Disclamer : l'univers et les persos appartiennent à J. K. Rowling et Stéphanie Meyer.
Blabla de l'auteur : ouf, fini. Mais le prochain chapitre n'est pas entamé...
Nul repos pour les guerriers
Chapitre 4 : Refuge vampirique
Quand Harry reprit conscience, il était dans un lit douillet avec un bandage à la tête. Quelqu'un l'avait visiblement trouvé et ramené chez lui. Harry se sentit vaguement désolé d'avoir embêté cette personne à devoir trimballer son corps plus mort que vivant. Il allait devoir s'excuser - l'idée d'ouvrir la bouche pour parler le fatiguait d'avance - avant de repartir. Peu importe vers où, l'important était de garder le corps en mouvement perpétuel à l'instinct jusqu'à épuisement pour éviter que son cerveau n'ait la liberté de penser à autre chose qu'à son environnement. En parlant d'environnement, il lui sembla entendre des pas s'approcher. Un coup contre la porte de la chambre le lui confirma avant que celle-ci s'ouvre sur un homme qui étrangement lui fit penser à Mme Pomfresh bien qu'il soit plus jeune et blond. Sa peau était assez pâle et ses yeux lui rappelèrent douloureusement ceux de Rémus. L'homme dégageait d'ailleurs la même aura de bienveillance.
- Bonjour, je suis le docteur Carlisle Cullen. Deux de mes fils vous ont trouvé blessé en forêt. Vous avez eu de la chance, à part des bleus et une cheville tordue, il n'y a que le choc à la tête qui pourrait éventuellement être sérieux. Comment vous sentez-vous ?
- Ça va.
Harry n'allait pas dire que ça allait bien, mais il n'avait pas l'impression que quelque chose cloche particulièrement dans son état physique. Il était endolori, sa cheville le chauffait et il avait un léger mal de tête, rien de bien anormal.
- En ce cas, vous sentez-vous en état de descendre au salon ? Ma femme vous a préparé à manger et je vous présenterai le reste de la famille.
Harry acquiesça. C'est pas comme s'il faisait autre chose que se laisser porter par le courant ces derniers temps. Il se redressa doucement et, la terre restant stable autour de lui, entreprit de se lever à l'aide des béquilles que le médecin lui tendait pour épargner sa cheville. Même s'il se sentait un peu faible, il n'eut pas de problème à rejoindre le salon où un repas l'attendait sur une table basse. Il s'assit avec précaution sur le canapé rembourré. Son regard désintéressé parcourut les plats machinalement avant de dévisager la femme qui lui souriait alors qu'elle ramenait un pichet d'eau de la cuisine. Elle lui faisait penser à Mme Weasley en moins rousse et en plus... douce. Le reste de la famille - plutôt nombreuse visiblement, même s'ils ne battaient pas les Weasley - ne tarda pas à se rassembler dans le salon. Malgré son apathie, Harry remarqua tout de suite les ressemblances et dissemblances suspectes du physique de ses hôtes, et leur beauté irréelle. Le meilleur élève en Défense contre les forces du mal ne mit pas longtemps à identifier des vampires, encore que la couleur de leurs yeux l'interpella. Mais tout ça n'avait aucune importance dans le fond, plus rien n'en avait.
Edward murmura pour l'ouïe fine de sa famille qu'Harry savait qu'ils étaient des vampires, il l'avait semble-t-il appris dans une étrange école de... magie ? Mais surtout qu'il n'éprouvait pas de peur à leur encontre, malheureusement en partie parce qu'il était trop enfoncé dans la dépression et ne s'accrochait plus à la vie. Jasper se sentait vaciller sous le vide qui gangrénait les émotions de son compagnon. Sa capacité à influer sur celles-ci lui semblait bien faible face à un tel cimetière, et nul doute qu'une action ponctuelle ne provoquerait pas d'amélioration sur le long terme. Si son don aurait son rôle à jouer, c'est surtout au niveau psychologique que tout allait se jouer, les connaissances thérapeutiques de son père et le suivi mental précis qu'Edward pouvait leur fournir seraient des plus utiles, tout autant que l'amour qui unissait toute leur famille et serait nécessaire pour rappeler le dépressif à la vie. Jasper aurait voulu pouvoir sauver à lui seul son compagnon, mais comment entrer dans son cœur si celui-ci était fermé ? Pour aimer quelqu'un, encore fallait-il aimer la vie et vouloir la vivre. Carlisle entreprit de briser le silence en faisant les présentations.
- Voici ma femme Esmée, et nos enfants adoptifs : Edward et sa petite amie Alice, Emmett et sa femme Rosalie, et Jasper.
Harry ne broncha pas à l'étrange composition de la famille mais son regard s'attarda sur le dernier présenté. Ce Jasper avait un je-ne-sais-quoi, comme une ombre dans son regard doux, qui lui faisait penser à lui-même. Un étrange sentiment d'amour semblait émaner de lui et Harry sentit malgré lui son cœur se réchauffer. Il détourna le regard, troublé et quelque peu dérangé par la sortie de coma de son cœur. Il ne voulait plus souffrir, et pour cela plus rien ressentir. Il préféra se concentrer sur le repas devant lui. Son esprit à présent plus réveillé que les semaines passées où il engloutissait sans y prêter attention les denrées alimentaires sur lesquelles il tombait, il ne put que remarquer les goûts dignes de la cuisine de Mme Weasley, lui amenant les larmes aux yeux. Les vampires semblèrent vouloir lui laisser de l'espace et quittèrent la pièce en-dehors du médecin - d'ailleurs comment un vampire pouvait-il être médecin ? - et de sa femme qui s'étaient assis de l'autre côté de la table basse et bavardaient à propos de peinture, et du dénommé Jasper qui s'était accoudé dessus leur canapé et le couvait du regard. Harry ne savait quoi en penser, d'un côté il se sentait nerveux d'être ainsi fixé, de l'autre un certain calme le recouvrait par vagues et il avait l'impression que ça venait de lui.
Un léger haut-le-cœur le rappela à des considérations plus physiques et il se rendit compte qu'il était probablement repu depuis quelques bouchées, ayant continué à engloutir par automatisme ce qui était comestible sous son nez. Dans la nature les ressources étaient plus rares et il n'avait guère à se soucier de dépasser la jauge invisible de son appétit endormi. Repoussant le plateau encore rempli aux trois quarts - Harry n'aurait pas cru pouvoir avoir encore moins d'appétit qu'au temps des Dursley - il se renfonça dans le canapé moelleux, sentant déjà la digestion lui apporter une somnolence bienvenue. Mais ses hôtes ne semblaient pas enclins à lui accorder une sieste immédiate vu qu'ils se rassemblèrent à nouveau dans le salon.
- A présent que vous êtes rassasié, je pense qu'on devrait parler de votre convalescence. Nous avons une chambre d'ami de libre.
- J'veux pas déranger. Ça ira.
- Vous ne nous dérangez pas. Toute notre famille est d'accord pour vous accueillir, au moins le temps que vous guérissiez.
Est-ce qu'on parlait uniquement de ses blessures physiques ou aussi de celles morales ? Parce que là ils l'auraient sur le dos pour longtemps. Harry dévisagea les sourires chaleureux et encourageants. Il ne savait pas ce qui pouvait les intéresser, lui voulait juste rester seul dans son coin. Même si le-dit coin se retrouvait être un monde sans frontières par nécessité alimentaire et pour jouer des muscles hors cerveaux. Encore que parfois la fatigue lui donnait envie de s'arrêter pour de bon.
- Vous avez besoin de soins. Et pardonnez-moi, mais vu l'état dans lequel on vous a trouvé, je ne pense pas que vous ayez un endroit où aller ?
- ...
Harry ne se sentait pas la force de sortir un quelconque mensonge, ou même de leur dire de se mêler de leurs affaires. La compassion et l'obstination qu'il lisait dans leurs yeux lui disaient bien qu'ils ne le laisseraient pas dépérir seul dans son coin. C'était bien sa chance de survivant de tomber sur des vampires qui semblaient préférer le soigner que de se faire un snack.
- Reste avec nous Harry ! Tu vas voir on va te chouchouter et te remplumer, tu n'auras plus envie de partir.
Harry dévisagea l'espèce de lutin surexcité qui avait un petit air de folie à la Tonks - la première fois qu'il l'avait rencontrée, avant qu'elle ne devienne une épouse et une mère un peu plus posée et avant que la mort ne la calme définitivement. Il doutait que cette Alice parle de l'engraisser pour servir de repas. Et quand leur avait-il dit comment il s'appelait déjà ? Il n'avait plus l'habitude de réfléchir et de ressentir quelque chose, tout ça l'épuisait. Déclarant forfait, il acquiesça vaguement avant de se laisser glisser sur le côté pour s'endormir sur le canapé. Si ces vampires tenaient tant à s'occuper d'un animal de compagnie dépressif, bonne chance à eux. Au moins, Harry serait à l'abri du monde extérieur - les sorciers craignaient les vampires malgré le traité de non-agression - et c'était le plus important.
A SUIVRE
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Iroko
