Anaya
La pause du midi venait de se terminer et nous étions rentrés dans la salle de classe pour notre cours de mathématiques. Je n'arrivais pas à me sortir cette scène de la tête. Pourquoi avais-je réagis de la sorte, vous savez, comme dans les films qui passent ce moment au ralenti pour lui donner davantage d'importance ? Je soupirai, attirant soudainement l'attention du professeur.
« Mademoiselle Anaya, mon cours vous ennuie ? Demanda t-il en fronçant les sourcils, visiblement mécontent.
_Non, excusez-moi, je pensais à une chose et j'ai lâché ce soupir sans réfléchir, répondis-je, gênée. »
Il n'en ajouta pas davantage et je remerciai silencieusement le ciel. Toutefois, j'entendis le trio de gourdes ricaner mais je décidai de les ignorer. Ne dit-on pas que le silence est le plus beau des mépris ? Quant à Castiel, j'aperçus du coin de l'oeil son magnifique sourire, visiblement ravi par mon sort.
Je ne voulais pas l'admettre mais ce garçon était terriblement canon. Il était grand, finement musclé et avec une belle gueule, que demander de plus ? De plus, son sourire était à tomber par terre sans oublier ses yeux d'acier qui vous transpercent.
Soudain, cette image me frappa de pleins fouet et me rappela cette soirée où il m'avait sauvée. Visiblement, il ne s'en souvenait pas contrairement à moi qui ne pouvait oublier un tel regard, surtout cette couleur peu banale d'autant plus attirante. Je me mis une gifle imaginaire, arrêtant de fantasmer.
A l'intercours, le maître nous laissa cinq minutes pour souffler un peu. J'en profitai pour mettre mes écouteurs et écouter l'une des musiques des Winged Skull. l'un de mes groupes favoris. Je vis le jeune homme se lever et son ombre se décala vers moi, il posa une de ses mains sur ma table et attrapa une oreillette qu'il mit dans son oreille.
Je relevai doucement la tête et son regard me fit frissonner et son sourire fondre. Puis, lentement, il balança la tête comme pour profiter de la mélodie. Cela fit étirer mes lèvres et je fis de même, sans le quitter des yeux. Ses prunelles étaient tellement jolies que je m'y perdis un moment.
« Je ne vous dérange pas ? Questionna Rosalya, amusée. »
Je concentrai mon attention sur la demoiselle qui m'observait, les iris brillantes de malice. Lysandre nous observait, lui aussi, et semblait également réjouit. Je donnai un coup de coude à la jeune fille et éclatai de rire.
« Bien sûr que non, idiote, c'est plutôt Castiel qui est venu m'interrompre ! Raillai-je faussement.
_Tu ne semblais pas si mécontente il y a un instant, fit-il remarquer, toujours ce rictus sur le visage.
_Effectivement, je ne le suis pas, le provoquai-je. »
Nous nous toisâmes un moment avant qu'il tourne la tête en ricanant. Il approcha sa main de mon oreille et captura l'une de mes mèches de cheveux qu'il porta à sa bouche. Bien que ce fut simple, ce geste me rendit toute chose et je sentis la chaleur se propager dans mes joues.
« La fleur d'oranger, chuchota t-il sensuellement. »
Tout à coup, je reçus une boulette de papier en pleine tête et, à en croire les rires des trois greluches, cela venait de la blonde superficielle. Je récupérai ma chevelure de la paume de Castiel et fourrai la boule dans ma poche, désirant lire le mot plus tard, sans qu'il soit dans les parages.
La cloche sonna, annonçant la fin des cours. Les élèves se dépêchèrent de sortir de la salle tandis que j'attendais patiemment à ma place, ne voulant pas être bousculée dans les couloirs. Je sortis la boulette de ma poche et la dépliai pour y lire le message d'Ambre.
« Oublie ça tout de suite, Castiel est à moi, je ne te laisserai pas lui mettre le grappin dessus, Miss Perfect. »
Je levai les yeux au ciel et serrai les poings. Mais de quel droit est-ce qu'elle me donne des ordres ? Rageuse, je me levai brusquement de ma chaise et sortis de la pièce, déboulant rapidement dans le couloir mais je me cognai contre un torse.
« C-Castiel, bredouillai-je en relevant la tête, excuse-moi, je ne regardais pas où j'allais.
_Pourquoi tu te la joues Speedy Gonzales comme ça ? Interrogea t-il en riant. Tu fuis quelqu'un ?
_Non… Je suis furieuse après cette idiote d'Ambre, avouai-je en m'éloignant un peu, elle me menace presque.
_Comment ça ? Demanda t-il, soudainement plus sérieux. Laisse-moi deviner, elle t'a dit de m'oublier et que j'étais chasse gardée, c'est ça ? »
Je le regardai, abasourdie. Comment était-il au courant ?
« Et là, tu te demandes comment je suis au courant, n'est-ce pas ? »
Il souriait, amusé.
« Oui, enfin, non… Tu m'énerves toi aussi ! M'exclamai-je en levant les mains au ciel. Et puis qui tomberait sous le charme d'un type tel que toi ? »
Je pris le chemin de la sortie mais fus rapidement plaquée contre l'un des casiers. Surprise, je laissai échapper un gémissement et fermai les yeux avant de les rouvrir doucement.
« Tu oses dire ça alors que tu ne connais rien de moi, fit-il en me scrutant intensément. »
Il avait raison. Cependant, cette situation m'amusait et j'allais en profiter. Je posai une main contre son torse et l'autre sur sa hanche avant de me hisser sur la pointe de mes pieds, lui murmurant à l'oreille :
« Alors apprends-moi des choses à ton sujet, Castiel, dis-je en insistant bien sur son prénom. »
Satisfaite, je repris ma route, le laissant pantois. Mais il me rattrapa facilement, me collant de nouveau au mur. Sans que je m'y attende, il se pencha vers moi et m'embrassa presque violemment. Je mis quelques secondes avant de réagir et de lui rendre son baiser, enroulant mes bras autour de son cou et collant mon corps au sien, lui extirpant au passage un petit grognement plus ou moins sexy.
Sans attendre, il passa sa langue sur mes lèvres, comme pour me demander l'accord pour rejoindre la mienne. J'acceptai et notre baiser fut long et langoureux. Ses mains s'étaient posées sur mes fesses et notre étreinte nous fit frissonner. A bout de souffle, nous nous éloignâmes.
« Eh bien dis donc, pour une fille qui ne semblait pas intéressée, tu as fait preuve d'une sacrée fougue, me fit-il remarquer.
_Tu es un garçon mignon et je n'ai pas dit que je ne serai pas intéressée mais bien que je ne tomberai pas sous ton charme, rectifiai-je.
_Ah parce qu'il y a une différence ? Demanda t-il en levant un sourcil. »
Je me mis à rire et déposai un rapide baiser sur sa joue.
« Tu poses trop de questions ! Aller, je me sauve, mes parents m'attendent sûrement, à demain, Castiel. »
Une nouvelle fois, j'avais insisté sur son prénom. Je me dépêchai de rentrer afin qu'il ne me rattrape pas de nouveau, sur un petit nuage.
