Voilà enfin le nouveau chapitre. Je vous avait promis de l'action, mais c'est plutôt un accrochage, enfin, vous verez.
Il est long, mais bon, j'avais de l'inspiration!
Bonne lecture!

Dague

Deux semaines s'étaient écoulées depuis la rentrée et aucun incident ne fit bouleverser le calme habituel de Poudlard. - Le calme habituel de Poudlard! - Peeves avait bien fait quelques ravages, comme d'enduire de colle perpétuelle toutes les chaises du cours de métamorphoses et trois Gryffondor de troisième avaient fait exploser un Marécage portatif dans la Salle des Trophées rendant fou de rage Rusard, mais c'était normal à Poudlard!

Ron qui avait prit l'initiative de faire tous ses devoirs, seul et pas la veille de la remise, avait tenu bon. Même s'il avait prit l'Étude des runes pour passer plus de temps avec Hermione, il ne lui avait pas demandé de l'aide, pas encore. Elle avait même déjà perdu trois Gallions contre Harry à ce sujet. Elle avait dit qu'il ne tiendrait pas deux jours… Il passait beaucoup de temps à la bibliothèque, dans la réserve. Hermione et Harry s'inquiétaient de sa santé, Ron à la bibliothèque… mais bon, ils ne pouvaient l'en empêcher.

Il voulait vraiment prouver qu'il était à la hauteur de la tâche inhabituel qu'on lui avait donnée. Harry ne lui rendait pas la tâche facile puisqu'il n'était pas beaucoup bavard. Ron avait déjà fait deux comptes rendus au professeur Dumbledore. Le premier avait été le plus dur à faire, car il avait peur de trahir son ami.

Professeur Albus Dumbledore, je vous rends mon premier rapport de l'année.

Harry n'a pas beaucoup dormi cette semaine, ni cet été, il rêve souvent de Sirius. Il ne nous parle pas de ce qu'il ressent, mais je vois bien qu'il souffre beaucoup. Hermione et moi attendons qu'il parle par lui-même.

Il m'a affirmé qu'il fait ses exercices d'occlumencie chaque nuit. J'ai essayé quelque fois. C'est vraiment dur à faire ce truc!

Harry va me tuer s'il sait que je vous dis cela, mais c'est pour son bien que je le fais. Pendant que nous étions dans le train, nous avons apprit que Harry avait utilisé un sortilège Impardonnable quand nous étions au ministère. Il n'a pas fait de commentaire, mais je crois qu'il visait Bellatrix. Je voulais que vous sachiez.

Ronald Weasley

Ron avait confiance en son directeur, cette dernière information allait rester entre eux et s'il advenait à en savoir d'avantage, il allait lui transmettre. Ron s'inquiétait beaucoup pour Harry. C'était la raison principale pour laquelle il faisait ces comptes rendus, si quelqu'un pouvait l'aider à aller mieux…

Outre ses écrits secrets avec l'Ordre et son travail acharné dans toutes les matières, Ron serpentait les couloirs pour maintenir la discipline et les règles de l'école. Il ne fermait jamais les yeux, tout désordre était sanctionné. Mais suite à une violente dispute avec Hermione, il avait commencé à laisser passer quelques écart de conduite. « Tu me fais penser à Percy quand tu donnes des retenus », lui avait-elle dit. La pire gaffe qu'elle aurait pu faire… Ron avait éclaté de rage – Percy n'était pas revenu à la maison et il ne s'était pas excusé envers M. et Mme Weasley pour son reniement – Hermione avait beau essayer de s'excuser, mais Ron ne lui avait pas parlé pendant deux journées entières.

Elle n'avait pas voulu mal faire, c'était sortit tout seul. Ron était si sérieux depuis le début le l'année scolaire qu'il lui faisait penser à Percy quand lui-même était préfet. Ce n'était pas une remarque, pas du tout, c'était même un compliment. Elle admirait Percy quand il était encore à l'école. Maintenant, les choses sont différentes, elle le méprise… En plus de son sérieux, Ron montrait une assurance qu'il n'avait jamais démontrée, il prenait ses responsabilités de préfet et de Capitaine avec sagesse tout en gardant une part de naïveté qu'elle aimait tant.

Ron attendait avant de former son équipe car il voulait avant tout calculer l'efficacité des autres. Celle de Poufsouffle était maintenant complète et les ayant vu à l'œuvre lors de leur sélection, il voyait bien qu'il devrait miser sur la rapidité des ses poursuiveurs. Ginny était rapide, elle faisait l'affaire, mais il en manquait encore deux. Chez les Serpentard, l'équipe était restée presque la même, Montague et Warrington étaient partis mais Malfoy, le nouveau capitaine, avait recruté deux quatrièmes. John Peiry ne considérait pas une menace, mais peut-être Drusilla Kessley, qui est très agile, serait à surveiller! Il ne restait que l'équipe des Serdaigle à examiner, il leur manquait encore un gardien, et Ron pourrait faire sa propre équipe. Certes, il avait commencé à mirer quelques bons candidats, mais la sélection était pour plus tard.

Ce soir là, Ron et Hermione devaient parcourir les couloirs Ouests de l'école à l'heure du couvre feu et les couloirs Est, l'heure d'après. Elle était pourtant seule, regardant dehors accoté au rebord de la fenêtre attendant Ron à leur point de rendez-vous. Il était en retard. Son travail sur la Première guerre mondiale ne devait pas être si palpitant au point qu'il oubli de venir la rejoindre! Hermione en était convaincue. Il avait refusé son aide, c'est pour cette raison qu'elle n'était pas avec lui. Elle aurait aimé l'aider, le voir se creuser la tête, soupirer bêtement, se passer la main dans les cheveux…, mais elle s'égare!

Ron était un sujet confus ses derniers temps… elle s'était même surprise à passer une demi-heure devant le miroir essayant de replacer ses boucles rebelles avant une patrouille avec lui. Elle ne se comprenait plus.

Il faisait nuit, mais le parc de Poudlard était baigné du lumière. La lune était pleine, ronde, blanche et lumineuse. Les étoiles éclataient de brillance sur ce voile bleuté. Elle regarda au loin et vit Hagrid partir de sa cabane, traverser le parc et entré dans la sombre forêt. « Il doit aller voir Graup. » se dit-elle.

La préfète regarda sa montre, Ron avait quinze minutes de retard. Elle s'apprêtait à commencer sa ronde sans lui lorsqu'elle entendit des pas derrière elle.

" Te voilà enfin, dit-elle sans se retourner. Ça fait plus de quinze minutes que je t'attends.

Elle sentit les bras du jeune homme s'entourer autour des ses épaules pour les tenir fermement contre lui. Il s'approcha de son oreille et lui souffla d'une voix froide :

" Tu m'attendais Granger? Ça tombe bien, j'avais à te parler…

Elle sursauta en entendant la voix du jeune Malfoy. « Lâches-moi Malfoy », cria-t-elle. Elle essaya de se déprendre de sa prise, mais Draco était trop fort. D'un seul bras, il la tenait prisonnière serrée contre lui, l'immobilisant complètement. Elle essayait de lui donner des coups de pied, mais il était trop rapide, il les évitait tous. Il mit une main dans sa poche et y sortit, non pas sa baguette, mais une dague fine, au poignet argenté sculpté d'un serpent.

Quand elle la vit, Hermione sentit son cœur se rompre contre sa poitrine, son corps tremblait de partout sans qu'elle ne puisse se contrôler. Elle commençait à avoir terriblement peur. Elle ne pouvait bouger, donc elle ne pouvait se défendre.

" Pourquoi trembles-tu Granger? chuchota Malfoy. Aurais-tu peur de moi?

Il avait une certaine fierté dans sa voix, Hermione était terrifié. « Maudit soit Ronald! », pensa-t-elle. Soudain, des pas ce firent entendre au bout du couloir, Malfoy fit volte face emportant Hermione dans son élan.

Ron resta figé d'horreur.

" Lâches-la immédiatement Malfoy! cria-t-il en dédaignant sa baguette d'une main tremblotante.

Draco refusa d'un signe de tête et mit la dague sur la peau fine du cou de la jeune fille.

" Un pas de plus Weasley et ta chère petite Sang-de-Bourbe répandra son sang moldu sur le plancher.

Ron avait la baguette magique brandit en direction de Malfoy, mais n'osait aucun sort puisque Malfoy se servait d'Hermione comme d'un bouclier. Les deux Gryffondor se regardèrent, et Ron put voir l'immense frayeur et la demande d'aide dans les yeux de son amie. Des larmes commençaient à couler sur les joues de la jeune fille. Il ne savait que faire…

" Lâches-la Malfoy.

Draco le regarda avec une lueur démoniaque dans les yeux et lui sourit.

" On a peur Weasley? Ricana Malfoy.

Ron était désespéré, comment faire pour qu'il la lâche? Il eut soudain une idée en regardant sa baguette.

Il la jeta quelques mètres plus lui derrière lui.

" Ron, cria désespérément Hermione.

" Je suis sans défense, dit-t-il en essayant de ne pas lâcher des yeux le Serpentard. Lâches-la et tu feras ce que tu veux avec moi.

" C'est à elle que j'ai affaire, répliqua Draco en serrant plus fermement Hermione contre lui.

Ron fit un pas vers l'avant mais Draco le fit s'arrêter en pressant la dague plus forte contre le cou de sa capture.

" Ne bouge pas Weasley, sinon elle moura. Ce serait d'ailleurs amusant. Je vois déjà les gros titres : « Ronald Weasley tut sa meilleure amie par jalousie. ». De qui d'ailleurs, Potter ou Krum?

" Professeur! s'écria Ron sans prêter attention à la remarque sarcastique de Malfoy.

" Ne joues pas ce petit jeu avec moi Weasley, grogna Draco.

" M. Malfoy, que faites-vous avec Miss Granger dans vos bras? demanda dédaigneusement le professeur Rogue qui venait d'arriver dans le couloir.

Malfoy se retourna vers le maître des potions sans lâcher prise.

" J'ai des affaires à régler.

" Ce sera pour plus tard, lança Rogue, lâchez-la M. Malfoy. Il ne faudrait pas salir ce beau parquet que M. Rusard a prit tant de temps à cirer.

Draco lâcha Hermione qui se retourna dans sa direction le regard menaçant. Elle n'avait pas l'intention de montrer à ce vaurien qu'elle avait eut peur, même si des larmes coulaient sur ses joues.

" Nous allons nous revoir, lança Draco en regardant Hermione avant de devancer le pas du maître des potions.

Ron regarda froidement Rogue qui lui lançait un regard mesquin. Il savait que Rogue devait faire en sorte que Malfoy croit qu'il est de son côté, mais Ron avait quand même pressentit que le professeur aurait apprécié la situation s'il n'y avait pas eut un membre de l'Ordre dans les parages.

Il s'approcha d'Hermione et elle se blottit contre Ron qui entoura ses bras tout naturellement autour d'elle. Elle tremblait comme une feuille au vent. Dans d'autre circonstance, il aurait adoré cette étreinte, mais il était trop en colère contre Malfoy, qu'il ne prenait pas le temps d'apprécier. Elle avait eut peur, vraiment peur. Il la serra un peu plus contre lui pour neutraliser ses tremblements.

" Ça va aller? demanda-t-il en lui caressant les cheveux.

Elle affirma d'un signe de tête en se dégageant de lui.

" Oui, je vais bien, dit-elle les mains au visage pour essuyer ses larmes. Une chance que Rogue est arrivé.

" Quoi? s'écria-t-il. Une chance que Rogue est arrivé! Et moi alors?

Il était vraiment insulté. Il avait pourtant essayé de la sauver.

" Tu étais très terrifiant plus de baguette! ironisa Hermione folle de rage.

Ron mit sa main dans sa robe et en sortit, sa baguette. Hermione la regarda et regarda sur le plancher la baguette que Ron avait balancée derrière lui.

" Qu'est-ce que tu fais avec deux baguettes? demanda Hermione sur un ton d'excuse.

" Et bien, je viens de confisquer celle-là, dit Ron qui pointait la baguette sur le plancher. Hulman, un jeune de deuxième à Serdaigle s'amusait à faire tomber les gens qui passaient avec un sort de cloche pied. Et il m'a visé. C'est la raison de mon retard. Après tout ce temps, je croyais que tu avais plus confiance en moi. Tu crois vraiment que je ne tiens pas assez à toi pour te laisser dans les bras d'un Mangemort sans que je n'aie aucun moyen pour te défendre?

Hermione se sentit soudain très mal à l'aise. Il était évident que Ron ne l'aurait jamais laissé sans défense contre un Mangemort, mais d'un autre côté, elle avait cru qu'il se sacrifiait pour elle. Elle avait cru un instant qu'il faisait ça par amour pour elle, sa vie contre la sienne. Une pensée plutôt égoïste et utopique de sa part faut l'avouer.

" Bien sûr que non… je veux dire… j'ai confiance en toi Ron, baragouina-t-elle en regardant le plancher. C'est juste que, j'aie cru que tu te sacrifiais pour moi. Tu n'avais pas à faire ça.

" C'est ce que j'ai voulu qu'il croie, avoua Ron. Il t'aurait lâché et on aurait pu l'attaquer.

" L'attaquer! On est préfet Ron, s'exclama Hermione.

" Légitime défense… et il ne perd rien pour attendre, dit Ron avec un regard assassin.

" Ron tu ne feras rien du tout! s'écria la Préfète. Promet-le.

Ron regarda Hermione interdit. Elle voulait qu'il lui promette de ne rien faire contre Malfoy. De ne rien tenter contre son agresseur, il aurait pu la tuer. C'était évidemment une promesse qu'il ne pourrait en aucun cas tenir.

" Promets-moi que tu ne feras rien du tout, reprit-elle.

Elle commença à paniquer. Connaissant Ron, il n'allait pas seulement se contenter de transformer Malfoy en fouine…

" Je suis désolé Hermione, mais je ne peux te promettre une telle chose, lui répondit-il.

" RON, s'emporta-t-elle.

" Je dois aller donner la baguette au professeur Flitwick, dit-il en évitant prudemment le regard d'Hermione.

Il se retourna et alla ramasser la baguette. Elle le suivit de près sans le lâcher des yeux. Tout au long du trajet jusqu'à la salle des professeurs, Hermione ne lâcha pas prise, sûre qu'il allait céder à son regard. Mais il ne céda pas. Il est certain que le fait qu'Hermione ait les yeux braqués sur lui le dérangeait, l'agaçait au plus haut point. Toutefois, il ne pouvait se résigner à lui faire la promesse qu'elle désirait entendre. Pour la simple et bonne raison qu'il ne pouvait la tenir. Il avait cinq années de haine refoulées en lui et l'attaque de cette nuit était la goutte qui faisait déborder le vase.

" On a les couloirs Est à faire, dit Ron sans regarder Hermione.

Leur tour de surveillance se fit dans le silence.

Elle voulait l'entendre faire cette promesse parce qu'elle avait peur. Elle avait peur qu'il fasse une bêtise et qu'elle le perde. Qu'il soit renvoyé ou pire encore, tué. (Ses priorités ont changé depuis la première année!) Cette pensé lui fit monter les larmes aux yeux, mais elle garda son regard assassin sur le nuque du rouquin.

De retour à la salle commune de Gryffondor, Ron craqua. Malgré le bon nombre de couche-tard, il ne put s'empêcher de l'affronter. S'immobilisant net au centre de la pièce il se retourna vers Hermione.

" Arrête! s'écria-t-il en faisant retourner touts les tête vers eux. Je ne peux te faire une promesse qui sera inévitablement rompu. Si ce n'est pas la semaine prochaine, ce serait une autre fois, mais c'est sûr que je ne la tiendrais pas. Tu ne peux pas me reprocher d'en avoir envies, parce que tu souhaites le faire autant que moi, seulement tu ne veux pas l'accepter, sous prétexte qu'on est préfet. Alors ce n'est pas la peine d'argumenter. Fin de la discussion.

" Très bien! s'exclama-t-elle à son tour.

Ils montèrent chacun, le pas agressif, dans leur dortoir respectif et deux portes claquèrent. Un silence tendu régna sa la salle commune un instant puis le brouhaha reprit et les conversations se dirigeaient sur des suppositions de la raison possible de la dispute qu'ils venaient d'être témoin.

Harry, qui avait été un auditeur attentif, était stupéfait. Jamais Ron avait montré une telle dominance dans une dispute. Une dominance, mais aussi une volonté fulgurante. Il détourna ses yeux des escaliers et se tourna vers la jeune sœur du préfet. Ginny était dans le même état d'esprit que lui. Comme s'il avait communiqué mentalement, ils se levèrent en même temps et allèrent chacun rejoindre un préfet.