Note de la traductrice : bonjour tout le monde, voici le chapitre de 20 de Sinful Seduction. Enjoy ! Merci encore à Tralapapa pour son travail de relecture, amusez-vous bien.
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Sinful Seduction
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Chapitre 20 : Lien
"You bring me to my knees, you make me testify
You can make a sinner change his ways"
(Locked Out Of Heaven, Bruno Mars)
Les cloches du mariage résonnèrent dans tout le royaume tandis que les portes du Rocher du Château s'ouvraient au grand public. Je n'avais jamais été aussi nerveuse de toute ma vie. Je n'avais pas vu Jacob de la journée en raison de la coutume des contrées barbares qui interdisaient aux jeunes mariés de se voir avant la cérémonie. L'après-midi, Lune Radieuse m'apporta la robe qu'elle avait cousue.
C'était une pure merveille, mais si mon père me voyait porter ça, il se retournerait très probablement dans sa tombe. La partie du dessous qui recouvrait ma poitrine était entièrement faite de cristal et flottait autour de mes seins comme une vigne céleste, jointe au milieu par une attache serti de quelques diamants qui s'agitaient au moindre de mes mouvements. La moitié du bas était plutôt léger, relié à des sous-vêtements de soie blanche par une ceinture constellée de pierres précieuses et de brillants.
Lune Radieuse me fit lever les bras pour placer une pièce de soie arachnéenne sur mes épaules et l'enrouler en la laissant flotter autour de mon corps. Je constatai que le tissu me recouvrait plus que je ne l'avais imaginé. Puis elle ajouta une longue trainée que je devais prendre en main pour pouvoir marcher avec. Enfin, elle attacha encore un ravissant bracelet de cristal autour de ma cheville qui atteignait mes orteils.
Elle enduit ensuite mes lèvres d'une crème rose pour leur donner de la couleur et de la brillance. Pour mes cheveux, Lune Radieuse les noua en une longue tresse qui m'atteignait la moitié du dos. Puis elle sortit deux boucles étincelantes d'une cassette, qu'elle attacha à mes oreilles. Reculant pour mieux admirer son œuvre, Lune Radieuse parut très satisfaite de son travail.
J'entendis qu'on toquait à la porte. Lune Radieuse me quitta quelques instants pour ouvrir. Ce fut son frère Ours Noir qui entra, un grand sourire aux lèvres. « Il y a du monde partout, » dit-il avec sa voix très grave. « Il sont venus voir leur nouvelle reine. »
Lune Radieuse tira légèrement sur ma soie tandis que je descendais du petit piédestal sur lequel elle m'avait fait monter. « Parfait, » l'entendis-je se réjouir. « Tu as l'air de la perle la plus fine des perles de palourdes. »
Je ris, ne sachant si être comparé à une perle de palourde était un compliment ou non. Ours Noir était là pour m'accompagner le temps que je traverse l'aile, sous ordre de Jacob qui refusait que je fasse le trajet sans escorte masculine. Il m'avait d'abord proposé l'un de ses hommes les plus sûrs, mais j'avais poliment décliné parce que j'avais déjà en tête la personne idéale pour accomplir cet honneur.
Ours Noir me prit la main et j'allai me voir dans le miroir. « Tu es éblouissante, » me complimenta-t-il avec son accent prononcé. « Es-tu prête à marier ? »
« A te marier, » le corrigeai-je et il sourit faiblement. Je pris sa main tiède et calleuse dans la mienne. « Oui, je le suis. » Pour Ours Noir, c'était très symbolique. Il allait donner sa seule amie féminine à son roi pour toujours.
Ours Noir me guida à l'extérieur le long des couloirs. La lumière entrait à flot à travers les fenêtres, éclairant le chemin de pierre à mesure que l'on se rapprochait du but, le bruit des conversations s'intensifiait. Je commençai à trembler légèrement. « Nerveuse ? » s'enquit-il en considérant mon bras secoué de frissons.
« Non, » murmurai-je. « Excitée. Et… si, peut-être un peu nerveuse. »
Il gloussa et me mena dehors, vers l'endroit où avait lieu le mariage. Sachant que des gens étaient venus des quatre coins de La Push, tout le monde n'aurait pas pu rentrer à l'intérieur du Rocher du Château.
Le battement des tambours commença à mon arrivée. Juste devant moi se tenaient deux immenses portes de bois avec des poignées dorées, et quelque part derrière ces portes, il y avait Jacob. Jacob qui m'attendait, impatient de m'épouser. Je resserrais ma prise autour du bras d'Ours Noir. Il poussa un grognement sourd mais ne tenta pas de se dégager.
Nous arrivâmes enfin devant ces portes. Et d'une seule poussée formidable, elles s'ouvrirent, révélant la foule de roturiers et de nobles, bavardant avec excitation dans l'attente de voir la femme du roi ainsi que la robe que je portais.
Le son majestueux et profond des percussions résonna dans mes oreilles au moment je posai le pied sur le sol froid. Le public m'acclama bruyamment. Au bout du long chemin, j'aperçus Jacob, les mains derrière le dos et ses longs cheveux noirs flottant autour de sa taille sous le vent. Il ne portait qu'un pagne, mais son corps avait été couvert de peintures tribales symboliques ainsi que de tatouages par ses hommes. Et au sommet de sa tête, la couronne d'or.
Jacob m'avait dit une fois qu'il ne souriait jamais en public, et qu'à cause de cela, les villageois le croyaient sans cœur. Mais une fois qu'il me vit, toute vêtue de blanc, et brillant de la tête aux orteils sous l'effet des cristaux, les coins de ses lèvres s'étirèrent et dévoilèrent un croissant de dents blanches aux yeux de tous.
Au fil de ma progression, les gens jetaient des pétales de fleurs là où mes pieds foulaient l'herbe. Jacob me regarda jusqu'au bout, souriant de plus belle lorsque je fus enfin à côté de lui. L'Ancien qui avait été choisi pour officier était un vieil ami du père de Jacob c'était le père d'Ours Noir.
Ours Noir me confia à Jacob qui captura ma main dans la sienne. Les tambours se turent et le vieil homme put commencer son discours. « Mu tara a nan yau, ya shaida wa shiga na wani mutum da wata mace, ta hanyar aure shaidu. A yau za mu duba mu mai girma, Sarkin aure da kyau Griffe de Tigre kuma Ya tabbatar da ita wa sarauniya. » (Nous sommes tous ici rassemblés pour célébrer l'union d'un homme et d'une femme par les liens sacrés du mariage. Aujourd'hui, nous assistons au mariage de notre grand roi et de la belle Griffe de Tigre, notre future reine.)
Le vieil homme plaça ses mains sur nos épaules. « Ta hanyar lokacin farin ciki da kuma bakin ciki, nan biyu za su kasance tare. Ta hanyar ruwan sama da kuma dusar kankara, ta hanyar kankara da wuta, ta hanyar cuta da kiwon lafiya… kome ba za su iya karya su rabbabe. Babu abin da za su iya raba da dangantaka da sozazza. Shin, wani rai son su tsaya da kuma ki da wannan aure ? » (Dans la joie et le malheur, ils resteront unis. Dans la pluie et le beau temps, la glace et le feu, la santé et la maladie… rien ne saura les séparer. Rien ne saura briser les liens de leur amour. Y-a-t-il une personne ici qui souhaite s'opposer à cette union ?)
L'Ancien attendit dans le cas d'une éventuelle objection. L'assistance ne broncha point, amassée autour de nous, telle un océan de silence. Je jetai un regard en direction d'Ours Noir dont la tête était baissée et les doigts serrés étroitement autour de ses poignets. D'autres Anciens pénétrèrent sous la tente où nous nous tenions, rapportant du jus de baies.
Le père d'Ours Noir traça deux lignes écarlates le long d'une de mes pommettes. Jacob plongea son pouce dans le jus de baies noires et traça deux traits identiques sur mon autre pommette. Un deuxième Ancien me prit la main et l'approcha du bol de peinture rouge. Il m'indiqua que je devais la poser sur la poitrine de Jacob.
Je contemplai l'homme que j'aimais. Levant la main, je la plaçai sur sa poitrine de bronze musculeuse, juste au niveau du cœur. L'Ancien demanda à Jacob de prononcer ses propres vœux.
« Moi, Danse avec les Loups, babban sarki na La Push mutane, mulki da nisa da wide daga Mer Barbare ga wannan m datti kasar, kai ka as mi daya kadai. Kai neta bugu, kana da zuciyata in hannunka. Ina jigina mi soyyaya zuwa gare ka har abda, » me déclara-t-il. Quelques les femmes de l'assemblée poussèrent des exclamations d'attendrissement à ce discours. (Moi, Danse avec les Loups, grand roi de La Push, régnant au-delà de la Mer Barbare et sur toute cette terre de poussière sans fin, te prends comme ma seule et unique compagne. Tu es mon imprégnée, mon cœur est entre tes mains. Je te voue mon amour pour l'éternité.)
J'humectai mes lèvres sèches et pris sa main entre les miennes encore couvertes de jus de baies, mais cela n'eut pas l'air de le déranger. « Kuma ina, m kuma daga mulkin Forks, kai ka as mi daya kadai. Za ka, kuma, ka rike zuciyata a hannunka. Ka nuna mini yadda za a yi karfi da kuma yaki na soyayya… kuma na jingina wannan unyieda soyayya a cikin zuciyata zuwa gare ku. Ina da gaske girmama su zama matarka da kuma sarauniya. » (Et moi, frêle femme noble du royaume de Forks, te prends comme mon seul et unique compagnon. Car à toi aussi désormais, mon cœur t'appartient. Tu m'as appris à être forte et à me battre pour l'amour… et cet amour, je te le voue à toi pour l'éternité. Je suis profondément honorée de devenir ton épouse et reine.)
Les tambours reprirent à ce moment-là, d'un rythme lent qui envoya des vibrations à travers mon corps, tel un battement de cœur accompagnant le mien, accélérant jusqu'au moment tant attendu où mes lèvres touchèrent les siennes. Les Anciens psalmodièrent, jetant une sorte de poudre au-dessus de nos têtes pour sceller officiellement notre union. Ils chantèrent encore, ployant leur tête en arrière, priant les dieux de nous unir pour toujours.
La couronne que j'allais bientôt porter me fut enfin montrée. C'était une gigantesque coiffe parfaitement accordée à ma tenue de mariage. Des tiges constellées de pierres de cristal se dressaient vers le ciel, et scintillaient de mille feux. C'était une pure splendeur. Je m'inclinai pour permettre à l'Ancien de la placer sur mon front.
Me redressant, je vis les yeux de Jacob étinceler de pur bonheur. Incapable de réprimer mon élan, je m'avançai pour l'embrasser de nouveau sur les lèvres, impatiente de ressentir cet instant de plénitude que m'apportait chacun de ses baisers. La musique s'arrêta brutalement, ainsi que les chants. Le père d'Ours Noir leva la main en l'air. « Har abada bauta ! » Proclama-t-il.
« Har abada bauta ! » Hurla la foule en écho, jetant des pétales de fleurs qui envahirent l'espace comme des flocons de neige (Unis à jamais !)
Nous redescendîmes le chemin de terre, les cristaux sur ma tête cliquetaient. Je riais, tandis que lui s'efforçait de réprimer son sourire devant son peuple. Mais dès l'instant où nous fûmes à l'intérieur du château, il me plaqua contre le mur et me captura les lèvres, les yeux rieurs. « Nous sommes mariés. » Fredonnai-je.
« Tu es à moi », me répondit-il sur le même ton, son souffle chaud balayant mon cou. Il ne m'en fallut pas davantage pour me sentir à l'étroit dans cette robe de mariage et aspirer à faire un détour par la chambre à coucher. Il sentit mon excitation et m'embrassa sur le nez. « Mmh, gardons ça pour plus tard. Nous aurons tout le temps. »
Nous nous assîmes au bout de la table gigantesque de la salle du dîner, invitant les convives à s'assoir et festoyer avec nous, avant l'heure de notre shagali nuptiale qui se passerait à l'extérieur, aux yeux de tous.
« Goûte le poulet », me chuchota Angelina. « Et… mélange-le avec la courge et la sauce du canard tu verras, c'est délicieux. » Elle se gava de poulet et de son étrange création culinaire. Ses appétits de grossesse avaient eu raison d'elle ce soir.
Curieusement, je ne ressentais pas particulièrement l'envie de manger du poulet avec de la courge et de la sauce de canard. Je posai ma main sur mon ventre bombé et bus une gorgée d'eau. Jacob mangeait à côté de moi, riant et levant des toasts à tout bout de champs avec ses hommes.
Au festin !
Au vin !
A l'enfant à naître !
A la Reine !
Toutes les pensées sombres sur la guerre s'évanouirent dans la brise qui soufflait à travers les fenêtres ouvertes. Il faisait plutôt froid, mais les foyers de cheminée utilisés pour la cuisine et le réchauffement des mets suffisaient à réchauffer l'atmosphère et repousser la fraîcheur.
Je m'étais servie en viande de lapin et de poulet, en pommes de terre frites dans du beurre doux, une tomate farcie au bœuf et des œufs de caille. Angelina poussa un grognement de satisfaction. « Et les cuisses de grenouilles », s'exclama-t-elle. « Goûte-les aussi ! » Je l'observai engloutir une cuisse chétive et verte, ma bouche tordue en une grimace de dégoût.
Je piquai ma fourchette dans la tomate et en déchirai un morceau. C'était très bon. Impossible de sous-estimer les cuisiniers du Rocher du Château. Jacob me regarda du coin de l'œil, une lueur salace luisant au fond de ses prunelles. Je rougis sous la lumière du feu et retournai à mon assiette. « Hé », me susurra-t-il, trempant deux doigts dans une sauce rouge et blanche. « Ouvre la bouche et goûte ça. »
Je m'exécutai et il inséra ses deux doigts couverts de sauce. Je suçotai, enroulant ma langue autour de ses appendices. Ses yeux papillonnèrent et s'assombrirent sous l'effet de cette action qui n'était pas supposée être érotique à la base. Il retira ses doigts avec un pop. « C'est exquis », marmonnai-je. « Qu'est-ce que c'était ? »
« De la sauce tomate », répondit-il. « C'est nouveau. Le cuisinier a accidentellement massacré une tomate, mais finalement c'est devenu une invention géniale. »
Je hochai la tête et lui prit la petite saucière des mains. « Eh bien, c'est tout à fait ingénieux. » J'attrapa une cuiller en bois et versai un peu de sauce rouge sur mon lapin. « C'est-à-dire, j'adore déjà la tomate. »
Il déglutit péniblement. « Tu… tu en reveux encore ? »
Je plissai les yeux, un sourire taquin s'étirant lentement sur mes lèvres comme une coulée de miel. « Eh bien, mon chéri, je pense que nous devrions réserver cela pour tout-à-l' heure, » lui assenai-je d'une voix plus grave que la normale. Il frissonna un peu, mais attrapa le gant que je lui avais jeté.
Sa main chaude se posa sur ma cuisse et la pressa avec espièglerie tandis que ses yeux noirs se fixèrent dans les miens, ses lèvres arborant un sourire lascif. « Si c'est là ton désir, ma chérie. »
« Tout à fait, chéri. »
Je ne savais pas si je me lasserais un jour de l'appeler ainsi.
Il rit de bon cœur avant de retourner à son assiette et se resservir en sauce tomate sur son poulet. « Petite diablesse », chuchota-t-il de sa voix rauque et sensuelle. Ce fut mon tour de frissonner.
J'eus des difficultés à terminer mon assiette. Je mangeai mes œufs de caille et finis le lapin à la sauce tomate. Je liquidai mes pommes de terre et donnai le reste de mon poulet à une Angelina affamée qui était toujours à la recherche de nourriture pour accompagner ses mélanges de sauces bizarres.
Tournant le regard, je vis Faucon Gris embrasser Cecilia passionnément. Mon cœur fit un léger bond en le voyant caresser sa lèvre de sa langue avant de la plonger dans sa bouche. Une boule de chaleur se réveilla dans mon bas-ventre.
Je jetai un coup d'œil à Jacob, qui lui me regardait directement. « Désires-tu sortir de table mon amour ? » Me questionna-t-il si doucement que je fus la seule à l'entendre.
« Ô dieux », gémis-je faiblement. « Je ne peux plus rien avaler. »
Main dans la main, nous quittâmes la salle pour quelques instants, incapables de résister plus longtemps au désir impérieux qui nous consumait. Il me pressa contre le mur d'un couloir sombre, ses mains tentant fébrilement de déchirer ma robe. « Non ! » Protestai-je sourdement mais avec fermeté. « Je dois encore rester présentable pour la shagali, et toi aussi. »
Il grogna, mais d'un mouvement de la main, il écarta mes jambes et atteignit les sous-vêtements de soie qui ne pouvaient rien cacher de mon excitation à ses doigts calleux. Je poussai un gémissement lorsqu'il introduit un doigt en moi. Je ne pouvais pas le voir, mais je le sentais très bien. « Oh, putain. Tu es déjà toute mouillée pour moi, n'est-ce pas ? » Hors d'haleine, je hochai la tête tandis qu'il me s'amusait à me faire perdre pied, son doigt effectuant des mouvements de va-et-vient entre mes lèvres du bas. Il souleva ma jambe et la maintint contre sa taille. « Vilaine petite fille », dit-il presque en ronronnant. « Tu es tellement prête pour moi. »
« Ô oui ! » Ne pus-je m'empêcher de répondre, à bout de souffle. « S'il-te-plaît… je te veux maintenant, prends-moi. » Je me plaquai contre son corps buriné. Il ôta son doigt de ma chaleur, et goûta mon nectar sur ses lèvres.
« Goûte-toi », m'enjoignit-il en approchant ses lèvres des miennes. Quand il m'avait dit que j'avais un goût de miel, je compris qu'il le pensait sincèrement (NdT : oui, c'est bien ce qui est écrit dans la fic originale ! XD). Sa langue plongeait et replongeait dans ma bouche, tandis que ses mains libéraient son membre dur de son pagne. Bientôt, je le sentis, dur et chaud contre mon entrée souple et humide. « Dis-moi comment tu me veux », gronda-t-il.
Je m'agrippai à ses épaules, excitée par ses taquineries, puis renversai ma tête en arrière contre le mur. « Rapide. Plaisant… et dur. » A ma demande, il me pénétra. J'étais si étroite et chaude qu'il tremblait de plaisir, et dut prendre appui sur moi quelques secondes pour rester concentré.
Il suçota le lobe de mon oreille, son souffle chaud caressant mon cou. « Tu es si douce », psalmodia-t-il en se retirant puis en revenant lentement. « Si étroite… autour de mon glaive. »
Je n'en pouvais plus, son petit jeu allait me rendre folle. « Ô dieux ! » Gémis-je contre lui. « Je t'en prie, assez joué ! Je veux tu me prennes comme une bête. Maintenant. »
Jacob n'avait jamais refusé de combler les désirs d'une femme. D'une seule impulsion, il fut de nouveau en moi, cramponné à mes épaules pour ne pas perdre pied. Il accéléra la cadence, haletant lourdement contre ma clavicule et tentant de réprimer ses gémissements. Je l'embrassai sur le front et lorsqu'il me souleva, mes jambes s'enroulèrent instinctivement autour de sa taille comme du lierre autour d'une branche.
Des gouttes de sueur ruisselaient sur son corps de bronze, tandis qu'il me pénétrait de plus en plus vite. Lorsque la première vague de plaisir me frappa, je m'accrochai à lui comme si ma vie en dépendait. Il me suivit peu après, incapable de tenir plus longtemps. « Toi, tu auras ma peau », marmonna-t-il d'un ton essoufflé à mon oreille. Il m'embrassa le coin de la bouche avant de me reposer par terre afin que je puisse remettre de l'ordre dans ma toilette.
Puis il me tendit un mouchoir que j'essuie les traces de son éjaculation sur mes cuisses avant de revenir au banquet. Main dans la main, nous retournâmes dans la salle en essayant de garder l'air détaché. Je replaçai ma coiffe de cristal et appliquai un sourire serein sur mes lèvres.
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« Tu sens bon… » fut la première remarque qu'il m'adressa, une fois assis l'un à côté de l'autre, ma main empoignant une grappe de raisin. Du bout des ongles, je traçai un dessin sur son poignet, le laissant se pencher pour humer mes cheveux. Je grignotai mon raisin et observai le déroulement de la shagali autour de moi. Je n'avais jamais vu autant de personnes réunies au même endroit en même temps. On dansait au son des instruments à cordes, des flûtes et des tambours, on mangeait et on chantait.
Je vis Ours Noir danser avec une jeune fille de son âge. Il lui souriait tendrement et la faisait tournoyer. Faucon Gris embrassait encore Cecilia et Boit à la Cascade avait son menton posé sur la tête d'Angelina qui se relaxait contre lui.
Une jeune nourrice s'approcha, portant dans ses bras un petit enfant couvert de soie. « Mon roi… je ne sais pas si vous avez déjà vu votre nièce. »
Jacob se redressa légèrement sur sa chaise. Je regardai l'enfançon aux cheveux noirs, puis compris que c'était celui de Trois Chevaux et Lionne des Neiges. Il hocha la tête et se pencha vers la petite. Le bébé tapa des mains et lui attrapa quelques mèches de cheveux, les tirant vigoureusement entre ses petits poings. Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire au couinement d'inconfort et d'indignation que poussa Jacob.
« Puis-je la porter ? » Demandai-je à la nourrice en m'avançant légèrement. La jeune femme rougit de plaisir et s'exécuta. Je pris le poupon dans mes bras et lui sourit. « Son nom ? »
« Lys de la Forêt », répondit la nurse.
Je contemplai la petite fille paisible qui reposait dans mes bras. Elle était délicate et magnifique, comme sa mère. Lys de la Forêt attrapa mon doigt et le prit en bouche, suçant doucement. Je me demandai soudain ce que j'éprouverais lorsque ce serait mon enfant que je tiendrais dans les bras, une petite bouche plaquée contre mon sein, des mains minuscules qui s'agripperaient à ma peau.
Du coin de l'œil, je vis que Jacob m'observait avec intérêt, constatant la douceur avec laquelle je traitais l'enfant, agissant comme si j'étais sa propre mère. Une fois le bébé rendu à sa nourrice, il me toucha le ventre. « Tu seras une mère formidable pour notre fils. »
Tout à coup, Lune Radieuse apparut devant nous. « Iya ni tambayar sarki a dace, na Sarauniya ? » (Puis-je vous emprunter le roi pour cette danse, ma reine ?)
Je souris à Jacob. Il n'avait pas l'air emballé à l'idée de danser avec une amie proche de sa famille, mais je hochai la tête quand même. « Bien sûr que tu peux. »
Lune Radieuse ignora le grommellement ronchon de Jacob et l'entraîna dans la foule. Assise sur le mien, je le surveillai, notant qu'il faisait de son mieux pour ne pas avoir l'air suprêmement ennuyé. « Voulez-vous danser avec moi ? » M'invita doucement une voix grave.
Je tournai la tête et vis Ours Noir se tenir honteusement à côté de mon trône. Je lui coulai un regard rayonnant. « Oui. » Acceptant la main qu'il me tendait, je me levai avec lui. Un sourire lumineux se répandit sur son visage aux traits juvéniles.
Ce contraste entre son visage si jeune et son corps immense et massif me déconcerta légèrement. Ce gamin était un guerrier habitué à tuer et à voler, mais avec moi, il n'était qu'un jeune garçon très doux. « Je t'ai vu danser avec une jolie fille », commentai-je tandis que nous nous mettions à danser.
Sa figure vira instantanément au cramoisi. « Je danse déjà avec une jolie fille en ce moment », répliqua-il dans une tentative de diversion. Je ris gentiment et secouai la tête.
« Son nom, Ours Noir », lui demandai-je d'une voix malicieuse.
Il déglutit nerveusement avant de me répondre d'une petite voix. « Chante sous le Soleil. »
C'était un très joli prénom, parfait pour une jolie fille. Je lui flattai l'épaule. « Tu es assez âgé pour te marier, non ? »
Il m'attira plus près de lui, nous évitant de bousculer un autre couple. « C'est pas que j'y pense pas vraiment », me dit-il. « C'est juste que je sais pas vraiment ce que je veux. Je laisse juste faire les choses. »
Je hochai la tête et raffermis ma prise sur sa main tandis que nous nous mouvions pour suivre la musique. « Des nouvelles de la guerre ? » Lui chuchotai-je.
Il haussa les épaules. « Pas grand-chose depuis la dernière fois. Forks a fait alliance avec Patheros et ils viennent toujours avec leurs techniques de guerre. Mais nous avons construit des catapultes et je pense qu'ils ont presque zéro chance de gagner. »
Le ciel s'assombrissait, laissant les étoiles scintiller haut dans le ciel, et ramenant l'hiver dans son manteau. Un courant d'air froid nous fit frissonner tous les deux. Quelques serviteurs s'activèrent et allumèrent des torches pour que l'on puisse voir. Ours Noir et moi dansions près d'un feu, simplement pour nous tenir chaud.
« Est-ce que tu as déjà eu peur de ce qu'il adviendrait une fois la guerre terminée ? » Lui murmurai-je en regardant vers Jacob par-dessus son épaule. Il avait quitté Lune Radieuse et discutait maintenant avec Coyote de Fer.
Ours Noir hocha la tête. « Tout le temps. On n'a jamais aucun moyen de prédire le futur. Les gens meurent tout le temps, Griffe de tigre. Mais quand ils meurent pour une cause, c'est complètement différent. Regarde toutes les étoiles dans le ciel. Ce sont les âmes de ceux sont passés dans l'au-delà. »
Je me mordillai la lèvre et levai mon regard vers les constellations. « Est-ce que tu vas te battre ? » Le questionnai-je.
« Bien sûr », répondit-il. « Le roi m'a donné l'honneur de protéger le royaume. »
Je ne pourrais jamais imaginer combien d'étoiles il y avait dans le ciel, ni combien de vies humaines étaient fauchées au cours des guerres et des raids. « Et est-ce que tu as peur de mourir ? »
Il haussa les épaules encore une fois. « Tout le monde meurt. » Il baissa la tête et me fixa du regard. « Mourir au combat serait une mort des plus glorieuses. »
Ce raisonnement me fâcha un tantinet. Il n'avait pas peur de mourir, et se sentirait honoré s'il finissait embroché par une épée fourchue sur un champ de bataille. « Et les personnes qui t'aiment ? Ta sœur, ta famille, si les dieux avaient voulu que tu aies une femme et des enfants. Tu leur manquerais. »
« La vie… poursuivra son cours », rétorqua nonchalamment Ours Noir.
Je me dégageai de son étreinte et plantai mes talons au sol comme un enfant tapageur. « Eh bien moi, je te commande de ne pas mourir à la bataille. Je suis ta Reine à présent, et tu as le devoir de m'écouter. »
Immobile face à moi, il me considéra avec intérêt, la mâchoire crispée. Je pressai mes lèvres contre la ligne ferme de sa joue et le quitta pour rejoindre mon époux.
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Assise sur mon trône à côté de Jacob, je lui serrai étroitement les mains. Depuis la confrontation de mes opinions conflictuelles avec Ours Noir, j'étais muette comme une carpe. A force de parler de guerre, mon humeur s'était assombrie. Jacob finit par se rendre compte de mon désarroi et replaça une mèche de cheveux derrière mon oreille. « Qu'est-ce qui te préoccupe ? » S'enquit-il
Je secouai la tête je n'avais pas la moindre envie d'en parler. Mais il se rapprocha, les lèvres plissées, et je compris qu'il n'allait pas lâcher l'affaire.
« Dis-moi », insista-t-il.
Je soupirai et inclinai ma tête vers lui. « As-tu peur de mourir ? » Lui demandais-je, le regard scrutateur en quête de réponse.
Il se trémoussa sur place, les sourcils froncés. « Pourquoi cette question ? »
« Répond, s'il-te-plaît », le pressai-je d'un ton plaintif et me mordant les lèvres.
Jacob se cala dans son fauteuil et admira les étoiles. « Tout le monde meurt à un certain moment de la vie. Il est absolument impossible de prédire la mort… mais non, je ne pense pas avoir peur. Cependant si je devais choisir une façon de mourir, ce serait pendant un bataille… »
« Mais pourquoi ? » m'exclamai-je en l'interrompant, les yeux écarquillés et remplis de larmes. « Tu préfèrerais mourir sous l'épée de l'ennemi plutôt que dans ton lit, tranquillement, aux côtés de la femme que tu aimes. »
Il cligna des yeux et ne répondit rien. Je ne pouvais plus supporter la vue de son beau visage. J'enfouis mon visage entre mes mains et me massai les tempes. « Bon sang, je suis terrorisée… » murmurai-je. « Cette guerre est si proche et j'ai l'impression que tout le monde s'en moque. »
Il demeura silencieux, ce qui eut le don de m'irriter.
« Tu sais, j'ai vécu là-bas toute ma vie, à l'exception de ces cinq mois avec toi. Ils sont astucieux. Ils attaquent toujours au moment où leurs ennemis s'y attendent le moins, et cela se termine immanquablement par un massacre. Comment peux-tu rester là, assis, à me dire que tu te moques de la guerre et que tu n'as pas peur de mourir, alors qu'ils pourraient très bien être hors de ces foutus murs, tapis dans l'ombre, dans l'attente du moment propice pour attaquer, merde ! Moi, j'ai peur, tout le monde a peur ! Moi, je ne veux pas vivre si tu meurs ! » Je haussai la voix avant même de m'en rendre compte.
Il se lécha les lèvres, appuyant son menton sur sa paume. « Tu as fini ? »
J'ouvris la bouche pour ajouter quelque chose, mais me tus finalement. Regardant au sol, je rougis furieusement. Je n'arrivai pas à croire que je venais juste de piquer une crise devant lui. « O-oui. »
Il coula un doigt sous mon menton pour m'obliger à le regarder. « Bien sûr que j'ai peur. Mais je ne me permettrai jamais de le montrer parce que je dois être quelqu'un de fort et courageux pour tous les villageois apeurés qui tourneront leur regard vers moi. Au-delà de ces murs, il n'y a que terre, herbe et océan à perte de vue. Aucun intrus blanc de ton royaume de fer. Sache, Isabella, que je te protégerai toujours envers et contre tout. Je me laisserais cent fois percer le cœur d'une flèche plutôt que te voir mourir. »
Son regard était si sincère que je ne pouvais que lui faire confiance. D'un mouvement tendre du pouce, il sécha mes larmes et m'embrassa sur le nez. « Je t'aime tellement », lui murmurai-je doucement. « Si tu disparais, que vais-je devenir ? »
« Moi aussi je t'aime », me répondit-il sur le même ton. « Maintenant chasse cette inquiétude de ton beau visage et va t'amuser. Bois un peu de vin, ris un peu et oublie quelques temps l'imminence de la guerre. Je serai toujours près de toi. Tu n'as plus à avoir peur. »
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Voilà, bonnes vacances pour tout le monde !
