Titre : Reste avec moi
Auteur : coqcigrue
Résumé : Marre d'être le Survivant ! J'ai décidé de faire une pose dans ma vie en me faisant adopter sous ma forme animagus. Seulement voila, dans la vie, rien ne se passe vraiment comme on l'imagine, et Draco Malfoy est devenu mon propriétaire... SLASH HPDM
Petites Notes en vrac :
ceci est un SLASH, c'est-à-dire une fiction parlant d'une relation homosexuelle, ici entre Harry et Draco, alors si vous n'aimez pas ce genre, passez votre chemin.
Merci beaucoup à tous ceux qui on envoyé des reviews (déjà plus de 70 ! chouette chouette chouette! c'est énorme, j'aurais jamais cru que cette petite fic vous plairait autant, mais ça mefait très plaisir ... oeil plein de gratitude et tite larme d'émotion... )Merci merci merci et merci aussi aux review anonymes auquelles j'ai pas pu répondre, mais ça me fait plaisir quand même que vous ayez pris le temps de me les envoyer.
Bonne lecture
Chapitre 4
Le lendemain, ce poltron de Zabini est revenu, la bouche en cœur, demander comment s'était passée l'entrevue avec la chanceuse fiancée... Heureusement que les regards ne tuent pas, sinon, Blaise aurait succombé dès qu'il est sorti de la cheminée.
Ils se sont amicalement disputés comme des gamins, se menaçant mutuellement de sorts de magie noire tous plus effrayants et douloureux les uns que les autres, puis se sont réconciliés autour de l'offrande de Blaise, ses délicieux biscuits.
Evidement, j'ai eu plus que ma part, et pour le plus grand bonheur de mon propriétaire, je sens mon ventre commencer à s'arrondir doucement. Même si je suis encore maigre et entouré d'un bandage pas très esthétique, j'ai pas envie de lui faire honte.
Il faudrait quand même que j'arrête les gâteaux, c'est pas bon pour ma ligne... et puis, vous avez déjà vu, vous, un chat faire des abdos ? Ca me rappelle Molly Weasley, qui essayait toujours de me faire engraisser pendant les vacances passées au Terrier...
Molly...
Le Terrier...
Les biscuits...
Je viens de réaliser quelque chose... Blaise doit certainement fréquenter Ginny... les biscuits à la cannelle qu'il m'apporte chaque matin sont indubitablement les même que ceux de la recette secrète se transmettant exclusivement de mère en fille dans la famille Weasley...
Je suis content pour Ginny. Mais il a pas intérêt à la faire souffrir, sinon je m'occuperai personnellement de son cas !
ooo
Draco s'est levé – enfin, nous a levé, je devrai dire – à une heure complètement indue aujourd'hui. 6h30, vous vous rendez compte ? En plus, je crois qu'on est le week-end. A force de n'avoir rien de spécial à faire, juste se laisser vivre et choyer, j'ai perdu la notion du temps.
Tout ça pour faire le ménage de fond en comble ! Déjà qu'il passe l'aspirateur dans chaque pièce tous les jours ! Complètement maniaque ! Obsédé de la propreté !
A moins que... ça annonce peut-être une visite ? Jusqu'ici, Zabini est le seul qui soit venu, mis à part Parkinson et son stupide hibou, dont je préfère oublier la rencontre. Je n'ai encore vu personne d'autre.
Et là, Malfoy s'agite dans tous les sens, me donnant le tournis.
Il a disparu quelques minutes dans la chambre et est revenu avec des tableaux et des photos... Curieux...
Oh non ! J'ai pas pensé à le suivre ! Ca venait sûrement du tiroir secret du secrétaire ! J'ai raté ma chance de jeter un œil dedans.
Sur le manteau de la cheminée, il accroche un vieux tableau animé, où trois personnes posent élégamment, côte à côte et pourtant sans un seul geste de tendresse envers les autres. La froideur distante de Lucius, la beauté éthérée de Narcissa et l'ennui blasé d'un Draco d'une demi douzaine d'années... L'image du bonheur familial des Malfoy...
« Ca, chaton, c'est ma famille. Pas terrible, hein... Très distingué, mais pas vraiment lié. C'est pour ça que je les affiche pas d'habitude, ces photos. Mais avec Père en prison, Mère est un peu... différente, alors elle a besoin de croire qu'on forme une vrai famille. Mais t'inquiète pas, une fois qu'elle sera repartie, j'enlèverai la déco. »
Les autres cadres illustrant la jeunesse de mon propriétaire sont du même genre, ils me remplissent de tristesse. Tout cela donne une telle impression de solitude...
Je le vois hésiter devant un tableau montrant une Pansy Parkinson souriant hypocritement, engoncée dans une robe violette dégoulinante de froufrous, pendue au bras d'un Draco très digne en costume de soirée.
Mettra ? Mettra pas ?
« Pfffff » je crache, en faisant le gros dos. « T'as raison, chaton, c'est pas la peine de continuer cette mascarade. » et il retourne cacher l'horreur dans le fond d'un tiroir...
J'aime bien quand il m'écoute, comme ça.
ooo
En début d'après midi, il m'entraîne dans la salle de bain, sortant enfin de son silence.
« C'est pas une critique, chaton, mais si tu veux paraître à ton avantage, t'as besoin d'un bon lavage. Les bandages ont sûrement aplatit tout ton pelage, et en plus tu sens mauvais... Le prends pas personnellement, c'est juste la crème cicatrisante... Tu n'essayeras pas de me griffer, hein, cette fois ? Je te promets que je ne te mettrais pas d'eau dans les oreilles»
Il sait parler aux hommes, lui... enfin, aux chats... Le dernier bain qu'il m'a donné m'a laissé de plutôt bons souvenirs, alors je me laisse faire de bonne grâce. Et puis, c'est vrai que sa crème à une odeur repoussante... je sais pas comment il fait pour me laisser dormir avec lui malgré tout...
Une heure plus tard, le Malfoy et le chaton sont tous les deux frais et pimpants, attablés devant un thé et une soucoupe de lait bien mérités, attendant la venue de Narcissa Malfoy.
ooo
Un crépitement dans le salon nous annonce l'arrivée de notre visiteuse. Je perçois confusément une aura de magie, et comprends en suivant Draco. Il s'est jeté un sort d'illusion, sans baguette, pour camoufler sa claudication... Il a plaqué un sourire forcé sur son visage.
Ca me perturbe un peu...
En y réfléchissant, presque personne ne vient ici, Malfoy ne sort pas non plus. Il vit isolé, un peu comme un ermite. Il n'y a même pas de chambre d'ami... et pourtant, il aurait les moyens d'habiter un endroit regorgeant de chambres d'amis... Ca doit l'épuiser, tout ça... De jouer la comédie, je veux dire.
A chaque fois qu'il y a quelqu'un, il met ce masque de froide indifférence sur son visage... il ne laisse passer aucune émotions... comme à Poudlard. Je m'étais habitué au nouveau Malfoy, qui se confie gentiment à moi, enfin, à 'chaton', et le voir à nouveau froid me trouble un peu.
Et puis, il y a ce sortilège...
On dirait qu'il n'accepte pas vraiment sa nouvelle apparence, il refuse de laisser les autres entrapercevoir sa faiblesse, alors l'espace de quelques heures, il jette un sort d'illusion sur sa jambe, pour qu'elle soit comme avant, masquer sa blessure... mais ça doit l'épuiser rapidement... je ne sais même pas comment il peut y arriver, c'est un peu comme l'occlumencie, il faut une concentration constante...
Il n'est peut-être pas aussi épanoui qu'il le laisse paraître... un peu comme moi, mais en moins pathétique...
« Bonjour, Mère. Que me vaut le plaisir de votre visite ? »
Aussi délicatement féminine que sur le tableau, Narcissa Malfoy serre son fils dans ses bras. Elle sourit d'un air absent, comme si elle n'était pas vraiment là. Elle a l'air fragile dans sa robe de mousseline bleue pale, les cheveux remontés dans un chignon compliqué.
Je comprends un peu mieux d'où Draco a hérité sa beauté… Pas qu'il m'intéresse, hein, mais... de toute façon, c'est bien connu, tout le monde le dit. Et moi, qui ne suis qu'un rachitique et miteux chat trouvé, je me sens un peu déplacé ici, au milieu de deux anges...
ooo
...Les réunions de famille ne doivent pas être drôles, chez les Malfoy... Personne n'a prononcé un mot avant que le thé ne soit servi, et il a fallu attendre la deuxième tasse pour que la conversation arrête de tourner autour du pot et aborde le vif du sujet.
Enfin, ça m'a permis d'apprendre que Mme Malfoy n'était pas très observatrice... « Oh, chéri, je n'avais pas remarqué que tu avais un chat. Adorable créature, vraiment, il semble charmant. » … elle m'a à peine jeté un coup d'œil.
Puis elle a élégamment reposé sa tasse, et est passée à l'objet de sa visite.
« Draco, Pansy est venue me voir hier. Elle était en pleurs. Pourquoi ne te décides tu pas à faire ta demande en mariage ? Tu connais pourtant l'opinion de ton père à ce sujet. »
« Mère, je n'ai absolument pas l'intention d'épouser Pansy, vous pourrez en informer Père. »
« Je sais, mon fils que tu aurais voulu un mariage traditionnel, avec ton père à tes côtés, mais il doit rester à Azkaban encore quelques années. Il ne t'en voudra pas si tu ne l'attends pas. Et s'il trouvait un héritier à son retour il serait d'autant plus heureux. »
« Obéir à Père en acceptant ces fiançailles était une erreur. Mère, je ne souhaite pas me lier à Pansy. Je ne l'aime pas. »
« Ce n'est pas grave, mon fils. Les mariages arrangés ne sont pas une si mauvaise chose. L'amour viendra quand elle te donnera un héritier. »
La main de Draco se crispa sur mon dos, démentant l'impassibilité de sa voix. « Dites à Père que ce n'est pas la peine de vous envoyer me dire comment mener ma vie. Dites lui aussi qu'il n'y aura ni mariage avec Pansy, ni héritier. »
« Je le lui dirais, mais... promet moi d'y réfléchir, mon fils. Je sais que tu as beaucoup changé, depuis ton accident, mais tu es guéri, maintenant, et il serait dommage de gâcher ta vie à cause d'un moment d'égarement. »
Je le sentais trembler de colère sous moi.
« Le seul moment d'égarement que j'ai eu, c'est quand j'ai accepté ces fiançailles, abruti par les potions anti-douleur ! Vous voulez que je vous parle sincèrement, Mère ? Je ne suis et ne serais jamais guéri ! Votre fils est couvert d'immondes cicatrices qui le font souffrir le martyr chaque jour. Je suis mutilé ! Personne ne voudrait de moi, et moi, je ne m'intéresse ni à Pansy, ni à aucune femme ! Je ne vous donnerais jamais l'héritier que vous attendez ! Il serait temps de vous y résigner.»
« Mais, Draco, ton père m'a dit... enfin,... ce jeune homme avec lequel tu... il m'a dit que tu étais revenu à la raison, et... »
« Et bien, vous direz à Père qu'il ne m'a pas lancé suffisamment de 'doloris' pour me 'guérir' de ça. Maintenant, laissez moi. »
Une Narcissa un peu perdue s'évapora par la cheminée, laissant derrière elle l'effluve d'un parfum entêtant et luxueux, ainsi qu'un profond malaise en moi. J'avais été bien trop plongé dans l'intimité de Draco pour que cela me laisse indifférent.
ooo
Cette nuit là, il est resté prostré sur son fauteuil, une bouteille à la main. Je ne l'avais jamais vu aussi... misérable.
Très très loin de l'image que j'avais d'un Draco Malfoy toujours impassible, maître de lui en toutes circonstances.
Il ressassait des pensées moroses, n'égrenant que quelques mots incohérents de temps à autre, serrant convulsivement ses doigts sur moi en s'excusant quand mes grognements lui faisaient comprendre qu'il y allait trop fort.
« Pardon, je voulais pas te faire de mal. Reste, s'il te plait reste... Reste avec moi. »
J'étais profondément déstabilisé. Je vis même une larme glisser le long de sa joue, s'écrasant ensuite sur mon nez. Mes bases s'effondraient, alors que je prenais conscience de la portée des paroles de Tonks.
'Désespérément besoin de compagnie', 'se complait à rejeter tout le monde', 'une boule de poil qui l'aime et qui se fout de son handicap', 'qui ne le regarde pas avec pitié'…
Les mots de Tonks tournaient dans ma tête sans s'arrêter. Finalement, Malfoy et moi étions pareils, aussi brisés de l'intérieur l'un que l'autre...
Depuis mon arrivée ici, j'avais l'impression d'aller un peu mieux. Etre éloigné du monde de la magie, des préoccupations du survivant et de ma vie m'avait fait du bien... plus que je n'avais osé l'espérer.
Je ruminais moins, n'étais jamais seul, jamais importuné, et par-dessus tout quelqu'un se souciait de mon bien-être...
Je me rendais compte que j'étais aimé… d'une façon un peu moqueuse, certes, mais aimé…
Alors si ma présence pouvait apporter ne serait-ce qu'un peu de réconfort à Draco, j'acceptai.
Malgré les moqueries sur mon physique, la cohabitation intempestive pour moi qui n'aimais pas trop les contacts, ou les étreintes maladroites un peu trop brutales.
J'acceptai.
Même si cela impliquait de renoncer à reprendre ma vie de sorcier avant un petit moment...
Je lui dirai, un jour. Mais pas maintenant.
Parce que maintenant il m'en voudrait de l'avoir vu si faible.
Parce que maintenant il a besoin de réconfort.
Parce que maintenant son cœur n'est ouvert qu'à une seule personne, un chat...
Un chat pas bien beau, pas très malin, et pas vraiment chat, non plus, mais qui a réussi à creuser sa petite place ici...
Un chat à qui il a laissé entrevoir la fêlure dans son cœur.
Son chat...
Je lui dirais, un jour, bien sûr. Je ne l'abandonnerai pas comme un voleur pour reprendre mon ancienne identité. Et j'espère qu'il m'acceptera aussi bien en tant que 'chaton' qu'en tant qu'Harry Potter.
Et qu'il me pardonnera... qu'il me pardonnera d'avoir vu ses faiblesses...
ooo
Voilà voilà… alors, ça vous plait toujours ? Je dois continuer ? Ou vous préférez ranger ça dans la case des fic à ne pas lire ?
Je suis toujours 'reviewivore', alors si vous voulez lire la suite, pensez à me nourrir de reviews, et je me dépêcherais de publier la suite
