ça commence bien ! première semaine et j'ai déjà un jour de retard XD mais, pour ma défense, je suis allée voir The Revenant hier et ça m'a pris l'après-midi + le soir, à cause d'une séance déjà complète x.x et franchement, il vaut largement la peine d'aller le voir :p
petite update : je ne vais poster que toutes les deux semaines, j'avais oublié le "deux" dans mon outro de la semaine dernière x) désolée de vous avoir donné des faux espoirs ! mais si je poste plus régulièrement, mon avance va littéralement être bouffée XD
RAR :
Ciel Clair : boh, non, ils devaient juste y faire des soupes au sang de bébé x) whaaaat ? tu m'as perdue là ! XD merci ! Pour les Exceeds, je ne me rappelle plus si je les ai mentionnés dans NOTW (bravo Andy, très bien, très bien :clap clap:) mais tu as totalement raison en ce qui concerne ECET. Je m'en suis rendue compte après coup mais les personnages étaient déjà beaucoup trop nombreux et l'intrigue beaucoup trop en fouillis pour que j'ajoute Happy, Lily et les autres... Donc oui, tu as bien raison, et c'est bien nul de ma part x)
Euuuuh... je vais t'avouer très clairement que je n'en sais rien, le développement de cette fiction est plutôt bancal et c'est pour ça que ça ne me motive pas trop à la continuer. Vous allez devoir vous attendre à beaucoup d'incohérences pour la suite x)
Lise : merci beaucoup ! le voilà, avec un jour de retard, mais ça va aller quand même ? :p
Le Mal Né Sous La Forme d'Un Enfant d'Homme
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La nuit est sombre. L'astre nocturne est toujours aussi rond mais son éclat a faibli. C'est la quatrième nuit de la Lune.
Les Loups-Garous n'envahissent pas le village. Cette nuit, Blodhill dormira en paix.
Ruby est seule. Elle reconnaît les bois où le lycan l'a emmenée, avant de la laisser s'enfuir. Pourquoi, elle l'ignore. Et elle refuse de comprendre la folie des Loups.
Sa cape rouge ondule autour de ses chevilles, et ses boucles bleues passent brièvement devant ses yeux, mais aucun souffle de vent n'agite les cimes des arbres.
Le noir est complet. Pourtant, elle avance avec assurance. Elle sait où elle va, mais elle ignore quel est cet endroit où ses pas la portent. Son corps bouge de lui-même.
Ruby lève les yeux vers la lune. Elle l'a toujours trouvée laide, l'a toujours associée aux actes des Loups, mais dans la quiétude de la nuit elle la voit différemment. Sa lumière n'est plus blafarde, mais laiteuse : cet œil de cyclope, immense, pose désormais un regard bienveillant sur elle. Sous cette lueur rassurante, Ruby n'a pas peur.
La forêt est sa maison. La lune est son guide. Les arbres l'entourent mais ne la piègent pas.
D'un coup, elle comprend pourquoi cet endroit est un refuge pour les Loups.
Elle poursuit sa route. Le vent se lève alors pour de bon, et souffle avec force sur les feuilles qui tapissent le sol de la forêt. Il rejette la capuche rouge de Ruby en arrière. Ses cheveux bleus, libérés, dansent avec joie dans l'air nocturne. Ruby les laisse faire. Il faut bien qu'ils s'amusent.
Elle arrive à l'orée d'une clairière. Elle aimerait avancer jusqu'au centre de la trouée, là où un ruisseau murmure à la terre et au ciel des chansons sur les pierres qui roulent au fond de son lit, mais ses pieds le lui interdisent. Elle ne doit pas aller plus loin.
Un étrange sentiment étreint son cœur alors qu'elle se laisse tomber sur une souche, à l'abri des arbres. Ce n'est pas de la peur, ni une émotion aussi puissante que l'angoisse ou la terreur, qu'elle a éprouvées pas plus tard que la nuit dernière. C'est de l'anxiété. Ténue, mais pourtant bien présente dans sa poitrine, l'empêchant de respirer correctement. Ruby l'autorise à prendre possession de son être tout entier, fébrile. Elle veut savoir ce qu'il y a dans cette clairière, et pourquoi elle ne peut pas s'y aventurer.
Elle aura bientôt la réponse.
Le vent s'est calmé. La lune, comme honteuse de ce qui va suivre, a profité du passage de quelques nuages clairsemés pour se cacher derrière. Désormais, il n'y a plus qu'une vague lumière grisâtre qui éclaire la scène.
Ruby s'est assoupie. Malgré l'anxiété, elle a laissé Morphée l'emporter et assourdir sa conscience. Mais quand des dizaines et des dizaines de pattes foulent la terre, à un rythme régulier, mais soutenu, ses yeux s'ouvrent d'eux-mêmes.
Les loups sont là. Ils ont envahi la clairière. La meute toute entière est présente, regroupée de part et d'autre du ruisseau, qui a baissé la voix, comme apeuré par la présence des lycanthropes. Son chant cristallin n'est plus qu'un murmure.
Puis les grondements sourds des lycans le recouvrent entièrement.
D'abord, Ruby croit entendre des feulements animaux. Mais bien vite, le son se précise et elle manque tomber de sa souche.
Ils sont en train de chanter. Les Loups chantent à la Lune.
« Tonight alone you're riding,
Tu cours seul cette nuit,
Onto the other side,
Piégé de l'autre côté,
Your might untold and waiting,
Tu dois attendre et te taire,
Boy you'll be the final light.
Tu seras l'ultime lueur. »
Ruby sent les larmes emplir ses yeux olive. Le chant des loups est sublime, magnifique de désespoir et de chagrin.
« Your mother fought the demons,
Ta mère a dû affronter les démons,
Your brother saw the light,
Ton frère a vu la lumière,
And now we pray the unborn,
Et à présent nous prions pour les enfants à naître,
You and I can't stay alive.
Toi et moi ne pouvons rester en vie. »
La jeune fille se lève. Dans sa poitrine, son cœur bat moins fort. Son pouls s'est tu face à la supplique des loups. Ses jambes se meuvent sans qu'elle ne s'en aperçoive, et la portent hors du couvert des bois. Mais Ruby n'a pas peur. Elle sait que les lycans, tout à leurs lamentations résignées, ne l'entendront pas ni ne la verrons. À leurs yeux, elle n'est qu'un spectre de plus qui hante leur mémoire.
« Son of a wolf,
Enfant de loup,
When the fight is calling,
Quand l'appel du combat résonne,
Son of a wolf,
Enfant d'un loup,
And the night has come,
Et que la nuit approche,
Son of a wolf,
Enfant de loup,
Can you hear me calling ?
M'entendras-tu t'appeler ?
Hallelujah.
Alléluia. »
La Lune chante avec les loups à son tour. Mère de ces enfants maudits, elle pleure sur le sort de sa progéniture. Impuissante, elle les voit soumis à une nature qu'ils ne peuvent dépasser. Mal né des hommes, les lycans sont les instruments de la purge divine.
« Forever to the brave men,
À jamais rappelle-toi des Hommes braves,
When times were hard and wild.
Quand les temps étaient durs et sauvages,
You are the new messiah,
Tu es le nouveau messie,
Born a wolf of human kind.
Est né un loup de genre humain. »
Ruby pleure. Ses larmes glissent sur ses joues et roulent à terre, rejoignant le ruisseau au centre de la clairière. Elles se mêlent à celles des Loups, et bien vite, le ru est en crue. Il déborde de sa tranchée et trempe les pattes des lycans, rend la terre spongieuse et aussi noire que le ciel. Les Loups-Garous entonnent le dernier refrain, hurlant leur peine à la Lune, qui, autant que Ruby ne peut chanter avec eux, ne peut leur tendre une main salvatrice.
« Son of a wolf,
Enfant de loup,
When the fight is calling,
Quand l'appel du combat résonne,
Son of a wolf,
Enfant d'un loup,
And the night has come,
Et que la nuit approche,
Son of a wolf,
Enfant de loup,
Can you hear me calling ?
M'entendras-tu t'appeler ?
Hallelujah !
Alléluia !
Son of a wolf,
Enfant de loup,
Can you see him dying,
Pourras-tu le voir mourir,
Son of a wolf,
Enfant d'un loup,
When the night is dark,
Quand la nuit est sombre,
Son of a wolf,
Enfant de loup,
Can you hear them calling ?
Les entendras-tu t'appeler ?
Hallelujah.
Alléluia. »
Les hurlements des loups se sont tus. Désormais, il ne reste plus que Ruby dans la clairière inondée des larmes des enfants de la Lune.
Elle tend son visage implorant aux caresses de l'astre nocturne, mais ce dernier lui refuse sa lueur bienveillante. Ses pleurs à lui ne peuvent plus cesser.
Son chagrin atteint les nuages qui déversent à leur tour leurs sanglots sur la terre maudite. La pluie est si forte que Ruby se recroqueville, tentant d'échapper aux gouttes impitoyables qui la frappent de toutes parts. Et l'averse ne se calme pas : elle appelle à grands cris la foudre qui hurle et tempête à son tour, abattant ses traits mortels sur la forêt qui se recroqueville à son tour sous la colère du ciel impuissant.
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Ruby se redressa en sursaut, réveillée par un éclair retentissant. Elle jeta un regard à la fenêtre : dehors, l'orage faisait rage.
Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Les échos de son rêve étaient encore vivaces dans son esprit. Elle revit en pensée les visages ravagés des Loups et frissonna.
Le livre du monastère avait raison. Aucun de ces monstres n'avait choisi la vie qu'il était forcé de mener. Ils subissaient tous leur nature d'êtres nés de la violence.
Étaient-ils toujours des monstres à ses yeux, après cela ?
Ruby ne savait plus. Ce qu'elle savait, c'était que les lycans n'étaient rien de plus que des victimes de plus. Elle se surprit à tenter de mettre des traits humains par-dessus les gueules grandes ouvertes des lycanthropes. La jeune fille voulait savoir à quoi ils ressemblaient lorsque la nuit n'était plus. Et où vivaient-ils quand ils reprenaient forme humaine ? Dans les bois ? Ou alors faisaient-ils partie des villageois ?
Non, les habitants de Blodhill, soupçonneux comme ils étaient, s'en seraient rendus compte.
- Ruby ?
La voix de Joan la tira dans ses pensées. Elle tourna la tête vers son frère, dont seule la tête dépassait de la trappe de l'échelle.
- Ils veulent que tu viennes.
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Le conseil du village était réuni au complet dans la pièce à vivre de la famille de Ruby. Cette dernière était assise dans le rocking-chair de l'oncle Henn, et tremblait face aux figures inquisitrices des conseillers. Seul son père ne faisait pas partie du cercle. Il était debout, le dos appuyé à un mur et le visage fermé.
Tout dans sa posture indique qu'il n'acceptait pas la décision du conseil.
Ruby savait que, là-haut, ses frères, son oncle, sa grand-mère et sa mère écoutent, agglutinés autour de la trappe. Elle trouva cela presque réconfortant. Au moins, ce que les conseillers avaient à lui dire n'était pas un secret défense.
- Nous avons décidé du sort des douze jeunes femmes dont les Loups veulent s'emparer, attaqua l'un des vieillards.
- « Nous » ? ricana Harrold, le père de la muette.
- Je t'en prie, Harrold, intervint doucement une femme au visage austère et ridé.
- Belno, par tous les dieux ! Toi non plus, tu n'étais pas d'accord avec eux !
- Oui, mais je me suis rangée à la décision de la majorité.
- Tch, cracha le chasseur.
- Bref, reprit le premier conseiller, irrité par l'intervention d'Harrold et de Belno. Nous avons décidé qu'il était plus sûr pour chaque jeune fille de prendre époux sur l'heure. Aussi, avant la fin du mois, toi et les autres seront mariées. Nous ne perdrons plus aucune fille.
Ruby se figea. Elle avait arrêté de respirer. Ses mains agrippaient furieusement ses jupons.
- Ruby, prononça doucement son père. Ruby, tu… tu n'es pas obligée d'accepter.
- Bien sûr que si ! s'insurgea un conseiller. Les décisions du conseil sont des ordres !
Le regard meurtrier d'Harrold le dissuada d'ouvrir à nouveau la bouche.
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Oh, comme elle aurait voulu pouvoir parler ! Comme elle aurait voulu hurler, tempêter, crier son refus d'un ordre aussi cruel ! Comme elle aurait voulu pouvoir s'exprimer !
Mais elle ne pouvait faire rien de tout cela. Alors elle se contenta de secouer négativement la tête. L'assemblée, ignorant si elle disait non aux conseillers ou à l'intervention de son paternel, garda le silence.
- Ruby ? Tu veux écrire ?
La bleue hocha la tête avec force. Elle s'empara du bout de charbon que lui tendit son père et se leva. Elle se sentit jubiler intérieurement en voyant certains conseillers se renfoncer dans leurs sièges. Elle savait qu'elle leur faisait peur. Son mutisme la rendait imprévisible.
Elle les considéra lentement du regard, faisant passer à travers ses prunelles toute la haine qu'elle éprouvait pour eux à cet instant. Et, à voir leurs visages pâles, ils avaient compris le message.
Elle s'avança jusqu'à la chaise où était assis le grand conseiller, celui qui avait parlé. Sans le quitter des yeux, elle appuya le bout du morceau de charbon sur sa veste de cuir, et écrivit avec tant de force qu'elle grava presque les lettres du mot dans le vêtement.
Puis elle fit volte-face et grimpa quatre à quatre les barreaux de l'échelle, sans un regard en arrière.
ooOoo
Jamais.
