Gundam Wing - Rencontre (2/3)

Titre : Rencontre (2/3) (Je commence à m'habituer au titre, lol !)
Base : Très lointaine... (GW).
Couple : 2x1. Si. Ou presque.
Genre : Expérimental, la suite ; bientôt les travaux pratiques.... Limite PWP ? Finalement, peut-être pas tant que ça... Les hormones se réveillent. Doucement. Pff... Oui, bon bref...
Auteur : Meanne77, qui se demande si elle va assumer...
E-mail : meanne77@noos.fr.

Notes :
1) Et bien, mes profs *continuent* de sécher les cours, moi aussi (cette semaine, on est a égalité entre eux et moi, à 2 cours partout !). Cette fois, l'excuse professorale était que, je cite : "on est trop en avance sur le programme". Vous le croyez, ça, vous ??? Bref. Tout ça pour dire que j'ai vu Harry Potter (pas mal...). Tout ça pour dire qu'en attendant la séance, j'ai continué un peu la seconde partie (ah, je vous sens subitement beaucoup plus intéressés par ma vie ! lol !). Tout ça pour dire que c'est le week end, alors je tapote... Wala...
2) L'est plus court celui-là ! Je crois... Peut-être pas en fait...
3) Comment ça, il a bon dos le hasard ? Mais c'est pas le hasard ça ! Ça, c'est le destin ! ;o)
4) Et toujours les petites notes débiles...

Disclaimer : J'ai trouvé une graaaande chaussette... Une voisine me prête sa cheminée... C'est bon Papi, tu peux envoyer mon cadeau ! Oublie pas le ruban rouge !!

Archives : (remplacez les - par des /)
* In Love With Death : http:--2x1forever.free.fr
* FFNET : http:--www.fanfiction.net/~meanne77
* Autres : http:--gundamwingua.free.fr ; http:--site.voila.fr/tenebrae_inferi/index.html ; http:--www.nezumineko.fr.st ; http:--perso.wanadoo.fr/silencebleu ; http:--site.voila.fr/tenshiblue...

MESSAGE A MES GENTILS REVIEWERS QUE J'AIME : s'il vous plaît, pensez à bien indiquer votre e-mail afin que je vous répondre ! Ça me frustre à chaque fois quand je peux pas le faire !! Merci ! ^^


Rencontre
Deuxième Rencontre


Environ une semaine plus tard...

Heero ouvrit les yeux, prenant lentement conscience de ce qui l'avait réveillé. Des bruits de pas précipités provenant de l'étage du dessous. Des cris, filtrés par le plancher, si bien qu'il ne pouvait saisir leurs significations... Il jeta un coup d'oeil embrumé par le sommeil à sa montre.
1 heure 13.
Heero se redressa dans son lit et se frotta les yeux. A nouveau, le bruit d'une course. Que se passait-il ? Le feu ?
Non, si un incendie s'était déclaré, ou quoique ce soit d'autre, quelqu'un serait déjà venu le réveiller. Mais alors pourquoi tout ce vacarme ?
Heero hésitait entre aller aux nouvelles et simplement se recoucher lorsque sa porte s'entrouvrit. Une silhouette sombre se faufila prestement dans la chambre et la porte se referma en silence. Heero attendit, le coeur battant, mais l'autre resta parfaitement immobile, invisible dans l'obscurité, les épais rideaux empêchant toute clarté de filtrer vers l'intérieur.
Maîtrisant son appréhension, Heero poussa l'interrupteur, illuminant brusquement la pièce.
Il entendit l'autrese retourner mais la lumière l'aveuglait trop pour qu'il puisse voir quoique ce soit. Il se passa une main devant les yeux, récupérant lentement la vue.
Un 'gasp' se fit entendre et une voix s'éleva :
- Toi ??
Heero releva alors la tête vers l'intrus, et plongea dans une mer violette.

Duo refermait la fermeture éclair de son sac et le jetait par-dessus son épaule lorsqu'il entendit le premier cri.
Au second qui lui répondit, il ne put retenir un chapelet de jurons imagés. Ce crétin de Jack avait dû trouver le moyen de se faire repérer.
Des bruits de course. Comment allait-il pouvoir sortir de là sans se faire remarquer, à présent que toute la maison était réveillée ?
Une chose était certaine, il ne pouvait pas rester dans le bureau dans lequel il se trouvait. Prudemment, il entrouvrit la porte et jeta un coup d'oeil circulaire. Il poussa un soupir de soulagement. Pour l'instant, les gardes devaient se trouver au rez-de-chaussée, mais Duo ne doutait pas un instant qu'ils ne tarderaient pas à fouiller la maison à la recherche d'éventuels cambrioleurs. La retraite qu'il avait prévue serait sûrement coupée, il allait devoir en trouver une autre... [1]
S'aventurant avec prudence dans le couloir, il se fit la note mentale de tuer Jack lorsqu'il lui mettrait la main dessus.
Il se déplaçait aussi silencieusement qu'un félin, veillant à longer les murs pour ne pas faire craquer le parquet, les sens aux aguets de la moindre alerte. Arrivé à un tournant, il vérifia que la voie était libre avant de s'y engager. Tout prêt de là se trouvait un escalier menant du rez-de-chaussée au premier étage. Et les voix se rapprochaient.
Son rythme cardiaque s'accéléra. Il n'avait vraiment plus le choix et devait se cacher, en espérant pouvoir s'enfuir plus tard ou saisir une opportunité qui se présenterait à lui. Duo avait toujours eu de la chance. Jusqu'à ce soir.
Il se réfugia dans une pièce au hasard, priant pour qu'elle soit vide, et referma silencieusement la porte. Il écouta quelques secondes et aucun bruit ne vint troubler la quiétude ambiante. Il était sur le point de s'accorder un soupir de soulagement lorsque la pièce s'illumina. Il fit volte-face, sa natte fendant l'air, pour constater qu'il se trouvait dans une chambre. Occupée.
Un jeune homme d'une quinzaine d'années se trouvait assis dans un grand lit. Ses cheveux bruns en bataille et la main qu'il porta par réflexe à ses yeux indiqua qu'il venait de se réveiller. Duo ne put retenir une exclamation de surprise en le reconnaissant.
- Toi ??
Le jeune homme releva la tête, et Duo plongea dans une mer bleutée.

Les deux garçons restèrent silencieux, absorbés par les yeux de l'autre, Heero se demandant comment son motard avait pu atterrir dans sa chambre alors que Duo s'interrogeait sur comment, parmi toutes les maisons possibles, il avait pu choisir de cambrioler la sienne ; sans même parler de comment il avait pu se retrouver dans sa chambre, et nulle part ailleurs. [2]
Duo ressentit un étrange soulagement en constatant que son fugueur semblait bien se porter. Il était repassé au centre le lendemain mais le jeune homme aux yeux si bleus était déjà reparti ; avec son blouson. Il était malgré tout content de voir qu'il l'avait écouté et qu'il avait fini par rentrer chez lui. Cela lui ferait une maigre consolation lorsqu'il se retrouverait en taule (avec Jack, oh que oui avec Jack !).
N'y tenant plus, Duo rompit le silence.
- Tu... vis ici ? Putain, je savais que t'étais friqué mais j'pensais pas qu'tu l'étais à ce point !
Heero ne répondit rien mais repoussa les couvertures et se leva. Pendant un instant, il avait pensé s'être rendormi : le natté ne pouvait pas se trouver dans sa chambre ! Et pourtant si, il était bel et bien là.
Heero avisa alors la tenue que portait son intrus. Le jeune homme était toujours entièrement vêtu de noir ; même ses chaussures, en cuir usé avec des boucles sur le côté, l'étaient. [3] Il portait un t-shirt à col et à manches longues et un pantalon moulants, laissant deviner sa fine musculature. Ses mains étaient protégées par des gants, en cuir eux aussi. Ses cheveux châtain clair formaient une auréole de lumière autour de lui. Seul son visage révélait la pâleur de sa peau.
Duo observait lui aussi son vis-à-vis, et en d'autres circonstances, il aurait probablement souri. L'Asiatique, sûrement métis vu ses yeux, portait un caleçon gris sombre sous un simple débardeur blanc. Il portait également des chaussettes blanches pour dormir, [4] et finalement, malgré sa situation, Duo ne put empêcher un sourire amusé de venir effleurer ses lèvres. Ses cheveux en bataille et ses yeux mal réveillés lui donnaient un air boudeur que Duo trouva absolument adorable.
Il suivit du regard les yeux bleus lorsque ceux-ci se déplacèrent pour se fixer sur le sac qu'il portait encore à l'épaule. Duo se mordilla la lèvre inférieure, plus amusé du tout. On pouvait difficilement faire mieux comme flagrant délit... Jack était un homme mort !
Des coups à la porte les firent sursauter tous les deux.
- Monsieur ! Monsieur ! Réveillez-vous !
Duo poussa un soupir résigné en lâchant le sac à ses pieds. Il ne savait même pas au juste ce qu'il contenait, il avait vidé un coffre mural, pensant faire le tri par la suite. Il avait seulement repéré quelques liasses de billets, l'assurant qu'il ne repartirait pas les mains vides. Du moins le pensait-il avant de se faire chopper.
Ce crétin de Jack... Ce genre de choses n'était jamais arrivé du temps de Solo...
Heero fit glisser son regard de la porte au sac, pour remonter sur le natté. Celui-ci avait la tête baissée et les poings serrés.
- Monsieur Yuy !
Heero fixa de nouveau la porte et l'atteignit en quelques enjambées. Sans aucune douceur, il repoussa Duo contre le mur, écartant au passage le sac du pied.
Du coin de l'oeil, il capta une lueur confuse dans les yeux violets.
Heero entrouvrit la porte, gardant une main appuyée contre l'embrasure, l'autre étant serrée autour de la poignée. Il fusilla du regard celui qui avait osé le "réveiller". Le garde, un grand homme brun et baraqué, lui fit face.
- Pardonnez-moi de vous avoir réveillé Monsieur Yuy. Nous avons repéré des individus suspects aux alentours de la propriété. Nous pensons que des cambrioleurs ont pu pénétrer par effraction dans la maison. Ils semblent s'être enfuis mais nous recherchons d'éventuels complices qui seraient restés sur place. La police vient d'arriver et nous vous recommandons de bien vous enfermer pour plus de sûreté.
Heero l'écouta sans ciller, hocha sèchement la tête une fois avant de lui claquer la porte au nez. D'un geste vif, il tourna la clé dans la serrure. D'ordinaire, il ne fermait pas de la sorte sa chambre : tout le monde savait qu'il avait horreur d'être dérangé et chacun respectait son désir d'intimité. Après tout, il était le jeune maître de la maison...
Il se tourna alors vers Duo, qui le fixait la bouche légèrement entrouverte et les yeux écarquillés sous la surprise.
- P... pourquoi ? Pourquoi tu lui as pas dit que j'étais là ?
Heero ne répondit rien.
- Il a raison tu sais, c'est pas très prudent. Tu réalises que je pourrais te tuer ou me servir de toi pour sortir d'ici ?
Heero se contenta de hausser les épaules puis se baissa pour saisir le sac noir par la anse. Il le traîna jusqu'au centre de la pièce et s'assit en tailleur sur la moquette. Duo le regarda faire avec perplexité.
- Tu ne peux pas sortir d'ici tant que la police sera là.
Duo ne trouva rien à répondre à cela.

Heero dézippa la fermeture éclair sans se presser et vida le contenu du sac sur le sol.
Il ramassa les trois liasses de billets, les scruta un instant puis les plaça en un tas bien rangé à sa gauche. Il prit ensuite un paquet de feuilles, qu'il examina. Des bons et parts nominatives. Il les plaça à sa droite.
Une boîte contenant une médaille en or. Gauche.
Une enveloppe regroupant divers papiers et actes de propriété. Droite.
Une montre d'homme en or. Gauche.
Une petite boîte, contenant une bague sertie d'une pierre _ un diamant. Heero reconnut la bague de sa mère ; même s'il n'avait jamais connue celle-ci, son père lui avait un peu parlé d'elle. Gauche.
Des bons au porteur. Gauche.
Il hésita un instant puis déplaça l'écrin sur la pile de droite. Ensuite, il rassembla le tas de gauche et en remplit le sac. Il referma celui-ci et le balança aux pieds de Duo. Le violet s'élargit.
- Qu... Quoi ??
Sans un mot, Heero se leva et déposa soigneusement la pile restante sur son bureau, à côté de son ordinateur portable. [5]
- Qu... Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu peux garder le sac.
- What ??
- Tu l'as pris, c'est à toi. Le reste n'a aucune valeur pour toi. Je m'en moque.
... Sauf la bague, mais Heero n'avait pu se résoudre à la lui laisser.
- Quoi ?? Mais... Quoi ?? J'ai rien pris, c'est moi qui me suis fait prendre !
- Tu ne t'es pas fait prendre puisque personne ne sait que tu es ici.
- Toi, tu sais !
Heero haussa les épaules.
- Je m'en moque je te dis.
Duo baissa les yeux vers le sac. Et shoota dedans.
- J'en veux pas !
- Pourquoi ? C'est ce que tu es venu chercher non ?
- Mais t'as un grain toi ! T'es vraiment pas bien ; tu me laisses le fric ??
- Je m'en moque.
- Y'a vraiment qu'un riche pour dire ça, répliqua Duo avec mépris.
- Alors garde le sac et deviens riche.
- J'en veux pas j'te dis ! Tu m'prends pour un con ou quoi ? Tu sais qu'c'est moi maintenant !
- Et alors ? Je connais même pas ton nom.
- Les flics me connaissent, eux. Si je prends le sac, je peux en prendre pour des années. Pour l'instant, le pire qui peut m'arriver c'est d'être inculpé pour effraction ; je resterai moins longtemps au trou si tu me dénonces, comme ça.
- Pourquoi je te dénoncerais ?
- Pourquoi tu le ferais pas ?
- Parce que je n'ai aucune raison de le faire.
Duo plissa les yeux.
- Parce que je t'ai aidé l'aut' soir ?
- Parce que je m'en moque.
- Tu te moques de beaucoup de choses...
- Oui.
- Je prendrai pas ce sac.
- Tu fais ce que tu veux. En attendant, allons nous coucher. [6]
- ... ... JE TE DEMANDE PARDON ???
- Ne crie pas, tu vas les attirer ici. Il est tard, j'ai sommeil. La police est dehors et tout le monde te cherche alors si tu veux partir, à ta place, j'attendrais qu'ils abandonnent. Ils ne viendront pas te chercher ici, parce qu'ici, c'est ma chambre, alors quitte à attendre, autant dormir. Moi je vais me coucher, conclut-il sans se soucier de l'expression ahurie qu'affichait le jeune homme natté.
Heero haussa une dernière fois les épaules et se glissa dans les draps refroidis. Il ferma les yeux et poussa un soupir. Il avait sommeil...
- Tu éteindras la lumière, fit-il encore, d'une voix déjà assoupie.

Duo avait l'impression que ses yeux sortaient de leurs orbites. Il avait bien entendu ?
Depuis quand un cambriolé priait son cambrioleur non seulement de partir avec son butin _ lui donnant même des conseils pour s'enfuir sans se faire prendre ! _ mais en plus de partager son lit ? [7]
Le natté resta une minute, peut-être deux, les bras ballants, incapable de dire ou faire quoique ce soit. L'autre semblait s'être rendormi. Duo regretta une fois de plus que Solo ne soit plus à son côté ; la situation l'aurait fait rire, et il avait toujours aimé le rire de Solo.
Avec un pincement au cur, Duo s'approcha du lit.
Le jeune homme semblait réellement dormir... Son visage n'était plus renfermé mais détendu, confiant. Beau...
Duo secoua la tête puis haussa à son tour les épaules. Son sort était de toute façon entre ses mains, et comme il l'avait dit, quitte à attendre... Il partirait un peu avant l'aube. S'il pouvait.
Duo s'assit doucement sur le rebord du lit pour ne pas réveiller son "hôte" et ôta ses chaussures. Il retira ensuite ses gants, qu'il glissa dedans pour ne pas les perdre, avant de se glisser lui-même dans les draps frais. Une chance que les riches aiment les lits spacieux... [8]
Tendant le bras, il appuya sur l'interrupteur et plongea la chambre dans l'obscurité. Il chercha un court instant une position confortable et poussa un soupir de bien-être. Ce matelas... il en avait rêvé toute sa vie !
Un léger sourire aux lèvres, Duo ferma les yeux.
Dans son demi-sommeil, Heero se tourna instinctivement vers la source de chaleur...

Duo émergea lentement alors que quelque chose lui chatouillait le nez. [9] Grognant, encore à moitié endormi, il bougea légèrement la tête pour fourrer malgré lui son museau dans une forêt douce et odorante. La senteur de... vanille, le réveilla un peu plus. Où était-il ? Il avait chaud et sentait quelque chose serré contre lui. Son bras reposait sur le flanc de quelqu'un... Solo ? Non. Ridicule. Solo était mort. [10]
Alors qui ?
Avait-il bu à ce point la nuit précédente pour ne pas même se rappeler être rentré quelque part, et accompagné ?
L'autre poussa un léger soupir et se lova encore un peu plus contre lui. Puis Duo se souvint : le cambriolage raté, le fugueur aux yeux bleus et le fait qu'il avait attendu la venue de l'aube dans le lit de ce dernier. Donc, ce corps chaud pelotonné contre lui... ?
Les yeux de Duo s'écarquillèrent alors qu'il sentit son membre se durcir en une érection matinale. Oho... Mauvais ça... Duo se figea instantanément, priant pour que le garçon ne choisisse pas ce moment-là pour se réveiller. Sans doute n'apprécierait-il pas, non de voir car il faisait trop sombre, mais de sentir quelque chose de dur et palpitant contre sa cuisse. Bien sûr, Duo ne pouvait pas contrôler cette réaction physiologique et tout à fait naturelle, mais tout de même, la situation était bien suffisamment compliquée ainsi sans qu'en plus il ne se retrouve avec une inculpation de viol sur le dos ! Bien que ce soit le jeune homme qui l'ait invité dans son lit, il n'avait de toute évidence pas pensé à ça ! Il était trop jeune, trop innocent, trop inconscient aussi, pour seulement avoir jamais songé à quel point il était désirable. Et même si c'était le cas, l'idée qu'un autre garçon puisse le trouver désirable ne lui avait probablement jamais traversé l'esprit. Et combien il l'était, pourtant, avec ses yeux d'un bleu profond, cette petite moue boudeuse qu'il affichait en quasi permanence, et cette odeur de vanille qui enivrait ses sens... [11]
Mauvais train de pensée !! paniqua Duo en sentant son érection se durcir, et pas de façon naturelle cette fois.
Vite, penser à autre chose, de moins... stimulant... Comme... comme... Jack par exemple ! Oh oui, qu'il était bon cet exemple ! Il allait définitivement tuer Jack sitôt rentré au squat ! Non seulement il s'était débrouillé pour faire foirer un coup préparé depuis des semaines, mais en plus il avait fui et l'avait abandonné sur place ! Le chien ! Ça se payerait !
Duo rumina des pensées vengeresses pendant cinq bonnes minutes avant de constater avec soulagement qu'il était revenu à un état "normal". Quelle heure était-il ? Il se contorsionna le plus qu'il put en bougeant le moins possible pour ne pas réveiller le bel endormi, mais ne vit rien de luminescent. Avec précaution, il souleva son bras qui reposait sur le flanc du jeune homme. Ce dernier ne parut pas réagir à cette subite perte de poids. Bien. Tout aussi doucement, Duo entreprit de se dégager, ouvrant les couvertures de son côté du lit et mi-glissant mi-rampant hors du havre de chaleur, il parvint à se sortir du cocon sans réveiller le Japonais. Avec un sourire satisfait, Duo posa les pieds sur la moquette. La maison était silencieuse ; tout le monde devait être retourné se coucher. Parfait, c'était le moment de filer. Aucune clarté ne filtrait dans la pièce, il devait donc être encore très tôt, le soleil n'était probablement pas encore levé. Il était temps de s'éclipser.
Duo navigua prudemment dans la chambre à la recherche de la fenêtre. Si ses souvenirs étaient bons, elle se situait un peu plus loin sur sa droite. Avançant à l'aveuglette, les mains tenues en avant pour éviter de rentrer dans un meuble qui n'aurait pas sa place sur son chemin, Duo évoluait à petits pas, aussi silencieusement qu'à son habitude, sa tâche étant grandement facilitée par le moelleux de la moquette. Son objectif ne se trouvait plus très loin lorsqu'il buta contre quelque chose au ras du sol et s'affala lamentablement.
- Shit ! s'exclama-t-il par réflexe.
Moins de deux secondes plus tard, la pièce s'illumina, entraînant deux exclamations simultanées. Duo porta instantanément la main à son visage, filtrant la lumière qui faisait souffrir ses yeux. Il lui fallut quelques secondes pour recouvrer partiellement la vue. Se tournant à demi, toujours à terre, il avisa ce qui était responsable de sa mésaventure : ce maudit sac noir, encore et toujours lui ! Duo jura mentalement en relevant les yeux vers le lit. L'adolescent le regardait, les yeux plissés et encore ensommeillés. Duo leva à demi la main et lui adressa un sourire qu'il sentit bête.
- Euh... hum, je... Je voulais pas te réveiller... fit-il piteusement.
Le garçon ne répondit rien. Non qu'il avait l'air d'être du genre bavard de toute façon. Duo se consola en se disant qu'au moins, il ne s'était pas réveillé alors qu'il se trouvait encore dans le lit. Il remarqua alors que bien que le Japonais soit à demi redressé, il restait emmitouflé dans ses couvertures. Peut-être avait-il froid ?
... Ou avait-il lui aussi une érection matinale ? A cette image mentale, Duo se sentit rougir, se donna une baffe par la pensée et toussota pour cacher sa gêne. Le garçon le regarda étrangement. Il y avait de quoi...
Décidant qu'il devait se montrer digne, Duo se remit sur pieds et comme si de rien n'était, se dirigea vers les rideaux qu'il ouvrit en grand. Le ciel commençait tout juste à rosir. Duo nota que le soleil se lèverait en plein dans la chambre, sur une vue dégagée d'un jardin situé en contre bas. La vision devait être époustouflante. Dommage qu'il ne puisse rester pour admirer ce spectacle. Les levers et couchers de soleil l'avaient toujours fasciné, peut-être parce que malgré leur durée éphémère, ils revenaient encore et encore, jour après jour... ?
Duo laissa un sourire apparaître sur ses lèvres avant de le réprimer. Puis il se retourna. Le jeune homme ne semblait pas l'avoir quitté des yeux.
- Hum... Et bien... je... C'est l'aube alors... je vais y aller...
Duo se dirigea vers le lit, s'empara de ses chaussures et préféra s'asseoir par terre pour les remettre, plutôt que sur le lit. Il les enfila rapidement, ainsi que ses gants, puis se redressa. L'autre le fixait toujours, en silence, ce qui commençait à énerver Duo.
- Bon, j'y go, fit-il, trouvant ces mots étrangement déplacés en de telles circonstances. On pourrait croire qu'il disait au revoir à un vieux copain...
Il atteignait la fenêtre lorsqu'une voix s'éleva dans son dos.
- Et ton sac ?
Duo fit volte-face avec humeur.
- Combien de fois je vais devoir te dire que je n'en v...
- Je parlais du sac, le coupa-t-il, pas du contenu. Je ne suis pas sourd, je t'ai entendu hier...
Duo prit une profonde inspiration pour se calmer. Pourquoi s'énervait-il ainsi ? Pourquoi se sentait-il si... peu inquiet ? Alors que le garçon qui lui faisait face pouvait encore le faire arrêter à tout moment ? Pourquoi se sentait-il confiant qu'il ne le ferait pas ?
- Il est à toi... reprit le Japonais en sortant de ses draps.
- Non, pas vraiment je l'ai... Pas vraiment. M'en fous, m'a pas porté chance, t'as qu'à le garder.
Ses yeux se plissèrent lorsqu'il ajouta :
- Pas de preuve comme ça.
Le garçon aux yeux bleus l'étudia en penchant légèrement la tête sur le côté.
- Alors... je file... mentionna Duo une fois de plus.
- Tu fais ce que tu veux, répondit l'autre avec indifférence.
- Bien.
Il se mordilla la lèvre inférieure. Pourquoi les mots "See ya" lui étaient-ils venus ?
- Adieu, dit-il à la place et le garçon ne cilla pas.
Duo ouvrit la fenêtre.
- Tu passes par là ?
Duo lui jeta un regard de biais.
- Par où d'autre ?
- On est au premier étage.
- Ouais, et alors, tu crois que je suis arrivé par la porte d'entrée peut-être ?
Le jeune cambrioleur fixa son vis-à-vis un instant, comme s'il attendait une dernière objection, ou un signe qui montrerait qu'il avait changé d'avis et qu'il ne le laisserait pas s'en tirer si facilement, mais rien ne vint. Il enjamba alors la fenêtre et étudia le chemin à suivre. Vérifiant que son matériel se trouvait bien à sa ceinture, il s'apprêta à passer de l'autre côté lorsqu'à nouveau, la voix s'éleva.
- Attends !
Duo serra les poings de rage.
- Asshole ! Ça t'amuse de jouer avec les gens ?
Il se retourna avec colère vers la chambre, pour voir que le Japonais se tenait près d'un mur. Il le vit appuyer sur quelque chose, et le pan de mur s'effaça...
- Qu'est-ce que... ?
... pour laisser apparaître une penderie. Le jeune homme fouilla un court instant avant d'en sortir quelque chose. Les yeux violets s'agrandirent en le reconnaissant. Son blouson.
- Tu l'oubliais encore. Il doit faire froid à moto, sans.
- ... Un peu.
Le Japonais s'approcha et le lui tendit. Duo leva lentement la main pour reprendre son bien. C'était juste pour ça qu'il l'avait retenu ?
Ils se regardèrent en silence pendant un moment.
- Il fait frais le matin aussi... Tu ne le mets pas ?
- ... Si...
Duo l'enfila donc, se sentant subitement mieux. Un sourire apparut sur ses lèvres. Il avait cru l'avoir définitivement perdu... Le blouson de Solo...
- Merci, murmura-t-il, les yeux baissés.
- Hn.
A présent, le natté ressemblait beaucoup plus au motard qu'il avait rencontré l'autre soir, qu'à un cambrioleur... Heero le préférait ainsi. Il fronça les sourcils à cette pensée. Comment ça, il le "préférait" ainsi ?
L'Américain prit une inspiration.
- Bon, cette fois...
Ils se regardèrent encore... puis Duo trouva la force de se détourner du regard bleu et amorça enfin la descente vers la liberté.

Assurant ses prises, Duo prit son temps pour descendre le long du mur. Tomber du premier étage devait être assez douloureux... [12]
Parvenu en bas, il vérifia les alentours avant de s'aventurer vers le défaut de la clôture qui lui avait permis d'entrer la veille au soir. Pris d'une impulsion subite, il se retourna. Accoudé à sa fenêtre, le brun le regardait. Duo eut soudain l'impression stupide d'être un prince abandonnant sa princesse en haut de son balcon, au lieu d'aller la sauver. S'ébrouant pour clarifier ses idées, il ne put s'empêcher de lever une fois de plus les yeux. Le garçon le regardait toujours. Avec réluctance, il parvint à détourner le regard et reprit son chemin.

Dans le soleil levant, les yeux bleus s'attardèrent longtemps sur le point où il avait disparu...


(à suivre dans la troisième et dernière partie ! ;op)

*******
[1] Il vous avait bien dit que ce n'était "pas le moment d'avoir les flics au cul" ! ;-)
[2] Le destin, on vous dit !! ^_~
[3] J'ai les mêmes ! Ou plutôt, j'ai les chaussures de Duo, lol ! Sauf que les miennes sont neuves...
[4] Aaah, ça, tout de suite, c'est *nettement* moins sexy ! Mais tellement kawaï, surtout mal réveillé ! ;op
[5] Heero sans son laptop, ce serait pas vraiment Heero, ne ?
[6] Il est direct ! MDR !
[7] Duo : Un cambriolage pour te donner une excuse "valable" de me foutre dans son pieu ?
m77 : Oui.
Duo : ... Pas mal.
m77 : Merci.
[8] Oui, quelle chance, hein ! :op
[9] Non, sérieux, vous y avez cru, au lime ? Pas avant la troisième partie voyons ! Mouarf !
[10] Inutile de demander, vous n'aurez pas plus de détails.
[11] La vanille est un aphrodisiaque pour l'homme... Ça rendrait, paraît-il, les amants impatients... ##^_^##
Heero : Et *comme par hasard*, j'utilise un shampooing à la vanille, c'est ça ?
m77 *regard attendri* : Hee-chan, tu es *vraiment* tout innocent ! ^^
Duo : *Et* appétissant ! Slurp !
[12] J'en connais un qui fait bien mieux que ça sans sourciller, n'est-ce pas Hee-chan ? ^^;