Note de la traductrice : pas de note pour cette fois-ci.

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Sinful Seduction

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Chapitre 19 : Peau

Assise sur ma chaise près du feu, je contemplai Angelina et les autres dames du château occupées à tricoter des couvertures pour se détendre. L'hiver approchant de plus en plus, c'était à nous de confectionner des couvertures et autres vêtements d'hiver. Il était près de cinq heures mais l'atmosphère s'assombrissait déjà. Je n'avais pas eu de nouvelles des hommes depuis le dîner, et Jacob avait dû assister à un bon nombre de réunions dans l'après-midi pour discuter de la guerre.

Les projets d'artillerie avançaient plutôt bien. On construisait des canons et des catapultes qui étaient ensuite testés à l'écart dans les forêts avoisinant le Rocher du Château. Jacob était satisfait de l'avancement des travaux, il était même persuadé que nous avions encore plus de chances de remporter la bataille.

Je levai le nez de mon ouvrage en entendant des bruits de pas dans la pièce. C'était lui, accompagné de trois de ses hommes. Il me regardait. « Nous allons chasser dans la Forêt des Voleurs. Avec le froid, les caribous et les cerfs ont migré plus au sud pour trouver de la nourriture. »

Je hochai la tête et triturai le tissu de ma jupe. « D'accord. Est-ce que tu seras revenu avant la nuit ? » Lui demandai-je. Il jeta un coup d'œil à travers la fenêtre dehors, le soleil était déjà bas sur l'horizon et le ciel était de plus en plus sombre.

« Je serai là avant la nuit. J'apporterai le dîner à la maison. » Il me sourit et me caressa la joue de son doigt tiède. J'inclinai la tête et lui embrassai le poignet. « Tu m'attendras ? »

Son sourire s'élargit, révélant ses dents blanches et droites. « Je t'attendrai toujours, » lui répondis-je, riant de sa taquinerie. « Allez, nigaud. Va nous chercher à manger. »

Jacob me planta un baiser sur la joue et posa sa main sur mon ventre légèrement bombé. « Je ramènerai quelque chose pour notre fils. »

Trois Chevaux marmonna alors quelque chose propos du temps. Jacob hocha la tête et recula. Je lui fis un petit signe au moment où il se retirait. Boit à la Cascade embrassa Angelina tendrement puis sortit à son tour.

« On dirait bien que le roi en pince dur pour toi, » commenta Cecilia avec un petit sourire conspirateur sur ses lèvres rosées. Elle était devenue la femme de Faucon Gris. Il l'avait couverte de bijou, et son visage était lourdement maquillé. Elle sentait les huiles et les crèmes luxueuses que seules les femmes « nobles » avaient le privilège de porter. « Je pense qu'on peut tous affirmer sans crainte que le roi n'a jamais autant baissé sa garde que lorsque qu'il est avec toi. »

Je rougis, baissant le regard sur l'écharpe écarlate que j'étais en train de tricoter. « Il est bon. » Affirmai-je en m'adressant à tout le monde. Relevant la tête, je croisai le regard renfrogné d'Emilia. Depuis qu'elle avait remarqué l'intérêt que me portait Coyote de Fer, elle avait développé une sorte d'antipathie à mon égard. Le monstre vert de la jalousie faisait briller son regard et donnait à son visage une expression repoussante.

Elle souffla avant de retourner à son ouvrage. A cinq mois de grossesse, Angelina avait quelques difficultés à voir l'objet qu'elle était en train de tricoter, gênée par son ventre protubérant. Boit à la Cascade avait obtenu la permission d'organiser leur mariage en toute discrétion dans une église locale. Jacob l'avait autorisé à épousé Angelina, et il voulait le faire sans le tapage ou le faste d'un grand mariage. Ils n'avaient invité personne, à l'exception du prêtre qui avait officié. Désormais, ils ne se quittaient plus des yeux.

Ils étaient profondément et sincèrement amoureux.

Contrairement à Boit à la Cascade, Jacob avait l'intention de répandre la nouvelle de son mariage dans tout le continent. Tout le monde devait savoir qu'il allait m'épouser, et tout le monde verrait ma main dans la sienne le jour de nos noces. D'après lui, c'était la plus grande preuve de revendication pour un homme ainsi, chacun saurait que j'étais à lui et qu'il était à moi.

Angelina portait fière le petit anneau d'argent autour de son doigt. Je voyais briller à la lumière du feu et l'entendais cliqueter légèrement contre son aiguille qu'elle agitait en maniant le fil.

« Est-ce que Danse avec les Loups a bien avancé dans les préparations du mariage ? » Me demanda Claire, le visage voilé par ses cheveux noirs. De ses dents, elle trancha un fil en deux. Claire était la femme de Soleil de Feu Opalescent. Il était beaucoup plus vieux qu'elle, mais il l'aimait tout de même. C'était à peu près son trente-sixième hiver, alors qu'elle n'en avait que dix-sept.

J'acquiesçai, mes yeux s'arrondissant instinctivement. « D'après notre roi, il n'y a pas un paysan au village qui ne soit pas train de préparer son cadeau de mariage. » Je pouffai. « C'est étrange, être considéré comme une reine alors que je ne porte même pas de couronne sur ma tête. »

Toutes mes compagnes hochèrent la tête tandis que leurs doigts s'activaient furieusement sur leur ouvrage. « Couronne ou pas, on te respecte comme une reine parce que tu portes l'enfant du roi, » souligna Emilia d'un ton dur et froid comme si c'était la seule raison pour laquelle j'étais respectée.

Cecilia lui jeta un regard d'avertissement avant de se tourner vers moi avec un sourire rassurant. « C'est aussi parce que tu portes un objet d'une très grande valeur : le collier de topaze. Tout le monde connaît l'histoire de ces topazes, et toute femme dans ce royaume a déjà rêvé au moins une fois d'être celle à qui ce bijou serait destiné. » Ses joues s'empourprèrent dans la lueur du foyer, et elle pressa l'écharpe contre son cœur. « Même moi, Griffe de Tigre. »

La conservation s'engageait sur un terrain glissant, et je compris alors à quel point Jacob était convoité par les femmes à quel point elles étaient nombreuses, celles qui rêvaient d'être la prunelle de ses yeux. Finalement, je m'en tirai en ne donnant aucune réponse, me contenant de retourner à mon ouvrage.

Une rafale de vent glacial souffla brusquement à travers la fenêtre juste à côté de nous. Nous frissonnâmes de concert, Angelina sursauta violemment et courut la fermer. « Ce vent hivernal est impitoyable, » grommela Cecilia en se frottant les épaules. « Et toutes ces discussions sur la guerre m'inquiètent. »

Toutes autres dames approuvèrent. « Je tremble pour la vie de Coyote de Fer. C'est lui qui doit diriger l'armée à la bataille, et l'ennemi cible toujours les capitaines en priorité, » gémit plaintivement Emilia à l'intention du groupe, mais tout le monde semblait s'en moquer. Chacune ici avait fait les frais du comportement colérique et agressif du prince, et personne ne nourrissait de sentiments très positifs à son égard.

Claire hocha la tête. « Tous nos hommes vont participer à la guerre. Le risque de perdre notre amant est le même pour nous toutes. » Elle se mordit la lèvre et baissa les yeux sur ses genoux. « Personne n'aime la guerre. Mais si c'est nécessaire, alors je suppose qu'il faudra nous préparer au pire le mieux que nous pourrons. »

Je fronçai les sourcils. Toute cette conversation sur la guerre avait assombri mon humeur. Angelina berçait son ventre tout en tentant de se concentrer sur son tricot, mais je pouvais voir qu'elle commençait à se sentir mal et qu'elle s'efforçait de le cacher. « Je crois qu'il est temps pour moi de me retirer… dans ma chambre », annonça-t-elle d'une voix à peine tendue.

Comme les autres dames enchaînaient sur l'horreur et la réalité de la guerre, je décidai d'imiter Angelina et de me réfugier dans mes propres quartiers. Angelina m'entendit me faufiler derrière elle et s'arrêta pour me parler. « J'ai entendu les nouvelles à propos de ton bébé et de la demande en mariage de Jacob. Félicitations, Isabella. »

Je rougis dans l'obscurité et hochai la tête. « Merci. Ta grossesse se passe bien ? »

« C'est plutôt agité, » répondit Angelina. « Je suis obligée de me lever à des heures impossibles à cause de mes nausées. Embry se sent horriblement coupable parce qu'il ne peut rien faire, mais autrement ça va. Tout ce dont j'ai besoin, c'est de son soutien et de ce côté, je n'ai pas à me plaindre. Il est si attentionné. »

Nous commençâmes à parcourir les couloirs sombres, nos robes flottant sur les dalles de pierres glacées. « Jacob ? C'est pareil. Quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, il était hautain, intimidant et froid envers moi… et maintenant il me traite comme son égale. Tu te rends compte, Angelina ? Moi, la reine du pays barbare. »

Elle gloussa. « Et moi, humble servante, devenue l'épouse riche et respectée d'un noble de la haute-société. Je n'aurai jamais imaginé qu'un jour je posséderais tous ces adjectifs à côté de mon titre. » Nous rîmes ensemble à nos révélations respectives.

A la fin, nous prîmes congé en nous embrassant sur la joue, et nos chemins se séparèrent. Une fois arrivée dans la chambre de Jacob, je m'écroulai sur le lit et enfouis ma tête dans les oreillers. J'étais épuisée et la guerre m'avait fatiguée encore plus.

Sans même m'en rendre compte, je tombai dans un profond sommeil juste avant le dîner.

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Je me réveillai au bruit d'un froissement dans le coin de la pièce. De la périphérie de l'œil, j'aperçus une gigantesque silhouette grise bouger derrière moi. Une silhouette qui ressemblait à un loup géant. J'haletai et me précipitai vers le bout du lit. Ce faisant, j'attirai son attention et il se retourna.

« Je ne voulais pas te faire peur, » dit-il avec un petit rire devant mon expression ahurie. « Je suis rentrée, ma chérie. »

Je hochai la tête avant d'observer la peau qu'il portait sur son dos. Avec une taille pareille, cela ne pouvait pas être un loup… mais vu la tête de l'animal cela ne pouvait pas être un ours non plus. « Au nom d'Azazel, qu'est-ce que ce truc que tu portes sur la tête et sur le dos ? »

« Ah. » Il leva le bras et le passa derrière le dos et tira la peau qu'il portait. L'animal était parfaitement intact, encore pourvu de ses dents et de ses yeux. Ses pattes griffues pendaient de chaque côté. « Un loup géant des terres du nord. Il a voulu nous attaquer et Coyote de Fer lui a planté une lance dans le bide avant que j'aies eu le temps de le stopper. »

Je contemplai l'animal mort avec fascination. « Il est magnifique. » Il hocha la tête et posa la peau sur son fauteuil.

« Ours Noir est le héros de ce soir. A lui tout seul, il a attrapé un ours au pelage noir, justement. Il a dit que c'était un cadeau des dieux, » gloussa Jacob en secouant la tête. « Nous avons ramené trois cerfs et deux caribous pour la soupe de ce soir. »

Je bougeai pour m'assoir sur le bord du lit en enroulant mes bras autour de mes épaules. Je regardai mes pieds, les yeux masqués par mes cheveux. « Grâce à toi, nous n'aurons jamais faim. »

Il eut un rictus amusé avant de se retourner pour se débarrasser de ses vêtements humides, ses bottes pleines de neige et de son pagne. Alors qu'il se penchait lentement, ses cheveux noirs glissèrent de son dos, révélant une autre balafre ensanglantée qui courrait le long de son dos. Je poussai un glapissement et bondis sur mes pieds.

Il sursauta légèrement avant de se tourner vers moi, l'air étonné. Mon châle tomba par terre et les bandes de soies de ma robe glissèrent de mes épaules. J'étais face à son corps nu et imposant, le regard fixé sur les sillons entre ses muscles cuivrés, puis sur ses fesses contractées. « Je vois que la vue te plaît. »

En effet, cela ne faisait aucun doute. Je me forçai à inhaler calmement pour lui dire ce que je voulais lui faire remarquer au départ, et arrêter de le regarder comme si je voulais lui sauter dessus. « Tu… tu saignes. »

Sur son visage, l'inquiétude remplaça l'amusement. « Où ça ? »

Je tendis un doigt tremblant. La blessure était assez profonde et suintait encore du sang. « Dans ton dos, » lui indiquai-je. « Comment tu peux ne pas la sentir ? »

J'aperçus quelques chiffons dans le coin et me précipitai pour en attraper un. Je le pressai contre la blessure et observai le tissu blanc virer rapidement au rouge sombre. « Tu es brûlant, » lui dis-je en m'efforçant de stopper l'hémorragie. « Et cette blessure est vraiment énorme, même le plus grand géant l'aurait sentie ! Es-tu seulement humain ? Je ne comprends pas. »

Son visage était rouge et des gouttes de transpiration roulaient sur sa peau. « Ça va, je vais bien. »

Je réprimai un rire amer. « Ça va ? » Je balançai le chiffon souillé dans le panier de lessive et en pris un autre, propre, pour éponger sa blessure. « Non, ça ne va pas. Il faut que tu ailles à l'hôpital ou bien chez un guérisseur et… »

Jacob se dégagea de mon emprise et se dirigea vers le lit. « C'est bon, laisse ça comme ça, » murmura-t-il, son corps luisant de sueur.

Je secouai violemment la tête. « On ne peut pas laisser ça comme ça, Jacob ! Tu perds du sang à une quantité effroyable : à ce rythme-là, tu seras mort avant le dîner ! »

Il se retourna, ses yeux bruns et doux tournèrent au noir et son visage devint menaçant. « J'ai dit laisse ça comme ça ! » Sa voix avait une telle puissance qu'elle me fit reculer de quelques pas.

Je le contemplai bouche bée, des frissons me parcourant la colonne vertébrale. Il tremblait sous l'effet de la rage intense qu'il ressentait. Chaque respiration qu'il prenait faisait vibrer ses épaules. J'étais pétrifiée. « Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Tu me fais peur. Je t'en prie… »

Mes supplications semblèrent trouver écho en lui. Sa figure s'adoucit instantanément et la noirceur disparut de ses yeux, laissant place de nouveau au doux éclat brun. « Bon sang, je suis désolé. J'ai perdu le contrôle de mes émotions… cela ne m'était plus arrivé depuis des mois. S'il-te-plaît descend à la salle du dîner et attends-moi là-bas. Je vais m'occuper de cette blessure moi-même et je te retrouverai à la table du dîner. »

Ma respiration était saccadée et mon cœur battait de façon incontrôlable. C'était la première fois que le roi des barbares m'avait vraiment fait peur. Je me retournai lentement et m'avançai vers la porte. A l'instant où je posai la main sur la poignée, il se racla la gorge.

« Bella, je t'aime plus que tout au monde, » chuchota-t-il d'un ton cassé. « Je ne voulais pas te hurler dessus comme ça. »

Je tournai la tête suffisamment pour le voir du coin de l'œil. « Je sais. Je t'aime aussi. » Là-dessus, je me sauvai, encore hantée par ce qu'il venait juste de se passer.

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Jacob arriva finalement une demi-heure après le début du dîner. Je devinai son entrée lorsque les conversations se turent et les chaises raclèrent contre le sol. Sans un mot, il marcha vers sa place à côté de moi. Et quand il s'assit, il fit un signe de tête au reste de l'assemblée pour lui indiquer qu'elle pouvait reprendre le dîner.

Il se pencha et m'embrassa sur la joue. Sa température était revenue à la normale et lui aussi semblait aller mieux. Je tournai la tête et lui souris, caressant sa joue de mon doigt. Il avait attaché un bandage autour de sa blessure, mais celle-ci ne saignait plus.

« Tu vas bien, toi ? » Me demanda-t-il, inquiet de ma gêne et de mon silence. « S'il-te-plaît. » Il eut quelque peine à déglutir.

Je hochai la tête et lui adressai un sourire rassurant. « Je vais bien. Mais ce que je veux savoir, c'est si toi… » Je n'osai pas poursuivre, consciente que j'avais encore ramené le sujet sensible. Je ravalai mes paroles et secouai la tête. « Aucune importance. »

« Non, je sais. » Jacob déchiqueta un morceau de caribou avec les dents. « Tu ne devrais pas t'inquiéter. Ce n'est qu'une cicatrice supplémentaire. » Puis il lâcha un rire sans joie. « Comme si je n'en avais pas assez. »

Je m'humectai les lèvres et piquai ma fourchette dans les haricots verts noyés dans une sauce délicieuse. Je ne savais que dire après une remarque pareille, incapable de répondre à sa plaisanterie sur son père qui l'avait fouetté tant de fois.

Je finis rapidement mon dîner, mais restai pour tenir compagnie à Jacob qui mangeait encore. Avec sa permission, les gens commencèrent à sortir de table. Ours Noirs et sa sœur, Lune Radieuse, vinrent et s'assirent non loin de nous. Ours Noir avait l'air détaché mais sa sœur avait manifestement très envie de me parler.

« Je viens à ton mariage, » m'annonça-t-elle avec un sourire rayonnant. « Tu as grand et très beau gâteau et décor… décorations comme des lumières. Je fabrique ta robe de mariage, Griffe de Tigre. Ce sera très magnifique. »

Je souris et hochai la tête, appréciant ses efforts pour me parler dans ma langue. « Je suis impatiente de la voir. Je suis sûre que ce sera charmant. »

« Oui, charmant, » répéta-t-elle. « Le mariage sera le plus beau jamais vu à La Push. »

Je vis Ours Noir s'emparer de sa peau d'animal avant de l'enrouler autour de ses épaules. Il semblait fier de sa prise et arborait un petit sourire aux lèvres. Lune Radieuse remarqua l'attention que je portai à son frère. « Je suppose qu'il est fier de ses exploits, » lui déclarai-je avec une pointe d'humour.

« Oh oui, » confirma-t-elle. « Il parle sans arrêt de toi. Il dit que tu es la première fille qui est amie avec lui. A part moi bien sûr. »

Ours Noir se contempla dans un grand miroir, ses yeux brillant de puissance. Il était décidément très fier de sa capture qu'il portait sur son dos. Je quittai la table pour aller le saluer. Tout d'abord, il ne m'aperçut point, trop occupé à admirer son reflet comme un enfant fasciné. Je donnai un petit coup sur sa fourrure et il bondit quasiment hors de sa peau. Je l'avais tiré de sa transe.

« C'est un bel animal que tu as attrapé, » le complimentai-je en caressant la fourrure soyeuse de l'ours qu'il avait tué. Il me regarda avec inquiétude avant de lever la tête en direction de Jacob qui ne faisait même pas attention à nous. « Tout va bien, » murmurai-je. « Nous sommes amis, tu te souviens ? »

Il déglutit inconfortablement avant d'esquisser un faible sourire. « Oui. Je me souviens. » Il ôta sa fourrure et la plaça sur mes épaules. « Tu as l'air… d'avoir froid. » Il avait raison, mais je ne pourrais jamais accepter ce cadeau.

Je hochai la tête en signe de dénégation et retirai la fourrure de mon dos. « Tu es Ours Noir. C'était ta proie. Je ne peux pas accepter. » Je souris légèrement. Il haussa les épaules et remis la peau sur ses épaules.

Nous nous tînmes en silence pendant quelques instants. Il regarda ses pieds comme s'il ne savait pas quoi dire. « Tu viendras au mariage, n'est-ce pas ? » Lui demandai-je.

Il ne me regarda pas. « Tout le monde viendra au mariage, » marmonna-t-il avec son accent prononcé.

Je roulai des yeux. « Ce n'est pas tout le monde qui m'intéresse, c'est toi, et savoir si tu viendras. »

Ours Noir se retourna sur les talons, avant refaire demi-tour pour être face à moi. « Pourquoi ? »

« Parce que nous sommes amis, » répétai-je à voix basse. « Je croyais que nous en avions fini avec cette histoire. »

« Oh, j'ai oublié, » dit-il d'une voix sarcastique. « Tu ne me l'as dit que cent fois, après tout. » Je lâchai un rire surpris. Il finit par craquer et me sourire. Je me retournai dans l'intention de revenir à table. Il leva le bras et m'attrapa par l'épaule. Quand nos yeux se croisèrent, il hocha la tête. « Bien sûr que je serai là. »

Je lui adressai un sourire radieux pour le remercier et retournai m'asseoir à côté de Jacob. Celui-ci jeta un regard mortel à Ours Noir, mais le jeune homme était trop guilleret pour remarquer l'ire du roi. « Tu as fini de t'amuser ? » Me jeta-t-il d'un ton grincheux.

Je fronçai les sourcils et le regardai sans cacher mon incompréhension. « M'amuser à quoi ? »

« A aguicher ce garçon, » grogna-t-il. « J'ai bien vu la façon dont il te regardait. Tu es à moi. »

Je rapprochai de lui et lui effleurai la joue du bout de mon doigt. Il me regarda à travers ses cils noirs et épais, et ne put réprimer son sourire. « Je croyais t'avoir prouvé un nombre incalculable de fois que j'étais à toi, » déclarai-je doucement en retraçant la ligne de sa mâchoire.

Il m'embrassa sur le nez, rasséréné. « Je suis un gros con jaloux, je sais, » soupira-t-il en posant ses lèvres sur mes doigts. « Mais très bientôt, le monde entier saura que tu es à moi. »

« Dans deux jours, » lui susurrai-je.

Il acquiesça. « Deux jours. »

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Un grand merci à Tralapapa pour son travail de relecture et pour ses corrections toujours appropriées. )