Chapitre 8 : réunion de famille
Cela faisait maintenant quelques jours que nous avions vaincu Noom Rolias. Hotaru et Setsuna étaient toujours là mais nous devions nous séparer aujourd'hui. La petite gardienne du silence allait retrouver son père tandis que Sailor Pluton allait retourner à sa solitude devant la porte du temps.
Nous allâmes déjà déposer Hotaru. Son père fut soulagé de la voir en pleine forme.
« Je vous remercie de l'avoir protégé, nous dit-il.
- Mais de rien. C'était notre devoir, répondit Michiru.
- Elle peut revenir quand elle veut, ajoutais-je.
- C'est gentil. Setsuna, tu passeras me voir toi aussi ? s'enquit Hotaru.
- C'est promis. Mais il est temps que je vous laisse. Je ne peux pas laisser la porte du temps sans surveillance plus longtemps…
- Alors à bientôt j'espère.
- Oui, à bientôt… Cristal de Pluton, transforme-moi !
Une fois transformée, elle tapa trois fois le sol avec son bâton et disparut.
- Nous allons également te laisser Hotaru…
- Déjà ?
- Et oui. La vie doit reprendre son cours normal. Mais ne t'inquiète pas, nous ne te laisserons pas sans nouvelles…
- J'espère bien !
- Au revoir.
- A une prochaine fois
- Vous serez toujours les bienvenues chez nous ! » nous salua le professeur Tomoe.
Nous le remerciâmes en montant dans la voiture.
« Elle a de la chance d'avoir un père qui l'aime, dis-je.
- Oui, tous les enfants n'ont pas cette chance.
- De plus, elle est parfaitement heureuse en n'ayant que son père et en étant fille unique.
- Et toi Haruka ? me demanda Michiru.
- Quoi moi ?
- Tu es fille unique ? Je m'aperçois que tu ne m'as jamais parlé de toi avant notre rencontre.
- C'est qu'il n'y a rien de très heureux à raconter. Je suis née dans une famille aisée. J'ai un frère qui a quatre ans de plus que moi. Mes parents ont donc voulu une fille et je suis née. Au début, j'étais une fille normale. Je portais des robes etc.… puis, vers mes trois ans, j'ai commencé à envier les garçons. Ils étaient plus libres. Donc, petit à petit, je me suis mise à me conduire comme eux au désespoir de mes parents. Ils ont tout essayé pour me faire redevenir comme avant, mais je refusais. Tu vois, ma famille était assez snob et voulait faire partie de la bonne société. Pour eux, c'était assez mal vu de se conduire autrement que la normale. Puis ma mère est retombée enceinte. J'ai eu une petite sœur. Ils m'ont alors oublié, n'ayant d'yeux que pour elle. J'avais cinq ans quand j'ai compris que mes parents ne m'aimaient pas du tout. Je l'ai compris en les entendant dire qu'ils ne feraient pas la même erreur que moi avec ma sœur. Je me suis alors mise à les détester. Quand je suis rentrée au collège, ils m'ont mise en internat. Chose qu'ils n'avaient pas fait avec mon frère. Je ne rentrait que les week-end et pour les vacances. Je redoutais et détestait ces périodes. Ensuite, dès que j'ai pue, j'ai passé mon permis et je pouvais m'échapper de la maison. Vers seize ans, ils m'ont payé un appartement. Celui dans lequel nous sommes actuellement. C'est à partir de cette période que j'ai commencé à avoir des visions du silence. C'est à cette période que j'ai commencé la compétition et que je t'ai rencontré.
- Et que sont devenus ton frère et ta sœur ?
- Je ne sais pas. J'ai coupé les ponts avec eux. Ma sœur doit avoir quatorze ans et mon frère vingt-trois. C'est tout ce que je sais.
- Et ils n'ont pas cherché à avoir de tes nouvelles depuis ?
- Non. Et ça ne me dérange pas. Parlons d'autre choses.
- Si tu veux. »
Nous discutâmes donc tranquillement. Mais pendant tout le reste du trajet menant chez nous, je n'arrêtais pas de penser à ma famille. Je la haïssait. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vue. En fait, je pensais que ce qui me dérangeais le plus c'était le fait qu'ils n'aient pas pris de mes nouvelles après tout ce temps. Ils se désintéressaient totalement de moi. Comme si je n'avais jamais été de leur famille. Du moins, c'est ce que je croyais, car quelques jours plus tard…
Je venais de me lever. Pour une fois, Michiru était debout avant moi.
« Tu as du courrier, me dit-elle en me donnant une lettre.
- Il y a une adresse ?
- Nous aucune. » Je l'ouvris et en la lisant écarquillait les yeux. Je n'en revenais pas.
- Et bien, qu'est ce qui t'arrive ? De qui est cette lettre ?
- De mon frère, Hiroki ! Il me dit que ma famille veut me voir, que nos parents ont quelque chose d'important à nous dire.
- Mais je croyais que vous ne vous parliez plus du tout !
- Je le pensais aussi. Ils veulent que je vienne aujourd'hui ! Je serais curieuse de savoir ce qu'ils me veulent.
- Et tu as l'intention d'y aller ?
- Je ne sais pas… La curiosité me pousserait à te dire oui, mais d'un autre côté ; je n'ai aucune envie de me retrouver dans la maison de mon enfance. Mais quelque chose d'important est en train de se produire là bas pour qu'ils me contactent. Qu'est ce que tu ferais toi à ma place ?
- Je pense que j'irais. Il s'agit quand même de ta famille.
- Je ne les ais jamais considéré comme tel. Mais tu dois avoir raison. Je devrais y aller. »
Je me demandais vraiment ce qui se passait. En début d'après midi, je partis chez mes parents. J'étais assez anxieuse. Une fois arrivée, je me garais devant l'allée et allait sonner. Ce fut Hiroki qui vint m'ouvrir.
« Haruka ! Je me demandais si tu allais venir. Tu vas bien ?
- Oui. Du moins jusqu'à ce que je reçoive ta lettre et que je sois contrainte de revenir ici.
- Je suis désolé. Nos parents veulent nous annoncer quelque chose de très important, mais je n'en sais pas plus. Mais je t'en pris, entre, tout le monde est dans le salon. »
Je pénétrais dans la maison avec quelques réticences. Sur le pas du salon, je m'arrêtais. Mes parents et ma sœur discutaient. Ils n'avaient pas changé… Quand ils me virent, ils se turent et m'observèrent avec étonnement. Ils n'avaient pas du tout l'air de croire que j'allais venir. Finalement, je pris une grande inspiration et entrait.
« Bonjour » fut la seule chose que je peux dire en les voyants.
- Bonjour Haruka. Comment vas-tu ? demanda ma mère, Junhee.
- Je serais bien mieux si je n'étais pas là.
- Je vois que ton opinion à notre sujet n'a toujours pas changé, remarqua Kôhei, mon père.
- Comment le pourrait-il ? Vous n'êtes pas une famille modèle comme vous essayez de le faire croire.
- C'est plutôt toi qui n'est pas une enfant modèle.
- Et pourquoi cela ? Parce que je suis différente ? Parce que je ne me conduis pas comme une petite fille bien élevée qui obéit aveuglement à ses parents ? Je suis désolé, mais je ne suis pas un jouet que vous exhibez aux yeux de tous pour paraître comme des gens biens !
- Calme toi et assis toi. Nous ne sommes pas là pour parler de ça.
- Dans ce cas, dîtes nous rapidement ce que vous avez à dire que je puisse m'en aller d'ici le plus rapidement possible, dis-je assez énervée tout en m'asseyant.
- Et bien voilà, depuis quelques temps, votre père et moi nous ne faisons que nous disputer. Donc, d'un commun accord, nous avons décidé de divorcer.
- Quoi ? Mais qu'est ce que je vais devenir moi ? s'exclama ma sœur.
- Tu vas rester avec ta mère. Moi je m'implanterais dans le sud du Japon car c'est là bas que mon entreprise marche le mieux.
- Nous avons aussi décidé de vendre la maison. Elle sera trop grande pour deux personnes.
- Et où habiterons-nous ?
- J'ai trouvé une maison à Osaka. ( note de l'auteur : une des plus grandes villes du Japon, situé dans le sud est du pays. )
- A Osaka ?! Mais c'est à plus de cent kilomètres d'ici !
- Je sais, mais je pense que ce sera enrichissant pour toi de voyager.
- Mais je vais quitter toutes mes amies.
- Ne discutes pas. C'est décidé !
- Et quand déménages-t-on ?
- Dans deux jours. Mais à partir de demain, des déménageurs viendront emballer nos affaires.
- Mais maman, tu aurais pu nous prévenir plus tôt, s'exclama Hiroki.
- En fait, tout s'est décider hier. La nouvelle maison et le déménagement.
- Ce n'est pas tout. Nous faisons cela rapidement car nous avons déjà un acquéreur pour la maison.
- Et bien vous n'avez pas traîné, ironisais-je.
- Et pendant le déménagement, ton père et moi avons décidé que tu ferais mieux de ne pas rester à la maison Akyhô (c'est la sœur), ajouta Kôhei.
- Mais où est ce que j'irais ?
- Je pensais que ton frère ou ta sœur pourrait t'héberger quelques jours, expliqua ma mère.
- Mais maman, tu sais bien que je vie chez ma petite amie ! s'exclama Hiroki.
- Et moi je refuse. C'est étrange que vous vous rappeliez mon existence quand vous avez des problèmes. Akyhô n'a qu'à aller chez une amie, moi je ne la prends pas ! m'écriais-je.
- Mais Haruka, c'est ta sœur tout de même !
- Tiens, c'est maintenant que vous me considérez comme un membre de cette famille ? raillais-je.
- Je t'en pris, épargne-nous tes sarcasmes ! Tu pourrais faire un petit effort pour quelques jours ! En plus, tu vis seule. Ta sœur t'apporteras un peu de compagnie.
- C'est là que vous faites erreur. Je partage mon appartement avec une amie.
- Ah, vraiment ?
- Oui. De toute façon, ma vie privée ne vous regarde aucunement !
- Mais pourquoi tu ne veux pas que je passe quelques jours chez toi Haruka ? me demanda Akyhô.
- Je ne veux rien avoir à faire avec cette famille. D'ailleurs, si vous m'aviez contacté en pensant que votre divorce m'intéressait, vous vous êtes trompés sur toute la ligne. Vous pouvez déménager à l'autre bout du monde, je m'en moquerais ! Je n'ai jamais eu besoin de vous !
- Ca suffit Haruka ! Je t'interdis de nous parler comme ça ! s'emporta mon père.
- Pourquoi ? Parce que je vous dois le respect en tant que mes parents ?
- Exactement.
- Mais pour ça, il faudrait encore que vous soyez respectable !
- Comment peux-tu dire une chose pareil ?
- C'est simple ! Il suffit de regarder comment vous m'avez traité toute ma vie ! Comme un caillou dans une chaussure dont on se débarrasse dès qu'on le peut !
- Tu devrais avoir honte de parler comme ça à nos parents, intervint Hiroki.
- C'est facile à dire pour toi ! Il ne t'ont pas mis en internat dès le collège et chasser de la maison à seize ans !
- Tu l'avais cherché Haruka !
- Qu'est ce que tu veux dire ? J'ai cherché à me faire détester ?
- Non…
- Et bien, vas-y, dit moi le fond de ta pensée ! Ne te gène pas !
- Si tu insistes. Tu es bizarre. Tu as renié l'autorité de papa et maman dès que tu étais petite. Tu ne te conduis pas comme quelqu'un de normal.
- Et alors ? C'était un choix comme on en fais des milliers dans sa vie. Et crois-moi, j'en ai fait plus que tu ne le penses. D'ailleurs, ta vie à toi n'as pas dû être très difficile. Tu avais toujours les parents derrière ton dos.
- Haruka, ne parle pas comme ça à ton frère.
- Et pourquoi ? Vous ne supportez pas qu'on vous rappel vos défauts ? Ou vous êtes choqué par la vérité ?
- Maintenant cela en est assez Haruka. J'aimerais que tu arrêtes de tous nous insulter ainsi. Tu n'es pas majeur (re-note de l'auteur : au Japon on est majeur à 21ans !) tu dois donc nous obéir.
- Vraiment ? Je vous signal que vous n'avez jamais eu aucune autorité sur moi, remarquais-je en me levant pour faire face à mon père.
- Mais si tu étais normale, nous serions moins dur avec toi !
- Alors comme ça, c'est moi qui est anormale ? Mais vous croyez que de ne pas chercher le bonheur de ses enfants c'est être ordinaire ? Mais vous ne savez pas ce que c'est qu'aimer ! Vous êtes trop snob pour ça ! les invectivais-je. Mon père était dans une colère noire. Il leva sa main et la dirigea vers ma joue. J'arrêtais son bras avant.
- Que comptes-tu faire ? Me frapper ? Tu préfère t'en prendre à moi plutôt que d'assumer tes défauts ? Ton comportement est des plus puérile ! Ca me fait honte pour toi !
- Tais-toi !
- Oui je vais me taire ! Et je vais même sortir ! J'étouffe, dis-je en me dirigeant vers la porte d'entrée.
- Et ta sœur ?
- Elle n'a qu'à se débrouiller ! Moi je ne veux plus jamais entendre parler de vous ! »
Une fois dans la voiture, je démarrais en trombe. Je venais de jeter à la tête de mon père toute la rancœur que j'avais encaissé pendant toutes ces années. Je me sentais un peu mieux mais ça ne m'empêchait pas d'être en colère. Je roulais pendant quelques heures pour me calmer et revint chez moi. Il était dix-neuf heure passé. J'étais assez apaisée mais il y avait encore du ressentiment en moi.
« Haruka ! Comment ça c'est passé ? Pourquoi rentres-tu si tard ?
- Je suis allée faire un tour avant de revenir.
- Ca c'est mal passé ? demanda Michiru. Elle savait que lorsque je conduisait longtemps comme je l'avais fais, c'était parce que j'étais énervée.
- Tu peux le dire. Mon père a été plus odieux que jamais et mon frère est de son côté. Ma mère n'a rien dit pour défendre qui que ce soit et ma sœur ne s'intéressait qu'à elle-même.
- Et pourquoi tes parents voulaient te voir ?
- Ils divorcent et chacun déménage à l'autre bout du pays dans les jours qui suivent. Et ils voulaient que je m'occupe de ma sœur pendant quelques jours. »
J'expliquai ensuite à Michiru tout ce qui c'était passé là bas. Elle était étonnée par la réaction de mon père malgré tout ce que je lui avais raconté après avoir remmener Hotaru. Nous en parlâmes assez longtemps puis nous abordâmes d'autres sujets avant d'aller nous coucher.
Le lendemain, on alla se promener en ville. Dans le centre de Tokyo, il semblait y avoir de l'agitation. Nous nous dirigeâmes dans cette direction et nous aperçûmes que c'était la panique. Un monstre semblable à ceux qu'invoquait Noom Rolias dévastait tous les magasins autour de lui et appelait les guerrières de la Lune. Rapidement, Michiru et moi allâmes dans une ruelle pour nous transformer. Une fois que se fut chose faite, nous allions aller dans la rue pour nous battre quand un bruit de métal qui tombe derrière nous attira notre attention. Nous nous retournâmes et vîmes ma sœur Akyhô qui nous observait avec étonnement.
« Ce n'est pas vrai ! » m'exclamais-je.
