Salut bande de gens !
Alors... bon, ben, c'est officiel. Je suis en totale panne d'inspiration sur le chapitre 17 d'Entre ciel et terre. Ça m'énerve au possible, parce qu'en plus, le reste du chapitre je le trouve génial (mes chevilles vont bien, merci de demander x)) et que j'aimerais tellement vous le poster ! Mais je préfère prendre mon temps et attendre que l'inspiration revienne (et oui, celle-là, elle s'occupe pas de mon emploi du temps, elle vient et va comme elle veut malheureusement).
Du coup, voici le deuxième chapitre de NOTW ! (ouuuh l'abréviation est bizarre x))
Merci pour tous vos retours trop gentils sur le premier ! Bonne lecture !
Cours Pour Ta Vie
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Ruby attendait, le souffle court. Elle était cachée dans la cave de la maison, ensevelie sous un tas de caisses et de couvertures, l'œil collé au judas qui lui permettait d'entrapercevoir un rectangle de dix centimètres sur deux et demi au ras des pavés de la rue.
La Lune s'était levée. Sa lueur blafarde éclairait les scènes d'horreur qui avaient envahi Blodhill avec une clarté laiteuse insupportable. Les Loups-Garous étaient partout. Arrachant les portes des maisons, détruisant les enclos, hurlant leur serment à l'astre de la nuit tandis que les chasseurs du village se battaient contre eux, essayant par tous leurs maigres moyens de les empêcher de dévorer le bétail et les chevaux. Ruby espérait de toutes ses forces qu'aucun Loup n'avait encore trouvé une jeune fille. Mais les monstres, dans leur quête acharnée, fouillaient chaque maison et mettaient en pièce ceux qui osaient s'interposer.
La jeune fille se rendit compte qu'elle tremblait de peur et de froid. Elle ne pouvait pas faire grand-chose pour le premier fait, mais elle rabattit une couverture sur elle en espérant échapper à l'air glacé de la cave. Grandma Penny avait dispersé des gousses d'ail un peu partout et aspergé le seuil d'eau bénite, en grommelant des incantations. Ruby aimait beaucoup sa grand-mère, mais la vieille était un peu folle et personne ne savait si ses sorts avaient une réelle utilité ou non. En attendant, la jeune fille empestait l'ail et n'avait pour réelle protection qu'une épaisse porte de bois et une double grille de fer forgé.
Elle souffla sur ses doigts pour les réchauffer, l'esprit ailleurs. Elle se rappelait avoir accompagné une fois sa mère au marché de Coalville, et avait été choquée des regards pleins d'animosité qu'on leur lançait. Carlotta, une jeune femme du village, lui avait expliqué pourquoi : les gens de Coalville les voyaient comme des âmes damnées, maudites, et peu étaient compatissants de leur sort ou leur faisaient confiance. La fromagère avait demandé à la mère de Ruby, Fiona, pourquoi ils ne quittaient pas leur village de malheur – d'ailleurs, la bleue était certaine d'avoir entendu un soupçon d'ironie dans sa question, à croire qu'elle ne croyait pas possible que des Loups-Garous descendent à chaque pleine lune dévorer leurs moutons et enlever leurs vierges – et Fi avait répondu avec un sourire crispé : « Oh, vous savez, c'est comme les sauterelles* chez les habitants de la plaine ! C'est l'un des nombreux dangers qui peuplent la montagne. Nous sommes habitués. La présence des Loups est un fait, rien de plus, rien de moins ». La petite fille avait ensuite demandé à Carlotta pourquoi sa mère avait l'air d'avoir mordu dans un citron, mais Lottie n'avait rien répondu.
Mais il était vrai que Ruby avait toujours grandi consciente de la menace des Loups, sans que cela ne lui paraisse étrange. Elle en avait peur, bien sûr, ses dents claquaient en ce moment même de la terreur qu'ils lui inspiraient, mais elle ne voyait pas pourquoi elle aurait quitté son village à cause d'eux. Comme chaque habitant de Blodhill, elle faisait avec. Oui, les Loups-Garous existaient, et alors ? Les chasseurs savaient les tuer : un pieu à la pointe plongée dans de l'argent en fusion dans le cœur, et l'affaire était réglée. Oui, ils enlevaient les jeunes filles, mais c'était un sort auquel les enfants devaient se résigner. C'était ainsi, et puis voilà.
Elle entendit soudain un cri strident et tressaillit. Même déformée par l'effroi, elle aurait reconnu cette voix : c'était celle de Joan. Elle se colla immédiatement au judas barré d'une grille et tenta de discerner quelque chose. Ce qu'elle découvrit quand ses yeux se furent accoutumés aux ombres de la rue la fit crier à son tour.
Son frère était plaqué au sol par un Loup immense, au pelage plus noir que la nuit. Ses crocs à deux centimètres de son visage, la bête tentait de l'égorger, tandis que Joan se débattait. Ruby poussa un gémissement quand elle vit que la main de son aîné avait disparu. À la place, un moignon sanglant s'agitait fébrilement.
Elle ne pouvait pas le laisser là ! D'un bond, elle se débarrassa des couvertures et poussa du pied les caisses qui encombraient son chemin. Elle se mit à secouer frénétiquement les grilles et se rendit compte que c'était sa mère qui avait gardé les clefs. Or, Fiona et Penny étaient à l'étage supérieur, cachées dans la malle qu'il y avait au pied du lit des parents. « Non ! » aurait voulu hurler Ruby, mais rien ne sortit de sa bouche. Elle faillit se laisser aller et éclater en sanglots, au lieu de ça, son regard se porta sur le monte-plats. Elle eut une illumination et courut s'y blottir, le cœur battant à cent à l'heure. Heureusement pour elle, elle n'était pas très grande, et rentrait parfaitement dans la niche. Elle saisit ensuite la corde et se mit à tirer.
La poulie émettait des grincements inquiétants, et la bleue sentait ses bras l'élancer de plus en plus. Elle n'était pas habituée à fournir un effort physique aussi conséquent, et devoir soulever son propre poids, aussi léger soit-il, l'épuisait. Mais elle ne pouvait pas lâcher. Elle ne pouvait même pas se reposer quelques secondes, car le monte-plats retomberait alors jusqu'en bas, et tout serait à recommencer.
Enfin, elle aperçut la petite ouverture qui débouchait dans la pièce principale, à côté de la cheminée. Elle bloqua la corde en l'enroulant autour d'un crochet et serra le nœud aussi fort qu'elle put. Puis elle s'extirpa du conduit et se laissa tomber sur le sol de pierre.
La douleur explosa alors brutalement dans ses épaules, et Ruby vit des flashes passer sous ses paupières. Elle avait vraiment, vraiment très mal. Ses muscles étaient-ils si inexistants que ça ?
Elle se rappela son frère et courut à perdre haleine jusqu'à la porte. Elle souleva le loquet et l'ouvrit en grand, puis se rua à l'extérieur.
Devant elle, la scène avait changée. Le Loup et Joan roulaient l'un sur l'autre, le garçon entraînant la bête avec lui. Avec un grognement animal, le frère de Ruby tenta de plaquer le monstre au sol, mais ce faisant, il approcha dangereusement son cou de la gueule du Loup. Ce dernier ouvrit grand les mâchoires, et s'apprêta à refermer ses crocs sur la gorge de Joan, quand sa sœur hurla.
Ce n'était pas un mot, juste un cri bestial, primitif. Dans un élan d'inconscience, elle se jeta sur son aîné et l'arracha au Loup. Le corps de Joan rebondit sur les pavés et le garçon s'assomma contre une pierre, ses membres retombant mollement comme s'ils étaient faits de chiffons.
La muette tourna alors ses yeux olive vers le lycanthrope, haletante, sa poitrine se soulevant et s'abaissant à un rythme frénétique. Elle frémit face aux iris rouge sang de la bête, terrifiée. Elle venait seulement de réaliser la portée de son acte.
Non seulement son frère était inconscient, donc incapable de lui venir en aide, mais en plus la maison était grande ouverte et elle, jeune vierge innocente, se trouvait face à un Loup.
Ruby recula lentement, forçant ses muscles tétanisés par la peur à lui obéir. Ses yeux papillonnaient entre la porte de sa maison, le corps de Joan et le monstre. Elle ne pouvait pas abandonner son frère après s'être elle-même mise en danger pour tenter de le sauver ! Mais se faire kidnapper par le Loup permettrait peut-être à Joan de regagner la maison, si elle parvenait à attirer le lycan suffisamment loin de lui. Elle regagna espoir. Si, pour laisser son frère vivre, elle devait mourir, alors ce serait son destin. Elle ancra ses prunelles vertes dans celles du Loup-Garou et se mit à reculer sans le lâcher du regard. Elle devait le faire quitter le village, vite.
Un hoquet mourut dans sa gorge. Le Loup au pelage noir ne bougeait pas. Il l'observait, la tête penchée sur le côté, et elle crut même voir un sourire en coin étirer ses babines. Elle secoua la tête. C'était un monstre ! Une bête sans cœur ! Comment pouvait-elle voir des expressions humaines sur ce masque de chair ?
Pourtant, les yeux rouges de l'Enfant de la Lune possédaient une étincelle définitivement humaine.
L'animal se mit alors en mouvement et elle se figea, pétrifiée. Il courut jusqu'à elle et la plaqua au sol, ses énormes pattes clouant ses épaules aux pavés. Elle ferma les paupières, croyant sa dernière heure venue, quand la truffe de la bête se fraya un chemin entre ses mèches bleues et souffla tout contre son oreille :
- Cours. Cours pour ta vie. Tu seras à moi.
Puis le Loup bondit au-dessus d'elle et disparut dans le dédale des ruelles sombres.
ooOoo
Tremblante, les genoux s'entrechoquant sans arrêt, Ruby trouva pourtant la force de traîner son frère jusqu'à la maison, de refermer le lourd battant de bois et d'enclencher le loquet dans un dernier sursaut d'épuisement. Elle s'adossa à la porte massive, les paupières closes, son cœur frappant ses côtes avec tant de force qu'elle crut qu'il allait jaillir de sa cage thoracique. La jeune fille entendit des pas dévaler l'échelle qui menait au premier étage et vit les visages horrifiés de sa mère et de grandma Penny apparaître. Elle laissa l'avalanche de leurs questions l'ensevelir et glissa petit à petit dans une torpeur assourdie. Puis elle s'évanouit pour de bon, au moment même où Joan émergeait de l'inconscience.
Le lendemain matin, Ruby apprit que Blodhill déplorait un butin très lourd. Sept hommes étaient morts. Sept guerriers avaient péri pour protéger le village. Elle tressaillit quand Joan déclara avec amertume que lui-même pouvait être compté parmi les défunts : amputé de sa main agile, la droite, il ne pourrait plus jamais chasser ni se défendre. Il ne récolta qu'une gifle assourdissante de Fiona, tremblante de colère, qui lui hurla :
- Ta sœur a failli mourir pour toi ! Tu devrais lui être reconnaissant de t'avoir sauvé la vie !
- Pardon, Ruby-cherry, marmonna le garçon.
La bleue ne répondit rien. Le sermon qu'elle avait essuyé de la part de sa mère, puis de son père l'avait épuisée. Elle se contenta de serrer la main gauche de Joan. « Je ne t'en veux pas. Ne t'inquiète pas. »
Quant aux filles, trois d'entre elles avaient déjà disparu.
Désormais, elles n'étaient plus que seize vierges à devoir affronter les deux nuits qui allaient suivre, et le prochain mois, l'enfer recommencerait.
Ruby ferma les yeux, lasse. Ses efforts de la veille, ajoutés à la terreur que lui inspiraient les lycanthropes et aux mots du Loup noir, l'avaient vidée de toutes ses forces. La famille quitta peu à peu la chambre qu'elle partageait avec ses frères et l'oncle Henn. Fiona et Harrold se rendirent dans leur propre chambre. Callum, Tim et Brady descendirent en bas, suivis de Joan et des grands-parents. Henn était déjà en train de se balancer dans son rocking-chair.
ooOoo
La jeune fille poussa un hurlement et se redressa sur son séant. Haletante, elle fixa le mur devant elle. Elle entendit ses frères se réveiller en sursaut, alertés par son cri, et Joan se faufila jusqu'à elle.
- Oy, Ruby-cherry, tout va bien ? fit sa voix inquiète.
Non, rien n'allait. Dans les abysses du sommeil, deux yeux rouges s'étaient ouverts face à elle, brillant dans l'obscurité.
Et une voix rauque avait susurré à son oreille :
« Tu seras à moi. »
*en Amérique, au printemps, certaines plaines sont envahies de sauterelles. Pendant des jours et des jours, elles migrent vers le sud par milliers et dévorent tout sur leur passage.
Bon, c'est définitif, je vais devoir changer mon pseudo ^^ Le changement se fera bientôt ! (oui là j'ai la flemme. pardonnez-moi pour mes péchés x)) Mais en tout cas, je m'appellerai Andyema, contraction d'Andy (diminutif d'Andoryss) et d'Ema, parce que c'est mon vrai prénom ^^
J'espère que vous avez aimé ce nouveau chapitre et moi je vous dis à très bientôt ! Comme je suis encore en vacances, heureusement, mon rythme de publication va être plus aléatoire *^* donc je ne promets pas de chapitre d'ECET pour mercredi :)
Je croise les doigts pour réussir à finir le 17 d'ECET avant le 22, parce que je repars pour une semaine sans WiFi. En tout cas je posterai !
RAR :
Guest : merci ! :3 voilà la suite en tout cas !
Ashita-chi : Vraiment ? ça me fait plaisir ! :p
hmm... oui ! un happy end assez spécial mais happy quand même ^^
Merci pour le compliment ! Même si je n'aime pas qu'on prenne le cas des préadolescentes dotées d'hormones comme de la lave en fusion pour une généralité. J'ai des amis qui ont mon âge, et qui écrivent très bien :) alors ne prenez pas tous les auteures de moins de 18 ans pour des cruches sentimentalistes !
Merci beaucoup pour ta review !
Sev : Hey ! :) La voici ! mercii :3
