Vos reviews sont des merveilles à lire et je vous remercie de prendre le temps de laisser une trace de vos pensées. On ne songe pas toujours à le faire, mais elles sont toujours incroyablement encourageantes pour les auteurs de FF. Croyez-moi.
Je vous avoue que ce chapitre fut assez compliqué à écrire. Je n'en suis toujours pas satisfaite, même à l'heure actuelle. Mais j'ai décidé de le mettre en ligne pour passer à autre chose et faire un meilleur chapitre, pour moi, par la suite.
L'attente fut déjà très longue, je ne la fais pas durer davantage les amis.
PS : la suite du voisin arrive bientôt.
CHAPITRE NEUF
De toute sa vie, Molly Hooper n'avait jamais autant pleuré. Bien entendu, la vie n'avait jamais été toujours très tendre avec elle, mais elle n'avait jamais été aussi malheureuse. Elle avait passé une grande partie de sa nuit devant l'antre de la cheminée à observer les flammes qui avaient dévorés ses précieux livres.
Cette pensée était si déchirante et violente, que Molly s'efforçait d'ignorer l'image de ses livres dans le brasier. Cela était si dur pour elle. Sa vie se résumait à peu de choses, et le souvenir de sa mère était un des éléments moteur qui lui permettait de ne pas sombrer dans la tristesse.
Irène lui avait enlevé ça. Elle avait piétiné le leur bonheur auquel elle avait le droit.
Un trou béant s'était installé dans sa poitrine. Elle avait eut du mal à respirer. Ses yeux avaient versés plus de larmes qu'elle ne l'aurait cru possible en une nuit. Elle s'était endormie devant l'antre tandis que son petit corps remuait sur le sol à cause de ses sanglots.
Son visage habituellement joyeux était marqué de cernes et de suit. Elle l'essuya du revers de sa main. Elle avança toute la journée comme un véritable automate. Son regard fixa le sol alors qu'elle exécutait chacune de ses tâches sans la moindre expression. Elle n'arrivait pas à ôter la vision horrible de ses ouvrages entrain de brûler dans la cheminée, rongés par les flammes.
Elle avait occupé son temps à réaliser ses tâches quotidiennes sous le regard désemparé d'Annie. Cette dernière avait apprit ce qu'Irène avait fait et avait été furieuse. Elle avait dans un premier temps tenté d'en parler avec Molly, mais cette dernière s'efforçait d'écourter la conversation.
— Je ne veux pas en parler, Annie, disait-elle toujours la langue lourde.
Annie s'en voulait d'avoir poussé Molly dans une direction qui lui causait à présent du tord. Elle savait qu'Irène aurait été folle de rage en apprenant que Molly passait autant de temps avec le détective, mais une partie d'elle souhaitait plus que tout que Molly trouve le bonheur. Et elle n'avait jamais vu Molly aussi heureuse qu'auprès de cet homme. Elle attendait chacune de ses visites avec impatience et ne tarissait pas d'éloge à son encontre.
En voyant l'engouement que sa jeune amie avait pour lui, elle n'y avait vu qu'une occasion de l'encourager. Molly avait si peu d'amis et de loisirs, qu'Annie avait vu Sherlock Holmes comme une chance pour elle de s'épanouir. Pourtant, elle s'était trompée et la vieille domestique s'en mordait les doigts. Elle s'en voulait tant pour l'espoir ridicule qu'elle avait nourrit chez Molly.
Depuis cet évènement, Molly se contentait de mener ses tâches à bien sans parler à moins que cela ne soit nécessaire. Elle semblait morte de l'intérieure. Elle se couchait dès qu'elle le pouvait et se levait le plus tôt possible dans l'espoir de ne croiser que peu de monde.
La joyeuse Molly Hooper avait disparu. Ses yeux étaient souvent gonflés alors que des cernes les soulignaient. Sa voix était souvent éraillée car elle l'utilisait trop peu pour qu'elle soit échauffée. Ses clavicules étaient beaucoup plus visibles qu'avant et chacune de ses respirations semblaient être une véritable épreuve pour elle.
— Molly allez-vous bien ?
La voix du sénateur la fit sortir de sa torpeur tandis que son regard semblait vide. Elle se tenait immobile avec un pot de café chaud entre ses mains frêles. Les sourcils du sénateur lui indiquaient que son niveau de préoccupation était important.
La jeune femme s'efforça d'afficher une mine avenante, mais son sourire était si faible qu'il peinait à atteindre ses yeux. Elle inspira avec son petit nez pour se donner du courage tandis qu'elle supportait en silence le poids désagréable qui régnait sur son estomac.
— Oui, monsieur, dit-elle avec automatisme.
Le sénateur pencha légèrement sa tête sur le côté tandis qu'il fronçait davantage ses sourcils.
— Êtes-vous sûr ? Vous m'avez l'air plus épuisez que jamais.
Molly ne fut pas surprise de la remarque de son employeur. Elle voulu hausser ses petites épaules, mais elle s'en empêcha. Elle n'avait pas à être désinvolte avec lui, il ne lui avait rien fait. Molly se contenta de racler sa gorge avant de parler doucement.
— J'ai mal dormi, monsieur. Cela arrive.
— Est-ce à cause de l'incident de la nuit dernière ?
Cette fois-ci, ce fut Molly qui fronçait ses sourcils tandis que sa gorge s'apparentait à du papier de verre. C'est d'une voix étranglée qu'elle demanda perplexe :
— L'incident, monsieur ?
— Oui pour vos livres, déclara-t-il avant d'afficher une mine compatissante. Je suis navré de ce qui s'est passé ma chère. Irène m'en a fait part hier soir lors de notre retour de soirée. Elle était si dévastée pour vous.
Dévastée.
Molly resta silencieuse, interdite devant les propos de son employé. C'était une plaisanterie ? Cette femme qui depuis une semaine avait réussit à la brisée était à présent dévastée pour elle. Molly pinça ses lèvres pour retenir le venin qui menaçait de s'échapper de ses lèvres.
— Que vous a-t-elle dit, monsieur ?
— Que vous transportiez vos livres pour les lires près de l'antre de la cheminée un soir, mais que par un malheureux mouvement ils ont basculés dans les flammes.
— Un mouvement malheureux…
— Oui.
— C'est ce qu'elle vous a dit ? demanda Molly le souffle coupé tandis qu'un sentiment de colère naissait dans sa poitrine.
— Eh bien oui. Pourquoi ? N'est-ce pas ce qui s'est passé ?
Molly détourna légèrement son regard en fronçant ses sourcils. Elle avait tellement menti à propos des actions d'Irène qu'elle se sentait épuisée. Cette femme ne l'aimait pas et elle lui faisait sentir chaque jour. Elle ne voulait et ne pouvait plus accepter le sort que lui faisait subir sa maitresse. Elle avait été patiente et compréhensive, mais cela n'avait pas suffit.
Rien ne suffisait à Irène. Molly se souvenait de chacun de ses caprices. Elle n'était jamais satisfaite et personne ne répondait correctement à ses caprices. Serrant ses petits poings, Molly comprit à cet instant combien elle avait été aveugle avec cette femme qu'elle avait toujours espéré appeler amie.
Elle n'était pas son amie. Elle ne le serrait jamais.
— Molly ? L'appela doucement le sénateur qui était intrigué par le silence de la jeune femme. Y a-t-il quelque chose que vous voudriez me dire ?
Molly releva son regard en direction du sénateur et vit à quel point cet homme était bon. Il savait qu'elle n'allait pas bien et il était prêt à l'entendre. Pour une fois, Molly pensa qu'elle avait peut-être le droit d'être aidée et d'être égoïste.
— Je… Je crois que-
— Quelle belle matinée ! s'exclama Irène en avançant vivement en direction de la table tandis que son regard balaya la salle du petit déjeunée.
Sa robe de journée était parfaitement lacée par Annie tandis qu'une longue partie à l'arrière balayait le sol qu'elle foulait. Molly resta figée, la bouche encore ouverte tandis que son cœur battait à un rythme fou dans sa poitrine. Elle planta un baisé sur la joue de son oncle et s'installa gracieusement à table en jetant une serviette sur ses jambes.
— Je meurs de faim !
Lorsqu'elle releva son regard, elle le planta dans celui de Molly qui ne cilla pas.
— Oh Molly comment te portes-tu ? J'espère que tu as réussi à dormir malgré ta mésaventure de la nuit dernière ? Oncle Adler sait combien ses livres t'était important, tout comme moi.
Molly fixa sa jeune maitresse en sentant la colère grandir dans sa poitrine. Elle se moquait d'elle. Pinçant ses lèvres, Molly releva légèrement son visage tandis que la fatigue pouvait se lire sur son visage.
— Oui ils l'étaient, avoua Molly en fixant Irène droit dans les yeux. Ils étaient surtout le dernier souvenir de ma mère.
Irène fit une moue faussement contrariée tandis que le sénateur se fit beaucoup plus sincère.
— Nous savons tous les deux à quel point ta mère était une femme exceptionnelle, Molly. Avec ou sans ses livres, elle serait sans aucun doute fière de toi.
Touchée en plein cœur, Molly esquissa un faible sourire à l'encontre du sénateur sous le regard répugné d'Irène.
— Merci, monsieur.
— Molly tu t'apprêtais à me dire quelque chose ? demanda le sénateur avec un sourire encourageant. Molly leva discrètement son regard pour croisé celui d'Irène qui était acérée et menacent.
Il avait toujours été ainsi, songea-t-elle avec une certaine peine.
Molly ne l'avait jamais vu sourire sincèrement ou bien être compatissante avec ses proches. Cela l'attristait d'une certaine manière. Bien qu'Irène ne soit jamais quelqu'un qu'elle affectionne, elle se sentait mal pour la vision que cette femme portait sur le monde en général. Il était fade et douloureux.
— Il n'y a rien, monsieur. C'était sans importance.
— Bien, dit-il en se laissant aller au fond de son siège. Mais, si cela redevient à nouveau important, tu sais où se trouve mon bureau.
— Merci.
Molly jeta un regard faussement apaisé au sénateur. Il ne voyait pas Irène comme une personne lui voulant du mal. Non, il la considérait comme une jeune fille bien sous tous rapports. Ce n'était pas de sa faute. Cet homme était une bonne personne. Déployant légèrement sa colonne vertébrale, Molly se tourna vers Irène et déclara d'une voix plus claire :
— Je vous apporte le petit déjeuné, mademoiselle.
MHMHMHMHMHMH
Molly y avait pensé toute la journée. Elle avait retourné cette idée dans son esprit à plusieurs reprises. Pourtant, plus elle y songeait, plus cette idée lui semblait incontournable. Elle pinça ses lèvres, se positionnant maladroitement son corps devant le secrétaire tandis que sa gorge se serrait. Elle s'empara d'un papier et de quoi écrire tandis que ses mains tremblaient légèrement.
Elle inspirait profondément avant d'expirer. Ce n'était qu'une lettre ridicule. Elle en avait déjà écrit. Très rarement, mais elle l'avait déjà fait. Même si ce qu'elle s'apprêtait à faire était inédit pour elle.
Ecrire à Sherlock Holmes.
Seigneur, à cette idée, ses mains tremblaient légèrement. Elle posa fermement le flan de sa paume de main pour se stabiliser. Elle devait faire cette besogne même si son cœur se serrait tout comme le nœud dans sa gorge. Elle prit le temps de rassembler ses pensés avant de poser la plume sur le papier. Elle commençait par le plus évident.
« Monsieur Holmes,
Je me permets de vous écrire, bien que cela ne soit pas correct pourtant cela est indispensable. Je vous présente mes excuses par avance par mon acte audacieux, mais il est important que je vous transmets ce message. Vous avez été gentil avec moi, ainsi que très généreux. Je vous en suis reconnaissante, personne n'a su faire preuve d'autant de compassion et de respect pour moi. »
Elle prit le temps de relire cette partie. Elle l'avait imaginé dans son esprit sous diverses formes et celle-ci était la plus correcte. Elle était polie et simple. Elle ne s'engageait à rien en relatant les évènements qui s'étaient passés entre eux. Elle leva lentement son visage tandis que son regard errait sur le papier peint qui recouvrait les murs.
Elle devait s'acquitter de la partie la moins évidente. Elle savait qu'elle ne devait pas sous entendre que la décision qu'elle prenait n'était que sa faute à lui. Molly n'avait aucune envie de voir cet homme culpabiliser pour elle. Il ne méritait pas les remords. Du moins s'il en avait.
« Pourtant, il n'est pas correct que vous soyez ainsi avec moi tout comme il n'est pas correct que j'abuse de votre gentillesse, M. Holmes. J'ai eu la chance d'avoir un peu de votre temps, mais, il me paraît plus judicieux et correct de décliner votre proposition.
Encore merci, M. Holmes pour la compréhension dont vous avez fait preuve. J'espère pouvoir lire bientôt de nouveaux récits du Docteur Watson sur vos affaires.
Une belle et heureuse continuation,
Amicalement,
Molly Hooper. »
Elle posa la plume et elle sentit quelque chose dans sa poitrine se presser. Elle lui faisait des adieux et ça elle en avait parfaitement conscience. L'acte d'Irène avait été très clair pour elle et elle refusait de subir une nouvelle fois la douleur que sa maitresse lui avait causée. Elle avait perdue une partie de sa mère et cela l'avait brisé.
Elle poussa un soupire, vaincue et passa ses mains sur le rebord de la table pour s'écarter afin de se relever. Elle plia minutieusement la lettre pour la glisser dans son enveloppe d'ivoire tandis qu'elle s'efforçait de ne pas songer aux répercutions que cet acte allait engendrer.
Elle fixa ses mains ainsi que la missive en se répétant que c'était la meilleure chose à faire. Après tout, elle avait réussit à vivre sans connaître cet homme alors pourquoi n'arriverait-elle pas à continuer sans lui ?
Elle se redressa en ignorant son envie de pleurer. Elle avait suffisamment pleuré pour lui et pour toute cette situation. Elle savait depuis le début qu'elle allait sur un terrain dangereux en côtoyant cet homme plus qu'elle n'aurait dut. Elle n'aurait jamais dût accepter de se laisser aller à entrevoir l'espoir d'être son amie… et d'imaginer qu'il puisse être possible de plus.
Seigneur, elle imaginait des choses qui lui étaient interdites. Elle sentit un blush recouvrir ses joues tandis alors qu'une image osée d'elle de du détective traversait son esprit. Un frisson la traversa instantanément de la tête aux pieds tandis qu'elle expirait bruyamment.
A présent, elle devait déposer cette lettre à Baker Street. Elle mordit nerveusement l'intérieur de sa joue en songeant qu'elle ne pouvait pas le faire elle-même. Si Irène apprenait qu'elle avait été là-bas, elle aurait pu croire à une machinerie de sa part. De plus, elle ne voulait pas courir le risque de voir Sherlock Holmes en chair et en os.
Elle songea à l'humiliation s'il lisait cette lettre face à elle. Molly ne voulait pas imaginer la réaction du détective à son encontre. Elle ne pouvait pas supporter l'idée.
Elle allait demander à Billy. Il était rapide et elle était certaine que c'était la meilleure solution à son problème.
Elle trouva l'enfant dans la cuisine à côté de sa mère. Il semblait impatient de goûter le dernier gâteau qu'elle avait préparé pour lui. Mordant nerveusement sa lèvre, Molly inspira profondément elle fit un pas décidé dans la direction du garçon. Ce dernier l'entendit car il tourna son visage poupon dans sa direction, laissant un sourire naître sur ses lèvres.
— Hey Molly !
Il sauta de son petit tabouret pour se diriger vers la jeune femme qui essayait d'étirer ses lèvres. Pourtant la peine qu'elle ressentait l'en empêchait. Billy ne fut pas dupe car son sourire disparut immédiatement pour être remplacé par une mine inquiète. Il pencha légèrement sa tête sur le côté.
— Est-ce que tout va bien ?
— Billy, peux-tu envoyer ceci ?
— Bien sûr, Molly ! asséna le jeune garçon en souriant de toutes ses dents. A qui dois-je la remettre ?
— A… A M. Holmes, Billy.
— A , répéta-t-il alors qu'un grand sourire naissait sur ses lèvres. Oh ! C'est pour le voir ?
— N-non Billy. C'est pour autre chose.
— Oh…
La moue déçu qui s'affichait sur le visage du jeune garçon fendit le cœur de Molly. Elle le décevait, elle le savait, mais elle aurait été folle de reculer maintenant qu'elle avait eut un soupçon de courage.
Elle lui tendit nerveusement la lettre alors que sa main libre était repliée sur elle-même.
— Peux-tu la déposé aujourd'hui ?
Billy croisa ses petits bras contre son coffre tandis que ses lèvres se pincèrent.
— Et si tu lui apportais ?
— Billy ! s'exclama Annie pour réprimander son fils.
Ce dernier leva son regard plein de défis en direction de sa mère avant de se braquer vers Molly qui ne cilla pas.
— Je ne veux pas aller donner ça à . Je sais ce que tu fais. C'est à cause d'Irène. Je refuse de lui donner raison en allant donner ça à . Si je le fais, il ne viendra plus jamais ici et tu seras triste.
Annie ne sut quoi dire étonné par l'analyse si pertinente de son jeune garçon. Elle savait que Molly avait tenté de la préservé de sa tristesse et ne voulait pas lui annoncé son désir de ne plus jamais voir le détective avec le moins de froideur possible. Pourtant, Billy avait comprit. Il avait sentit la douleur et la peine qu'abritait Molly. Elle se décida d'observer la scène sans interférer. Du oins tant que tout cela reste correct.
Elle vit le visage de la jeune femme être marqué par l'étonnement, puis il fut déformé par un amusement qui n'en était pas réellement un. Ses fossettes firent une apparition timide alors qu'elle clôturait faiblement ses paupières. Elle faisait toujours cela lorsqu'elle devait rassembler ses pensées pour s'exprimer de façon cohérente.
Molly plia consciencieusement ses jambes pour s'accroupir à la hauteur du garçon. Son geste était lent comme si elle avait peur de l'effrayer. Elle tendit ses mains pour se stabiliser lorsqu'elle fut au sol. Un de ses genoux se plaça au sol alors qu'elle ancra son regard dans celui du jeune garçon.
— C'est vrai. Tu as raison. Ce que je fais n'est peut-être pas la bonne solution et elle me rendra certainement malheureuse. Pourtant c'est la plus sage que j'ai trouvé, Billy.
— Mais ce n'est pas juste, eructa-t-il avec force éjectant tout l'air que retenait ses poumons.
— Je sais, murmura-t-elle d'une voix éraillée. Mais, notre société, notre mode de vie ne nous permet pas de vivre toujours comme nous l'entendons.
L'enfant continua de fixer Molly droit dans les yeux. Elle pouvait lire dans son regard de la tristesse et ce sentiment d'injustice qu'elle ne connaissait que trop bien. Elle posa sa main livre sur l'épaule du garçon et la pressa avec tendresse.
Molly voulait lui montrer qu'elle était encore capable de tenir debout et être solide malgré la douleur qui l'avait ravagé.
— J'ai besoin de toi, Billy. Tout ce que je te demande, c'est de glisser cette lettre sous la porte d'entrée de .
Il jeta un regard à sa mère qu'il vit hocher douloureusement de la tête en signe d'accord. L'enfant poussa un soupire, vaincu et planta son regard sur l'enveloppe qu'il maudissait intérieurement de tous les maux.
— C'est d'accord. Je vais le faire.
Le cœur du petit garçon se fendit davantage lorsqu'il vit le sourire rassuré de Molly fleurir sur ses lèvres fines. Il tendit sa petite main en direction de la jeune femme qui y déposer le morceau de papier.
— Merci… Merci mon Billy, souffla-t-elle en se penchant pour l'encercler de ses bras.
Elle le colla contre sa poitrine et soupira de bien-être lorsque l'enfant lui retourna son étreinte. Il calla sa tête dans le creux du cou de la jeune femme et fixa un point dans le vide. Il savait combien Molly mourrait d'envie de laisser un sanglot de soulagement s'échapper de sa bouche, mais il le lui fit pas remarquer.
— Je suis tellement désolée, Billy, murmura-t-elle dans un souffle étranglé qui poussa le petit garçon à s'agripper au vêtement de la jeune femme.
MHMHMHMH
— J'ai fais un liste, déclara Molly en essuyant son front sous le regard désespéré d'Annie.
— Une liste ? Voyons Molly, soyons un peu sérieux. Je sais que tu as besoin de t'occuper l'esprit mais ce n'est pas en te surchargeant de travail que tu iras mieux.
— Cela n'a rien à voir ! répliqua la jeune femme en se redressant lentement. Il y a beaucoup de choses à faire. Si on ne fait pas de liste, on ne s'en sortira jamais.
— Ce sont les mêmes choses que nous faisons chaque jour.
Molly haussa ses petits sourcils alors qu'Annie leva les mains devant elle.
— Très bien. Tu gagnes. Nous suivons cette fichue liste…
— Merci, Annie. Tu sais que j'aime lorsque les choses sont bien faites, déclara Molly avec un enthousiasme qu'elle avait répété plusieurs fois pour qu'il soit convainquant.
Annie s'apprêtait à répliquer quelque chose, mais elle fut interrompue par le son de la sonnette d'entrée. Péniblement, Molly se redressa en prenant appuie sur le balais qui gisait près d'elle.
Elle laissa ses pieds trainés au sol jusqu'à la porte où elle se hissa sur la observa l'invité par le judas et elle se sentit se glacer sur le champ. Elle recula loin de la porte tandis que son cœur faisait un bon dans sa poitrine. Sa gorge était soudainement devenue sèche. Comme à chaque fois. C'était comme si elle perdait le contrôle. Elle était sans aucune protection et la panique prenait le dessus.
Molly se figea en serrant fermement le manche de son balai entre ses petites mains. Son cœur battait à tout rompre tandis que le regard d'Annie était braqué sur elle. Elle était paralysée tandis qu'Annie laissa tomber sa serpillère pour aller ouvrir d'un pas décidé. Elle se stoppa sur le bas de la porte avant d'ouvrir et jeta un regard rassurant à Molly.
— Annie c'est lui, je t'en pris…
— Je ne peux pas te couvrir, Molly. S'il veut te parler cela est sans doute important.
— Je ne pourrais pas, Annie, croassa la jeune femme en sentant les larmes lui monter aux yeux alors qu'elle secouait nerveusement sa tête. Je sais qu'il me sera impossible de lui parler. Si j'ai écris cette lettre c'est pour éviter ce genre de situation.
Annie la jaugea du regard pendant un instant tandis que son cœur se serrait dans sa poitrine. Elle poussa un soupire vaincue.
— Bon… Très bien. J'y vais pour cette fois.
— Oh merci ! expira Molly avec lourdeur. Annie je-
Annie fit un geste qui lui intimait le silence et lui montra la porte de la cuisine avant d'ouvrir d'un geste raide la porte d'entrée. Elle se composa un visage neutre dans l'espoir de ne pas être démasquée par le détective. Il était là. Comme à son habitude, imposant de toute sa hauteur.
Elle nota une rapide lueur de confusion qui avait traversé son regard. Si elle n'avait pas été attentive, elle ne l'aurait sans aucun doute pas remarqué. Elle profita de son état pour déclarer d'un ton professionnel :
— Bonjour M. Holmes. Je suis dans le regret de vous dire que le sénateur est en rendez-vous et ne veut pas être dérangé.
— Je suis ici pour voir Molly, déclata-t-il d'une voix claire et implacable.
Sherlock Holmes était un homme de caractère qui était de ses hommes qui obtenaient toujours ce qu'il exigeait. Annie le voyait bien mais, elle ne voulait pas céder devant cet homme aussi impressionnant soit-il.
— A quel sujet ?
Sherlock plissa ses yeux et leva la lettre devant le regard de la domestique.
— Vous le savez parfaitement. Je veux voir Molly.
Bien qu'il soit déconcertant, Annie trouva la force de redresser sa colonne vertébrale et d'afficher une mine déterminée. Molly était comme sa fille et elle refusait de l'abandonnée dans ce moment de faiblesse. Elle ne plierait pas maintenant.
— Elle ne peut pas vous voir.
Plaquée contre le mur de la cuisine, Molly pouvait sentir son cœur battre à un rythme effréné. Elle mordit sa lèvre inférieure en sentant sa gorge se serrer. Elle sera sa prise sur le manche à balais tandis que ses jambes peinaient à la porter. Le son de la voix de Sherlock Holmes était comme un poids sur la poitrine. Elle mourrait d'envie de se poster face à lui et de lui dire qu'elle avait déjà beaucoup perdue en le côtoyant d'une façon beaucoup trop audacieuse. Elle resta pourtant immobile en écoutant la conversation animée qui se déroulait juste à côté.
— Je dois voir Molly, répéta-t-il avec force.
— Ne m'avez-vous pas entendu ? Elle ne peut pas, , asséna-t-elle en restant fermement encré dans le sol.
— Je sais qu'elle est là, grogna-t-il en faisant un pas en avant pour entrée, mais il fut stoppé par la vieille domestique qui s'érigea davantage devant lui.
Il baissa réellement la tête pour la première fois en direction d'Annie. Les lèvres de la femme était pincée tandis que ses yeux le foudroyaient sur place. Il était face à une véritable mère poule qui était prête à sortir les griffes s'il insistait trop lourdement. Cela n'était pas à son avantage. Il ne retrouverait jamais Molly ainsi. Il clôtura brièvement ses paupières avant de demander d'une voix riche et profonde.
— Laissez-moi lui parler.
Ce qui aurait pu être entendu comme une supplique de la part de Sherlock, Annie l'entendait comme un ordre, une exigence de lui apporter le fruit de sa convoitise.
— Elle ne le veut pas.
— Alors qu'elle sorte de sa cachette et qu'elle vienne me le dire ! asséna avec colère Sherlock ce qui fit sursauter Molly.
Elle hésita quelques secondes en sentant la peur naître dans sa poitrine. Peut-être devait-elle tout lui dire ? Non. Non cela ne ferait qu'empirer les choses. Elle se plaqua davantage contre le carrelage de la cuisine tandis qu'un sanglot s'empara d'elle. Immédiatement, elle mit une main contre sa bouche pour l'étrangler et s'empressa de quitter les lieux le plus discrètement possible.
— Elle ne veut pas vous voir, entendit-elle Annie dire avec davantage de sévérité. Entendez cela, monsieur.
— Je me moque de ce qu'elle veut. C'est nécessaire ! Molly ! Molly, je sais que vous m'entendez ! Venez immédiatement ici ! Molly-
— Cela suffit ! Gronda Annie de sa voix de mère autoritaire. Ecoutez, vous lui avez causé suffisamment de soucis. Elle ne veut pas vous voir, déclara fermement Annie tandis qu'elle avait placé ses poings contre ses hanches. Alors détective ou noble, ce n'est pas cela qui va m'empêcher de vous bottez les fesses si vous ne vous décidez pas à partir, monsieur.
Sherlock cligna des yeux, sonné par les propos de la domestique qui ressemblait beaucoup trop à Mme Hudson. Il pinça ses lèvres, déranger d'avoir à faire à une femme aussi résistante.
— Que lui est-il arrivé ? demanda-t-il d'une voix dure qui semblait tout de même s'effriter.
Annie croisa ses bras contre sa poitrine, mécontente de la question du garçon. Il avait l'audace de lui demandé ce qui était arrivé à Molly alors qu'il avait été témoin de la méchanceté d'Irène plus d'une fois.
— Le détective que vous êtes n'arrive pas à voir ça ? Voilà un nouvel élément qui ne joue pas en votre faveur. Mais cela n'est pas le sujet. Il est juste important que vous cessiez de chercher à avoir le moindre contact avec elle.
Sherlock releva légèrement son menton ce qui lui donna une allure dangereuse et inflexible.
— Je ne partirais pas sans avoir pu lui parler, s'entêta-t-il avec la même volonté dévorante.
Annie arqua un sourcil.
— Alors j'ai le regret de vous dire, monsieur, que vous allez attendre un long moment.
— Dites moi pourquoi elle ne souhaite pas me voir, dans ce cas, asséna-t-il. Est-ce à cause d'Irène Adler ?
Les yeux d'Annie s'écarquillèrent légèrement au nom d'Irène ce qui marqua Sherlock. Il savait qu'il avait marqué un point. L'idée que Molly refuse de le voir à cause de cette femme immonde le mettait dans une colère noire. Serrant fermement ses points le long de ses flans pour se contenir.
— Que lui a-t-elle fait ? demanda-t-il la gorge serrée.
Annie l'observa quelques instants, jaugeant s'il était opportun de lui faire part du dernier malheur de la jeune femme.
— Irène a mit ses livres à brûler.
Il y eut un silence soudain. L'expression choquée de Sherlock, rassura Annie. Les lèvres de Sherlock se pincèrent au point qu'elles n'étaient qu'une ligne blanche. Il ouvrit et referma à plusieurs reprises sa bouche, mais aucun son n'en sortit. Il releva son visage tandis que la culpabilité et la colère pouvait se lire sur son visage.
— Elle… Comment se porte Molly ?
La voix de Sherlock était plus douce et incertaine. Annie était certaine que cela était inédit pour le jeune homme qui semblait toujours si sûr de lui.
— Pas très bien, avoua Annie. Elle est même dévastée.
Il n'était pas étonné. Il savait à quel point ces livres étaient importants pour Molly. Il imaginait aisément la douleur qu'elle pouvait ressentir et la peine qui l'habitait à présent. Mais, l'idée qui le bouleversait le plus, était que tout ceci était sa faute. Il avait vu la façon dont Irène l'avait foudroyé du regard lorsqu'il était venu à l'anniversaire de Billy ainsi que la manière dont elle parlait de Molly. Elle ne l'aimait pas et faisait tout pour lui nuire.
Il inspira profondément tandis que sa poitrine se serra à cette idée.
— C'est de ma faute, murmura-t-il en plongeant son regard dans celui d'Annie. Si elle a perdu ses ouvrages. C'est de ma faute.
La vieille domestique observa le détective et elle comprit que cet homme tenait plus à Molly qu'elle ne l'aurait crut. Elle pouvait sentir l'espoir qu'elle avait voulu étouffer dans son esprit, se raviver lentement.
— V… Vous ne pouviez pas savoir, tenta Annie le cœur serré.
— Vous l'avez dit plus tôt, je suis détective, bien sûr que j'aurais dus le savoir, déclara-t-il avec dédain.
Sherlock pouvait sentir le regard de la vieille domestique braqué sur lui. Il se sentait pour la première fois de sa vie, démuni. Son regard était dans le vide tandis qu'il cherchait la meilleure réaction au tsunami d'émotion qui le submergeait. Il devait partir. Il devait s'enfermer dans son palais pour trier les choses.
— M. Holmes, commença Annie tandis qu'il releva vivement son visage qui avait reprit un masque placide.
— Je vous remercie pour vos informations, déclara-t-il d'une voix plate en se redressant sur lui-même avant de faire demi-tour et de remettre son haut de forme pour aller se réfugier dans sa voiture.
Il s'y installa rapidement avant de mettre un coup sec contre la paroi qui le séparait du cochet. Il sentit la cabine se déplacer et il se laissa aller à ses pensés qui comme bien souvent concernait Molly Hooper.
L'idée que Molly ait été arraché de ses précieux ouvrages lui remua l'intérieur du ventre. Sa gorge était encore serrée tandis que ses sourcils se fronçaient lorsqu'il s'imaginait la scène et la douleur qui avait dut marquer le visage de Molly.
Il était coupable de cette punition. Il pouvait sentir la culpabilité murir dans son esprit et il trouvait cela insupportable. Sherlock marmonna des propos incompréhensible tandis qu'il se promit d'en parler à Watson le plus vite possible.
