yeux luisaient encore de rage en le contemplant se tortiller comme un poisson. « Espèce de… *kof* kariya ! » S'étrangla-t-il.

Il tenta de se relever et j'eus enfin la présence d'esprit de fuir. Au moins à présent, je savais que je ne l'avais pas tué. Je tournai sur mes talons et filais dare-dare à travers la bibliothèque, perdant mon manteau au passage. Je n'avais pas le temps de m'arrêter pour le récupérer, Coyote de Fer étant déjà sur mes talons.

Je tournai à un virage et me cachai derrière un monticule près du mur. Bientôt, je le vis passer devant moi à toute vitesse, marmottant des imprécations à mon égard. Je pouvais me protéger sans l'aide de Jacob… du moins j'avais pu cette fois-ci. Une fois que Coyote de Fer fut hors de vue, je retournai sur mes pas en rasant les murs pour récupérer mon manteau, puis détalai vers ma chambre.

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À présent que j'avais réussi à échapper à Coyote de Fer, je me sentais plus sûre de moi concernant ma sécurité. Lorsque Jacob revint, il était déjà très tard, le ciel était noir d'encre et il faisait terriblement froid. J'étais blottie auprès du feu, dans l'espoir de me réchauffer en buvant une infusion chaude.

Il s'assit dans son fauteuil et tendit le bras pour me flatter le crâne. « Tout s'est bien passé pendant mon absence ? » s'enquit-il. Je haussai les épaules et sirotai une gorgée.

« Oui, oui, » fut tout ce que je trouvai à répondre. Je ne voulais rien lui raconter de ce qu'il s'était passé avec son frère, de peur qu'il me considère comme un fardeau et ne me laisse plus jamais me promener seule dans les couloirs pour me protéger de son frère. Or, je savais que je pouvais me défendre toute seule.

Il ôta ses culottes et sa tunique en peau d'animal. « Et qu'as-tu exploré ce soir ? » M'interrogea-t-il. Ses vêtements s'entassaient à côté de moi à mesure qu'il se déshabillait pour être plus à l'aise.

Coyote de Fer avait dit que c'était une bibliothèque privée, et je ne savais pas si Jacob se fâcherait en apprenant que je m'étais aventurée là-bas. Pourtant, il ne m'avait jamais expressément interdit d'y aller. « Une bibliothèque, » répondis-je finalement. « J'ai lu quelques-unes des vieilles légendes quileutes, dont une à propos d'une méchante mangeuse d'enfants. J'ai oublié son nom… mais je crois que ça commence par un D. »

Il haussa un sourcil et un coin de lèvre. « Dask'iya ? » Demanda-t-il.

J'acquiesçai. « Oui, c'est ça. »

« Autrefois, mon père me lisait ces histoires quand j'étais petit, » chuchota-t-il en prenant un verre de vin. « Il me disait que je n'étais pas sage ou si je le décevais, Dask'iya viendrait me chercher pour me bouillir puis me manger. »

Je lui adressai un regard horrifié. « C'est horrible de menacer un enfant comme ça. »

Il eut un petit rire. « Oui, je suppose. Mais ça m'a motivé à faire plus d'efforts. » Il fit une courte pause, jaugeant le désarroi sur mon visage. « Euh… Isabella ? »

« Oui ? »

« Tu es… de notre côté, c'est juste ? »

Je soupirai. « Par notre côté tu veux votre côté, n'est-ce pas ? » Je le regardai. Il eut l'air un peu choqué, mais intrigué par ce que j'avais à dire. « Si tu fais de moi ta maîtresse, je n'ai pas le choix en la matière. Mais si tu fais de moi ta compagne, alors je dois choisir mon côté en fonction de ce que mon cœur me dicte de faire. »

Jacob déglutit péniblement et me regarda avec émerveillement. « Et alors… qu'est-ce que te dit ton cœur ? »

Je m'arrachai de ma contemplation du feu pour le contempler dans son fauteuil. « Mon cœur me dit de choisir celui que j'aime. »

« Et est-ce que tu m'aimes ? »

« Bien sûr que je t'aime, » répliquai-je avec un sourire. Je lui embrassai la main lorsqu'il la releva pour me caresser encore une fois.

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EDWARD

C'était indéniable. Je l'aimais encore. Il y a quelques mois, j'avais dû la quitter pour traiter des affaires du roi Philippe. C'était la dernière fois que j'avais vu son visage quelques jours plus tard, les barbares avaient mis à sac son village. Mon père Carlisle avait toujours un ami proche du roi et avant sa mort, j'étais considéré comme « sans valeur ». Mais depuis que j'étais devenu l'héritier de toutes les richesses de mon père, le roi m'appelait régulièrement pour l'assister dans certaines affaires.

Par moment, il m'arrivait de penser encore à son visage radieux, piqué de tâches de rousseurs, enjolivé par ses boucles folles et ses grands yeux de biche. Aucune beauté du royaume ne pouvait égaler la sienne. La dernière personne qui avait vu ma précieuse Isabella était un serviteur de la maison. Il m'avait dit qu'il avait aperçu deux guerriers barbares emporter mon Isabella avec une de ses suivantes dans la forêt.

Et cela remontait maintenant à cinq mois entiers.

Suite à cela, je m'étais rendu auprès du roi Philippe pour lui demander de m'envoyer une partie de son armée afin de m'aider à attaquer les barbares de La Push, de sorte que je puisse récupérer ma femme. D'abord, il avait refusé, alors j'avais conçu une autre stratégie. Je lui avais raconté que les Barbares s'étaient rendus possesseurs de la magie de la Langue d'Argent, cette langue qui pourrait nous permettre de déchiffrer le Livre d'Azazel.

Le Livre d'Azazel – tout le monde connaissait la légende. C'était un livre écrit dans une langue mystérieuse et inconnue, et qui ne pouvait être comprise qu'avec la Langue d'Argent. Cela signifiait que celui qui devenait maître de la Langue d'Argent, le roi Philippe… ou moi… deviendrait par voie de conséquence le maître du monde.

Si je devenais le maître du monde, je pourrais arracher Isabella des sales pattes de ces voleurs de barbares, avant de leur cracher au visage. Je ferais emprisonner chaque barbare, un par un, les réduirais en esclavage, les obligerais à travailler dans les champs, et les fouetterais à ma fantaisie. Je ferais payer à cette race maudite toute les destructions et les souffrances qu'elle a engendrées.

Quand enfin je parvins à rallier le roi Philippe à mes stratégies, il donna sa fille, la princesse Sera, au royaume voisin (ou Reginerra) de Patheros. Le fils malingre de la reine, le prince Titus, épouserait la princesse Sera, ce qui formerait une alliance. Ensuite, avec nos forces unies, nous pourrions attaquer La Push et vaincre les barbares.

Nous possédions une artillerie qui leur était inconnue : des canons et des catapultes ainsi que nos fameuses épées à trois dents. Nous avions notre champion de combat, un authentique géant du nom de Brom qui pouvait briser la nuque d'un homme aussi facilement qu'une brindille. Leurs flèches, leurs lances et leurs torches ne leur seraient d'aucune aide dans cette guerre.

Je jetai une bûche supplémentaire dans le feu pour qu'il ne s'éteigne pas. Les nuits devenaient de plus en plus fraîches et le vent plus agressif à mesure que l'hiver approchait. « Edward, » appela ma jeune sœur Cordelia Cullen. « Pourquoi gardez-vous la fenêtre ouverte ? Vous allez prendre froid et dépérir comme une fleur dans l'obscurité. »

Elle referma les fenêtres et tira les rideaux. Puis, lâchant un soupir désemparé, elle resserra ses bras contre sa poitrine. « Je ne prendrai pas froid, ma chère sœur, » murmurai-je. « Le doux fredonnement du vent à travers les arbres me rappelle le son de sa voix. »

Cordelia me fixa momentanément puis poussa un grognement et me rejoignit sur le grand lit. « Pourquoi pensez-vous encore à cette gourgandine, mon frère ? » me questionna-t-elle. « Si les barbares l'ont enlevée, soit elle est morte, soit elle est en train de se faire passer dessus comme une puterelle (NdT : insulte médiévale signifiant prostituée) pendant que nous parlons. »

Je me crispai, rebuté par la brutalité des propos de Cordelia. « Je ne veux plus jamais entendre ce genre de mots sortir de votre bouche, » l'avertis-je en grondant. « Isabella est en vie et elle va bien. Elle a promis de se préserver pour moi. »

Ma sœur lâcha un rire sans joie. « Êtes-vous vraiment encore persuadé qu'elle a tenu sa promesse ? »

Je ne sus que répondre. Ma bouche pendit bêtement jusqu'à ce que je m'en rende compte et la referme. « Naturellement, je sais qu'elle a tenu sa… »

« Même avec tous les hommes qui traînent là-bas ? Ils l'ont probablement déjà violée, mon frère. C'est la seule raison pour laquelle ils gardent les femmes et les esclaves là-bas : pour les chevaucher, » déclara Cordelia comme si elle parlait de la pluie et du beau temps.

Je refusai de croire tout mon dur travail gâché simplement parce que ma sœur s'imaginait que mon seul amour était une putain et ne se battrait pas pour préserver sa vertu qu'elle m'avait promise. « Elle a tenu sa promesse ! » Explosai-je tout d'un coup, énervé par tant de pessimisme.

Cordelia sursauta légèrement, ses longs et splendides cheveux roux lui retombant dans les yeux. « Et si ce n'était pas le cas ? »

Je durcis les poings contres mes hanches. « Je plongerai ma dague à travers celui qui lui aura volé sa vertu. Je regarderai ses yeux qui me supplieront de l'achever, puis le sang jaillir de ses lèvres muettes. Oui, c'est ce que je ferai. » J'observai le regard de Cordelia, dans lequel l'amusement le disputait à la moquerie. Cela m'irrita. Tout ce qu'elle disait ou faisait m'irritait ce soir. « Sortez d'ici, » lui ordonnai-je.

Elle eut l'air surpris, mais resta assise là où elle était sans remuer d'un pouce. « Oh, Edward, ne vous fâchez pas, j'essayais simplement de… »

Je secouai la tête et la considérai comme si une deuxième tête venait de lui pousser sur l'épaule. « Êtes-vous sourde, femme ? Ou bien êtes-vous juste stupide ? Je vous ai dit de sortir ! »

Cordelia souffla et releva sa jupe. Elle leva le nez au ciel avec affectation et passa rapidement devant moi. « Eh bien, je suis fort affligée de voir que vous ne pouvez supporter la vérité lorsqu'elle se présente devant vous, claire comme le jour. »

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Note de Tralapapa : th bien il va pas être très content Edward ! Et pour la vertu et pour l'artillerie qu'il va avoir face à lui quand il va attaquer ! Ça risque de pas être triste

NdT : tu m'étonnes ! XD