Anaya
Cette matinée-là, je me sentis nauséeuse. Cela faisait des années que je ne m'étais pas retrouvée dans une nouvelle école et avoir abandonné tous mes amis du précédent lycée m'avait rendue malade. Mais nous n'avions pas eu le choix, avec maman, mon père étant muté dans cette région de Sweet Amoris à cause de son travail de policier.
Je soupirai, mon corps était lourd comme si j'avais ingurgité du plomb, n'ayant aucune envie de quitter ce lit douillet et ces couvertures chaudes. Mais j'entendis les pas de ma mère dans les escaliers et il ne fallut pas longtemps avant qu'elle frappe doucement contre la porte.
« Anaya, ma chérie, es-tu réveillée ? Me demanda t-elle d'une petite voix.
_O-Oui, grognai-je, je ne vais pas tarder à descendre, Maman.
_Bien, le petit déjeuner est prêt, m'informa t-elle. »
Je poussai à nouveau un long soupir tout en passant une main dans mes longs cheveux bruns qui étaient éparpillés de façon désordonnée sur l'oreiller. Je clignai des yeux plusieurs fois tout en étirant mes bras au-dessus de moi tout en laissant échapper un bâillement.
Puis, je me levai enfin. J'enfilai un peignoir en soie de couleur rose, ma préférée, mes pantoufles de la même teinte et je descendis au rez-de-chaussée rejoindre ma maman qui avait fait des pancakes pour l'occasion, ce que je préfère. J'attrapai la bouteille de sirop d'érable et en déposai un peu sur la pâtisserie.
« Tu m'as l'air contrariée, ma chérie, remarqua ma mère.
_Je suis un peu anxieuse, oui, avouai-je, mais je finis toujours par devenir positive.
_Sache que si tu ne te sens pas bien, tu peux toujours reporter ta rentrée à demain.
_Non, cela ne servira à rien, autant prendre le taureau par les cornes aujourd'hui et ne pas repousser à demain, dis-je, soudainement confiante. »
Elle m'offrit son plus beau sourire, celui dont j'avais hérité. Cependant, son regard n'était pas posé sur moi et je tournai la tête pour apercevoir mon père, dans le couloir menant à la pièce dans laquelle nous étions.
« Salut Papa, lançai-je alors qu'il se servit une tasse de café.
_Bonjour ma fille, tu as passé une bonne nuit ?
_J'ai connu mieux mais que veux-tu, c'est la vie, lâchai-je avant de finir mon jus d'oranges. »
Sans même lui laisser le temps d'ajouter quelque chose, je me dirigeai vers l'étage. Je préparai mes vêtements et allai prendre ma douche. Une vingtaine de minutes plus tard, j'étais habillée d'une tunique en soie kaki laissant apparaître un petit décolleté et d'un leggings en cuir noir tandis que mes cheveux étaient attachés en une longue queue de cheval. Je m'étais maquillée légèrement les paupières avec un peu de fard rose gold et avait tracé un trait fin d'eyeliner qui fit ressortir la couleur bleu de mes yeux.
« Tu es prête ? Me questionna ma mère après être entrée dans ma chambre.
_Maman, tu m'as fait peur, m'exclamai-je, ce n'est pas dans ton habitude d'entrer sans frapper.
_Je suis désolée… Mais il faudra que l'on parle un peu, ce soir, tous les trois. »
Je soufflai bruyamment, agacée.
« Maman, une énième discussion ne serait pas utile. J'ai déjà tout dit et je ne rajouterai rien de plus, dis-je froidement. »
Tout à coup, je me sentis coupable. Je n'avais jamais parlé à ma mère de cette façon et je baissai la tête.
« Excuse-moi, je n'ai pas à m'en prendre à toi, murmurai-je.
_Ne t'en fais pas, je te comprends, ma fille, répondit-elle avant de disparaître. »
Je me laissai tomber sur mon lit et fermai les yeux.
« Fait chier… »
Une dizaine de minutes plus tard, c'est avec mes ballerines kaki pour être assortie à mon haut et une veste en cuir sur les épaules que je m'apprêtais à sortir mais mon père m'interpella.
«Anaya, passe une bonne journée ma Princesse. »
Je ne répondis pas et quittai la maison. N'étant pas très loin du lycée, je m'y rendis à pieds, la marche me fit un bien fou, les rayons du soleil me caressaient le visage tandis que la brise repoussait ma chevelure dans mon dos.
Une fois devant le lycée, je scrutai le bâtiment. C'était plutôt mignon et j'esquissai un petit sourire mélancolique avant de tourner la tête, alertée par des bruits de pas ou même le claquement de talons sur le béton. Trois filles se dirigeaient dans ma direction la première, une brune avec des airs asiatiques la deuxième, une avec des cheveux châtains et un piercing à l'arcade et enfin, la troisième, une blonde dont la marche était assurée.
« Une vraie bimbo celle-là, pensai-je. »
Avant de pénétrer à l'intérieur de l'endroit, elles s'arrêtèrent devant moi et la susnommée me dévisagea de haut en bas avant de sourire sournoisement.
« Hum, lâcha t-elle en haussant les épaules. »
Puis elles continuèrent leur route en pouffant. Je levai un sourcil, me posant diverses sortes de questions. Alors que j'étais dans mes pensées, un bruit sourd attira mon attention de nouveau. Je regardai en direction de l'engin qui commençait à ralentir pour s'arrêter devant le lycée.
Descendant de la moto, ce garçon retira son casque lentement et je découvris sa chevelure flamboyante. Sans que je ne sache pour quelle raison, mon coeur se mit à battre plus fort dans ma poitrine. Il avait cet air de bad boy et je devais avouer que c'est souvent ce genre de mecs dont je m'entiche.
Il avança, tenant l'engin entre ses mains et passa à côté de moi, comme les pimbêches l'avait fait, il me scruta de haut en bas, un sourire en coin sur le visage. Gênée, je ne m'attardai pas sur lui et tournai les talons pour entrer dans la cour du lycée.
Je n'avais pas l'intention de tomber amoureuse, ma priorité étant mes études, bien décidée à intégrer, plus tard, la plus prestigieuse école d'arts.
