Note de la traductrice : bonjour tout le monde, voici un chapitre à peine plus court que les autres où les événements et les nouvelles bouleversants vont pleuvoir sur nos amoureux, et où les émotions de Bella vont faire les montagnes russes. Bonne lecture!

Un grand merci encore à Tralapapa pour son travail de relecture et sa patience. You rock !

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Sinful Seduction

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Chapitre 18 : Fiançailles

Je me tenais derrière lui, frissonnant sous la fraîcheur de la brise matinale, mes doigts tordant ses cheveux en tresse. Il me semblait que cela faisait une éternité que je n'avais pas touché ce glorieux pelage noir et soyeux. Il faisait exceptionnellement froid ce matin, mais Jacob avait insisté pour qu'on laisse les fenêtres ouvertes. Tout le monde s'était levé tôt ce matin, du moins d'après les rumeurs confuses que j'entendais au sujet des villages.

J'attachai le bout de sa tresse avec un lacet de cuir et la laissai retomber au milieu de son dos. Il se retourna légèrement et m'adressa un sourire éclatant. « Merci, » me dit-il avec cet accent marqué et rauque que j'avais fini par chérir. Je hochai la tête et lui souris en retour. Il portait une veste de fourrure qui montrait quelques aperçus alléchants de sa poitrine musclée et couleur de bronze, ainsi que des culottes en peau de daim pour garder ses jambes épaisses au chaud.

Je portais moi-même des culottes en peau de cerf tacheté avec des bottes fourrées en laine de mouton pour protéger mes pieds du froid, ainsi qu'une tunique tout à fait seyante en peau de biche. Mes cheveux quant à eux étaient noués en une coiffure compliquée de chaque côté de ma tête. Jacob me contempla avec beaucoup d'attention pendant quelques instants, puis me sourit de nouveau légèrement : « Tu es magnifique. »

Je me sentis rougir à cette remarque flatteuse. Il m'avait déjà beaucoup complimentée auparavant, mais la lueur particulière qui brillait dans ses yeux ce jour-là fit pétiller des étincelles dans mon ventre. « Est-ce que les vêtements… te plaisent ? »

Il m'attira contre lui, un drôle de sourire fendant ses lèvres. Ses mains se posèrent sur mes fesses et il me pressa encore plus fort. J'avançai instinctivement mon pelvis tandis que ma peau venait à la rencontre de ses lèvres. « Ce ne sont pas les vêtements qui me plaisent, 'Bella. »

Ses doigts curieux traversèrent la barrière de mes culottes et les abaissèrent légèrement tandis que ses lèvres poursuivaient leur exploration. Mon cœur s'emballa dans ma poitrine, et la chaleur gagna mon bas-ventre. Je pris une profonde inspiration pour garder pied. « C'est très agréable, » pensai-je à haute voix, oubliant sa présence. Il gloussa contre moi.

« Alors, enlevons-les. » D'un coup sec, il fit descendre mes culottes à mes chevilles. Je m'en débarrassai avec impatience, puis il leva une de ses mains de mes hanches pour caresser ma bouche brûlante, glissant un doigt entre mes lèvres dans ma cavité humide.

Je penchai ma tête vers sa poitrine tandis qu'il se déplaçait pour s'asseoir sur son fauteuil en peau d'ours près du feu. Il détacha son pagne, dévoilant son sexe dressé et brillant au bout. Ma respiration devint tremblante. Voyant mon hésitation, il m'encouragea gentiment. « Viens. Touche-moi, ma chérie. »

Presque aussitôt, ma main se tendit et, j'attrapai son sexe étroitement, émerveillée par la douceur de cette colonne de chair brûlante. Au moment où mon doigt caressa la tête humide et souple, il introduit un doigt en moi et appuya sur ce point particulier qui m'envoyait des décharges de plaisir. Je gémis et me plaquai contre lui.

JACOB

Ses muscles se contractèrent autour de mon doigt pendant que je m'appliquai à lui donner du plaisir en allant et venant dans sa chair si étroite. Mes yeux noircirent sous l'effet du désir lorsque son corps enveloppa le mien et ses gémissements atteignirent mes oreilles. Habituellement, les hommes n'étaient pas spécialement enclins à donner du plaisir à leurs femmes, mais j'avais appris à aimer ça plus que quiconque ne l'avait jamais aimé et ne l'aimerait jamais.

Elle fit courir sa main menue et blanche le long de mon sexe, diffusant des flammes de plaisirs à travers mes veines par chacun de ses gémissements et de ses gestes. Je me soulevai dans sa main, cherchant encore plus son contact, à pénétrer au plus profond de sa chair. Elle se retira, son visage harmonieux perdu au milieu de sa coiffe sophistiquée. Elle était à couper le souffle. Je pouvais voir dans ses yeux qu'elle était proche.

Je ne pus m'empêcher de me mordre la lèvre devant ce spectacle, tandis que le désir explosait en moi, si intense qu'il confinait à la douleur. « Dis-moi à quel point tu aimes ça, » lui susurrai-je d'une voix rauque et sensuelle. « Allez, mon amour, dis-le-moi. »

Elle lâcha une longue plainte alors qu'au même moment, je sentis son intimité se resserrer autour de moi. « Oh, c'est si bon. » Tout à coup, une idée me vint en tête, alors sans crier gare et retirai ma main de sa chaleur. En réaction, elle s'effondra dans le fauteuil et grogna de frustration. Oh, bordel. Je me sentis comme un dieu en voyant quel pouvoir j'avais sur elle.

Comme il n'y avait personne dans la pièce, je décidai de me mettre en position de soumission et m'agenouillai devant elle. Elle se ploya vers l'arrière, frottant ses cuisses l'une contre l'autre pour trouver une friction en bas. « Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle d'une voix presque inaudible et hachée.

Je ne répondis pas directement. Enroulant mes bras autour de sa taille, je me levai puis me dirigeai vers le lit. Je la couchai sur les draps et écartai ses cuisses au maximum. Sans même prendre la peine de lui demander de formuler son désir, je plongeai directement vers l'objet sensible de ses attentes.

Au moment je l'embrassai et entendis son gémissement exquis, mon excitation devint instantanément plus impérieuse. « Tu es si humide, » m'émerveillai-je à voix basse, goutant son nectar du bout de la langue. Elle se cambra violemment contre moi en poussant un sanglot lorsque je pressai ma bouche contre ses lèvres délicieuses et rosées pour les suçoter et les taquiner du bout de ma langue. « Oh, putain. » Je lui donnai une tape sur les fesses et observai son bouton de femme virer au carmin. Son souffle s'accéléra lorsque j'enroulai ma langue autour de ce point si sensible tandis que ses cuisses se refermaient autour de ma tête.

« C'est ça, » approuvai-je d'un ton caressant. « Jouis pour moi. »

Je savais que ce genre de paroles lui faisaient perdre la tête et en effet, aussitôt après, elle poussa un cri perçant, terrassée par l'extase. Mes lèvres étaient recouvertes d'une pellicule humide que je léchais consciencieusement pour découvrir et savourer son arôme dans toute sa subtilité.

C'était ma femme. J'étais et resterais le seul à la faire jouir. Elle reposait entre les oreillers, sa poitrine se soulevant lourdement à chaque inspiration qu'elle prenait. « Dieux du ciel, Jacob… » bredouilla-t-elle.

Je me glissai sournoisement contre son corps, caressant sa fente humide de mon sexe. « Goûte-toi sur ma langue, » l'enjoignis-je avant de fondre sur ses lèvres, glissant ma langue dans sa bouche. Elle plaqua ses mains sur mes fesses pour m'attirer plus près d'elle. Je me pliai très volontiers à son geste. Elle entama un mouvement de va-et-vient, accentuant la friction entre nos deux. Je rejetai la tête en arrière et poussai un râle sonore. « Bon dieu, je veux te prendre maintenant. Le veux-tu aussi ? »

Elle plaqua ses hanches contre moi encore une fois, et je sentis son humidité chatouiller mon érection. « S'il-te-plaît. S'il-te-plaît, je le veux. »

Je m'écartai pour mieux la regarder. « Mmm. J'aime t'entendre me supplier. »

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BELLA

Après ce moment intense où nous avions fait l'amour comme des sauvages, j'étais de nouveau habillée et assise auprès du feu pour me réchauffer avant de devoir sortir. Je tenais une tranche de pain dans une main et des carrés de chocolats dans l'autre. Mon appétit était devenu capricieux récemment.

Assis dans son fauteuil, Jacob m'observait attentivement tandis que je laissai fondre les morceaux de chocolat dans ma bouche. « Tu en veux ? » lui demandai-je poliment. Il secoua la tête et se cala dans son fauteuil. Prenant cela comme une invitation à manger le reste, je me dépêchai de tout finir avant qu'il ne change d'avis.

Jacob éclata de rire devant ma gloutonnerie, inclinant la tête vers l'arrière avant de la secouer. Je rougis sur-le-champ et attrapai un mouchoir pour m'essuyer les coins de la bouche. « Arrête de te moquer de moi, » grommelai-je, feignant la bouderie.

« Oh Bella, tu ne t'en es pas rendue compte, pas vrai ? »

Je le regardai avec intérêt et étonnement en haussant un sourcil. « Me rendre de compte de quoi, mmh ? »

« Que tu es enceinte. »

Sous le choc, je vacillai, ces mots me faisant l'effet d'un choc physique. « Je te demande pardon ? » Répliquai-je d'une voix blanche. Mon cœur se mit à cogner dans ma poitrine, et le sang pulsa dangereusement jusque dans mes oreilles, donnant à mon visage une teinte pourpre. De quoi parlait-il ? Comment pouvait-il savoir si j'étais enceinte ?

Il dirigea son doigt vers ma tunique en peau de biche avec impatience, puis vers le sol. « Enlève ça, Isabella. »

Mes yeux s'écarquillèrent. Était-il fâché contre moi à présent ? « Mais… »

« Fais ce que je te dis. »

Le cœur et l'esprit affolé, je retirai ma tunique, dévoilant ma poitrine nue à son regard. En regardant vers lui, je devinai qu'il luttait pour ne pas me sauter dessus. « Je ne comprends pourquoi tu me fais tout ce cirque, » marmonnai-je en me tournant vers le foyer de cheminée, la voix emportée par le vent. « Je n'attends pas d'enfant. »

Il se renfrogna et me toisa durement. « À quand remontent tes derniers saignements ? » m'interrogea-t-il. Je fronçai les sourcils et me mis à compter les mois. La seconde d'après, j'haletai et le considérai stupidement. « Cela fait deux mois maintenant, Griffe de Tigre. Tu as vraiment cru que je n'allais pas remarquer les changements de ton corps alors que je l'ai exploré dans les moindres détails. »

Mes yeux s'arrondirent et je plaquai mes mains contre mon ventre. J'avais besoin de m'assoir. L'inquiétude devint manifeste sur son visage lorsque le mien pâlit considérablement. Les histoires horribles de ces hommes qui abandonnaient leurs femmes lorsqu'elles tombaient enceintes étaient loin d'être des cas isolés dans ce royaume. Submergée par l'angoisse, je ne pus empêcher le flot de paroles qui jaillit de ma bouche. « Je suis tellement désolée. Pitié, mon roi, vous devez me pardonner. »

Il me jaugea comme si je venais de prononcer un blasphème. « Qu'est-ce que tu me chantes ? Ne t'excuse pas ! » Il s'avança vers moi avant de s'agenouiller à côté de mon fauteuil. « C'est moi qui voulais que tu sois enceinte. C'est pour ça que je ne me suis pas retiré au moment de la jouissance. »

Il posa une main sur mon sein et le pressa légèrement. Je sifflai et repoussai sa main avec pétulance. « Ça fait mal, » protestai-je faiblement. Il eut un rictus satisfait.

« Un autre signe. La sensibilité des seins ne trompe jamais. Souviens-toi, j'ai assisté ma sœur tout au long de sa grossesse, » me raconta-t-il. Je pressai ma tunique contre ma poitrine et fit passer une main sur mon ventre.

« D'accord, mais… pourquoi ? Pourquoi as-tu choisi de me féconder ? » lui demandai-je d'un ton intrigué en guettant sa réaction, les yeux pleins d'interrogation.

Cette question aurait embarrassé plus d'un homme, mais pas Jacob. Il me regarda droit dans les yeux et de mon côté, je ne vis pas la moindre particule de honte dans les siens – son regard exprimait au contraire de la fierté. « Parce que je voulais que tu portes mes enfants. Tout bêtement. »

Moi. Ainsi donc il avait choisi de ne pas se retirer parce qu'il voulait que ce soit moi qui porte ses enfants. D'un côté, j'étais soulagée d'apprendre qu'il avait tout prévu, mais de l'autre cela me rendait étrangement furieuse. « Alors je resterai coincée toute la vie avec ton enfant illégitime ? Un enfant qui sera pris de haut simplement à cause de mon rang social. Et si j'avais envie de me marier un jour, une fois que ton caprice avec moi sera terminé ? Tu épouseras une autre femme qui deviendra ta reine, et tu me relégueras à l'arrière-plan pour avaler la poussière que tu soulèveras en marchant avec elle loin devant. »

A ses mots, sa figure s'empourpra, manifestement offensé par mes théories. « Tu ne te marieras jamais, Isabella. » Sa voix était si dure et autoritaire que je ne pus m'en empêcher : je commençai à sangloter, des larmes brûlantes coulant sur mes joues.

« Alors c'est ainsi ? » hurlai-je. Aveuglée par la colère, je ne me contrôlai plus – oubliant que je parlai au roi. « Tu veux me garder comme maîtresse pour le reste de ma misérable vie. » Ma mauvaise habitude refit surface. Moi qui avais si bien réussi ne plus m'écorcher parce que je n'avais pas été malheureuse ni stressée pendant un très long moment, c'était hélas terminé : mes ongles se plantèrent dans ma peau qui se mit très vite à saigner.

Ses yeux s'écarquillèrent et il se précipita vers moi pour m'immobiliser, grondant en voyant le sang tacher ses mains. « Tu ne m'as pas laissé finir ! » Me rugit-il. Je me calmai aussitôt. « Tu ne marieras jamais, Isabella… tu ne te marieras avec personne d'autre que moi. Et l'enfant que tu portes sera mon héritier. »

Le sang et la douleur dans mon bras pulsaient en rythme, mais je n'en avais même plus conscience. Il maintenait mes mains comme dans un étau bien serré, agenouillé pour montrer qu'il se soumettait à moi. Oui… à moi. Les paroles de Rosalie que j'avais entendues le premier jour me revinrent en mémoire.

« Si un guerrier veut épouser une fille du harem, elle ne peut pas refuser. »

Cependant, c'était bien lui qui lui réclamait ma main, mon cœur et mon corps. Même si la situation était légèrement différente de celle dont j'avais rêvée de prime abord, c'était lui qui jurait d'accomplir mes espoirs et mes rêves de famille avec un mari aimant et des petits garçons tout nus et d'adorables petites filles. Et c'était lui qui était sur les charbons ardents en attendant ma réponse, en l'espérant positive.

J'avalai la boule qui m'était restée dans la gorge. « Est-ce que c'est une plaisanterie douteuse ? Parce que si c'est le cas, je ne te le pardonnerai jamais. »

Il lâcha un rire de soulagement et se redressa. « Ce n'est pas une plaisanterie. Tu es mon amour. Je t'ai déjà dit que je ne pouvais pas vivre sans toi. Je t'ai déjà revendiquée, imprégnée… et tu portes mon fils désormais. » Il tira sa tunique d'un coup sec et fit glisser sa main étonnamment chaude sur mon ventre, et ce geste m'apaisa. « Je t'épouserai et tu deviendras ma reine. »

Je le regardai, ne saisissant pas tout de suite le sens de ses actions. Jacob enroula ma nuque de sa main libre et attira ma tête vers la sienne et nos lèvres se joignirent. Le baiser s'intensifia, atteignant une passion qui aurait pu déplacer des montagnes, nous enfermant dans une bulle que Jacob creva en s'écartant pour poser sa bouche sur mon cou, puis la vallée de mes seins, descendant encore jusqu'à mon bas-ventre.

Je me mordis la lèvre et luttai pour réprimer un gémissement lorsque sa langue se faufila dans mon nombril et contourna la légère bosse avant d'y planter un baiser directement en-dessous. J'haletai lorsque ses bras quittèrent brusquement leur place sur mes genoux pour entourer ma taille. Il me tint serrée contre lui, sa tête posée sur mon ventre, écoutant le son de ma respiration tandis que je lui caressai gentiment les cheveux.

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La nouvelle du mariage de Danse avec les Loups avec moi s'était répandue comme une trainée de poudre dans tout le royaume. Des hommes et des femmes étaient venus pour moi et me baisaient la main comme si j'étais déjà une personne royale. Jamais dans ma vie je n'avais eu droit à autant d'honneur. Jacob avait donné l'ordre que ma chaise soit installée près de la sienne au bout de la table. Lorsque les serviteurs avaient laissé entendre que l'ancien trône de la reine s'était usé avec le temps, il en avait commandé un nouveau, un plus beau en l'honneur de sa future femme.

Au petit-déjeuner, Coyote de Fer avait ordonné aux filles du harem de descendre pour distraire les hommes à table. Jacob n'avait émis aucune objection, quant à moi, j'avais décidé de ne pas broncher tant qu'aucune d'entre elles n'exécutaient de danse lascive devant lui. Je m'assis au coin de la table, observant Rosalie, Athenodora, Cecilia et Jezabel tournoyer dans la salle avec leurs soieries colorées. Emilia s'assit sur les genoux de Coyote de Fer et lui porta des grappes de raisins à la bouche qu'elle attrapait dans le vin.

Il portait un collier d'or qui lui recouvrait une bonne partie du cou. Je plissai des yeux. « Qu'est-ce que c'est que ce truc qu'il porte autour du cou ? » M'enquis-je auprès de Jacob. Celui-ci renifla et secoua la tête.

« Une blessure, » m'informa-t-il. « Apparemment, il a un sacré bleu, mais il a trop honte pour le montrer. C'est Emilia qui m'en a parlé. » Mes yeux s'écarquillèrent en direction de Coyote de Fer. Un bleu ?

« Est-ce que… sa blessure est de la taille d'un poing ? » Dis-je en m'humectant les lèvres.

« Ouais, sûrement. Pourquoi ? »

Je rougis furieusement et me mordillait la lèvre pour réprimer mon rire. « Pour rien, rien du tout. »

Au même moment, on plaça un bol de soupe au lapin devant moi, alors je pris ma cuiller et la plongeai dedans. La chère était si bonne que c'en était presque trop pour mes papilles. « Je n'ai encore rien dit à propos de ta grossesse, » me chuchota Jacob. « Je ne veux pas annoncer la nouvelle tout de suite. »

Je haussai les épaules. « Bon, très bien. Je ne dirai rien si tu ne le fais pas. Mais préviens-moi avant, d'accord ? »

Il acquiesça et pris sa cuiller en bois avant de commencer à manger. Les musiciens dans le fond commencèrent à jouer de leurs tambours, leurs flûtes et leurs instruments à cordes, créant une agréable atmosphère musicale à écouter tout en parlant et en mangeant.

Boit à la Cascade avait également annoncé publiquement son mariage avec Angelina et de fait, l'avait définitivement sortie du harem pour la placer dans ses appartements de guerriers. Leur enfant naîtrait bientôt et serait bien traité en vertu de la place sociale de ses deux parents.

La chaleur de la salle s'accrut lorsque les hommes allumèrent un autre feu pour tenir à distance le froid de l'hiver arrivant. Je ne pourrais bientôt plus porter certains vêtements qui étaient trop ajustés, maintenant que je devais manger plus pour nourrir l'enfant qui grandissait dans mon sein. Jacob avait déjà demandé à la couturière de me confectionner des nouveaux habits.

Chacun avait remarqué la bague énorme que je portais au doigt. C'était un bijou qui avait appartenu à sa mère, un anneau d'or serti d'une magnifique topaze jaune-orangée. L'anneau complétait mon collier symbolique.

Tandis que je mâchouillais une carotte de ma soupe, je levai les yeux vers mon futur époux, occupé à manger son lapin, les muscles de sa mâchoire saillant tandis que ses dents blanches et puissantes déchiquetaient la viande. Sa tresse de cheveux noirs et soyeux atteignait le bas de son dos, laissant échapper quelques mèches de cheveux qui retombaient sur son visage magnifique et presque surnaturel. Ses yeux sombres scrutaient attentivement la salle, bordés de cils noirs comme le jais qui l'adoucissaient presque, mais sans altérer sa masculinité.

Jacob, Danse avec les Loups, serait mon mari, et je serai sa reine. Et l'enfant que je portais serait le prince. Autrefois, si l'une des « sorcières » locales de mon village avait regardé dans sa boule de cristal pour me prédire qu'un jour, j'épouserais le roi des barbares, j'aurais hurlé de rire.

Nos regards se croisèrent tout à coup, et il m'adressa un sourire enchanteur. « Qu'est-ce qu'il y a ? » me demanda-t-il doucement.

Je penchai ma tête sur le côté. « Ce n'est rien. Tu es… je ne sais pas comment dire. Tu dégages quelque chose de magnifique, » avouai-je stupidement, incapable de résister à son charme.

Il renifla. « Ce n'est quelque chose que j'ai vraiment recherché, mais… merci mon amour, » Jacob me fit un clin d'œil tandis que le désir s'allumait dans son regard. Mon amour. C'était la toute première fois qu'il m'appelait ainsi en le pensant vraiment.

Mon cœur s'affola et je retournai à mon dîner pour lui cacher mes joues cramoisies. Il m'observa dans la lumière du feu, les yeux plissés, puis eut un nouveau sourire amusé. Bien sûr, il l'avait remarqué.

« Toi, Griffe de Tigre, tu es la plus belle. Ne cache pas tes rougissements devant moi. Je vois tout. Je suis Danse avec les Loups, ton roi et ton époux tout puissant. » Epoux. C'était le mot capital que je ne l'avais jamais entendu prononcer… du moins quand il me parlait. Il glissa un doigt sous mon menton, de sorte que mes yeux rencontrent les siens « Embrasse-moi. » Ce n'était pas une demande. C'était un ordre.

Je me rapprochais de lui, posant tendrement mes lèvres sur les siennes. Puis, à l'instant où je voulus reculer, il attrapa mon visage et me tira plus fermement vers lui pour un baiser plus vorace où s'entremêlaient les langues, la salive et la passion. Il avait un goût de vin et de lapin. Je finis par me dérober, mais à l'instant où je pris conscience de mon entourage, mon rire mourut sur mes lèvres.

Tout le monde autour de la table nous regardait. Certains souriaient, d'autres rougissaient, et d'autres encore détournaient vivement le regard, gênés d'être attrapé en train de nous dévisager. Jacobs se contenta de finir sa soupe, sa main étonnamment chaude sur la mienne. Il ne connaissait absolument pas la gêne. Au contraire, il ne tirait que fierté des choses qu'il avait conquises. Et, de toute évidence, il m'avait conquise, moi.

« Na yi ta na da kyau, na'am, » déclara Jacob dans sa langue maternelle, ajoutant une sonorité dure et virile aux mots qu'il prononça. « Amma idan wani daga gare ku kiyaye staring a inda zan mace kamar cewa, shi ke tabbace yake cewa ba za ka so a sakamakon. » (Je me suis rendu compte que c'était une beauté, oui. Mais, si l'un d'entre vous continue à lorgner ma femme de cette façon, je vous garantis que vous n'allez pas aimer les conséquences.)

J'entendis quelques halètements à travers la salle tandis que les regards se détournaient promptement de ma personne. Mes yeux s'élargirent et je considérai Jacob d'un air interdit. Il gardait ses yeux rivés sur son plat, mais pressait ma main étroitement pour me montrer qu'il restait attentif à ma présence. Les serviteurs rentrèrent dans la salle pour apporter la suite du repas. Il y avait du pain et du vin sur les plateaux. Ils déposèrent les plats au fur et à mesure sur toute la longueur de la table puis se pressèrent vers la sortie.

Jacob se servit lui-même en vin et coupa une tranche de pain. Puis il se leva, imposant le silence immédiatement dans toute la salle. « Ina so in ba da shawara a maku yabo na sabuwar matarsa, » déclara-t-il. (Je voudrais porter un toast à ma jeune épouse.)

Les gens attrapèrent aussitôt un morceau de pain ainsi que leur coupe de vin. Je le considérai un instant, puis fis de même, ne voulant pas me sentir exclue.

Il baissa les yeux vers moi et me sourit. « To mai girma sabon zamanin mulkin, to nake kauna, Sarauniya, da kuma na da karfi dan hawa, a ciki. » (Levons notre verre à un nouveau règne, heureux et réussi, à ma reine resplendissante et à mon fils qui grandit dans son ventre.)

Sur le coup, je poussai une exclamation étranglée tandis que mes yeux s'écarquillèrent. Toute la salle explosa en applaudissements, les gens autour de la table se tournaient vers moi et beuglaient leurs félicitations. Et moi qui pensais l'avoir entendu à l'instant me certifier qu'il attendrait ! Jacob me répondit par un regard satisfait et plus qu'éloquent : 'Et oui, j'ai menti.'

Il me prit la main et m'obligea à me lever avec lui, avant de me tourner sur le côté et placer tendrement sa main sur mon ventre. J'avais conscience que j'étais en train de rougir, mais je savais que ce n'était que du spectacle. Les convives tapèrent deux fois des pieds puis rompirent leur pain en deux, qu'ils trempèrent ensuite dans le vin avant de le mordre à pleines dents. « Amaku yabo ! » Mugirent-ils. Cela voulait dire un toast.

Je me rassis en tentant de ravaler ma nervosité. « Je croyais que nous avions convenu d'attendre ! Et aussi de me prévenir afin que je ne passe pas pour une parfaite idiote ! »

Il m'attrapa de nouveau et m'embrassa dans une flambée de sensualité et de fougue. Jacob cherchait de toute évidence à effacer mon agacement et le plus exaspérant, c'était que cela marchait plutôt bien. « Pourtant quelque part, c'est comme si je t'avais prévenue en fait. Tu m'appartiens de toutes les façons possibles, et c'est très difficile pour moi de ne pas le revendiquer en permanence. »

Cette remarque me fit rire. Je secouai la tête. « Tu es incorrigible. »

Il haussa les épaules. « Et tu adores ça. »

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Note de Tralapa : Ah oui avec un bébé Sir Edward ne pourra plus avoir aucun doute quant à la « non virginité » de son ex promise HIHI !

NdT : certes non. Et comme Edward appartient à cette catégorie d'hommes qui tiennent absolument à ce que l'hymen de leur promise soit parfaitement intact le jour de son mariage, je vous laisse imaginer sa réaction future. '-