Eclair
« Quand ils reviendront, ils n'auront sûrement aucun souvenir de la nuit où ils m'ont jeté ici. »
Riven hoche la tête.
« Plausible. »
« Leur absence aujourd'hui, prouve mon assomption. Sans quoi, au réveil, cuite ou non, il se serait vite dépêché de nous séparer. Et en prime, ou aurait écopé d'une punition. » Continue-t-il.
La blonde laisse Yasuo continuer son analyse, en essayant de montrer le moins possible son envie de l'entendre évoquer le sujet qui l'intéresse le plus. Elle se doute bien que le prisonnier en face d'elle est retenu ici depuis bien plus longtemps qu'elle, et dès l'évocation de leur hypothétique duel, elle avait compris qu'il planifiait depuis un bon bout de temps déjà son évasion.
Les seuls points sombres dans son esprit correspondent à l'endroit où ils se trouvent, et au fait qu'elle ne sache pas encore précisément si Yasuo a pour intention de l'inclure dans sa fuite.
Parce qu'en y réfléchissant bien, les belles paroles du jeune homme ont beau valoir leur pesant de sagesse, Riven n'a absolument rien fait d'autre que lui offrir des coups de fouets gratuits et des diatribes en échange de ses proses.
Pourquoi voudrait-il lui venir en aide, à elle, cause de ses récents problèmes ?
A moins que…
Servirait-elle d'appât ?
Il a peut-être planifié tout cela pour la mettre en confiance, et ainsi l'utiliser le plus efficacement possible au moment opportun ?
Si c'est le cas, elle est fichue. Parce que de son côté, elle lui fait désormais totalement confiance. Ses craintes actuelles sont de celles qu'on ressent sans vraiment croire qu'elles puissent véritablement arriver un jour. Celles qu'on éprouve avec la quasi-certitude que tout ira bien, espérant récolter quelques reliquats de Catharsis.
« Que comptes-tu faire ? » demande-t-elle.
Il hausse un sourcil.
« Toi, que comptes-tu faire ? » lui retourne-t-il la question.
Encore une fois, il lui laisse le choix. Il est définitivement doué pour faire faire aux autres exactement ce qu'il veut d'eux sans pour autant que ses victimes ne s'en rende compte. Alors en bonne victime qui se respecte, la jeune femme détourne le regard, et murmure :
« Comme tu l'as si bien dit, ce serait bête de finir ses jours ici. » Puis, sourire en coin, elle rajoute : « Et je te dois la boisson. »
Yasuo sourit à la pique.
« Bien. »
Il se racle la gorge, comme pour mieux annoncer un long discours.
« Voilà l'idée, on ne va pas tergiverser des heures là-dessus : ta cellule étant la plus proche de l'entrée, la prochaine fois qu'ils viendront, pour quelques raisons qu'il soit, ils passeront en premier par la geôle dans laquelle nous nous trouvons. L'effet de surprise sera de notre côté, mais nous devrons agir vite. On les neutralise, prend les clés du ceinturon du leader, et on monte à l'étage. Avec de la chance, personne ne nous attend en haut, et on se dirige directement à l'étage suivant. On trouve l'armurerie, récupère mon sabre et on rejoint le plus vite possible l'entrée principale. On sort par la grande porte. Si les dieux sont avec nous, moins de cinquante soldats auront essayé de nous arrêter. Sinon, on se fait coincer, et demain on nous pend. »
Si un crapaud était dans les environs, Riven jurerait l'entendre croasser tant le silence est pesant à la suite de l'énoncé du projet du captif.
Elle est atterrée par l'assurance avec laquelle l'homme face à elle a évoqué son « plan », qu'elle trouve d'une simplicité, et d'une naïveté inquiétante.
« Permets-moi une question. » commence-t-elle.
« Je t'écoute. »
« Je n'aime pas spécialement ma condition actuelle, mais cela ne veut pas dire que je tiens à en finir aussi rapidement. Ton plan… c'est du suicide, pur et dur. » Elle se racle la gorge. « Comment peux-tu savoir où se trouve l'armurerie, l'entrée, le nombre de soldat et la position exacte de ton sabre ? Et quand bien même, par miracle, on arrive à atteindre la « sortie », tu crois sincèrement que dans ton état, et dans le mien, nous serons en mesure de vaincre 50 hommes en armes ? Même contre 10, nous aurions du mal. Quitte à moisir ici quelques années de plus avant d'être libéré, je préfère toujours çà à la mort. Il me reste encore des choses à faire dans ce monde. »
Yasuo reste silencieux pendant de longues secondes. Assis en accordéon, il semble hésiter. Devant son manque de réaction, qu'elle prend pour un signe de faiblesse, elle ouvre la bouche pour continuer.
Mais le prisonnier lève une main vers elle, l'intimant au silence.
« Jamais tu ne seras libérée, Riven. La seule chose qui t'attend au bout de cette route, c'est la potence. » Déclare-t-il, enfin.
Sa remarque lui fait l'effet d'une bombe.
La mort, encore.
Un frisson parcourt son corps, de ses doigts de pieds au bout de son crâne.
« Où…Où sommes-nous, Yasuo? » Finit-elle par demander.
Il laisse échapper un soupir.
« Nous sommes dans le donjon principal du palais impérial d'Ionia. » Commence-t-il, puis en écartant les bras, il ajoute : « Regarde autour de toi : aucun autre prisonnier que nous, des murs épais comme des troncs d'arbre, en marbre lissé, et des barreaux aussi gros que mes cuisses. Cet endroit est réservé aux plus grands criminels de la Nation Ionienne. Si nous sommes encore en vie, c'est seulement grâce à la lenteur du système juridique du pays, qui continue d'accumuler des preuves de nos crimes. Notre sentence ne fait aucun doute, et elle sera prononcée au bout d'une corde. Les 3 soldats qui nous surveillent jours et nuits ne sont que l'avant-garde, des sentinelles se trouvent dans toutes les pièces, tous les couloirs, tous les escaliers et devant toutes les portes de ce trou pourri. Notre seul espoir, c'est de le jouer au culot, et de foncer tête baissée en profitant de notre effet de surprise. Il n'y aura aucune meilleure opportunité que celle qui nous est offerte aujourd'hui. Je ne sais pas ce que tu as fait pour atterrir ici, mais aux yeux de Ionia, tu mérites la mort. Tu as deux options devant toi, rester ici et rôtir comme un voleur au purgatoire avant de te faire pendre, ou me suivre, prendre ton avenir en main, et te tirer de cet enfer ! » Gronde-t-il, presque énervé.
Riven voit dans ses yeux une détermination que jamais elle n'avait aperçue dans les yeux d'un homme. Un mélange d'hardiesse, de volonté et de courage, qui lui font, seulement maintenant, prendre conscience d'une chose évidente.
« Yasuo… Le crime pour lequel tu es incarcéré ici, tu n'en es pas coupable, n'est-ce pas ? »
Elle le sent perdre son sang-froid pour la première fois. Il frappe le sol de son poing avec violence, les yeux fixés vers le sol.
« Je suis coupable de milles et un crimes sur cette foutue Terre, j'ai tué des hommes, brulés des maison, planté ma lame dans le cœur de mon frère, ma seule famille, et dans celui de mes anciens camarades ! J'ai perdu mon honneur en refusant le sacrifice rituel auquel j'accordais tant d'importance. J'ai…J'ai… Je n'ai pu protéger L'Ancien, l'homme à qui je dois ma vie, et le seul talent que je n'aie jamais eu, il est mort par ma faute… » Prononce-t-il avec dégout.
Il remonte son poing, et le masse, nettoyant le sang qui coule de ses phalanges.
« Mais non, je suis innocent du crime qui aux yeux de ma propre nation, m'a poussé à la désertion, au meurtre et à la vie d'ermite. Non, je n'ai pas tué mon maître. Non. Non. NON ! Je dois sortir d'ici, trouvé le véritable coupable, et ensuite seulement, je mériterais la mort à laquelle j'aspire tant aujourd'hui. »
Riven retient un hoquet de stupeur. Se pourrait-il… ?
« Quelqu'un… a assassiné ton maître ? »
« Oui. Et étant supposé être à ces cotés au moment de sa mort, j'ai été accusé du meurtre. »
Non. Non.
« Mais comment peuvent-ils être sûr de ta culpabilité à un point tel qu'ils t'aient envoyé ici ? Et pourquoi n'étais-tu pas avec lui, ce jour-là. » Demande-t-elle, la voix tremblante.
« Cela remonte à l'invasion Noxienne d'i ans. Quand les premières compagnies ont attaquées nos terres, j'ai été mis en charge de la protection de l'Ancien. Mais à cet époque, je n'étais pas le même qu'aujourd'hui. Arrogant, débordant de zèle, je ne pus supporter de laisser mes compagnons se faire déchiqueter à ma place. Alors avec cet hardiesse propre à mon âge, je désertai mon poste, pour aller me battre à leur côté. Nous parvinrent à repousser l'attaque, mais en retournant auprès de mon professeur, c'est un corps sans vie que je trouvai. » Achève-t-il.
Cette histoire, elle semble à Riven comme un Conte qu'elle connait déjà, mais raconté d'un autre point de vue. Doucement, c'est avec horreur que le puzzle se complète dans son esprit.
« Et tes compagnons ? Aucun n'a pu témoigner que tu te battais à ses côtés ? Comment peuvent-ils te juger coupable sans preuve tangible ? »
Yasuo ne répond rien. Il replonge ses yeux dans ceux de son homologue féminin. Puis, après quelques secondes d'hésitation, il semble prendre une résolution. Sans mot dire, il lève légèrement le bras, et avec son index, dessine de lentes arabesques dans le vide.
D'abord complètement perdue, la blonde se fige en sentant quelque chose d'anormal.
Une légère brise traverse une mèche de ses cheveux.
Puis, comme une caresse, elle se faufile le longs de ses joues, dansante jusqu'à ses tempes, pour finalement redescendre par la courbe de ses narines.
Riven ferme les yeux pour tenter de mieux ressentir ce qu'elle ne prenait au début que pour une vague impression.
La brise gagne en consistance, lui effleurant cette fois le front, chatouillant légèrement ses paupières. Enfin avec une douceur d'ange, elle s'éteint en un fin baiser, impalpable, au coin de ses lèvres.
La jeune femme, encore étourdie, inspire longuement, tout en rouvrant ses yeux.
« Qu'est-ce que… ? » Essaye-t-elle de demander.
L'épéiste sourit faiblement.
« L'héritage de mon maître. La maîtrise du vent. » Répond-il. « Un don rarissime qui apparaît de temps à autre chez certains Ioniens, s'ils reçoivent l'entrainement requis, et sont prédisposés à son apprentissage. »
Riven est bouche-bée.
« Je…je ne sais pas quoi dire… Je ne savais même pas que ce genre de choses existait. »
« C'est une histoire présente dans le folklore Ionien, mais peu de gens savent qu'il s'agit d'un phénomène réel. » Il serre ses mains l'une contre l'autre. « Pour répondre à ta question la maîtrise du vent peut être utilisé en joute, en insufflant à ta lame suffisamment d'air pour amplifier ses coups, et dupliquer son tranchant. Mais quiquonque utilise une lame d'air pour tuer est reconnaissable entre 1000. Les blessures du vent sont nettes, impardonnables et profondes. Elles ne laissent aucune chance. »
Il déglutit.
« Mon maître est mort des coups d'une lame d'air. »
Le cauchemar prend forme dans la tête de Riven. Ces blessures, elle les connait, trop bien même, pour les avoir infligés à de nombreuses victimes. Cette sensation aérienne, elle ne lui est pas étrangère. Cette compagnie, c'était la sienne.
Elle se battait pour Noxus.
Elle était Noxienne.
« Ton maître, quel était son nom ? »
Ta cible est un influant vieillard Ionien. Il dirige une école en haut des collines d'Eluzard.
« Son nom… ? »
Ses cadets l'appellent « Ancien Aon ». Quelles bandes de crétins. Accorder de l'importance à un vieillard en fin de vie.
« Ancien Aon. »
Honte à moi de ne poster que maintenant :o ! Je suis tellement, tellement désolé ! énormément de choses à faire ici, qui m'empêchent de poster plus régulièrement… Milles excuses !
Mais voilà le nouveau chapitre, Eclair, et sans plus tarder, réponses aux reviews !
Yannister : Hey ! Ton commentaire m'a fait énormément plaisir ! et m'a remotivé à écrire la suite plus rapidement ! Tu me vois ravi que ma verve te plaise, je sais que ce n'est pas donné à tout le monde, et j'apprécie beaucoup ! Ah ! Qui sait ce qui se passe dans l'esprit courroucé de Yasuo… l'avenir nous le dira.
SATURNEOTMW : Coucou ! Ta critique m'a énormément plu ! Je te remercie d'avoir pris le temps de me dire ce que tu en pensais :D ! Tu trouves que fonctionner aux review est prétentieux ? :o je suis vraiment désolé que tu le ressentes comme çà , j'ai écrit des fictions dans d'autres domaines, et j'ai toujours eu la motivation au travers de mes lecteurs. Donc j'insiste, ne vous senter pas obligé de review, si je vous le demande, c'est parce que vous me motivez, et que sans vous, je n'ai aucune raison d'écrire !
PROFESSORMEOW : Oui, j'ai beau essayé de me relire encore et encore, il y a toujours de fourbes fautes de gram et conjig. Qui me passent sous le nez. Je suis vraiment désolé à propos de çà, je ferais tout mon possible pour y remédier dans la suite de mon histoire . Après, mon récit est en effet un peu out of context, dans le sens où je ne prends pas vraiment en compte la league of legend à proprement parler. JE fais juste évoluer mes personnages dans tous le backgrond annexe de Lol : « runeterra, Ionia, Bilgwater etc… ». Encore merci pour ta fidélité, j'adore tes commentaires :D.
THIBEAUTGAYRE : Un travail d'orfèvre *_*. J'ai rougi. J'en perds mes mots, merci du fond du cœur. Un duel Yasuo/riven…. Ahaha évidemment !
EIMRA : Merci beaucoup ! Continue de me motiver, j'adore tes commentaires :D
FICTIONNAL DREAMER : T'es de RETOUUUUUUUUUR ! AHAHAH tu m'as manqué frangin, j'espère que cette suite te fera autant plaisir que j'en ai eu à l'écrire ! 3 peace man !
