Salut à tous, je sais ça fait longtemps. Presque une semaine et ce n'est pas dans mon habitude. Mais sans plus tarder je vous donne la suite de ma fiction. j'espère que vous l'aimerez toujours; mais malgré tout, je tiens à vous prévenir que les choses vont prendre une tournure différente bientôt. Il y aura des distinctions plus poussées avec la série et donc j'espère que vous aimerez encore. Je me suis permise des libertés puisque je suis dans un AU et que... Tous les droits sont permis non?^^
Passez une délicieuse semaine et merci à tous de votre soutien, et de vos reviews que j'affectionne particulièrement et que je porte dans mon coeur;
Des bisous.
Chapitre 22 : La prison
Henry et Zelena avaient laissé couler quelques minutes pendant lesquelles ils se posaient des questions sur ce qu'il venait de se passer. Pendant ce temps Emma avait couru jusqu'à la voiture où Regina ouvrait déjà le coffre pour y mettre son sac. Elle lui saisit alors le poignet pour la forcer à lui faire face.
- Hey…
Mais lorsqu'elle aperçut ses yeux, elle vit le même noir dans son regard que les premières fois où elles s'étaient entretenues. Bien entendu, la brune ne répondit pas, et se contenta d'attendre de voir si Emma avait quelque chose à ajouter avant de faire ce qu'elle avait prévu de faire : s'en aller loin d'ici.
- Regina, essaie de te calmer, s'il te plait.
- Je n'ai vraiment pas envie de parler de tout ça. Rentrons !
Devant son ton plutôt autoritaire de maire de ville, Emma n'osa pas la contrarier. Un court silence passa avant que Regina ne reprenne :
- Est ce que tu peux aller chercher Henry et Zelena ? Dis-leur aussi que je ne suis pas prête à changer d'avis, pour gagner du temps.
Le trajet du retour se fit très silencieux. Emma tenta plusieurs fois de commencer une conversation, mais face au silence qu'adoptait Regina, elle se ravisa, et finit par ne plus rien essayer du tout. Elle attendit simplement.
Lorsqu'ils furent arrivés, Zelena pris discrètement sa sœur à l'écart. De loin, la blonde faisait mine d'avoir une conversation avec Henry mais était en fait bien trop piquée par la curiosité pour ne pas espionner leurs réactions, à défaut de pouvoir les entendre, du coin de l'œil. Regina n'avait pas l'air de parler beaucoup, elle attendait simplement les bras croisés que la longue tirade de son aînée soit terminée. Cette dernière, elle, avait l'air de passer par toutes les émotions. Tout d'abord elle commença par être subjuguée par une grosse colère et ressembla à sa mère durant quelques secondes à travers les yeux d'Emma. Puis elle se mit à pleurer et à prendre sa sœur dans ses bras en se morfondant très certainement en excuses. Regina, qui n'avait toujours pas bronché, continua de lui prêter oreille plus ou moins attentive. Finalement, elle essuya ses quelques larmes du bout de ses doigts délicats et discuta encore quelques instants avec elle avant de se décider à rejoindre les autres. La rouquine tira alors tendrement la manche d'Henry.
- Viens p'tit gars ! Fit-elle doucement. Ta mère et Emma ont besoin de parler. Tu vas venir un peu chez tata ce soir.
Il acquiesça tel le petit garçon bien élevé qu'il était, embrassa les deux femmes, et suivit sa tante dans sa voiture, garée plus loin.
- Wow ! Fit alors Emma lorsqu'elles furent seules. Je sais… Je devrais faire semblant que je n'ai pas essayé d'épier votre conversation, mais j'ai pas résisté à l'envie de savoir…Et ta sœur… Elle était triste, en colère ou heureuse ?
- Ma sœur est bipolaire.
La blonde laissa échapper un petit rire devant la petite plaisanterie de Regina qui ne la faisait pas rire elle même. Emma ravisa son sourire, sentant que la situation la tendait beaucoup trop pour se laisser aller à se raconter des histoires drôles.
- Si on montait ? Proposa-t-elle alors pour mettre fin à cette situation embarrassante.
La brune acquiesça simplement d'un signe de tête et emboita le pas à son amie.
- Pourquoi tu lui as dit ? Se décida enfin à demander Emma en apportant un verre de vin à Regina, installée sur le canapé, le regard dans le vide.
Cette question, pourtant délicatement posée fit légèrement sursauter la brune alors que sa compagne s'installa à ses côtés, le coude sur le dossier de son sofa.
- Parce qu'elle n'avait pas à te parler comme ça.
Emma se retint de rougir et de la prendre fort dans ses bras, car c'est tout ce qu'elle voulait entendre. Elle attendit simplement la suite.
- Je la déteste si tu savais.
Une légère et unique larme coula le long de sa joue. Mais ce n'était pas de la tristesse et la blonde put aisément s'en apercevoir. C'était de la colère, de la haine et de l'épuisement.
- Reg… Ecoute, je sais que là elle t'a vraiment mise hors de tes gonds. Mais je sais aussi que tu ne le penses pas. C'est ta mère…
La brune détourna alors de la fenêtre un regard empli de colère qu'elle ancra dans ses yeux.
- Tu la connais pas, ok ? S'énerva-t-elle en serrant les poings. Tu sais pas tout ce qu'elle a fait subir à mon père, à Zelena et à moi. Tu connais rien de tout ça.
Puis elle se détourna légèrement d'elle. Emma, elle, se sentit profondément blessée, mais elle savait sa compagne dans la détresse, et connaissant son caractère, elle ne pouvait pas lui en vouloir pour cela. Puis un éclat de verre se fit retentir les faisant sursauter toutes deux. Dans son excès d'irritation, et à force de contracter ses muscles, Regina venait de faire exploser son verre qu'elle tenait dans sa main droite. La brune, toujours dans l'incompréhension, regarda avec questionnement les quelques filaments de sang qui s'échappaient de sa paume vers son avant bras. Lorsqu'elle réalisa quelques secondes plus tard, Emma paniquait déjà et s'était rendue à sa pharmacie de secours pour lui apporter de quoi se désinfecter et se bander la main. Lorsqu'elle fut revenue à toute vitesse, elle reprit sa même place et commença à lui appliquer le produit.
- Aïe ! Se plaignit-elle en grimaçant, les yeux toujours rivés sur sa main.
A vrai dire, elle ne voulait pas lever le regard, et elle ne voulait pas s'admettre qu'elle avait affreusement honte de croiser celui d'Emma. Elle aurait préféré se cacher milles fois que de devoir encore s'excuser pour son comportement insupportable envers elle, alors qu'elle était un véritable amour.
- C'est normal que ça pique… La rassura-t-elle ensuite d'une voix douce et légèrement maternelle.
- Désolée pour les tâches de vin sur ton canapé.
Actuellement, c'était la seule excuse valable qu'elle arrivait à formuler. Emma le comprit vite et fronça des sourcils en lui bandant la main. Elle chercha inlassablement son regard. Puis lorsqu'elle eut terminé, elle reposa tout ce qui lui avait servit sur la table basse. Elle releva alors immédiatement le menton de Regina pour la forcer à lui faire face et d'une voix qu'elle voulait toujours aussi tendre, elle reprit :
- Je serai absolument ravie de savoir ce qu'elle vous a fait à tous les trois, alors…
La brune fronça des sourcils.
- Pourquoi tu es si patiente avec moi ? Soupira-t-elle, déçue d'elle-même.
Emma lui sourit, prit ensuite sa main blessée dans la sienne et la porta à ses lèvres pour y déposer un délicat baiser.
- Parce que, j'en ai envie. Tu en vaux la peine, contrairement à ce que tu peux penser de toi.
Elle aurait rêvé de pouvoir lui hurler que c'était parce qu'elle l'appréciait peut-être trop. Que ses sentiments évoluaient et que la seule et unique chose dont elle était absolument certaine, c'est qu'elle ne voulait pas la perdre, puisqu'elle était la plus belle chose qui lui soit arrivée depuis très longtemps. Seulement elle ne le fit pas, simplement parce qu'elle jugea que Regina en avait assez fait et entendu, aujourd'hui.
- Elle a quitté mon père. Quand Zelena avait 10 ans et moi 7, répondit-elle moins durement alors quelques minutes après. Elle nous a laissé pendant 5 ans. Pendant 5 ans on n'a même plus entendu parler d'elle. Mon père a élevé Zelena comme sa propre fille, parce que ma mère n'a jamais jugé bon de lui dire qui était le sien. Je ne sais même pas si elle-même connaît son identité… Mon père… Heureusement qu'il était là…
Elle s'arrêta quelques instants le regard nostalgique. Elle repensait, en regardant à travers la vitre qui donnait une splendide vue de Chicago, à son enfance, et à ses 5 ans passés en la compagnie de leur père. Puis elle grimaça en pensant à sa mère qui était ensuite revenu, et se rappela alors qu'elle n'avait pas terminé de se confier à Emma.
- C'est devenu Papa pour Zelena aussi. Puis elle est revenue… Zelena avait 15 ans, et moi 12. J'ai cru au départ que ce serait la meilleure année de notre vie. Qu'on allait enfin pouvoir reconstruire une famille, tous ensemble. C'était stupide.
Un court silence passa.
- Je n'aurais jamais dû lui faire confiance. Mais ma sœur et moi, on était tellement heureuses de la revoir enfin… Et puis… Quand on est un enfant, on pardonne facilement, et on est pas tellement rancunier. C'est avec le temps que ça vient…
Elle soupira.
- Pardonne-moi, tu pourrais m'apporter un nouveau verre de vin s'il te plait Emma ? J'en aurais vraiment besoin…
La blonde se tapa la tête en se maudissant de n'y avoir pas pensé lorsque le précèdent a littéralement explosé entre les mains de son amante. Lorsqu'elle fut revenue, elle osa un petit sourire.
- Tu vas pas le casser, celui-là ? Lui lança-t-elle avec un clin d'œil.
Regina répondit simplement par un sincère petit rire. De courte durée, certes, mais la blonde fut ravie de son petit effet. Elle en prit quelques gorgées avant qu'Emma ne l'invite gentiment à poursuivre, dès lors qu'elle serait prête pour cela. Elle finit par reprendre d'elle même :
- Mon père a toujours pensé à notre bien, avant tout. Lorsqu'il a remarqué la joie avec laquelle on accueillait ma mère, il a décidé de la laisser faire parti de notre vie sans lui faire d'histoires, malgré ce qu'elle lui avait fait. Même si honnêtement je ne sais pas pourquoi il a décidé une chose pareille… Il pensait certainement tellement aveuglément à notre bonheur de l'instant présent qu'il n'a pas forcément réfléchi au fait que ce n'était pas la meilleure des solutions.
Un long silence passa.
- Ton père est quelqu'un de courageux ! Se risqua Emma. Et quelqu'un de bien.
- Je sais… Soupira-t-elle.
- Ça s'est mal passé dès son arrivée ?
- Oh non ! Au début c'était le rêve. La maman idéale. Elle ne nous montrait pas du tout d'affection, mais elle était simplement là. C'était une oreille attentive pour nous. Deux filles en pleine crise d'adolescence ont besoin de ça. Puis tout a dégénéré quand Zelena a eu 17 ans et son premier petit copain sérieux, qu'elle voulait présenter à mes parents. Quand elle en a parlé à mon père, il lui a simplement dit de faire attention avec les garçons. Qu'il avait été jeune et stupide et qu'il savait ce que c'était. Mais elle avait son entière bénédiction. Lorsqu'elle en a parlé à ma mère, la réaction a été totalement différente. Elle lui a dit, ou plutôt hurlé que c'était une trainée et lui a collé une immense gifle dont elle doit surement se rappeler encore. Elle n'a ensuite fait que de nous dire que l'amour était une faiblesse, un emprisonnement, et qu'il ne fallait jamais se laisser aller à la tendresse, ou alors on ne serait jamais libre de vivre comme on le veut. Même l'amour familial, c'était trop pour elle. D'ailleurs elle n'a plus voulu nous voir toutes les deux ensembles pendant quelques temps après ça. C'était affreusement dur… Elle voulait certainement que ses deux filles vivent exactement comme elle. Froide et seule. A partir de ce moment là, elle a voulu de nous comme femmes de pouvoir, solitaire, et elle a empêché à Zelena de voir ce garçon.
Emma déglutit. Pouvait-on être aussi cruel ? Et surtout envers ses enfants ?
- Vous… Comment vous avez réagi ? Demanda-t-elle stupéfaite des propos de Regina.
- On lui a obéit. On était jeunes. Et en grandissant, on a jamais réussi à se détacher de l'emprise qu'elle avait sur nous. Il y a quelques semaines je n'aurais jamais imaginé pouvoir trouver la force et le courage de lui parler comme je l'ai fait aujourd'hui, simplement par peur.
- Qu'est-ce qui a changé ?
Regina se tourna vers Emma et ne répondit pas. Elle prit un peu brutalement le visage de la blonde entre ses mains et l'embrassa passionnément.
- Pardonne-moi de t'avoir mal parlé tout à l'heure ! Fit-elle une fois leurs lèvres détachées. Tu mérites mieux que m…
- Que toi ? Rit ironiquement Emma en s'éloignant d'elle. Tu te fous de moi c'est ça ?
La brune lui sourit en lui caressant le visage du dos de sa main bandée.
- En tout cas, ajouta-t-elle d'un ton plus léger, je retire ce que j'ai dit. Ta mère est une belle salope !
Puis elles rirent toutes deux en buvant une gorgée de leur verre.
- Tu es devenue maire à cause d'elle ?
- Et j'ai épousé Robin à cause d'elle. C'est la vie rêvée qu'elle voulait pour moi. Diriger une ville et me marier à un politicien. Parfait pour elle. Elle aimait Robin car elle ne m'en savait pas amoureuse. Elle ne voulait surtout pas que ses filles tombent amoureuses. Aller savoir pourquoi elle s'entêtait à vouloir que tout le monde soit aussi glacial qu'elle. Elle a réussi… En tout cas.
- Et Zelena ? Questionna Emma, curieuse.
- Elle n'est pas mariée. Ce qui est encore mieux de son point de vue. Elle vit une relation qu'elle cache à ma mère parce que justement, elle est amoureuse. Elle est chirurgienne.
- Wow ! Lâcha la blonde, ébahie. Elle a complétement dicté vos vies.
- C'est triste je sais…
Elle saisit alors le visage de Regina, qui avait baissé les yeux.
- Regarde-moi ! Ordonna-t-elle sèchement. Elle n'a pas réussi. Tu n'es pas glaciale. Zelena ne l'est pas. Vous êtes toutes les deux de belles personnes. Et vous allez vous défaire absolument de son emprise. Tu as parfaitement commencé le travail aujourd'hui. J'ai confiance en vous deux !
Elle lui sourit puis avala de nouveau une gorgée, suivit de près par Emma, qui reprit possession de son verre qu'elle avait déposé sur la table.
- Ton père n'a jamais rien dit ? Par rapport à ce qu'elle vous faisait vivre ?
- Il était persuadé qu'il ne s'en sortait pas, tout seul. Il croyait qu'on avait besoin de la présence d'une mère. Devant son désespoir on a jamais osé lui dire qu'on n'en voulait pas d'une comme elle.
- Comment il a fait durant ces 5 années ?
- Il a fait beaucoup d'erreurs. Tout le monde en fait. Mais lui croyait simplement que c'est parce qu'il était seul qu'ils les avaient commises.
Regina souffla longuement.
- Je n'en avais jamais parlé. Pas même à Robin avec qui j'ai été longuement mariée.
- Et hypocritement ! Se dépêcha d'ajouter Emma, avec une pointe de jalousie très perceptible.
- Oui. C'est vrai.
La blonde semblait réfléchir quelques instants quand elle se lança.
- J'ai une question à te poser avant qu'on ne change totalement de sujet et que je ne trouve pas une manière autrement que maladroite de te demander ça.
- Dis-moi !
- Elle a foutu quoi ta mère pendant ces 5 ans ?
- Oh. Eh bien, elle a certainement couru les hommes dans sa soif de pouvoir et d'argent. Puis elle a fait un enfant, par accident. Un garçon je crois. Elle a pas tardé. Il a juste 8 ans de moins que moi.
Emma s'étrangla avec son vin rouge.
- Un gosse ? Putain Regina tu m'avais pas dit que t'avais un frère.
- Je ne l'ai jamais rencontré. Je ne connais même pas son prénom. Ma mère pensait que ce serait s'attacher de nouveau à quelqu'un et elle n'a jamais voulu qu'on en reparle. Pendant qu'on était chez Papa elle s'occupait de lui puis le refilait à son père quand on venait la voir. J'ai dû le croiser quelques fois mais ça n'est jamais allé plus loin qu'un bonjour lointain.
Un court silence passa et Emma était tellement sous le choc qu'elle ne trouva rien à ajouter.
- On peut arrêter, s'il te plait ? Supplia presque Regina avec une voix légèrement enfantine.
Emma lui sourit radieusement et lui ouvrit ses bras pour que son amante vienne s'y réfugier.
- Je suis tellement fière de toi Reg… Fit-elle en resserrant son étreinte encore plus fort. En te confiant comme tu l'as fait aujourd'hui tu lui as prouvé que tu étais devenue l'inverse de ce qu'elle voulait.
La blonde ne vit pas le visage de sa compagne, déposé sur son torse, mais elle aurait pu jurer que quelques larmes coulaient sur ses joues. Simplement l'émotion, puis le soulagement, sans doute, et enfin la fatigue.
- Je voudrais rencontrer ta famille, Emma… Pour de vrai cette fois.
- Hein ? Fit-elle brusquement. Sérieux ?
- Oui… Soupira-t-elle la voix presque endormie. Je veux rencontrer des personnes qui connaissent l'amour et qui n'en ont pas peur. Je veux sortir de ma prison.
Emma se pinça la lèvre puis lui caressa les cheveux, lui permettant de s'endormir ainsi. Dans son cœur, c'était la plus belle demande qu'on ne lui avait jamais faite.
