Chapitre 13 : départ et fin.
Chez nous, Akyhô était assise sur le canapé en train de regarder la télévision, et visiblement, elle broyait du noir. Dès qu'elle nous vit, elle bondit du canapé pour nous harceler de questions.
« Est-ce que ça va ? Qu'est ce qui s'est passé ? Vous avez sauvé Sailor Moon ?
- Calme toi, lui conseilla Michiru.
- Laisse nous le temps d'arriver » ajoutais-je.
Nous déposâmes nos affaires dans l'entrée et rejoignîmes Akyhô.
« Alors ? nous pressa-t-elle.
- Nous avons sauvé Sailor Moon et vaincu notre ennemie, dis-je.
- C'est tout ce que tu dis ? Alors que ça fait des heures que je m'inquiètes pour vous !
- Qu'est ce que tu veux savoir ? » la questionnais-je.
Elle m'observa avec étonnement, elle ne devait pas s'attendre à ce que je veuille répondre à ses questions. Elle garda le silence quelques secondes et finit par demander :
« Où était-elle ? et comment vous vous y êtes pris pour la secourir ?
- Est-ce que tu connais la cathédrale marine à l'est de la ville ?
- Oui. Le collège nous l'a fait visiter pour le voyage scolaire l'année dernière.
- Et bien elle s'y trouvait. Eudial, c'est comme cela que s'appelait notre ennemie, nous a tendu un piège là-bas et nous avons pu le déjouer grâce à une autre guerrière que nous n'avions pas revu depuis quelques temps et nous avons pu détruire Eudial.
- Mais combien êtes vous de guerrières en tout ?
- Nous sommes quatorze, mais trois d'entre nous sont d'une autre planète et ne viennent qu'occasionnellement et une autre vient du futur et n'est pas toujours avec nous, expliqua Michiru.
- Du futur ? Vous pouvez voyager dans le temps ?
- Oui, mais nous ne le faisons qu'en cas d'extrême urgence.
- Ca ne nous ai jamais arrivé d'ailleurs.
- Mais quel est l'étendu de vos pouvoirs ?
- Je ne sais pas si nous pouvons te répondre…
- Mais pourquoi ? Tu m'as dit tout à l'heure que j'étais différente du reste de la famille. Tu peux me faire confiance. Je ne répèterais rien. Je te le jure.
- Akyhô, il faut que tu comprennes que te donner de telles informations te met en danger. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose par ma faute, dis-je sincèrement.
- Haruka a raison. Ne nous en veut pas. Nous aurions agit identiquement face à n'importe qui, ajouta Michiru.
- Je comprends, déclara ma sœur après un bref silence. Mais… tu t'inquiètes vraiment pour moi ?
- Bien sûr. Tu es ma sœur après tout… »
C'était la première fois que je la reconnaissais vraiment comme un membre de ma famille. Un sourire éclaira son visage et elle se jeta dans mes bras. Sur l'instant, je fus prise au dépourvu, n'étant pas habituée à ce genre de contacts physiques. Reprenant alors mes esprits, je l' étreignis également sous l'œil attentif de Michiru. Puis la lâchais.
« Je suis contente de passer quelques jours chez toi, tu sais, déclara Akyhô.
- Oui…hum…répondis-je gênée.
- Quant à Hiroki, c'est un parfait crétin !
- Ne parlons pas de lui veux-tu…
- Désolé, s'excusa t'elle en rougissant.
- Ce n'est rien. »
Après cette réconciliation, l'ambiance de la maison fut beaucoup plus détendue. Ma sœur rayonnait de joie. Elle semblait si heureuse que je la traite enfin comme j'aurais du le faire bien avant. D'ailleurs, c'est face à cette gaieté que je m'aperçue à quel point elle souffrait du conflit qui régnait dans la famille. Encore jeune à l'époque, elle avait été contrainte de suivre le mouvement sans comprendre la raison de cette haine à mon égard. Et lorsqu'enfin je suis réapparue, elle s'est trouvée tiraillées entre les deux camps sans pouvoir se forger une opinion par elle-même. Maintenant, elle savait de quoi il en était même si cela ne l'empêcherais cependant pas de conserver sa confiance en ses parents. Mais c'était son problème et elle s'apercevrait probablement de ce qu'ils sont réellement… Enfin, ma mère du moins. J'espère qu'elle ne souffriras pas trop de ce divorce.
Akyhô alla se coucher tôt et Michiru et moi en profitâmes pour parler un peu. Assises sur le canapé, elle s'était lové contre moi.
« Je suis contente que tu te sois rapprochée de ta sœur, me dit-elle.
- Moi aussi. Ca me prouve que tout n'est pas perdu dans cette famille, répondis-je sombrement.
- Qui sait, tu pourras peut-être renouer des liens avec ton frère après ça.
- J'en doute. Il s'est fait son opinion sur moi et il n'est pas près de changer d'avis. Il est très borné quand il veut.
- Et il n'est pas le seul…me fit-elle remarquer.
- Qu'est ce que tu veux dire ? Je ne suis pas comme cela, répliquais-je en rentrant dans son jeu malgré moi.
- Haruka…soupira-t-elle.
- Quoi ?
- Ne te voile pas la face. Tu es aussi têtue qu'une mule…
- C'est faux, protestais-je.
- …et tu illustre mes paroles à la perfection. »
Je me sentis rougir. Elle avait parfaitement raison et je venais de me rendre compte qu'elle venait de me piéger sans que je m'en rende compte.
« Tu rougis, constata t'elle, ce n'est pas dans tes habitudes. Aurais-je touché un point sensible ?
- Tu me mènes par le bout du nez…
- Et tu te laisses faire.
- Tu n'as pas honte ? plaisantais-je.
- Sincèrement ? Pas vraiment…
- Méfies toi, à manipuler les gens comme cela, tu vas mal tourner, dis-je en souriant.
- Mais tu es là pour me maintenir dans le droit chemin.
- Je ne sais pas si ton cas est récupérable, tu sais… »répliquais-je. Elle se mit à rire puis redevint tout à coup sérieuse.
« Je reviens sur ta famille. Tu comptes réellement continuer à les ignorer ?
- Je pense que oui. Ils m'ont vraiment rejetés et je ne sais pas si je peux leur pardonner. Je ne pense pas que tu aies vécu ça.
- Non, c'est vrai. J'ai eu une enfance plutôt heureuse. D'ailleurs, en sachant que tu as tellement souffert, j'ai presque honte d'avoir été heureuse.
- Ne le sois pas. Je ne veux pas te voir malheureuse à cause de moi. Raconte moi. Comment étaient tes parents ?
- Comme toi, je suis issue d'un milieu aisé. Dans une ville à une cinquantaine de kilomètres de Tokyo. J'ai été adopté très jeune. Je n'ai donc jamais connu mes vrais parents. On m'a dit qu'ils sont morts de maladie tous les deux. La famille qui m'a adopté m'a donné son nom et tout le confort et l'amour dont avait besoin une petite fille. Je les considère vraiment comme mes parents. Ils m'ont initiés à l'art dès mon plus jeune âge, mon père étant musiciens. J'ai prit des cours de musiques à partir du lycée, je suis allée à Tokyo pour faire des études plus poussées. Et je t'ai rencontrée.
- Et tu ne sais rien de tes vrais parents ?
- Non. Et ça ne m'intéresse pas. Nous ne sommes même pas terriennes à la base, alors je ne m'embête pas avec ce genre de détails.
- Tu as raison. »
Nous continuâmes à parler pendant un moment puis nous finîmes par aller nous coucher.
Les jours qui suivirent se déroulèrent sans encombre. Akyhô semblait épanouie et heureuse. Mais un matin, alors que nous nous apprêtions à sortir, la sonnette retentit. J'allais ouvrir. Ma mère se tenait sur le pas de la porte.
« Tu viens chercher Akyhô ?
- Oui. Elle est là ?
- Bien sûr. Je vais la chercher. » Je la laissais dehors. Michiru me jeta un regard interrogateur.
« Ma mère.
- Tu ne la fais pas rentrer ?
- Pour quoi faire ? Elle est bien là où elle est, répondis-je.
- Tu es dure.
- Fais la entrer si tu le souhaite. Je vais chercher ma sœur. » C'est ce qu'elle fit. J'allais frapper à la porte de la chambre d'amis. Akyhô m'autorisa à rentrer et je lui annonçais froidement que sa mère était là. Elle se précipita dans le salon à sa rencontre. Je la suivis avec ses affaires.
« Ca y est, on a la maison ? interrogea Akyhô.
- Oui. Tu vas pouvoir revenir avec moi.
- Mais c'est loin Osaka. Tu crois que je pourrais revenir à Tokyo ?
- Nous verrons. Même si tes amis te manqueront, tu t'en referas de nouveau…
- Ce n'est pas que pour mes amis que je m'inquiète. Je veux aussi revoir Haruka.
- Pardon ? » s'étonna Junhee en me lançant un regard. A la voir, elle n'avait jamais pensé qu'Akyhô puisse s'attacher à moi.
« Oui. Je me suis beaucoup plu ici.
- Et tu pourras revenir quand tu veux, répondit Michiru.
- Merci Michiru. Maman, je peux te poser une question ?
- Oui.
- Pourquoi vous m'avez raconté des mensonges sur Haruka ? »
Ma mère failli s'étrangler. Jusqu'à présent, j'étais restée en retrait, mais à cette soudaine question de ma sœur, je m'étais approchée, curieuse de savoir ce que Junhee allait répondre à cela. Pendant un moment, elle garda le silence, puis déclara enfin :
« Je vois qu'Haruka a su se montrer persuasive avec toi. Et je suppose que tu as avalé tout ce qu'elle t'a dit sans rechigner.
- Arrête ! m'exclamais-je soudain. Tu me fais honte ! Tu me déteste tellement que tu essaye par tous les moyens de salir ma réputation. Akyhô a passé plusieurs jours chez moi. Elle a pu se créer une opinion librement sans que j'interfère. Nous avons bien évidemment parlé et j'ai rétablie la vérité à sa place, mais je n'ai rien fait de plus. Alors je t'en pris, arrête de t'en prendre à moi sans arrêt ! Et si tu en as assez de me voir ou d'entendre parler de moi, alors oublie moi une bonne fois pour toute, mais n'empêche pas ma sœur de vivre et de se forger ses idées par elle-même. Elle a quatorze ans, ce n'est plus une enfant. Tu n'as pas à diriger sa vie !
- Je t'interdis de me parler ainsi, m'ordonna Junhee.
- Je me moque de tes ordres ! Tu es ici chez moi, et pour une fois dans ta vie, tu vas m'écouter ! Je ne veux pas que tu gâches l'adolescence d'Akyhô comme vous l'avez fait avec la mienne.
- Gâcher ton adolescence ? Mais est ce que tu t'entends ? Tu ne crois pas être un peu excessive ?
- Non. Je parle par expérience. Et que tu l'admettes ou non, je sais ce que j'ai vécu.
- Ca suffit. Si nous avions agit ainsi ton père et moi, c'était pour ton bien et celui de la famille. Que tu ne pollues pas l'esprit de ton frère et ta sœur par tes idées stupides.
- Maman, intervint Akyhô. Haruka a raison.
- Stop ! Je ne veux plus vous entendre. Akyhô, nous partons. Prends tes valises et descend, j'arrive tout de suite.
- Mais…
- Fais ce que je te dis.
- D'accord. Au revoir Haruka. Au revoir Michiru. J'ai été très contente d'avoir pu rester avec vous ces derniers jours.
- Nous aussi.
- Et si tu as un problème, surtout, n'hésite pas à nous appeler » dis-je tandis qu'elle quittait l'appartement, pressée par Junhee. Une fois que ma sœur fut descendu, ma mère se tourna vers moi, et me menaça d'un ton empli de colère :
« Je ne sais pas ce que tu as raconté à ta sœur pour qu'elle change aussi radicalement d'avis, mais si cela se reproduit, ça ira très mal pour toi.
- Je lui ai dit la vérité. Tous simplement.
- Il n'y a aucune vérité. Elle la connaît et il n'y a pas à revenir la dessus.
- Je rêve ! vous avez fini par croire à vos propres mensonges ?
- C'est toi qui t'aies mise une version des faits dans la tête.
- Va t'en, ordonnais-je soudainement.
- Très bien. Je n'ai passé que trop de temps ici. Mais souviens toi bien de mon avertissement. Je ne plaisante pas.
- Sors d'ici ! »
Elle ne se fit pas prier et nous quitta rapidement. Je me plaçais ensuite à la fenêtre d'où je pouvais voir le parking. J'aperçu ma sœur. Elle m'adressa un signe auquel je répondis, puis ma mère arriva, m'obligeant à m'écarter. Je me tournais vers Michiru qui m'observait, peinée.
« Nous voilà seules, dis-je avec un pâle sourire.
- Oui. J'espère que tout va bien se passer pour Akyhô. Ta mère était vraiment furieuse.
- J'ai bien remarqué. Elle a vraiment été horrible. J'espère ne plus la revoir de ma vie.
- Elle en était presque effrayante.
- Mais nous sommes débarrassées de ce fléau et la vie va reprendre son cours.
- Exact. Nous avons encore beaucoup de choses à traverser.
- Et quoi qu'il arrive, nous resterons ensemble… »
Fin.
