Castiel

Lorsque la pause déjeuner fut signalée, avec Lysandre, nous sortîmes dans la cour à la recherche d'un coin tranquille pour discuter de notre week-end où nous avions passé pas mal de temps à écrire des textes et composer des notes pour nos prochaines chansons.

Arrivés près d'un banc qui était surplombé d'un arbre gigantesque, nous nous assîmes et il sortit immédiatement son calepin et son stylo.

« Tu as déjà une nouvelle idée ? Le questionnai-je.

_Absolument et il faut que je la note au risque de l'oublier, ricana t-il.

_Ouais… »

L'extérieur était désert et tous les autres devaient être en train de faire la queue à la cantine. J'observai mon ami, la tête plongée dans son bloc-notes, en souriant. Le soleil me caressait la peau, c'était très agréable. Je respirai profondément avant de sortir un paquet de cigarettes de ma poche de veste en cuir. J'en coinçai une entre mes lèvres et cherchai mon briquet dont la flamme crépita quand je l'eus allumé.

Tirant une bouffée de nicotine, son visage m'apparut à nouveau à l'esprit. Pourquoi ? Pour quelle raison cette nouvelle ne m'était pas totalement inconnue ? J'avais beau cherché dans mes souvenirs, aucun ne me marquait vraiment.

« Castiel ? Appelait mon camarade. Tout va bien ?

_Ouais, répondis-je en relâchant la fumée.

_Tu as l'air préoccupé, ça change de d'habitude, rit-il.

_Non, juste que je me prends la tête pour des conneries et tu sais à quel point c'est pénible quand c'est le cas. »

Les trois quarts du temps, je n'étais pas du genre à réfléchir et prenais la vie comme elle venait mais aujourd'hui, c'était différent et cela commençait fortement à m'agacer.

Soudain, mes pensées furent interrompues par l'ouverture assez violente des portes d'entrée du réfectoire et je vis cette fille en sortir, celle dont le visage me revenait souvent en tête sans que j'en sache pourquoi.

Instinctivement, je me levai et fis un pas en avant mais me stoppai finalement. Lysandre me toisait du coin de l'oeil et je serrai les poings.

« Mais qu'est-ce qui me prend, putain ?! Criai-je. »

Je frappai rageusement dans un caillou qui alla s'écraser contre le mur d'en face puis jetai mon mégot de cigarette à terre, l'écrasant furieusement sous la semelle de ma chaussure.

Ce fut au tour de Rosalya de sortir du bâtiment en criant après la gamine. Quoi ? Pourquoi ce surnom me venait-il en tête ? Je soupirai, à présent énervé.

« Tu ne veux pas aller voir ce qui se passe ? M'interrogea mon ami.

_Non, je m'en fous, c'est encore une histoire de nana ça, lâchai-je.

_Ou alors c'est une nouvelle fois de la faute d'Ambre et ses copines. »

Je levai les yeux vers mon comparse et suivis son regard qui donnait sur l'une des baies vitrées de la cantine. J'aperçus ces trois dindes en train de rire. N'y tenant plus, je décidai malgré tout d'aller leur rendre une petite visite. Le sac sur mon épaule, j'allai en direction du réfectoire et entrai.

Ambre vînt d'elle-même à mon encontre. Ses deux toutous arrivèrent peu après.

« Castiel, ronronna t-elle presque, tu veux manger avec nous ?

_Nan, t'as fait quoi à la nouvelle ? Demandai-je sans prendre de gants.

_Rien du tout bien que j'aurais aimé être la personne qui l'a persécutée mais elle s'est levée en chouinant avant de sortir, expliqua t-elle. »

Dieu sait que j'aurais aimé lui en mettre une à cet instant mais je n'étais pas un homme violent, enfin, envers les femmes bien que parfois colérique.

« Où sont ses affaires ? »

Sans même leur laisser le temps de répondre, je me dirigeai vers la table où étaient installés ses « amis ».

« Castiel, débuta Nathaniel, nous ne t'attendions pas, navré.

_Ne commence pas à me provoquer, je prends juste le sac de la nouvelle et j'me tire, rétorquai-je.

_On le lui amènera, inutile que tu te donnes cette peine, continua le blondinet.

_La ferme, j'ai décidé que je m'en occuperai alors tu me lâches, ok ? »

Il se renfrogna mais je vis Mélody esquisser un sourire.

« Merci Castiel, dit-elle.

_Hn, fis-je simplement. »

Je pris donc les affaires d'Anaya et sortis, direction les toilettes de l'autre bâtiment. Devant ceux-ci, je pus voir de nouveau le trio d'idiotes, visiblement, elles venaient d'en sortir.

Elles prirent le sens inverse et je remerciai le ciel pour ça, ne voulant pas les croiser au risque d'être méchant. J'avançai donc jusque la porte et toquai. Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'elle ne s'ouvre, tombant nez à nez avec la nouvelle.

« Castiel, s'enjoua Rosalya, c'est vraiment gentil de lui avoir amené son sac !

_Hn… J'ai eu pitié, répondis-je en lui tendant le sac.

_Merci. »

Elle attrapa la besace et plongea ses yeux dans les miens. J'y vis une lueur inconnue briller au fond de ses pupilles et un sourire se dessiner sur ses lèvres avant que ses longs cheveux ne disparaissent de ma vue eux aussi.

« Bon sang… Grognai-je. »