Bonjour à tous ! Je suis heureuse de vous retrouvez à nouveau pour ce chapitre cinq. Vos retours sur le chapitre précédent ont été incroyablement motivant ! Rien que pour cela, je vous envois pleins de cœurs ! Je tente de poster le plus vite possible, mais celles et ceux qui me suivent depuis longtemps savent que je suis ULTRA relou niveau chapitre. Je ne suis jamais satisfaite.
De deux, avant de commencer ce chapitre, je voulais vous partagez un véritable coup de cœur qui la fiction « Je vous l'avais bien dit ! ». C'est un Sherlolly traduit par la super : mysticfairy.21. Si tu passes par là encore une fois MERCI ! Quand un de ses chapitres apparaît je frétille devant mon écran en faisant une danse de la joie. C'est pour dire ! En tout cas, je vous conseil vivement d'aller lire cette fiction et de lui laisser un petit message car elle fait un super boulot de traduction.
J'espère que bientôt d'autres fictions Sherlolly verront le jour sur FF.
Bon… Sans parler plus, je vous laisse lire ! On se retrouve en bas.
CHAPITRE CINQ
Lorsque ses invités étaient parties, le sénateur Adler avait rejoins l'inspecteur Lestrade qui s'était fait discret tout au long de la soirée. Le policier avait été étonné de voir l'étrange attitude du détective ce soir. Certes, il n'intervenait que rarement lors de discussion, mais cette fois-ci il lui avait semblé être loin de toute réflexion de l'enquête. Il n'était venu au fumoir uniquement pour annoncé son départ et demander, non plutôt ordonner, la présence de Molly Hooper demain soir chez lui.
A cette pensée, Lestrade fronça ses sourcils et leva son verre de brandy à ses lèvres pour avaler une gorgée. C'était cela qui l'intriguait le plus. Il ne comprenait pas la demande du détective.
Il savait que Sherlock Holmes était un homme qui ne cessait pas de le surprendre. Pourtant, cette fois-ci, c'était étrange. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi.
— Pensez-vous que cet homme est la meilleure solution à votre problème ? l'interrogea Lestrade.
Le sénateur opina brièvement de la tête.
— Bien sûr. C'est un homme qui a déjà su montrer son efficacité dans d'autres affaires et j'ai peu de temps pour faire le difficile. Il sera certes difficile à contrôler mais, il est indispensable.
— Je suis d'accord, pourtant la demande, qu'il vient de vous faire, me parait très étonnante. Il n'est pas dans son habitude de demander de l'aide à quelqu'un et encore moins à une domestiques, déclara Lestrade avant d'avaler une gorger de brandy.
A ses mots, le sénateur fronça les sourcils.
— Vous pensez qu'il utilise Molly ?
— Sherlock Holmes ne fait rien gratuitement. Je pense qu'il est nécessaire de garder un œil sur lui. Il ne serait pas étonnant qu'il tente d'interroger votre domestique de façon détournée demain soir.
— Mais pourquoi ne le ferait-il pas de façon officielle ?
Lestrade haussa ses épaules avec nonchalance.
— Peut-être a-t-il peur qu'en l'interrogeant de façon officielle, il n'obtiendra pas tout ce qu'il désir. Il souhaite de toute évidence se retrouver seul avec votre domestique et je ne pense pas que cela soit pour sa présence. Bien que j'apprécie beaucoup Molly, M. Holmes est très convoité par la gente féminine et il pourrait aisément obtenir la main d'une jeune femme fortunée.
— Pensez-vous qu'il soit nécessaire que je parle à Molly avant son départ demain ?
— Pour son bien, je le pense, sénateur, déclara-t-il d'une voix lourde de sous-entendu. Molly, est une jeune femme pleine d'espoir. Par ailleurs, par précaution, n'en parlez pas à votre nièce. Elle semble beaucoup trop intéressez par cet homme pour le bien de Molly. De ce que j'ai pu voir ce soir, Irène ne porte pas Molly dans son cœur. Je m'en voudrais de la voir mise dans une situation difficile à gérer.
— Oui. Je lui parlerai dès demain avant son départ.
MHMHMHMHMHMH
Molly était plantée face à la porte de Baker Street. Elle était épuisée par sa journée chez le sénateur Adler et n'en croyait toujours pas ses oreilles que Sherlock Holmes ait exigé qu'elle soit présente chez lui. Et encore plus, qu'elle dorme à cet endroit. Cette idée la fit rougir alors qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de jeter des regards nerveux à gauche et à droite. Le froid balaya son manteau usé et la petite échappe en laisse enroulé autour de son cou. Elle serra son sac très fort contre, pétrifiée à l'idée de retrouver le détective. Seuls. Le seraient-ils d'ailleurs ?
Mon Dieu, cette idée fit grimper ses rougeurs d'un ton sur son visage. Que pourrait-elle bien lui dire ? Elle n'en avait aucune idée. A chaque fois qu'elle se retrouvait seule avec lui, elle bafouillait. Elle butait sur les mots et ses pensées se bousculaient dans son esprit.
C'était une véritable tempête. Elle se sentait si mal sur ce perron. Elle jeta un regard à la bâtisse tandis que sa bouche s'ouvrit légèrement. Elle se souvenait de la conversation qu'elle avait tenue avec le sénateur :
— Molly, si je vous ai demandé de venir dans mon bureau, c'est pour parler d'une chose très importante.
— Est-ce à cause de mon travail, monsieur ?
— Non… Non. La qualité de votre travail n'est en aucun cas impliquée dans la conversation qui va se tenir à présent. Dans un premier temps, j'aimerai que ce que je vais vous dire reste entre nous. Promettez-moi.
Nerveusement, Molly tritura ses doigts sous son tablier et acquiesça d'un mouvement rude de la tête. Elle n'aimait pas ce genre de chose. C'était tout le contraire de ce qu'elle était. Garder des confidences ne lui posait aucun problème, mais cacher des choses aux autres la dérangeait moralement parlant.
— Bien.
Il rassembla ses mains sur le bureau sombre qui se trouvait devant lui avant de se racler la gorge.
— Hier soir, M. Holmes est venu me demander un service dans lequel vous êtes impliquée.
Elle se tendit à l'évocation du nom de Sherlock Holmes. Le souvenir du détective était encore frais dans son esprit. Elle sentait encore cette sensation étrange dans le creux de son estomac naître à nouveau.
— Oh…
— Oui. Il semblerait que M. Holmes vous tienne en haute estime. C'est une chose inhabituelle venant de lui. Il n'est pas un homme qui fait les choses sans raison valable.
Le sénateur fit une pause. Il avait un air sérieux qui était très différent de celui que Molly connaissait. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle n'aimait pas ça. Difficilement, elle ouvrit la bouche pour demander :
— Je ne vois pas où vous voulez en venir.
— Molly, vous êtes une jeune femme qui voit le bien partout et en chacun. Vous êtes toujours dans l'espoir de trouver du bon dans chaque personne, mais il vous faut comprendre que nous évoluons dans un monde cruel. Si Holmes vous demande, c'est qu'il désire quelque chose et le connaissant, cela n'a rien de bon qui vaille.
— Vous lui faites pourtant confiance, monsieur, rétorqua-t-elle perdue.
— En effet, mais je me méfie de tout le monde. Sherlock Holmes est un homme qui peut-être manipulateur. Il m'a demandé de vous envoyez chez lui ce soir et-
— Ce soir ?! M-mais pourquoi ? Je…
— Il ne m'a pas donné de raison claire malgré mon insistance. Tout ce que je sais, c'est que vous devrez aller à Baker Street ce soir. De plus, par sécurité, vous dormirez là-bas.
— Mais… Monsieur…Je… Je…
Il leva une main de réédition devant lui avant de reprendre :
— Je sais que ma nièce porte le détective Holmes dans son cœur. Pour cela, Molly je te demanderais de ne rien laisser de compromettant se passer entre toi et M. Holmes.
Molly avait froncé les sourcils en se sentant piqué au vif par de telles accusations.
— Monsieur, vous ne pouvez pas croire-
— Je ne lui ai rien dit. Je sais que si elle savait une telle chose, elle serait hors d'elle. Molly, vous avez toute ma confiance. En revanche, comme je vous l'ai dis bien avant, M. Holmes peut-être un homme manipulateur pour obtenir ce qu'il désir.
— Il ne m'a pas donné cette impression, répliqua Molly, sentant la nécessité de défendre le détective.
Un sourire triste naquît sur les lèvres du sénateur. Il savait ô combien Molly était quelqu'un d'éperdument humain. Malgré tout ce qu'elle avait vécu, elle semblait toujours emprunte à donner une chance à chacun.
— Molly. Je connais votre gentillesse mais si vous entendiez les propos que les gens de la société tiennent sur lui, vous vous méfieriez davantage.
Fronçant davantage ses sourcils, elle trouva le courage de relever son petit nez avec détermination.
— Les gens disent beaucoup de choses fausses, monsieur. Si monsieur me permet, je pense pouvoir dire que je sais de quoi je parle.
Le visage du sénateur se fit bienveillant lorsqu'il opina doucement. Il savait parfaitement où voulait en venir sa jeune domestique et cette idée lui fendit le cœur. Molly Hooper était une jeune femme qui s'était souvent retrouvé pointé du doigt par la société victorienne. Il savait qu'elle n'était pas dans les normes et cela lui plaisait. Cette jeune femme était si rafraîchissante.
Il ne put réprimer le sourire qui fleurissait sur ses lèvres.
— Je vous l'accord. Mais, je ne préfère courir aucun risque. Je ne veux en aucun cas que cet homme vous fasse le moindre mal.
— Il ne me fera rien, asséna-t-elle avec toute la conviction dont-elle était capable. Je fais confiance à M. Holmes.
— Pour votre sécurité Molly, je vous conseil de ne pas faire cette erreur.
Fronçant les sourcils, Molly serra davantage son sac contre elle en mordant l'intérieur de sa joue. Elle n'avait aucune raison d'être aussi stressée. Elle connaissait Sherlock Holmes à présent. Elle savait qu'il n'était ni un danger, ni un ami d'Irène et qu'il n'avait donc aucune raison de la rabaisser à chacune de ses rencontres.
Elle balaya donc de son esprit les propos du sénateur et inspira fortement une dernière fois avant d'aller frapper à la porte de Baker Street. Elle émit trois petits coups suffisamment puissants pour être entendu avant de faire un pas en arrière. Elle se redressa vivement en déployant sa colonne vertébrale pour paraître la moins effrayée possible. Elle savait qu'il ne serait pas celui qui ouvrirait la porte. Ce n'était pas comme cela que ça se passait, mais elle avait besoin de s'affirmer dès le début.
Lorsque Mme. Hudson ouvrit la porte, Molly se tendit immédiatement en songeant à l'impression qu'elle pouvait donner à cette femme. Ressemblait-elle à un petit chat terrorisé ou bien à une domestique comme une autre ? Son regard croisa celui de la vieille domestique qui semblait aussi éreinté que la jeune femme. Ses yeux étaient cernés par la fatigue.
— Je… Je suis… Molly… Molly Hooper, bredouilla-t-elle en se flagellant d'avoir une voix aussi peu assurée.
Annie lui avait déjà dit de travailler ce point. Elle devait apprendre à dire les choses sans courber l'échine ou mâchonner ses mots de peur que quelqu'un se moque d'elle pour avoir dit quelque chose qu'elle n'aurait pas dût. Péniblement, elle releva son visage en essayant de rester digne et calme.
Pourtant, rester digne ne signifier rien pour quelqu'un comme elle. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Elle ne savait pas réellement si elle le pensait au plus profond de son âme, mais quelque chose en elle, lui hurlait de se redresser pour une fois.
— M. Holmes, m'a demandé… Il…- elle inspira profondément avant de reprendre- Il m'a demandé de venir ici.
Le visage de Mrs. Hudson s'ouvrit immédiatement et un sourire soulagé se grava sur ses lèvres.
— Oui ! Oui nous vous attendions.
La jeune femme fronça ses sourcils, plissant son front habituellement si lisse. Elle ne put retenir un bond dans sa poitrine. Elle ne pouvait pas s'empêcher de ressentir ça. Le « nous » pouvait être tout et si peu à la fois que les bonnes résolutions de Molly s'effondraient comme un château de cartes.
— Entrez ! Entrez ! s'exclama-t-elle en faisant de petits moulinets du poignet tandis qu'elle s'effaçait pour laisser Molly entrer.
Timidement, la jeune femme mit un pied dans le si célèbre Baker Street. Elle sentit un frisson étrange la traverser de part en part. C'était la deuxième fois qu'elle venait ici et c'était la deuxième fois qu'elle se sentait bizarre. Elle ne put s'empêcher de jeter un regard partout autour d'elle.
Elle eut un petit sourire maladroit à cette pensée.
Elle était bizarre.
Elle l'avait toujours été. Ca, c'était bien ancrée au fond d'elle. Elle sentit son cœur cette fois-ci se serrer. Elle observa le sol et bougea nerveusement ses doigts de pieds à travers ses petites chaussures. Elle ne pouvait que savourer la chaleur qui dominait les lieux.
Bien qu'elle ait prit la cabine, elle n'avait pas pu échapper aux vents glacials qui l'enveloppaient dès qu'elle sortait un pied dehors. Elle frissonna au souvenir du froid. Ce n'était pas un des meilleurs souvenirs qu'il avait, mais, il n'était pas le plus mauvais.
Elle se positionna sur le côté et laissa Mme. Hudson refermer la porte d'entrée. Lorsqu'elle se retourna vers Molly, son visage était marqué par un immense sourire. Il était sincère et chaleureux. Un peu comme tout ce qui se trouvait à Baker Street. Rassemblant ses mains contre elle, Mme. Hudson fit un pas vers la jeune femme.
— M. Holmes vous attends en haut.
— Vo-Vous ne venez pas avec moi ? demanda-t-elle en s'en voulant d'avoir déjà cette boule dans l'estomac.
— Oh non ! Cela n'est pas nécessaire très chère.
— Vous êtes certaine ?
Rapidement, Molly serra son petit baluchon contre elle pour se donner du courage. Elle se rendit compte que jamais elle n'arriverait à ne pas être nerveuse lorsqu'elle devait retrouver le détective. Lentement, elle jeta un regard vers l'escalier qui menait jusqu'aux appartements de Sherlock Holmes. Elle se mit à gravir les marches, lentement en tentant de ralentir son rythme cardiaque.
Sa gorge était sèche comme à chaque fois qu'elle le retrouvait alors que ses mains tremblaient. Elle s'efforça de tenir fermement son petit sac en respirant profondément. Lorsqu'elle arriva au sommet, elle le vit.
Il avait les deux pieds fermement ancré dans le sol alors qu'une de ses mains soutenait son menton du bout des doigts. Il était calme et réfléchi. A cette idée, Molly se senti défaillir.
Il était incroyablement beau. Il était vêtu d'une redingote précieuse qui était quelque peu dissimulé par la robe de chambre en soie sombre qu'il portait par-dessus ses vêtements. Molly trouva cela aussi étrange que troublant. Elle ne put s'empêcher de mordre l'intérieur de sa joue en songeant au faite qu'il portait certainement cette robe de chambre en quittant son lit le matin.
Oh seigneur ! Songea-t-elle en écarquillant les yeux alors que son visage monta d'une teinte de rouge.
Quand son regard croisa celui du détective, elle eut à nouveau cette sensation dévastatrice dans sa poitrine. Elle n'aurait jamais songé que son cœur puisse cogner aussi fort dans sa poitrine. Molly dut retenir sa main de se plaquer contre ce dernier qui peinait à ralentir son rythme. Ses jambes peinaient à se tenir droites lorsqu'elle le salua :
— Bonsoir M. Holmes, dit-elle d'une voix qui se voulait assurée. Comment monsieur va ?
Il haussa ses sourcils et leva sa main.
— Posez vos affaires ici, déclara Sherlock en désignant une petite zone du salon. Vous aurez une chambre qui vous sera propre. Pour le moment nous avons du travail.
Sa voix était rude et tranchante ce qui la déstabilisait plus qu'elle ne l'aurait cru. Son sourire maladroit qu'elle avait peiné à afficher, s'ébranla immédiatement et la déception pouvait se lire sur son visage. Elle baissa son regard et se voûta légèrement sous le poids de la désillusion qu'elle vivait.
Chaque mot était un ordre bien précis qui fit tendre la jeune femme. Plantée au centre de la pièce, Molly le vit se diriger vers un mur qui était recouvert de notes et d'un immense personnage entrain de sourire. Elle fronça les sourcils en notant qu'elle n'avait pas vu ça la première fois où elle était venue. Cela était certainement dût à son angoisse et à sa hâte de déguerpir très vite d'ici.
Cette fois-ci, elle avait songé ne pas être aussi maladroite et tendue que la première fois, mais elle se trompait. Ce n'était pas le cas. Ses premiers mots n'avait pas été accueillent. Il ne lui avait pas retourné le sourire timide qu'elle lui avait adressé.
La différence de niveau social lui revient en plein visage. Il avait le droit d'être comme ça et elle n'avait qu'un seul droit, c'était d'obéir. Elle poussa un bref soupire et elle déposa le peu d'effets personnels qu'elle avait amené là où il lui avait indiqué. Pour ne pas dire ordonné.
Mal à l'aise, Molly s'installa sur le rebord du canapé. Elle rassemblait ses mains sur ses genoux et peinait à respirer convenablement. Elle ne fit aucun geste.
Elle attendait qu'il prenne la parole en premier. Elle avait posé ses affaires au sol tout près d'elle, de peur qu'elle ne prenne trop de place. Elle positionna correctement le bas de sa tenue tandis qu'elle frotta instinctivement ses mains l'une contre l'autre. Il ne faisait pas froid, mais elle n'avait trouvé que ça pour contenir son mal aise.
Elle avait dut faire quelque chose de mal. C'était la seule chose qui lui permettait de comprendre l'attitude du détective. Etait-elle arrivée en retard ? Il ne lui avait donné aucune heure précise.
L'avait-elle interrompu dans une quelconque activité ? Elle n'en avait aucune idée, mais il ne semblait véritablement rien faire à son arrivée.
Sherlock, lui, avait détourné son regard en direction de son mur d'indices après avoir su appliquer une expression neutre sur son visage. Malgré cela, il se sentait vibrer à l'intérieur de son corps. Il s'était préparé mentalement à la présence de la jeune femme mais, pourtant, cela ne semblait pas apaiser le tumulte qui se jouait en lui. Il n'aimait pas ça. Il n'arrivait pas à en avoir le contrôle.
Il se rendit compte combien il était rude. Il se stoppa et passa une main dans ses cheveux. Il l'effrayait et il détestait ça. Il soupira lourdement. Il n'avait pas l'habitude de traiter les gens avec douceur. Il était réactif et il ne prenait pas de pincette. C'était pour lui une perte de temps.
Pourtant, l'expression de la jeune femme le fit tiquer. Il n'aimait pas sa posture raide et son regard presque apeuré. Il n'aimait pas la façon dont ses sourcils s'étaient froncés. Il n'aimait pas le visage fermé qu'elle affichait, visiblement contrariée.
S'il l'avait fait venir ici, c'était pour en apprendre davantage. C'est ça, il voulait en apprendre davantage, pour l'enquête. Elle était une des personnes proches du sénateur. Elle était donc automatiquement dans la ligne de mire du détective. Il n'en tirerait rien si elle n'était pas mise à l'aise.
Il se souvenait des conseils de Watson. Etre posé, gentil et attentionné. Il grimaça mentalement à ses trois mots. Il était tout sauf ça. Il alla donc se poster maladroitement devant elle. Il se racla discrètement la gorge en essayant d'afficher une mine rassurante :
— Je suis heureux de vous voir ici. Désirez-vous quelque chose à boire avant que nous commencions ?
Papillonnant des yeux, Molly Hooper ne su dire si elle était désarçonnée ou bien perdue devant l'attitude du détective. Elle balbutia :
— Euh… Eh bien… De l'eau. Si c'est possible.
Il esquissa un sourire avant d'opiner et d'aller lui chercher un verre d'eau. Durant la courte absence du détective, Molly jouait nerveusement avec plis de sa robe alors que son regard se baladait nerveusement dans la pièce. Elle était nerveuse et elle avait de quoi l'être.
Lorsque Sherlock revient à elle, son pas était raide et rapide. Il se pencha légèrement vers elle et lui tendit un verre d'eau. Elle le remercia doucement et avala immédiatement une gorge.
Sherlock en profita pour aller s'assoir face à elle alors qu'elle fixait le sol, ne sachant pas quoi faire. Elle détacha le rebord du verre de ses lèvres lentement, ne prêtant pas attention au regard déboussolé du détective. Ce simple geste, le fit décoller loin de toute raison. Les lèvres fines de Molly étaient incroyablement fascinantes. Il ne pouvait pas s'empêcher de rejouer la scène qu'il trouva si sensuel dans son esprit.
— De quoi avez-vous besoin ? demanda-t-elle d'une voix calme qui l'interpella.
— Quoi ?
— Vous m'avez fait venir ici, ce soir alors je me demandais de quoi avez-vous besoin ?
A vrai dire, ce n'était pas le ton qu'elle avait employé qui le perturbait, mais plutôt le sens de sa phrase. De quoi avait-il besoin ? On ne lui avait jamais posé la question. Il avait toujours été servit avant qu'il ne le demande. Il releva son visage en plaçant ses mains en prière sous son menton pour se concentrer et axé sa réflexion sur l'enquête.
— J'ai besoin d'informations.
— A propos de votre enquête, je suppose, marmonna Molly.
— Oui. Je veux vous posez des questions simples.
— C'est pour ça que vous m'avez demandé de venir ? demanda-t-elle étonnée. Vous auriez pu me poser vos questions en rendant visite au sénateur.
— J'ai mes raisons, dit-il rudement ce qui fit froncer les sourcils de la jeune femme lorsqu'elle entendit le ton cassant avec lequel il lui avait répondu.
— Très bien.
Son ton avait été formel et loin de celui qu'elle avait l'habitude d'employer avec lui normalement. Il était étrange de voir que cet homme pouvait être une minute appréciable, gentil et la fois d'après rude et rigide.
Peut-être était-il aussi mal à l'aise que moi devant cette situation, songea brièvement Molly.
Quand au détective, cela était différent. Il s'en voulait d'avoir répondu aussi rudement et rapidement. Il ne voulait pas attiré les soupçons sur ses motivations. Certes l'enquête y était pour beaucoup, mais quelque chose d'autre l'avait poussé à la faire venir ici pour la nuit.
Lui poser des questions qu'il avait à posé lui aurait prit quelques dizaines de minutes. Pourtant la satisfaction qu'il ressentait à avoir la jeune femme, ici, seule avec lui lui indiquait qu'il ne s'avouait pas tout.
Oh pitié, cessons ça Holmes, songea-t-il avec dégoût.
— Par quoi souhaitez-vous commencer ? L'interrogea Molly ce qui fit sortir le détective de sa torpeur.
— Commençons par le plus simple. Depuis combien de temps travaillez-vous pour le sénateur ?
Elle ne prit même pas le temps d'y réfléchir car la réponse sortie instinctivement de sa bouche.
— Depuis mes treize ans. Il m'a recueilli en même temps, ajouta-t-elle.
— Que faisiez vous avant de le rencontrez ?
— Je l'es toujours connue.
— Vraiment ?
— Mon père s'occupait de ses cheveux et ma mère a travaillé pour les parents de mademoiselle Adler.
— Vos parents ont toujours entretenus une bonne relation avec le sénateur ?
A nouveau, elle fronça les sourcils, légèrement blessé à l'idée qu'il puisse penser une seule minute que ses parents aient été contre le sénateur.
— Oui. Bien sûr.
— Et l'autre domestique ?
— Qui ça ? Annie ? demanda-t-elle avec empressement.
— Oui, c'est d'elle dont je parle.
— Annie est quelqu'un de fidèle-
— Je ne vous parle pas de ça, l'arrêta-t-il avec une pointe d'agacement. Est-elle heureuse de travailler pour le sénateur ?
— M. Holmes, seriez vous entrain d'insinuer qu'Annie puisse être contre ?
— Je vous interroge simplement. Alors répondez-moi. Est-elle heureuse de travailler pour le sénateur.
— A ce que je sache oui. Il lui arrive de ne pas être toujours d'accord avec lui mais-
— Pour quelles raisons ? la coupa-t-il d'une voix sans émotion.
— Des raisons ridicules et anodines.
— Des exemples.
Elle le trouva soudainement agaçent au point qu'elle ne put s'empêcher de croiser ses bras contre sa poitrine pour montrer son mécontentement. Il ne faisait que la bombarder de questions sans prendre en compte ses réponses.
— Je n'en ai pas, dit-elle de mauvaise foi.
Sherlock arqua un sourcil, conscient qu'il était entrain d'aller sur la mauvaise voie avec la jeune femme. Il remua légèrement ses doigts raidit par l'agacement pour éviter de dire quelque chose d'idiot.
— Réfléchissez.
— Je n'en ai pas, répéta-t-elle.
Il crispa sa machoire et il articula exagérément.
— Réfléchissez mieux.
— Cela à vraiment de l'importance ?
— Tout est important, Miss Hooper. Chaque élément est important et il vous faut apprendre, que lors des enquêtes, il ne faut pas laisser nos sentiments interférer avec notre jugement. La protéger ou la défendre ne l'aidera pas.
Cette manière de voir les choses dérangea fortement la jeune femme qui fronça ses sourcils.
— Mais, j'ai une confiance aveugle en Annie. Elle est une femme extraordinaire. Croyez-moi, vous la connaitriez comme moi vous ne-
— Qu'en savez-vous ? l'interrogea-t-il brusquement.
— Que voulez-vous dire ?
— Ce que je veux dire c'est, est-ce que vous pourriez prouver que votre amie ne choisira pas d'emprunter un autre chemin ?
— Elle ne fera jamais une chose pareille.
— Comment pouvez-vous le savoir ? demanda-t-il en articulant exagérément.
— Je le sais parce que je la connais, répliqua Molly avec force et conviction.
Pourtant, la seule réponse que lui offrit le détective fut une moue agacée comme s'il était face à une enfant qui ne comprenait rien à ce qu'il disait.
— On ne connait jamais les gens.
— Je ne suis pas d'accord ! croassa-t-elle en relevant son petit nez.
— Miss Hooper, nous sommes dans un monde où les gens pensent essentiellement à leur cas en premier. Croyez-moi.
— Pas Annie, articula-t-elle. Elle est une femme qui m'a toujours protégé et aidé. Elle est une véritable mère pour moi. Je ne peux pas vous laissez dire ça.
Il eut un silence qui s'installa entre eux. Molly fixait le sol alors que sa gorge s'était nouée. Elle encaissait péniblement les mots que le détective venait d'asséner. Elle n'aimait pas ça. Cette conversation, cette situation. Comment pouvait-on énoncé de telles choses avec autant de sang froid. Sa vie devait être lourde et pénible à supporter pour voir l'être humain d'une telle manière. Elle l'entendit soupirer lourdement avant de dire de sa voix rauque :
— Mes mots vous paraissent sans aucun doute dur à entendre, mais il est mieux de songer au pire pour ne pas le subir.
— Vous soupsçonnez toujours tout le monde ?
— C'est monde travail.
— C'est horrible, murmura-t-elle peinée pour lui.
— Il est juste une question d'habitude.
Elle ne répondit rien, le cœur trop serrer pour parler. Elle n'avait jamais cru rencontrer un être aussi perdue. A y songer de plus près, il lui ressemblait plus qu'elle ne voulait le reconnaitre. Elle aussi s'efforçait de se méfier des autres, pourtant elle ne pouvait pas s'empêcher de chercher la moindre lueur d'espoir dans le regard de chacun. La gorge était nouée. Encore plus que lorsqu'elle avait mit un pied ici. Elle n'osait pas le regarder. Elle ouvrit la bouche lentement pour retrouver un peu de salive pour parler.
— Vous pensez qu'il arrivera quelque chose de mal au sénateur ? demanda Molly le regard perdu dans les flammes.
Sherlock observa le profil de la jeune femme, le cœur serrer. Il savait parfaitement qu'elle n'avait personne pour prendre soin d'elle si le sénateur se voyait disparaitre du jour au lendemain. Elle n'avait aucun intérêt à lui vouloir du mal.
Ou bien était-ce un rôle qu'elle jouait à merveilles ? pensa-t-il le temps d'une minute.
— Vous vous inquiétez beaucoup pour lui, n'est-ce pas ?
Elle fronça ses petits sourcils, confuse de sa question qui ne lui paraissait pas si innocente.
— Bien sûr ! Il a tant fait pour moi. Il a toujours été présent malgré les propos qui se tenaient sur moi.
Intéressant.
— Les propos tenus sur vous ? Il y aurait tant de choses à dire ? Déclara-t-il en fixant curieusement la jeune femme.
Il ne l'aurait jamais avoué à voix haute, mais il mourait d'envie de savoir ce qui était dit sur la jeune femme. Il n'arrivait pas à déduire les propos et les commentaires faits sur la jeune femme.
— Mes centres d'intérêts sont incompréhensibles pour la plupart des gens.
Ca je le comprends, songea-t-il en pensant à sa propre enfance.
— Encore une fois, aimer les sciences ne fait pas de vous un monstre, asséna Sherlock.
Elle lui jeta un regard peiné qui lui fit froid dans le dos. Il comprit immédiatement, qu'elle n'avait pas uniquement épongé des moqueries ou des rumeurs.
— Pas quand on est une femme et que l'on s'intéresse à la décomposition des corps, marmonna Molly sous le regard subjugué de Sherlock qui sentait quelque chose dans sa poitrine exploser.
Il voulu à cet instant saisir la main de la jeune femme pour la presser contre lui mais, il s'en empêcha de justesse.
— Vous êtes parfaite, murmura-t-il pour que lui seul entend.
— Pardon ?
Il ne put s'empêcher de légèrement rougir tandis qu'il toussa pour lui faire oublier son murmure. Il se demandait encore comment ses mots s'étaient échappés de ses lèvres. Il ne les avait pas prévus et encore moins comprit sur le moment. Il n'avait rien à analyser, il ne faisait que les pensés. Il se reprit en se redressant avant de dire :
— Rien. Rien du tout. Je disais juste que vous n'avez pas à vous fustigiez pour vous intéressez à de telles choses.
— Cela ne vous choque pas ? s'étonna-t-elle en virant son regard plein d'espoir vers lui. Vraiment ?
Le regard pétillant de Molly lui transperça la poitrine alors qu'il espérait que sa voix ne serait pas chevrotante.
— Je suis détective. Je vois des meurtres toute la journée. Je serai mal placé pour vous reprochez quoique ce soit.
Elle lui offrit un sourire sincère qui fit bondir subitement le cœur du détective. Avait-elle toujours cette lueur dans son regard quand elle parlait ? s'interrogea-t-il.
— Merci, dit-elle d'une voix douce et apaisée.
Il lui jeta un regard confus qui étira les lèvres de la jeune femme.
— De quoi ?
— D'être gentil, dit-elle avec un sourire sincère qui illumina sont visage.
Sherlock ne put s'empêcher d'être bouleversé par l'attitude de Molly Hooper. Malgré cela, quelque chose en lui se rebella et s'apparenta étrangement à la voix de son frère ainé.
Gentil ? Est-elle stupide ou inconsciente ? résonna la voix dédaigneuse de Mycroft dans l'esprit du détective qui clôtura ses yeux.
— Je ne suis pas gentil, marmonna-t-il d'une voix rauque tandis que la voix de Mycroft résonnait dans sa tête encore et encore.
— Pourquoi dites vous ça ? Depuis que nous nous connaissons, vous êtes toujours là pour moi.
A ses propos, elle se sentit rosir. Le regard du détective était devenu si pesant pour elle, qu'elle ne put s'empêcher de laisser un rire tendu s'échapper de sa gorge.
— je veux dire-
— Etes-vous toujours ainsi ? demanda-t-il soudainement. J'ai l'impression que vous trouvez toujours de la gentillesse en chaque personne.
— Ma… Ma mère disait toujours que les gens avaient tous une partie qui était bonne en eux et qu'il suffisait de la rechercher.
— Votre mère m'avait l'air d'être une personne exceptionnelle, dit-il avec une pointe de sarcasme.
— Oh elle l'était, murmura Molly avec adoration, ignorant le ton du détective.
Sans pouvoir la regarder et la gorge prise, Sherlock lui demanda d'une voix rauque :
— Que… Que lui est-il arrivé ?
A cette question, il se rendit compte du mal que cela provoquait à Molly Hooper. Ses fines lèvres se tordirent tandis que toute joie s'effaça de son faciès. Elle ouvrit la bouche à plusieurs reprises en sentant la douleur du souvenir revenir peu à peu.
— Une maladie. Quelque chose d'incurable. Les médecins ne savait pas trop ce s'était, annonça-t-elle en pinçant ses lèvres. Tout ce qui pouvait me dire c'est qu'elle mourrait à petit feu.
Elle poussa un soupire avant de passer une main sur son visage pour reprendre contenance alors que Sherlock la regarda franchement. Il pouvait sentir le poids de la conversation pour la jeune femme.
— Vous ne pouviez rien faire ?
Difficilement, Molly secoua la tête.
— Non, je ne pouvais pas. J'ai-j'ai cru pouvoir. Mais ce n'était pas le cas.
Elle s'en voulait. Il était évident pour Sherlock de déceller du remord et de méprit pour elle-même dans la façon dont-elle avait d'annoncer les choses. Il ne su comment réagir. Devait-il dire une chose gentille ? C'est très certainement ce qu'aurait fait Watson.
— Je suis désolé, dit-il en regrettant immédiatement ses mots.
Ils étaient si vide de sens et utilisés. Il aurait voulu trouver autre chose, pourtant cela lui était impossible. Elle haussa ses épaules.
— Vous n'y êtes pour rien, murmura-t-elle d'une voix lourde. Vous… Vous avez déjà connu ça ? osa-t-elle demander.
Elle le vit légèrement perdue avant de préciser :
— Perdre un être proche.
— Non. Non j'ai toujours eu beaucoup de chance de ce côté-là, dit-il légèrement honteux.
— Vous avez encore vos parents ?
— En effet.
— Oh ! Vous êtes chanceux. Sont-ils également à Londres ?
— Oui.
Il poussa un soupire avant de poursuivre :
— Ma mère est toujours impatiente de me voir m'unir, dit-il dans un grimace de dégoût ce qui fit légèrement rire Molly Hooper.
Elle secoua la tête en souriant avant de déclarer :
— Vous n'êtes pas intéressez pas une union ?
— Allez-vous me parler à nouveau d'Irène ? l'interrogea-t-il d'une voix moqueuse.
— Non. Je ne pensais pas forcément à Irène, mais c'est une chose à laquelle pense les hommes de votre… Enfin, les-
— Les bourgeois ?
— Oui. Ce-Ce n'est pas un reproche, M. Holmes, dit-elle avec précipitation appeuré d'être mal comprise.
— Je n'aime pas pensé à ce genre de chose, avoua-t-il en se redressant légèrement. Je sais parfaitement ce qu'attend la société de moi, pourtant l'idée de m'unir à une femme me semble en contradiction avec mon métier.
Ne pouvait-il pas arrêter de s'étendre sur sa vie ? Il se gifla mentalement d'être aussi intime dans ses propos avec la jeune femme. Pourtant c'était plus fort que lui. Il voulait qu'elle comprenne qu'Irène Adler ou que tout autre jeune femme ne l'intéressait pas. Mais la raison de sa motivation restait inconnue pour lui.
— Oh ! se contenta-t-elle de dire visiblement déçue. Je ne vois pas en quoi.
— Mon travail m'interdit d'entretenir une quelconque relation sentimentale.
Elle écarquilla les yeux, surprise par un tel résonnement.
— Cela veut dire que si vous rencontrez une femme qui pourrait vous plaire, vous vous refuserez de-
— C'est incompatible, asséna-t-il platement.
— C'est ridicule, croassa-t-elle sous le regard surpris de Sherlock.
Molly le remarqua s'empressa de se reprendre :
— Je voulais dire que… eh bien… je… c'est triste. Vous avez la chance de rencontrez une personne qui vous correspond et-
— L'union n'est pas synonyme d'amour, Molly.
Elle poussa un soupire qui cette fois-ci traduisait tout l'agacement que lui apportait la situation.
— Cela devrait l'être. Mes parents se sont unis par amour.
— Dans mon monde cela ne se passe que très rarement ainsi. Pour ne pas dire jamais, déclara-t-il calmement tandis que Molly pouvait trouver dans sa voix une pointe de résignation.
— Je trouve ça si triste, marmonna-t-elle croisant ses bras contre sa poitrine.
A cet instant, Sherlock ne pouvait pas détacher son regard de la jeune femme. Il l'analysa de la tête aux pieds notant tous les éléments qu'il pouvait relever. Elle était si convaincu par ses propos que cela fascinait le détective. Il n'avait jamais vu quelqu'un parler avec une telle verve.
— Vous y croyez, n'est-ce pas, déclara-t-il d'une voix lointaine.
— A quoi ?
— Aux sentiments.
Elle fronça les sourcils, ne voyant pas réellement où il voulait en venir.
— Bien sûr que j'y crois. Ils sont sans cesse présents. Chacune de nos actions sont dictées par ça.
Il opina.
— Je suis d'accord. C'est ce qui rend les meurtres si imparfait.
— Les sentiments ne sont pas forcément mauvais.
— Ils font tout de même ressortir les plus mauvais côtés de chacun.
— Peut-être que vous avez raisons, lui accorda-t-elle avant de reprendre. Mais, ils offrent aussi le meilleur. Si votre solution n'est de rien ressentir, vous pouvez être certain de ne jamais rien en retirez de positif.
Sherlock se contenta de rester silencieux, trop occupé à écouter ce qu'elle venait de dire. Il la vit, comme si c'était la première fois. Elle avait parlé sans buter sur les mots, d'une voix claire. Son visage était relevé fièrement et elle le fixait droit dans les yeux.
Il la trouva à cet instant incroyablement belle. Il peina à déglutir en reculant légèrement pour mettre une distance entre eux. Les choses étaient devenus beaucoup trop intime s'en qu'il s'en soit rendu compte.
Cela lui déplaisait fortement. Lui qui avait l'habitude de contrôler les choses. Il se sentit soudainement démuni devant la situation. Il se retrouvait seul avec une jeune femme qui arrivait à le faire parler alors que la situation aurait du être inverser.
— Je pense que nous ne serons jamais d'accord, dit-il avec dédain ce qui fit sourire Molly.
— Avez-vous encore besoin de moi ? demanda-t-elle doucement sortant Sherlock de ses réflexions.
Il resta quelques temps bloqué sur la demande de la jeune femme et il se sentir rougir légèrement. Il passa une main sur son visage tandis que son esprit hurlait de demander à la jeune femme de rester encore un peu avec lui. Il ne voulait pas qu'elle parte. Qu'elle le quitte.
De plus, il pouvait sentir son bas ventre crépiter d'envie. Elle était incroyable éclairée ainsi par le feu de cheminée. Son doux profil semblait briller de milles feux. Ses pommettes avaient rosis tandis que ses yeux étincelaient.
La vision de la jeune femme était trop à supporter pour le détective. Il détourna son regard d'elle dans l'espoir de retrouver ses esprits. Il agissait comme un gamin de quinze ans. Il n'était pas un gamin et cela ne lui ressemblait pas. Elle était une femme. Comme les autres.
Non, elle n'était pas comme les autres, pensa-t-il.
La gorge sèche, il articula péniblement :
— Hum… Vous … Vous devriez aller vous coucher. J'ai suffisamment usé de votre temps.
Le ton étrange du détective alarma la jeune femme qui fronça les sourcils.
— Vous êtes certain ? Je veux dire… Je peux rester encore si vous avez besoin de mon aide.
— Non… Non ça ira Molly. Je vous remercie d'être venue ce soir.
— Cela est un plaisir, .
Elle lui offrit un sourire radieux qui le fit défaillir. Il fallait qu'elle parte avant qu'il ne fasse une bêtise.
— Avant que j'aille me coucher, voulez-vous je fasse quelque chose ?
Il détourna son regard de la jeune femme et répéta plus froidement :
— Non. Ce n'est pas nécessaire.
Elle se sentit blessée, mais elle ne voulait pas le montrer. Peut-être s'imposait-elle trop à lui ? Il semblait aimer la solitude et elle respectait cela. Elle aimait également être seule pour mieux réfléchir. Elle tenta un nouveau sourire, qui fut cette fois-ci uniquement poli.
— Très bien. Dans ce cas, je vais me coucher, asséna-t-elle en se dirigeant vers la porte de sa chambre. Elle s'arrêta sur seuil du couloir et de tourna vers le détective.
— Bonne nuit, M. Holmes, murmura-t-elle en doucement avant de disparaitre.
Lorsqu'elle disparut, Sherlock se sentit seul. Etrangement seul. Sa poitrine se serrait et il ne put s'empêcher de jeta un regard dans la direction où Molly Hooper avait disparut.
La nuit passa bien plus lentement que d'habitude.
Tandis qu'il était allongé sur le canapé poussiéreux du salon, les yeux clos et le visage impassible, Sherlock se concentra dans son palais de l'esprit. Il classait chaque élément de l'enquête qu'il avait recueillît.
Les fichiers virtuels qu'ils construisaient et nourrissaient dans son esprit se déplaçaient à une allure folle. Il fronça ses épais sourcils lorsqu'il arriva au dossier qui contenait les détails de l'agression de Molly lors du dîner.
Son sang ne fit qu'un tour qu'il rouvrit les yeux pour s'assoir rapidement sur le canapé en enfouissant son visage dans ses mains. L'image de Molly plaquée contre cet homme, hurlant de douleur et de rage le rendit fou. Il lâcha un hurlement avant de se saisir du pistolet qui trônait sur la table basse.
Il tira trois coups imaginant sans mal que l'agresseur de la jeune femme s'y trouvait épinglé. A vrai dire, s'il avait été face à lui à cet instant, il ne l'aurait pas tué de suite. Il aurait prit le soin de lui apprendre la manière dont il était possible de torturé jusqu'à l'épuisement. Mentalement, il se fit une note de retrouver cet homme pour lui faire regretté de s'en être prit à Molly.
A bout de souffle, Sherlock jeta son révolver en emprisonnant une nouvelle fois sa tête entre ses mains. Qu'est-ce qui lui prenait ? Il avait l'impression d'être dans un burning out. Sa tête le chauffait alors que son cœur palpitait à une vitesse considérable. Il pouvait sentir son sang bouillonner dans ses veines.
Il tourna la tête vers sa chambre en imaginant aisément la jeune femme qui l'abritait. Elle devait être terrorisée. Il n'avait aucune peine à l'imaginé emmitouflé dans les draps, la recouvrant jusqu'au sommet de son crâne comme le faisait les enfants.
Difficilement, il inspira pour reprendre contenance. Il avait besoin de se concentré sur l'enquête. Son regard se riva sur le mur recouvert de ses recherches alors que son esprit était parti dans la chambre où se trouvait Molly Hooper.
Il se mit à déglutir péniblement, à l'idée qu'elle se trouve dans son lit. Seule. Dormait-elle ? Enlisant ses doigts dans sa forêt bouclée, il tenta de chassé cette pensée mais le dossier Molly Hooper dans sont esprits s'ouvrit brutalement comme à chaque fois qu'il osait lui consacré une pensée. Il était assaillit de centaines de choses.
C'était délirant.
Il ne fonctionnait jamais correctement lorsqu'il pensait à elle.
Mais bon sang il était bien obligé de songé à cette femme ?
Elle était une partie de son enquête. Il se laissa tomber dans le canapé en massant son front d'une main. Pour la première fois, il avait l'impression d'être totalement perdu. C'était sidérant.
Sans pouvoir s'en empêcher, il laissa son regard dérivé vers le couloir qui menait à sa chambre. L'idée saugrenue d'aller la rejoindre lui traversa une dizaine de fois l'esprit. Sa main libre s'agrippa violemment à l'accoudoir du canapé.
Ses doigts s'enfoncèrent dans la chaire du meuble alors que sa maxillaire se crispa. Il savait que s'il continuait ainsi, ses dents auraient de grande chance de transpercer sa mâchoire.
Comment une femme aussi insignifiante pouvait le saborder de cette façon ? Il sentait chaque fibre de son corps vibrer. C'était comme si quelque chose l'attirait irrémédiablement vers elle. Cela n'avait aucune logique, aucune concordance. Il n'avait jamais agit ainsi avec les autres femmes. Il jeta sa tête en arrière, fixant longuement le plafond tandis que son esprit semblait rester accroché à la porte de la chambre où se trouvait la jeune femme.
Il mourrait d'envie d'y aller. Peut être ceci permettrait-il de lui rendre une vision net ? Il ne ferait rien de mal, il ne ferait que la regarder dormir et il retournerait à l'enquête. Il avait besoin de toutes ses capacités mentales pour avancer sur l'affaire. Il n'avait jamais eu a affronté ce genre de distraction, il n'aurait aucun mal à la balayer de son esprit d'un revers de main. Expirant un bon coup, il bondit sur ses pieds et traversa le salon d'un pas raide.
Il ne ferait que s'assuré que son invité était dans un bon état d'esprit. C'est ce que ferait John. Oui. C'est bel et bien ce que ferait John. Cette pensée l'encouragea à traverser l'étroit couloir qui le menait à sa chambre.
Après tout, John ne cessait de l'encourager à agir comme un homme sociable et attentionné. C'était sa chance et après tout, il était chez lui et pouvait circuler dans sa chambre comme bon lui semblait.
Pourtant lorsqu'il posa sa main sur la poignée pour s'en saisir, il sentit quelque chose se passé dans sa poitrine. Il avait la gorge sèche et nouée. Son équilibre lui semblait incertain alors que son sang tambourinait dans ses tempes. Il hésita longuement en émettant l'hypothèse qu'elle ne dormait pas ou bien qu'elle soit littéralement nue.
Seigneur ! Cette pensée lui coupa l'envie d'ouvrir cette fichue porte. Il se contenta de se plaquer contre un de mur du couloir alors que ses mains se mirent à trembler. Il avait l'impression d'être une vraie cocotte minute. Il ouvrit un bouton de sa chemise alors qu'il avait l'impression de ne plus arriver à respirer.
Imaginer Molly Hooper était bien plus évident et fascinant qu'il l'aurait voulut. L'image d'elle enroulée dans un drap blanc traversa son esprit, accélérant son rythme cardiaque. Cette femme l'horripilait d'être aussi intrusive. Elle pénétrait dans son esprit de la pire des manières et elle le rendait incapable de songer de manière vive et optimale.
Il se devait de passer outre et de songer à l'enquête. Ou à tout autre chose pour ne pas songer à la jeune femme qui dormait dans la pièce d'à côté. Au final, faire venir Molly Hooper ici, n'était pas une si bonne idée.
Les reviews sont si fantastiques.
