Après une longue pause, voici la suite ^^
Chapitre 7: Rupture
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Dans sa chambre, Miku se blottissait sous ses couvertures. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil après les révélations que sa mère lui avait faite. Maintenant, elle se demandait si elle n'allait pas attraper une migraine. Et dire qu'elle avait dit à sa mère qu'elle allait mettre fin à sa relation plus que scandaleuse avec Kaito, là, elle sentait le courage lui manquer... Non...Elle n'y parviendrait pas. C'est trop douloureux. Et surtout, comment réagirait-il? Lui. Comment faut-il s'y prendre pour briser le cœur d'un homme? Pourrait-elle seulement lui parler après? Même en amie? Pourrait-elle seulement le regarder en face? Elle réprima un sanglot, car, elle devait être forte, sinon elle n'arrêterait jamais de pleurer. Tout en réfléchissant bien, elle n'arriverait pas à rompre. Elle pourrait tout simplement raconter un mensonge à sa mère et faire plus attention. Oui, elle pourrait bien faire ça. Miku soupira et, soudain, quelqu'un frappa à la porte. Elle eu soudain des frissons électriques dans le cou en pensant que sa mère était peut-être derrière la porte et avait tout deviné. Son cœur s'arrêta quand la elle s'ouvrit, mais il ne se remis pas en route à la vue de la personne qui était à l'entrée.
C'était Kaito.
Le jeune homme contemplait la jeune fille sans bouger. Il sentait de la sueur perler sur son front, ses mains devenir toutes moites et ses joues rougirent au plus haut possible. Le spectacle qui s'offrait à ses yeux le faisait défaillir. L'amour de sa vie, assise sur son lit, en chemise de nuit blanche à dentelle, les cheveux détachés tombant sur son dos en une longue cascade verdoyante, sa couverture découvrant ses fines jambes et son doux visage pétrifié par la surprise. Rien de tel pour faire désirer un homme de 18 ans en plein essor sexuel. Il se sentait totalement désorienté, son cerveau fonctionnait à toute allure, une partie lui ordonnait de s'enfuir le plus vite possible et l'autre lui envoyait des pensées perverses qui faisait resurgir des instincts naturels enfouies au plus profond de lui-même. S'il continuait à la fixer comme ça, il ne pourrait pas se contrôler longtemps. Il avala sa salive et avança d'un pas déterminé, mais mal-assuré, vers le lit de sa bien-aimée. Il s'en arrêta à quelques centimètres. Elle avait les mains jointes sur sa poitrine, les joues écarlates et les yeux plantés dans les siens.
"Que fais-tu là Kaito? Demanda-t-elle le souffle coupé."
Il ne parvînt à répondre que des balbutiements de "Je", coupés par des raclements de gorge, étant en train "d'essayer" de parler normalement "et" de contrôler les élans de son corps débordant d'hormones.
Lutter contre soi-même est une vraie épreuve de force que peu de personnes peuvent avoir la fierté d'avoir surmontée.
Il réprima une autre pulsion à temps. Tout bien réfléchie, mieux valait-il s'enfuir maintenant et revenir le lendemain en étant mieux préparé. Seulement, le jeune homme au cheveux bleu avait de plus en plus de mal à ordonner à ses jambes de partir et à empêcher ses mains de s'agiter en plus d'une autre partie, plus intime, de son anatomie. Miku, elle, regardait son visage se tortiller de droite à gauche et prendre différentes tîntes de rouge, sans en comprendre la raison, et en subissant elle-même (bien évidement) des assauts hormonales qui faisaient battre son cœur à une vitesse la faisant transpirer et voir des images peu catholiques. Soudain, Kaito la regarda avec une véritable lueur d'excitation dans les yeux, et sa belle semblait dans un état second. Au moment où ils s'apprêtaient à s'abandonner au désir, des pas dans le couloir les coupèrent net dans leur élan.
Leurs sangs se glacèrent et leurs cœurs se mirent à battre au ralentit. Les yeux grand ouverts et leurs sens en alertes, ils gardèrent les yeux fixés sur le bois noir de la porte d'entrée, s'attendant à tout instant à la voir s'ouvrir laissant apparaître la Duchesse, le Duc ou n'importe qui d'autre, qui les regarderait sûrement avec un regard reflétant une surprise totale et devant lequel ils auraient du mal à s'expliquer. Heureusement, les pas s'éloignèrent rapidement. Mais à l'esprit des deux jeunes gens, il semblait s'être passé des heures. Ils poussèrent ensemble un profond et bruyant soupir de soulagement. C'était sûrement un domestique. Ils restèrent immobiles le temps d'être bien sûr qu'il n'y avait plus personne. Quand ils se retournèrent l'un vers l'autre, ils se rendirent compte qu'ils étaient bien refroidit et parfaitement maîtres de leurs corps.
Kaito décida qu'il était temps de parler pendant qu'il était calme. Il valait mieux faire ce qui devait être fait le plus vite possible. Sa maîtresse savait parfaitement que sa fille ne pourrait pas accomplir ce qu'elle lui avait demandé. Donc, elle était venu le voir pour qu'il s'investisse aussi. Il s'assit à côté de Miku et lui fit le regard le plus sérieux dont il était capable avec elle. Mais c'était plus un regard triste qu'autre chose. Les mots étaient inutiles, ils savaient tout. Pas besoin de parler, seul les actes comptaient. Pas besoin de se briser le cœur, juste s'éviter, s'ignorer et faire comme si cela n'avait jamais existé. Seulement, la mère voudrait sans doute un compte-rendu très précis. Et avec elle, ça ne servait à rien de mentir. C'était la personne la plus difficile à berner au monde en ce qui concerne les histoires de sa famille. Kaito ne pouvait pas s'arrêter là, il devait aller au bout. Et Miku attendait. De toute façon, elle ne savait quoi dire. Elle attendait tout simplement qu'enfin tout commence.
"Miku... commença-t-il la voix tremblante, tu sais que je t'aime...plus que tout au monde...et..."
Et le supplice commença.
"Et tu es la personne la plus merveilleuse que j'ai jamais rencontré, poursuivit-il rapidement, je me rend bien compte de la chance que j'ai. Je suis prêt à faire n'importe quoi pour toi, même si c'est au dessus de mes moyens. N'importe quoi, pourvut que tu m'accorde un regard, un battement de paupières, un sourire, un geste, une caresse ou même une parole aussi dure soit-elle. Je tuerais pour une marque d'attention de ta part. Mais malgré ça, il y aura toujours une sorte de gouffre entre nous. Je ne pourrais jamais t'offrir tout ce dont tu rêve, même si je le voulait sincèrement. Cette situation nous dépasse. J'aimerai tellement être cet homme parfait qui pourrait t'offrir la lune, mais je ne le suis pas, et c'est pour ça que nous devrions...
-Chuuut...murmura tendrement Miku".
Elle l'avait coupé dans son élan rapide comme l'éclair. Elle avait posé sa main sur sa bouche et caressait sa joue du bout des doigts.
"Je n'ai pas besoin que tu m'offre la lune pour être heureuse, dit-elle, ni que tu tues pour que je te caresse ou te donne une marque d'attention. Tu crois que je pourrais être vraiment heureuse avec un homme que je n'aime pas? Même s'il peut m'offrir tout ce que je désire? Qu'importe tes moyens! C'est toi que je veux. Rien d'autre.
-Mais c'est impossible, répondit Kaito, nous sommes trop différents... Jamais ton père ne nous donnera sa bénédiction. Il préférera nous séparer au mieux, m'exécuter au pire.
-Père n'est pas comme ça. Mais c'est vrai qu'il serait capable de t'envoyer très loin.
-Oui... tout ça, c'était une mauvaise idée. C'est douloureux, et au final, on regrette..."
En parlant de regrets, Kaito regretta tout de suite ses paroles, car Miku se redressa, piquée au vif:
"Regretter! Pourquoi regretter! Certes, ça fait mal. Mais pourquoi faudrait-il regretter notre histoire? En quoi était-ce une mauvaise idée, dit-moi?
-Parce que, répondit-il énervé, ça ne sert à rien! Peu importe le sens de notre aventure. Nous sommes dans une impasse. Au yeux des autres, nous ne serons qu'une noble et son serviteur. Jamais il n'y aura un plus ou une suite.
-Et alors! Répliqua-t-elle. Tu seras sans-doute l'homme que j'aimerais le plus dans ma vie! Et c'est pour ça que je ne veux rien regretter! Tu es unique! Il n'y aura jamais deux toi dans ce monde! C'est pourquoi je veux vivre avec toi chaque minutes du temps qui nous est donné! Pour ne pas te regretter plus tard!
-Mais moi! Je ne veux pas de ces quelques minutes! Je veux passer le reste de ma vie à tes côtés! Et pas en tant que valet! Qu'on se sépare maintenant ou plus tard! La souffrance sera la même! Et plus on tarde, plus le risque du scandale augmente! Et je ne veux imposer cela ni à ta mère, ni à ton père, et surtout pas à toi!"
Miku lui agrippa soudain les cheveux,blessée dans son orgueil de noble. Tout cela n'était que des tergiversations! Pourquoi prenaient-ils autant de temps pour quelque chose d'aussi court à faire! Une seule phrase, et tout était terminé. Alors pourquoi parler inutilement? Kaito tenta de la repousser par les épaules avant qu'elle ne lui arrache sa magnifique chevelure (et dieu! Qu'il y tenait!). C'était la première fois qu'elle se montrait aussi violente envers lui. Puis, comme s'il avait reçu un coup à l'arrière de la tête, il la renversa sur le dos et l'embrassa à pleine bouche, pressant leurs deux corps contre le matelas rembourré de plumes. Miku, surprise par son attitude inattendue, ne fît pas un geste. Puis elle noua lentement ses doigts autours de sa nuque et frotta ses jambes contre les siennes. Il tenait fermement ses hanches contre son bassin en l'embrassant dans le cou, et elle caressait son front et ses épaules à même la peau. Toute leur douleur s'exprimant par ces caresses corporelles. Ils en avaient tant besoins. Il se redressa, la tenant toujours contre lui, en lui caressant le dos à travers le tissus blanc, l'embrassant passionnément à la française, leurs deux langues dansant fougueusement ensemble. Sa main gauche remontait lentement sa chemise de nuit, tandis que sa main droite s'était arrêté sur le nœud de fils qui retenait cette fine barrière de lin. Miku, elle, ne sentait plus rien autour d'elle. Gémissant et ondulant contre le corps chaud de son aimé, ses main parcouraient, tantôt son abdomen, tantôt ses hanches.
Elle était seule avec Kaito.
Celui-ci sentait d'ailleurs que tout basculait, qu'il était sur le point de se laisser aller au plaisir.
Encore un peu... juste quelques secondes... NON!
Kaito s'écarta soudainement de Miku.
"Non, dit-il les yeux exorbités, il ne faut pas."
Elle le regarda sans rien comprendre, comme une enfant qu'on vient de surprendre à faire une bêtise. La repoussant gentiment, il recoiffa ses cheveux un peu ébouriffés, lissa sa robe, rabattit la couverture sur ses jambes et se leva en rajustant sa chemise blanche partiellement ouverte, qui dévoilait son torse finement bâtit. Il allait faire un pas en arrière quand elle le retînt par la main. Il la retira.
"Je suis désolé, murmura-t-il le regard sombre, je ne peux vous faire pareille offense, par égards pour votre père, qui a tant fait pour moi.
-Non...répondit-elle implorante, s'il-te-plait...ne me laisse pas.
-...au revoir mademoiselle, acheva-t-il."
Il partit vers la porte, puis s'arrêta, la main sur la poignée. Il pris sa figure dans ses mains, les passa dans ses cheveux, et s'élança en arrière pour déposer un léger baisé sur les lèvres de Miku en murmurant un dernier "Je t'aime, mon amour". Puis il sortit aussi rapidement qu'il était venu.
Après avoir bien fermé la porte, il s'adossa contre le mûr opposé et baissa la tête, les mèches bleutées de son front cachant la moitié de son visage. Il avait envie de crier, de tout détruire sur son passage et de laissé éclater son désespoir qui s'échappait de son cœur brisé. Il pouvait entendre Miku pleurer toutes les larmes de son corps dans sa chambre. Il serra les poings et les frappa contre le mur en bois. Il se détourna pour s'en aller quand il aperçut la Dame Marie au fond du couloir, immobile comme une statue, tenant une chandelle, qui projetait des ombres lugubres sur les mûrs et son stricte visage. De plus son maquillage lui donnait une allure maléfique. Depuis combien de temps était-elle là, droite, à attendre une conclusion? D'un seul coup, une bouffée de colère l'envahie, envers lui-même, et aussi envers cette femme dure et froide, origine de son cauchemar. Il passa devant elle en regardant dans le vague, montrant sa haine et manquant à toute l'étiquette du rang sociale. Le jeune homme descendit rageusement les escaliers recouverts d'un tapis de velours couleur lapis-lazuli, qui s'étendait encore dans le couloir des réceptions, jusqu'à l'aile des bains, sous le regard écrasant de sa maîtresse. Quand il fût hors de vue et d'écoute, car il faisait exprès de faire claquer ses chaussures contre le sol, cela voulait dire qu'il avait passé la porte d'entrée.
Ainsi, la Duchesse se retira dans sa chambre, située en haut d'une des tours. Elle se plaisait à l'appeler "Chambre de Neptune", à cause de ses tentures et de ses ornementations bleues cobalts et or; de ses tableaux illustrant le dieu grec de la mer, des sirènes ou des ports; ainsi que sa petite salle se bain où il y avait un bassin pour se laver les mains, en marbre, représentant le coquillage de Vénus. Mais même après s'être couchée, les pleurs de sa fille, ou le regard noir du valet ne la quittaient pas. Elle n'avait pas entendu leur discussion mais le résultat la satisfaisait. Ils étaient peut-être de bon comédiens pour s'être cachés, mais de très mauvais menteurs s'ils espéraient s'en sortir. Peu importe. Elle avait fait ce qu'il fallait faire. Maintenant, elle devait se concentrer sur le bal, et espérer que tout se passe comme prévue.
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Voilà la rupture qui marque un tournant dans l'histoire. Les âmes souffrent et on sent une tension future. On pourrait se dire que la Duchesse est une personne calculatrice et froide, ayant une idée derrière la tête, sinon elle ne s'investirait pas dans leur relation de cette manière. Et pas besoin de réfléchir trois ans pour deviner la suite. Sans grande surprise, elle sera assez classique.
Mais il ne faut pas pour autant penser qu'elle ne sera pas intéressante, car c'est la manière dont on construit l'action qui rend le classique moins classique.
Rendez-vous au prochain chapitre ^^
