Disclamer : l'univers et les persos appartiennent à J. K. Rowling et Stéphanie Meyer.

Blabla de l'auteur : un jour de retard, ça pourrait être pire... il pourrait pleuvoir, comme dirait Marty Feldman ^^. Enfin j'ai quand même dû réécrire une phrase après que le site ait planté sans sauvegarder.

Nul repos pour les guerriers

Chapitre 5 : Renaissance

Les semaines qui suivirent, la zombification du cerveau d'Harry fut mise à mal. Même si ses hôtes le laissaient se reposer autant qu'il voulait, ils veillaient tout de même à ce qu'il prenne trois repas par jour - aussi minces ces repas soient-ils - et l'obligeaient l'air de rien à un minimum de sociabilisation - lui arrachant même quelques réponses - autant à table que pendant le soin de sa cheville, ou quand il végétait sans vraiment dormir sur le canapé - la flemme de se bouger pour retourner dans sa... dans la chambre. Et puis il était dur d'ignorer un vampire massif assis à côté de lui à s'exciter sur son jeu vidéo. Il en venait presque à suivre le jeu. D'un autre côté, se perdre dans un jeu ou devant un film était une alternative à la zombification, bien que ça risque de susciter des émotions par empathie pour l'histoire. Au moins ce n'était pas ses propres émotions même si parfois elles réveillaient les siennes par association. Mais à chaque fois qu'il avait l'impression d'être sur le point d'être ravagé par la douleur, une vague de calme le traversait, au début plutôt faible mais elle se renforçait alors qu'il s'y raccrochait désespérément. Et il était quasiment sûr que c'était le fait de Jasper, qui était d'ailleurs toujours auprès de lui à ce qui lui semblait.

Harry ne s'en plaignait pas, avoir de l'aide pour étouffer la douleur morale était bienvenu. Mais il n'était pas sûr d'apprécier les autres émotions que lui communiquait le blond. Certes l'appétit était utile pour l'aider à manger mais Harry n'avait pas encore pris de décision à propos de redevenir vivant. Mais il se doutait bien que la décision ne lui appartenait plus. Ces vampires égoïstes avaient décidé de prendre soin de lui et ils ne se gênaient pas pour l'entourer de soins et d'affection. Et Harry se laissait faire, pire il commençait à y prendre goût malgré lui. Lui qui n'avait jamais été habitué aux contacts, à force de se retrouver en sandwich sur le canapé il ne se crispait même plus, reposant son dos - qu'il avait la flemme de tenir droit - contre le corps frais des vampires. Il avait renoncé à se débattre quand Alice le prenait pour une peluche pour regarder ses films guimauves - Harry préférait fermer les yeux et essayer de se boucher les oreilles à défaut de pouvoir fuir, foutue force vampirique - et il était à la limite de ronronner quand Jasper lui massait le crâne en regardant des émissions historiques - qui étaient bien plus intéressantes que le cours soporifique de Binns.

Son cerveau ayant retrouvé une activité presque normale au lieu d'un perpétuel épuisement, il avait craint le retour des cauchemars. Mais les rares fois où ils le réveillèrent, il trouvait Jasper à ses côtés pour les atténuer, aussi bien par son mystérieux pouvoir que par ses massages divins qui l'aidait à détendre ses muscles stressés. Harry avait donc moins de réticence à rejoindre son lit le soir - en sautillant allégrement sur ses béquilles à l'angoisse de certains, mais eh, il avait l'habitude de faire des figures sur un balai à plusieurs mètres du sol, c'est pas avec des béquilles qu'il allait se tuer ! En plus sa cheville guérissait bien alors on lui retirerait bientôt les béquilles - dommage c'était pratique pour frapper les vampires insolents à l'humour douteux sans se faire mal.

Harry parlait encore peu, mais les vampires parlaient déjà bien assez - surtout certains. Chacun d'eux avait confié à Harry son histoire et ses espoirs : Carlisle qui ne voulait pas être un monstre et s'était entrainé dur pour pouvoir soigner des humains à l'encontre de ses instincts, Esmée qui avait toujours rêvé d'avoir une famille, Edward qui croyait avoir perdu son âme et remplaçait son vide par de la musique, Rosalie qui ne pourrait jamais donner naissance à l'enfant qu'elle avait toujours désiré, Emmett qui avait failli finir dans les griffes d'un ours - « après un combat épique ! Mais si, je t'assure ! » - pour être sauvé par sa "petite femme d'amour", Alice qui ne se souvenait pas de sa vie d'avant mais adorait sa vie présente, bénissant son don de voyance même si elle ne voyait pas tout - elle n'avait pas vu Harry, pour une fois qu'une voyante n'en avait pas après lui - et Jasper qui avait connu la guerre de sécession avant d'être embarqué dans une guerre de vampire jusqu'à ce qu'Alice vienne le tirer de cette vie qu'il ne supportait plus.

Quand Jasper se confiait sur les tourments que son état de soldat lui avait apportés, Harry ne pouvait que compatir, et parfois il arrivait à partager ses propres expériences. C'était dur de parler, mais à la souffrance de repasser ses traumatismes s'associait la délivrance de mettre enfin des mots sur tout ce qu'il avait dû garder pour lui pour être l'élu, le survivant, le sauveur... Et Jasper pouvait le comprendre mieux que personne n'avait pu le faire - à part Snape, mais il ne s'était jamais donné la peine de comprendre Harry, l'aider à survivre et à battre Voldemort était tout ce qui lui importait en mémoire de sa mère. Pour Jasper, Harry importait, aussi bien sa douleur que son bonheur. Et Harry ne pouvait que préférer voir le soulagement et la joie sur le visage de ses interlocuteurs plutôt que l'inquiétude. Alors il mangeait, regardait la télé, se faisait massacrer aux jeux vidéo, leur cassait les oreilles en essayant difficilement d'apprendre à jouer du piano et les laissait le câliner autant qu'ils en avaient envie.

C'étaient vraiment de drôles de vampires. D'ailleurs Harry ne les avait jamais vu boire de sang. Carlisle s'absentait souvent pour aller à son travail et Esmée partait de temps en temps pour s'occuper d'un projet d'architecture mais les autres étaient toujours à la maison. Sans doute chassaient-ils plutôt de nuit pendant qu'il dormait, c'est de toute manière plus discret qu'en plein jour, surtout si le soleil les faisait briller comme des diamants. Carlisle avait de la chance que son bureau et les salles d'opération soient situées au centre de l'hôpital et ne disposent que de l'éclairage à l'électricité. Il se demandait quand même comment ils se nourrissaient. Il savait que dans le monde magique il existait des potions qui permettaient aux vampires de se nourrir sans boire au cou des humains. Sachant que si un vampire mordait un humain, son venin tuait ou transformait la victime. On pouvait l'éviter en coupant la peau pour recueillir le sang dans un récipient avant de bander la blessure mais il fallait avoir un minimum de contrôle par rapport à l'odeur du sang.

Il finit cependant par avoir des réponses sans avoir eu besoin de demander - enfin ça c'est ce qu'il pensait. Un matin il fut réveillé par Rosalie qui grondait son "petit"-ami sur l'état de la chemise qu'elle lui avait offert pour son anniversaire l'année dernière et qu'il avait tâchée de sang pendant sa chasse. Les allégations d'Emmett comme quoi c'était pas sa faute si l'imbécile de cerf s'était mordu la langue et lui avait craché dessus alors qu'il l'attrapait pour lui tordre le cou, n'avaient pas l'air de la convaincre. C'est ainsi qu'Harry découvrit le régime particulier de ces vampires extra-ordinaires, ne le faisant que les aimer davantage. Par contre il ne sut que penser quand on lui servit du cerf rôti pour le repas.

Puis, un jour où le soleil d'été brillait au milieu du ciel bleu, la plupart des vampires sortirent dans le jardin pour prendre l'air. Jasper, un livre sur l'Égypte ancienne dans les mains, jeta un coup d'œil à Harry. Jusqu'à présent Harry était toujours resté réfugié à l'intérieur de la maison. Dehors c'était le monde et il ne voulait plus voir le monde, il voulait rester dans son cocon protecteur. Mais Jasper lui tendit la main avec un sourire encourageant et Harry ne put trouver aucune raison pour ne pas aller s'asseoir dans l'herbe. Après tout, le jardin faisait partit du domaine des vampires, perdu au beau milieu de la forêt, loin de toute habitation remplie d'humains curieux qui pourraient s'apercevoir de leur différence. Harry attrapa la main de Jasper et ils sortirent dans le jardin d'un pas si lent qu'Harry se douta que Jasper ne voulait pas le brusquer. Parce qu'il pouvait encore paniquer à l'idée de sortir ? Ou parce qu'il avait lâché les béquilles depuis peu et ménageait encore sa cheville ? En tout cas la main de Jasper était ferme - et douce, heureusement qu'il maîtrisait sa force - et rassurante alors qu'il sortait dehors pour la première fois depuis longtemps.

Respirant à pleins poumons l'air qui sentait bon la forêt environnante, Harry accepta enfin qu'il était vivant et qu'il en avait le droit. Il n'était pas coupable d'être le seul à avoir survécu et s'il avait pu sauver le monde sorcier sans en mourir alors il devait attendre la mort comme une amie et pas se précipiter dans ses bras en l'obligeant à le tuer comme Dumbledore avait fait avec Snape. Ses amis n'avaient pas pu réaliser leurs rêves d'avenir, les siens avaient été enterrés avec eux et il n'avait pas pu envisager d'affronter la vie sans eux à ses côtés. Mais il n'était plus seul pour affronter leur absence et il pouvait toujours rêver un avenir différent. Lui qui avait souffert de ne pas être désiré puis d'être trop admiré, juste rester à mener une vie tranquille au sein de cette étrange famille aimante semblait un futur sans autres promesses qu'un bonheur simple... avec un peu de turbulences, rajouta-t-il en voyant s'enfuir un Emmett avec des traces de peinture rose, poursuivi par un Edward hystérique qui hurlait après son cher piano.

A SUIVRE

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Iroko