Titre : Reste avec moi

Auteur : coqcigrue

Disclaimer : les personnages et l'univers d'Harry Potter ne m'appartiennent pas, bien évidement, sinon ça se saurait, je les emprunte juste le temps d'une petite fic sans prétention

Résumé : Marre d'être le Survivant ! J'ai décidé de faire une pose dans ma vie en me faisant adopter sous ma forme animagus. Seulement voila, dans la vie, rien ne se passe vraiment comme on l'imagine, et Draco Malfoy est devenu mon propriétaire... SLASH HPDM

Petites Notes en vrac :

ceci est un SLASH, c'est-à-dire une fiction parlant d'une relation homosexuelle, ici entre Harry et Draco, alors si vous n'aimez pas ce genre, passez votre chemin.

Chansons écoutées pendant l'écriture : Qui que tu sois de Blankass, Wind of change de Scorpions, The sound of silence de Simon & Garfunkel, Lonely day de System of a down, Serre moi de Tryo...

Merci à ma ch'tite sœur, qui publie sous le nom de 'Merryme' et qui me sert de beta (mais en fait, c'est surtout un prétexte pour me harceler jusqu'à ce que j'écrive un nouveau chapitre, mais chut... faut pas lui dire, elle pourrait recommencer)

Et merci à tous ceux qui m'ont envoyé des reviews, et à tous ceux qui ont pris le temps de me lire jusqu'ici

Comme promis, la suite.

Chapitre 2

Je m'en étais pas rendu compte à l'arrivée, mais on n'est pas au manoir Malfoy, et je suis soulagé. J'aurais détesté être obligé d'habiter cette grande chose sombre et effrayante. L'appartement est tout le contraire.

Il est accueillant et clair. Pas très grand, le genre d'endroit dans lequel on se sent bien. Mis à part la présence de la cheminée, on dirait un bête appartement moldu. En gros, c'est à l'exact opposé de ce que j'aurais imaginé comme demeure pour Draco Malfoy...

Il y a de la moquette blanche sur le sol dans presque toutes les pièces, c'est tout doux et je sens que je vais adorer marcher là-dessus. Surtout qu'en plus c'est plutôt chaud. Je sais pas si c'est un sort de réchauffement un peu modifié ou une méthode de chauffage moldu, mais l'effet est très agréable pour la boule de poil que je suis.

Le salon est tout blanc, avec des meubles de bois peints en bleu et une grande bibliothèque qui couvre tout un pan de mur. Il y a un bureau dans un coin de la pièce, mais les parchemins, plumes et encriers qui le recouvrent sont soigneusement rangés... un peu trop rangés... ça pousse au vice. Les fauteuils de cuir sont d'un joli bleu clair... Est-ce qu'il m'en voudrait si je m'en servais pour faire mes griffes ? Je crois que je vais me plaire dans cette pièce.

En plus, la grande baie vitrée donne directement sur la mer, et on peut voir des mouettes voler... C'est vraiment moi qui ai pensé ça ? Merlin, j'espère que j'aurais pas d'autres pulsions féline du genre vouloir manger des souris ! Quoique ça m'étonnerait franchement qu'il y en ait à traîner dans le coin...

Il évite l'une des portes du couloir « Tu peux te promener partout sauf dans ma chambre » … intéressant à savoir... je crois que ça va justement devenir ma pièce préférée... Il ne croit quand même pas que je vais l'écouter !

La pièce suivante est une petite cuisine, dans les tons jaune orangés, propre avec une bonne odeur de biscuits. Le bruit d'une soucoupe qui racle le sol m'écarte de mes préoccupations olfactives. « Je vais te laisser du lait dans la cuisine, en attendant de trouver mieux. Il y a de l'eau aussi, si tu préfères. »

...Je crois que je vais finalement essayer de m'incruster un peu ici. Il ne me traite pas si mal, se préoccupe de mon bien être et ne compte visiblement pas me laisser mourir de faim... Moi, ça me va.

ooo

Il m'a laissé seul dans la cuisine, en tête à tête avec mon lait, espérant que je me remplume un peu pour lui faire moins pitié… C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! J'ai peut être l'air famélique, mais il est pas vraiment gros non plus, et dans un état pire que le mien.

Comme je marchais collé à ses chaussures, je n'avais pas fait attention, mais la Guerre a visiblement aussi laissé ses traces sur Draco Malfoy. Sa jambe gauche est raide et il boite.

Sa jambe gauche... La preuve qu'il n'est pas resté caché comme un lâche à attendre ma victoire. Pourquoi les espions doivent-ils payer un plus lourd tribut que les autres ? J'ai entendu dire que Voldemort avait préféré le laissé dans cet état plutôt que de l'achever. Il doit mal le vivre, lui qui était si fier de son apparence et de son maintien...

Mais bizarrement, je trouve que ça lui donne une certaine distinction, le charme d'un homme qui a vécu et été éprouvé par la vie mais qui résiste envers et contre tout...

Lui, il a l'air de s'en sortir un peu moins misérablement que moi, il n'est ni alcoolique ni dépressif et continue son petit bonhomme de chemin... Et je l'admire pour ça.

S'il a été capable d'occulter ce genre de chose, moi aussi je devrais être capable de me reprendre, non ? Arrêter de me sous alimenter volontairement serait peut être un bon début... et il ne critiquerait plus ma maigreur...

Je finis le lait et saute sur le coussin d'une chaise pour une petite sieste digestive. J'ai l'intention de l'ignorer. Evidement, après mon bain forcé, je ne vais pas le coller toute l'après midi, non plus ! La solitude de la cuisine me convient bien mieux.

Sur la chaise de l'autre côté de la table, il y a un journal. J'y jette un œil distrait, déjà à moitié endormi quand la vue de ma photo me réveille en sursaut.

Enfin, je veux dire, pas une photo du moi chat, mais une photo du grand sorcier Harry Potter.

D'un coup de patte, je fais tomber le journal à terre et me met à lire, furieux. C'est la Gazette du Sorcier du jour, et je fais la une, 'L'enfance tourmentée de Celui-Qui-Nous-A-Tous-Sauvés'.

Ce cafard de Rita Skeeter a retrouvé les Dursley et livre en interview exclusive les souvenirs des jeunes années du héros national. Il y a une photo de la porte du placard sous l'escalier...

Je ne sais pas comment elle a pu arracher ces aveux à l'oncle Vernon ou la tante Pétunia, mais je la hais !

La seule partie de ma vie que j'avais pu préserver de la curiosité des journalistes, que je ne voulais pas que tout le monde sache ! Elle n'avait pas besoin d'étaler tout ça dans son torchon !

Je veux le détruire, effacer mon sourire de cette photo truquée et empêcher quiconque de lire cet article... mais c'est trop tard. C'est peut être ridicule et inefficace, mais je lacère la première page de mes griffes, ça me fait du bien.

Sur la deuxième page, une photo du cafard interviewant Dudley me révolte, puis je souris... je suis un chat, non ? Alors on ne peut pas m'en vouloir pour quelque chose de totalement naturel...

Je pousse le journal dans un coin de la pièce, un peu caché, et me fais un bonheur d'honorer cet article comme il se doit... en urinant dessus. L'encre se brouille un peu sur les pages détrempées.

ooo

La nuit est tombée quand Malfoy revient dans la cuisine. Il porte un simple pantalon de toile noire et une chemise blanche. Je suppose que ça doit être sa conception de la tenue décontractée...

Il sort plein de choses du frigo et je saute sur le plan de travail pour l'observer. Je n'aurais jamais cru qu'un Malfoy puisse un jour s'abaisser à faire lui-même la cuisine. Encore moins en parlant à un chat perdu, la situation est surréaliste.

« Tu sais, chaton – tu permets que je t'appelle comme ça ? - avant, j'avais des elfes de maison pour faire la cuisine et le ménage. Mais c'est des créatures vraiment insupportables ! - Tu veux un bout de jambon ? - D'une laideur... Et toujours à piailler et gémir... apparaissant toujours aux moments où on voudrait être seul... en plus dans un 'pop' d'un grotesque ! Je ne les supportais plus ! Mais tu es d'une bien meilleure compagnie, même si t'es pas vraiment beau »

Je fixe mon attention sur ses mains, qui préparent du jambon et des crudités, ignorant la vacherie. En y réfléchissant, il ne peut pas me faire un compliment sans le minimiser après, ça serait pas très malfoyen, sinon.

Il pose deux assiettes sur la table, et me pose à côté de la moins remplie, sans façons. « Ca t'évitera de grimper sur la table pour voler dans mon assiette, je déteste qu'on picore ce qui est à moi » explique-t-il, en me tendant un petit bout de pain, dont il a soigneusement enlevé la croûte.

« Comme je sais pas trop ce que tu aimes et qu'à part ça j'ai que du miam-hibou, j'espère que ça te va... » Vu l'odeur, je préfère ça à sa bouffe de hibou. Qui aurait cru que Draco Malfoy puisse être si prévenant avec un chat...

J'ai fini depuis longtemps et je suis redescendu laper de l'eau comme un assoiffé quand il prend son dessert et se met à chercher quelque chose... Et merde ! Le journal...

J'lui montre, j'lui montre pas ? Aller Harry, t'es un griffondor courageux. Je miaule devant le corps du délit, un peu tremblant, essayant de prendre l'air désolé de celui qui a fait une bêtise et qui le sait, en espérant l'attendrir.

Et je relève la tête, rassuré, en l'entendant rire. « Je crois qu'on a la même opinion de Rita Skeeter, chaton ! Pas la peine de trembler, je ne t'en veux pas. » Pour me rassurer, il me caresse le sommet du crâne.

« Vu le ramassis d'ignominies écrits sur ce pauvre Potter, c'est pas une grande perte ! Tu peux même recommencer si tu veux. Il va quand même falloir que je te commande une litière à l'animalerie magique. » Je prend ça pour une invitation et me soulage à nouveau sur la photo du cafard, m'attirant un autre rire de Malfoy.

J'ai toujours détesté devoir faire mes besoins sous ma forme d'animagus - c'est peut-être stupide, mais le manque d'intimité me gêne – mais si ça peut me permettre d'entendre à nouveau son rire tout en me vengeant avec mes faibles moyens de Skeeter, je recommencerais bien tous les jours !

Je ne me rappelle pas l'avoir jamais entendu rire du temps ou nous étions à Poudlard. Enfin si, il riait, mais toujours d'un rire condescendant ou forcé, un rire triste ou désabusé du temps de la guerre, jamais un rire joyeux comme ce soir... j'aime le son de son rire.

ooo

Après avoir tout rangé - il semble plutôt maniaque, le Malfoy - il me porte jusqu'au salon, pousse un fauteuil devant la baie vitrée et d'un coup de baguette, il allume un vieux gramophone. Un air de musique classique s'élève, et il s'installe, un livre à la main, moi posé sur ses cuisses.

Il n'en est pas question ! C'est pas parce que j'ai accepté sa nourriture qu'il faut qu'il s'imagine que je vais jouer au gentil chaton à son maîmaître ! Et puis d'abord, c'est quoi ce nom, il peut pas m'en trouver un autre ? Je me débats en essayant de reprendre ma liberté.

« Reste tranquille, chaton, on est pas bien, là, à regarder la mer ? » me dit-il gentiment, avant de hurler fort peu virilement, « Aaaarg ! Mais ça fait mal, ça !»

Bien fait ! Le chaton, il fait peut-être plus petit que son âge, mais il sait encore où planter ses griffes pour faire mal ! Ca lui apprendra à me poser sur ses cuisses, non mais !

Mais... !

Je m'attendais à ce qu'il me laisse partir, éventuellement me donne une petite tape ou me repousse brutalement, mais il me retient d'une main et me caresse légèrement de l'autre, en murmurant doucement « Chut, je ne te veux pas de mal, tu sais. Reste un peu avec moi, s'il te plait. »

C'est bien la première fois que je l'entends implorer quelque chose. Alors je reste, mais ne croyez pas que j'aie décidé de faire une trêve ! Demain, je me reprends et ferais le plus de bêtises possibles !

En attendant, je profite éhontément – mais en silence, on a sa dignité tout de même - de ses câlins. Sa main glisse de ma tête à mon dos, un vrai délice. Un peu hésitant, je lui tends mon ventre. J'ai honte de mes côtes saillantes, mais il ne fait pas de remarques désobligeantes, alors je m'abandonne complètement.

Oui, j'aime les caresses de Draco Malfoy, et je me laisse aller à ronronner, mais finalement, qui s'en soucie ?

Il sourie en me regardant avec... tendresse. Je suppose qu'on peut appeler ça de la tendresse. Et en bon profiteur que je suis, je me cale un peu mieux contre lui, dans sa chaleur.

ooo

J'étais presque assoupi quand il décide qu'il est l'heure de se coucher. Sa main me dépose délicatement sur le sol, et il se lève. Il a l'air immense comme ça. D'un coup de baguette, il fait venir une couverture et me souhaite une bonne nuit.

J'entends une porte se refermer, puis de l'eau couler. Il doit être sous la douche. Quelques minutes plus tard, le bruit d'une autre porte m'informe qu'il est dans sa chambre.

Je retrouve la porte en question en suivant l'odeur de son gel douche. Je n'aurais jamais cru que l'odorat des chats soit si développé. J'hésite un peu, et puis... il n'y a pas de raison qu'il n'y ait que lui à dormir dans un lit, si ?

Je me plante résolument devant la pièce et miaule comme un désespéré. Je l'entends se retourner dans son lit en grommelant. S'il espère que je me lasse, il se fourre le doigt dans l'œil ! Je continue mon concert de cris tous plus tristes et misérables les uns que les autres.

Au bout d'un quart d'heure, il commence à ronchonner plus fort, me dit de me taire, et se relève finalement. J'ai un peu peur de sa réaction...

D'un geste d'une galanterie comique, il m'invite à entrer dans sa chambre, râlant contre la stupidité des animaux, et plus particulièrement un certain chat maigrelet couleur de poussière de sa connaissance, dépourvu de toute notion d'intimité ou de savoir vivre...

Il s'en est encore bassement pris à mon physique. Si j'avais de la fierté, je devrais lui faire la tête et aller me cacher sous un coin de meuble pour lui montrer que je suis vexé, mais je préfère encore l'agacer en sautant sur son lit.

Il me repose par terre en m'interdisant de sauter sur le lit, mais je n'ai absolument pas l'intention de lui obéir. Ce serait pas drôle, sinon.

En attendant qu'il s'assoupisse, je regarde autour de moi... la chambre de Malfoy, la pièce interdite...

Là aussi, de la moquette, couleur crème, pas blanche. Des murs dans les mêmes tons, égayés par des chandeliers en argent. Pas une seule photo ou portrait sur les murs, de même que dans le reste de cet appartement.

Comme le salon ou la cuisine, c'est plutôt impersonnel, mais sans mettre mal à l'aise... c'est ni froid ni dénué d'âme... C'est une impression très étrange. Mais s'il n'y a rien à cacher, je comprends pas vraiment pourquoi il m'a interdit l'entrée de cette pièce.

Une armoire de bois sombre, avec des miroirs sur les portes, occupe tout un pan de mur. Il a toujours été élégant, et je ne sais pas pourquoi ça m'étonne à ce point. Je crois qu'en fait je n'ai jamais pensé que ce soit humainement possible de posséder autant de vêtements... En face, de chaque côté de la fenêtre, deux bibliothèques remplies de livres.

A côté de la porte, un secrétaire sculpté qui doit appartenir à la famille depuis des générations. Je suis sûr qu'il doit renfermer au moins un tiroir secret... ça expliquerait tout.

...Ou bien c'est moi qui suis trop romantique et qui ne peut me résoudre à imaginer la nouvelle vie de Malfoy aussi tristement impersonnelle. Au dessus, divers bocaux, fioles et boites s'entassent sur des étagères dans un désordre rangé… le matériel du parfait élève en potion qu'il était.

Et au centre de la pièce, un grand lit à baldaquin, protégé par des rideaux entrouverts d'un vert serpentard. Les draps et couvertures sont de la même couleur. Sa peau pale et ses cheveux dorés lui donnent l'air d'un ange.

Merlin, je dois vraiment être fatigué pour penser à lui comme ça. Alors je saute le plus discrètement possible tout au bout du lit, et m'enfonce dans la chaleur de sa couette. Je m'endors aussitôt.

ooo

Voilà voilà… alors, ça vous plait toujours ? Je dois continuer ? Ou vous préférez ranger ça dans la case des fic à ne pas lire ?

A part ça, je suis toujours 'reviewivore', alors si vous voulez lire la suite, pensez à me nourrir de reviews, et je me dépêcherais de publier la suite