Et oui ! Un deuxième chapitre très vite arrivé. Je ne voulais pas vous faire trop patienter. Le chapitre précédent était relativement court et ne laissait pas trop voir comment les choses allaient se passer. Voici la grande rencontre, Sherlock et Molly. Je ne suis jamais satisfaite de mes chapitres. Je vous laisse donc juge de cela en espérant que vous aimerez. J'espère vous faire passez un beau moment avec cette deuxième étape de la fiction. Coeur à tous ceux qui commence à suivre et qui ont commentés. Vous êtes adorable.
CHAPITRE DEUX
Molly Hooper aimait lorsque les choses étaient bien faite. C'est une chose dont la félicitait son employeur. Le matin, elle se levait tôt afin de pouvoir se préparer. Elle appréciait le silence et le calme qui régnait dans la maison. Elle aimait se retrouver seule face à l'antre du four de la cuisine.
Elle avait pour habitude de s'y réchauffer lorsqu'elle préparait le petit déjeuné de son maître. Son visage n'était pour une fois pas plein de suis. Elle passa une main sur ce dernier pour vérifier qu'il n'y est aucune trace. Elle déplia son tablier et l'accrocha autour de sa taille fine. Le nœud qu'elle fit dans son dos tomba mollement sur ses reins. Elle passa le plat de sa main pour éliminé le plus de plies qui étaient tenaces.
Lorsqu'elle fut satisfaite, elle se dirigea vers la salle à manger en souriant de toutes ses dents. Elle fut heureuse d'y retrouver son employeur qui releva son regard cerné dont les rides se soulevèrent quand son regard croisa celui de la jeune femme. Elle se planta devant lui en posant sagement ses deux mains devant elle.
La lumière du matin s'infiltrait dans le salon et semblait embellir les lieux remplit de lourds tissus rouges qui encadraient les fenêtres.
— Bonjour .
Le vieille homme qui était attablé déposa son journal sur la table et laissa un sourire ourlet ses fines lèvres. Il appréciait la douceur et le calme que dégageait sa domestique. Il avait toujours apprécié la discrétion et le caractère humble de Molly. Chaque jour, il se félicitait de l'avoir recueilli.
— Molly, dit-il en guise de salutation. Sentirais-je le parfum de votre délicieux bacon aux œufs ?
La jeune femme rassembla ses mains devant ses hanches en souriant davantage, touchée par le compliment de son employeur. était un homme âgé qui l'avait embauché lorsqu'elle n'avait que treize ans. Elle se souvenait avoir apprit aux côtés d'Annie le métier de servante. Cela n'avait pas toujours été évident, mais le courage et la ténacité de la jeune femme lui avait permit de devenir ce qu'elle était aujourd'hui.
Depuis, elle remerciait intérieurement cet homme de l'avoir sauver de la rue. Elle avait été beaucoup trop âgée pour les orphelinats, ils n'auraient jamais voulu d'elle, et elle savait parfaitement ce qui attendait les femmes qui n'avait pas d'époux. Cette pensée ébranla un peu sa bonne humeur. Elle n'aimait pas penser à ça. Cela la rendait mélancolique. Elle décida rapidement de balayer cette mauvaise pensée.
— Oui Monsieur.
— Merveilleux, cela sont mes préférés, s'exclama-t-il comme un enfant.
L'homme s'empara d'une des fourchettes en argent et pique un des morceaux de bacon qu'il porta à sa bouche. Un grognement rocailleux de plaisir s'en échappa se qui fit davantage sourire Molly.
Elle trouvait toujours cela amusant de le voir savourer ce qu'elle préparait. Il lui rappelait un peu son père lorsqu'elle avait confectionné ses premières tartes au citron. Une nouvelle fois, son cœur se serra dans sa poitrine mais ne sembla pas l'avoir remarqué.
— Fabuleux. Vous êtes une incroyable cuisinière. Mais ne le dites pas à Annie, je ne tiens pas à subir ses regards furieux, dit-il dans un petit rire.
Les propos de l'homme lui firent naître un sourire chaleureux. Elle se redressa comme si ses mots avaient gonflés sa poitrine. Elle sentit chaque partie de sa colonne vertébrale se déplier. Ses poumons se gonflèrent et ses fossettes se creusèrent.
— Je vous remercie, Monsieur.
Il coupa un nouveau morceau qu'il porta à sa bouche. Mastiquant machinalement, il s'empara de son verre avant de reprendre la parole :
— Molly, un homme, Holmes ainsi que son associé Watson vont se présenter ce midi. Pourriez-vous préparer le repas pour trois ? Ses messieurs déjeuneront avec moi.
Elle se contenta d'opiner de la tête et l'homme reprit son repas en silence, jetant de temps à autre des regards en direction de son journal. Elle apprécia pendant le reste du déjeuné le silence qui régnait dans la maison.
Elle aimait ses instants de calme. Elle n'était pas très douée pour les discussions et le relationnel alors le silence lui convenait parfaitement. Molly Hooper était une de ses femmes qui mesurait la quantité de ses paroles à la qualité de ses idées. Cela était sans aucun doute la raison pour laquelle, elle n'arrivait jamais à filtrer avec le peu d'homme qui s'était intéressé à elle.
Tous ses codes de langages et de séduction l'épuisait avant même qu'elle ne commence. Annie lui avait souvent répété que cela était probablement dut au fait qu'elle n'ait jamais rencontré d'homme qui vaille la peine qu'elle se donne tant de mal.
Une fois son repas terminer, comme chaque jour, Molly débarrassa la table avant de s'échiner à préparer le déjeuné. Elle s'attela à proposer de la volaille ainsi que des petits légumes en accompagnement. Comme toujours, elle fut méticuleuse dans son travail, restant concentré sur sa tâche pendant une grande partie de la matinée.
Elle avait même eu le temps de dresser la table sans l'aide d'Annie. C'est avec un sourire satisfait qu'elle jeta un regard vers la grande pendule qui trônait sur un des murs de la cuisine. Elle avait tout fait à temps. A peine elle passa une main sur son front que la sonnerie d'entrée retentissait dans toute la maison.
Repositionnant son tablier proprement, elle vérifia que sa coiffure était parfaite. Elle aimait faire honneur au sénateur Adler en étant impeccable. Lorsqu'elle fut satisfaite, elle esquissa un sourire et se dirigea vers la porte d'entrée. Elle se prépara au vent glacial qui allait s'engouffrer dans la maison lorsqu'elle ouvrirait cette dernière. Avec délicatesse, elle saisit la poignée et la tira vers elle.
Soudain, le souffle de la jeune femme se coupa dans ses poumons et ses pupilles frémir. Elle avait l'impression de suffoquer.
Lorsque Molly le vit, elle sentit quelque chose dans sa poitrine battre un peu plus fort. Elle crut que son cœur allait sortir de sa cage thoracique, mais ce fut pire lorsque l'homme plongea ses iris d'acier dans les siens, qu'elle considérait si ordinaire.
Le poids de son regard était si écrasant, que la jeune femme sentit un charmant rouge carmin inonder ses pommettes. Elle tenta d'ouvrir la bouche, mais elle avait l'impression d'être clouée sur place.
Sa gorge s'était asséchée rapidement et elle ne savait pas si elle serait capable de déglutir correctement. Sa peau chauffa et les petits poils de sa nuque se redressaient. Il ne la lâcha pas du regard.
Elle remarqua la petite pression qu'il exerçait sur sa mâchoire, signe qu'il était agacé de son mutisme. Lorsqu'elle réussit enfin à prononcé un mot, elle regretta que ce dernier soit un ridicule bégayement.
— M-monsieur ?
— Je viens voir le sénateur Adler, asséna Sherlock en levant la missive qui lui avait été envoyé.
Le geste fut rude et violent pour la jeune femme qui dut cligner des yeux pour revenir à la réalité. Ses yeux se posèrent brièvement sur le morceau de papier qui était suspendu devant elle. Elle fit un bref mouvement de tête en signe d'accord.
— Oh, vous devez donc être M. Holmes.
Elle pencha sa tête sur le côté et remarqua une tête qui lui était familière. Elle reconnu immédiatement John Watson, le médecin du sénateur. Elle lui offrit un sourire crispé, trop mal à l'aise pour être naturel. Il la salua d'un geste de chapeau en lui retournant sa grimace.
Cet homme était quelqu'un qu'elle appréciait. Il avait fait accouché Annie lorsqu'elle avait été dans la misère la plus totale sans lui avait demandé le moindre sou. Molly savait que le docteur Watson était quelqu'un de bien. Tout comme son épouse Marie qu'elle voyait de temps à autre lorsqu'elle devait aller faire les courses de la semaine.
Sherlock leva les yeux au ciel, accablé par la réaction de la jeune femme. Il n'avait pas le temps pour cela.
— Voilà une déduction des plus brillantes. Mais, il semblerait que nous perdons un temps précieux.
Perturbée par la voix tranchante de Sherlock, elle se mordit nerveusement la lèvre en baissant son regard. Elle rassembla ses mains sous son tablier pour les triturer maladroitement. Elle pouvait sentir les yeux du détective la surplombé comme un aigle guettant sa proie. Dire que cela la mettait mal à l'aise aurait été un euphémisme. De plus, elle ne s'était pas attendu à ce que voix soit aussi grave et profonde. Se retenant de justesse de frémir, elle se rendit compte que la voix de l'homme la perturbait plus que tout.
— Euh… M. Adler vous attends dans le patio. Si vous souhaitez bien me suivre.
— Oh Molly, cela ne sera pas nécessaire, déclara le sénateur Adler qui débarqua derrière elle.
Cette dernière sursauta et se retourna vivement vers son maître qui se posta face aux deux hommes.
— Monsieur, je ne vous avais pas vu… Je- Je retourne en cuisine, déclara-t-elle en baissant son visage avant de s'échapper par une petite porte.
Lorsqu'elle se retrouva seule dans la cuisine, elle fonça en direction du repas qu'elle avait préparé. Elle se sentit immédiatement ridicule en songeant à la manière dont elle s'était comporté face à cet homme. Elle avait bien vu la façon dont-elle l'avait agacé.
C'était donc lui Sherlock Holmes.
Les photographies qu'elle avait vues de lui dans les journaux ne lui rendaient pas justice. La première impression qu'elle avait eut de lui était qu'il était un homme au charisme incroyable.
Sa posture, son regard, sa voix naturellement rauque. Toutes ses choses l'avaient chamboulé, perturbé et également fasciné. Comme une idiote, elle avait clignoté des yeux lorsqu'il lui avait parlé. Elle s'était sentit écrasée sous le poids du regard du détective. C'était comme si on lui avait plongé la tête sous l'eau, la laissant suffoquer en s'agitant de toute ses forces.
— Molly ?
La jeune femme baissa les yeux pour voir le fils d'Annie la scruter de ses grands yeux sombres. Instantanément un sourire fleurit sur ses lèvres tandis qu'elle laissa quelques secondes sa nervosité de côté.
Elle se pencha légèrement en avant pour mieux le voir et les quelques mèches de son chignons s'échappèrent pour danser devant ses yeux. Le regard pétillant, elle inspecta le jeune garçon qui semblait toujours déborder d'énergie.
—Billy. Que fais-tu ici ?
— M'sieur Adler n'avait rien à me demander aujourd'hui, dit-il en haussant ses frêles épaules. Maman elle est partie faire des courses. Donc je me suis dis que l'on pouvait aller jouer.
Elle pencha sa tête légèrement sur le côté en fronçant doucement des soucils.
— Je suis désolée, Billy. reçoit. Je dois m'occuper d'eux.
L'enfant croisa les bras, contrarié.
— Tu t'occupes toujours des autres. Tu ne t'amuses jamais.
Molly laissa un petit rire amusé s'échapper de sa gorge alors qu'elle s'accroupit pour être à la hauteur du garçon.
— Je te promets qu'après mon service, je te prépare des brownies avec un verre de lait et je te lirais l'histoire de ton choix.
Arquant un sourcil, le garçon de neuf ans décroisa lentement ses bras.
— Celle que je veux, vraiment ?
— Promit. Croix de bois, croix de fer si je mens je vais en enfer.
— Génial ! s'exclama-t-il en se jetant dans les bras de la jeune femme.
Elle éclata d'un rire franc qui fit secouer son corps. Elle lui retourna son étreinte avec tout l'amour qu'elle pouvait avant de se détacher de lui. Elle se releva lentement en époussetant son tablier.
— Maintenant file jouer, déclara-t-elle en désignant du menton la petite cour arrière. J'ai du travail.
Elle observa Billy bondir loin comme un petit cabri pour aller s'amuser. Elle l'enviait tant et se souvenait avec joie du temps où comme lui, elle s'évadait dans son imaginaire où elle terrassait des dragons.
Difficilement, elle s'arracha à ses souvenirs en se tournant en direction du plan de travail où était disposée la nourriture.
Elle s'empara du premier plat et ajusta nerveusement sa tenue. Elle se sentit ridicule lorsqu'elle fit cela. Elle n'était pas une de ses femmes qui roucoulaient à la moindre occasion. Non, elle n'était pas ce genre de femme. Elle ne l'était pas, car elle n'avait aucune chance. Elle jeta un regard vers la porte qui la mènerait au salon. Elle pouvait entendre l'échange des hommes. Le sénateur Adler était le principal participant à cette conversation.
Elle entendait de temps à autre la voix de Watson, mais très peu celle de Sherlock Holmes. Elle soupira en songeant qu'elle n'avait aucune envie de refaire face à cet homme. Il était étrange et lui faisait facilement perdre le fils de ses pensées.
Immédiatement, Molly pensa à son regard. Il était perçant. Déstabilisant. Elle avait l'impression qui fouillait directement dans son âme comme si il lui était impossible de lui dissimuler quoique ce soit. Levant le plat devant elle, Molly s'efforça de chasser les pensées perturbantes qui tentaient de l'assaillir.
Elle soupira difficilement pour se donner du courage avant de se rendre dans la salle à manger. Sur le chemin, elle colla une grimace qui devait ressembler à un sourire. Elle ne voulait pas se faire remarquer. Molly aimait sa transparence.
Elle aimait qu'on l'oubli, cela lui évitait pas mal de situations gênantes. Quand elle mit un pied dans le salon, elle s'obligea à conserver son regard sur le plat qu'elle portait en espérant ne pas se prendre les pieds dans le lourd tapis qui recouvrait le sol. Délicatement, elle déposa le plat au centre de la table. Le sénateur Adler remercia la jeune femme brièvement avant de demander :
— Donc que pensez-vous de tout cela, M. Holmes.
— Il semblerait que tout ceci soit sérieux, . Je vais très certainement prendre votre affaire.
Le sénateur soupira en se réinstallant dans son siège tandis que Molly ne put s'empêcher de sentir un petit frisson parcourir son dos. Elle s'empara des couverts pour servir les invités du sénateur.
— Me voilà soulagé. Vous ne savez pas à quel point cette histoire me pèse. Oh merci Molly, déclara le sénateur tandis qu'elle lui fit un sourire timide.
— Quand pourrons-nous interroger votre personnel ? demanda Sherlock sans prêter la moindre attention à la jeune femme qui s'empara de son assiette.
— Dès que vous le souhaitez. Mais sachez messieurs que mon personnel n'apporte rien.
— Je ne néglige aucune piste. Chaque élément compte, sénateur.
— Bien entendue, mais Annie et Molly ont toute ma confiance.
— Mais est-elle légitime ? demanda Sherlock dans un claquement de langue.
— Holmes ! S'exclama John avec mécontentement tandis que le détective se renfrogna d'avoir été reprit comme un enfant prit en faute. Ce que veut dire mon associé, c'est qu'interroger votre personnel lui permettra d'avoir des éléments qui peuvent lui permettre de dégager des pistes intéressantes.
Molly avait assisté à l'échange, totalement silencieuse. A présent, elle était plantée dans un coin de la pièce et elle observait les trois hommes interagir. La situation était assez spéciale. Elle connaissait très peu le docteur Watson, mais le peu qu'elle connaissait de lui était positif à ses yeux.
Elle trouvait amusant de voir le rôle que s'était attribué chaque personne. Sherlock Holmes semblait assez arrogant. Elle le voyait à sa posture, à l'intonation de sa voix ainsi qu'à son regard implacable. Elle remarqua également la position de ses mains.
Elle fut harper par ses dernières qu'elle trouva si grandes. Elle se surprit à se demande quelles sensations ses longs doigts pourraient lui procurés. Un frisson de plaisir la dévasta à cette pensée alors que son cœur tambourinait à vive allure dans sa poitrine.
Elle avait l'impression qu'il battait si fort que se son pouvait être entendu de tous dans cette pièce. Elle détourna son regard du détective en se flagellant de cette immonde pensée qui lui avait traversé l'esprit. A quoi jouait-elle ? Son travail n'était en aucun cas d'avoir ce genre de pensées pour les invités du sénateur.
Difficilement, elle orienta son attention en direction du docteur Watson. John lui était son total opposé. Il semblait réussir à contrôler le détective. Il était légèrement plus vouté et penchait toujours son corps en avant lorsqu'il discutait contrairement à Holmes qui s'enfonçait dans le rembourrage du fauteuil. Elle se mordit la lèvre lorsqu'elle laissa son regard s'attarder sur le profil du détective.
Il était régulier et parfaitement ciselé. Ses lèvres pleines étaient un spectacle incroyable pour la jeune femme qui les imaginait parfaitement fermé. Les femmes devaient très certainement s'épancher sur lui lorsqu'elles le croisaient. Après tout, elle ne pouvait que les comprendre. Cet homme dégageait un charisme qui la perturbait et qui la fascinait.
Tandis qu'elle l'examinait tout en étant perdue dans ses songes, elle ne remarqua pas immédiatement que le détective avait verrouillé ses deux yeux de félins dans sa direction. Lorsqu'elle s'en rendit compte, elle sursauta légèrement en sentant un rouge carmin recouvrir sa peau. Elle fut tentée de détourner le regard, mais elle fit le contraire.
Elle le maintient avec le peu d'assurance qu'elle pouvait puiser en elle. Son regard la piquait, la démangeait, la brûlait. Elle peina à déglutir quand elle le vit froncer ses sourcils épais et sombre, mais elle ne flanchât pas.
Elle conservait son regard dans celui de l'homme et elle sentit ses jambes s'affaiblir et ses genoux se pliés légèrement. Ses yeux frémissaient sous le regard glacial de l'homme qui la fixait avec la même insistance. Elle pouvait sentir son cœur bondir de sa poitrine alors que sa gorge s'asséchait.
Regardait-il toutes les femmes de cette façon ? Pensa-t-elle avec nervosité.
Sentant son courage se faufiler loin de son corps, elle leva son petit menton avec force dans un petit geste sec ce qui fit légèrement sourire l'homme.
A cet instant, son cœur vacilla lorsqu'elle se permit de lui retourner un léger sourire qu'elle peina à lui offrir. Elle se sentit immédiatement ridicule et détourna les yeux en direction du sénateur qui discutait avec le docteur Watson.
Tandis que son regard était détourné de Holmes, elle pouvait sentir les yeux de ce dernier plantés sur elle. Ils la brûlaient. Elle n'osa pas lui retourner son regard et resta concentrer sur un point dans la pièce jusqu'à la fin du diner. Dès qu'elle le pu, elle s'échappa avec les plats dans la cuisine et s'y enferma pour relâcher l'air qu'elle avait contenu dans ses poumons.
Elle s'adossa à un des murs et laissait sa tête rouler en arrière. Sa poitrine montait aussi vite qu'elle s'abaissait. Ses poumons étaient en feu alors que son sang pompait à tout rompre dans ses veines. Elle passait une de ses mains sur son visage et eut l'impression qu'elle venait de vivre l'expérience la plus étrange de sa vie. La plus plaisante ?
Elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur la sensation que ce simple contact visuel lui avait procuré. Elle ôtait son tablier qui semblait la comprimer beaucoup trop et le jetait sur la table de la cuisine puis elle se dirigeait vers la petite porte arrière qui donnait sur la cour.
Au contact du froid, elle savourait le contraste sur sa peau qui lui paraissait brûlante. Elle s'enveloppait immédiatement de ses bras et avançait un peu dans la cour pavée.
Relevant légèrement le visage, elle clôturait ses paupières pour y voir le visage du détective entrain de la fixer. Elle rouvrit immédiatement ses yeux tandis que la colère commençait à grimper en elle. Elle s'était échappée de la salle à manger pour s'éloigner de cet homme et elle se retrouvait encore sous son regard alors qu'elle était dans ses propres pensés. C'était tellement injuste.
Elle soupirait en jetant un regard en direction de la cuisine. Elle savait qu'elle devait y retourner. Elle ne voulait pas. C'était encore trop tôt pour elle. Pourtant, elle ne pouvait que s'y résigner.
C'est en trainant des pieds, que Molly se dirigeait en direction de la cuisine pour se saisir des assiettes à dessert qu'elle avait déjà préparé. Elle inspirait un grand coup avant de retourner dans la salle à manger et lorgnait du coin de l'œil le détective. Cette fois-ci, il ne lui jetait aucun regard et fit comme si elle était transparente.
MHMHMHMH
Sherlock Holmes était rentré seul à Barker Street. Watson n'avait pas pu l'accompagner jusqu'à là-bas, trop impatient de retrouver sa femme. Scrutant la vie grouillante de Londres depuis sa cabine, Sherlock songeait à l'enquête qui lui était proposée. Elle semblait des plus classiques. Il se donnait une dizaine de jours pour trouver le fin mot de cette histoire.
Rapidement, son esprit erra en direction de la jeune domestique qui était au service du sénateur.
Molly.
Son nom semblait avoir été gravé dans son esprit dès l'instant où il l'avait entendu. Il inspira profondément en ouvrant le dossier mental qu'il avait conçu pour elle.
Elle faisait partie de l'enquête après tout.
Elle n'avait rien d'extraordinaire. Elle était même relativement banale. Il avait été aisé pour lui de voir à quel point elle était maladroite en public ainsi que timide et effacée.
Il haussa ses sourcils en se souvenant de son regard lorsqu'ils étaient tout deux dans la salle à manger. Au début, cela s'était apparenté à un jeu. Puis, un défi et pour finir, une véritable connexion dont-il n'avait toujours pas trouvé la raison.
Etait-ce la rougeur de ses joues ? La brillance de son regard ? La façon dont-elle mordait ses lèvres avec vigueur. Il n'arrivait pas à déterminer, à cerner la chose qui l'avait tant hypnotisé à cet instant.
Se laissant brimbaler par les nids de poules qui jonchaient la route, Sherlock revoyait la jeune femme dans son esprit. Il se souvenait avoir été marqué par la candeur de son regard. Mais aussi, par la grâce de ses gestes.
Il y avait beaucoup de filles qui avaient ses choses là, songea-t-il avec force. Elle était commune à toutes les autres. Il n'aimait pas devoir échanger avec autrui et encore moins dès que la conversation devait devenir un flirt.
Il laissa aller sa tête en arrière tandis que son chapeau allait un peu en avant. Il expira fortement en passant une main sur son visage. Il tenta à mainte et mainte reprise de se focaliser sur l'enquête, mais de temps à autre, la jeune Molly Hooper revenait à son esprit.
