Après cela il devint beaucoup plus facile d'attirer l'attention du seigneur du manoir. Elle était, à l'âge de dix-huit, une beauté fleurissante. Il ne pouvait pas lui résister. Et si un peu de magie l'avait aidé à oublier ce qui était convenable pour son rang… Ce n'était guère qu'un petit mal pour un grand bien.
Oh, et soit dit en passant, le premier mari de Clementianna était mort de sa maladie quelques temps plutôt, elle l'avait juste complètement oublié. Il était devenu si inutile qu'elle ne pouvait se rappeler quand exactement cela s'était produit, mais peu importait, le résultat final était le même. Elle eut son second mariage.
Cette fois-ci était… Mieux. Ce n'était parfait, mais mieux. Elle était aussi excitée que la dernière fois. C'était son mariage après tout.
Clementianna était aussi belle que toujours, sauf qu'elle était enfin vêtue de vêtements convenables. Bon, ils étaient un peu trop sobres à son goût, mais comparés à des guenilles, c'était convenable. Une robe cousue pour l'occasion. Modeste et dénuée de « décorations inutiles que son seigneur avait interdites, mais le tissu était brillant et doux au touché. Cette fois-ci, une femme de chambre s'occupa de ses cheveux, et elle eut même du maquillage à sa disposition.
Le pendentif qu'elle portait venait du Mirroir.
Son nouveau mari n'était pas beau à voir, âgé qu'il était de… Beaucoup-trop-d'années, mais il était riche, et il avait un titre. Et il mourrait probablement avant qu'elle ait le temps de comprendre comment son haleine pouvait puer l'ail alors qu'il ne buvait que de la soupe au chou.
La cérémonie dura quinze minutes - pas plus puisque son seigneur ne voulait pas dépenser plus d'argent que nécessaire sur ces « frivolités » - mais elle avait un meilleur décor, et il y avait même un musicien. Certes, son interprétation de… Ce morceau de musique non-identifiable n'était pas la meilleure qu'elle ait jamais entendue, mais ce serait suffisant.
Pour l'instant.
Cette relation-là était par certains aspects pires que la précédente. Il était impossible à vivre, ne lâchant pas la moindre pièce d'or sans une bataille, l'accusant toujours de trop dépenser. Son premier mari était bien plus facile à contrôler, mais Clementianna n'était pas du genre à s'avouer vaincue. Elle raffinait son pouvoir de persuasion sur l'obstination du vieillard.
Les conseils du Mirroir aidaient.
Clementianna n'eut pas à attendre longtemps pour que son second mari rende l'âme. C'était une chute tellement tragique dans les escaliers. Rien d'extraordinaire cependant. À quoi fallait-il s'attendre aussi, après qu'il lui refuse pour la troisième fois de nouvelles robes plus colorées ? Non pas qu'elle l'ait poussé. Elle avait simplement mentionné à un ami à quel point il serait fortuit qu'un tel événement survienne.
Clementianna était une jeune veuve de vingt ans, riche, sans le moindre membre distant de la famille de son défunt époux qui viennent l'embêter avec des questions d'héritage (elle s'était assurée qu'ils ne soient pas contrariant) et bien sûr, la certitude qu'elle était la plus belle femme qui soit. Cela ne lui prendrait pas longtemps avant de se trouver un nouvel époux. Du moins c'est ce qu'elle pensait.
