Voici le chapitre 6. On en apprend plus sur le passé de la Duchesse, ainsi que sur la tendresse qu'elle porte à sa fille. Ici, c'est la relation entre ce deux personnages qui est développé.


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Chapitre 6: Discussion entre mère et fille, SOS!

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Miku resta bouche bée devant la déclaration de sa mère. Comment avait-elle su? C'était impossible! La jeune fille ne pu qu'articuler des bouts de phrases incompréhensibles coupées par la surprise et la déroute. La Duchesse serra la mâchoire mais continua sur sa lancée:

"Et quand je parle d'un garde, je veux parlé de ce garçon à l'écharpe bleue, arrivé il y a trois ans.

-Mère, souffla Miku totalement perdue, comment l'avez-vous su? Je ne comprend pas!

-D'après ta réaction, j'imagine que j'ai raison, poursuivit la mère.

-Comment? Répéta Miku."

La mère pris une grande inspiration avant de continuer:

"Au début, dit-elle, je ne savait rien, et j'aurait très bien pu ne jamais rien savoir. Depuis que nous nous sommes installer ici il y a onze ans, tu as toujours été une petite fille normale, mais ton père n'a pas toujours fait en sorte que tu rencontres d'autres enfants de ton âge donc quand il à pris ce jeune homme à son service, j'ai pensé que tu étais juste contente de pouvoir voir quelqu'un de plus familier, et cela me soulageait de te savoir l'esprit occupé. Mais peu après, le pade (homme qui s'occupe des chevaux) m'a laissé entendre personnellement que le petit nouveau dénommé...Kaito Shion si je me souvient bien, te parlait trop souvent à son goût et que cela gênait son travail. Je t'ai ensuite observé plus souvent de ma chambre et les faits ce sont révélés justes. Après, c'était facile à deviner: les innombrables promenades que tu fais, toujours avec lui; tes nombreuses visites aux écuries; les petits soupirs que tu lâches quand tu rêves éveillée; le fait que tu prononces doucement son nom quand tu es plus ou moins seule; et qu'il soit, de plus, un garçon très agréable à regarder. Je ne suis pas encore vieille et stupide, je peux encore reconnaître les jeunes filles amoureuses."

La mère avait achevé son récit et regardait sa fille, hébétée, avec un sourire en coin, mais une question tenaillait celle-ci:

"Pourquoi ne m'avoir rien dit avant, ou même il y a quelques minutes? Demanda-t-elle.

-J'ai voulu te le dire hier, dans la calèche, mais le courage m'a manquer, et même maintenant je ne savait pas comment aborder le sujet, avoua la Dame.

-Pourquoi ?

-Parce que après ce garçon soit arrivé, tu est devenue beaucoup plus joyeuse; c'était un vrais plaisir pour ton père et moi. De plus, je savais le mal que je te causerai si je te parlait de ça. Mais il fallait bien qu'un jour, nous ayons cette discussion entre nous."

Laissant le silence s'installer, la mère et la fille se regardèrent longtemps, connaissant l'une et l'autre la suite.

"Je ne vais pas y aller par quatre chemins ma fille, annonça Dame Marie, votre relation ne peut plus durer, il faut que cela cesse! Rend-toi bien compte que cette amourette est parfaitement inadmissible pour quelqu'un de ton rang! Imagine ce qui pourrait se passer si je prenais la décision de ne rien faire, nous nous retrouverions sûrement avec un scandale sur les bras! Pour ton bien, mais aussi pour le sien, vous ne devez plus vous fréquenter."

Sous le choc, Miku éclata en sanglots.

Elle s'était attendue à cette phrase tant redoutée, mais l'entendre de la bouche de sa propre mère était autre chose. C'était insupportable. Pour calmer sa fille, la Duchesse la pris dans ses bras et la câlina tendrement.

"Pourquoi mère? Pleura-t-elle. Pourquoi devrais-je faire ça? C'est si dur! C'est si injuste!

-L'important n'est pas de savoir si c'est juste ou pas. Il faut le faire...c'est tout.

-Mais pouvez-vous seulement comprendre ce que je ressent?"

La mère caressa les longs cheveux de sa fille avec douceur. Elle semblait savoir s'y prendre. Avec un grand calme, elle laissa Miku pleurer. Il fallait qu'elle se vide le cœur. Peu après, ils s'étaient mués en légers reniflements, la pluie de larmes et le tonnerre de sanglots s'était calmée laissant place à un visage humide, gris, mais apaisé. Dame Marie la fit s'assoir à ses côtés, elle aussi avait les yeux un peu mouillés.

"Hélas, ma fille, dit-elle, tu as raison. Je ne connaît pas directement ce que tu éprouves. Mais ça ne veut pas dire que je ne te comprend pas."

Miku leva les yeux vers sa mère qui entama son récit:

"Je suis née dans la région d'Alsace, non loin de la Germanie. Je vivait dans une riche demeure avec ma sœur, Rose, ta tante, mon père et ma mère, tes grands-parents. C'était une époque très joyeuse, sans soucis. Puis, mon père a été appelé à la cour du roi de France et c'est ainsi que nous avons déménagé. Il nous a fait construire un nouveau manoir et la vie à la cour a commencé.

Ce fut aussi une période agréable, Mais j'allais bientôt avoir quinze ans et il fallait que mes parents me trouvent au moins un fiancé. Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai un peu paniqué car, je l'avoue, je ne me suis jamais vraiment intéressée au mariage, et que ça me tombe dessus sans que je m'y sois préparée m'a vexé. Le luxe de Versailles, ses soirées, sa musique! C'est un rêve dont on ne s'attend pas à se réveiller. Moi aussi j'ai trouvé cela injuste de ne pas pouvoir choisir mon compagnon. J'ai même pensé pendant quelques temps à me faire religieuse si mon future mari m'était trop repoussant. Mais quand ils m'ont présenté à Edgard Hatsune, qui était âgé de seulement neuf ans de plus que moi, j'ai été profondément soulagé. A l'époque, ton père était jeune, intelligent, et il n'était pas laid. Sa perruque lui donnait un aspect fragile, effacé, mais tendre. Il pouvais rester silencieux durant plusieurs minutes et, d'un seul coup, te bassiner avec des observations astronomiques, des œuvres littéraires ou des descriptions de tableaux durant des heures! De plus, c'était un homme très timide et maladroit, et c'est cette partie de lui qui m'a séduite. Ensuite, nous nous sommes mariés et...bien après...tu es arrivée. Et la vie s'est déroulée jusqu'à maintenant."

La jeune noble dévisagea sa mère; il lui avait semblé qu'un éclair était passé dans ses yeux, symbole d'une ancienne blessure.

"Je ne savait pas...murmura Miku.

-Ce que je veux dire, ajouta la mère. C'est que parfois, il y a des choses qu'on ne peut décider. Même si le destin nous paraît injuste, il faut l'accepter... et vivre avec.

-Mais, pourquoi ne peut-on pas choisir son destin?"

La Duchesse marqua une pause pour réfléchir:

"Par respect envers ses aînés...murmura-t-elle. Par tradition... ou pour ceux que l'on aime..."

La jeune noble se renferma; sa mère semblait savoir de quoi elle parlait, et sa dernière phrase la préoccupait.

"Père... est-il au courrant? Finit-elle par demander. Pour moi et Kaito.

-Non, dit la mère. Il n'en sais rien.

-Je vous en prie! explosa soudain la jeune fille. Ne lui dite pas! Sinon, il le renverrait! Et si jamais cela arrivait, mon cœur n'y survivrait pas. Je vous en prie! Ne le renvoyez pas. Il a toujours été si doux avec moi et il est tant dévoué à son travail. S'il devait partir... je ne me le pardonnerais jamais."

Miku tomba à genoux en priant sa mère, les larmes remontant dans ses yeux verts. La mère releva sa fille et lui caressa doucement les épaules.

"N'ai crainte, lui dit-elle calmement, ce secret sera bien gardé. Mais il finira bien par le découvrir tôt ou tard. Par lui-même, ou par un domestique."

La jeune fille releva des yeux emplis de tristesse, mais la Duchesse resta de marbre.

"Tu sais ce qu'il te reste à faire, acheva-t-elle avant de quitter sa fille."


J'espère que voua aurez aimé ce chapitre ^^.